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Vingt-et-unième dimanche après la Pentecôte : parabole de la dette

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Introït : In voluntate tua

Comme celui du vingtième dimanche, l’Introït du vingt et unième dimanche après la Pentecôte est une grande prière de l’ancien testament, tirée cette fois du livre d’Esther. Il s’agit de la prière de Mardochée, qui, comme les trios jeunes Hébreux au livre de Daniel, supplie le Seigneur pour le peuple d’Israël à nouveau en captivité et menacé d’extermination, et il commence en exprimant de manière admirable sa soumission à la volonté divine et sa confiance en sa protection :

In voluntate tua, Domine, universa sunt posita, et non est qui possit resistere voluntati tuæ : tu enim fecisti omnia, cælum et terram, et universa quæ cæli ambitu continentur : Dominus universorum tu es.
A votre volonté, Seigneur, toutes choses sont soumises ; il n’y a rien qui puisse résister à votre volonté. C’est Vous qui avez tout créé, le ciel et la terre et toutes les choses qui sont contenues sous la voûte des cieux ; Vous êtes le maître de toutes choses.

Le texte biblique précisait : rien ne peut résister à votre volonté, si Vous avez résolu de sauver Israël. Ici, cette proposition a été supprimée, enlevant au texte son caractère de supplication pour ne conserver que l’affirmation de la toute puissance divine. Elle se traduit par une mélodie entièrement horizontale, presque immobile, tournant toujours autour des mêmes notes sans jamais s’élever. Elle exprime d’abord la profonde humilité de cette prière : on est prosterné devant la majesté divine sans oser lever les yeux. Elle exprime ensuite le calme et la parfaite tranquillité de la création dans la main du Seigneur : tout est en place, rien ne bouge, on est dans la paix. Elle exprime enfin la confiance totale dans la providence, aucun mouvement de trouble ou d’inquiétude même au milieu des épreuves ; tout ce qui arrive est permis par Dieu, donc c’est pour notre bien. Cet Introït est accompagné comme dimanche dernier par le premier verset du psaume 118 qui revient souvent à cette période de l’année liturgique, et que nous retrouverons à la Communion pour la troisième fois consécutive :

Beati immaculati in via : qui ambulant in lege Domini.
Heureux ceux dont la conduite est sans tache et qui marchent selon la loi du Seigneur.

► Graduel : Domine refugium

Le texte du Graduel du vingt et unième dimanche après la Pentecôte est le début du psaume 89, que nous avons déjà rencontré quelques fois, en particulier au Graduel du sixième dimanche après la Pentecôte, où le texte d’aujourd’hui se trouvait dans la deuxième partie. Ce psaume est une grande méditation, attribuée par certains à Moïse, sur le mystère du temps et de l’éternité. Elle oppose la fragilité et la brièveté de notre vie sur cette terre, qui se fane comme l’herbe et la fleur des champs, à la stabilité immuable de Dieu, pour qui mille ans sont comme un jour. Cette réflexion convient particulièrement à cette époque de l’année liturgique où notre pensée se tourne vers la fin des temps. Les deux premiers versets du psaume que nous trouvons ici opposent les deux aspects du mystère :

Domine, refugium factus es nobis, a generatione et progenie. Priusquam montes fierent, aut formaretur terra et orbis : a sæculo, et in sæculum tu es Deus.
Seigneur, Vous Vous êtes fait notre refuge de génération en génération. Avant que les montagnes n’existent et que soient formés la terre et l’univers, de siècle en siècle, Vous êtes Dieu.

La première phrase c’est le temps, les générations qui se succèdent sur la terre et trouvent auprès du Seigneur aide et protection. La deuxième phrase c’est l’éternité où Dieu existe avant toute création. Nous lui retournons la définition qu’Il a donnée de Lui-même : Je suis, a-t-il dit à Moïse ; Tu es Deus, Vous êtes, lui disons-nous.
La mélodie est une mélodie type que l’on retrouve assez souvent sur des textes différents, et nous avons déjà remarqué comment ses grandes vocalises s’adaptent avec souplesse à l’expression de sentiments divers ; ici la confiance en la divine providence qui, du haut de son éternité immuable, nous guide au cours de notre pèlerinage sur la terre. On notera toutefois que les deux mots importants de la fin Tu es n’ont pas de vocalise, mais seulement une note chacun, ce qui est aussi un moyen de les mettre en évidence.

► Alléluia : In exitu Israel

Le texte de l’Alléluia du vingt et unième dimanche après la Pentecôte est encore le début d’un psaume ; il s’agit du psaume 113, bien connu de tous ceux qui chantent les Vêpres du dimanche dont c’est le cinquième psaume.

In exitu Israel ex Aegypto, domus Jacob de populo barbaro.

Quand Israël sortit d’Égypte, la maison de Jacob de chez un peuple barbare...

La phrase ici n’est pas finie. On sait que le deuxième verset continue : ” La Judée devint son sanctuaire et Israël en fit son domaine. ” Il s’agit donc de la sortie d’Égypte et de l’entrée dans la terre promise, thème qui revient très souvent dans la liturgie. L’Égypte est la figure de ce monde de péché dans lequel nous sommes prisonniers. La terre promise bien entendu c’est le ciel pour lequel nous sommes faits et vers lequel nos regards se tournent plus que jamais en cette période de l’année.
La mélodie est assez originale. Elle semble d’origine gallicane (on peut voir le sens de ce mot à l’Introït du septième dimanche après la Pentecôte) car elle présente une certaine parenté avec celle du Répons Christus resurgens, antique chant de l’Église des Gaules, que l’on chante à Pâques en certains diocèses de France et notamment à Paris, et qui ne figure pas dans les livres romains. Solennelle et enthousiaste, elle s’élève en vagues successives, culminant dans le verset sur le mot ex (hors de) qui est le mot de la sortie donc de la délivrance.

► Offertoire : Vir erat

Nous trouvons à nouveau à l’Offertoire du vingt et unième dimanche après la Pentecôte un grand texte tiré non pas d’un psaume, mais d’un autre livre de l’ancien testament peu utilisé dans la liturgie, le livre de Job.
Ce livre est un long poème dans lequel le personnage de Job, frappé de dures épreuves, mais restant soumis à la volonté divine, dialogue indéfiniment, comme aiment à le faire les orientaux, avec d’autres personnages qui le poussent à désespérer et à se révolter.
Dans les derniers chapitres Job dialogue avec Dieu lui-même, lui exprimant sa confiance. Le texte que nous allons entendre est un résumé du prologue exposant les faits qui serviront de base à toute la discussion :

Vir erat in terra nomine Job, simplex et rectus, ac timens Deum : quem Satan petiit ut tentaret : et data est ei potestas a Domino in facultate et in carne ejus : perdiditque omnem substantiam ipsius, et filios : carnem quoque ejus gravi ulcere vulneravit.
Il y avait sur la terre un homme du nom de Job, intègre et droit et craignant Dieu ; Satan demanda la permission de le tenter, et pouvoir lui fut donné par le Seigneur sur les biens de cet homme ainsi que sur sa chair. Il lui fit perdre tout ce qu’il possédait, et même ses fils, et enfin il frappa sa chair d’une grave plaie.

Ce texte n’est qu’un récit de ce qui est arrivé à Job, sans laisser entendre quelles ont été les réactions du saint homme, et la mélodie n’est qu’un souple récitatif assez orné, calme et régulier d’un bout à l’autre. Mais les chrétiens des siècles où fut élaboré ce chant connaissaient très bien la sainte Écriture, et en entendant ce récit ils éprouvaient tout naturellement les sentiments de soumission à la volonté divine et de confiance jusque dans les plus graves épreuves qui furent ceux de Job, et que l’Église veut nous inspirer en cette fin de l’année liturgique.

► Communion : In salutari tuo

pour la troisième fois consécutive, nous retrouvons dans l’antienne de Communion du vingt et unième dimanche après la Pentecôte le psaume 118, la longue méditation sur la loi de Dieu et sa volonté.
Comme dans la Communion du vingtième dimanche, cette loi divine est désignée ici par la parole de Dieu qui nous donne l’espérance.

In salutari tuo anima mea, et in verbum tuum speravi : quando facies de persequentibus me judicium ? iniqui persecuti sunt me, adjuva me, Domine Deus meus.
Mon âme languit après votre salut, je mets mon espoir dans votre parole. Quand ferez-vous justice de ceux qui me persécutent ? Les méchants me persécutent ; au secours, Seigneur mon Dieu !

Le contexte dit nettement que les méchants ce sont ceux qui refusent d’écouter la parole de Dieu et d’obéir à ses commandements. Ils s’opposent au psalmiste qui veut rester fidèle jusqu’au bout. La particularité de cette antienne est de commencer par un chant de confiance et d’espoir puis de se poursuivre et s’achever par un appel de plus en plus angoissé. La mélodie suit cette progression du texte. La première phrase qui exprime la confiance est calme et douce, la deuxième nettement plus mouvementée ; quant à la troisième elle commence par un récitatif d’allure psalmodique d’une intensité presque dramatique dans sa sobriété pour s’achever par une grande montée suppliante sur l’invocation Deus meus.

La Vie Chrétienne Victorieuse – « Où est Dieu, mon Créateur ? » : le cri sans la foi et le chant dans la nuit

Quand l’oppression, la violence et l’arrogance semblent triompher, tandis que le ciel paraît garder le silence, l’homme crie sous le poids de sa souffrance et réclame justice. Il s’interroge sur le silence de Dieu. Mais une question plus profonde se pose : dans son cri, l’homme cherche-t-il véritablement son Créateur ?

Le cri qui ne monte pas
Quand on contemple le panorama des souffrances humaines à travers les âges, un constat s’impose : la terre est remplie de gémissements, mais bien peu de ces cris montent jusqu’au ciel. Dans le livre de Job, souvent considéré comme le plus ancien livre biblique, le jeune Élihu, qui prend la parole après les trois amis du patriarche, observe que l’on crie sous la multitude des oppressions, que l’on se plaint sous le bras des puissants, mais que personne ne dit : « Où est Dieu, mon Créateur, qui donne des chants dans la nuit ? » (Job 35:9-10). Ce constat, dressé il y a des millénaires, demeure d’une actualité brûlante.

L’oppression n’a jamais cessé de sévir ici-bas, sous des formes multiples. Il y a l’oppression politique et sociale, ces systèmes où la justice est pervertie et où l’arbitraire des puissants fait loi. Il y a aussi cette violence diffuse qui s’infiltre dans toutes les artères de la société : la dégradation des rapports humains, l’essor d’une haine de l’autre nourrie par l’égoïsme et la peur. Devant ce tableau, l’humanité souffre et s’indigne. Elle proteste, elle réclame justice, et elle a raison de le faire.

Mais Élihu discerne ici une distinction subtile. Il ne reproche pas aux hommes de souffrir, ni même de gémir. Il constate que leur cri reste un simple cri réflexe, celui de la chair meurtrie, le rugissement de l’animal pris au piège, sans aucun retour de la conscience vers le Souverain de l’univers. Élihu ajoute : « C’est en vain que l’on crie ; Dieu n’écoute pas la vanité, le Tout-Puissant n’y prête pas attention » (Job 35:12-13).

Il faut ici se garder d’un contresens. L’Écriture montre un Dieu qui entend le gémissement de l’affligé qui se tourne vers Lui, comme Il entendit celui d’Israël en Égypte (Exode 2:23-25), et qui est proche de ceux qui ont le cœur brisé (Psaume 34:19). Les psaumes de complainte (Psaumes 13, 22 et 88) sont des cris, et même des cris violents, mais des cris adressés à Dieu. La différence n’est donc pas dans l’intensité de la plainte, mais dans son adresse. Le cri que Dieu n’entend pas est celui qui ne cherche qu’un soulagement égocentrique, qui s’accompagne d’un cœur demeuré dans l’orgueil et l’autosuffisance, et qui souhaite récupérer ses aises sans désirer être délivré du péché ni rencontrer Celui qui nous a tirés du néant. Voilà pourquoi le ciel semble si souvent d’airain (Deutéronome 28:23) face aux appels du monde. La détresse ne sanctifie pas automatiquement la prière. Sans la foi, la douleur ne produit que de l’amertume, de la colère et un éloignement plus grand encore de la source de toute grâce.

La remarque vaut aussi pour celui qui souffre réellement. La foi ne lui retire pas le droit de gémir devant Dieu : « Peuples, confiez-vous en Lui en tout temps, déversez vos cœurs en Sa présence ! » (Psaume 62:9). Elle lui apprend seulement à se tourner vers Celui qui peut l’entendre.

Le Dieu qui donne des chants dans la nuit
C’est dans cette obscurité que brille ce que Dieu est pour la foi : Celui qui donne des chants dans la nuit. Quel langage magnifique et paradoxal ! Le monde ne sait chanter que lorsque le soleil brille, que la santé est là, que les affaires prospèrent et que la paix règne. Mais le Dieu de toute consolation communique à l’âme qui se confie en Lui une joie si profonde, si indépendante des circonstances, qu’elle peut s’exprimer en cantiques au cœur même de la nuit la plus noire.

Paul et Silas, jetés au fond du cachot de la ville antique de Philippes (Macédoine), battus de verges, les pieds pris dans des ceps, « priaient et chantaient les louanges de Dieu » à minuit (Actes 16:22-25). Ils n’attendaient pas que les portes s’ouvrent pour louer : ils louaient parce que leur Créateur était avec eux dans la prison intérieure. Le monde assiste à ce mystère sans le comprendre, car il cherche la lumière dans les circonstances, alors que la foi la trouve dans la personne de Christ.

Un Créateur tout proche
Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve ne dépend d’aucun service humain, comme s’Il avait besoin de quelque chose, « puisque c’est Lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses » (Actes 17:24-25). Loin d’être une divinité lointaine, Il a fixé les temps et les lieux de notre existence afin que les hommes Le cherchent et Le trouvent en tâtonnant, « bien qu’Il ne soit pas loin de chacun de nous, car en Lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être » (Actes 17:27-28).

