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Le cardinal reproche à la Fraternité d’adopter l’attitude de ceux qui croient remédier aux crises « en se retirant dans le coin boudeur d’une Église des purs, dernier bastion d’orthodoxie qui voudrait imposer sa réintégration complète dans l’Église catholique en convertissant celle-ci à son propre cénacle ». Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? L’Eglise des purs de Vatican II n’est-elle pas en réalité le dernier bastion retranché du néo-modernisme qui voudrait imposer une pseudo-unité de l’Eglise, une « pleine communion ecclésiale » en convertissant tous les catholiques à la nouvelle liturgie et à la nouvelle théologie du Concile ?
Le cardinal Müller, prototype du conservateur dans l’Église ?
Le cardinal Gerhard Ludwig Müller, né en 1947 à Mayence, fut un homme selon le cœur de Benoît XVI. C’est d’ailleurs ce dernier qui a voulu, le 2 juillet 2012, l’élever à la dignité de Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et, par là même aussi, lui confier la responsabilité de la Présidence de la Commission pontificale Ecclesia Dei. Deux ans plus tard, le 12 janvier 2014 – le Pape Benoît ayant démissionné dans l’intervalle – le Pape François le crée cardinal.
Et c’est ce nouveau cardinal Müller qui, à l’automne 2014, cinq ans après les premières discussions doctrinales de 2009-2011, reprend – en sa qualité de Président de la Commission Ecclesia Dei – le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X et reçoit à Rome Mgr Bernard Fellay, pour lors Supérieur Général de ladite Fraternité. Dialogue qui atteignit un point de non-retour, le 6 juin 2017, lorsque le cardinal Müller, au nom du Saint-Siège, adressa à Mgr Fellay une lettre dans laquelle était exigé que, dans l’éventualité d’une normalisation canonique de la Fraternité, ou d’un rétablissement de « la pleine communion », les membres de la Fraternité « déclarent, de manière explicite, leur acceptation des enseignements du Concile Vatican II et ceux de la période postconciliaire, en accordant aux dites affirmations doctrinales le degré d’adhésion qui leur est dû » et qu’ils reconnaissent « non seulement la validité, mais aussi la légitimité du Rite de la Sainte Messe et des Sacrements, selon les livres liturgiques promulgués après le Concile Vatican II »1.
La suite est bien connue : dans l’impossibilité d’accepter ces conditions, une fois de plus, Mgr Fellay signifia ses regrets à Rome, regrets assortis d’une énième explication relative aux causes profondes de la crise qui sévit dans l’Église depuis le concile Vatican II. L’année 2018 vit l’élection de Don Davide Pagliarani à la tête de la Fraternité. Mais auparavant, à peine un mois après l’envoi de la lettre à Mgr Fellay, le 1er juillet 2017, le Pape François avait démis le cardinal Müller de sa charge de Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Son successeur, Préfet de ce qui est désormais devenu un Dicastère, fut le jésuite Luis Ladaria Ferrer. Gerhard Müller s’était déjà montré critique des orientations doctrinales et pastorales du Pape François et ne s’arrêta pas dans ce chemin.
Le 20 décembre 2023, le Préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la foi dénonçait, dans une prise de position, la Déclaration Fiducia supplicans par laquelle le Vatican autorisait la bénédiction des couples en situation irrégulière, concubins, divorcés remariés et même de même sexe. À l’entendre, il fallait voir dans ce document un « saut doctrinal » et un « risque de blasphème ». Outre cela, lors d’une session de questions-réponses à la Call to Holiness Conference 2025, tenue au Michigan, le cardinal Müller s’est montré critique sur la mise en application du Motu proprio Traditionis custodes, qualifiant de « problématique » et de « non pastoral » le fait que certains évêques limitent la célébration du rite romain traditionnel selon le Missel de 1962. Auparavant, le 20 mai 2024, Gerhard Müller avait célébré, selon l’ancien rite de 1962, la messe pontificale du lundi de Pentecôte lors de la clôture du pèlerinage de Chartres organisé par l’Association Notre-Dame de Chrétienté, ce qui lui valut d’être désigné comme « Ami des tradis et ennemi du Pape François » en première page du site du journal Libération2.
