Après le succès des précédents volumes, Stanislas Berton publie ce 21 septembre le Volume V de ses Essais
Dans les textes qui composent ce recueil, Stanislas Berton nous donne les outils pour comprendre les guerres de Cinquième Génération, penser le monde d’après et déjouer les pièges du combat spirituel.
Un livre essentiel pour comprendre les vrais enjeux économiques, politiques et spirituels d’un monde en pleine mutation.
Les lecteurs du Salon Beige apprécieront particulièrement une réflexion sur la place d’une France catholique dans le monde d’après la chute du mondialisme ainsi que les liens constamment rappelés entre la perte de la foi et l’effondrement de notre pays. Notons également qu’un chapitre entier intitulé « la gnose contre la foi » propose une réfutation magistrale de la gnose, sous toute ses formes, en s’appuyant sur les travaux de Jean Vaquié et d’Étienne Couvert.
Comme pour tous les volumes de la série des Essais, cet ouvrage propose plusieurs traductions inédites d’auteurs anglo-saxons, notamment un texte exceptionnel du grand penseur catholique américain EM Jones sur le catholicisme identitaire.
Émission Ligne Droite:
Note : les volumes de la série « L’Homme et la Cité » sont indépendants et peuvent être lus dans n’importe quel ordre.
Le livre peut être commandé en ligne ou dans toutes les bonnes librairies.
Pour acheter en ligne:
Pourquoi le pape n’a pas visité la Maison Jeanne Garnier
Selon L’Infiltré, qui a sorti son premier numéro hier, l’Elysée a manoeuvré pour supprimer cette étape embarrassante alors que le gouvernement prépare les décrets d’application de la loi sur l’euthanasie :

Conflit israélo-libano-syrien
Liban : Pas de tirs nocturnes pour la première fois depuis juin !
C’est L’Orient-le-Jour qui le raconte. « L’absence de déflagrations nocturnes « pour la première fois depuis juin » a toutefois été notée par un habitant de Qlaylé, dans le caza de Tyr ».
Pour autant, cela ne signifie en rien la fin de la guerre. Ainsi, la chaine de télévision israélienne N12 annonçait la réorganisation des « forces le long de la Ligne Jaune », qui coupe le Sud-Liban. Il s’agit de créer, toujours selon le même média, « un nouveau réseau d’avant-postes destinés à renforcer la défense des populations du Nord » d’Israël.
Mercredi 23 septembre, le nouvel homme fort de Syrie, Ahmed al-Charaa était à la tribune de l’ONU. Il a rappelé que le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1967 « restera un territoire syrien ». Il a également dénoncé les 500 frappes aériennes et les plus de 1200 incursions de l’armée israélienne en Syrie depuis son arrivée au pouvoir.
Réponse d’Israël Katz, ministre israélien de la Défense, dans une vidéo :
« Ma réponse au président syrien (…) est claire : le Golan sous souveraineté israélienne fera pour toujours partie intégrante d’Israël ».
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Carnet de combats – 40 ans au service des Forces spéciales – PRIX HELIE DE SAINT MARC – 2026
« Voici le livre vrai d’un remarquable officier des commandos Marine, les Forces spéciales de la Marine nationale au parcours singulier et particulièrement édifiant. » C’est ce qu’écrit le général Hogard en commençant sa préface.
Norbert Tafzi. Il est de ceux sur lesquels chefs, pairs et subordonnés savent très vitre pouvoir compter. Parce qu’il est courageux, intellectuellement et physiquement. Parce qu’il est exigeant avec lui-même comme avec les autres. Parce qu’il est droit et franc. Parce qu’il a du caractère. Parce qu’il est extrêmement compétent. Parce qu’il sait d’où il vient et où il va. Il faut dire que la famille Tafzi, fortes de solides convictions patriotiques, s’illustre au service de la France depuis plusieurs générations.
Lui, commence comme jeune engagé à dix-huit ans, puis poursuit son parcours au sein des forces spéciales… Il commande le fameux commando Trépel, devient directeur de l’École des Commandos et finit chef de division au sein de l’Etat-major d’ALFUSCO. Sa carrière exceptionnelle il la doit bien sûr à l’exemple donné par son grand-Père et son père, mais aussi à sa mère qu’il chérissait et ne voulait pas décevoir. Il la doit bien sûr à l’exemple donné par son grand-père et son père, mais aussi à l sa mère qu’il chérissait et qu’il ne voulait pas décevoir. Il la doit surtout à lui-même par la force de ses convictions, son courage, ses qualités physiques, sa force de caractère et son intelligence ; Il fera preuve des mêmes qualités une fois projeté dans le monde civil et l’entreprise. L’honneur du capitaine, c’est la fidélité.
En lisant ce livre vous allez pénétrer, découvrir le monde fermé, mythique et exigeant des forces spéciales. Vous allez vivre de l’intérieur toutes les opérations menées par la France, durant ces quarante dernières années. Vous allez parcourir la planète, de Lorient au Yémen en passant par Djibouti, le Sénégal le Liban, la Guinée-Bissau, le Timor oriental, l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan et le Moyen-Orient.
Vous allez vivre les combats les plus rudes, découvrir la complexité de la police des mers au large de Cherbourg, suivre les entrainements au combat les plus exigeants, les exercices de lutte antiterroriste ou de libération des otages. Un cahier de 16 pages de documents et photos en couleur illustrent ces aventures, ces exploits. Ce témoignage est une rare plongée, au cœur des Forces spéciales.
Un livre passionnant, des aventures vraies, des hommes d’honneur, au service de leur pays.
Au Salon de l’écrivain combattant et du livre historique d’Orange 2026, a été remise le Prix Hélie de Saint Marc à Norbert Tafzi. Le livre figure également parmi les cinq finalistes du Prix Encre Marine 2026, dont le lauréat sera annoncé le 20 novembre.
Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/histoire-militaire/31035-carnet-de-combats-de-matelot-a-capitaine-de-vaisseau-40-ans-au-coeur-des-forces-speciales.html
Carnets de combats, Norbert Tafzi, Préface du général Hogard, Editions Mareuil, 368 pages, 22 €
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Merci Très Saint Père Léon XIV
Il y avait, paraît-il, un trou dans l’agenda du pape Léon XIV ! Heureux néant qui nous a valu d’être comblés au-delà de nos espoirs. Car, la visite-pèlerinage de notre saint Père s’inscrivait bien dans l’espace : La France et le temps : les incertitudes et les menaces multiformes qui envahissent notre quotidien.
Dés ses premiers mots, le pape Léon rappelle d’où nous venons, d’où vient la France. En effet, il ne peut y avoir d’avenir sans passé. Nos racines conditionnent nos fruits. Sans sève originelle pas de feuilles, pas de fleurs, pas de fruits.
Il cita saint Irénée (135-202), deuxième évêque de Lyon, le Primat des Gaules. Saint Irénée, évêque plein d’ardeur missionnaire, fut aussi le pourfendeur d’une hérésie redoutable, l’arianisme, qui contestait que le Christ, cloué sur la Croix, était le Fils de Dieu. « La vocation de l’homme est inscrite dans sa chair, porteuse de l’image de Dieu » disait saint Irénée. L’affirmation de la beauté de l’homme, cette Magnifica humanitas, (lettre encyclique de Léon XIV) ne peut être comprise qu’en rapport avec la divinité pleine et entière du Christ : Vrai Dieu et vrai homme. Aussi, hier comme aujourd’hui, il faut tenir l’affirmation de la foi catholique contenue dans le Crédo. Cet acte de foi, obtenu non sans d’âpres combats et de plusieurs siècles de martyrs constitue la colonne vertébrale de l’Eglise. La vérité de la foi est indissociable de la vérité de l’homme, elle-même ancrée dans la Vérité de Dieu.
Alors que les premiers signes de l’effondrement de l’empire romain apparaissaient, un petit peuple surgit : les Francs, parmi d’autres plus nombreux et plus puissants. A leur tête, Clovis, un guerrier intrépide, s’affirma comme chef. Il dut s’apprivoiser au contact de deux femmes sainte Clothilde, son épouse, et sainte Géneviève. A leur contact et suivant leur conseil, il s’approcha de la foi catholique, tandis que les autres tribus se tournaient vers l’arianisme. Clovis rencontra saint Martin de Tour et Saint Rémi de Reims, à leur contact il fut sensibilisé à la beauté du christianisme. Mais, il lui fallu un signe, la victoire à Tolbiac, pour reconnaître le seul Vrai Roi de l’Univers : le Dieu, Trois fois Saint. Il fut baptisé en la cathédrale de Reims avec l’eau et l’onction du Saint Chrême, en 496, avec ses hommes. La France fut fondée en même temps. Même si notre pays n’était à cette époque qu’un embryon d’état, néanmoins, cet embryon était l’embryon de la France. Nous-mêmes ne devons ce que nous sommes aujourd’hui que ce que nous étions hier : un zygote, un fœtus et un embryon dans le sein de notre mère.
Le baptême que Clovis reçoit des mains de saint Rémi, inaugure aussi l’histoire de notre pays. La naissance en ce monde n’est pas que la conséquence d’une rencontre charnelle entre deux cellules, l’une masculine et l’autre féminine. La Sainte Famille, pour répondre aux exigences de la loi juive, fit circoncire Jésus au Temple. Mais le Christ, se fit baptiser par Jean en signe, non pas de solidarité avec les disciples du Baptiste, mais bien pour signifier qu’ « il faut renaître d’en Haut » tel qu’Il le dira plus tard à Nicodème. Aussi le baptême de Clovis par l’intermédiaire de la Saint Eglise catholique confère à notre pays une vocation particulière : « La Fille ainée de l’Eglise et l’éducatrice des peuples ».
Il y a donc un lien étroit entre la conception d’un enfant et celle d’une nation. Depuis de nombreuses décennies des papes ont souligné la place particulière et irremplaçable de la France dans cette vocation. Il n’y a donc rien qui puisse nous étonner devant l’extraordinaire richesse des fruits qui ont abondés dans tous les domaines : arts, éducation, formation, soins etc. La cathédrale de Paris, comme toutes ses cathédrales sœurs partout en France témoignent d’une riche mise en œuvre des talents de nos artistes et artisans, des maîtres de chœurs et des chorales, des chanoines, des diacres et des prêtres ainsi que de l’évêque, qui avec le peuple de Dieu communient à un même Dieu. L’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris, largement partagée au plan international, n’était pas que celle d’un moment. Elle traduisait bien que quelque chose d’important et de vital venait d’être touchée au cœur. C‘était l’âme du bâtiment, l’âme de la chrétienté, l’âme du pays, l’âme de la France.
Léon XIV a très bien vu ce qui se jouait. Cette âme, si fragile et vacillante de la France qui était mise à mal. Les pressions conjuguées de l’athéisme d’état, sous couvert de laïcité, l’islamisme radical qui empêche la liberté religieuse, la contestation du choix des parents de l’école pour leurs enfants auxquelles s’additionnaient la menace sur la vie, risquaient de détruire l’unité de la nation et de compromettre son avenir.
Aussi, le successeur de Pierre a rappelé devant le Président de la République l’indispensable dialogue de l’Eglise et de l’Etat. Ce dernier ne devant pas être soumis aux Loges maçonniques qui lui dicte ses lois et ses lois criminelles.
La visite du Saint Père constitue une chance pour la renaissance de la France. Il est impératif que notre pays retrouve ses racines. Et devant l’évocation de ses saintes et saints, joliment mis en scène au stade de France, il n’y a pas (ou plus) à rougir de notre belle histoire de France. La foi catholique qui a su éveiller à la transcendance et aussi celle qui a permis de descendre dans la pate humaine pour servir les hommes, les femmes, les enfants et les personnes âgées, malades ou handicapées. Par ailleurs, la raison mise en œuvre pour le bien de l’homme se conjugue à la foi : c’est le sens de l’Encyclique du pape sur l’intelligence artificielle. Pensons à Pascal, ce grand scientifique inventeur de la machine à calculer qui s’exclama après une nuit de feu : « Joie, joie, joie, pleurs de joie ».
On essaye de nous museler, d’intenter à notre encontre des procès, de convoquer des faussaires qui falsifient l’histoire. Résistons en chrétien à l’image du Christ face à Pilate. Celui cherchait désespérément la vérité alors qu’elle était devant lui, en Chair, en Ame et en Esprit. Le procurateur romain croyait, aussi, être libre pour libérer Jésus – car il le savait innocent –mais il succomba à la foule manipulée par les groupuscules de l’époque qui criait « A mort, à mort, crucifie-Le ! » Jésus, eu pitié de lui et lui révéla que son pêché était moins grave que celui de ceux qui l’avaient livrés dans ses mains.
La douce fermeté de Léon XIV tranche avec le discours haineux de trop d’hommes ou de femmes politiques. Leur violence cache mal leur dépendance aux idéologies du moment et à leur manque de vraies et sures convictions.
