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Les vitraux de Notre-Dame

Les vitraux de Notre-Dame

De Serge Nouailhat, maître verrier et créateur de vitraux:

Après la polémique autour d’un “geste architectural”, qui n’aurait eu d’impact que sur l’extérieur de Notre Dame, est venue celle toujours vive autour de la commande de 6 nouveaux vitraux dans le collatéral sud, dont l’effet dans l’édifice millénaire sera cette fois beaucoup plus fort. En effet, une intervention artistique sur ces  verrières aura une grande incidence sur la lumière et la perception de l’espace intérieur de Notre Dame, et donc celle du lieu de culte lui-même. Un équilibre de couleurs doit être recherché : un dosage de lumière qui ne serait pas juste dans la nef et le chœur de Notre Dame où se déroule l’essentiel de la liturgie, viendrait déséquilibrer la perception, en attirant excessivement le regard vers ces nouveaux vitraux. Or c’est le contraire qui doit être visé: Accompagner et orienter le regard vers le chœur et l’autel où se célèbre l’Eucharistie.
La bonne échelle des motifs est également très importante, afin que l’intégration des vitraux dans le paysage de pierre soit le plus naturel possible.
Le choix de l’artiste qui se fait en ce moment est donc primordial pour préserver l’unité formelle, et aussi spirituelle de Notre Dame. Loin d’être une simple “décoration”, la création de nouveaux vitraux aura une portée sur la liturgie elle-même, les vitraux étant une forme de para-liturgie, comme  le partageait Henri Guérin, peintre verrier de renom qui fut un ami. En effet, les vitraux ont pour vocation d’accompagner la liturgie au même titre que l’orgue, les chants, l’encens, tout ce qui s’adresse aux sens, et qui concourt à ouvrir les cœurs et les esprit à la transcendance. Les vitraux célèbrent à leur façon les mystères auxquels les fidèles participent.
La proposition de remplacer les 6 vitraux dessinés par Viollet-le-Duc (des compositions simples de style géométrique) par une “Allée de la Pentecôte” est une intuition qui va dans le sens d’une vraie catéchèse, que l’on retrouve dans nos cathédrales.
Chaque vitrail de cette “Allée de la Pentecôte” proposée dans le cahier des charges développera une thématique propre en lien avec une figure d’un Saint : Saint Joseph, Saint Thomas d’Aquin, Sainte Clothilde, Saint Vincent de Paul, Sainte Geneviève, Saint Denys, Saint Paul Chen, associé à un don ou à une œuvre de l’Esprit Saint. Les 6 baies à créer feront partie d’un même ensemble cohérent autour du vitrail de l’arbre de Jessé, déjà en place dans la chapelle Saint Thomas d’Aquin.
Il est important de marquer cette étape de la reconstruction après le drame de l’incendie, mais seulement dans la mesure où il s’agit de manifester une espérance chrétienne explicite, tel que le thème d’une “Allée de Pentecôte” l’impose dans ce lieu emblématique. Loin de moi cependant l’idée d’imaginer des vitraux néo quoique-que-ce-soit : je parle d’une œuvre manifestement d’aujourd’hui, mais inspirée par la richesse de notre tradition spirituelle, et qui puise ses racines dans l’Espérance.
Or, si l’on se réfère à des commandes d’État récentes dans les cathédrales et autres lieux financés par le denier public, nous avons souvent assisté au “coup de com” médiatique, au clin d’œil aux avant-gardes consensuelles des milieux culturels institués, plutôt qu’au choix guidé par cette conviction que le vitrail, dans une cathédrale, est un art passeur d’une lumière plus vaste qu’elle-même, animé par la foi, et pas un simple moyen d’expression, certes sublime, pour artistes cotés.
Dans la liste des candidats en lice pour les nouveaux vitraux de Notre Dame et qui sont mentionnés, on constate en effet la participation de quelques grandes têtes d’affiche de l’AC (l’Art Contemporain people) Les “grands noms” de l’art sont donc en compétition ; il fallait s’y attendre, m’ont dit certains proches qui se demandaient pourquoi, dans ce contexte, poser sa candidature. Et elle rejoint celle d’autres artistes habités comme moi par une sincère et brûlante nécessité intérieure de témoigner de leur vie spirituelle, et même chrétienne ; oui, il y a des artistes chrétiens et nous avons besoin de l’Église pour vivre !

PS: Ma note d’intention qui accompagne ma candidature pour la réalisation des vitraux de Notre Dame est a lire ici .

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1 commentaire

  1. Compte tenu de la dégradation de la liturgie issue de Vatican II et si les vitraux doivent l’accompagner vers l’Eucharistie, nous pouvons craindre le pire comme par exemple quelques excès de pentecôtisme d’après le cahier des charges proposé.

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