Plusieurs organisations familiales s’inquiètent des pistes d’économies sur les politiques familiales proposées dans un rapport commandé par le gouvernement, estimant qu’elles pénaliseraient les familles, notamment de classes moyennes, dans un contexte de recul persistant de la natalité. Ces propositions interviennent alors que la branche Famille de la Sécurité sociale a dégagé un excédent de 1,2 milliard d’euros en 2025, son cinquième exercice excédentaire consécutif.
Parmi les mesures, le remplacement de la majoration de retraite de 10% accordée aux parents d’au moins trois enfants par un forfait de 125 euros, permettrait une économie de 1,1 milliard d’euros.
Les Associations familiales catholiques (AFC) ont souligné :
« Le gouvernement a malheureusement des idées fantastiques pour faire les poches des familles alors que les naissances ont chuté de 24% depuis 2010 ». « Cette mesure pénalise lourdement les familles nombreuses de la classe moyenne, qui ont sacrifié une partie de leur carrière et de leur pouvoir d’achat pour élever trois enfants ou plus ».
Le rapport préconise également
- la suppression de la réduction d’impôt pour frais de scolarité dans l’enseignement secondaire et supérieur que touchent 2,4 millions de ménages. Une mesure qui générerait 450 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires.
- la prise en compte les revenus des parents dans le calcul des aides personnalisées au logement (APL) des étudiants, quand ils restent rattachés au foyer fiscal. La mesure réduirait les APL pour « 310.000 foyers (soit 44%), dont 200.000 (soit 29%) » en seraient totalement privés, selon le rapport.
- La réduction des allocations familiales « de 20% les seuils d’accès aux deuxième et troisième tranches ». Pour les 591.000 ménages affectés, cette mesure se traduirait par une perte mensuelle moyenne de 75 euros.
La fédération nationale Familles de France estime que ces mesures toucheraient particulièrement les familles nombreuses et les classes moyennes.
« Un revenu de 2.500 ou 3.000 euros par mois ne représente pas le même niveau de vie selon que l’on a un, deux, trois ou quatre enfants à charge ».
Au-delà des mesures, les organisations familiales contestent la philosophie générale de cette « revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales ». Elles accusent ses auteurs de privilégier une logique de « redistribution verticale », des plus aisés vers les plus modestes, au détriment de la « redistribution horizontale », destinée à compenser le coût des enfants pour l’ensemble des familles.
« Réduire les politiques familiales à un filet de sécurité sociale réservé aux plus pauvres, c’est transformer une politique universelle en politique caritative ».
« La politique familiale a vocation à accompagner toutes les familles, et non uniquement les plus pauvres. Élever un enfant représente une charge et un investissement collectif pour les retraites de demain, pour la vitalité du pays que la société doit reconnaître quel que soit le niveau de vie des parents ».
« La famille est indispensable à la survie du modèle social français, qui repose sur l’équilibre démographique. Moins d’enfants aujourd’hui, c’est moins de pensions de retraite et de remboursements de santé demain ».
