La revue Science et Pseudo-Sciences de juillet 2026 aborde le sujet des cancers.
En France, le nombre total de cancers diagnostiqués chaque année a presque doublé :
- 1990 : 218 000 cas, dont 32 300 chez les 20-49 ans, soit 15 % du total.
- 2023 : 435 000 cas, dont 40 600 chez les 20-49 ans, soit 9,3 % du total.
En France, entre 1990 et 2023, chez les 20-49 ans, les chiffres bruts montrent deux évolutions radicalement différentes :
- Hommes : environ 13 500 → 13 200 cas, soit une quasi-stabilité.
- Femmes : environ 16 700 → 25 300 cas, soit +52 %. La dynamique observée avant 50 ans est donc avant tout féminine.
Même constat lorsque l’on corrige les effets de structure d’âge avec les taux d’incidence standardisés :
- Hommes : 103 → 106 pour 100 000 = stabilité globale.
- Femmes : 127 → 198 pour 100 000 = hausse d’environ 56 %.
En 2023, les femmes représentent ainsi environ 2/3 des cancers diagnostiqués entre 20 et 49 ans.
Qu’est-ce qui porte cette hausse chez les femmes ? Très largement, le cancer du sein. Entre 1990 et 2023 :
- Sein : 57 → 89,9/100 000 = environ 46 % de la hausse totale.
- Colorectal : environ 7 %.
- Poumon : environ 6 %.
À eux trois, ces cancers expliquent près de 59 % de l’augmentation de l’incidence féminine.
Le cancer du sein représente donc à lui seul près de la moitié de l’incidence des cancers féminins avant 50 ans ; près de la moitié de leur augmentation depuis 1990. C’est probablement le résultat le plus important de cette analyse : derrière le récit global sur les « cancers des jeunes » se cache surtout une évolution spécifique des cancers féminins, dominée par le sein.
Pourquoi cette augmentation des cancers du sein avant 50 ans ? Il n’existe bien sûr pas de facteur unique. L’hypothèse principale de l’article est celle d’un effet de cohorte (qui est expliqué dans l’article), notamment reproductif et hormonal : – premier enfant plus tardif ; – évolution de la parité ; – allaitement plus court ou moins fréquent ; – exposition hormonale cumulée différente selon les générations. À cela peuvent s’ajouter plusieurs facteurs de risque plus modestes et indépendants, dont les effets peuvent se cumuler : alcool, certaines expositions hormonales, modes de vie et détection plus fréquente avec des dépistages personnalisés plus fréquents aujourd’hui chez les femmes entre 40 et 50 ans.