Ce Dieu est proche, et Son silence apparent n’est pas de l’indifférence. Voilà qui nous invite à ne plus crier seulement pour obtenir un soulagement : tournons plutôt nos regards vers Celui en qui nous existons. Ce même Créateur nous adresse aujourd’hui un appel pressant à la repentance, et Il nous en donne une preuve certaine : Il a fixé un jour où Il jugera le monde avec justice, par l’Homme qu’Il a désigné, et Il en a donné à tous l’assurance en Le ressuscitant des morts (Actes 17:30-31). La résurrection de Jésus-Christ garantit à la fois que la justice sera rendue et que le refuge est ouvert.

« Ta cause est devant Lui »
Le cœur humain, même celui qui a connu la grâce, glisse facilement vers le doute quand l’épreuve se prolonge. Job lui-même, cet homme « intègre et droit, qui craignait Dieu et se détournait du mal », « le plus considérable de tous les fils d’Orient » (Job 1:1-3), en était venu à dire qu’il ne voyait plus Dieu, que la justice tardait et que le Tout-Puissant semblait indifférent à sa cause. Élihu lui répond, avec fermeté : « Quand tu dis que tu ne Le vois pas, ta cause est devant Lui : attends-Le ! » (Job 35:14).

Élihu est une voix débattue parmi les commentateurs, et Dieu ne le cite pas dans Son verdict final (Job 42:7-9). On ne le lira donc pas comme un oracle infaillible. Mais cette parole précise est confirmée par le reste de l’Écriture : ce n’est pas parce que Dieu se tait qu’Il a fermé les yeux. La cause de l’opprimé, la souffrance du juste, la violence des méchants, tout cela est étalé devant le tribunal céleste. Le délai divin n’est pas un oubli, mais de la patience : « Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse… mais Il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent à la repentance » (2 Pierre 3:9).

Les temps difficiles des derniers jours
L’Écriture appelle « derniers jours » toute la période ouverte par la venue de Christ (Actes 2:17 ; Hébreux 1:2), période qui culmine à mesure que Son retour approche. L’apôtre Paul avertit Timothée :
« Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là » (2 Timothée 3:1-5).

Chacun de ces termes mériterait un commentaire. Arrêtons-nous sur l’un d’eux. Le mot grec traduit par « fanfaron » désigne le vantard, le charlatan qui se donne de l’importance. Notre époque en offre un écho saisissant : les fanfarons d’autrefois semblent être devenus des individus désinhibés, qui affichent leurs opinions, leurs ambitions et leurs prétentions sans retenue ni crainte du jugement d’autrui. L’exposition de soi sans pudeur, la transgression devenue spectacle, le péché que l’on ne cache plus, mais que l’on revendique et que l’on célèbre (Ésaïe 3:9), illustrent cette évolution. Là où la fanfaronnade cherchait à se faire valoir, la désinhibition semble désormais autoriser chacun à tout dire, tout montrer et tout revendiquer, sans se soucier des limites de la pudeur ou de la modestie. Les réseaux sociaux en sont l’amplificateur, sans en être la cause.

Quand on rompt avec la crainte de Dieu, les liens les plus fondamentaux se défont. Les affections naturelles s’éteignent, la famille se désunit, la solidarité cède la place à un individualisme féroce et l’autre devient un rival, voire un ennemi. La violence cesse d’être le fait de quelques criminels isolés pour devenir un mode de vie. On crie contre ses conséquences, mais on chérit les causes qui la produisent ; on réclame la sécurité tout en méprisant la loi de Dieu. On garde parfois une apparence de piété, une spiritualité vague et accommodante, mais on en a renié la force : c’est une religion sans repentance, un christianisme sans croix, un Dieu d’amour dont on aurait oublié la sainteté.

Une précision s’impose. Dénoncer cette dérive n’est pas condamner toute critique de l’autorité. Paul demande de se soumettre aux autorités (Romains 13:1-7), mais les apôtres savaient aussi qu’« il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5:29). Ce que l’Écriture réprouve, c’est l’esprit de révolte qui rejette toute autorité parce qu’il rejette celle de Dieu, non la résistance de la conscience devant l’injustice.

« Mais toi, demeure »
Au terme de ce sombre tableau, Paul se tourne vers Timothée : « Toi, tu m’as suivi dans mon enseignement, ma conduite, mes projets, ma foi, ma patience, mon amour, ma constance » (2 Timothée 3:10). Puis, après avoir annoncé que les méchants et les imposteurs iront de mal en pis (2 Timothée 3:13), il oppose ces deux mots : « Mais toi », demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as reconnu la certitude » (2 Timothée 3:14).

Quelle parole de séparation ! Le croyant ne peut se fondre dans la masse. Alors que les hommes sont désinhibés, il est appelé à la sobriété et à la crainte du Seigneur. Alors que le monde se lamente en continuant de chérir le mal, il s’humilie sous la puissante main de Dieu et cherche en Christ son seul refuge.

Ainsi donc, la seule protection contre la dérive des derniers jours est l’ancrage profond dans la Parole, reçue non comme une philosophie humaine mais comme la Parole même du Créateur, qui rend « sage à salut par la foi en Jésus-Christ » (2 Timothée 3:15-17).

Briller dans la nuit
Pour garder un cœur droit, faisons nôtre cette maxime : « Crois ce que tu lis, et ne lis pas ce que tu crois. » Refusons de tordre l’Écriture au gré de nos certitudes humaines et laissons-la façonner pleinement notre pensée.

Réfléchir en croyant face à l’oppression et à la dégradation morale qui nous entourent, c’est refuser que notre regard soit obscurci par ce que nos yeux voient. C’est repousser l’amertume, la vengeance et le découragement. C’est comprendre que le monde traverse la nuit, mais que le jour va se lever.
Le croyant n’attend pas de la réforme du monde son salut ni sa paix, et il ne se joint pas à la révolte amère du siècle. Mais il prie pour ceux qui gouvernent (1 Timothée 2:1-2), défend la cause de l’opprimé (Ésaïe 1:17 ; Proverbes 31:8-9), pratique la justice et aime la bonté (Michée 6:8), et brille comme un flambeau dans la nuit en tenant ferme la parole de vie, au milieu d’une génération perverse et corrompue (Philippiens 2:15-16).

Le croyant sait que sa cause est devant Dieu. Ne cherchons donc pas le soulagement de l’épreuve sans chercher d’abord la face de notre Créateur. Si la nuit s’épaissit, si la violence et l’impudeur atteignent des sommets autrefois impensables, souvenons-nous que là où le péché a abondé, la grâce a surabondé (Romains 5:20).

À la question d’Élihu, « Où est Dieu, mon Créateur ? », la réponse est : tout proche, en Christ. Gardons les yeux fixés sur le Sauveur qui vient, espérons avec une patience paisible, et que Sa paix garde nos cœurs et nos pensées en Jésus-Christ (Philippiens 4:7).

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Publicités pour le livre de Philippe de Villiers retirée des bus : effet Streisand garanti

Depuis quelques jours, dans l’agglomération de La Rochelle, des bus affichent une publicité pour le nouveau livre de Philippe de Villiers. Le président de l’entreprise invoque un dysfonctionnement chez l’entreprise gestionnaire de la régie publicitaire.

Ici La Rochelle a sollicité la communauté d’agglomération, l’autorité de tutelle du réseau, qui invoque un dysfonctionnement du côté de la régie publicitaire, sous-traitée depuis près d’un an à l’entreprise, Cityz Media. Philippe de Villiers n’étant pas candidat à la présidentielle, « ils l’ont considéré comme un livre d’auteur classique », regrette Bertrand Ayral, vice-président de l’agglomération de La Rochelle.

Contactée par Ici La Rochelle, l’entreprise Cityz Media estime n’avoir commis « aucune erreur ». 

« Cette publicité ne comporte aucun contenu politique ». « Philippe de Villiers n’est pas candidat à l’élection présidentielle, et d’ailleurs, il n’est membre d’aucun parti politique ». « Après, on peut ne pas l’aimer. Dans ce cas-là, il ne faut pas acheter son livre. Mais on pourrait avoir le même débat avec tous les auteurs, et avec tous les produits. Si on n’aime pas les cannelés, on n’en achète pas. C’est la même chose. »

L’agglomération annonce le retrait de cette publicité. Mais tout ce tapage permet un effet Streisand. L’effet Streisand désigne un phénomène médiatique involontaire où la tentative de cacher, censurer ou retirer une information produit l’effet inverse : elle attire une attention massive et amplifie sa diffusion

Ce que Vatican II aurait dû enseigner – Le schéma sur le dépôt de la foi

Ce que Vatican II aurait dû enseigner

par le frère Pierre-Marie O.P.

Le rôle d’un concile est de défendre la vraie foi et de l’enseigner pure de toute tache.

Pour préparer Vatican II, le cardinal Ottaviani avait réuni une Commission comprenant les meilleurs théologiens afin d’exposer les points les plus importants de la doctrine catholique face aux erreurs actuelles.

Le schéma fut distribué aux Pères conciliaires avant le début des travaux, mais ne fut jamais discuté dans l’aula. Il disparut avec les autres schémas préparatoires lorsque le clan libéral prit la direction du Concile.

Ce schéma, qui représente la Tradition, souligne le péché d’omission de Vatican II : sous prétexte d’être pastoral, on a omis de rappeler la doctrine sur les points les plus importants, c’est-à-dire dans les domaines où des erreurs graves se propageaient. De ce fait on a favorisé la diffusion de nouveautés erronées.

Loin d’être condamnées, ces nouveautés furent accueillies et promues : c’est le cœur de la crise dans l’Église, qui est avant tout une crise de la foi. De façon subreptice, une nouvelle conception de la foi s’est substituée à la conception traditionnelle. Et les catholiques perdent la foi sans même s’en rendre compte : « Lorsque le Fils de l’homme viendra, pensez-vous qu’il trouve la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8).

Frère Pierre-Marie O.P., Ce que Vatican II aurait dû enseigner. Schéma d’une constitution dogmatique sur le dépôt de la foi à conserver dans sa pureté, élaboré par la Commission de théologie pour le concile Vatican II. Editions du Sel, 2026, 186 pages.

Pour commander ce livre : https://www.chire.fr/librairie/pierre-marie-o-p-frere-ce-que-vatican-ii-aurait-du-enseigner-schema-dune-constitution-dogmatique-sur-le-depot-de-la-foi-a-conserver-dans-sa-purete-elabore-par-la-commission-de-theologie-pour-le-concile-vatican-ii-p-514050

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17 octobre 1979, attribution du Prix Nobel de la Paix à Mere Teresa

Discours de Mère Teresa lors de la remise du Prix Nobel :

Remercions Dieu pour cette merveilleuse circonstance grâce à laquelle nous pouvons, tous ensemble, proclamer la joie de répandre la paix, la joie de nous aimer les uns les autres et la joie de savoir que les plus pauvres des pauvres sont tous nos frères et sœurs.

Comme nous sommes réunis ici pour remercier Dieu de ce don de paix, je vous ai fait remettre la « Prière de la paix » que saint François d’Assise a dite il y a de nombreuses années. Je me demande s’il n’a pas ressenti, alors, exactement ce que nous ressentons aujourd’hui, ce pourquoi nous prions.

Je pense que vous avez tous un texte. Nous allons dire ensemble :
« Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Afin que là où il y a de la haine, je puisse apporter l’amour ;
là où règne le mal, je puisse apporter l’esprit de pardon ;
là où est la discorde, je puisse apporter l’harmonie ;
là où est l’erreur, je puisse apporter la vérité ;
là où il y a le doute, je puisse apporter la foi ;
là où il y a le désespoir, je puisse apporter l’espérance ;
là où il y a les ténèbres, je puisse apporter la lumière ;
là où règne la tristesse, je puisse apporter la joie ;
Seigneur, faites que je cherche plutôt
à réconforter qu’à être réconforté ;
à comprendre qu’à être compris ;
à aimer qu’à être aimé ;
car c’est en s’oubliant soi-même que l’on trouve ;
en pardonnant qu’on est pardonné ;
en mourant qu’on s’éveille à la vie éternelle. Amen ! »

L’amour des autres nous rendra saints

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils. Et il l’a donné à une Vierge, la Sainte Vierge Marie. Et elle, dès l’instant où il vint au monde, s’empressa de le donner aux autres. Et que fit-elle alors ? Elle travailla pour les malheureux ; elle répandit simplement cette joie d’aimer en prodiguant des bienfaits.
Et Jésus-Christ vous a aimés et m’a aimée et il a donné sa vie pour nous. Et comme si ce n’était pas encore assez, il n’a cessé de dire : « Aimez comme je vous ai aimés, comme je vous aime maintenant. » Et il nous a dit comment nous devons aimer en donnant. Car il a donné sa vie pour nous et il continue de la donner. Et il continue de la donner ici même et partout, dans nos propres vies et dans la vie des autres.

Ce ne fut pas assez, pour lui, de mourir pour nous. Il a voulu que nous nous aimions les uns les autres, que nous le reconnaissions dans tous nos prochains. C’est la raison pour laquelle il a dit : « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu. » Et pour être sûr que nous comprenions sa pensée, il a dit que, à l’heure de notre mort, nous serons jugés sur ce que nous aurons été pour les pauvres, les affamés, les nus, les sans-logis. Et il se fait lui-même cet affamé, ce nu, ce sans-logis. Pas seulement affamé de pain, mais affamé d’amour; pas seulement dénué d’un morceau de tissu, mais dénué de dignité humaine ; pas seulement sans-logis par manque d’un lieu où vivre, mais sans-logis pour avoir été oublié, mal aimé, mal soigné, pour n’avoir été personne pour personne, pour avoir oublié ce qu’est l’amour humain, le contact humain, ce que c’est que d’être aimé par quelqu’un.
Et il a dit encore : « Ce que vous avez fait pour le plus petit de mes frères, vous l’avez fait pour moi. »
C’est si merveilleux, pour nous, de devenir saints par cet amour ! Car la sainteté n’est pas un luxe réservé à un petit nombre, c’est simplement un devoir pour chacun de nous et, à travers cet amour, nous pouvons devenir saints — par cet amour des uns pour les autres.

Je suis heureuse de recevoir le prix Nobel au nom des pauvres

Et aujourd’hui, lorsque j’ai reçu ce prix — dont, personnellement, je suis indigne —, et ayant approché la pauvreté d’assez près pour être à même de comprendre les pauvres, je choisis la pauvreté de nos pauvres gens. Mais je suis reconnaissante, je suis très heureuse de le recevoir au nom des affamés, des nus, des sans-logis, des infirmes, des aveugles, des lépreux, de tous ces gens qui ne se sentent pas voulus, pas aimés, pas soignés, rejetés par ta société, ces gens qui sont devenus un fardeau pour la société et qui sont humiliés par tout le monde.