Les sacres du 1er juillet : conséquence d’un combat doctrinal
Il y a pourtant loin de la coupe aux lèvres, et l’on aurait eu bien tort de s’attendre à ce que le même cardinal Müller prît lui aussi position, aux côtés de Mgr Schneider et de Mgr Strickland, pour justifier et défendre les sacres du 1er juillet 2026. C’est exactement le contraire qui est malheureusement advenu3. Dans un entretien paru sur le site allemand de la revue internationale Communio, et qui s’est déroulé le 19 mars dernier, le cardinal répond longuement aux questions de Jan-Heiner Tück dans un sens qui ne va pas du tout à l’avantage de la décision prise par Don Davide Pagliarani, dénonçant au contraire « une attitude schismatique » et un « faux appel à l’état de nécessité ».
Au-delà des reproches et des accusations de « schisme », ce propos du cardinal Müller a le grand mérite de poser sur son véritable plan le problème qui met aux prises Rome avec la Fraternité Saint-Pie X. Loin des déclarations indigentes d’un cardinal Sarah4 ou d’un Mgr Eleganti5, ce genre de discours présente en effet le grand avantage de la clarté.
Le cardinal indique dès le début où se trouve exactement le point litigieux : « Le véritable problème ne réside pas dans la liturgie – c’est-à-dire dans la forme rituelle classique (post-tridentine) et renouvelée (post-Vatican II) –, mais dans la doctrine de la foi, qu’ils [les membres de la Fraternité Saint-Pie X] l’estiment compromise par la liturgie renouvelée. Certaines formulations du Concile Vatican II se prêtent à des interprétations douteuses, comme l’idée que les musulmans, à l’instar des chrétiens et des juifs dans la tradition d’Abraham, reconnaissent le Créateur et adorent le Dieu unique avec nous ». Le cardinal indique ensuite les points de l’enseignement du concile Vatican II, où la Fraternité dénonce une contradiction qui rend cet enseignement incompatible avec les enseignements constants du Magistère de l’Église : la doctrine sur la valeur des religions non chrétiennes dans Nostra aetate ; la doctrine de l’œcuménisme dans Unitatis redintegratio ; la doctrine de la liberté religieuse dans Dignitatis humanae.
Le cardinal l’a bien compris : l’état de nécessité dans l’Église trouve aux yeux de la Fraternité sa raison profonde dans ces points fautifs qui sont la source empoisonnée du relativisme doctrinal et moral dans l’Église. La décision de procéder à des consécrations épiscopales n’est que le moyen pris pour remédier à ce relativisme en assurant la continuité d’une prédication véritablement catholique car indemne de ces erreurs. « C’est pourquoi », conclut le cardinal, « j’ai insisté, lors des conversations avec la FSSPX, sur le fait que leur critique de certaines déclarations du Concile Vatican II ne serait justifiée que si le Concile avait effectivement enseigné ce qu’ils lui imputaient ». Or, selon lui, les enseignements de Vatican II ne seraient pas la source empoisonnée du relativisme, car ils ne renfermeraient pas ces erreurs que croit y voir la Fraternité. « Ce sont plutôt », dit-il, « ceux qui attribuent de graves erreurs de foi au Concile Vatican II légitime qui se trompent, contrairement à l’herméneutique catholique éprouvée ».
L’enjeu de la doctrine, au fondement de l’état de nécessité
Mais à l’évidence, c’est bien le cardinal qui se trompe, lorsqu’il entend disculper les textes du Concile des accusations formulées par la Fraternité. « L’idée », dit-il, « que les musulmans, à l’instar des chrétiens et des juifs dans la tradition d’Abraham, reconnaissent le Créateur et adorent le Dieu unique avec nous » devrait s’entendre dans le texte de Nostra aetate en conformité avec « l’enseignement catholique classique selon lequel la raison humaine est, en principe, capable de reconnaître l’existence et l’unité de Dieu, tandis que les mystères de la Trinité et de l’Incarnation ne se révèlent que par la foi surnaturelle ». Sans doute est-il vrai que la raison naturelle reste capable, en tout homme et quelle que soit sa religion, d’accéder à la connaissance d’un Dieu Créateur.
