Dans un dossier consacré aux nouveaux bâtisseurs, moines, restaurateurs de calvaire, fondateurs d’école, France catholique a interrogé le père Cyrille, moine bénédictin à l’abbaye du Barroux, bientôt envoyé à Bellefontaine. Extrait :
Comment expliquez-vous que ce soient les cisterciens trappistes de Bellefontaine qui soient venus vous chercher pour reprendre l’abbaye?
Père Samuel, qui a gouverné la communauté de Bellefontaine par intérim, a très bien expliqué la chose:
« Les frères ne pouvaient pas continuer à vivre seuls sur cette propriété immobilière du XIXe siècle de 120 hectares, devenue trop grande, pour un petit groupe de moines dont la moyenne d’âge avait atteint 80 ans. Mais l’abbaye va continuer à vivre ! En effet, des bénédictins vont pouvoir reprendre le flambeau de la vie monastique et s’installer à Bellefontaine dans le courant de l’année 2026. »
Pourquoi les moines du Barroux? Nous avons toujours éprouvé de la vénération au Barroux pour le Père abbé un peu mythique de Bellefontaine, Dom Gabriel Sortais (1902-1963). Dans les réunions entre les monastères, des liens se sont aussi créés, notamment avec Père Samuel, qui a rénové le magasin de Bellefontaine sur le modèle de celui du Barroux. Bref, mystérieusement, nos deux communautés se préparaient à quelque chose qui fut une passation du flambeau monastique en un lieu qui n’a presque jamais cessé d’être un lieu de prière, de lecture sainte et de travail manuel, et ce depuis 1000 ans !
Louis Guéry, directeur général de SOS Calvaires, déclare de son côté :
« Il se passe clairement quelque chose en ce moment. Depuis quelque temps, on sent que les chrétiens ne craignent plus de s’engager. Que ce soit chez les laïcs ou les consacrés, l’état d’esprit change. Il faudrait que nous soyons trois à quatre fois plus nombreux pour répondre aux demandes des maires et des particuliers qui nous contactent… »
L’association restaure actuellement un calvaire par jour. La moitié des bénévoles « sont des convertis ou des recommençants ». L’association observe d’un regard lointain les débats sur « l’identitarisme catholique » qui agitent le microcosme médiatique. Pierre-Alain Greco, chargé de communication de SOS Calvaires, souligne :
« Ces calvaires font partie de l’identité des villages dans lesquels ils sont installés dans la mesure où ils font partie du patrimoine. Or, en latin, patrimoine signifie “l’héritage de nos pères”. Ce ne sont pas juste des morceaux de bois ! Aucun calvaire n’a jamais été posé là par hasard. Il y a un vrai attachement de la population. »
Le travail des bâtisseurs de SOS Calvaires s’inscrit dans la vie de l’Église : dans les prochains mois, quatre croix de calvaire restaurées seront bénies par des évêques lors de leur installation.