C’est en leur nom que j’accepte ce prix. Et je suis sûre que ce prix va susciter un amour compréhensif entre les riches et les pauvres. Et c’est là-dessus que Jésus a tellement insisté. C’est la raison pour laquelle Jésus est venu sur la terre pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. Et par ce prix, et à travers notre présence ici, nous voulons tous annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres : que Dieu les aime, que nous les aimons, qu’ils sont quelqu’un pour nous, que, eux aussi, ont été créés par la même main amoureuse de Dieu pour aimer et pour être aimés.

Nos pauvres gens, nos splendides gens, sont des gens tout à fait dignes d’amour. Ils n’ont pas besoin de notre pitié ni de notre sympathie. Ils ont besoin de notre amour compréhensif, ils ont besoin de notre respect, ils ont besoin que nous les traitions avec dignité. Et je pense que nous faisons là l’expérience de la plus grande pauvreté ; nous la faisons devant eux, eux qui risquent de mourir pour un morceau de pain. Mais ils meurent avec une telle dignité !

Je n’oublierai jamais l’homme que j’ai ramassé un jour dans la rue. Il était couvert de vermine, son visage était la seule chose propre. Et cependant cet homme, lorsque nous l’avons amené à notre mouroir, a dit cette phrase : « J’ai vécu comme une bête dans la rue, mais je vais mourir comme un ange, aimé et soigné. » Et il mourut merveilleusement bien. Il s’en alla dans sa maison, chez Dieu, car la mort n’est pas autre chose que de rentrer chez soi, dans la maison de Dieu. C’est parce qu’il avait éprouvé cet amour, parce qu’il avait eu le sentiment d’être désiré, d’être aimé, d’être quelqu’un pour quelqu’un, que, dans ses derniers instants, il a ressenti cette joie dans sa vie.

L’avortement

Et je ressens quelque chose que je voudrais partager avec vous. Le plus grand destructeur de la paix, aujourd’hui, est le crime commis contre l’innocent enfant à naître. Si une mère peut tuer son propre enfant, dans son propre sein, qu’est-ce qui nous empêche, à vous et à moi, de nous entretuer les uns les autres ? L’Écriture déclare elle-même : « Même si une mère peut oublier son enfant, moi, je ne vous oublierai pas. Je vous ai gardés dans la paume de ma main. » Même si une mère pouvait oublier… Mais aujourd’hui on tue des millions d’enfants à naître. Et nous ne disons rien. On lit dans les journaux le nombre de ceux-ci ou de ceux-là qui sont tués, de tout ce qui est détruit, mais personne ne parle des millions de petits êtres qui ont été conçus avec la même vie que vous et moi, avec la vie de Dieu. Et nous ne disons rien. Nous l’admettons pour nous conformer aux vues des pays qui ont légalisé l’avortement. Ces nations sont les plus pauvres. Elles ont peur des petits, elles ont peur de l’enfant à naître et cet enfant doit mourir ; parce qu’elles ne veulent pas nourrir un enfant de plus, élever un enfant de plus, l’enfant doit mourir.

Et ici, je vous demande, au nom de ces petits… car ce fut un enfant à naître qui reconnut la présence de Jésus lorsque Marie vint rendre visite à Elisabeth, sa cousine. Comme nous pouvons le lire dans 1’Evangile, à l’instant où Marie pénétra dans la maison, le petit qui était alors dans le ventre de sa mère tressaillit de joie en reconnaissant le Prince de la Paix.

C’est pourquoi, aujourd’hui, je vous invite à prendre ici cette forte résolution : nous allons sauver tous les petits enfants, tous les enfants à naître, nous allons leur donner une chance de naître. Et que ferons-nous pour cela ? Nous lutterons contre l’avortement par l’adoption. Le Bon Dieu a déjà si merveilleusement béni le travail que nous avons fait, que nous avons pu sauver des milliers d’enfants. Et des milliers d’enfants ont trouvé un foyer où ils sont aimés. Nous avons apporté tant de joie dans les maisons où il n’y avait pas d’enfant !

C’est pourquoi, aujourd’hui, en présence de Sa Majesté et devant vous tous qui venez de pays différents, je vous le demande : prions tous d’avoir le courage de défendre l’enfant à naître et de donner à l’enfant la possibilité d’aimer et d’être aimé. Et je pense qu’ainsi —avec la grâce de Dieu — nous pourrons apporter la paix dans le monde. Nous en avons la possibilité. Ici, en Norvège, vous êtes — avec la bénédiction de Dieu — vous êtes assez à l’aise. Mais je suis sûre que dans les familles, dans beaucoup de nos maisons, peut-être que nous n’avons pas faim pour un morceau de pain, mais peut-être qu’il y a quelqu’un dans la famille qui n’est pas désiré, qui n’est pas aimé, qui n’est pas soigné, qui est oublié. Il y a l’amour. L’amour commence à la maison. Un amour, pour être vrai, doit faire mal.

Aimer les autres jusqu’à en avoir mal

Je n’oublierai jamais le petit enfant qui m’a donné une merveilleuse leçon. Les enfants avaient entendu dire, à Calcutta, que la Mère Teresa n’avait pas de sucre pour les enfants. Or une petit garçon hindou, de 4 ans, rentra à la maison et dit à ses parents : « Je ne veux pas manger de sucre pendant trois jours. Je veux donner mon sucre à Mère Teresa. » Combien un petit enfant peut-il manger ? Après trois jours, ses parents l’amenèrent chez moi et je vis ce petit Il pouvait à peine prononcer mon nom. Il aimait d’un grand amour ; il aimait à en avoir mal.

Et voici ce que je vous propose : nous aimer les uns les autres jusqu’à en avoir mal. Mais n’oubliez pas qu’il y a beaucoup d’enfants, beaucoup d’enfants, beaucoup d’hommes et de femmes qui n’ont pas ce que vous avez. Souvenez-vous de les aimer jusqu’à en avoir mal.

Il y a quelque temps — cela peut vous sembler très étrange — j’ai recueilli une petite fille dans la rue. Je pus voir sur son visage que cette enfant avait faim. Dieu sait depuis combien de jours elle n’avait pas mangé ? Je lui ai donné un morceau de pain. Et la petite fille se mit à manger ce pain miette par miette. Et comme je lui disais : « Mange ce pain », elle me regarda et dit : « J’ai peur de manger ce pain parce que j’ai peur d’avoir de nouveau faim quand il sera fini. » Telle est la réalité.

Le partage dans l’amour

Et puis il y a encore cette grandeur des pauvres. Un soir, un monsieur vint chez nous pour nous dire : « Il y a une famille hindoue de huit enfants qui n’a pas eu à manger depuis longtemps. Faites quelque chose pour eux. » J’ai pris du riz et je m’y suis rendue immédiatement. Et j’ai trouvé là cette mère et ces visages de petits enfants, leurs yeux brillants de réelle faim. Elle me prit le riz des mains, le divisa en deux parts et sortit. Lorsqu’elle revint, je lui demandai : « Où êtes-vous allée ? Qu’avez-vous fait ? » Et l’une des réponses qu’elle me fit fut : « Ils ont aussi faim. » Elle savait que ses voisins, une famille musulmane, étaient affamés. Qu’est-ce qui m’a le plus surpris ? Non pas qu’elle ait donné le riz, mais ce qui m’a le plus étonnée c’est que, dans sa souffrance, dans sa faim, elle savait que quelqu’un d’autre avait faim. Et elle avait le courage de partager ; et elle avait l’amour de partager.

Et c’est cela que je vous souhaite : aimer les pauvres. Et ne jamais tourner le dos aux pauvres. Car, en tournant le dos aux pauvres, vous vous détournez du Christ. Parce qu’il s’est fait lui-même l’affamé, le misérable, le sans- logis, afin que vous, comme moi, ayez l’occasion de l’aimer.
Car où est Dieu ? Comment pouvons-nous aimer Dieu ? Il ne suffit pas de dire : « Mon Dieu, je vous aime. » Mais il faut dire : « Mon Dieu, je vous aime ici. Je puis jouir de cela, mais j’y renonce. Je pourrais manger ce sucre, mais, ce sucre, je le donne. »

Si je restais ici toute la journée et toute la nuit, vous seriez étonnés par les merveilles que font les gens pour partager la joie de donner. C’est pourquoi je prie Dieu pour vous, afin qu’il apporte la prière dans vos foyers et que le fruit de cette prière soit, en vous, la conviction que, dans les pauvres, se trouve le Christ. Et, alors, vous croirez vraiment, vous commencerez d’aimer ; puis vous aimerez tout naturellement et vous essayerez de faire quelque chose. Tout d’abord dans votre propre maison, puis chez votre voisin, dans le pays où vous vivez et dans le monde entier.

Et maintenant, unissons-nous tous dans cette prière : « Seigneur, donnez-nous le courage de protéger l’enfant à naître ! »

Car l’enfant est le plus beau présent de Dieu à une famille, à un pays et au monde entier. Dieu vous bénisse !

Les Statistiques de l’Église catholique 2026

Le nombre de catholiques dans le monde augmente et celui des prêtres recommence à croître, même si ce n’est que légèrement. En revanche, le nombre de religieuses et de séminaristes continue de diminuer, tandis que la contribution des missionnaires laïcs et des catéchistes se renforce. Voici quelques-unes des données qui ressortent du dossier sur les statistiques de l’Église catholique rédigé par l’Agence Fides à l’occasion de la 100e Journée Mondiale des Missions, qui sera célébrée le dimanche 18 octobre 2026 sur le thème « Un dans le Christ, unis dans la mission ».

Derrière ces chiffres globaux se dessinent des situations différentes sur les cinq continents : l’Afrique enregistre la plus forte augmentation du nombre de baptisés et est le seul continent où l’on observe une hausse tant du nombre de religieuses que de grands séminaristes.

Les données relatives à la population et aux baptisés se réfèrent au 30 juin 2024 ; les autres, au 31 décembre de la même année. Les variations indiquent la comparaison avec le recensement précédent, relatif à 2023.

Les catholiques sont en augmentation sur tous les continents

Au 30 juin 2024, la population recensée par l’Annuaire s’élevait à 7 995 573 000 personnes. Les catholiques étaient au nombre de 1 422 144 000, soit une augmentation de 16 690 000 par rapport à l’année précédente. Leur pourcentage au sein de la population mondiale reste de 17,8 %.

La hausse du nombre de baptisés concerne tous les continents. La croissance la plus importante est enregistrée en Afrique, avec 7 580 000 catholiques supplémentaires, suivie par l’Amérique (+6 992 000), l’Asie (+968 000), l’Europe (+911 000) et l’Océanie (+239 000). En Europe, la hausse déjà observée lors du précédent recensement se confirme donc.

Il y a plus de catholiques en Afrique qu’en Europe

L’Amérique reste le continent comptant le plus grand nombre de catholiques : 678 869 000, soit 64 % de sa population. En Afrique, on dénombre 288 312 000 baptisés, un chiffre supérieur à celui de l’Europe, où l’on en compte 287 240 000. L’Asie, avec 156 166 000 catholiques, et l’Océanie, avec 11 557 000 suivent. La part des catholiques dans la population de chaque continent est de 19,9 % en Afrique, de 39,7 % en Europe, de 3,3 % en Asie et de 25,9 % en Océanie.

Prêtres : une légère reprise, avec des différences selon les continents

Pour la première fois en cinq ans, le nombre total de prêtres recommence à augmenter : ils sont 407 421, soit 425 de plus que lors du dernier recensement. Ce solde positif résulte de la hausse enregistrée en Afrique (+1 676), en Asie (+1 065) et en Amérique (+199), qui compense les baisses observées en Europe (-2 483) et en Océanie (-32). L’Amérique passe ainsi de la baisse enregistrée l’année précédente à une augmentation.

Le nombre de prêtres diocésains s’élève à 279 238 (+496), tandis que celui des prêtres religieux recule à 128 183 (-71). Malgré la légère augmentation globale du clergé, le nombre moyen de catholiques par prêtre augmente également, passant à 3 491, soit 38 fidèles de plus que lors du recensement précédent. Ce ratio augmente en Amérique, en Europe et en Océanie, tandis qu’il diminue en Afrique et en Asie.

On compte 5 525 évêques, soit une augmentation de 95 : 4 365 évêques diocésains et 1 160 évêques religieux. La croissance du nombre de diacres permanents se poursuit également, avec un total de 52 102 (+669), grâce notamment à des hausses en Amérique (+424) et en Europe (+236).

Religieuses et séminaristes : la baisse mondiale se poursuit

Le nombre de religieuses dans le monde s’élève à 580 131, soit une baisse de 9 292 par rapport au recensement de l’année précédente. L’Afrique est le seul continent à enregistrer une augmentation (+2 190). Les baisses concernent l’Europe (-6 473), l’Amérique (-4 432), l’Asie (-320) et l’Océanie (-257). Les religieux non prêtres sont quant à eux au nombre de 48 511 (-237) : leur nombre augmente en Afrique et en Asie, mais diminue sur les autres continents.

Le nombre de séminaristes majeurs, diocésains et religieux, est également en baisse : il passe de 106 495 lors du recensement précédent à 103 604, soit une diminution de 2 891. La seule augmentation concerne l’Afrique (+786), où l’on compte 35 710 séminaristes majeurs. La baisse la plus importante est enregistrée en Asie (-2 733), suivie de l’Europe (-701), de l’Amérique (-227) et de l’Océanie (-16).

Le nombre de séminaristes mineurs recule à 94 041 (-980). Dans ce cas, on observe une hausse en Afrique (+132) et en Océanie (+20), tandis qu’il diminue en Europe (-872), en Asie (-182) et en Amérique (-78).

La contribution des missionnaires laïcs et des catéchistes ne cesse de croître

Le dossier fait état d’une augmentation du nombre de missionnaires laïcs, qui s’élève à 463 079, soit 18 473 de plus que l’année précédente. Cette croissance se concentre principalement en Amérique (+20 492) ; des hausses sont également observées en Afrique et en Océanie, tandis que leur nombre diminue en Asie et en Europe.

