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L'Eglise : L'Eglise en France

Les hashtags #JeSuisCharlie ou #SortonsLesPoubelles ont leur limite

Les hashtags #JeSuisCharlie ou #SortonsLesPoubelles ont leur limite

Dans Valeurs Actuelles, le père Danziec rappelle que la justice ne peut pas se contenter de slogans :

[…] Le slogan rageur “Plus jamais ça !” scandé dans les rues n’a pas plus enrayé la succession d’égorgements, de décapitations, de camions fous ou de fusillades en terrasse. Allumer des bougies place de la République ou brûler un cierge dans un sanctuaire (que les saints me pardonnent) ne suffit pas pour venir à bout d’un mal profond, qu’il s’appelle terrorisme islamiste ou perversion sexuelle. Les hashtags #JeSuisCharlie ou #SortonsLesPoubelles ont leur limite.

​Se targuer d’une irrévérence à la française, soit. Mais si c’est pour se refuser, dans le même temps, à souligner l’incompatibilité de la charia avec le socle civilisationnel judéo-chrétien qui a fait la France, à quoi bon ? Publier au grand jour les abus de tel ou tel membre du clergé, transparence nécessaire pour réamorcer la confiance, soit. Mais si c’est pour refuser, faute de courage, de prolonger cette transparence par une réforme intellectuelle et morale d’envergure, une conversion, on mesure l’insuffisance cruelle du procédé. Sortir les poubelles certes, mais dans le but d’endiguer ce qui pollue.

​Rendre justice aux victimes, c’est leur dire et leur prouver que si des messagers ont corrompu leur ministère, le message, lui, conserve toute sa puissance rédemptrice. Alors, oui, redisons-le : la politique et la foi sont des choses nobles. Pourvu que l’une et l’autre restent fidèles à leur vocation. La politique, en ce qu’elle vise le bien commun d’un peuple et la paix sociale d’une nation, loin des calculs ou des postures qui ne la grandissent pas. La foi, en ce qu’elle dilate les cœurs par l’Évangile et donne du sens à l’existence par sa tradition, loin de la couardise mondaine qui ne la sublime pas.

​Gustave Thibon, avec le discernement et le bon sens qui ont fait sa réputation, ne manquait pas de remarquer que la monarchie est plus que le roi et le sacerdoce plus que le prêtre. On pouvait autrefois, tels Dante ou Catherine de Sienne, se payer le luxe de mépriser tel roi ou tel pape sans que le principe même de la monarchie ou de la papauté soit mis en question.

En temps de crise, on assiste au phénomène inverse : les institutions ne sont tolérées et aimées qu’à travers les personnes… C’est dire l’urgence politique et religieuse de la situation actuelle. Si l’on estime que le sabre et le goupillon tiennent un rôle grave et sérieux dans le redressement d’un peuple, plus que jamais l’heure est à des chefs politiques et religieux intègres et vigoureux.

​Chacun son domaine. Aux politiques, le soin de faire leur examen de conscience. Quant à l’univers ecclésiastique, il serait temps pour lui – et pour ses responsables – de discerner consciencieusement les germes de mort qui polluent le clergé ces dernières décennies. L’affaissement du sens du péché ? La perte du sens de Dieu ? Un rapport au monde d’une naïveté confondante ? Le bannissement du vocabulaire ecclésial des mots “ascèse”, “sacrifices” ou “mortification”, comme si le prêtre ou l’évêque, par sa seule onction, devenait un pur esprit ?

​L’histoire nous enseigne que les paysans vendéens ont tiré les nobles de dessous de leur lit, où ils se cachaient, pour les appeler à prendre leurs responsabilités face aux désordres de la Révolution. Le petit peuple, de Dieu ou non, ne manquera pas demander des comptes à ceux qu’ils ont pour chefs. Non par haine. Mais par justice. Pour l’amour du prochain. Et le salut des âmes, surtout.

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