Guy Barrey, qui dirige le site internet pelerinagesdefrance.fr, vient de publier un ouvrage, préfacé par Mgr Schneider, pour contribuer au débat actuel sur le titre de corédemption attribuée à la Sainte Vierge Marie. Marie, la servante du Seigneur, est la première à avoir cru, la première à coopérer à la rédemption, la première adoratrice du Dieu fait homme. En sa triple maternité, mère de Dieu, mère de l’Église, mère de tous les hommes, la Vierge Marie coopère de manière spécifique, unique et privilégiée, à l’œuvre rédemptrice de son divin Fils.
L’auteur cite abondamment les Écritures, le magistère de l’Église, les saints et théologiens, autant que le sensus fidei dans la vie de l’Église. Il n’est pas certain que l’accumulation de citations parvienne à convaincre les plus sceptiques et on pourra se demander quelle différence l’auteur opère entre le titre de corédemptrice et ceux de médiatrice et avocate, associés dans le titre du livre. Néanmoins, pendant plusieurs siècles de nombreux théologiens et des saints n’ont pas adhéré au dogme de l’Immaculée Conception, qui n’avait pas encore été défini. Mais, comme dans tout débat interne à l’Eglise, doit prévaloir cette maxime de saint Augustin, « Dans l’essentiel l’unité, dans le secondaire la liberté, et en tout la charité ».
L’auteur évoque notamment le « minimalisme doctrinal du concile de Vatican II » :
Il faut y revenir à fin de clarification, le concile de Vatican II s’en est tenu à une conception minimaliste, loin des propos des papes saint Pie X et Pie XI. Certes il a consacré de beaux développements à la Vierge Marie, notamment dans le chapitre 8 de la constitution dogmatique Lumen gentiuem, mais sans user du terme de corédemptrice, s’en tenant à celui d’associée, voisin de celui de coopératrice, de cooperatio, terme ayant déjà un fondement biblique, Marie, coopérant à l’oeuvre du salut, « généreusement associée » à l’oeuvre du Christ, « l’unique Médiateur ». L’on a ainsi surtout voulu mettre en évidence « le rôle subordonné de Marie » dans sa coopération à la Rédemption.