Le nombre de catéchistes s’élève à 2 889 336 (+22 370). Les hausses les plus importantes sont enregistrées en Amérique (+16 515) et en Asie (+13 616), auxquelles s’ajoute celle de l’Océanie (+48). En revanche, leur nombre diminue en Europe (-7 603) et, dans une moindre mesure, en Afrique (-206).

Le monde compte 3 047 circonscriptions ecclésiastiques, soit six de plus que lors du dernier recensement. On dénombre au total 111 602 stations missionnaires : parmi celles-ci, 4 187 disposent d’un prêtre résident, tandis que 107 415 n’en ont pas. Par rapport à l’année précédente, les premières sont en augmentation (+987) et les secondes en diminution (-12 162).

Le réseau éducatif, sanitaire et d’aide sociale

Dans le domaine de l’éducation, les institutions et les structures de l’Église catholique gèrent 75 448 écoles maternelles, fréquentées par 7 480 373 élèves ; 103 666 écoles primaires, comptant 36 314 935 élèves ; et 51 810 établissements d’enseignement secondaire, comptant 20 340 808 élèves. À cela s’ajoutent 2 685 027 étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur et 4 091 087 dans les établissements universitaires rattachés à l’Église catholique. Par rapport au recensement précédent, le nombre d’écoles maternelles augmente, mais celui de leurs élèves diminue ; en revanche, tant le nombre d’établissements que celui des élèves de l’enseignement primaire sont en hausse. Dans l’enseignement secondaire, ces deux chiffres sont en baisse. L’Afrique accueille le plus grand nombre d’élèves des écoles primaires catholiques, avec 21 292 853 inscrits.

Les établissements de santé, de bienfaisance et d’assistance sont au nombre de 101 110 au total. Ils comprennent 5 397 hôpitaux, 13 646 dispensaires, 468 léproseries, 16 263 maisons pour personnes âgées, malades chroniques et personnes handicapées, 8 138 orphelinats, 10 352 crèches, 10 624 centres de consultation conjugale, 3 194 centres d’éducation ou de rééducation sociale et 33 028 institutions d’autres types. L’Afrique compte le plus grand nombre d’hôpitaux et de dispensaires, tandis que l’Europe concentre la majeure partie des maisons pour personnes âgées, malades chroniques et personnes handicapées. Un réseau qui associe aux structures pastorales une présence quotidienne dans les domaines de l’éducation, des soins et de l’assistance.

Arménie – Azerbaïdjan : Des échanges de territoires ?

« Il ne devrait y avoir ni enclave ni exclave de part et d’autre de la frontière. En d’autres termes, les deux pays doivent procéder à un échange de territoires de taille exactement égale » a déclaré le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, le 14 octobre dernier, ajoutant que le président azerbaïdjanais, Ilam Alyev, était sur la même ligne.

En avril 2024, le gouvernement de Nikol Pachinian avait déjà conclu un accord avec l’Azerbaïdjan, acceptant de lui rétrocéder unilatéralement quatre villages de la région du Tavush, au nord est de l’Arménie. Cette rétrocession avait entrainé d’importantes manifestations.

Vatican : Des bourses scolaires pour des élèves chrétiens

Le pape Léon XIV a décidé d’accorder des bourses scolaires et universitaires aux enfants de familles chrétiennes défavorisées au Liban, en Syrie et en Irak, « afin qu’ils puissent bénéficier d’une éducation catholique ». C’est ce qu’il a annoncé à l’occasion du Synode des évêques de l’Église grecque melkite catholique.

« Notre objectif est de soutenir les jeunes, afin que les familles chrétiennes disposent de l’aide nécessaire pour rester au Moyen-Orient et maintenir une présence chrétienne ».

Quitter l’islam : le droit introuvable de dire non

Le sociologue Smaïn Laacher publie Les Apostats. Renoncer à l’islam, une enquête rare sur ceux qui découvrent qu’une religion peut être beaucoup plus facile à rejoindre qu’à quitter. Derrière le débat théologique apparaît une question très concrète : en France même, la liberté religieuse protège-t-elle réellement le droit de cesser d’être musulman ?

Il est des formules qui font mieux comprendre un problème que de longs développements. Dans Le Figaro du 15 octobre, Charles Jaigu compare la sortie de l’islam aux procédures de désabonnement volontairement obscures de certains services en ligne : on cherche le bouton « résilier », mais il n’existe pas. On peut ne plus pratiquer, boire de l’alcool, négliger la prière ou vivre dans une indifférence religieuse plus ou moins discrète. Ce qui devient explosif, c’est la rupture déclarée : « Je ne suis plus musulman. »

Le nouveau livre de Smaïn Laacher, Les Apostats. Renoncer à l’islam, paru chez Grasset, donne une profondeur sociologique à cette intuition. Professeur émérite à l’université de Strasbourg et directeur de l’Observatoire du fait migratoire et de l’asile de la Fondation Jean-Jaurès, l’auteur ne s’intéresse pas seulement à la perte d’une croyance. Il étudie une « rupture d’allégeance » qui oblige l’individu à se redéfinir devant lui-même, sa famille et son groupe d’origine. Quels sont, demande-t-il, les « coûts » et les « profits » de cette défection ?

Son matériau est particulièrement précieux, quoique non représentatif de l’ensemble des anciens musulmans. Le livre s’appuie notamment sur une enquête du Mouvement pour l’émancipation et la liberté de pensée auprès de plus de 200 apostats, majoritairement recrutés dans un groupe Discord francophone, ainsi que sur une cinquantaine de témoignages recueillis par la Rihame Academy. Ce n’est donc pas un sondage de la population musulmane française. C’est autre chose : une fenêtre ouverte sur des vies que les enquêtes ordinaires saisissent mal, précisément parce que beaucoup de ces personnes se cachent.

UNE RELIGION, MAIS PAS SEULEMENT UNE CROYANCE PRIVÉE

Le lecteur français risque de commettre un contresens de départ. Il imagine spontanément la religion sur le modèle d’une conviction individuelle, distincte de la citoyenneté et de l’État, que chacun peut adopter ou abandonner sans changer de famille, de statut civil ou d’appartenance nationale. Ce modèle est devenu si familier que nous le prenons pour la définition universelle du fait religieux.

Il est pourtant le produit d’une histoire particulière. Le christianisme en application n’a certes pas toujours respecté la liberté de conscience, et l’Église catholique n’a formulé son adhésion pleine au droit moderne à la liberté religieuse qu’avec Dignitatis humanae, en 1965. Mais le christianisme porte depuis l’Évangile une distinction structurante entre ce qui revient à César et ce qui revient à Dieu. Cette distinction ne contenait pas à elle seule la loi de 1905. Elle a néanmoins rendu pensable, au terme d’une histoire longue et conflictuelle, la différence entre autorité politique et autorité spirituelle.

L’histoire islamique présente une configuration différente. À Médine, Mahomet n’est pas seulement prédicateur : la tradition le présente aussi comme législateur, juge, chef politique et chef de guerre. La charia ne concerne donc pas uniquement la prière ou le jeûne. Le droit musulman classique traite également du mariage, du divorce, de l’héritage, du témoignage, de la filiation, des peines et de l’organisation de la communauté.

On résume souvent cette ambition par la formule arabe al-islam din wa-dawla, « l’islam est religion et État ». Il faut toutefois être précis : cette expression est surtout un slogan moderne popularisé dans la pensée islamiste, notamment au XXe siècle, et non une définition prononcée telle quelle par tous les musulmans depuis quatorze siècles. De même, les sociétés musulmanes ont connu des tensions et des partages de fait entre les oulémas et les gouvernants. La formule demeure néanmoins révélatrice d’une aspiration puissante : l’islam ne se comprend pas seulement comme une foi intérieure, mais comme un ordre englobant de la vie personnelle et collective.

C’est pourquoi l’apostat n’apparaît pas seulement comme quelqu’un qui a changé d’avis sur Dieu. Il peut être perçu comme un déserteur de la communauté, un rebelle à son ordre moral, parfois même comme un traître. Laacher insiste justement sur cette dimension : le départ religieux devient cessation d’une allégeance aux autres. Ce qui est atteint n’est pas seulement le dogme, mais la continuité du groupe.

DU CHÂTIMENT DE L’AU-DELÀ À LA PEINE TERRESTRE

Le dossier théologique doit être exposé sans caricature. Le Coran condamne sévèrement l’apostasie et promet un châtiment dans l’au-delà, mais il ne formule pas explicitement une peine terrestre générale et incontestable contre celui qui abandonne l’islam. Des penseurs musulmans contemporains s’appuient notamment sur « Nulle contrainte en religion » et sur les passages qui laissent croire ou mécroire pour défendre la liberté de conscience.

La difficulté vient de la Sunna et du droit classique. Un hadith célèbre du Sahih al-Bukhari ordonne : « Celui qui change de religion, tuez-le. » Un autre texte, transmis par Muslim, associe celui qui abandonne sa religion à celui qui se sépare de la communauté. La majorité des écoles juridiques classiques en ont déduit la mise à mort de l’homme apostat qui refuse de se repentir, avec des divergences sur le sort des femmes et sur les délais de repentance. Les réformateurs musulmans qui veulent abolir cette peine soutiennent aujourd’hui qu’elle visait originellement la trahison politique ou la rébellion armée, non le simple changement intime de conviction. Leur effort mérite d’être connu et soutenu. Mais il serait malhonnête de présenter leur lecture comme si elle avait toujours été l’évidence majoritaire du fiqh.

L’enjeu n’est d’ailleurs pas seulement historique. Le Freedom of Thought Report 2025 recense encore neuf pays dans lesquels l’apostasie est passible de mort dans tout ou partie du territoire : Afghanistan, Brunei, Iran, Malaisie, Maldives, Mauritanie, Qatar, Arabie saoudite et Yémen. Ailleurs, le blasphème, l’atteinte à la religion, les règles de statut personnel ou l’impossibilité administrative de changer d’identité religieuse prennent le relais. Dans certains systèmes, l’apostat peut perdre des droits successoraux, voir son mariage remis en cause ou se heurter à une véritable mort civile.

La France ne condamne évidemment personne pour apostasie. Pourtant, l’un des mérites du livre de Laacher est de montrer que la peine légale peut être remplacée par une peine sociale. L’ancien musulman risque la rupture familiale, la perte d’amitiés anciennes, le soupçon permanent, les injures, la menace, parfois la violence. Il apprend à mentir sur le ramadan, à cacher une Bible, une bouteille de vin ou une relation amoureuse. Il peut être libre devant la loi et captif dans sa cuisine, son couple ou son quartier.

Le mot de « déconditionnement », préféré par Laacher à celui de simple désaffiliation, est ici éclairant. Quitter l’islam ne consiste pas seulement à retrancher quelques convictions de son cerveau. Il faut réapprendre à décider, à manger, à aimer, à se marier, à parler de la mort et à se situer dans une généalogie. L’apostat peut éprouver simultanément du soulagement, de la culpabilité, de la peur et un immense déracinement. Il n’est parfois plus « des leurs », sans être encore véritablement accueilli ailleurs.

NE PAS CONFONDRE L’ISLAM, LES MUSULMANS ET LES ISLAMISTES

Dire cela n’autorise pas à enfermer chaque musulman dans un cerveau collectif. Les musulmans de France ne pensent pas tous l’apostasie comme les manuels classiques de fiqh. L’enquête Ifop publiée en novembre 2025 indique même que 73 % d’entre eux reconnaissent à un musulman le droit de rompre avec l’islam, contre 44 % en 1989. Cette évolution est considérable et doit être saluée.

Elle signifie aussi qu’environ un quart des répondants ne reconnaissent toujours pas ce droit élémentaire. Surtout, une réponse de principe donnée à un enquêteur ne mesure ni la réaction d’une famille lorsque son propre enfant apostasie, ni le poids des réseaux militants, ni la vulnérabilité des personnes dépendantes matériellement de leurs proches. Il n’y a donc aucune contradiction entre deux constats : une majorité de musulmans français accepte désormais abstraitement la liberté de sortie, tandis que nombre d’apostats continuent de vivre leur rupture dans le secret et la peur.

Il faut également se méfier d’une exemption trop généreuse accordée au soufisme. Les courants mystiques de l’islam ont produit des trésors spirituels, poétiques et philosophiques, mais ils n’ont pas tous rompu avec la charia ni avec la condamnation de l’hétérodoxie. Le sort d’al-Hallaj, mystique exécuté à Bagdad en 922 au terme d’un procès où motifs religieux et politiques s’entremêlaient, suffit à interdire les images d’Épinal. La ligne de partage pertinente n’oppose pas mécaniquement le « bon » soufisme au « mauvais » islam juridique. Elle passe entre ceux qui reconnaissent effectivement la liberté de conscience et ceux qui subordonnent encore l’individu à l’intégrité supposée de la communauté.

LES VISAGES DE L’APOSTASIE SUR INTERNET

Le grand bouleversement contemporain est numérique. Autrefois, beaucoup cessaient de croire sans même savoir qu’il existait un mot, une communauté ou un chemin pour cela. Internet leur a permis de découvrir qu’ils n’étaient ni seuls ni fous. Il a aussi rendu publics des témoins que les familles et les États pouvaient autrefois maintenir dans l’invisibilité.

Dans l’espace francophone, Majid Oukacha a publié Ex-musulman : le guide de survie et produit de nombreuses vidéos de critique doctrinale. Waleed Al-Husseini, blogueur palestinien emprisonné pour blasphème avant de trouver refuge en France, a fondé en 2013 le Conseil des ex-musulmans de France. Sous pseudonyme, Vivi-Apostat raconte son passage de l’adhésion adolescente à l’islam à la radicalisation, puis à la rupture. Ali Babal consacre la chaîne Sagesse d’islam à la lecture critique du Coran, des hadiths, de la Sira et du fiqh.

