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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Enzo Bianchi, fondateur de la Communauté de Bose, a assisté à la célébration du Vetus Ordo

Enzo Bianchi, fondateur de la Communauté de Bose, a assisté à la célébration du Vetus Ordo

Les restrictions imposées à la forme extraordinaire du rite romain, introduites par le pape François en 2021 avec Traditionis Custodes, sont de plus en plus impopulaires. Les appels à leur levée se multiplient au sein de l’Église et dans l’opinion publique, et la semaine dernière a été marquée par un geste significatif en ce sens. Le dimanche 19 juillet, Enzo Bianchi, fondateur de la Communauté de Bose, a assisté à la célébration du Vetus Ordo à 11 heures en l’église de la Misericordia à Turin.

Il est en effet l’une des figures les plus influentes du catholicisme progressiste. Né en 1943 dans le Piémont, Enzo Bianchi, marqué par le concile Vatican II qui s’achève, laisse tomber ses études de comptabilité en 1965 pour fonder à Bose une communauté monastique, œcuménique et mêlant hommes et femmes dans le célibat. La règle qu’il écrit en 1968 est approuvée la même année par l’archevêque de Turin mais la communauté n’obtient qu’en 2001 le statut d’association privée de fidèles.

Le site web Lo Spiffero a rapporté que Bianchi a également adressé un bref message aux fidèles à la fin de la liturgie. L’ancien prieur de Bose a réaffirmé son soutien au concile Vatican II et à la réforme liturgique, ajoutant toutefois espérer que les deux rites « puissent coexister ». Ce même esprit anime le motu proprio Summorum Pontificum, mandaté par Benoît XVI, convaincu que « les deux formes d’usage du rite romain peuvent s’enrichir mutuellement ».

Ce geste fort de Bianchi intervient deux mois après sa prise de position publique en faveur d’un « climat d’accueil et d’inclusion » envers les traditionalistes. Dans un article paru dans la revue mensuelle Vita Pastorale, le fondateur de Bose relate une anecdote concernant l’une de ses nombreuses rencontres avec François, au cours de laquelle le pape argentin lui aurait demandé conseil sur la manière d’entamer une réconciliation avec les lefebvristes. Bianchi aurait alors suggéré « une miséricorde qui cherche à les inclure, en veillant à ce que l’Eucharistie redevienne l’origine et la source de la communion pour tous ».

Si Bergoglio s’inquiétait des traditionalistes non en communion avec Rome, Léon XIV a démontré dans sa récente lettre aux évêques français qu’il souhaitait une plus grande bienveillance envers ceux qui, au contraire, restaient fidèles au Pape et subissaient les conséquences des mesures restrictives introduites en 2021. La position conciliante de Prévost a été défendue par Bianchi, qui, dans son article, l’a définie comme « une invitation pressante à la compréhension mutuelle, à cesser de se juger les uns les autres, dans le désir d’une véritable compréhension de l’autre et de ses raisons ». La solution pour lui est une « paix liturgique » au sens de « pax eucharistica ».

C’est dans ce sens que semblent s’interpréter la présence de Bianchi dans l’église de Turin, via Barbaroux, et ses paroles à la fin de l’ancienne liturgie autorisée par l’ordinaire du diocèse. Plusieurs participants ont été touchés par ce geste de proximité et de pacification liturgique dans lequel l’un reconnaît l’autre comme un frère, démontrant ainsi qu’il est possible d’accepter leurs positions sur la base d’une seule foi, sans que personne ne perde son identité et toujours en communion avec l’Église.

Le 22 août, Bianchi interviendra lors du 84e Cours d’études chrétiennes à Assise, lors d’une rencontre consacrée à la liturgie. Il sera accompagné d’Andrea Grillo, l’un des plus farouches opposants au Vetus Ordo. Les arguments de l’ancien gourou de Bose parviendront-ils à atténuer, ne serait-ce qu’un peu, l’hostilité inflexible du théologien, connu pour avoir été réprimandé par l’Athénée pontifical de Sant’Anselmo suite à un texte irrespectueux envers saint Charles Acutis ? Quoi qu’il en soit, la présence de Bianchi à Turin confirme que l’appel à la levée des restrictions sur la messe tridentine n’est plus l’apanage du monde traditionaliste, mais une conviction désormais largement partagée, même par ceux qui défendent des sensibilités ecclésiastiques différentes. 

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