Nous avons hélas pris l’habitude d’une réduction progressive de nos libertés, et notamment de notre liberté d’expression. De la loi Pleven à la loi Avia, ce sont maintenant des décennies de législations et de jurisprudences qui traquent les voix dissidentes – et même, désormais, les arrière-pensées non « conformes ».
Mais l’été 2026 sera à marquer d’une pierre noire dans l’histoire de cet effondrement (il devient presque impossible de se souvenir que notre pays fut nommé d’après les Francs, qui se désignaient eux-mêmes par leur qualité d’hommes libres – un nouveau symptôme du fait que la France est littéralement occupée par une puissance hostile à son être historique).
De Chat control à Bruxelles (adopté par une minorité au Parlement européen : pourquoi faire semblant d’être démocrate ?!) à la lutte contre les « ingérences intérieures » (idée proprement géniale qui interdit aux Français de se mêler de ce qui les regarde !), la Macronie finissante s’en donne à cœur joie.
Mais je voudrais surtout donner quelques exemples de jugements rendus ces dernières semaines, dans des domaines différents et contre des « cibles » tout aussi différentes, qui montrent concrètement où nous en sommes.
Jacques Boncompain, auteur de plusieurs ouvrages sur le Maréchal Pétain (voir, par exemple, ici, là ou là), et dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a rien d’un excité ni, a fortiori, d’un nazi, a été condamné pour « contestation publique de crimes contre l’humanité » pour avoir dit que le Maréchal Pétain avait sauvé des Juifs. On peut sans doute considérer que la phrase est trop rapide, mais il a écrit quelques centaines de pages pour expliquer ce qu’il voulait dire et qui ne fait guère de doute, sauf pour ses censeurs : de toute évidence, le malheureux faisait allusion au refus du gouvernement de Vichy de traiter les Juifs français comme les Juifs étrangers, malgré les pressions de l’occupant national-socialiste qui rejetait les critères de nationalité pour ne conserver que sa définition raciale. Pour l’aider à supporter ses frais d’avocat, vous pouvez participer à la cagnotte qu’il a mise en ligne ici.
Doura Moutot, féministe et co-auteur de Transmania, a été condamnée pour injure publique pour avoir dénoncé le fait que certains hommes « devenus femmes » soient internés dans les prisons de femmes et violent leurs codétenues. Son expression était pourtant prudente puisqu’elle avait pris soin de préciser que ce n’était pas un cas général. Par ailleurs, en bonne militante de gauche, elle observait soigneusement les canons du politiquement correct. Rien n’y a fait. Cela montre que l’on peut condamner désormais n’importe qui pour n’importe quel propos.
Dernier exemple : la Cour de cassation a renvoyé l’abbé Pagès et votre serviteur devant la Cour d’appel en cassant la relaxe que notre excellent avocat, le cher Jérôme Triomphe, avait obtenue. Parmi les motifs de cette cassation figure le fait que l’abbé Pagès aurait rabaissé les homosexuels au rang d’animaux alors qu’au contraire, il protestait énergiquement contre un « argument » prétendant prouver que l’homosexualité est naturelle puisque pratiquée par les animaux et refusait de traiter des êtres humains, quels qu’ils soient, comme des animaux. On peut donc désormais être condamné pour l’exact inverse de ce que l’on dit. C’est sans doute cela qu’on appelle pompeusement « l’état de droit ».
Je n’ai pas vraiment l’impression que les innombrables candidats à la prochaine présidentielle se préoccupent de ce grave sujet. Mais il est certain que, sans le rétablissement de la liberté de débattre, aucune des réformes majeures qui s’imposent pour sortir notre pauvre pays de l’ornière où l’ont enfoncé des générations de dirigeants anti-nationaux ne sera simplement envisageable.
Guillaume de Thieulloy
NB : Pour ceux qui veulent creuser la question, j’ai publié un petit opuscule sur le sujet que vous pouvez télécharger ici.