Les femmes ne sont pas absentes de cette apostatosphère, bien qu’elles puissent payer plus cher encore leur indépendance. La réalisatrice franco-tunisienne Nadia El Fani a reçu des menaces après avoir publiquement déclaré son athéisme. L’Irano-Britannique Maryam Namazie anime le Council of Ex-Muslims of Britain et combat à la fois l’islamisme et les récupérations racistes. La Canadienne Yasmine Mohammed, élevée dans un milieu fondamentaliste et mariée de force à un membre d’Al-Qaida selon son témoignage, agit aujourd’hui en faveur des femmes et des libres penseurs. En France, Rihame, Adelaxia, Elsa et d’autres créatrices, parfois sous pseudonyme, produisent des entretiens, des directs et des récits qui brisent la solitude. Le site Apostats.fr rassemble une partie de ces chaînes et publie aussi des témoignages anonymes.

Ces voix ne sont pas chrétiennes, pour la plupart. Certaines sont athées, agnostiques, déistes ou simplement en recherche. Un catholique ne peut honnêtement les annexer ni faire comme si quitter l’islam conduisait automatiquement au baptême. Leur premier témoignage porte sur la liberté : le droit de douter, de critiquer, de ne plus croire et de chercher ailleurs.

D’autres ont rencontré le Christ. Joseph Fadelle, né Mohammed al-Sayyid al-Moussawi dans une famille chiite irakienne, a raconté dans Le Prix à payer sa conversion au catholicisme, les années de secret et les persécutions subies. Derya Little, élevée en Turquie, est passée de l’islam à l’athéisme, puis au christianisme évangélique et enfin à l’Église catholique. Sabatina James, Pakistanaise élevée en Autriche, témoigne d’un mariage forcé, de menaces familiales et de son baptême catholique.

Il faut aussi citer des protestants très présents dans l’espace médiatique arabe ou français : Frère Rachid, fils d’imam marocain devenu télévangéliste ; Saïd Oujibou, pasteur franco-marocain qui cherche depuis longtemps à rendre visibles les chrétiens issus de l’islam ; et, plus récemment, le créateur de contenu britannique Kieos, naguère défenseur de l’islam devant plus de 100 000 abonnés, qui a annoncé en 2026 sa foi au Christ après des mois de questionnement et trois rêves successifs dont il dit qu’ils ont été décisifs.

Ayaan Hirsi Ali occupe une place singulière dans cette constellation. Après avoir quitté l’islam et défendu l’athéisme pendant deux décennies, elle s’est déclarée chrétienne en 2023. Sa démarche a d’abord paru civilisationnelle à certains lecteurs : le christianisme lui semblait seul capable de donner à l’Occident une histoire, une morale et une force de résistance. Mais elle a également décrit une quête plus intime, née de l’impossibilité de vivre sans espérance ni sens. Son cheminement rappelle qu’entre l’islam abandonné et le christianisme confessé peut s’étendre un long désert.

UNE QUESTION ADRESSÉE AUX CATHOLIQUES

Les catholiques auraient tort de lire tous ces récits comme un simple tableau de chasse apologétique. Celui qui quitte l’islam peut perdre son logement ou ses ressources, subir une rupture conjugale ou familiale, voire craindre pour sa sécurité. Il peut aussi porter des blessures psychiques profondes et se méfier, à juste titre, de toute nouvelle communauté qui voudrait décider à sa place. Avant de lui demander ce qu’il croit, il faut parfois lui demander s’il est en sécurité, s’il peut rentrer chez lui et s’il a quelqu’un à appeler.

L’Église ne trahit pas la mission en respectant cette liberté. Elle la rend possible. Le concile Vatican II enseigne que nul ne doit être contraint d’agir contre sa conscience en matière religieuse. Benoît XVI rappelait explicitement en 2007 que la liberté religieuse inclut le droit de changer de religion, garanti non seulement dans les textes mais « dans la pratique quotidienne ». La foi chrétienne ne peut être qu’une réponse libre à un appel libre de Dieu.

Il faut donc tenir ensemble trois devoirs. Défendre publiquement le droit de quitter l’islam, même lorsque l’apostat ne devient pas chrétien. Annoncer clairement le Christ à ceux qui cherchent, sans relativisme mais sans pression. Enfin, entourer concrètement ceux qui perdent leur famille en entrant dans l’Église. Le site Jésus-Messie.org fédère des témoignages et des initiatives d’accueil ; sa ligne ESPERE propose écoute et soutien aux personnes menacées en raison de leur conversion.

Le livre de Smaïn Laacher oblige ainsi la République et l’Église à se regarder. La République proclame la liberté de conscience, mais connaît mal ceux qui paient le prix social de son exercice. L’Église affirme que le Christ libère, mais elle n’est pas toujours préparée à devenir une famille réelle pour ceux que leur baptême prive de la leur.

Le test le plus simple de la liberté religieuse n’est pas le droit d’entrer dans une religion. Toutes les religions aiment accueillir de nouveaux fidèles. Le véritable test est le droit d’en sortir, publiquement, sans perdre ses droits, sa famille, son travail ni sa vie. Tant que ce droit restera théorique pour certains de nos compatriotes, l’apostasie ne sera pas une question lointaine de droit musulman. Elle sera une question française, et pour les catholiques une question de vérité, de charité et de courage.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le synode de l’Eglise grecque melkite reçu par le pape

« Je voudrais dire à votre Église bien-aimée : je suis avec vous. Toute l’Église catholique est avec vous », a déclaré le pape Léon XIV en recevant le synode des évêques de l’Eglise grecque melkite catholique, le 10 octobre dernier.

« Votre Église a là une vocation extraordinaire : être témoins de réconciliation et de paix dans des contrées ravagées par les conflits.  Vous êtes les germes de la communion dans des contrées qui sont marquées par la violence.  Ce témoignage fait véritablement de vous des icônes de siècles de foi dans les lieux les plus sacrés de notre salut » a continué le Souverain Pontife.

18ème édition de HolyWins, fête familiale autour de tous les saints à Liège

Holywins est une initiative de membres et d’amis de la Communauté de l’Emmanuel :

Enfants, parents et grands-parents se préparent à fêter la 18è édition d’HolyWins. Ce joyeux évènement a été initié en 2008 en Belgique afin de redonner tout son sens à la lumineuse fête de la Toussaint. Les dernières éditions ont regroupé environ 180 enfants et adultes. 

L’édition 2026 aura lieu le samedi 31 octobre, veille de la Toussaint dès 11h30 au sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon à Liège. Des initiatives similaires se multiplient un peu partout. Les enfants sont invités, s’ils le souhaitent, à venir déguisés en saints ou saintes, voire en anges avec leurs grandes ailes blanches.

Infos et inscriptions sur ce lien :  https://forms.gle/AEktd7y5Nrg2EA6k9

Une journée pour redécouvrir la sainteté

Les ados qui organisent la journée se réunissent dès 9h00 tandis que la fête commencera à 11h30 par une joyeuse célébration de la Toussaint. Les participants apportent leur contribution pour le Holy Buffet, repas de midi en mode auberge espagnole. 

A 14h débute le grand jeu à la découverte de belles figures de saintes et de saints. Lors de chaque étape, un mime, un maquillage, une scènette ou un jeu fait découvrir un visage de sainteté aux participants. Le tout mène au saint du jour, à deviner. « Ce sont des ados qui animent les stands pour les enfants durant le grand jeu, c’est très chouette », raconte Camille. 

Après un petit temps de louange et d’adoration adapté aux enfants, l’après-midi se termine par le Holy goûter avec gaufres, crêpes et chocolat chaud !

Une mission militaire et civile pour aider le Liban

L’Union européenne a adopté « le principe d’une mission d’appui aux forces de sécurité intérieures, aux forces armées libanaises » selon les termes de Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères. Cette mission, avec un mandat de trois ans, serait à la fois militaire et civile, afin d’accompagner l’armée libanaise dans ses missions de surveillance des frontières, de renseignement, de lutte contre la contrebande et la cybercriminalité.

On est bien loin des 7500 casques bleus de la Finul, la Force d’interposition des Nations Unies au Liban, dont le mandat prend fin le 31 décembre prochain.

Baisse de popularité pour le Hezbollah

L’institut de sondage Statistics Lebanon a réalisé un sondage au mois de septembre sur la popularité du Hezbollah au sein de la communauté chiite.

66,4% des personnes interrogées sont favorables à la remise des armes du Hezbollah à l’État. 71,1 % estiment que la décision de guerre et de paix doit relever exclusivement de l’État. 67,4% pensent aussi que le Hezbollah n’a pas atteint ses objectifs militaires ou ne les a atteints que partiellement. Enfin, 42,1 % des sondés expriment « de la déception, de la colère ou de l’inquiétude » vis-à-vis du Hezbollah.

Cependant une majorité des chiites interrogés continue de faire confiance au Hezbollah – 37,1 % « largement confiance » et 22,4 % lui accordent une « confiance modérée » – contre près de 90% au début de la guerre.

Sommes-nous capables de vivre dans un monde en guerre ?

Le Dr Gérard Chaput, ancien médecin militaire et conseiller des forces spéciales, le général Guillaume Venard, 34 ans dans l’Armée de Terre, l’abbé Christian Venard, ancien aumônier militaire, signet un livre à trois pour Fortifier l’humain, en vue de répondre à cette question, sommes-nous capables de vivre dans un monde en guerre ?

Dans un monde traversé par la violence, l’épuisement psychique et la perte de repères, une question s’impose : comment tenir, résister et continuer à servir sans être brisé ? A l’heure du burn out, des violences psychiques, du spectacle de la violence dans nos rues, de la fin de la cohésion nationale du terrorisme voire de la guerre, il est nécessaire de sortir de notre petit confort de bourgeois capitaliste et de se préparer au monde qui naît sous nos yeux.

Forts de leur expérience au coeur de la guerre, du commandement et de l’accompagnement des blessés, ces trois auteurs qui ont eu des parcours, notamment opérationnels, exceptionnels – médecin militaire, aumônier aux armées et officier de l’armée de Terre – proposent une réponse originale : la « densification » de l’être humain ou comment fortifier l’individu contemporain. Ni essai abstrait ni simple manuel de résilience, ce livre explore les conditions concrètes d’une solidité durable. Corps, psychisme, sens : les auteurs développent une approche globale pour renforcer la capacité à affronter le stress, surmonter les traumatismes, exercer l’autorité et cultiver une véritable discipline intérieure.

À travers des réflexions nourries par le terrain et des outils directement applicables, cet essai ouvre une voie exigeante mais profondément actuelle : former des hommes et des femmes capables de durer, de décider et d’agir au service du bien commun.

On ne « guérit » pas d’un traumatisme psychique (encore moins d’un enchaînement de traumas…), on apprend à vivre avec – la lecture de ce livre est une aide incomparable d’ailleurs. Telle une blessure du corps, la blessure psychique se referme, mais elle laisse des fragilités qu’il faut savoir repérer, des cicatrices qu’il faut parfois avoir la simplicité de « montrer », pour permettre à son entourage de comprendre, d’accepter.

Le Christ nous a donné ses commandements rigoureux pour nous éduquer et nous libérer de nous-mêmes

Mgr Varden commente son expérience à la conférence Amoris Laetitia et la possibilité de la sainte communion pour les divorcés/remariés :

« Une préoccupation pastorale principale dans de telles situations est de rappeler la perspective plus large, en permettant aux personnes qui souffrent de découvrir le sens potentiellement fécond de leurs épreuves, ce qui peut servir à atténuer l’égoïsme et à purifier l’amour. Le mariage, pas moins que la vie monastique, est une école de conversion.

Concernant les relations “irrégulières”, je trouve que nos communautés catholiques les accueillent généralement de manière mature et bienveillante. Il peut être libérateur pour les personnes dans de telles situations de se trouver dans un cadre où leur “irrégularité” est reconnue, non relativisée ; et où elles sont néanmoins accueillies avec une amitié chrétienne, habilitées à contribuer à la communauté.

Je pense à l’exemple de nombreuses personnes fidèles que je connais qui, dimanche après dimanche, s’avancent pour recevoir une bénédiction au moment de la communion, sachant qu’elles ne peuvent pas accéder au sacrement, mais s’en remettant à la miséricorde de Dieu à l’œuvre dans l’Église. Leur exemple de fidélité contribue beaucoup à édifier la communauté chrétienne. Il témoigne du réalisme vital du sacrement et de la vertu de l’espérance. L’exil sacramentel soutenu dans le temps peut préparer un retour joyeux à la maison. Christ nous a donné ses commandements rigoureux pour nous éduquer et nous libérer de nous-mêmes, “afin que nous ne vivions plus pour nous-mêmes, mais pour lui qui est mort et ressuscité pour nous” (Quatrième Prière eucharistique). Son intention est de nous faire grandir en stature vers une vie nouvelle, divinisée. Cette vie doit toujours être l’objectif que nous proposons aux gens, non une simple affirmation humaine — bien que nous en ayons tous un peu besoin aussi. »

La prison ne protège plus

L’un des arguments en faveur de l’abolition de la peine de mort réside dans la capacité moderne à ériger des systèmes de détention efficaces.

Mais ce n’est pas le cas. Exemple récent : des surveillants pénitentiaires ont été visés à leur domicile ou à proximité par des incendies et des agressions ou tentatives d’agression au printemps 2025. Certains suspects, déjà incarcérés, auraient commandité les attaques et transmis leurs instructions aux exécutants, depuis leur cellule ! 19 personnes doivent être jugées en février 2027, tandis qu’une vingtième a fait appel de son renvoi.

Ces actions auraient eu pour but de faire pression sur le personnel. Treize victimes sont recensées.

Aura-t-on la liste des élus franc-maçons ?

Des comptes rendus de réunions, des documents financiers et des informations personnelles concernant des membres de la franc-maçonnerie figurent dans un ensemble de fichiers associés au Grand Orient de France.

Des centaines de documents liés à son fonctionnement ont été rassemblés dans un ensemble documentaire comprenant des comptes rendus du Conseil de l’Ordre, des budgets, des circulaires et des informations concernant certaines loges.

Le Grand Orient de France a déposé plainte après la fuite de centaines de documents internes et financiers. Selon Le Parisien, l’organisation a constaté l’incident ce jeudi 15 octobre. L’origine exacte de la fuite reste à déterminer.

Les éléments couvrent plusieurs années, principalement entre 2017 et 2026. Ils comprennent aussi bien des publications institutionnelles que des documents administratifs et financiers, dont certains semblent destinés à une circulation interne. Plus sensible encore, un tableau nominatif daté de septembre 2024 contient des noms, prénoms, adresses e-mail et numéros de téléphone, associés à une loge maçonnique.