Après cette visite soyons assurés au contraire que la Vérité seule nous libérera.
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La France catholique n’est pas morte
De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :
La visite de Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre, a révélé un pays que l’on croyait connaître et une espérance catholique que beaucoup n’avaient pas vu venir. Il y a quelque ironie à voir le président de la République, si soucieux d’entretenir une relation privilégiée avec les papes, devoir se contenter d’un accueil relativement protocolaire. Le « en même temps » trouve ici sa limite. On ne peut vouloir paraître proche du pape et défendre une conception de la société avec laquelle le Pape manifeste publiquement son désaccord. En tout cas, Léon XIV n’était manifestement pas venu jouer les figurants dans une cérémonie républicaine. Et il faut lui savoir gré de cette liberté.
L’un des moments les plus saisissants de cette visite a été la rencontre avec 80000 jeunes au Stade de France – y compris de nombreux catéchumènes, ces adultes qui demandent le baptême dans une société qui ne sait même plus ce que c’est! L’Église connaît une crise profonde et, pourtant, un renouveau – que le voyage pontifical révèle – se dessine sous nos yeux. Et puis il y eut le spectacle, magnifique fresque historique et spirituelle. On a parlé du Puy du Fou. Et il y avait de cela. Car, ici, l’histoire n’était pas proposée comme un musée, mais comme un héritage vivant. Le contraste avec la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques est inévitable. Deux spectacles, deux imaginaires, deux rapports au passé.
Mais Léon XIV n’est pas venu uniquement pour produire de belles images. Il a parlé. Souvent avec une fermeté dont nous avions perdu l’habitude. À l’Élysée, alors que le Parlement vient d’adopter la loi sur la fin de vie, il a dénoncé « l’offre d’une mort programmée », mais aussi les manipulations génétiques, la gestation pour autrui ou l’achat d’organes. Il n’a évidemment pas tranché en quelques mots des débats politiques et moraux complexes. Mais il a offert des repères nets et un principe fondamental: la dignité humaine ne dépend pas de l’autonomie ou de la productivité. C’est même précisément sur le traitement de l’homme vulnérable que la civilisation est jugée.
Même fermeté sur la laïcité. Léon XIV n’a pas appelé à remettre en cause la séparation des Églises et de l’État. Il a défendu une « juste laïcité », qui ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public ou de l’éducation. Le catholicisme n’est pas une maladie honteuse que la République tolérerait à condition qu’il reste enfermé dans les sacristies.
Mais l’essentiel de ce voyage réside dans le mot « espérance ». Aux évêques de France, Léon XIV a demandé: « Levez-vous donc avec espérance! » Ce n’est pas une formule pieuse destinée à consoler une Église vieillissante. C’est un ordre de marche. Car la France catholique n’est pas morte. Elle est blessée, certainement. Elle connaît des divisions, des scandales, des désertions massives, des paroisses fragiles et des communautés parfois vieillissantes. Le pape n’a d’ailleurs pas cherché à masquer ces réalités. Mais il a vu autre chose. Il a vu notamment cette jeunesse française qui, loin d’avoir honte du christianisme, semble découvrir avec étonnement qu’elle peut en être fière. Et il lui a dit de combattre. Mais ce combat ne consistera pas à rêver de restaurer artificiellement un monde disparu, mais à transmettre une foi ancienne à une génération nouvelle. Et surtout, elle cessera peut-être de s’excuser d’être catholique. C’est cela que Léon XIV semble avoir aperçu en France. Et cela mérite d’être regardé.
Arménie : L’Etat et l’Eglise toujours à couteaux tirés
Le Centre d’information et de relations publiques (SNCO) du bureau du Premier ministre arménien a publié un rapport officiel de 70 pages sur la « crise qui est apparue au sein de l’Église à la suite des actions du chef de facto de la Sainte Église apostolique arménienne et d’un certain nombre de hauts membres du clergé, et sur les moyens de la résoudre ».
Ce rapport a été réalisé directement à la demande du premier ministre Nikol Pachinian. Il liste 16 reproches, parmi lesquels : « la violation du vœu de célibat », la « persécution arbitraire du clergé », l’« opacité financière » de l’Eglise ainsi qu’une « activité politique et politisation du Saint-Autel ».
Le rapport demande enfin la déposition du Catholicos actuel, la nomination d’un interim, l’adoption d’une charte et enfin, l’élection d’un nouveau catholicos.
L’Eglise a dénoncé un rapport « inconstitutionnel, anti canonique et illégal tant dans son contenu que dans sa forme ».
Source : SOS Chrétiens d’Orient
L’Ethiopie en guerre
Après plusieurs mois de tensions entre le gouvernement fédéral d’Abiy Ahmed et le Front populaire de libération du Tigré, des combats ont éclaté dans plusieurs zones du nord de l’Ethiopie, mardi 22 septembre dernier. Les affrontements ne se limitent d’ailleurs pas au Tigré. Ils se sont étendus aux régions de l’Afar et de l’Amhara. Les combattants tigréens avaient pris mercredi le contrôle des trois aéroports de la région, dont celui de Mekele, la capitale de la région.
Source : SOS Chrétiens d’Orient
Sur le caractère systémique des abus sexuels
Dans l’avion du retour de Metz, le pape a été interrogé sur le caractère systémique des abus sexuels en France par le journaliste d’I.Media Cyriac Zeller :
Bonsoir, Votre Sainteté. Hier, lors d’une conférence de presse, les victimes que vous avez rencontrées nous ont rapporté que vous aviez reconnu devant elles le caractère systémique des abus sexuels au sein de l’Église. Est-ce bien le cas ? Pourriez-vous nous expliquer votre position à ce sujet ? Considérez-vous que les abus sexuels au sein de l’Église sont systémiques ?
Je dirais, sans vouloir contredire qui que ce soit, car je pense que c’est très important, qu’avant tout, j’aimerais préciser que lors de ma rencontre avec ces sept victimes, je leur ai demandé de m’aider également à exprimer aux autres victimes la volonté — la mienne et celle de l’Église — de les écouter et de les accompagner dans leur cheminement vers la guérison, en reconnaissant la souffrance qui leur a été infligée en raison de situations d’abus.
Plusieurs d’entre elles ont évoqué des abus systémiques. Personnellement, je préfère l’exprimer autrement, même si j’ai effectivement parlé de certaines organisations au sein de l’Église qui se sont, par moments, si l’on peut dire, comportées de manière abusive en tant que système.
Mais je pense qu’il est important de faire la distinction. L’abus sexuel est avant tout un problème humain. Lorsqu’il se produit au sein de l’Église, il revêt en réalité une toute autre dimension, car la vie de foi des personnes est profondément meurtrie, voire parfois détruite.
L’Église a la responsabilité particulière de les accompagner et de les aider à rechercher la guérison. C’est dans ce sens que je leur ai expliqué comment l’Église, à certains égards, a été considérée comme responsable, mais aussi comment, de la même manière, l’Église joue, je pense, un rôle essentiel pour les aider à trouver la guérison.
Sur X, l’abbé Michel Viot, auteur d’un ouvrage sur la manipulation du rapport Sauvé, révèle le courrier qui lui avait été envoyé au nom du pape François à propos de son livre :

Lettre du Pape François pour soutenir mon livre sur le rapport Sauvé que je publie avec autorisation qui me soutient, alors que cela m’a valu beaucoup de difficultés en France ! Maintenant que Léon XIV a récusé l’expression d’événement systémique pour l’Eglise, il est de mon… pic.twitter.com/FHShNBOnoa
— Michel Viot (@michel_viot) September 29, 2026
L’ONU reconnaît l’avortement «contraint» comme une violence contre les mères
Est-ce que cette affaire permettra aux militants forcenés de l’avortement d’ouvrir les yeux sur cette réalité ? L’ECLJ indique :
Le 22 juin 2026, Reem Alsalem, Rapporteure spéciale de l’ONU sur la violence contre les femmes et des filles, a présenté devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies son rapport consacré à la violence contre les mères. Elle y dresse un vaste panorama des violences et discriminations subies par les femmes et les filles à travers le monde en raison de leur statut de mère et formule des recommandations afin d’y remédier. Ce document est inédit à double titre. D’une part, comme l’a indiqué la Rapporteure, «Malgré le rôle fondamental et les contributions des mères, aucune organisation ni aucun mécanisme des Nations unies, du moins à ma connaissance, n’a produit de rapport mondial spécifique consacré aux mères en tant que catégorie distincte de personnes dont la vie et les expériences – y compris les expériences de violence – sont profondément façonnées par cette double identité de femme et de mère». D’autre part, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) note avec satisfaction que c’est certainement aussi la première fois que l’avortement contraint est dénoncé en droit international. C’est le fruit du travail de l’ECLJ qui a pris part au processus de rédaction de ce rapport en soumettant à la Rapporteure spéciale, en réponse à son appel à contributions, des observations écrites relatives à la situation des femmes pauvres et isolées face à la maternité, en particulier durant la grossesse. L’ECLJ a également participé à une consultation d’experts, à l’invitation de Mme Alsalem.
Avortement «contraint» et avortement forcé, une distinction bienvenue
Dans ce document sur la «violence contre les mères», la Rapporteure spéciale entend par «mère» toute femme ayant accouché ou ayant adopté un enfant, mais aussi toute femme enceinte (§ 94.a), comme l’ECLJ l’y avait invitée.
Mme Alsalem part d’un constat simple: «Les mères et la maternité ont été dévalorisées dans la société », ce qui constitue l’une des causes profondes de la violence dont elles peuvent être victimes. Le rapport note que:
«La maternité reste largement sous-estimée et est souvent présentée à tort comme un choix relevant de la seule sphère privée, plutôt que comme un bien social nécessitant reconnaissance et soutien de la part de la société et des institutions» (§7).
Il déplore également que
«Dans la culture et les médias, les femmes qui affichent ouvertement leur priorité accordée à la maternité sont souvent dépeintes comme moins ambitieuses ou comme «faisant des choix moins ambitieux». L’éducation des enfants est présentée comme une source d’inégalités, une contrainte intrinsèque ou un désavantage. Les femmes qui se consacrent à la maternité ou y aspirent sont considérées comme «improductives», alors même que le travail de soins représente environ 9% du produit intérieur brut mondial» (§8).
Concernant les violences subies par les femmes enceintes, la Rapporteure spéciale opère une distinction expresse entre avortement «forcé» et avortement «contraint» (§41), comme le lui avait recommandé l’ECLJ. En effet, sans y être pour autant physiquement forcées, beaucoup de femmes recourent à l’avortement en raison de pressions diverses et parce qu’aucune alternative ne leur est présentée. Selon une étude américaine publiée en 2023, 61% des femmes ayant subi un avortement ont ressenti un niveau élevé de pression provenant de leur entourage ou de circonstances diverses[1].
Citant expressément l’ECLJ dont la contribution se basait sur de nombreux témoignages recueillis de la part de femmes racontant leur expérience douloureuse de l’avortement, la Rapporteure dénonce ces pressions contraignant tant de femmes à mettre fin à leur grossesse comme autant de situations de violence. Elle relève que «La pauvreté et la marginalisation peuvent […] conduire les mères à recourir à l’avortement» et étaye son propos avec des données relatives à la France que l’ECLJ lui avait fournies: «les femmes appartenant aux 10% les plus pauvres ont 40% plus de chances de subir un avortement que les femmes appartenant aux 10% les plus riches, à âge et situation matrimoniale comparables[2]» (§25). Plus spécifiquement, elle dénonce diverses situations favorisant l’avortement forcé ou contraint:
«Les mères peuvent également être contraintes ou forcées à avorter, notamment en raison de régimes d’avortement par correspondance ou par télémédecine qui n’exigent pas l’administration de médicaments abortifs sous surveillance médicale. Elles peuvent subir un avortement à leur insu ou sans leur consentement éclairé, notamment dans des situations de violence conjugale, de traite et d’exploitation sexuelle. L’absence de moyens financiers minimaux ou de conditions jugées nécessaires pour élever un enfant peut également contraindre les femmes à recourir à l’avortement. Le refus d’avorter, y compris dans les cas de handicap, a conduit à la stigmatisation, au refus d’assistance, à des agressions et à des meurtres» (§41).
La Rapporteure spéciale insiste par ailleurs sur la vulnérabilité affective qui constitue une pression dans ce domaine: «Les mères victimes de violences conjugales sont plus susceptibles de faire une fausse couche et de se faire avorter» (§43). Ainsi, qu’il soit forcé ou contraint en raison de pressions économiques, matérielles, affectives, l’avortement est donc bien une violence contre les mères: il touche à la décision de donner naissance ou non, donc au cœur de la maternité, et a pour effet de mettre fin à la grossesse, c’est-à-dire de supprimer l’enfant à naître dont la femme enceinte est mère.
