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L'Eglise : Foi

L’Église est-elle « contre » l’épanouissement sexuel féminin, en favorisant des unions lorsque l’épouse est la moins disposée ?

L’Église est-elle « contre » l’épanouissement sexuel féminin, en favorisant des unions lorsque l’épouse est la moins disposée ?

De Gabrielle Vialla pour Le Salon beige :

Connue des lecteurs pour plusieurs ouvrages et articles, j’ai été récemment frappée par la recrudescence de questions qui m’ont été faites, tant de laïcs que de prêtres, autour de cette objection. Elle fait notamment écho à certains propos lus sur ce blog à propos du divorce dans les milieux traditionnels. On y a lu que les méthodes naturelles permettraient des unions à des moments où l’épouse est la moins disposée, avec à la clé une possible souffrance physique et un stress lié à une éventuelle grossesse.

Tout d’abord, rappelons qu’une union conjugale ne devrait jamais être douloureuse, ni pour la femme ni pour l’homme. Si une douleur existe, il est nécessaire d’en rechercher la cause (médicale, psychologique, relationnelle) et d’y remédier. Cela relève d’un devoir élémentaire de charité envers soi-même et envers le conjoint.

En ce qui concerne la femme, quelle que soit la période du cycle, l’union doit être préparée avec délicatesse. Elle ne doit jamais être douloureuse, mais vécue de manière positive (sans verser dans l’injonctif culpabilisant). L’Église n’a jamais valorisé le dolorisme ni justifié la violence dans les relations conjugales.

Ensuite, comme tout apprentissage humain, la vie conjugale demande une éducation. Il existe des ouvrages, des personnes à consulter et des pasteurs capables d’accompagner.

Par ailleurs, une certaine vision légaliste réduit parfois l’enseignement à l’interdiction de la contraception et de l’avortement, et à la notion de « refus du droit du conjoint » ou de « devoir conjugal ». C’est une réduction grave. On invoque alors saint Paul en oubliant l’équilibre de son enseignement : l’amour de l’époux à l’image du Christ, la réciprocité et le don mutuel.

Tous les états de vie sont appelés à la chasteté. Celle du mariage n’est pas une chasteté au rabais : elle implique aussi un combat spirituel.

Dans la vie conjugale, les époux sont appelés à examiner leur conscience, à demander et à accorder le pardon. Cela commence par la charité et le respect mutuel, notamment dans la reconnaissance des différences entre l’homme et la femme. Il est frappant de constater que, dans des milieux religieux où, avec raison, on rejette la théorie du genre sur le plan politique et éducatif, ces différences entre hommes et femmes, notamment dans le désir, la frustration et le rapport au temps, peuvent être quelquefois niées.

À l’époque d’une hégémonie de la mentalité contraceptive et pornographique, bien dangereux sont ceux qui enseignent un prétendu droit sur le conjoint mais négligent de rappeler l’amour oblatif, la maîtrise de soi, l’ascèse et l’attention réciproque.

Avec Humanae vitae, l’Église a parlé de continence périodique, ce qui correspond à la réalité de la vie conjugale, qui n’a jamais été, selon les mots d’un abbé, un « open bar ». L’Église rappelle les époux à la responsabilité conjointe face à la vie. Elle les enjoint à la générosité et à la prudence. L’un n’exclut pas l’autre. De même, il ne peut y avoir d’opposition entre « épanouissement féminin » et « épanouissement masculin », ni entre « épanouissement des époux » et « ouverture à la vie ».

L’enseignement de l’Église a connu un développement doctrinal équilibré qui veut le bonheur de ses enfants. Il reste, en pratique, grandement méconnu ou caricaturé. N’agissons pas comme des enfants ingrats qui, malgré la flûte, n’ont pas voulu danser (Matthieu 11, 16).

Gabrielle Vialla auteur de La chasteté, Recevoir le féminin, et tout récemment Prier avec le cycle féminin

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