L’ECLJ vient de remporter une victoire majeure devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans l’affaire Mavrakis et autres c. Turquie.
La Cour a condamné la Turquie pour avoir arbitrairement empêché deux prêtres grecs orthodoxes de siéger dans les conseils d’administration de leurs propres fondations communautaires à Istanbul. Cette décision constitue un précédent historique pour la protection de l’autonomie des communautés chrétiennes en Turquie.
L’ECLJ a été autorisé par la Cour à lui remettre des Observations écrites et la CEDH reprend directement les éléments structurels que nous y dénoncions:
- contrôle étatique des fondations communautaires chrétiennes,
- expropriations massives,
- absence de reconnaissance juridique des Patriarcats…
avec pour conséquence la fragilisation progressive de la présence chrétienne en Turquie.
Ce que l’ECLJ dénonce depuis des années est désormais reconnu par la CEDH.
Dans notre rapport sur La persécution des chrétiens en Turquie, nous avons montré comment les chrétiens –qu’ils soient orthodoxes, arméniens, catholiques ou protestants– font l’objet d’une surveillance particulière, subissent des restrictions administratives, des discriminations institutionnelles et des violences.
Cette politique structurelle d’affaiblissement a fait passer le nombre de chrétiens en Turquie de deux millions au début du XXᵉ siècle à une minorité résiduelle aujourd’hui.
Le pape Léon XIV lui-même a rappelé, lors de son voyage en Turquie en novembre 2025, l’importance de garantir la liberté religieuse et la protection des minorités chrétiennes.
Hélas, le problème ne concerne pas seulement les communautés chrétiennes historiques. Il touche également les protestants étrangers.
L’ECLJ est actuellement engagé devant la CEDH dans plusieurs affaires concernant des pasteurs, missionnaires, enseignants et familles chrétiennes expulsés de Turquie sous le prétexte fallacieux de «sécurité nationale». Ils sont expulsés ou interdits de retour sans aucun procès équitable et alors même que leurs activités religieuses sont parfaitement légales en droit turc.
Selon l’Association des Églises protestantes de Turquie (TEK), au moins 178 protestants étrangers ont été visés entre 2019 et 2025, affectant plus de 380 personnes avec leurs époux et enfants.
Après avoir soumis des Observations écrites dans l’affaire Wiest c. Turquie, nous sommes à présent intervenus dans vingt nouvelles requêtes groupées (Wilson et autres c. Turquie). Toutes révèlent les mêmes mécanismes administratifs opaques fondés sur les codes sécuritaires N-82 et G-82.
L’ECLJ a également mobilisé des députés du Parlement européen, qui ont adopté le 12 février 2026 une résolution condamnant ces expulsions abusives. Quelques semaines plus tard, la Commission européenne appelait à son tour la Turquie à respecter ses obligations en matière de liberté religieuse et de garanties juridictionnelles effectives.
Ces avancées sont le fruit d’années de travail juridique rigoureux, de plaidoyer institutionnel et du soutien fidèle de nos donateurs.
Mais le combat est loin d’être terminé. Votre soutien est indispensable pour permettre à l’ECLJ de continuer à défendre les chrétiens persécutés devant les juridictions internationales et les institutions européennes.