Eu égard à son engagement dans la lutte contre la pornographie, l’ECLJ se réjouit également de l’évocation de la vision des mères véhiculée dans ce contexte. Celle-ci est contraire à la dignité humaine et contribue à leur dévaluation dans la société:
«La pornographie, largement consommée à l’échelle mondiale, a également contribué à la fétichisation croissante des femmes enceintes et des femmes en post-partum, avec un genre dédié à ce type de contenu, qui dégrade et exploite les mères et les grands-mères» (§69).
La Rapporteure évoque aussi la situation des mères porteuses dans le cadre de la gestation par autrui (GPA): elle rappelle que celles-ci sont souvent victimes de violences de nature économique, psychologique, physique et procréative et «soumises à des pratiques s’apparentant à la traite, à la torture, à la servitude ou à des conditions proches de l’esclavage» (§68).
Soutenir la maternité: vers l’éradication des avortements contraints
Le message transmis est clair: «il faut redonner aux mères toute leur importance». En présentant son rapport, Madame Alsalem s’est ainsi appuyée sur un proverbe du poète Egyptien Hafiz Ibrahim pour rappeler l’importance de leur rôle dans la société: «une mère est une école. Lorsque la société investit dans les mères et aide les mères, elle construit une nation au caractère noble». Parmi les nombreuses recommandations de son rapport, elle appelle la société à un changement de regard sur les mères en invitant les États à
«promouvoir l’importance sociale de la maternité et la responsabilité partagée de soutenir les mères dans le cadre des programmes d’éducation […] sexuelle, à la vie familiale, à la citoyenneté et autres programmes pertinents, ainsi qu’au moyen de campagnes de sensibilisation de l’opinion publique» (§100).
Diverses recommandations, dont plusieurs émises par l’ECLJ, peuvent en outre permettre de protéger les femmes enceintes contre l’avortement contraint ou forcé. De manière générale, la Rapporteure spéciale recommande aux États de «Prendre des mesures appropriées pour que les femmes qui souhaitent devenir mères puissent le faire dans des conditions de dignité et de sécurité» (§99.f). En particulier, il leur est demandé sans détour d’ «incriminer l’avortement contraint ou forcé, y compris l’avortement sélectif en fonction du sexe ou du handicap» (§98.e). Dans ce contexte, d’autres mesures relatives à la procédure d’avortement devraient être prises afin de dépister les situations dans lesquelles le consentement de la femme à l’avortement n’est pas pleinement libre et éclairé et d’éviter dès lors les avortements contraints ou forcés. Il s’agit de «veiller à ce que les mères qui envisagent un avortement reçoivent des informations exactes et complètes sur les alternatives disponibles, y compris l’accès à des services de soutien» ou encore, «Dans le cas d’un avortement médicamenteux, [d’]exiger un dépistage en personne ou en ligne par un professionnel de santé qualifié afin de recenser tout indicateur de contrainte, de violence ou d’exploitation avant la délivrance du médicament» (§98.e). En outre, il est nécessaire d’
«aider les mères adolescentes à reprendre leur scolarité, en favorisant leur autonomie financière et en leur apportant une aide adaptée leur permettant d’accéder aux services essentiels pour elles-mêmes et leurs enfants» (§98.a).
Une vision réaliste de la situation des femmes enceintes face à l’avortement
La Rapporteure spéciale appréhende donc de manière réaliste la problématique de l’avortement en tenant compte du vécu de beaucoup de femmes enceintes: confrontées à une grossesse parfois imprévue alors qu’elles se trouvent en situation de vulnérabilité, avorter est souvent la seule alternative qui leur soit proposée. L’ECLJ se réjouit donc qu’une vision nuancée et fidèle à la réalité figure désormais dans un document onusien. Cela démontre en effet que la vision diffusée par tant de soi-disant «féministes» présentant l’avortement uniquement comme synonyme de droit des femmes à l’autonomie et à disposer de leur corps, relève de l’idéologie. Cela ne revient qu’à nier la souffrance de toutes celles qui aimeraient mettre au monde l’enfant qu’elles portent mais sont poussées à l’avorter sous la pression des circonstances dans lesquelles se présente la grossesse. Pour elles, cet acte n’est pas synonyme de liberté, de choix, de droit ou d’autonomie: c’est une violence qui leur est faite, ce que le présent rapport reconnaît enfin expressément.
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[1] Reardon D C, Longbons T (January 31, 2023) Effects of Pressure to Abort on Women’s Emotional Responses and Mental Health. Cureus 15(1): e34456. doi:10.7759/cureus.34456
[2] Annick Vilain et autres, “Interruptions volontaires de grossesse : une hausse confirmée en 2019”, Études et Résultats, No. 1163 (Septembre 2020).
Une tribune de l’abbé Pagès sur la lex orandi
L’abbé Pagès me demande de relayer le texte qu’il a publié sur son site.
Fier d’être catho !
Qui aurait imaginé, le 6 novembre 2021, alors que les évêques de France, à l’occasion de leur Assemblée plénière à Lourdes, demandaient publiquement pardon à genoux pour les abus sexuels commis par des clercs ou des laïcs engagés dans des œuvres d’Eglise, que moins de cinq années plus tard, par centaines de milliers, des foules innombrables accueilleraient le successeur de Pierre dans d’immenses rassemblements paisibles et joyeux ? Et cela dans une bienveillance médiatique et un consensus politique exceptionnels. N’a-t-on pas vu, côte à côte à la messe place de la Concorde : Brigitte Macron, Sébastien Lecornu, Gérard Larcher, Nicolas Sarkozy, Gabriel Attal, Edouard Philippe, Bruno Retailleau, Eric Zemmour, Marine Le Pen, Jordan Bardella, Yaël Braun-Pivet … Catholiques pratiquants et fils ou filles d’Israël, invertis notoires et francs-maçons réguliers, partisans acharnés de l’avortement, de l’euthanasie et adversaires résolus de ces « avancées sociétales ». Rare moment de communion généralement réservé aux enterrements.
Cinq années, c’est également le temps qui a séparé l’incendie de Notre-Dame (15 avril 2019) de sa réouverture (7 décembre 2024). Cette visite du Saint-Père est-elle le gage d’un renouveau de l’Église en France après bien des années de crise, voire de déclin, ou un simple événement médiatique sans lendemain ? L’avenir le dira. Avec le recul du temps, ce qui est certain c’est que le succès populaire de la venue du pape Jean-Paul II en France en 1980 (350 000 personnes à la messe du Bourget, 50 000 jeunes au Parc des Princes) et sa célèbre interpellation : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » n’ont en rien enrayé la sécularisation de la société française et sa déchristianisation. De même la dénonciation pontificale de la « permissivité morale qui n’apporte pas le bonheur » ne semble pas avoir eu un effet déterminant.
Un pape rayonnant
Le pape Léon XIV a séduit les foules par son bon sourire et sa simplicité, son attention aux pauvres et aux malades mais aussi par la dignité de sa tenue personnelle et vestimentaire. Il faut être un parvenu sans éducation comme l’est Emmanuel Macron pour tenir par l’épaule le Saint-Père, comme on enlacerait un vieux camarade un soir de cuite. La frontière est ténue entre la simplicité et la goujaterie, c’est ce qui s’appelle la civilisation ! Chacun a été marqué par la profondeur spirituelle et la prédication très centrée sur le Christ du Souverain Pontife là où son prédécesseur tenait un discours plus social, humaniste et anthropocentré. Le Pape a de nombreuses fois rappelé l’essentiel : le christianisme n’est pas un code de morale mais la rencontre avec une personne, le Christ, Dieu fait homme qui par amour s’est incarné et a souffert sa Passion pour nous racheter du péché. C’est un appel à la conversion et à la pénitence qu’a lancé le Saint-Père depuis la grotte de Massabielle à Lourdes. De même, ayant refusé d’être le simple faire valoir médiatique d’Emmanuel Macron, il a rappelé fort opportunément et courageusement face à la légalisation de l’euthanasie que : « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas forcément moral ». Quant à Emmanuel Macron fasciné par tout ce qui brille, comme le papillon est irrésistiblement attiré par la lumière, il a finalement décidé, devant le succès populaire du voyage pontifical, d’assister à la messe célébrée par Léon XIV à Metz. Ce n’est pas Canossa, lorsqu’en 1077 l’empereur d’Allemagne Henri IV implora à genoux le pardon du pape Grégoire VII, mais cela y ressemble.
Le discours du pape à Metz était très attendu en particulier sur la question de l’immigration. Loin de l’accueil inconditionnel des migrants promu par le pape François, il a rappelé la position traditionnelle de l’Eglise telle qu’elle est exprimée dans le § 2241 du Catéchisme de l’Église catholique :
« Les nations mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de la sécurité et de ressources vitales (…) l’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges » ce que le pape a formulé comme la nécessité « d’entrer dans l’esprit de la maison »
ce qui objectivement est loin d’être toujours le cas. Autre sujet sur lequel le Pape était attendu, la question traditionaliste particulièrement aigüe en France et réactualisée par les sacres épiscopaux opérée par la FSSPX le 1er juillet dernier. Le 26 mars dernier le cardinal secrétaire d’État Parolin avait adressé à la Conférence des évêques de France un document leur demandant de trouver des solutions concrètes afin d’inclure dans la vie diocésaine les fidèles et les prêtres attachés à la liturgie traditionnelle. En fait de « solutions concrètes » il ne s’est rien passé. Seul indice sur les perspectives à venir : quatre prêtres de la Miséricorde Divine pourront enfin être ordonnés, mais selon le rite réformé, avec autorisation de célébrer ultérieurement, de façon non exclusive, la messe traditionnelle. On peut penser que le cardinal Aveline, président de la Conférence des évêques de France, a joué un rôle majeur dans le dénouement de cette situation. Dans son discours aux évêques de France le 27 septembre à Lourdes c’est certainement à ces questions liturgiques que faisait référence le Saint-Père en dénonçant les « divisions idéologiques » et en appelant à la prise en compte de « toutes les sensibilités authentiquement catholiques » dans « l’obéissance aux pasteurs légitimes ». Concrètement, il n’est pas question de revenir sur le motu proprio Traditionis custodes (16 juillet 2021) qui prévoit, à terme, la disparition de la célébration des sacrements selon la forme traditionnelle, c’est aux ordinaires diocésains de gérer ces sujets, en veillant particulièrement à un usage non exclusif des sacrements selon les rites traditionnels. Les éventuelles réticences d’ordre doctrinal ou pastoral sur « la licéité, la légitimité et la fécondité » du rite réformé ne seraient que des « divisions idéologiques ».
Un christianisme joyeux et conquérant
Tous les observateurs ont noté la joie, l’enthousiasme, la mixité sociale, la vitalité et la jeunesse des foules rassemblées autour du Saint-Père. La Préfecture de police n’a pas eu à tenir le décompte des voitures brûlées, processus habituel à l’occasion de manifestations se déroulant dans d’autres cadres. La France bien élevée, selon l’expression de Gabrielle Cluzel, est restée à la hauteur de sa réputation. Le spectacle au Stade de France était de grande qualité artistique, tout imprégné de piété filiale et d’amour de la France. Les cérémonies religieuses étaient dignes avec de nombreux chants en latin et en particulier les célèbres acclamations carolingiennes dans la cathédrale de Metz. « Libération » (22 septembre) s’est ému de la prise en main de cet événement par des catholiques qu’elle dénonce comme « identitaires », de la croix construite par l’association SOS Calvaires à la direction artistique du spectacle assurée par un des fils du président de Notre-Dame de Chrétienté. Là comme ailleurs, la démographie domine l’histoire. Les chrétiens « de gauche », clercs et laïcs, qui ont dirigé l’Eglise de France pendant des décennies disparaissent car les laïcs ont eu un taux de transmission de la foi à leurs enfants très faible et les clercs meurent peu à peu. Une nouvelle génération prend la relève qui a tourné la page de l’enfouissement et revendique une visibilité dont témoigne le renouveau du port de la soutane par les jeunes prêtres. Cette « élite qui vient » selon le mot de Chantal Delsol, a eu à cœur dans l’indifférence, voire l’hostilité, des autorités ecclésiastiques, de transmettre à ses enfants un patrimoine culturel et religieux prestigieux et exigeant, les préservant autant que faire se peut des pièges de la modernité : réseaux sociaux, laxisme, etc. Ces « catholiques de tradition familiale » sont rejoints par une jeunesse avide de beauté, de transcendance, de certitudes, d’exigences. Le décalage était frappant lors de la messe à la Concorde entre les personnes âgées communiant majoritairement dans la main et les plus jeunes communiant massivement sur la langue après s’être agenouillés. Cette jeunesse, clercs et laïcs rassemblés, sent bien, parfois confusément, que ce sens de l’adoration, ce goût du silence et de la transcendance sont consubstantiels au rite traditionnel de la messe mais fondamentalement accidentels dans le rite réformé, même célébré dignement. La distance entre ce que Jean Madiran qualifiait de « noyau dirigeant » de l’épiscopat français et les attentes des jeunes catholiques, d’héritage familial ou par conversion, est une réalité dont le point de cristallisation est la question liturgique. C’est un des sujets dont nous traiterons dans une prochaine chronique : Une Église de France à relever.
