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Valeurs chrétiennes : Education

Loi anti-fessée : un combat de fond qui vise à la disparition de toute forme d’autorité au profit de celle de l’État

Loi anti-fessée : un combat de fond qui vise à la disparition de toute forme d’autorité au profit de celle de l’État

Selon Olivier Babeau, président-fondateur de l’Institut Sapiens :

[…] L’interdiction de la fessée n’est qu’un jalon dans un combat bien plus fondamental contre toute forme d’autorité, au profit de celle de l’État. Car tout pourra demain être qualifié de “violence éducative ordinaire”. Comme le rapporte un article du Huffington Post, l’auteur du blog Enfances épanouies identifie ainsi le fait d’obliger son enfant à se nourrir ou à s’habiller quand il fait froid, de lui faire les gros yeux, lui donner des surnoms… La contradiction est forte : il faudrait traiter l’enfant comme un adulte en miniature, ce qu’il n’est pas. Éduquer, c’est éveiller à la liberté, mais c’est aussi précisément être responsable d’un être qui n’est pas encore capable de liberté. L’idée qu’il soit possible d’éduquer par le seul dialogue raisonnable est très séduisante d’un point de vue philosophique, mais pour un parent elle atteint hélas ses limites lorsque le caprice d’un enfant, par exemple, le met lui-même en danger. Quel parent n’a jamais eu recours, pour le bien de sa progéniture, à des formes de chantage et de contrainte physique ? Demain, tous les parents seront hors la loi.

La loi procède de la vision irénique de l’éducation promue par un Jean-Jacques Rousseau dont on sait qu’il avait lui-même systématiquement abandonné ses enfants -pour le coup, une forme terrible de violence. L’enfant, naturellement bon, n’aurait pas à être guidé mais seulement préservé de la corruption de la société. Dans son essai la Crise de l’éducation, Hannah Arendt souligne que chaque nouvelle génération est comparable à une horde de barbares qui déferle sur notre civilisation. Une réalité illustrée avec force par le roman Sa Majesté des mouches de William Golding où des enfants livrés à eux-mêmes s’ensauvagent puis s’entre-tuent. Comment ne pas être troublé par la coïncidence de la progression des violences entre les jeunes (dont le harcèlement scolaire, qui a fait récemment une tragique victime de plus), la difficulté grandissante des enseignants à maintenir l’ordre dans leur classe, avec celle d’un pédagogisme considérant l’idée même de discipline comme un crime ? La correspondance est troublante entre la furie progressiste et le recul des règles les plus élémentaires de respect et de savoir-vivre. Ne plus rien imposer aux jeunes, ne plus leur permettre de grandir par les cadres qui sont donnés, voilà la vraie violence que l’on fait aujourd’hui aux enfants que l’on renonce à civiliser.

Il peut enfin paraître paradoxal d’insister toujours plus sur la liberté de l’enfant en réduisant constamment celle des adultes. Mais ce n’est pas vraiment étonnant si l’on y réfléchit bien : notre société devrait être faite pour des adultes et ceux qui ont vocation à le devenir. Au lieu de cela, par choix idéologique, elle nous considère tous comme d’éternels mineurs placés sous l’autorité paternelle d’un État qui interdit, surveille et punit.

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4 commentaires

  1. On peut aussi relever que les blessures psychologiques (pas de violence physique, c’est donc autorisé…) type dénigrement, atteinte à la personnalité… sont beaucoup plus mortifères et profondes qu’un échauffement local temporaire.
    Les lecteurs avertis ont déjà décodé: on se fiche éperdument des enfants, l’essentiel est d’humilier les parents et casser la structure familiale. Et laisser la libre jouissance des jeunes pousses aux prédateurs de tout poil.

  2. Régime totalitaire = Régime dans lequel l’État tend à confisquer la totalité des activités de la société…

  3. C’est exactement le programme communiste aidé par la maçonnerie de toute façon et de manière tellement évidente, qu’il ne faut pas avoir de cerveau pour ne pas s’en apercevoir.
    Moi aussi je suis d’une génération où l’autorité, le respect et toutes ces choses qui aujourd’hui semblent être parties à la poubelle, étaient les principes mêmes de mon éducation. J’ai également reçu quelques taloches, et je suis toujours debout et sans problème existentiel.
    Merci Mon Dieu de m’avoir donné des Parents (début du 20è) et Grands-Parents (nés au 19èsiècle) certes d’une autre génération, mais quel bonheur !

  4. “Ne plus rien imposer aux jeunes, ne plus leur permettre de grandir par les cadres qui sont donnés, voilà la vraie violence que l’on fait aujourd’hui aux enfants que l’on renonce à civiliser.”
    Les jeunes n’ont pas besoin en priorité qu’on leur impose quoi que ce soit, en revanche ils ont besoin qu’on s’impose à nous une certaine exemplarité. Les jeunes n’apprennent que par l’exemple, et c’est la défection des parents et le manque d’enseignants passionnés (1 prof démotivé pour 30 élèves qui ne savent pas ce qu’ils font là) qui est la cause du tout : les enfants sont juste le miroir de notre civilisation déclinante au profit de notre intérêt pour l’argent et des distractions du téléphone portable…

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