Les documents abordent plusieurs aspects du fonctionnement de l’organisation :

  • Les activités du Grand Maître et du Conseil de l’Ordre ;
  • Les réunions, délibérations et décisions institutionnelles ;
  • Les budgets, comptes annuels et rapports financiers ;
  • Les circulaires adressées aux loges ;
  • Les rapports d’activité et calendriers de réunions ;
  • Les travaux et documents de certaines loges maçonniques ;
  • Des informations nominatives et des coordonnées de personnes.

Implants contraceptifs : 30 000 femmes mutilées

Il y a quelques années, la jouraliste Sabrina Debusquat sortait un livre enquête démontrant le lien entre la pilule et l’AVC, le cancer, l’infertilité, les migraines, la prise de poids, la fatigue etc…

« J’arrête la pilule : AVC, migraines, prise de poids, fatigue, baisse de libido, dépression, cancers, infertilité »

Ce mois-ci paraît le livre « Les Mal Traitées » de la journaliste Liane Courté, qui dénonce notamment les implants contraceptifs Essure qui a conduit à l’ablation de l’uterus pour « au moins 30 000 femmes ».

J’ai enquêté sur les implants Essure, un dispositif de contraception définitive retiré du marché en 2017. Cet implant, fait avec plus de 20 métaux différents, s’imbrique dans les chairs des trompes de Fallope. Au moins 30 000 femmes se sont fait explanter l’implant parce qu’elles souffraient trop. Elles ont dû se faire retirer l’utérus. C’est une mutilation.

Elles pensaient prendre un traitement hormonal de routine. En réalité, au moins 400 000 patientes françaises ingéraient un poison : l’Androcur, pouvant engendrer des tumeurs cérébrales. Ce scandale sanitaire hors norme s’ajoute à une longue liste noire : médicaments progestatifs, implants Essure, prothèses vaginales, violences gynécologiques et obstétricales… Le point commun de ces pratiques médicales ? Elles sont subies par les femmes. Ce sont des millions de vies abîmées. L’investigation de Liane Courté, fondée sur des témoignages exclusifs et des documents confidentiels, révèle les liens poreux entre médecins et laboratoires, la passivité des autorités sanitaires et l’inaction des responsables politiques.

Extrait d’un entretien :

J’ai enquêté sur les implants Essure, un dispositif de contraception définitive retiré du marché en 2017. Cet implant, fait avec plus de 20 métaux différents, s’imbrique dans les chairs des trompes de Fallope. Au moins 30 000 femmes se sont fait explanter l’implant parce qu’elles souffraient trop. Elles ont dû se faire retirer l’utérus. C’est une mutilation.

Je parle aussi des prothèses vaginales. Des femmes sont dans des états catastrophiques, certaines ont même mis fin à leur jour. Deux maris témoignent dans mon livre dont Thomas : Élodie, sa femme, est allée se faire euthanasier en Belgique en 2023 ; et Laurent, le mari de Carine, qui s’est donnée la mort en juin 2026.

Vous abordez aussi le sujet des violences obstétricales et gynécologiques ?

J’ai enquêté pendant quasiment un an uniquement sur cette question. J’ai tenu à le faire parce que c’était beaucoup trop criant. Au cours de mes entretiens, beaucoup m’ont parlé de leur accouchement. Les pratiques de type expression abdominale, épisiotomie systématique, revenaient beaucoup. C’est toujours le même sujet : on parle de la santé des femmes, du manque d’information, de l’absence de consentement, de négation de leur douleur.

Avez-vous été confrontée à des difficultés pour recueillir certaines informations ?

Oui, avec nos autorités sanitaires qui ont fait preuve d’un manque de transparence absolument phénoménal. J’ai dû saisir la CADA, la Commission des affaires des documents administratifs, grâce à laquelle j’ai pu obtenir certains documents de l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. L’ANSM, qui fait partie du ministère de la Santé, n’a jamais souhaité répondre à mes questions.

Lycéen ou étudiant, vous avez subi des pressions, des intimidations ou une mise à l’écart à cause de tes opinions ? Ce site est pour vous

Voici un

Au delà de l’évidence qui consiste à rappeler que nul ne doit être inquiété en raison de ses opinions exprimées ou non, parler et briser le silence imposé par les diktats de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur devenus Pensée unique devient une nécessité.

Ce silence est celui qui tait les violences verbales, psychologiques ou physiques que subissent ceux qui s’expriment volontairement comme ceux qui, plus discrets, sont néanmoins démasqués comme défiant les groupes représentants d’un dogmatisme politique désormais considéré comme allant de soi dans le milieu scolaire.

La majorité silencieuse n’a pas à craindre d’en faire partie.

Brisons la pensée unique a pour vocation de recueillir des témoignages de lycéens et d’étudiants, de rendre visible les situations rapportées et de défendre le droit de chacun à penser librement. Vous êtes la majorité silencieuse, libérez-vous des diktats d’une pensée imposée.

Voici quelques témoignages :

Je me permets de témoigner ici de la violence des militants de gauche dont une camarade (qui j’espère témoignera ici), quelques amis et moi avons été victimes jeudi dernier (8 octobre). Alors que nous attendions devant l’amphithéâtre de notre composante le début de notre cours d’histoire moderne, nous avons d’abord été alpagués par deux jeunes femmes voilées (on voit ici l’amour de la gauche pour les tirailleurs étrangers n’est-ce pas) qui semblaient s’être prises pour la police du campus. En effet, ces demoiselles, pensant semble-t-il, que nous étions étudiants en sciences considéraient que nous n’avions rien à faire sur « leur blocus » et que nous ne venions que pour « les provoquer ». Elles sont rapidement montées dans les tours, exigeant de consulter nos emplois du temps.

Depuis plusieurs jours, je ne m’installai plus qu’au fond de la classe, toute seule, parce qu’après avoir refusé de participer à des mobilisations étudiantes soutenues par LFI, ils avaient décidé de ne plus m’adresser la parole. Mon professeur de philosophie me dit « c’est déplorable… Méfiez vous de M. X, il a fait viré trois étudiantes ces trois dernières années, parce qu’elles l’avaient contredit… vous savez de quoi je parle. Méfiez-vous. ». Merci Monsieur. Son conseil, au delà d’être précautionneux pour moi, était déplorable. Comment, comment des membres de l’équipe enseignante et pédagogique ont-ils conscience que des étudiants sont renvoyés en raison de leurs désaccords avec un professeur sans s’y opposer fermement, sans le dénoncer ?!

Élections législatives 2024, université Paris 1 Panthéon Sorbonne, nous recevons un mail collectif de la présidence nous appelant à voter contre l’extrême droite. Pourtant l’université est un service public soumis comme tous les autres à la neutralité de ses agents. Mais visiblement les principes juridiques sont toujours à géométrie variable.

Union des droites, convergence des luttes : une symétrie des mirages politiques

Edito d’Olivier Frèrejacques dans Liberté Politique :

À l’occasion de la manifestation du 17 octobre, face au déclin de la mobilisation lycéenne, une partie de la gauche a ressorti la rengaine de la convergence des luttes, espérant agglomérer dans la rue lycéens, étudiants, fonctionnaires, salariés et « banlieusards ».

Le mouvement lycéen s’essouffle : que les étudiants prennent le relais ! C’est un peu ce à quoi l’on a pu assister cette semaine. À l’approche de la Toussaint, la lutte des classes fait pâle figure face aux vacances, et le « mouvement social » a finalement tenté de répercuter la « colère » lycéenne vers les facultés, qui n’ont pas toutes deux semaines de congés à l’automne.

Le samedi 17 est aussi censé rassembler les « Gilets jaunes », en réalité essentiellement les figures gauchisantes qui se sont fait une notoriété sur le dos d’un mouvement anti-fiscal parasité par la gauche.

Les syndicats seront de la partie, et La France insoumise aussi. S’il semble bien que l’on se trouve en fin de cycle pour ces mobilisations, c’est bien le parti mélenchoniste qui joue le plus gros ici.

En soutien aux lycéens depuis plusieurs semaines, les troupes insoumises se voient reprocher le grabuge en marge des manifestations, un désordre qu’elles cautionnent à défaut de l’orchestrer.

Dans la rue, Mélenchon se fait déborder par sa gauche, cette extrême gauche autonome qui n’a pas de mandat en jeu et le ramène à son statut d’apparatchik : parlementaire pendant 33 ans.

Convergence et union de rien du tout

Rallier tous les mécontents : les travailleurs, les étudiants, les « racisés », est devenu une rengaine incontournable à gauche. Faute de grève générale, faute de syndicats de masse et même de parti capable de dépasser les 20 % à une élection, les gauches de souche trotskiste théorisent une « convergence des luttes ». Comprendre : les mécontents vont s’unir contre les puissants.

Dans la réalité, la sauce ne prend pas. Les contestataires « diversitaires » (de banlieues) comme les lycéens sont largement imprégnés par le consumérisme et séduits par un discours racial pas toujours compatible avec le reste de la gauche, les syndicats défendent leurs syndicats, les partis cherchent à capter un électorat. Quant aux travailleurs « gilets jaunes », on se demande ce qui les rapproche de ces catégories, si ce n’est la colère, qui n’est absolument pas un dénominateur suffisant.

Cette obsession pour la « convergence des luttes » fait écho à l’union des droites.

Désirée par les bases militantes et souvent par les franges plus radicales, celle-ci est sans cesse rejetée par les états-majors de partis, qui savent que plus il y a de monde, moins la part du gâteau est grosse. La prime à la majorité reste encore trop importante pour envisager une quelconque union de ce côté de l’échiquier politique. À gauche comme à droite, la perspective de la marginalisation pousse à s’imaginer étendre l’assiette militante ou électorale.

Pour les uns, il faut agréger plus de colère, pour les autres, se rassembler. Dans les deux cas, cela ne fonctionne pas. Et à la fin, c’est le centre qui l’emporte.

Une sénatrice PS au milieu d’une fusillade lors d’un déplacement avec la police

En mai 2025, la sénatrice PS Corinne Narassiguin accusait les policiers de faire des contrôles au faciès et déposait une loi sur le sujet. La loi fut retoquée par le Sénat.

En octobre 2026, elle découvre la réalité de la police en Seine-Saint-Denis en étant prise à partie dans une fusillade à Sevran :  « Tous auraient pu y laisser la vie »

Elle a dû se recroqueviller dans une voiture de police lors d’un déplacement avec les policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) d’Aulnay-sous-Bois :

« J’étais observatrice dans la voiture d’une brigade de la BAC d’Aulnay lorsqu’une fusillade, visiblement sur un point de deal, a éclaté à proximité alors que nous effectuions une patrouille ordinaire ». « La voiture de la BAC n’était pas ciblée. Les agents ont fait leur travail en s’assurant de pouvoir intervenir en réponse à la fusillade tout en assurant ma sécurité, alors que je suis bien sûr restée à l’intérieur de la voiture ».

Corinne Narassiguin et les agents de la BAC ont finalement dû attendre l’arrivée de renforts, après une quinzaine de détonations, pour sortir. Un impact de balle a été relevé sur l’une des portières.

Des condamnations sévères mais imprécises pour la Fraternité Saint-Pie X

De Guy Lapierre sur Renaissance catholique :

Une réponse du Dicastère pour les textes législatifs du 7 août 2026 vient éclairer ceux qui s’interrogent sur la catholicité de la Fraternité Saint-Pie X et donner tort à ceux, clercs et laïcs, qui avaient, un peu rapidement, dénoncé l’existence d’un schisme et jeté l’anathème sur les prétendus schismatiques.

Reprenons le fil des événements : le 2 juillet 2026, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi publie un décret qualifiant d’ « acte schismatique » les consécrations épiscopales de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X [FSSPX], conférées sans mandat pontifical, et déclare que Mgr Alfonso de Galarreta s’est exposé aux peines prévues par le canon 1387 et le canon 1364 § 1 du Code de Droit canonique.

Les consécrateurs et les consacrés ont encouru ipso facto l’excommunication latae sententiae réservée au Siège apostolique.

Mais il est précisé que les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de FSSPX car ils encourraient ipso facto la peine d’excommunication latae sententiae.

S’ajoute à ce décret une note explicative : le Dicastère précise que cet acte a constitué un crime de schisme, avec les conséquences canoniques qui en découlent pour les ministres sacrés et les fidèles laïcs impliqués. Cela va donc au-delà de l’absence de mandat pontifical pour sacrer des évêques. Ce n’est plus un acte à tendance schismatique mais un schisme.

Confessions et mariages sont-ils valides ?

Il convient d’examiner ces événements pour répondre aux questions sur la validité des confessions et des mariages célébrés par un prêtre de la FSSPX.

En effet, de 1986 à 2017, selon les décisions du tribunal romain en matière d’appréciation de la validité des mariages, la Rote Romaine, le mariage de baptisés catholiques qui échangeaient leur consentement devant un prêtre de la FSSPX sans la délégation de juridiction territoriale du curé du lieu était jugé invalide.

C’est l’une des raisons pour laquelle le pape François avait approuvé la publication d’une lettre en date du 27 mars 2017 de la Commission pontificale Ecclesia Dei au sujet des permissions pour les mariages de fidèles célébrés par les prêtres de la FSSPX. Les évêques pouvaient accorder la faculté de recevoir les consentements avec inscription dans les registres paroissiaux.

Ce geste suivait celui de la lettre apostolique Misericordia et misera du 20 novembre 2016. Au cours de l’Année jubilaire de la Miséricorde, les fidèles qui, pour des raisons diverses, fréquentaient les lieux de culte desservis par des prêtres de la FSSPX, pouvaient recevoir validement et licitement l’absolution sacramentelle de leurs péchés. Pour le bien pastoral de ces fidèles et comptant sur la bonne volonté de leurs prêtres afin que la pleine communion dans l’Église catholique puisse être recouvrée avec l’aide de Dieu, le pape François étendait cette faculté au-delà de la période jubilaire, pour que le signe sacramentel de la réconciliation à travers le pardon de l’Église ne fasse jamais défaut à personne.

Or, selon la note du 2 juillet 2026, les ministres sacrés de la FSSPX administreraient dorénavant illicitement les sacrements ; le sacrement de pénitence qu’ils administrent ainsi que les mariages qu’ils célèbrent seraient invalides.