Jean-Pierre Maugendre
La Vie Chrétienne Victorieuse – Aux pieds du Seigneur : Quand l’homme supplie, Dieu répond-il toujours ?
L’invitation à s’agenouiller
Il existe, dans toutes les Écritures, une posture qui revient comme un fil d’or tissé à travers elles : celle de l’homme qui se jette aux pieds de Celui dont il attend le secours. Ce geste n’est jamais anodin. Il exprime tour à tour l’humilité, la détresse, la repentance, la reconnaissance ou l’adoration. Celui qui l’accomplit ne vient plus discuter avec Dieu, argumenter ou négocier ; il vient à Lui parce qu’il sait, dans le secret de son cœur, qu’Il est le seul recours possible.
Précisons d’emblée que l’expression « se jeter aux pieds » ne recouvre pas une réalité unique. Tantôt elle traduit une supplication, tantôt une reconnaissance, tantôt une adoration pure. Mais sous cette diversité d’occasions se cache une seule et même vérité : l’homme qui s’abaisse devant Celui qu’il reconnaît capable de sauver n’est jamais méprisé.
« Dieu ne méprise pas un cœur brisé et contrit » (Psaume 51:19).
« Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse » (Psaume 46:1).
De l’Ancien au Nouveau Testament : Les prémices d’une grâce
Après la mort de Jacob, les frères de Joseph, hantés par le souvenir de leur ancienne faute, viennent se jeter à ses pieds et reconnaissent leur entière dépendance à son égard (Genèse 50:18-21).
Cette scène contient déjà, en germe, une leçon d’une profondeur admirable : celui qui reconnaît sa faute et s’abaisse devant celui qu’il a offensé trouve le pardon plutôt que la condamnation. La supplication des coupables rencontre ainsi la miséricorde ; et nous découvrons, dès les premières pages de l’histoire du salut, que Dieu ne se lasse jamais de convertir le mal en bien pour ceux qui reviennent à Lui.
Ailleurs, c’est une mère éplorée qui se présente devant le prophète Élisée. La Sunamite se jette à ses pieds dans une détresse sans mesure : son enfant vient de mourir. Elle ne vient pas armée d’un discours théologique ; elle vient les mains vides, portant seulement sa douleur. Élisée discerne aussitôt l’amertume qui ronge son âme. Puis, après son intervention et sa prière adressée à l’Éternel, l’enfant est rendu à la vie. Et lorsque le miracle s’accomplit, la mère se jette de nouveau aux pieds du prophète, prosternée jusqu’à terre ; signe que la reconnaissance, elle aussi, trouve naturellement le chemin de l’abaissement (2 Rois 4:27).
L’Ancien Testament nous enseigne ainsi une disposition fondamentale : lorsque l’homme vient humblement demander grâce, Dieu ne méprise jamais la supplication. La prière véritable n’est pas une revendication ; elle est l’abandon confiant d’un cœur qui reconnaît son impuissance.
« Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse » (Psaume 46:1).
L’histoire de Manassé, roi de Juda, mérite ici une attention particulière, car elle nous rappelle qu’aucun cœur n’est jamais trop éloigné de la grâce. Conduit au plus bas par ses propres égarements, ce roi trouve dans la détresse même le chemin de l’humilité et ose enfin crier vers Dieu. Loin d’être un juge inexorable, le Seigneur se laisse toucher par la sincérité d’un regret authentique. Il ne se contente pas de pardonner : Il restaure, Il guérit, Il réinstalle Manassé dans sa vocation royale.
Et lorsque nous arrivons à Jésus
Avec la venue de Jésus, cette vérité ancienne prend une profondeur inouïe. Car ceux qui désormais se jettent à ses pieds ne se trouvent plus simplement devant un roi, un prophète ou un homme de Dieu : ils se trouvent devant le Fils de Dieu Lui-même, venu demeurer parmi les hommes.
Le premier exemple, saisissant entre tous, est celui de Simon Pierre. Après la pêche miraculeuse, il tombe aux genoux de Jésus et s’écrie : « Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur ! » Pierre découvre qui est Jésus, et dans cette même lumière découvre qui il est lui-même. La révélation du Christ produit toujours la révélation de notre propre misère ; mais cette révélation n’a jamais pour but de nous écraser ; elle ouvre, au contraire, le chemin de la grâce.
Vient ensuite le lépreux, qui se prosterne devant Jésus et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur. » Jésus répond : « Je le veux, sois pur. » Quelle magnifique prière que celle-ci ! Le malade ne dicte rien à Jésus ; il reconnaît simplement son autorité souveraine : « Si tu le veux, tu peux. » Et Jésus répond.
Jaïrus, lui aussi, se jette aux pieds de Jésus et Le supplie pour sa fille mourante. Jésus se met aussitôt en route. Lorsque la nouvelle de la mort de l’enfant parvient au père, Jésus lui dit : « Ne crains pas, crois seulement. » Et sa fille est rendue à la vie.
La femme syro-phénicienne vient également se jeter aux pieds de Jésus, Le suppliant de délivrer sa fille. Elle persévère malgré une réponse qui semble d’abord fermer la porte devant elle. Elle reconnaît humblement la seigneurie de Jésus et s’attache à sa grâce avec une ténacité admirable. Jésus finit par lui répondre : sa fille est délivrée.
Il y a encore Marie de Béthanie. Lorsqu’elle arrive devant Jésus, elle tombe à ses pieds et Lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Jésus voit ses larmes ; Il est profondément ému, Il pleure Lui-même, puis se rend au tombeau de Lazare. Jésus dit au Père : « Je savais que tu m’exauces toujours », puis Il appelle Lazare hors du tombeau.
Aux pieds de Jésus : la foi qui rencontre la grâce
Dans l’Évangile, plusieurs figures se jettent aux pieds de Jésus, formant comme une galerie de portraits où chacun de nous peut reconnaître un peu de lui-même.
Le démoniaque se jette à ses pieds et supplie Jésus de ne pas le tourmenter ; Jésus commande à l’esprit impur de sortir de lui. Plus tard, on retrouve cet homme assis aux pieds de Jésus, vêtu et revenu à son bon sens ; image saisissante de ce que la grâce accomplit dans une vie livrée au chaos.
Jaïrus se jette aux pieds du Seigneur et Le supplie pour sa fille ; Jésus répond. La femme malade s’approche ensuite, tremblante, et se jette aux pieds de Jésus après avoir touché son vêtement ; Jésus lui dit : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix. »
Et Luc 17 nous montre enfin le lépreux samaritain qui, après avoir été guéri, revient sur ses pas, tombe sur sa face aux pieds de Jésus et Lui rend grâce. Jésus lui dit alors : « Ta foi t’a sauvé. »
Ainsi, aux pieds de Jésus, nous trouvons le pécheur, le malade, le désespéré, le père, la mère, le possédé, le lépreux et celui qui vient simplement remercier. Tous partagent une même conviction : ils ont compris qu’ils ne peuvent se sauver eux-mêmes, et que Jésus seul possède ce dont ils ont besoin.
Quand Jésus s’abaisse Lui-même
L’Évangile nous dit que Jésus tomba sur sa face et pria ; qu’Il s’avança un peu, se jeta à terre et pria ; qu’Il se mit à genoux, priant avec une intensité profonde . Celui qui, durant tout son ministère, avait accueilli les hommes à ses pieds, se trouve maintenant Lui-même dans la posture d’obéissance et de soumission parfaite au Père.
Quelle scène bouleversante ! Jésus ne se prosterne pas comme un pécheur qui implore le pardon de ses fautes, car Il est le Saint et le Juste. Il s’abaisse dans une soumission parfaite, portant devant son Père l’angoisse indicible de l’heure qui approche.
Ainsi, celui qui nous apprend à venir humblement à Dieu a Lui-même emprunté le chemin de l’abaissement. Celui qui nous dit, par toute sa vie, de nous confier au Père nous montre Lui-même, à Gethsémané, ce que signifie remettre entièrement sa volonté entre les mains de Dieu. Il n’y a donc aucune honte à tomber à genoux lorsque la détresse nous accable : le Seigneur Jésus Lui-même a connu cette heure où, dans une profonde souffrance, Il s’est abandonné à la volonté de son Père.
Une certitude pour notre propre prière
Peut-on affirmer que Dieu exauce toujours celui qui Le supplie ? Oui, si l’on entend par là que Dieu entend toujours la prière sincère et y répond selon sa sagesse et son amour. Mais l’exaucement ne se confond pas nécessairement avec l’accomplissement immédiat de notre volonté. Dieu peut dire oui, faire attendre, transformer notre demande, ou nous accorder une grâce autre que celle que nous avions imaginée ; et souvent meilleure que celle-là même.
Gardons-nous également d’une formule trop absolue : Jésus ne promet pas de satisfaire toutes nos demandes telles que nous les formulons, mais Il ne méprise jamais celui qui vient à Lui avec foi, humilité et confiance.
La preuve en est éclatante à travers les Évangiles. Ceux qui reconnaissent Jésus comme Seigneur, qui croient en sa puissance et qui viennent humblement à Lui, ne repartent jamais les mains vides.
Et voici, sans doute, la leçon la plus profonde de toute cette exhortation : Jésus ne demande pas d’abord que nous soyons forts ; Il nous demande simplement de venir à Lui. Il ne dit pas au pécheur : « Répare d’abord ta vie, et ensuite viens. » Il dit : viens. Il ne dit pas au malade : « Guéris-toi toi-même, et ensuite approche-toi. » Il dit : viens. Il ne dit pas à celui qui pleure : « Cesse d’abord de pleurer. » Il vient Lui-même se tenir au milieu des larmes.
Alors, lorsque nous ne savons plus que dire, il nous reste une prière ancienne et pourtant toujours nouvelle : tomber aux pieds de Jésus. Y demeurer humblement. Lui dire qui nous sommes. Lui confier nos manquements, notre douleur, notre culpabilité. Et surtout Lui dire : « Seigneur, je crois que tu peux. Si tu le veux, tu peux. Aie pitié de moi. » Car celui qui s’approche ainsi de Jésus découvre une vérité que toute la Bible proclame d’une seule voix :
« Celui qui vient à moi, je ne le mettrai pas dehors » (Jean 6:37).
Aux pieds du Seigneur, l’homme découvre souvent qu’avant même d’avoir reçu ce qu’il demandait, il a déjà rencontré Celui qui le relève, l’accueille sans reproche, le restaure dans sa grâce et l’introduit dans une communion nouvelle, où la honte est ôtée, la paix donnée et l’amour pleinement accueilli.
C’est pourquoi les pieds du Seigneur deviennent le lieu d’un merveilleux renversement : les larmes peuvent y devenir des chants, la honte y devenir pardon, la peur y devenir confiance, et la supplication y devenir action de grâce. Celui qui vient ainsi à Jésus ne s’abaisse jamais en vain. Il découvre que l’humilité n’est pas une humiliation, mais le chemin même qui conduit à la grâce.
C’est là que naît la véritable joie chrétienne : celle d’avoir été entendu, accueilli, aimé et relevé par le Seigneur ; une joie qui ne dépend plus des seules circonstances, parce qu’elle possède désormais sa source en Jésus Lui-même. Celui qui a rencontré le Seigneur à ses pieds sait qu’il peut désormais avancer avec assurance, sachant que, dans les jours de lumière comme dans les jours d’épreuve, il appartient à Celui qui l’a relevé.
« Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins » (Hébreux 4:16).
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Les protestants aimeraient avoir un pape…
Derrière cette anecdote amusante, on constate que nos frères schismatiques se sentent orphelins :
Inutile de le cacher : un pape, ça rassemble. Et ça compte. Dans ses travaux de sociologie des religions, Jean-Paul Willaime a jadis bien analysé ce qu’il appelle la « précarité » ou le « déficit d’incarnation » du protestantisme par rapport au catholicisme. Dans des sociétés ultramodernes dominées par l’image, les personnalités et la communication de masse, le pape offre une incarnation unique et immédiatement identifiable du christianisme. Et c’est au bénéfice de tous, protestants compris.