Cependant, force est de constater que le texte de la déclaration Nostra aetate va plus loin que cela, car selon lui ce n’est pas seulement la raison de l’homme mais ce sont bien « les règles et les doctrines » mêmes de ces religions fausses qui « quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même [l’Église] tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes » (§ 2). Il y a une différence entre dire que le rayon de la vérité qui illumine tous les hommes est la lumière de la raison naturelle, présente en tout homme et dire que ce même rayon trouve son reflet dans les règles et les doctrines des religions fausses. Nostra aetate parle non pas de la raison naturelle mais des règles et des doctrines religieuses. Le § 3 parle précisément de la « foi islamique ». Le § 4 établit la confusion au niveau du peuple juif, sans faire la distinction entre le peuple élu de l’Ancien Testament et le peuple déchu de cette élection et infidèle à Dieu dans le Nouveau Testament, confusion qui apparaît lorsqu’il est dit que « les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance » et lorsque le texte évoque le « si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs », alors que les Juifs contemporains continuent de refuser de reconnaître Jésus de Nazareth comme le Messie annoncé dans les Écritures et comme le propre Fils de Dieu.
« En ce qui concerne l’œcuménisme avec les chrétiens non catholiques, les communautés chrétiennes et les Églises orthodoxes », le cardinal prétend que « le Concile n’a en aucune manière remis en cause la nécessité de l’Église catholique pour le salut ni sa pleine identité avec l’Église des Apôtres ». Sans doute, et ce n’est pas ce que la Fraternité reproche au décret Unitatis redintegratio. Ce qu’elle lui reproche c’est d’avoir obscurci jusqu’à induire à la nier l’idée selon laquelle l’Eglise catholique est nécessaire comme l’unique moyen de salut, à l’exclusion de toutes les communautés chrétiennes non catholiques. Et ce que la Fraternité reproche aussi à ce décret ainsi qu’à la constitution Lumen gentium, et aux documents subséquents de la Congrégation pour la doctrine de la foi, c’est d’affirmer que, si l’Eglise catholique est pleinement identique avec l’Eglise des apôtres, les communautés chrétiennes non catholiques lui sont partiellement identiques dans la mesure où s’y trouvent des « éléments de sanctification et de vérité » (Lumen gentium n° 8) et dans la mesure aussi où cette Église du Christ y est tout de même « présente et agissante » (Déclaration Dominus Jesus du 6 août 2000, n° 17).
« Et en ce qui concerne la liberté religieuse », continue le cardinal, la déclaration Dignitatis humanae enseigne ni plus ni moins que « le droit de tout être humain – naturellement ancré dans l’esprit et la liberté de la personne – de se défendre contre l’ingérence de l’État dans sa conscience », c’est-à-dire « le droit de toute personne de choisir et de pratiquer sa religion libre de toute contrainte extérieure ou manipulation intérieure, selon sa conscience ». Le cardinal Müller méconnaît ici des distinctions fondamentales. Autre chose est d’exercer la contrainte au for externe pour conduire les personnes à professer la vraie religion, autre chose est d’exercer la contrainte au for externe pour empêcher les personnes de professer une religion fausse. La doctrine sociale de l’Eglise exige que l’État exerce son autorité en faveur de la vraie religion, en exerçant la contrainte au for externe pour empêcher ou dissuader la profession de l’erreur. L’Eglise a condamné seulement le recours à la contrainte pour imposer la vraie religion.
Ce que la Fraternité reproche au n° 2 de Dignitatis humanae ce n’est pas de dire que « tout être humain a le droit de se défendre contre l’ingérence de l’État dans sa conscience » ni de dire que « la personne a le droit de choisir sa religion, libre de toute contrainte extérieure ou manipulation intérieure ». Cela l’Eglise l’a toujours enseigné au sens où elle a toujours dit qu’aucune autorité ne saurait exercer la contrainte pour conduire les personnes à embrasser et professer la vraie religion. Mais l’Eglise a aussi enseigné (c’est le sens de la doctrine énoncée par Pie IX dans Quanta cura) que l’autorité a le devoir d’empêcher au for externe la pratique d’une fausse religion. Il faut donc distinguer ici entre « le droit de choisir » et « le droit de pratiquer » sa religion, libre de toute contrainte extérieure. Selon la doctrine de l’Eglise, le choix doit être libre de toute contrainte, mais la pratique, s’il s’agit d’une religion fausse, ne doit pas l’être mais doit plutôt être empêchée par une certaine contrainte et c’est sur la négation de ce deuxième point que Dignitatis humanae pose un réel problème.
