De Guillaume d’Alançon :
L’Accueil Louis et Zélie est implanté à Ajaccio depuis la rentrée 2025. Aussi ai-je décidé d’y faire un petit saut pour prendre la température de la Corse.
En ce mois de juillet, il faisait très chaud, assurément. Quelle joie de retrouver Margot et Laurent ! Toujours disponibles et généreux, sur cette île de Beauté qui n’en comporte pas moins des misères humaines. Leur accueil a été merveilleux, qu’ils en soient encore remerciés. Nous avons pu parler longuement de tant de sujets que nous avons en commun. Cette joie de l’amitié dans le Christ est un merveilleux trésor.
J’ai pu aussi rencontrer l’évêque, le Cardinal Bustillo et son vicaire général, l’abbé Constant. Son Eminence m’a confirmé son désir d’ouvrir un deuxième accueil à Bastia, préfecture de Haute-Corse et dont la cathédrale est absolument magnifique.
Les connaisseurs disent que c’est le plus beau port de toute la Méditerranée. Puisse cette ville être toujours un abri sûr pour ceux qui peinent. Mais je ne voudrais pas terminer ce bref compte-rendu sans partager avec vous un petit fioretti.
Me trouvant à l’Île-Rousse, bourgade du nord de la Corse, et, venant de perdre mon portefeuille, je remuais ciel et terre pour le retrouver.
Le soir, reparti dans la direction de la montagne pour rejoindre mon hébergement, le téléphone se met à sonner. Numéro inconnu… je décroche quand même. Un homme avec un accent prononcé m’indique qu’il est en possession de mes papiers.
C’est un Corse bien évidemment.
Heureusement, quelques cartes de visite épaississaient le soufflet de mon porte-monnaie.
Nous convenons d’un rendez-vous. Quelques instants plus tard, tandis que j’attends tranquillement dans ma voiture, je vois arriver un homme jeune accompagné d’une femme. Celle-ci porte une jolie croix dorée autour de son cou. Comme saint Thomas qui peine à croire, j’attends de toucher le cuir pour être bien certain que tout cela est réel.
Ceux qui ont perdu leurs papiers savent à quel point il est pénible de faire opposition sur sa carte bancaire, de déclarer la perte ou le vol des différentes cartes d’identité…
Un portefeuille c’est aussi un coffre-fort : on conserve toujours des informations sur un post-it, une photo de ses enfants ou encore un numéro de téléphone écrit à la hâte.
Ce modeste maroquin comportait aussi un autre joyau, une relique de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui m’avait été offerte par un donateur de notre association. Aussi étais-je un peu tendu …
Les commerçants m’avaient dit:
“N’ayez pas peur, vous le retrouverez”. Je n’y croyais pas beaucoup.
En conversant avec ceux qui me ramenaient l’objet perdu, je découvrais des personnes magnifiques. Leur simplicité et leur ouverture de cœur ont touché le mien. Je leur racontais brièvement l’histoire de Louis et Zélie, puis celle de la petite Thérèse. Avant de nous séparer, dans un mouvement très faiblement prémédité, je leur donnais la relique de la sainte de Lisieux. C’était un bout de ses vêtements.
L’image évangélique de la femme qui touche la frange du manteau de Notre-Seigneur me semble la plus appropriée pour décrire la réaction qu’ils ont eue. Secrètement je remerciais Dieu. Je leur dis ensuite quelques mots sur l’accueil Louis et Zélie. Au moment de partir, mon nouvel ami corse me dit en montrant la relique “nous en prendrons grand soin”.
Il avait tout compris.
Puissions-nous prendre grand soin, les uns des autres.
Bonnes vacances à tous.
Guillaume