Défense de la vie et laïcité
Hier, dans l’avion de retour vers Rome, le pape Léon XIV a tenu la traditionnelle conférence de presse. Parmi les questions, voici celle de Xavier Le Normand du journal Le Pèlerin :
Très Saint-Père, bonsoir. Tout d’abord, je voulais vous remercier pour votre voyage apostolique en France. Pendant quatre jours, notre pays a vécu au rythme de l’enthousiasme général suscité par votre venue. Ce qui en France est un exploit. Merci Très Saint-Père. La devise de votre voyage apostolique était «Que le monde ait la vie». Le thème des soins palliatifs est revenu à plusieurs reprises dans vos discours. En fait, je crois que vous l’avez évoqué dans plus de la moitié de vos discours en France. Je pense notamment à celui prononcé à l’Élysée et à celui de dimanche à Lourdes, où vous avez déclaré que ce qui est légal n’est pas nécessairement moral, ce qui constituait une référence claire à la récente légalisation de l’euthanasie en France. En France, nous avons également ce principe de «laïcité», qui consiste en une séparation entre la religion et la politique. Pensez-vous que, lorsque c’est important, lorsque les enjeux sont élevés, il faille franchir cette frontière, cette ligne de démarcation, au nom de la primauté de la conscience? Et si tel est le cas, avez-vous franchi cette ligne ?
Merci pour votre question. Je dirais que, selon la conception qu’a l’Église de la séparation entre l’Église et la politique, ou entre l’Église et l’État, je n’ai pas franchi cette ligne. Et je vous invite à lire ou à relire Magnifica Humanitas, où j’aborde la doctrine sociale de l’Église dans la première partie, au cours des deux premiers chapitres, et où j’explique que lorsque l’Église parle de défendre la vie, lorsqu’elle aborde des questions de doctrine sociale, nous n’entrons pas dans le domaine politique, nous appliquons l’Évangile à la vie des gens.
Et il peut s’agir de politiciens, de gauche ou de droite, qui affirment que «la religion ne devrait exister que dans la sphère privée». Que chacun fasse ce qu’il veut dans sa vie privée, mais qu’en tant qu’État, nous restions séparés. Je me suis rendu en France avant tout pour prêcher l’Évangile, pour annoncer la Bonne Nouvelle, pour réaffirmer ce que Jésus-Christ lui-même dit lorsqu’il déclare: «Je suis le chemin, la vérité et la vie», c’est-à-dire pour proclamer la vérité que Jésus nous offre. La défense de la vie est un enseignement auquel, comme vous le savez tous, l’Église adhère profondément. Ainsi, d’une part, sachant évidemment qu’en France une loi a récemment été adoptée, ainsi que dans d’autres pays d’Europe et dans d’autres régions du monde, les questions relatives à la fin de vie font aujourd’hui l’objet de nombreux débats.
Mais se trouver dans un lieu comme Lourdes, où les gens sont en quête de quelque chose de bien plus profond, et comprendre que leur vie, même au milieu de la maladie, du handicap ou de souffrances de toutes sortes, a un sens. L’Église, grâce à Jésus lui-même, souhaite être proche de ces personnes et affirmer les valeurs dont la vie elle-même recèle, je pense, pour chacun d’entre nous. Je dirais donc que, si c’est cela la politique, je l’ai fait, mais ce n’était pas pour m’impliquer dans la politique française. C’était pour enseigner ce que l’Église croit réellement.
«L’existence du racisme anti-Blancs, si longtemps cachée, minimisée, voire niée, n’est plus taboue»
Le Figaro dresse un portrait de Me Jérôme Triomphe, qui a permis que les magistrats de Valence renvoient 11 accusés pour «meurtre» et «tentatives de meurtres», en retenant finalement la circonstance aggravante de racisme, dans l’affaire de Crépol. Extrait :
Dans la vie, Me Jérôme Triomphe est un homme jovial, un faux timide. C’est aussi un conservateur, proche des milieux catholiques traditionnels. Le pénaliste a été l’avocat de militants de la Manif pour tous, et des parents de Vincent Lambert, dont il défendait les intérêts dans la très sensible procédure portant sur l’arrêt des traitements de cet homme. Aujourd’hui, il représente, entre autres, les parents d’ Émile Soleil. Pourtant, sa parole est rare. Me Jérôme Triomphe n’est pas le plus médiatique des avocats. Plutôt de ceux qui se méfient des journalistes, et après qui la presse court, souvent en vain. Quand il accepte l’exercice, en ce mois de septembre, c’est, dit-il, «pour que la vérité éclate». En toute discrétion, Me Triomphe est récemment entré dans la procédure judiciaire portant sur le meurtre de Thomas Perotto. Ses clients sont deux victimes, un père et son fils qui étaient présents dans cet affrontement, à la sortie du bal de Crépol, entre des rugbymen et des jeunes du quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère, le 18 novembre 2023. Tous deux ont été blessés dans la bagarre. Ils connaissaient Thomas Perotto, ce rugbyman de 16 ans tué de deux coups de couteau.
Au cœur de l’été, l’avocat est devenu l’architecte d’une riposte pénale d’ampleur. C’est son arrivée dans le dossier, et ses observations, qui ont commencé à faire tanguer l’instruction sur la question du racisme. Tout s’est passé très vite dans cette affaire. Fin juin, l’information judiciaire entrait dans sa phase finale, quand Me Triomphe a été désigné par ces victimes et a accédé au dossier d’instruction. Après quelques jours passés à éplucher ses milliers de pages dans son bureau parisien, il a remis trente pages d’observations, dont quinze portant sur des témoignages de victimes du bal. Ces 16 témoins rapportent des insultes et menaces racistes de la part des jeunes de la Monnaie. Celles-ci sont présentes dans les investigations depuis les premiers jours de l’enquête. Mais Me Triomphe a insisté pour que les magistrats les réexaminent.
L’avocat a finalement obtenu gain de cause, ce vendredi. Dans ce dossier éprouvé par les commentaires de l’opinion publique et les récupérations politiques, les magistrats instructeurs viennent de rendre une ordonnance de mise en accusation dans laquelle le pénaliste perçoit une «première victoire». Les juges renvoient, devant la cour d’assises des mineurs de la Drôme, 11 mis en cause pour «meurtre» et «tentatives de meurtres», avec la circonstance aggravante que les faits ont été accompagnés et suivis d’insultes et de menaces «contre la race blanche et la nation française». Ils ne retiennent pas un mobile raciste, mais le fait que des insultes et menaces racistes se sont ajoutées à l’explosion de violence, due, elle, à une altercation fortuite entre un rugbyman et un jeune de la Monnaie, plus tôt dans la soirée. «Le combat judiciaire ne fait que commencer mais je suis heureux pour mes clients et toutes les victimes qu’ils aient été entendus», explique Me Triomphe.
«L’existence du racisme anti-Blancs, si longtemps cachée, minimisée, voire niée, n’est plus taboue. Il n’était pas envisageable que le débat judiciaire soit escamoté de la part essentielle de la circonstance aggravante de racisme.»
Les Mexicains Cristeros en visite en Vendée
Ce jeudi 24 septembre, une délégation d’élus de Sahuayo, ville du Mexique, débutaient la visite de la Vendée historique pour un jumelage vendéen et spirituel avec les descendants des Cristeros. Ce peuple de catholiques mexicains a été victime d’une volonté gouvernementale dans les années 1926/1929 et jusqu’en 1942, de supprimer la liberté de conscience chrétienne. Cet épisode historique très proche, très comparable avec ce que vécurent les vendéens de 1793/1794. La visite et le jumelage justifiaient cette rencontre. L’historien Reynald Sécher, qui les avaient visités au Mexique, organisait le périple vendéen. Ils ont été accueillis au Puy du Fou par Véronique Besse, député puyfolaise, et accompagnés toute la journée. Émerveillement devant les spectacles – Bal des Oiseaux Fantômes, Amoureux de Verdun, Mousquetaires de Richelieu, Secret de la Lance, Voyage de La Pérouse et Dernier Panache en apothéose – puis messe célébrée par leur « padre » devant l’Anneau de Jehanne d’Arc que les Mexicains aiment beaucoup. Ils reviendront pour voir la cinéscénie.
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La visite vendéenne s’est poursuivie le lendemain à la chapelle des Lucs-sur-Boulogne, haut-lieu de la commémoration du bicentenaire, pour une messe traditionnelle, et à la Chabotterie puis le samedi, au Prieuré Saint-Pierre-aux-Liens de la Chapelle-Basse-Mer, près du Loroux-Bottereau, pour l’érection d’une croix commémorative.
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Superbe journée, très fréquentée, 250 personnes, débutant par une messe traditionnelle, célébrée par le prieur de Domrémy . Puis par la bénédiction de la croix commémorative du centenaire du soulèvement des Cristeros, les allocutions franco-mexicaines, les rencontres, un bagad breton, la danse vendéenne de la brioche, la présence d’auteurs et l’hymne du jumelage créé et chanté par Patrice Martineau ! Belle journée mise en œuvre et en musique par Reynald Sécher et ses équipes, qui n’oublient rien !
Henry Renoul
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Du Parc des Princes au Stade de France, impressions d’un ancien qui était au Parc des Princers en 1980.
Accueil de Léon XIV en France
Impressions d’un ancien qui était parmi les jeunes au Parc des Princes avec Jean-Paul II en 1980.
Le 1 juin 1980, j’ai eu la chance d’être parmi les jeunes venus accueillir et écouter Jean-Paul II aux Parc des Princes à l’occasion d’un de ses tout premiers voyages, le quatrième dans le monde et le premier en France.
Deux heures durant, nous avons attendu le Pape en chantant l’Alléluia de Taizé que je découvrais à cette occasion. Pour moi, c’est resté « l’Alléluia du Parc des Princes ». À chaque fois que je l’entends, je suis transporté des années en arrière à cette inoubliable soirée avec Jean-Paul II.
Inoubliable et étape fondatrice dans ma vie de chrétien, comme l’ont été ensuite le pèlerinage des routiers Scouts d’Europe à Vézelay et les sessions de l’Emmanuel à Paray-le-Monial.
J’étais subjugué de voir qu’il pouvait y avoir un nombre aussi important de jeunes chrétiens. Nous étions à la fois attentifs et enthousiasme à l’écoute de Jean-Paul II. Nous manifestions notre ferveur et notre communion en l’interrompant très souvent par des applaudissements nourris. Nourri, je l’ai été dans ma foi en réécoutant de multiple fois l’enregistrement de cette soirée.
Cet enthousiasme était manifestement partagé par le Pape car – je l’ai appris bien plus tard – à chaque fois que l’on lui présentait un programme de voyage, il demandait s’il y avait un « Parc des Princes ».
J’ai pu ensuite rencontrer le Pape de la même manière au stade de Gerland à Lyon en 1986 puis à la Meinau à Strasbourg en 1988.
Les images de la rencontre des jeunes avec Léon XIV au Stade de France m’ont rappelé ces moments fondateurs.
Au-delà de la personnalité des Papes et de leurs messages, j’ai été frappé par l’évolution très positive, de l’accueil du Pape et de l’animation de la soirée.
A mon époque, l’animation était très pauvre, avec peu de chants. S’il y avait une très forte communion avec le Pape Jean-Paul II, il n’en était pas de même avec les organisateurs de ces soirées.
A Paris, c’étaient les immenses banderoles de la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) qui, dans un style très « grand soir », proclamaient : « Un travailleur vaut tout l’or du monde ».
A Lyon, un spectacle de patronage affligeant, avec un curé d’Ars sautillant et dansant qui fut sifflé par la foule.
A Strasbourg, des questions acides et provoquantes sur l’enseignement de l’Église. Ces questions ne devaient certainement pas bien représenter les jeunes présents car elles furent copieusement huées !
Plus de quarante ans après, quelle heureuse surprise que les images de la veillée de vendredi soir.
Une louange dynamique, joyeuse et fervente, une évocation historique – digne du Puy du Fou – des saints français et des racines chrétiennes de la France, des questions au Pape concernant la foi, comment la vivre et la nourrir.
Cela me rappelle aussi la visite de Jean-Paul II à Reims en 1996. Il avait voulu fêter le 1500ième anniversaire du baptême de Clovis et de la France par Saint Rémi. Il semble que son initiative ait été reçu plutôt froidement par le clergé français.
En effet, nous avions eu une grande messe sur une base aérienne proche de Reims. Le Pape y avait prononcé un sermon sur le baptême en général, sans parler ni de Clovis, ni de la France. Certains disent que ce n’était pas lui qui avait écrit le sermon. Et, merveilleux Jean-Paul II, il avait rattrapé cela en improvisant la conclusion : « et si nous sommes réunis ici, c’est tout de même bien pour célébrer le baptême de Clovis et de la France !»
Quelle évolution depuis avec cette belle et fervente exaltation de la France chrétienne au Stade de France !
Samedi matin, nous nous installons place de l’Étoile. Cela nous ramène treize ans en arrière. Nous sommes passés de l’autre côté de l’Arc de Triomphe, de l’avenue de la Grande Armée aux Champs Élysées. Le 24 mars 2013, nous manifestions contre le mariage homo, nième « évolution sociétale » participant à la dégradation ininterrompue des mœurs depuis un demi-siècle.