Comme nous allons le montrer à présent, ces difficultés posées par les textes du Concile sont graves au point de créer un véritable état de nécessité dans l’Église, car elles mettent en péril le salut des âmes.
Où est le schisme ?
Contrairement, en effet, à ce qu’affirme le cardinal Müller, les arguments développés par la Fraternité ne sont pas « des arguments fallacieux destinés à éviter de se soumettre pleinement à l’autorité du Pape ». Car il y a bel et bien contradiction, rupture si l’on veut, entre les enseignements de Vatican II sur les points signalés et la Tradition constante du Magistère de l’Église. A cette évidence que nous impose le principe de non-contradiction, que répond le Préfet émérite de la Congrégation pour la Doctrine de la foi ? « Admettre cela serait non seulement erroné sur le fond, mais constituerait aussi l’autodestruction herméneutique de l’Église, colonne et fondement de la vérité (I Tm III, 15) ».
Faudrait-il donc admettre que la Tradition de l’Eglise se réduise au seul concile Vatican II et que l’Eglise elle-même se réduise aux Papes de l’après-Concile ? Faudrait-il admettre que l’Eglise, colonne et fondement de la vérité exerce la juste herméneutique en prêchant tantôt le oui et tantôt le non ? Le cardinal reproche à la Fraternité d’adopter l’attitude de ceux qui croient remédier aux crises « en se retirant dans le coin boudeur d’une Église des purs, dernier bastion d’orthodoxie qui voudrait imposer sa réintégration complète dans l’Église catholique en convertissant celle-ci à son propre cénacle ». Ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? L’Eglise des purs de Vatican II n’est-elle pas en réalité le dernier bastion retranché du néo-modernisme qui voudrait imposer une pseudo-unité de l’Eglise, une « pleine communion ecclésiale » en convertissant tous les catholiques à la nouvelle liturgie et à la nouvelle théologie du Concile ?
Nous pourrions ainsi nous renvoyer indéfiniment le reproche d’autocéphalisme – ou de schisme. Mais le critère de la véritable communion, celui de l’unité et de l’apostolicité de l’Eglise n’est pas celui du plus grand nombre : la partie la moins nombreuse n’est pas nécessairement la partie du bastion schismatique. Ce critère nous a été donné par saint Vincent de Lérins : c’est le critère de la constance et de l’universalité de la profession de foi, à travers le temps. Et ce critère positif se double lui-même d’un critère négatif : ce qui contredirait présentement la profession de foi explicite de l’Eglise ne saurait représenter le principe de l’unité et de l’apostolicité. Or, sur tous les points signalés, les documents du Concile cités par le cardinal représentent et expriment cette contradiction. Ce n’est donc pas la Fraternité qui s’éloigne de l’unité de l’Eglise en refusant d’admettre ces points de doctrine, mais ce sont bien plutôt tous ceux qui veulent les imposer à l’encontre de la Tradition constante du Magistère catholique.
Quel dialogue ?
Qui plus est, le cardinal Müller présente tous ces points de doctrine clairement opposés aux enseignements du Magistère de l’Eglise comme ayant une valeur absolument contraignante, quoique à des degrés divers6. On ne saurait donc arguer du propos de Jean XXIII, qui avait présenté le supposé « Magistère » du Concile comme « un Magistère de type pastoral » pour diminuer ou même nier la valeur contraignante des enseignements de Vatican II. « L’idée d’un prétendu concile pastoral », dit-il, « relève davantage d’une caractérisation médiatique et n’a aucune signification dogmatique. Un concile œcuménique est la plus haute autorité dans l’Église catholique en matière de foi et de discipline ». […] « Il existe bien sûr », précise-t-il, « une hiérarchie des vérités, allant de la foi en la Trinité et l’Incarnation – nécessaire au salut – jusqu’à la légitimité de la vénération des images, qui, sans être nécessaire au salut, favorise la piété. Ce que l’Église propose à croire doit être déterminé, dans son autorité graduée, par le contexte doctrinal et par l’intention des évêques et du Pape ».