Cependant le décret et la note n’ont pas bénéficié de l’approbation juridique publique du pape Léon XIV.

Les conditions d’une révocation

Ainsi, pour révoquer la faculté d’entendre les confessions, il faudrait un acte de même nature que celle qui l’a accordée, a affirmé l’archevêque Monseigneur Juan Ignacio Arrieta, canoniste et ancien secrétaire du Dicastère pour les Textes législatifs, dans un entretien exclusif accordé à AdVaticanum en juillet 2026.

Pour ce qui est des mariages, une réponse du Dicastère pour les textes législatifs du 7 août 2026 reprend ce raisonnement en considérant :

Il ne semble donc pas possible d’affirmer, en l’état, que la discipline de 2017 ait certainement cessé de produire ses effets. Les confessions et les mariages sont toujours validés jusqu’à une décision de Léon XIV.

De plus, le canon 14 dispose qu’en cas de doute de droit, les lois même irritantes ou inhabilitantes n’obligent pas. Une loi irritante frappe l’acte de nullité ; une loi inhabilitante rend la personne juridiquement incapable de l’accomplir.

Le doute de droit porte sur l’existence, la portée ou l’applicabilité juridique de la norme et non sur le doute de fait qui concerne la réalisation des circonstances auxquelles une loi certaine attache ses effets indépendamment de l’ignorance ou de l’erreur de bonne foi.

Le canon 144 prévoit la suppléance pour les facultés visées par les canons 966, pour l’absolution, et 1111 § 1, pour l’assistance au mariage.

En outre, en cas de doute sur la validité d’un mariage célébré, le canon 1060 impose de tenir le mariage pour valide tant que le contraire n’est pas prouvé. C’est la faveur du droit selon l’adage célèbre : « Le mariage jouit de la faveur du droit ».

Concernant les excommunications, les canonistes les plus sérieux rappellent qu’il existe un texte sur le mandat pontifical : les deux consécrateurs et les quatre consacrés sont donc excommuniés, c’est du droit pénal strict, même si ces derniers peuvent ensuite invoquer l’état de nécessité, contester ou faire appel.

Une décision difficile

En revanche, pour excommunier tous les prêtres, tous les religieux et religieuses, tous les membres du tiers-ordre de la FSSPX et tous ceux qui adhéreraient formellement aux actes du culte de la Fraternité Saint-Pie X, il faudrait un procès individuel par personne. Seul le Pape peut décréter un schisme global de cette manière pour éviter une multitude de procédures.

Ce sera difficile car la FSSPX reconnaît le magistère et l’autorité ordinaire du Pape sur les diocèses, ce qui ne correspond pas à une attitude schismatique ; le défaut de mandat pontifical ne suffit pas à caractériser un corps de doctrine schismatique. Il revient aux théologiens de définir ce prétendu schisme.

Par ailleurs, si des personnes, rattachées par registre de baptême ou adhésion formelle, étaient assimilées aux orthodoxes, leurs mariages deviendraient ipso facto valides.

Seul le pape Léon XIV peut agir pour lever l’incertitude.

La haine antichrétienne ne sera plus invisible

Thibault van den Bossche, membre de l’ECLJ, chargé de plaidoyer pour la liberté religieuse, a été officiellement auditionné le lundi 12 octobre 2026 par la commission des pétitions (PETI) du Parlement européen à Bruxelles. Devant les députés, il a porté la voix de ces milliers de chrétiens européens réduits au silence par la peur, l’autocensure ou l’indifférence des autorités :

C’est une étape cruciale dans la reconnaissance institutionnelle de la hausse des actes antichrétiens sur le continent européen et de la nécessité d’une protection égale dans l’ensemble de l’Union européenne. Le 12 octobre 2026, à l’issue de l’audition de la pétition n°0443/2026 présentée par Thibault van den Bossche au nom du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), la Commission des pétitions (PETI) du Parlement européen a acté le maintien du dossier ouvert.

La nécessité d’agir s’appuie sur la réalité des chiffres globaux fournis par l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination à l’encontre des chrétiens en Europe (OIDAC Europe), qui a recensé 2 211 crimes de haine antichrétiens sur le continent pour la seule année 2024, incluant 274 agressions physiques directes et 94 incendies criminels d’églises. L’ECLJ a ouvert l’audition sur le rappel du meurtre atroce d’Ashur Sarnaya, réfugié irakien chrétien ayant fui l’État islamique en 2014 pour finalement être égorgé à Lyon en septembre 2025 par un Algérien musulman radicalisé.

Les trois visages d’une invisibilisation systémique

Cette violence antichrétienne en Europe demeure largement occultée en raison de trois obstacles majeurs :

  • La sous-comptabilisation par les États, qui qualifient souvent le vandalisme des églises de simples « atteintes aux biens » et omettent de transmettre leurs données aux instances internationales comme l’OSCE.
  • La sous-déclaration par les victimes, qui renoncent à porter plainte par résignation, par peur ou par tendance à relativiser les faits.
  • Un biais idéologique et politique, qui perçoit le christianisme uniquement comme une religion historiquement dominante et refuse de concevoir que les chrétiens puissent, eux aussi, être des victimes.

En réponse, l’ECLJ demande dans sa pétition la nomination d’un Coordinateur de l’Union européenne chargé de la lutte contre les attaques et les discriminations contre les chrétiens, à l’instar des postes créés en 2015 pour les communautés musulmanes et juives. Nous réclamons également le renforcement de la collaboration entre les communautés, la société civile et les États afin de bâtir des cadres nationaux de coopération, briser l’autocensure et déployer des protections efficaces.

Le clivage politique de Bruxelles face au «deux poids, deux mesures»

Lors des débats, les représentants du Parti populaire européen (PPE), des Patriotes pour l’Europe (PFE), des Conservateurs et réformistes européens (ECR) et de l’Europe des nations souveraines (ESN) ont unanimement soutenu le maintien de la pétition, dénonçant une politique du « deux poids, deux mesures ». À l’inverse, les bancs des groupes du centre et de gauche sont restés intégralement vides. Ce désintérêt flagrant a été vivement fustigé par l’eurodéputé allemand Tomasz Froelich (ESN), rappelant qu’il s’agit pourtant de violations caractérisées des droits de l’homme.

De son côté, le représentant de la Commission européenne au titre de l’article 17 du TFUE (relations avec les Églises) a livré une réponse particulièrement timorée. Tout en concédant le caractère inacceptable des violences, l’exécutif européen a affirmé qu’il comptait utiliser les textes existants mais « ne prévoyait pas de développer de nouveaux dispositifs », se défaussant ainsi sur la seule responsabilité des États membres. Illustrant cet immobilisme persistant, l’eurodéputée française Virginie Joron (PFE) a rappelé qu’une question écrite avait été déposée dès le 22 octobre 2025 par Fabrice Leggeri (PFE) pour exiger la nomination d’un Coordinateur européen, une interpellation restée sans réponse satisfaisante de la part de la Commission.

La situation locale n’en demeure pas moins alarmante. L’eurodéputée espagnole Margarita de la Pisa Carrión (PFE) a condamné le silence des institutions face à ce qui s’apparente à la plus grande persécution religieuse sur le continent, rappelant que 67% des prêtres espagnols rapportent avoir subi des insultes ou des moqueries. En France, l’eurodéputée Laurence Trochu (ECR), qui conduit une pétition connexe réunissant déjà plus de 15 000 signatures, a pointé du doigt l’explosion de 70 % des atteintes aux personnes chrétiennes entre 2024 et 2025. Elle a également rappelé que le Parlement européen avait déjà validé le principe d’une telle protection en adoptant dans une résolution du 21 janvier 2026 un amendement qu’elle avait proposé déplorant l’absence de coordinateur dédié, tout en mettant en parallèle le sort des 380 millions de chrétiens persécutés à travers le monde.

Face à l’insuffisance des réponses de l’exécutif, la commission PETI a choisi de maintenir la pétition ouverte. Elle exige désormais des informations officielles complémentaires de la Commission européenne et poussera pour obtenir un débat en plénière suivi d’une résolution. La nomination d’un Coordinateur européen est une pure question d’égalité et de justice, une demande d’ailleurs largement soutenue par l’Intergroupe sur la liberté de religion, la COMECE (Conférence des évêques de l’UE), le nonce apostolique Monseigneur Noël Treanor, ainsi que de nombreuses organisations de la société civile européenne.

Signe qu’une prise de conscience globale est en cours, le 8 octobre 2026, le Parlement européen a adopté une résolution majeure sur la nécessité pour l’Union de se doter d’une stratégie contre l’entrisme islamiste et l’influence du réseau des Frères musulmans. Les eurodéputés y identifient explicitement la « haine antichrétienne » au même titre que l’antisémitisme, la soumission des femmes ou la remise en cause de la laïcité, comme un marqueur clair de radicalisation idéologique. De plus, le 24 juin 2026, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) est elle aussi saisie du sujet à travers une motion de résolution transpartisane intitulée « Crimes de haine, intolérance et discrimination à l’encontre des chrétiens d’Europe », exhortant les États à développer une stratégie commune pour prévenir ces crimes, y compris en ligne, et pour sécuriser les lieux de culte.

Signer la pétition

Comment survivre au chaos… actuel ?

Il y a maintenant deux ans, nous publiions Comment survivre au chaos, un ouvrage destiné à donner à chacun les moyens concrets de se préparer aux événements qui semblent aujourd’hui se précipiter.

Certains projets et préparatifs contenus dans cet ouvrage demandent du temps. Mais combien nous en reste-t-il ? Face aux violences et aux bouleversements de l’actualité, ceux qui reconnaissent dans ces événements l’accomplissement des prophéties savent que certaines dispositions doivent être prises.

Pourtant, si les préoccupations matérielles occupent une place importante dans les esprits de chacun, c’est bien le salut de notre âme qui doit demeurer au cœur de nos préoccupations de catholiques.

Au cours des siècles, le Christ a suscité des âmes mystiques dont la vie fut marquée par de grandes souffrances, et pour certaines par les stigmates. À travers leurs révélations, elles ont vu et vécu les épreuves de notre époque bien avant nous. Si Dieu les a suscitées, n’est-ce pas pour éclairer le chemin de vérité que doit emprunter notre âme ?

Car sans les ténèbres que nous traversons, aurions-nous compris la nécessité de nous tourner à nouveau vers Dieu ? Aurions-nous prêté attention aux avertissements des mystiques catholiques si leurs annonces ne semblaient pas aujourd’hui trouver un écho dans les événements ?

La finalité n’est certainement pas d’annoncer d’inévitables châtiments divins mais de nous guider là où la vertu réside, dans la charité et l’humilité.
Ces enseignements théologiques, parfois complexes, constituent un véritable secours dans une époque qui considère la souffrance comme un « visiteur indésirable ». N’oublions pas que la souffrance, lorsqu’elle est acceptée et offerte à Dieu, nous rapproche de Lui. Elle devient alors une lumière pour notre âme et nous ouvre à l’espérance des joies éternelles.

Deux ans après sa publication, Comment survivre au chaos résonne avec une actualité toute particulière.
Un ouvrage à découvrir ou à redécouvrir, pour se préparer aux épreuves sans jamais perdre la foi :

https://www.resiac.fr/livres-resiac/11747-comment-survivre-au-chaos-en-france-et-dans-le-monde.html

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Pays-Bas : les avortements en hausse

Lu sur Gènéthique :

L’année dernière, aux Pays-Bas, 163 jeunes filles âgées de moins de 15 ans ont subi un avortement. Un chiffre 2,5 fois supérieur à celui de l’année précédente. Selon les chiffres publiés par l’Inspection générale de la santé et de la jeunesse (IGJ), sur les 6 dernières années, le nombre d’interruptions de grossesse chez les adolescentes oscillait globalement « entre 50 et un peu plus de 100 ».

Une hausse des IVG a également été observée chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans, bien qu’elle soit moins marquée : elle était de 6% par rapport à 2024. Les chiffres dans ce groupe sont cependant nettement plus élevés : 2 918 avortements ont été enregistrés en 2025.

Au total, le nombre total d’avortements aux Pays-Bas a augmenté de 1,25 %, pour atteindre « un peu moins de 40 000 ». La grande majorité (88 %) a eu lieu au cours du premier trimestre de grossesse.

L’Inspection a déclaré ne pas être en mesure de fournir d’explication à cette hausse des avortements.

Lauréat du prix Erwan Bergot 2026, le colonel Jacques Allaire avec “Lieutenant de Bigeard” – Un événement vécu en famille

Depuis 1995, le grand prix littéraire de l’armée de Terre Erwan Bergot récompense chaque année des œuvres grand public illustrant l’engagement au service de la France.
Cette année il est décerné à titre posthume, au colonel Jacques Allaire, pour son livre “Lieutenant de Bigeard” un essai retraçant son engagement lors de la guerre d’Indochine. Le prix a été reçu par son fils et le discours prononcé par son petit-fils Guillaume Allaire : « C’est un projet qui a presque 30 ans et qui a animé mon grand-père jusqu’à son dernier souffle. »

« Je ne suis pas un héros, je suis juste un survivant. Les héros, ils sont restés là-bas. » disait le colonel Jacques Allaire.

Ces mémoires racontent la vie d’un jeune homme d’extraction modeste, autodidacte curieux, passionné par les livres et le théâtre ; un temps employé dans une librairie, il s’est engagé dans les forces françaises de l’Intérieur, puis dans l’armée régulière reconstituée à la Libération. Il effectuera trois séjours en Indochine entre 1945 et 1954, jusqu’à la bataille de Diên Biên Phu, puis sera interné dans le camp de prisonniers vietminh n°1.
L’essai retrace les moments de camaraderie, d’engagement, d’épreuves et de découverte des civilisations, des peuples et des traditions : écrit à hauteur d’homme, loin des états-majors et des atermoiements du Palais-Bourbon, cet ouvrage témoigne d’une guerre où la fraternité côtoie le tragique. Il raconte aussi la découverte passionnée de l’Indochine, sa civilisation, ses peuples et ses mœurs par un jeune Français –  » un petit lieutenant, caustique, mordant « , disait Bigeard – frappé à son tour par le  » mal jaune « , cette fascination pour la péninsule.

Un récit puissant, l’un des derniers portés par un protagoniste d’envergure.

