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Tribune libre

Le réveil du néant : quand l’angoisse devient un motif de mort

Le réveil du néant : quand l’angoisse devient un motif de mort

On se lève ce matin avec la sensation d’une « gueule de bois » éthique, abasourdi par ce qui s’est joué hier à l’Assemblée nationale. Le réveil est douloureux : la France s’est réveillée dans un monde où les derniers remparts de la civilisation ont vacillé. Ce que les adeptes de la « biologie heureuse » ont acté hier, ce n’est plus une loi de compassion, mais le triomphe d’un nihilisme qui ne prend même plus la peine de se cacher.

Alors que l’on nous promettait des conditions « strictes », le masque est tombé. Le bilan de la journée d’hier est un séisme anthropologique : les députés ont ouvert les vannes de l’irréparable en incluant la seule souffrance psychique comme critère d’accès à la mort provoquée.

L’administration du désespoir

La liste des motifs d’éligibilité qui ressort des débats hier soir donne le vertige. Ce matin, l’angoisse permanente, le sentiment de vide, la fatigue psychique ou même la peur de ne jamais aller mieux sont devenus des raisons suffisantes pour que l’État organise la fin d’une vie.

Le deuil et le choc du diagnostic : Désormais, le choc légitime qui suit l’annonce d’une maladie grave ne sera plus accueilli par une main tendue, mais pourra justifier une injection létale.
La fin de la médecine du soin : On passe d’une médecine qui soulage à une technique qui liquide. Si la « fatigue de vivre » devient un critère légal, c’est que notre société a renoncé à sa mission de fraternité.

L’abdication de l’esprit devant la matière

Pour cette vision réductionniste et matérialiste, le corps n’est plus le temple de l’esprit, mais une machine défaillante que l’on jette lorsqu’elle devient trop lourde à porter pour soi-même ou pour la collectivité. En niant l’âme, on réduit la dignité humaine à une simple équation d’utilité sociale. On préfère supprimer le souffrant plutôt que d’assumer le coût de l’amour, de la présence et des vrais soins palliatifs.

Ce que les députés préparent, sous les traits d’une loi qu’on ne peut qualifier que de scandaleuse, c’est l’abandon de toute verticalité. Les Français ne demandent pas qu’on les aide à mourir par désespoir, mais qu’on les aide à vivre jusqu’au bout. Ce texte est un dogme au service du vide, une rupture imposée d’en haut contre le bon sens et le respect de la vie reçue.

Redresser la tête face au cynisme

Malgré la stupeur de ce matin, il est temps de proclamer que nous ne sommes pas des machines biologiques. Notre grandeur réside dans notre aptitude à nous offrir mutuellement l’espérance, surtout quand l’angoisse se fait sombre. Le vrai bonheur n’est pas une sortie technique par décret, mais une rencontre humaine et spirituelle.

La France ne peut se résoudre à n’être qu’un laboratoire du néant. Face à ce matérialisme qui veut tout niveler, l’âme de notre pays doit se lever et affirmer que la vie, même blessée, même fatiguée, garde une valeur infinie que nulle loi inique ne pourra jamais effacer

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