Aujourd’hui, même foule, mêmes personnes, mais cette fois, nous puisons à la source en célébrant le Christ vainqueur du mal. Nous rechargeons nos batteries en Espérance, Foi et Charité.
La longue attente se fait paisiblement grâce aux reportages de KTO sur les grands écrans, à la prière de l’Angelus et du chapelet, à la gentillesse, la bienveillance de tous, forces de l’ordre comprises.
Un bémol, les chants de la messe sont sans reliefs et pour la plupart inconnus. Pourtant, la foule est prête à chanter de bon cœur, notamment lorsque l’on entonne le Credo, le Pater Noster et le Salve Regina.
Merci aux organisateurs, merci à l’Église de France, merci à Léon XIV et merci Seigneur pour ce moment revigorant pour notre foi.
Cela avait un air, non de revanche, mais de réparation après l’abominable cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Belgique : campagne pour allonger le délai légal d’avortement
L’allongement à 18 semaines du délai légal pour pratiquer un avortement en Belgique a été au cœur d’une mobilisation organisée lundi devant le Palais de justice de Bruxelles, à l’occasion de la Journée mondiale du droit à l’avortement.
En Belgique, le délai légal est actuellement fixé à 12 semaines après la conception. Les militants demandent que le délai soit porté à au moins 18 semaines. Et pourquoi pas jusqu’à la naissance ? Et même après ? Il ont également préconisé la suppression du délai d’attente obligatoire et la reconnaissance de l’avortement comme un soin de santé.
Le ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) a défendu en juin un passage à 14 semaines et un délai d’attente ramené à 48 heures. Cette piste n’a pas permis de dégager de consensus au sein de la majorité. Les discussions ont été reportées à décembre.
Les Pays-Bas ont le délai légal pour avorter le plus long de l’UE. Mais ce n’est pas suffisant
Les militants de l’avortement ne sont jamais satisfait : le sans appelle le sang. Le diable réclame toujours plus de sacrifices humains.
Un député du parti progressiste d’opposition (Pro), Lisa Vliegenthart, a déposé lundi 28 septembre, Journée internationale pour le droit à l’avortement, un texte au Parlement néerlandais, pour retirer l’encadrement de l’avortement du code pénal pour l’inscrire dans le droit de la santé.
Inscrire l’avortement dans le droit de la santé plutôt que dans le code pénal « permettrait de mieux protéger juridiquement les dispositions liées à l’avortement, comme la durée du délai légal, de décisions que pourraient prendre des gouvernements conservateurs. »
Aux Pays Bas, l’avortement est autorisé jusqu’à 24 semaines de grossesse.
Avortements : nouveaux mensonges du Planning familial
Une campagne médiatique pro-avortement vient d’être lancée par Le Planning familial, selon lequel l’accès à l’avortement serait de plus en plus difficile en France. Alors même que le nombre d’avortements n’a jamais été aussi élevé dans notre pays, avec 259 400 avortements en 2025.
Combien de bébés faut-il exterminer pour que le Planning se déclare satisfait ?
Selon cette enquête, le manque de professionnels formés, les déserts médicaux, font passer les délais d’attente au-delà des cinq jours prévus par la loi.
Le Planning familial dénonce des « parcours semés d’obstacles » avec des refus d’accompagnement, des pressions ou une absence de choix de la méthode. Une femme sur deux indique qu’un professionnel a refusé de l’accompagner pour l’intervention, contre 27% en 2024.
Le but est évident et le Planning ne s’en cache pas : remettre en cause la clause de conscience des médecins pour les forcer à tuer des êtres humains.
Le Planning familial demande également un allongement du délai légal de 14 à 22 semaines.
Et après, ce sera jusqu’à la naissance ?
l’Ukrainien qui a assassiné un prêtre polonais ne sera pas jugé
l’Ukrainien de 31 ans qui a poignardé cinq personnes dans une abbaye bénédictine en Pologne, tuant l’une d’entre elles, a été déclaré inapte à comparaître.
Ihor M., placé en garde à vue, souffre de graves troubles mentaux.
« Nous avons déjà reçu l’avis de psychiatres experts, et ces derniers ont conclu que, dans son état mental actuel, Ihor M. présente des symptômes de maladie mentale sous la forme de troubles psychotiques aigus et multiformes ».
Selon les médias polonais, le tueur s’est rendu en Pologne depuis l’Allemagne, avec l’intention de franchir la frontière pour rejoindre son Ukraine natale. Cependant, il a été arrêté à Korczowa, ville frontalière polonaise, car il ne possédait pas d’assurance automobile valide. Sa voiture a été remorquée jusqu’à Jarosław, à 37 kilomètres à l’ouest, et Ihor M. l’a suivi. À son arrivée, il s’est rendu à l’abbaye de Jarosław, qui abrite une communauté de moniales bénédictines. Lorsqu’il est entré dans une cuisine interdite au public pour demander un verre d’eau, un prêtre lui a demandé de partir. L’intrus s’est alors emparé d’un couteau dans la cuisine et a commencé à attaquer des personnes au hasard, dont trois prêtres, une laïque et un laïc. Un prêtre, le père Stanisław Zbojnowicz, est décédé.
Selon des informations non officielles parues dans la presse polonaise, Ihor M. serait un vétéran de la guerre russo-ukrainienne ayant combattu en première ligne. Il serait actuellement placé sous surveillance policière dans un hôpital.
Les élèves d’une école catholique hors contrat accueillent le pape à Metz
Créer son école indique que ce sont les petits élèves d’une école catholique hors contrat qui ont accueilli à Metz le Pape Léon XIV. Elle s’appelle l’école Marcel Van et est pleinement reconnue par l’évêque et intégrée à l’Enseignement catholique local.
Ce choix d’une école hors contrat est une étape majeure dans la reconnaissance de la légitimité institutionnelle des écoles privées hors contrat par l’Église en France. Il importe de le souligner.
Merci au Pape, à l’Église de France et notamment à l’évêque et au Directeur diocésain de Metz, d’avoir permis cette utile clarification.
Ainsi, l’Église répond pacifiquement mais fermement au Grand Maître du Grand-Orient de France qui, fin août, déclarait de manière véhémente que les écoles hors contrat n’avaient pas leur place dans la République.
1. La catholicité d’une école ne réside évidemment pas dans le contrat.
L’école hors contrat a toute sa place dans l’Enseignement catholique : elle n’en est simplement pas la forme juridique la plus habituelle.
En effet, l’article 14 du Statut de l’Enseignement catholique dit : « En France, cette contribution [ndlr : délibérée au service éducatif de la Nation] s’inscrit, aujourd’hui et pour l’essentiel, dans le cadre d’une relation contractuelle avec l’État. Pour la formation scolaire initiale, la forme habituelle des écoles catholiques est celle d’établissements privés associés au service public d’éducation. »
Ainsi, pour l’Église catholique, la forme hors contrat est envisageable à titre non habituel, donc à titre extraordinaire ou complémentaire. En pratique, l’Enseignement catholique se tourne pragmatiquement vers le hors-contrat pour une classe ou un ensemble scolaire complet si l’État lui refuse le contrat ou si la spécificité du projet éducatif et pédagogique est incompatible avec le respect du contrat. C’est dans ce cadre que l’association Créer son école propose ses services d’accompagnement aux établissements de l’Enseignement catholique qui souhaitent créer des classes hors contrat.
2. L’intérêt général d’une école catholique sous contrat ne procède pas de la contractualisation avec l’État.
L’intérêt général d’une école libre catholique préexiste et est indépendant du contrat (cf. articles 12 et 13 du Statut de l’Enseignement catholique)*. L’école hors contrat catholique fait tout à fait partie de la vie de la cité et de la République.
La contractualisation avec l’État, quand elle a lieu, ne rend pas « davantage républicaine » l’école concernée ; elle la rend simplement plus publique dans son fonctionnement (recours à des agents publics, à des financements publics, à des programmes scolaires publics, soumission à des instructions gouvernementales, etc.) et donc plus alignée pédagogiquement sur l’Éducation nationale. Les écoles hors contrat sont des écoles de la République et leurs enseignants et familles ne sont en aucune manière des citoyens de deuxième zone, potentiellement moins attachés aux institutions et valeurs républicaines originelles.
3. Il est temps de s’opposer à ceux qui s’autorisent à exclure les écoles libres (sous contrat ou hors contrat) de la République.
Il est temps de s’opposer à ceux qui s’autorisent à exclure les écoles libres (sous contrat ou hors contrat) de la République, en réservant l’appellation d' »écoles de la République » aux seules écoles publiques. C’est un propos discriminatoire et fallacieux qui doit être sanctionné, y compris devant les juges, car il peut être lourd de conséquences.
C’est cet esprit discriminatoire qui a conduit l’administration à exclure les élèves du hors-contrat de l’éligibilité aux classes préparatoires militaires, comme on l’a vu cet été dans l’affaire du Prytanée. C’est encore et toujours cet esprit qui conduit le Gouvernement à refuser aux collégiens du hors-contrat la possibilité de se présenter et de se distinguer au tout nouveau concours général des collèges.
À croire que le Gouvernement redoute qu’ils décrochent les premières places du classement !
Messe célébrée par le pape Léon XIV en la cathédrale Saint-Etienne de Metz : « l’importance première de la famille en tant que fondement de la société »
Chers frères et sœurs,
je suis très heureux de présider cette Eucharistie, au cours de laquelle nous confions au Seigneur le cheminement de la communauté diocésaine de Metz comme celui de toute l’Europe. Sur cette terre historique de la Moselle – qui n’a cessé d’être un carrefour de peuples et qui fut une frontière douloureuse en Europe –, la promesse de Dieu résonne aujourd’hui avec une force singulière.
Dans la première lecture (cf. Is 32, 15-18), le prophète Isaïe parle de l’avènement du Royaume de Dieu en termes de droit, de justice et de paix. Il utilise trois images : le désert, le jardin et la maison.
Dans le désert, lieu de l’essentiel et du silence, le droit s’installe, c’est-à-dire la loi qui aide l’homme à marcher sur la voie du bien. Cette image austère nous rappelle l’importance de l’essentiel et de la simplicité, qui nous permettent d’accorder la juste valeur aux choses, tout en nous formant au renoncement et au sacrifice.
La deuxième image est celle du jardin où règne la justice. Si le désert est le lieu de l’essentiel, le jardin est le lieu de la beauté. De l’eau s’y trouve, les graines s’ouvrent, les pousses apparaissent et les fleurs s’épanouissent, chacune avec sa beauté particulière. Tel est l’effet d’une vie juste qui permet à la personne de s’épanouir pleinement en adhérant librement aux desseins du Seigneur.
La troisième image est celle de la maison, lieu de paix. Notons que si le désert et le jardin sont des contextes où prévaut l’action de Dieu qui fait germer et grandir, la construction d’une maison exige en revanche une contribution plus directe et plus importante de l’homme, avec la mise en œuvre de forces et de compétences, à travers un effort commun ; un véritable “travail de chantier”. Ainsi, la paix qui est un don de Dieu exige une réponse des hommes, dans un effort partagé. Par ailleurs, plus qu’une simple construction de pierres, la maison est un lieu de présence humaine et d’amour. En ce sens, la Parole prophétique nous rappelle que, dans un monde marqué par la limite, la concorde ne se construit que dans la charité qui sait partager les joies et les peines, qui sait encourager et pardonner, sans calcul ni limite, comme dans une famille.
L’Évangile que nous venons d’entendre nous en parle également (cf. Mt 5, 38-48). Alors que nous assistons aujourd’hui, dans le monde, à beaucoup de violences, de manipulations et d’arrogance – à différents niveaux – Jésus nous enseigne la manière de transformer le désert en oasis, de planter des jardins et de construire des maisons. Il nous montre le chemin qui passe par le pardon, la miséricorde et la magnanimité : « Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui » (Mt 5, 39-41).
Pour certains, ces paroles seraient de la faiblesse, ou bien une capitulation devant le mal ; mais il n’en est rien. Regardons au fond et autour de nous : que produisent, dans le monde et en nous-mêmes, des attitudes telles que la vengeance, la revanche et le rejet ? Et quel avenir pour l’humanité laissent entrevoir les relations et les systèmes imprégnés des logiques impitoyables qui découlent de ces attitudes ? Vous qui êtes les enfants de cette terre déchirée dans le passé par des conflits fratricides, vous savez bien qu’il n’est pas vrai que celui qui se venge est plus fort que celui qui pardonne. Il n’est pas vrai que celui qui ne cède pas est plus fort que celui qui cherche la réconciliation. Il n’est pas vrai que celui qui part en claquant la porte est plus fort que celui qui affronte l’effort de marcher ensemble.