Mais il n’en reste pas moins vrai que le contexte impose toujours un certain degré d’autorité. « Bien que Nostra Aetate » ajoute le cardinal à titre d’exemple, « soit, du point de vue littéraire, une simple déclaration, ses affirmations sont contraignantes comme un dogme, par exemple lorsqu’il est affirmé que tous les hommes forment une seule communauté et ont leur origine et leur fin en Dieu (NA 1). Que les chrétiens et les juifs adorent le même Dieu est une doctrine contraignante de la foi ». Et de conclure très catégoriquement : « Le Concile doit être accepté dans son ensemble par tout catholique, chacun selon l’intention des affirmations : explication doctrinale, instruction morale ou indication de mesures nécessaires aujourd’hui, comme le dialogue interreligieux ou l’engagement avec la modernité ».
L’état de nécessité n’en apparaît que davantage. D’une part parce que ces erreurs graves qui représentent le grand obstacle majeur au salut des âmes sont incontestablement présentées comme l’objet d’un enseignement dont la valeur est contraignante. D’autre part et surtout parce qu’il ne saurait être question de corriger quoi que ce soit : le cardinal Müller l’avait écrit dans sa lettre du 6 juin 2017 à Mgr Fellay où il exigeait de la part de la Fraternité une adhésion inconditionnelle aux textes du Concile et du post-Concile.
Apparaît aussi en pleine lumière le sens du « dialogue théologique » récemment proposé à Don Davide Pagliarani par le cardinal Fernandez, lors de l’entrevue du 12 février dernier et qui aurait eu pour but d’établir « les différents degrés d’adhésion requis par les divers textes du Concile œcuménique Vatican II et leur interprétation », le cardinal Fernandez ayant bien précisé que, si l’on pouvait dialoguer sur le Concile, on ne pourrait pas en corriger les textes. Voilà qui rejoint exactement les propos du cardinal Müller. L’intention du Saint Siège est de mener avec nous toujours le même dialogue, déjà entrepris, dans les années 2009-2011, à la demande du Pape Benoît XVI, et qui avait pour but de faire admettre à la Fraternité la fameuse herméneutique du « renouveau dans la continuité », d’après laquelle la rupture des textes du concile vis-à-vis de la Tradition de l’Eglise ne serait qu’apparente tandis que la continuité serait réelle.
Dialogue inutile et vain. Son seul intérêt, s’il en était, serait de confirmer l’urgence de l’état de nécessité et de justifier l’initiative des sacres du 1er juillet 2026.
Abbé Jean-Michel Gleize
1
https://fsspx.news/fr/news/lettre-du-cardinal-muller-mgr-fellay-du-6-juin-2017-57307
2
https://www.liberation.fr/societe/le-cardinal-muller-ami-des-tradis-et-ennemi-du-pape-francois-20240520_UF3PDEDLU5HQ5DXZD2ZLM4LCIU/
3
https://www.herder.de/communio/theologie/kardinal-mueller-ueber-den-konflikt-mit-der-piusbruderschaft-die-rede-von-einer-abgestuften-zustimmung-
zum-konzil-ist-problematisch-/
4
https://fsspx.news/fr/news/deja-trop-tard-57584 ; https://fsspx.news/fr/news/reponse-au-cardinal-sarah-57576
5
Voir l’article « Mgr Schneider et Mgr Eleganti » dans le présent numéro du Courrier de Rome.
6
Cela n’est pas nouveau et correspond à ce que disait déjà Mgr Pozzo dans les années 2010. Voir l’article « Rien de bien nouveau » dans le numéro d’avril 2016 du Courrier de Rome.
(Source : Courrier de Rome n° 695 de mars 2026 – FSSPX Actualités)
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