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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Les ordinations épiscopales de la FSSPX : un aspect ecclésiologique

Les ordinations épiscopales de la FSSPX : un aspect ecclésiologique

Quatrième article de l’abbé Spriet. Le précédent est ici.

Le Christ a-t-il oublié ses promesses relatives à son Eglise ? 

À en croire la FSSPX, “oui” puisque les portes de l’enfer semblent avoir prévalu contre Pierre et son Magistère (1), puisqu’il semble que Pierre a une foi qui a défailli. 

Si c’était vrai cela voudrait dire que Notre-Seigneur s’est trompé ou n’a pas tenu ses promesses. Ce n’est pas possible.  

“Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux” (Mt 16, 13-19). 

“Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé” (Lc 10, 16). 

“Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères” (Lc 22, 31-32). 

Que fait-on de ses promesses ? N’y a-t-il pas un problème de foi dans le mystère de l’Eglise chez un certain nombre de théologiens de la FSSPX ? Il faut être cohérent. 

A en croire la FSSPX, les promesses du Seigneur sont bien toujours réalisées car la FSSPX garde la Tradition. Au fond, l’Eglise c’est eux. La vraie Eglise, celle qui est fidèle au Magistère de toujours, c’est eux (Mgr Lefebvre l’a affirmé à plusieurs reprises malheureusement). Donc il faut assurer la survie de l’Eglise (et donc de la Tradition, et vice-versa) en ordonnant de nouveaux évêques. Il en va du salut des âmes. N’y a-t-il pas une erreur d’identité et de perspective ? 

Récemment j’échangeais par courriels avec un bon père de famille qui m’écrivait : “Oui l’Eglise est Sainte, dans la mesure où elle est fidèle à Dieu. Oui le pape est le Pontife, le berger, le guide, dans la mesure où il est fidèle à Dieu. Oui les fumées de Satan ne prévaudront pas contre l’Eglise, dans la mesure où elle reste fidèle à Dieu”. Je lui ai répondu gentiment : “Non cher monsieur, l’Eglise est Sainte en soi. Le pape est le Pontife, le berger, le guide en soi. Les fumées de Satan ne prévaudront pas contre l’Eglise en soi, en vertu des promesses du Christ et en vertu de l’assistance de l’Esprit-Saint promis à l’Eglise”. C’est cela le mystère de l’Eglise. Il a été proclamé dogmatiquement en particulier au concile Vatican I. 

Saint Irénée de Lyon, Docteur de l’Unité, l’a dit magnifiquement :

C’est à l’Église elle-même, en effet, qu’a été confié le Don de Dieu. (…) C’est en elle qu’a été déposée la communion avec le Christ, c’est-à-dire l’Esprit Saint, arrhes de l’incorruptibilité, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu (…) Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce” (S. Irénée, Adv. hær3, 24, 1). 

Or, “Ubi Petrus, ibi Ecclesia” : là où est Pierre, là est l’Eglise nous dit saint Ambroise de Milan. Il ne faut jamais quitter “Pierre”. Plus près de nous, nous pouvons encore citer notre Jehanne d’Arc nationale :

De Jésus-Christ et de l’Église, il m’est avis que c’est tout un, et qu’il n’en faut pas faire difficulté”. 

Mgr Lefebvre, Mgr Fellay, Mgr de Galarreta ne sont pas successeurs de Pierre. “Loin de moi de vouloir m’ériger en Pape” disait Mgr Lefebvre le 30 juin 1988. Il ne le voulait pas (intention) mais il le faisait de facto en instituant une hiérarchie parallèle (acte intrinsèquement mauvais) contre la volonté du pape. Il est annoncé, jusqu’à preuve du contraire, que la FSSPX prend à nouveau le même chemin. 

Quel gâchis ! 

  1. Pour mémoire, le Magistère est l’interprète authentique de la Tradition apostolique. Personne ne peut se substituer au Magistère pour dire ce qui appartient à la Tradition ou lui est contraire. Le Magistère est au-dessus de nos interprétations de la Tradition. Mutatis mutandis, le Magistère n’est pas au-dessus de l’Ecriture, mais est au-dessus de nos interprétations de l’Ecriture. Vénérable Pie XII : “ce magistère [de l’Eglise], en matière de foi et de mœurs, doit être pour tout théologien la règle prochaine et universelle de vérité, puisque le Seigneur Christ lui a confié le dépôt de la foi – les Saintes Ecritures et la divine Tradition – pour le conserver, le défendre et l’interpréter” (…) “on ne doit pas penser que ce qui est proposé dans les lettres Encycliques n’exige pas de soi l’assentiment, sous le prétexte que les Papes n’y exerceraient pas le pouvoir suprême de leur magistère. C’est bien, en effet, du magistère ordinaire que relève cet enseignement et pour ce magistère vaut aussi la parole : “Qui vous écoute, m’écoute… ” (Lc 10, 16), et le plus souvent ce qui est proposé et imposé dans les Encycliques appartient depuis longtemps d’ailleurs à la doctrine catholique. Que si dans leurs Actes, les Souverains Pontifes portent à dessein un jugement sur une question jusqu’alors disputée, il apparaît donc à tous que, conformément à l’esprit et à la volonté de ces mêmes Pontifes, cette question ne peut plus être tenue pour une question libre entre théologiens. (…) Dieu a donné à son Eglise, en même temps que les sources sacrées, un magistère vivant pour éclairer et pour dégager ce qui n’est contenu qu’obscurément et comme implicitement dans le dépôt de la foi. Et ce dépôt, ce n’est ni à chaque fidèle, ni même aux théologiens que le Christ l’a confié pour en assurer l’interprétation authentique, mais au seul magistère de l’Eglise” (Humani Generis, 1950). Saint Paul VI, audience générale du 12 janvier 1966 : “Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. La réponse, nous la connaissons. Rappelons-nous la déclaration conciliaire du 6 mars 1964, répétée le 16 novembre 1964 : étant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer d’une manière extraordinaire des dogmes comportant la note d’infaillibilité, mais il a muni ses enseignements de l’autorité du magistère ordinaire suprême ; ce magistère ordinaire et manifestement authentique doit être accueilli docilement et sincèrement par tous les fidèles, selon l’esprit du Concile concernant la nature et les buts de chaque document. » 

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