Formidable initiative que celle de Bernard Antony d’avoir voulu (à un moment où il est sage de regarder un peu – un homme se pencher sur son passé – dans le rétroviseur) rédiger ses Mémoires. On dit parfois d’un homme dont la vie a été un tourbillon d’événements extraordinaires (au sens propre du terme) : « Quel roman que cette vie ! » Cela colle parfaitement à Bernard Antony. Sauf que ce qu’il a vécu – et suscité parfois – ne relève pas du roman, mais de la réalité.
On a souvent eu à lire les Mémoires de vieux birbes ennuyeux au possible, sentencieux, convenus et convenables jusqu’à la caricature. Les Mémoires de Bernard Antony sont aux antipodes de ces pensums circonstanciés. Ce sont les souvenirs d’un homme d’action, d’un patriote de l’espèce amoureuse, que l’on va retrouver en première ligne dans les combats pour la France, mais aussi aux quatre coins du monde, en Pologne, au Liban, au Honduras et au Nicaragua, en Lituanie, en Croatie, etc. Et l’on aurait tort de croire – et ces Mémoires le montrent à l’évidence – que ces opex (comme disent les militaires) ne sont pas aussi (et sans doute d’abord), des combats pour la France.
Avec un souci de l’anecdote permanent (qui est ce petit « plus » qui fait la différence) et une écriture percutante, Bernard Antony entraîne le lecteur dans l’aventure formatrice de la résistance Algérie française, dans l’espérance portée par Tixier-Vignancour, dans les explications musclées avec les Rouges dans les facs, dans Mai-68. Il dit aussi la rencontre avec ce grand monsieur que fut Pierre Fabre et la suite, la création du mensuel Présent, la mise en marche du Centre Henri et André Charlier le boycott des Jeux olympiques en URSS, les manifs pour l’Ecole libre, le pèlerinage de Chartres réinventé, la célébration du Millénaire capétien, le compagnonnage avec des personnages remarquables, et tant d’autres choses qui, pour quelques-unes d’entre elles, ont infléchi, voire ralenti, le douloureux déclin de notre pays. Et puis, bien sûr, un engagement politique sans failles.
Et puis… Et puis cent aventures encore que le lecteur découvrira au fil de pages qui font défiler des histoires de chez nous, c’est-à-dire, la saga de notre Histoire nationale. Poussez la porte de ce grand livre. Vous y découvrirez un monde : le nôtre.
Préface de Pierre Henri.
Mémoires, Bernard Antony, Editions Godefroy de Bouillon, 338 pages, 35 €
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VIVANT
Antony a mal vieilli. Comme seconde nature, il est devenu par génie génétique russophobe. C’est incroyable de voir le haut niveau de russophobie qu’il a pu atteindre par autosuggestion nerveuse. C’est un cas clinique qui intéresse Charcot, même à titre posthume. A part l’histoire, qui pourra expliquer à cet ancien brave homme qu’Odessa est une ville russe !
ewart
Tandis que la plupart des commentateurs de ce Blog sont devenus d’un incroyable niveau de russophilie, qu’ils ont dû atteindre par autosuggestion nerveuse. 4 ans après le début de cette guerre , ils continuent à penser qu’elle est de nature territoriale , reprenant servilement le récit de l’agresseur.
A part l’histoire , que Bernard Antony connait , lui , qui pourra expliquer à ces braves gens que la Russie reste dirigée par une poignée de bolcheviks qui ne tolèrent à leurs frontière que des Russes ou des esclaves, et qui se maintiennent par la guerre : si celle ci se finit , elle sera nécessairement suivie d’une autre.
De vrais cas cliniques qui pourraient interesser Charcot .
Michel Janva
Mais puisque vous avez l’air si intelligent, vous pourriez tenter l’exercice de l’expliquer, non ?