Né en 1924 et mort en 2022, Jacques Allaire a servi dans l’armée de Terre jusqu’en 1974. C’est son fils qui a reçu le prix en son nom, portant la mémoire d’un parcours que l’armée de Terre a choisi de saluer une dernière fois, trente ans après la création du prix qui porte le nom d’un autre grand témoin de Diên Biên Phu, Erwan Bergot, qui était un de ses compagnons d’armes.

Les mots de la famille Allaire – site de l’armée de terre :
« Ce soir, la famille sera réunie aux Invalides, quatre ans après avoir été rassemblée dans cette même cour, lors des obsèques militaires qui lui étaient réservées. », confie avec émotion Guillaume Allaire.
Suivant la volonté de la famille, l’intégralité des droits d’auteur du livre sera reversée à l’entraide parachutiste. Un choix qui prolonge l’engagement d’une vie : « Cet esprit collectif, de risque consenti et partagé, se retrouve dans l’Entraide parachutiste, qui aide ceux d’entre nous qui ont coiffé le béret rouge et qui auraient besoin d’un coup de main. »

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/indochine-histoire-guerres/30284-lieutenant-de-bigeard-indochine-1945-1954.html?ref=043193205

Lieutenant de Bigeard de Jacques Allaire, Editions Perrin, 488 pages, 25 €.
Préface du général Maurice Schmitt – Témoignage d’Erwan Bergot – Postface de Guy Leonetti. Avec un QRCode pour visionner le film Dien Bien Phu : Le sacrifice » de notre camarade Philippe Delarbre.

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Neuvaine à saint Raphaël archange

L’abbé Billot (IBP) nous prie de diffuser l’annonce suivante:

A partir du vendredi 16 octobre, neuvaine à saint Raphaël archange pour préparer la fête de l’archange le samedi 24 octobre. Avec prières, méditation du livre de Tobie, explications et témoignages.  L’archange saint Raphaël aide dans beaucoup de domaines : la santé, les voyages, la direction spirituelle, le mariage, vie de famille,  vocations, mais aussi dans le combat  spirituel et les problèmes matériels Pour s’inscrire : [email protected]

Les déboires de l’armée américaine

D’Antoine de Lacoste dans la Revue d’Histoire Européenne :

Donald Trump doit bien regretter de s’être lancé dans sa folle guerre contre l’Iran sous l’influence de son mauvais génie, Benjamin Netanyahou.

L’échec est total. Tout d’abord, le flou le plus complet règne sur l’état des installations nucléaires iraniennes. Annoncées par les Américains comme totalement détruites dès les premiers bombardements de juin 2025, elles ont de nouveau été attaquées à plusieurs reprises dans les semaines qui ont suivi le déclenchement de la guerre le 28 février 2026. Rien n’est certain dans cette affaire, mais le plus probable est que ces installations soient loin d’être détruites tout en étant très difficiles d’accès.

Ensuite, le régime iranien est toujours en place et ne semble pas menacé. Certes, de nombreux cadres importants ont été tués le 28 février, à commencer par le guide suprême Ali Khamenei. Et alors ? Depuis quand un régime tombe pour cela ? Le seul résultat notable c’est que le pouvoir semble avoir glissé des mollahs aux gardiens de la révolution. Sur le fond, cela n’a, pour l’instant, rien changé.

Les Iraniens ont démontré, et cela n’était pas certain, que leurs capacités de riposte étaient très importantes. Drones et missiles, disséminés sur tout le vaste territoire iranien, ont infligé des dégâts importants à plusieurs villes israéliennes, à la plupart des nombreuses bases américaines présentes dans tout le Proche-Orient et à plusieurs villes des alliés arabes des Etats-Unis. C’est peut-être cela le plus grave : le parapluie américain s’est fait transpercer.

Des installations pétrolières saoudiennes ou qataries ont subi des dégâts importants et les défenses aériennes vendues à grands frais par le Pentagone n’ont pu s’y opposer que partiellement. Les Iraniens ont poussé l’ironie jusqu’à frapper des hôtels américains à Dubaï, entraînant l’effondrement du tourisme dans la ville. Certes, on ne pleurera pas sur ce paradis fiscal où vivent les plus gros trafiquants de drogue d’Europe et des myriades d’influenceurs, venus notamment des banlieues françaises, aux revenus inversement proportionnels à leur niveau intellectuel. Mais tout cela fait désordre.

Le clou fut bien sûr le blocage du détroit d’Ormuz. Cette riposte iranienne parfaitement évidente avait été anticipée par les conseillers de Trump. Mais il balaya ce risque d’un revers de main, persuadé que le régime s’effondrerait aussitôt après l’attaque du 28 février. Maintenant, les Iraniens contrôlent peu ou prou le détroit, ont attaqué plusieurs cargos qui voulaient l’emprunter sans autorisation et provoquent l’immobilisation très coûteuse de la flotte américaine.

Le monde a alors découvert avec stupéfaction l’état lamentable de ladite flotte. Le porte-avions Abraham Lincoln a navigué près de 300 jours dont 200 sans escale. Les marins se sont partiellement révoltés et ont dénoncé pêle-mêle la nourriture avariée, de multiples problèmes de maintenance, des connexions internet aléatoires et une baisse de moral générale. Le récent mouillage à Pattaya en Thaïlande a en outre révélé d’importantes corrosions. Le Pentagone conteste une partie des témoignages mais comme ce sont ceux de ses propres marins, cela donne une idée de l’ambiance.

Ce n’est guère plus brillant pour le Gerald Ford. Après onze mois de déploiement, il a fallu le retirer du front et l’envoyer en Crète pour le réparer et reposer l’équipage. C’est le plus récent et le plus coûteux des porte-avions américains. Il a pourtant subi un incendie accidentel et des centaines de dysfonctionnements dans les toilettes ont exaspéré les marins qui ont fini par les boucher eux-mêmes et faire circuler des photos nauséabondes sur les réseaux sociaux. Le monde entier a pu ainsi en profiter.

Le pire fut pour le Harry Truman qui, en 2025, est entré en collision avec un cargo turc et a perdu deux F/A-18 tombés à la mer à la suite de défaillances des câbles d’arrêt. La marine américaine a dû faire venir en catastrophe un porte-avion de secours qui voguait au large de la Chine.

On lit souvent que les Etats-Unis sont la première puissance militaire du monde. Est-ce bien toujours le cas ?

Un homme ivre, de confession musulmane, brise et décapite une statue dans une église

Mardi matin, un individu s’introduit dans l’église Saint-Henri au Creusot. Il fait tomber une statue de Saint-Joseph, dont il décapite la tête.

A sa sortie de l’église il importune des personnes. La police est appelée et l’individu va être arrêté. Il s’agit d’un homme de 25 ans, de confession musulmane. Il est complètement ivre, tient des propos peu cohérents.

Sur décision du parquet, l’individu est transporté à l’Hôtel-Dieu pour être placé sous sédatifs. Il doit être interné à l’Hôpital spécialisé de Sevrey.

« Le monde n’a pas d’avenir sans familles fortes, ouvertes au don des enfants et attentives à leur éducation et à leur épanouissement. »

Lors de la messe de clôture de la rencontre organisée à l’occasion du 10e anniversaire de la publication de l’exhortation apostolique Amoris laetitia, le Cardinal Luis Antonio G. Tagle, doyen du Collège des cardinaux, a lu l’homélie du pape Léon XIV, actuellement hospitalisé :

« La joie de l’amour vécue par les familles est aussi la joie de l’Église » (Pape François, Exhortation apostolique Amoris Laetitia , 19 mars 2016, p. 1). C’est par ces mots qu’il y a dix ans, le pape François commençait son Exhortation apostolique Amoris Laetitia .

Aujourd’hui, alors que nous célébrons l’Eucharistie, nous offrons au Seigneur les fruits du travail que nous avons accompli sur ce document, et nous cherchons à en accueillir les richesses et à mettre en pratique ses conseils pastoraux.

À cet égard, la liturgie d’aujourd’hui nous offre plusieurs pistes de réflexion. Dans la première lecture, nous avons entendu l’« hymne à l’amour » de saint Paul (cf. 1 Co 12, 31-13, 13). Au chapitre 4 de l’Exhortation apostolique, ce même texte sert de base à une riche méditation sur les vertus du mariage chrétien, union « affective, spirituelle et sacrificielle » (n° 120), et icône de l’amour de Dieu (cf. n° 121). En vivant ces valeurs, et avec le secours de la grâce, les époux grandissent ensemble jour après jour à l’image de la Trinité. Chacun mûrit à sa manière, et en même temps, ils se ressemblent de plus en plus par « l’engagement stable de partager et de construire ensemble toute leur vie » (n° 123). Ainsi, la véritable joie de l’amour réside dans un approfondissement progressif de l’union, où l’unicité de chacun s’épanouit par le don de soi et la présence de l’autre.

De plus, l’Apôtre s’adressait à une communauté riche en dons et charismes (cf. 1 Co 12, 4-11), mais qui avait besoin de mûrir dans l’amour. Il rappelait aux Corinthiens que ceux qui sont dépourvus d’amour, malgré tous les talents qu’ils ont pu recevoir, sont comme « un gong bruyant ou une cymbale qui résonne » (13, 1), comme une voix sans amour, incapable de toucher le cœur, coupée des autres, distante, froide et impénétrable.

Nous n’avons pas été créés pour vivre ainsi. Le psaume responsorial nous le rappelle en nous appelant le « peuple » et le « troupeau » d’un Dieu dont « la bonté demeure à jamais » et dont la fidélité s’étend « de génération en génération » ( Ps 100, 5). Il est un Seigneur qui aime sans réserve, qui ne cesse de nous chercher, de nous faire confiance et de renouveler son amitié.

C’est cet amour qu’Amoris Laetitia nous invite à fonder nos familles. C’est ce véritable amour que nous sommes particulièrement appelés à enseigner aux jeunes gens qui se préparent au mariage, en les instruisant sur « l’importance des vertus », parmi lesquelles la chasteté occupe une place de choix, « inestimable pour la croissance authentique de l’amour entre les personnes » (n° 206). Les programmes de préparation au mariage, élaborés avec soin à cette fin dans les paroisses et les zones pastorales, sont louables. Toutefois, ces cours ne suffisent pas à eux seuls ; ils doivent être précédés et soutenus par une éducation à l’amour qui accompagne la croissance de la personne dès l’enfance. À ce propos, le pape François a observé qu’« apprendre à aimer quelqu’un ne se fait pas automatiquement, et cela ne peut s’enseigner dans un atelier juste avant la célébration du mariage » (n° 208). Il a expliqué : « Pour chaque couple, la préparation au mariage commence dès la naissance » ( ibid . ) et tout ce qu’un jeune vit au sein de sa famille devrait contribuer à le rendre capable d’un « engagement total et définitif » ( i bid . ).

Ainsi, l’amour vécu au sein de la famille – avec ses moments de lutte, ses erreurs et ses échecs, mais aussi avec l’émerveillement de son quotidien imprévisible – devient la première école de l’affection humaine, le premier apprentissage précieux et irremplaçable de la joie d’aimer. C’est pourquoi nous devons reconnaître et soutenir les efforts de tant de familles qui vivent leur vocation et leur mission au quotidien, sans ostentation, mais parfois avec une fidélité héroïque. Elles offrent un témoignage généreux et convaincant des paroles de Jésus entendues dans l’Évangile : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis. Je vous ai établis pour que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » ​​( Jn 15, 16). Par le témoignage des parents, des enfants, des grands-parents, des jeunes et des personnes âgées, le message de vérité et de plénitude de vie de l’Évangile rayonne dans le monde.

L’évangéliste Jean nous a transmis l’enseignement simple et clair que Jésus a prononcé à la fin de sa vie terrestre : « Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » ( Jn 15, 12). Mettons-le en pratique afin de grandir en tant qu’Église, « famille de familles » ( Amoris Laetitia , n° 87), dans un climat de solidarité et d’entraide qui profitera à tous. Ainsi, les jeunes couples trouveront du réconfort au début de leur vie conjugale ; les parents seront soutenus face aux défis que représentent l’éducation des enfants et la gestion de la vie familiale ; et les personnes âgées seront reconnues et valorisées pour leur rôle de témoins de sagesse et de vertu, même lorsque leurs forces physiques déclinent. Les plus vulnérables, ceux qui traversent des épreuves et des crises, trouveront eux aussi soutien et encouragement, entourés d’affection et protégés des jugements et des préjugés. Rappelons-nous que « aussi blessée que puisse être la famille, elle peut toujours grandir en commençant par l’amour » ( XIVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, Relatio Finalis , 10 ).

Les valeurs d’ouverture à la vie et de respect de la vie, de la conception à la mort naturelle, s’enracinent également dans cette charité, fondamentale à notre existence et à notre vie commune en tant qu’êtres humains. La famille est la première gardienne de ces valeurs, un phare pour le bien de l’humanité. À cet égard, le pape François a souligné qu’« aucune union temporaire ou fermée à la transmission de la vie ne peut assurer l’avenir de la société » ( Amoris Laetitia , 52). Le monde n’a pas d’avenir sans familles fortes, ouvertes au don des enfants et attentives à leur éducation et à leur épanouissement.

Je voudrais rappeler une autre invitation importante de Jésus, dans les lectures que nous avons entendues : prier le Père « en mon nom » ( Jn 15, 16). Ces paroles nous rappellent que la famille est un lieu privilégié de prière. Malheureusement, dans de nombreuses régions du monde aujourd’hui, la pratique de la prière en famille – avant les repas, au début et à la fin de la journée, ou lors d’occasions spéciales – s’est perdue.  Amoris Laetitia nous rappelle qu’« il faut aussi souligner l’importance de la spiritualité familiale, de la prière et de la participation à l’Eucharistie dominicale » (n° 223). Elle recommande également aux familles de se réunir « régulièrement pour favoriser leur croissance spirituelle et leur solidarité face aux exigences concrètes de la vie » ( ibid .) . La prière commune et les sacrements jouent un rôle essentiel dans la vie familiale car ils ouvrent les cœurs à l’action de Dieu, permettant aux familles d’atteindre ensemble des dimensions qu’elles ne pourraient jamais atteindre seules. Ils sont en effet une nourriture solide et un remède salutaire. J’exhorte donc vivement chacun à redécouvrir et à encourager ces pratiques. […]