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L'Eglise : Foi

“Les prêtres, les évêques et même le pape n’ont pas le pouvoir de détruire la foi catholique”

“Les prêtres, les évêques et même le pape n’ont pas le pouvoir de détruire la foi catholique”

Homélie de Mgr Schneider, lors des vêpres au Panthéon, le 27 octobre, lors du pèlerinage Summorum Pontificum :

Saint Thomas d’Aquin nous a laissé ces paroles lumineuses sur la vérité de l’indestructibilité de la foi catholique :

« la preuve de la solidité d’une maison, c’est qu’elle ne peut être renversée, si on l’ébranle. Or jamais l’Eglise n’a pu être détruite. Au lieu de cela, ceux qui l’ont persécutée ont complètement échoué. Quant aux erreurs, en effet, plus celles-ci se présentèrent en grand nombre, plus la vérité fut manifestée avec fermeté. L’Église ne sera jamais détruite par les tentations et les attaques des démons. L’Eglise en effet est comme une tour, vers laquelle on court pour se réfugier, quand on a à combattre contre le diable : « Le nom du Seigneur est une tour extrêmement forte » (Prov. 18,10). Le diable a donc pour intention principale de détruire l’Église, mais il n’y parviendra pas, car le Seigneur a dit : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mt. 16,18) Instructions catéchétiques, article neuf).»

Nous croyons fermement que l’Église catholique et la foi catholique sont indestructibles. Les prêtres, les évêques et même le pape n’ont pas le pouvoir de détruire la foi catholique. Si tel était le cas, la foi catholique et l’Église catholique seraient une œuvre et une institution des hommes et non de Dieu tout-puissant. Le clergé peut nuire à la foi, mais il ne peut pas la détruire. Les fidèles ne suivent pas leurs propres idées ni la mode idéologique de leur temps, mais adhèrent à l’enseignement qu’ils ont reçu à travers la tradition du Magistère constant et immuable de tous les temps. Il existe donc un lien indissoluble entre le sensus fidei des fidèles et le pérenne Magistère de l’Église. Ces deux réalités ne peuvent être séparées. « En raison du don du Saint-Esprit, les membres de l’Église possèdent le « sens de la foi ». Il s’agit d’une sorte d’ « instinct spirituel », qui permet de sentire cum Ecclesia et de discerner ce qui est conforme à la foi apostolique et à l’Esprit de l’Évangile. Assurément, le sensus fidelium ne peut pas être confondu avec la réalité sociologique d’une opinion majoritaire, cela est clair » (Pape François, Discours aux membres de la Commission théologique internationale, 6 décembre 2013).

La vraie foi catholique signifie christocentrisme, elle signifie la primauté du surnaturel, de la prière et de l’œuvre de Dieu. Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme et le seul Sauveur de l’humanité, et doit donc être le centre de la vie de chaque personne et le centre de la vie de l’Église et de la vie de la société humaine. L’anthropocentrisme séculier règne déjà au sein de l’Église et est devenu un anthropocentrisme ecclésiastique. Le Christ est même devenu un obstacle pour certains clercs dans la vie de l’Église. Les fidèles doivent résister courageusement à cette grande hérésie, c’est-à-dire au modernisme dans sa forme actuelle d’anthropocentrisme et de naturalisme ecclésiastique. Quels sont les moyens pour une telle résistance ? Surtout, rester immobile dans l’adhésion et les convictions concernant la sainte foi catholique de tous les temps ; mener une vie de prière sérieuse et profonde ; être des apôtres en diffusant la beauté de la foi catholique à ceux qui ne la connaissent pas ; défendre la foi catholique contre ceux qui la distordent ; faire réparation et expiation pour les péchés contre la foi catholique, c’est-à-dire les péchés d’hérésie et de sacrilège ; avertir avec révérence mais aussi avec clarté et courage ceux qui obscurcissent, sapent ou détordent la vérité catholique et la discipline apostolique de l’Église. Saint Hilaire de Poitiers, qui fut l’Athanase de l’Occident pendant la crise arienne, disait : « Il est impossible, ce n’est pas raisonnable, de mélanger le vrai et le faux, de confondre la lumière et les ténèbres, et d’unir, de quelque sorte que ce soit, la nuit et le jour » (Ad Constantium I, 2).

Aujourd’hui est le temps des fidèles laïcs et Dieu leur a donné la vocation spéciale de témoigner avec courage, de diffuser et de défendre la pureté de la foi catholique, même contre tant de traîtres au sein de l’Église. L’archevêque Fulton Sheen a un jour fait cette observation bien pertinente :

« Qui sauvera notre Église ? Ni nos évêques, ni nos prêtres et religieux. Cela dépend de vous, fidèles laïcs. Vous avez l’esprit, les yeux, les oreilles pour sauver l’Église. Votre mission est de faire en sorte que vos prêtres agissent comme des prêtres, vos évêques comme des évêques et vos religieux comme des religieux » (Conversation avec les Chevaliers de Colomb, juin 1972).

À une époque où l’Église était persécutée de l’intérieur, comme dans le cas de la crise arienne du IVe siècle, saint Hilaire faisait cette déclaration encourageante :

« La particularité de l’Église consiste en ce qu’elle triomphe lorsqu’elle est vaincue, qu’elle se comprend mieux lorsqu’elle est attaquée, qu’elle se relève à nouveau lorsque ses membres infidèles l’abandonnent » (De Trin. 7,4).

Cette fidélité et ce courage des fidèles laïcs constituent la véritable puissance de l’Église. Vivre la véritable tradition du dogme, de la liturgie et de la sainteté est une manifestation de la démocratie des saints, car la tradition est la démocratie des saints. À sainte Elisabeth Hesselblad, convertie suédoise qui a refondé l’Ordre de Sainte Brigitte au XXe siècle, Dieu a infusé une foi si forte au moment de sa conversion qu’elle a pu dire ces mots :

« Même si le Pape et tous les prêtres perdaient la foi catholique, ma foi resterait en tout cas inébranlable. »

Dieu démontrera aussi à notre époque qu’Il choisit ce qui est faible et méprisé (cf. 1 Co 1, 27) aux yeux de beaucoup d’ecclésiastiques hérétiques et infidèles d’aujourd’hui, c’est-à-dire la fidélité des simples fidèles, et que celle-ci amènera la victoire de l’intégrité et de la beauté de la vérité catholique, de la liturgie catholique et de la vie catholique, conscients de ces paroles ardentes du martyr saint Fidel de Sigmaringen :

« Ô foi catholique, comme tu es solide, comme tu es forte ! Comme ils sont profondément enracinés, comme ils sont solidement fondés sur le roc ! Le ciel et la terre passeront, mais tu ne pourras jamais mourir. Dès le début, tous se sont opposés à toi, mais tu as puissamment triomphé de tout. C’est celle-ci la victoire qui triomphe du monde, notre foi. La foi catholique a assujetti des rois puissants à la domination du Christ, et a forcé les nations à se mettre à son service. Qu’est-ce qui a fait souffrir les saints apôtres et les martyrs d’agonies féroces et de tourments amers, sinon la foi ? Qu’est-ce qui pousse les vrais suiveurs du Christ à mettre de côté les luxes, à laisser derrière soi les plaisirs et à endurer les épreuves et la douleur ? C’est la foi vivante qui s’exprime à travers l’amour. C’est ce qui nous fait mettre de côté les biens du présent dans l’espoir des biens futurs. C’est par la foi que nous échangeons le présent contre l’avenir. » Amen.

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