Partager cet article

Culture de mort : Avortement / Culture de mort : Eugénisme / Culture de mort : Euthanasie / Culture de mort : Idéologie du genre / L'Eglise : Le Vatican / Pro-vie

L’expression « Mon corps m’appartient » reflète la réduction du corps à une pure matérialité

L’expression « Mon corps m’appartient » reflète la réduction du corps à une pure matérialité

Le cardinal Luis Ladaria Ferrer, préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, est intervenu sur l’encyclique Humanae vitae le 19 mai à Rome au congrès organisé par la Chaire internationale de bioéthique Jérôme Lejeune. La Nef publie le texte intégral de son intervention. En voici un extrait :

[…] Le rejet de l’encyclique n’a pas seulement affecté la vision de l’amour et de la sexualité, il a aussi affecté la perception du corps lui-même. L’anthropologie contraceptive est une anthropologie dualiste qui tend à considérer le corps comme un bien instrumental et non comme une réalité personnelle. L’expression qui donne son titre à cette conférence, « Mon corps m’appartient », reflète ce caractère instrumental du corps, ce dualisme, où le corps est réduit à une pure matérialité et, par conséquent, à un objet susceptible d’être manipulé.

Cette réification du corps entraîne non seulement la perte de la vérité de l’amour humain et de la famille, mais a également conduit à une diminution alarmante du nombre de naissances et à une multiplication du nombre d’avortements. Le rejet de l’indissolubilité des deux significations, qui proclamait la régulation de la natalité par l’utilisation de contraceptifs, s’est transformé en une manipulation artificielle de la transmission de la vie, par le biais des techniques de procréation assistée. On a d’abord accepté la sexualité sans enfant, puis la production d’enfants sans acte sexuel. La vie fabriquée n’est plus considérée, en soi, comme un « don », mais comme un « produit » et devient valorisée en termes d’utilité. Cette utilité, mesurée par des fonctions concrètes, est désormais appelée « qualité de vie ». La qualité de vie devient ainsi un concept discriminant entre les vies dignes d’être vécues et les vies indignes d’être vécues et qui peuvent donc être supprimées : avortements eugéniques, élimination des personnes handicapées, euthanasie des malades en phase terminale, etc. Le tout agrémenté d’une certaine « compassion » envers les personnes qui se trouvent dans ces situations (élimination de la personne malade), envers leurs proches et envers une société à qui l’on épargnera des coûts inutiles.

Cette manipulation du corps, typique du relativisme moral et présente dans l’anthropologie contraceptive, est présente dans deux idéologies actuelles : l’idéologie du genre et le transhumanisme. Toutes deux partent du principe qu’il n’y a pas de vérité qui puisse limiter la mise en œuvre de leurs postulats idéologiques. Une fois de plus, la liberté est opposée à la nature. Cette exaltation de la liberté, sans lien avec la vérité, fait que les deux idéologies présentent le désir et la volonté comme les garants ultimes des décisions humaines. C’est pourquoi la suite de la phrase « Mon corps m’appartient » sera… « et j’en fais ce que je veux ». Ce « ce que je veux » est l’expression du seul désir comme garant de la décision morale. Mais c’est précisément le corps humain lui-même qui apparaît comme un obstacle, comme une limite, à la réalisation du désir.

Si l’idéologie du genre prétend que les citoyens construisent socialement leur propre sexe, sur la base d’une supposée neutralité sexuelle, alors elle doit nier une vérité anthropologique fondamentale comme le dimorphisme sexuel (mâle et femelle) inhérent à l’espèce humaine. C’est pourquoi l’idéologie du genre nie que l’identité d’une personne soit liée à son corps biologique : une personne n’est pas identifiée par son corps (sexe) mais par son orientation. Elle efface toute relation au genre binaire pour proclamer la diversité sexuelle.

De même, dans le transhumanisme, la personne est réduite à son esprit, ou plutôt à ses connexions neuronales comme support de sa singularité. La singularité est désormais l’essence de la personne, sans le corps qui l’identifie et qui peut être transféré dans un autre corps humain, dans un corps animal, dans un cyborg ou dans un simple fichier mémoire.

L’idéologie du genre et le transhumanisme sont des expressions de cette anthropologie, rejetée par Humanae vitae, qui nie au corps son caractère personnel et le réduit à un simple objet manipulable. L’identité culturelle, sociale et juridique de la personne n’est pas intrinsèquement liée à sa masculinité ou à sa féminité. Son identité personnelle est désormais fondée sur son orientation, c’est-à-dire sans rapport avec son propre corps et sans rapport avec le corps de « l’autre », du sexe opposé. Il s’agit d’une anthropologie qui a séparé la vocation à l’amour de la vocation à la fécondité. En ce sens, il s’agit fondamentalement d’une anthropologie a-historique, qui ne recherche que le moment présent, une anthropologie du carpe diem. […]

Partager cet article

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services