Metz et la Moselle témoignent au monde entier que la réconciliation n’est possible que lorsque l’on a le courage de briser la chaîne du ressentiment. Il faut de la force et beaucoup d’équilibre pour ne pas se laisser submerger par le mal, surtout lorsque les blessures subies sont profondes. Mais face à l’injustice, l’unique voie de salut pour l’homme est l’amour qui prend l’autre en charge et qui cherche à faire confiance, quelles que soient les circonstances, et même dans les attitudes les plus difficiles à accepter (cf. Mt 5, 42). Ainsi, la loi, la justice et la paix sont-elles les étapes d’un chemin de conversion qui, de personnelle, devient de plus en plus communautaire, pour une civilisation respectueuse de l’homme et de son Créateur.
Ce n’est pas un hasard si saint Augustin définit la paix de la Cité céleste comme une communion harmonieuse dans laquelle les hommes jouissent de Dieu et, en Lui, les uns des autres (cf. saint Augustin, De civitate Dei, XIX, 13.1). Il parle également de la paix entre les hommes comme du fruit d’une tranquillitas ordinis dans laquelle chacun reconnaît et respecte chez l’autre une dignité et un rôle uniques et sacrés.
Ici, à Metz, il est bon de rappeler que ce sont là les valeurs sur lesquelles s’est construite, au fil des siècles, l’Europe que nous connaissons, avec son patrimoine spirituel et moral, avant même son patrimoine économique et politique. Comme saint Jean-Paul II aimait à le rappeler avec émotion (cf. Acte européen à Saint-Jacques-de-Compostelle, 9 novembre 1982), elle plonge ses racines dans la vie et l’œuvre d’hommes et de femmes qui ont vécu, prêché et partagé les enseignements de l’Évangile. En témoignent la grande contribution spirituelle, culturelle, voire agricole et artisanale que le monachisme a apportée à l’histoire du continent, ainsi que l’œuvre de saints tels que le grand Chrodegang, pasteur infatigable de cette communauté, qui, ici même, avec la Règle des chanoines, a donné une forme visible à la communion ecclésiale.
Les principes moraux du monde dans lequel nous vivons nous ont été transmis à partir de là : des principes tels que la primauté de la personne et le caractère sacré et inviolable de la vie humaine, à toutes ses étapes et dans toutes ses conditions ; la protection de la liberté des individus ; l’importance première de la famille en tant que fondement de la société ; l’attention portée aux pauvres et aux plus démunis ; l’accueil de l’étranger, le respect des personnes âgées.
Votre Église locale qui, en vertu de son statut particulier, conserve l’héritage singulier d’un dialogue fécond entre société civile et foi, a la responsabilité d’être un laboratoire vivant de cette fidélité. Rester fidèles à ces piliers n’a pas été facile, même pour ceux qui nous ont précédés. Et pourtant, avec fidélité et persévérance, nos ancêtres nous les ont légués comme des trésors à transmettre à notre tour aux générations futures, enrichis de notre expérience, de la valeur de nos efforts et de nos histoires.
La magnifique cathédrale de cette ville où nous nous trouvons illustre très bien tout cela : elle est appelée la “Lanterne du Bon Dieu” en raison de ses 6.500 [six mille cinq cents] mètres carrés de vitraux historiés. Il semble que les bâtisseurs aient voulu réduire au minimum les murs – qui restent solides – afin que la lumière puisse parvenir en abondance aux fidèles. Celui qui y rentre se trouve ainsi plongé dans une très riche biblia pauperum, source de prière et de méditation, à travers les reflets aux mille couleurs. Dans ce lieu de lumière, la splendeur des vitraux historiques s’est récemment enrichie du génie de Marc Chagall. Les œuvres de ce grand peintre juif, enchâssées dans les murs de la cathédrale, transforment “la Lanterne du Bon Dieu” en un symbole œcuménique et de dialogue interreligieux extraordinaire.
Cette cathédrale nous dit que la lumière de Dieu n’efface pas les spécificités, mais unit des histoires et des cultures différentes en une seule et merveilleuse mosaïque de paix, nécessaire à notre époque meurtrie par de nouvelles divisions et de nouveaux conflits. En contemplant ces vitraux, nous apprenons que l’avenir de l’Europe ne réside pas dans l’uniformisation, mais dans l’harmonie des différences où la blessure du passé devient une brèche laissant passer la lumière.
Il y a là un symbole de notre identité d’Église. Nous aussi nous utilisons des structures qui n’ont de sens que dans la mesure où elles nous aident à apporter au monde la lumière de l’Évangile. Sans ces vitraux, les fenêtres de la cathédrale Saint-Étienne ne seraient que des espaces inondés de lumière aveuglante. Avec ces vitraux, elles deviennent des livres qui nous rassemblent pour faire mémoire d’histoires merveilleuses, pleines d’héroïsme, de bien, de miséricorde, d’amour et de beauté morale, dont nous devons à notre tour être des témoins généreux et courageux.
Tel est le vœu que je partage avec vous, avec gratitude et confiance, à l’issue de mon voyage en France, pour votre communauté de Metz, appelée aujourd’hui plus que jamais à être un phare d’espérance pour ce pays, pour l’Europe et pour le monde, en la confiant aux prières de la Vierge Marie et de vos saints patrons.
Rencontre « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité » – on ne peut passer sous silence un autre Père de l’Europe : saint Benoît
Monsieur le Président,
Monsieur le Cardinal,
Distinguées Autorités civiles et religieuses,
Mesdames et Messieurs,
je suis très heureux de me trouver ici, dans cette ville historique, carrefour au cœur du continent, pour une rencontre au titre évocateur : Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité. Je vous remercie pour les aimables paroles qui viennent de m’être adressées.
Le titre proposé s’inspire sans aucun doute de la figure du Vénérable Robert Schuman, auquel nous souhaitons aujourd’hui rendre un hommage particulier dans ce centre qui porte son nom, et surtout ici, en Moselle où il a longtemps vécu, où il repose et dont il a longtemps été le représentant à l’Assemblée Nationale. C’est de cette région avec ses tribulations, au XIXe et au XXe siècle, qu’il a puisé l’inspiration pour contribuer à façonner l’Europe d’aujourd’hui et de demain, à travers sa très célèbre Déclaration du 9 mai 1950. Celle-ci est à la fois point de départ et d’arrivée de son engagement pour la réconciliation et l’unité du continent européen, qui a marqué toute sa vie.
Nous voulons entreprendre aujourd’hui, par la pensée, un voyage qui commence aux racines de l’Europe, pour aboutir à son présent, et se tourner vers l’avenir. Et nous nous demandons de quelle manière Robert Schuman a été façonné par l’histoire de cette terre, dont il était le fils, et comment il a fondamentalement contribué à façonner l’Europe moderne, au point d’en être considéré comme un “Père fondateur”.
Il est toujours difficile de donner une définition de l’Europe, tant pour le présent que pour le passé. L’Europe a progressivement pris conscience d’elle-même dans les périodes historiques de la civilisation hellénistique, de l’Empire romain, puis de la diffusion du christianisme, en intégrant, au fil du temps, de nouvelles cultures telles que, entre autres, les cultures germaniques et slaves ; jusqu’à englober des régions de plus en plus vastes.
L’Europe se comprend donc comme une réalité culturelle et historique avant même d’être une réalité géographique. Au fil des siècles, elle a pris de nouveaux contours et de nouvelles définitions, passant par des périodes de croissance, des crises profondes, et de nouvelles renaissances. Une constante, que l’on peut discerner dans son long et tumultueux parcours historique, réside dans le fait que l’Europe s’est épanouie et a progressé lorsqu’elle a su tirer parti des aspects positifs de son passé, et les re-proposer sous des formes nouvelles et créatives grâce à la rencontre avec l’autre. La civilisation européenne est, en effet, également le fruit de rencontres séculaires, même si celles-ci n’ont pas toujours été faciles. Il suffit de penser à la présence de la culture arabe dans la péninsule ibérique, ou à la projection du “Vieux Continent” dans le “Nouveau monde”, ce qui généra, parfois douloureusement, de nouvelles synthèses sur le continent américain.
Mais pour comprendre cette longue histoire, on ne peut passer sous silence un autre Père de l’Europe : saint Benoît, que le saint Pape Paul VI a proclamé son Patron en 1964 [mille neuf cent soixante quatre], le qualifiant de « messager de paix, artisan de l’union, maître de civilisation ». [1] L’aide aux pauvres, aux malades, aux personnes âgées ; l’éducation des enfants et les universités ; les hôpitaux et la médecine ; l’architecture et l’ingénierie ; le développement des sciences ; le droit et l’organisation des villes et des États eux-mêmes : tant de choses, en Europe, ont été profondément influencées par saint Benoît et ses moines ! Sans ce terreau monastique, la civilisation européenne, telle que nous la connaissons, n’existerait pas. Ici, à Metz, grâce à l’œuvre, entre autres, de saint Chrodegang, se respira un esprit bénédictin de fraternité, de communion et de partage. C’est d’ici que le chant grégorien s’est répandu dans les territoires carolingiens, apportant harmonie et beauté à tout le continent.
On ne peut donc pas parler de l’Europe sans évoquer le christianisme. Robert Schuman en était lui-même conscient lorsqu’il affirmait : « Le christianisme a enseigné l’égalité de nature de tous les hommes, fils d’un même Dieu, rachetés par le même Christ, sans distinction de race, de couleur, de classe ou de profession. Il a fait reconnaître la dignité du travail et l’obligation pour tous de s’y soumettre. Il a reconnu la primauté des valeurs intérieures qui, seules, ennoblissent l’homme. La loi universelle de l’amour et de la charité a fait de tout homme notre prochain, et c’est sur elle que reposent depuis lors les relations sociales dans le monde chrétien ». [2]
Un autre Père fondateur de l’Europe contemporaine, Alcide De Gasperi, lui fait écho en mettant l’accent sur « l’héritage européen commun », [3] c’est-à-dire « cette morale unitaire qui exalte la figure et la responsabilité de la personne humaine, avec son élan de fraternité évangélique, son respect du droit hérité des anciens, son culte de la beauté affiné au fil des siècles, et sa volonté de vérité et de justice aiguisée par une expérience millénaire ». [4]
Loin d’être un critère confessionnel exclusif, [5] la référence à la dette de la culture européenne envers le christianisme permet de mieux comprendre combien l’ouverture au transcendent est toujours une dimension constitutive de la personne humaine et une source vivante de civilisation.
À cet égard, l’article 17 du Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne revêt une grande importance. Il encourage « un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les églises », tout « en respectant et ne préjugeant pas du statut dont elles bénéficient » dans les États membres. La laïcité qui régit la vie des États n’implique pas seulement le caractère non confessionnel des institutions civiles, mais suppose une véritable collaboration entre les parties prenantes, ainsi que le respect, par les autorités étatiques et communautaires, de l’autonomie des Églises et la promotion de leur liberté d’organisation, d’expression et de culte.
Il s’agit de remonter à la source des valeurs qui constituent le fondement de la coexistence civile, à savoir « les valeurs universelles que constituent les droits inviolables et inaliénables de la personne humaine, ainsi que la liberté, la démocratie, l’égalité et l’État de droit » (Traité sur l’Union Européenne, Préambule).
Dans le contexte multiculturel d’aujourd’hui, l’affirmation de l’universalité de ces valeurs, essentielle pour sa survie, passe à la foi par une redécouverte de ses racines et par l’ouverture au dialogue avec l’autre.
Il s’agit d’une nécessité sociale et politique pour redécouvrir la place centrale de la personne humaine et donner une consistance réelle à des mots tels que liberté, démocratie, paix et unité. À cette fin, se révèle précieuse l’invitation du Pape François à apprécier la complexité de la réalité européenne dans toute la richesse de ses traditions et de ses sensibilités, en relevant « le défi d’une harmonie constructive, libérée d’hégémonies ». [6]
Ce double mouvement, de ressourcement et de dialogue, permettra également de retrouver un juste équilibre entre les droits eux-mêmes, ainsi qu’entre les droits et les devoirs, car – comme le rappelait toujours le Pape François – « au concept de droit, celui – aussi essentiel et complémentaire – de devoir, ne semble plus associé, de sorte qu’on finit par affirmer les droits individuels sans tenir compte que tout être humain est lié à un contexte social dans lequel ses droits et devoirs sont connexes à ceux des autres et au bien commun de la société elle-même ». [7]
L’Europe contemporaine, en effet, se trouve face à une nouvelle étape de sa longue histoire de rencontres, avec l’arrivée sur le continent de nombre d’hommes et de femmes fuyants les théâtres de guerre et de persécution, ou en recherche d’une vie meilleure loin de la pauvreté et de la misère.
Comme je l’ai dit lors de ma récente visite aux iles Canaries, en Espagne : « La dignité humaine exige des voies légales et sûres, le secours et l’assistance, la coopération réelle contre les trafiquants, la protection effective des victimes, des processus sérieux d’accueil et d’intégration, et des politiques qui permettent à chaque personne de vivre dignement sur sa propre terre » (Rencontre avec les structures d’accueil des migrants).
