L’Observatoire de l’émancipation économique des femmes analyse dans son dernier rapport la « déroute économique » des mamans solos. Revenus, dépenses, logement… il apporte de nouveaux éléments chiffrés sur la monoparentalité, l’un des facteurs clés des inégalités hommes-femmes.
En France, un quart des familles sont monoparentales, et dans 82 % des cas, c’est une femme qui en assume seule la charge. Pourtant, ces familles disposent en moyenne de seulement 53 % des revenus d’un couple, alors que leurs besoins en représentent 83 %.. La 8e note de l’Observatoire de l’émancipation économique des femmes, publiée par la Fondation des Femmes avec le Crédit Municipal de Paris en partenariat avec ViveS Média, démontre que la monoparentalité agit comme un puissant facteur de précarisation économique pour les femmes, liée à cette situation d’une part mais qui révèle et amplifie d’autre part les inégalités construites au sein des couples hétérosexuels bien avant la séparation. […]
Les familles monoparentales ont des besoins équivalents à 83 % de ceux des couples avec enfants, parce qu’elles partagent les mêmes charges incompressibles : logement, énergie, alimentation, scolarité, garde. Mais elles ne disposent que de 53 % des revenus d’un couple, prestations sociales et pensions alimentaires incluses.
Un déficit moyen de 250 euros par mois
L’écart entre besoins et ressources représente un déficit moyen d’au moins 3 000 euros par an, soit 250 euros par mois. Cette somme manquante n’est pas un imprévu : c’est un manque structurel, qui se traduit par des renoncements quotidiens et par une vulnérabilité chronique au moindre aléa.
Une précarité qui s’amplifie après une séparation
Après une séparation, les mères subissent une baisse médiane de niveau de vie comprise entre 20 et 25 %. Et travailler ne suffit pas à protéger une mère isolée de la précarité : la note documente en détail l’ampleur du risque de pauvreté qui pèse sur les mères seules, même lorsqu’elles sont en emploi.
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