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On demande des prêtres pas trop catholiques pour le diocèse d’Amiens

On demande des prêtres pas trop catholiques pour le diocèse d’Amiens

L’évêque d’Amiens a décidé de ne pas prolonger la mission de trois prêtres issus du diocèse de Fréjus-Toulon, nommés en septembre dernier. Les abbés François-Régis Favre, Éloi Legrand et Pierre-Marie Brochery intervenaient jusqu’ici dans les paroisses d’Albert, Bray-sur-Somme, Mailly-Maillet et Acheux.

L’évêque évoque un conflit installé entre les prêtres et une partie des fidèles. Certains paroissiens avaient critiqué le port de la soutane, l’usage du latin ou encore une exigence accrue en matière de morale religieuse. Pour le diocèse, le problème est relationnel. Mais pour un certain nombre de fidèles, c’est la catholicité de ces prêtres qui pose souci : refus de la communion aux personnes divorcées ou homosexuelles, annulation de concerts profanes sont les accusations relayées par le Courrier Picard.

Communiqué de Mgr Gérard Le Stang sur la situation des paroisses d’Albert, Bray-sur-Somme et Acheux, le 28 avril 2026 :

« Chers frères et sœurs, 

Ce communiqué vous informe des décisions que je prends concernant les paroisses de Notre-Dame de Brebières (Albert), Notre-Dame de l’Espérance (Bray-sur-Somme), Notre-Dame des Hauts de l’Ancre (Mailly-Maillet) et Notre-Dame des Champs (Acheux). 

Après échange avec Mgr François Touvet, évêque de Fréjus-Toulon, je décide de ne pas prolonger l’accueil des abbés François-Régis Favre, Eloi Legrand et Pierre-Marie Brochery au-delà de l’année d’expérimentation prévue dans la convention entre les deux diocèses de Fréjus-Toulon et Amiens. Je prends cette décision en m’étant donné un long temps de réflexion, éclairé par l’écoute de prêtres du diocèse et de nombreux chrétiens de ces quatre paroisses, d’avis divers, et après avoir discerné avec le conseil épiscopal. 

J’ai reçu ces trois prêtres personnellement au long de cette année. J’ai pu dire à chacun les raisons objectives qui me conduisent à mettre fin à leur ministère chez nous. Je tiens à les remercier pour leur désir de servir la mission de l’Église dans notre diocèse et pour le travail accompli au long de ces mois. Je salue le souci de l’évangélisation, de la prière, de la liturgie et de la formation qu’ils ont eu. 

La décision que j’ai prise de ne pas prolonger leur accueil ne s’appuie aucunement sur un certain nombre de critiques émises contre eux (port de la soutane, liturgie romaine, souci de fidélité doctrinale et liturgique, exhortation à la cohérence dans la vie morale, distinction entre le cultuel et le culturel…). Il fallait cependant prendre acte du conflit installé entre eux et un certain nombre de personnes, qui entraînait un trouble profond et durable dans les communautés, et un désarroi chez beaucoup. 

Pour succéder à ces prêtres, le Père Louis-Pasteur Faye, vicaire général du diocèse et curé de la paroisse Saint Simon du Moliennois (Molliens-Dreuil), est nommé, avec l’accord de l’administrateur diocésain de Thiès (Sénégal), curé de ces quatre paroisses et recteur du sanctuaire Notre-Dame de Brebières. Cette nomination sera effective à partir du 1er septembre prochain. Il demeurera vicaire général. Il sera soutenu par des prêtres dont les nominations suivront. 

Le Père Louis-Pasteur Faye reçoit, avec cette nomination, les directives suivantes : 

  • Susciter une communion et une fraternité renouvelée entre tous, l’intégration de toutes les sensibilités et générations, dans une hospitalité mutuelle. 
  • Porter des projets missionnaires concrets, en lien avec le champ missionnaire Sainte Colette. 
  • Appeler de nouveaux responsables laïcs, notamment parmi les plus jeunes, afin de permettre aux anciens de transmettre le relais. 
  • Activer la pastorale des jeunes et des vocations et travailler étroitement avec les chefs d’établissements catholiques pour y renouveler la pastorale des enfants et jeunes. 
  • Prolonger la formation des chrétiens à tous niveaux, et veiller à la qualité des célébrations liturgiques et sacramentelles. 
  • Faire du sanctuaire Notre-Dame de Brebières un lieu de prière et de compassion pour tout le diocèse. 
  • Travailler à un rapprochement des quatre paroisses dans un avenir proche.

Cette situation pastorale a été douloureuse pour tous, prêtres, diacre, religieuses et laïcs. Je mesure aussi combien elle donne le sentiment d’un échec. Cela montre combien la vie chrétienne s’appuie avant tout sur une communion de foi et de charité entre frères et sœurs, et sur des communautés vivant dans l’estime du sacerdoce qui est au service de tous. La grâce d’une fidélité plus grande à l’Évangile de la paix et du pardon peut jaillir de cette épreuve. Que chacun prenne le temps du recul, de l’humilité et de la prière pour accueillir ce que Dieu veut nous dire à travers tout cela.  

Dans les mois qui viennent, j’aurai l’occasion de revenir dans chacune de ces paroisses, à la rencontre de tous, pour qu’ensemble nous prenions, chacun selon notre vocation, la tenue de l’humble serviteur, joyeux d’être ami du Christ et frère de tous. » 

 + Mgr Gérard Le Stang
Évêque d’Amiens 

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