Mais tout cela ne serait pas encore suffisant : accueillir une personne, c’est l’intégrer comme dans sa propre famille, en lui offrant la possibilité de développer ses talents, ses capacités et sa sensibilité, mais aussi d’entrer dans l’esprit de la maison. Il faut saisir la portée historique de ce qui est en train de se passer, c’est-à-dire une rencontre inédite entre peuples et cultures qui appelle à la redécouverte créative de nos racines et, en même temps, à une écoute attentive de l’autre. L’universalité des valeurs fondatrices de l’Europe nous assure que ce dialogue est possible, et qu’il pourra donner un fondement solide à nos sociétés, permettant d’œuvrer plus efficacement pour la paix et pour un monde réconcilié.
C’est précisément cette lucidité qui inspira des hommes comme Schuman pour surmonter l’opposition entre identités culturelles et pour donner naissance aux institutions européennes, au terme de l’immense tragédie de la Seconde Guerre mondiale qui avait mis en évidence combien le mal commis par l’homme est grand lorsqu’il estime ne rencontrer aucun obstacle à l’exercice de son pouvoir.
Robert Schuman, qui a connu des frontières en constante évolution, a contribué à jeter les bases d’une Europe consciente de l’urgence d’abattre les murs qui la déchiraient. Sa formation chrétienne lui a inculqué la valeur de l’égalité, sans distinction de race ou de classe sociale, et lui a enseigné la dignité du travail. La succession de différentes souverainetés nationales lui a inculqué l’importance du droit international et la valeur de la parole donnée. Ayant grandi dans un contexte où l’orgueil et l’esprit de revanche semblaient prévaloir, Schuman s’est engagé en faveur de la paix et de la fraternité entre les peuples qui, après s’être longtemps affrontés, reconnaissaient enfin qu’ils avaient besoin les uns des autres.
Quels sont donc les enseignements de Robert Schuman à l’Europe et au monde d’aujourd’hui ? Tout d’abord, un profond désir de paix. Aujourd’hui, malheureusement, la guerre a refait surface, même en Europe : un nouveau « massacre inutile », [8] qui fait chaque jour d’innombrables victimes civiles. Et aujourd’hui encore, comme en 1950 [mille neuf cent cinquante], les paroles contenues dans la Déclaration Schuman restent d’actualité : « La contribution qu’une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien de relations pacifiques ». [9] Il est nécessaire de s’engager dans un dialogue patient, de faire preuve de courage dans la négociation et d’être prêt à sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix.
Certes, la recherche de la paix en Europe, tout comme dans le monde entier, ne doit pas être confondue avec un irénisme naïf. Au contraire, les paroles de Schuman sont plus que jamais d’actualité : « La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent ». [10] Il faut toutefois se garder de l’illusion du réarmement. « Ce n’est pas un hasard si les appels répétés à l’augmentation des dépenses militaires et les choix qui en découlent sont présentés par de nombreux gouvernants avec la justification du danger représenté par les autres » ( Message pour la 59e Journée Mondiale de la Paix, 1 er janvier 2026). Favoriser la paix est une œuvre active. Aujourd’hui, il faut se demander si nous déployons réellement des “efforts créatifs” pour favoriser la paix mondiale, ou si nous cherchons simplement à “endiguer l’hémorragie de la guerre” et à mieux nous préparer à celles que nous supposons devoir encore venir.
L’Europe selon Schuman est un continent où l’on préfère dialoguer plutôt que s’affronter par les armes ; où l’on met en commun les ressources pour faire en sorte que « toute guerre […] devienne non seulement impensable, mais matériellement impossible ». [11]
L’Europe selon Schuman repose sur le respect du droit international qui, contrairement aux droits nationaux, ne peut être imposé de force par un État, mais repose sur le principe universellement reconnu selon lequel pacta sunt servanda. Ce principe est précieusement conservé par la législation particulière de cette région, qui couvre aussi les relations entre l’État et l’Église catholique sur la base du Concordat de 1801 entre le Saint-Siège et la France, toujours en vigueur.
Le droit international et le multilatéralisme soulignent l’égalité effective des États dans leurs relations mutuelles et constituent le meilleur antidote à la volonté de domination, qui est à l’origine de tout conflit. Aujourd’hui, les relations humaines, et entre les États, sont de plus en plus barbares. La valeur de la parole donnée est méprisée ; on se vante plutôt du mensonge et de la tromperie. L’Europe peut mettre fin à cette spirale grâce au respect de l’autre qu’elle a su cultiver et préserver, puisqu’elle a largement démontré au cours des quatre-vingts dernières années qu’il est possible de faire valoir des opinions, des revendications et des intérêts divergents, en se rencontrant plutôt qu’en s’affrontant.
Schuman nous rappelle qu’il faut toujours faire preuve de réalisme et de courage : « L’Europe – affirmait-il – ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait ». [12] Il ne faut jamais perdre confiance en notre capacité à progresser, même si les pas franchis sont parfois petits et presque imperceptibles. La prétention moderne d’“avoir tout, tout de suite” ne correspond pas à l’histoire et la culture européennes qui, au contraire, enseignent la valeur du temps et de la patience. C’est par de petits pas que l’on peut donner vie à cette solidarité effective qui implique que personne ne se sente abandonné ou oublié.
En vous livrant ces réflexions, je pense avant tout aux jeunes, appelés à construire l’Europe d’aujourd’hui et de demain. Comme le faisait déjà remarquer Schuman : « Que cette idée d’une Europe réconciliée, unie et forte soit désormais le mot d’ordre pour les jeunes générations, désireuses de servir une humanité enfin affranchie de la haine et de la peur, qui réapprend, après de trop longs déchirements, la fraternité chrétienne ». [13]
Aux jeunes, je dis : ayez le courage de vivre de manière responsable la mission de construire la paix, dans votre cœur, dans vos relations, au sein de votre famille, dans les écoles et les universités, dans la vie de vos villes, de vos pays et de toute l’Europe.
Ne vous soumettez pas à la logique de la violence et de l’oppression.
Aimez la vie à chaque instant, et n’ayez pas peur de l’avenir !
N’ayez pas peur de fonder une famille, de mettre des enfants au monde, de défendre la dignité de toute personne, du premier instant dans le ventre de sa mère jusqu’à son dernier souffle.
N’ayez pas peur de travailler sans relâche au service du bien de vos communautés, y compris par l’engagement politique.
Soyez des bâtisseurs de communautés !
Et avec vous, l’Europe, solidement enracinée, continuera à s’épanouir et à inspirer le monde entier.
Que Dieu vous soutienne dans ces résolutions et qu’Il bénisse et protège l’Europe tout entière !
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[1] St Paul VI, Lett. ap. Pacis nuntius, 24 octobre 1964 : AAS 56 (1964), p. 965.
[2] R. Schuman, Pour l’Europe, Genève, 2010 5, pp. 57-58.
[3] Cf. A. De Gasperi, La nostra patria Europa. Discorso alla Conferenza Parlamentare Europea, 21 aprile 1954, in: Alcide De Gasperi e la politica internazionale, Cinque Lune, Roma 1990, vol. III, pp. 437-440.
[4] Ibid.
[5] Ibid.
[6] Discours au Conseil de l’Europe, 25 novembre 2014.
[7] François, Discours au Parlement européen, 25 novembre 2014 : AAS 106 (2014), p. 997.
[8] Benoît XV, Lettre aux chefs des peuples belligérants (1er août 1917), 1 er août 1917 : p. 423. AAS IX (1917), p.417-420.
[9] Déclaration Schuman, Paris, 9 mai 1950.
[10] Ibid.
[11] Ibid.
[12] Ibid.
[13] R. Schuman, Pour l’Europe, op. cit., p. 46.
Rencontre interreligieuse avec le pape Léon XIV au Centre des Congrès Robert Schuman de Metz : « La grandeur d’une civilisation ne se mesure pas à ses réussites matérielles, mais à la manière dont elle entoure, protège et élève la personne humaine »
Discours du pape :
Chers frères et sœurs,
chers amis représentants des différentes traditions religieuses,
c’est avec une joie profonde, mais aussi avec un vif sentiment de responsabilité spirituelle, que je me tiens parmi vous aujourd’hui, à Metz, ville de frontières et de passages, au Centre des Congrès qui porte le nom de Robert Schuman, l’un des pères fondateurs de l’Union Européenne. Cet homme de foi et de convictions sut transformer les anciennes lignes de fracture en ponts d’espérance pour toute l’Europe, et il devint un véritable ambassadeur de l’unité dans la diversité. À son exemple, notre responsabilité commune de femmes et d’hommes religieux est de témoigner que, au-delà des frontières, il est toujours possible de se rencontrer, d’établir l’amitié et de bâtir la paix.
Dialoguer ne diminue pas notre identité mais l’exprime avec simplicité et vérité en nous ouvrant à la différence de l’autre. Comme le disait mon prédécesseur, le Pape François : « Le dialogue entre personnes de religions différentes ne se réalise pas par simple diplomatie, amabilité ou tolérance… II s’agit d’établir l’amitié, la paix » (Lett. Enc. Fratelli tutti, n. 271). Avant lui, le saint Pape Jean-Paul II considérait le dialogue comme une exigence intrinsèque de la nature même de l’homme (cf. Message pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2001, n. 10). Il est, selon Paul Ricœur, le chemin par lequel nous reconnaissons l’altérité comme une promesse et non comme une menace ; il est un art de la rencontre dont notre monde a grand besoin, aux antipodes de l’agressivité et de la violence.
En effet, invoquer le nom de Dieu pour légitimer la violence ou l’oppression est une profanation de ce nom. Rien de ce qui défigure la dignité humaine ne peut se réclamer d’une authentique inspiration divine. Le discours religieux doit appeler constamment à désarmer les cœurs et les mots. Cela engage la responsabilité directe de chacun de nous, en tant que gardiens de nos traditions respectives.
Par ailleurs, si la fécondité des traditions religieuses se manifeste avant tout dans leur service de la paix et de la fraternité, elle s’exprime également dans leur capacité à protéger, à accompagner et à servir la vie. La grandeur d’une civilisation ne se mesure pas à ses réussites matérielles, mais à la manière dont elle entoure, protège et élève la personne humaine. Les religions sont gardiennes de la vie : elles en affirment la valeur sacrée. Leur fécondité se démontre dans leur présence aimante auprès des personnes les plus vulnérables et les plus fragiles. Servir la vie, c’est l’entourer de soins, de présence et de tendresse, surtout dans l’épreuve, jusqu’au bout. À nous qui sommes ouverts à la transcendance, notre mission est d’offrir des repères solides, en particulier aux jeunes, pour construire une communion qui respecte et valorise la dignité de toute personne humaine.
Chers amis, « l’Église considère comme compagnons de route tous ceux qui cherchent sincèrement la vérité, la bonté, la beauté » (Lett. Enc. Magnifica Humanitas, n. 23). Je vous remercie une fois encore pour votre proximité et votre présence. Que la bonté infinie de Dieu et sa sagesse nous accompagnent et nous apprennent à vivre toujours davantage comme ses enfants, et comme des frères et sœurs les uns pour les autres. Puissions-nous être, là où nous vivons, des artisans de paix et des témoins d’une espérance qui ne cesse de grandir dans notre monde.
Que Dieu vous bénisse !
Quel plus grand hommage à l’intuition du roi Louis XVI !
De Louis de Bourbon :
Quelle émotion ! Pas moins de 800.000 personnes ont suivi la messe du Pape dans un recueillement religieux, sur cette place de la Concorde et ces Champs-Elysées vitrines universelles de la France. Plus de 5 millions de téléspectateurs l’ont regardée à la télévision. Les réseaux lui donnent une dimension internationale, car il n’est pas un seul pays du monde où l’évènement n’est partagé, analysé, commenté, célébré.
Il nous faudra des jours, voire des mois, pour mûrir pleinement ce qu’il représente. J’y ai assisté dans la ferveur et le recueillement, en pensant à tous les Français ici réunis. Je pensais aussi aux âmes de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de Madame Elisabeth qui, de là-haut, devaient se réjouir. Voir la foule des Français, autrement plus nombreuse que toutes celles que connurent les Parisiens à l’époque de la Révolution, s’agenouiller devant le Sacrifice du Christ célébré par le Pape en personne : quel plus grand hommage à l’intuition du roi Louis XVI ! « Messieurs, je meurs innocent de tout ce dont on m’inculpe. Je souhaite que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français » furent ses dernières paroles. J’ai été profondément ému en écoutant le Salve Regina chanté par le Pape avec la foule, devant la statue offerte par le dernier roi de France Charles X à la cathédrale Notre-Dame.
Quelle grâce ! Sans nul doute, cet événement marquera d’une pierre blanche la suite de l’Histoire de la France et du monde.
