L’Amour éternel du Père pour le Fils
« Tu es mon Fils bien-aimé » (Luc 3:22).
Avant que le monde existe, avant même que le temps commence son cours, l’amour était déjà pleinement manifesté au sein de la Trinité divine. Le Père trouvait ses délices éternelles dans son Fils bien-aimé. Rien ne troublait cette communion parfaite, immuable et infinie. Le Seigneur Jésus pouvait dire au Père : « Tu m’as aimé avant la fondation du monde » (Jean 17:24). Ces paroles nous introduisent dans un mystère sublime : avant toute création, avant l’existence des anges et des hommes, le Fils était l’objet éternel de l’amour du Père.
Cet amour n’a jamais connu ni commencement ni variation. Le Père aime le Fils d’un amour parfait, infini, saint et éternel. Le Fils répond à cet amour dans une communion absolue avec le Père. Toute l’Écriture nous présente cette relation merveilleuse. Lorsque le Seigneur Jésus marchait ici-bas, le ciel s’ouvrit à plusieurs reprises pour rendre témoignage à cette affection divine : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir » (Matthieu 3:17). Le Père trouvait toute sa satisfaction en Jésus : dans ses paroles, ses œuvres, son obéissance parfaite et sa sainteté sans défaut.
Durant toute sa vie terrestre, le Seigneur a manifesté cette dépendance parfaite envers son Père. Il ne cherchait jamais sa propre volonté, mais celle de Celui qui l’avait envoyé. Dans un monde marqué par le péché, la désobéissance et l’indépendance de l’homme, Jésus a glorifié son Père à chaque instant. Son chemin fut celui d’une obéissance constante, humble et parfaite. Même dans les circonstances les plus douloureuses, son amour pour le Père demeurait intact. Au jardin de Gethsémani, alors que l’angoisse de la croix pesait sur son âme sainte, il pouvait encore dire : « Non pas ma volonté, mais la tienne. »
La croix n’a nullement diminué l’amour du Père pour son Fils. Au contraire, elle en révèle toute la profondeur. Le Père a livré son Fils bien-aimé afin que des pécheurs perdus puissent être sauvés. Quel mystère insondable ! Celui qui était éternellement aimé du Père a accepté de souffrir pour nous, de porter le jugement du péché et de mourir à notre place. Là où le péché de l’homme s’est manifesté dans toute son horreur, l’amour de Dieu a resplendi dans toute sa grandeur.
Le Père aime le Fils et lui a remis toutes choses entre ses mains (Jean 3:35). Après les souffrances de la croix, Dieu l’a souverainement élevé et glorifié. Désormais, le Seigneur Jésus est assis à la droite de Dieu, couronné de gloire et d’honneur. Les croyants sont introduits par grâce dans cette sphère d’amour éternel. Nous sommes « agréés dans le Bien-aimé ». Quelle grâce merveilleuse ! Celui qui croit en Christ est accepté devant Dieu dans toute la valeur de la personne du Fils.
Ainsi, le chrétien n’est pas seulement pardonné ; il est aimé. Il est introduit dans une relation de proximité avec Dieu par le moyen du Seigneur Jésus. Le même amour dont le Père aime le Fils repose désormais sur ceux qui appartiennent à Christ. Cette vérité remplit le cœur de paix, d’assurance et d’adoration. Contempler l’amour éternel du Père pour son Fils conduit l’âme à se prosterner dans l’adoration.
L’amour des anges pour le Fils de Dieu
Les saints anges manifestent depuis leur création un profond attachement au Fils de Dieu. Créés par Lui et pour Lui, ils contemplent sa gloire céleste et exécutent avec joie ses commandements. L’Écriture déclare : « Que tous les anges de Dieu lui rendent hommage » (Hébreux 1:6). Leur amour est un amour d’adoration, de service et d’obéissance envers Celui qui est le centre des conseils éternels de Dieu.
Déjà avant l’incarnation, les anges étaient témoins des desseins divins concernant Christ. Mais lorsque le Fils de Dieu vint dans ce monde sous la forme d’un petit enfant, leur joie éclata publiquement. Une multitude de l’armée céleste apparut aux bergers pour annoncer la naissance du Sauveur : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et sur la terre paix » (Luc 2:14). Les anges reconnaissaient dans l’enfant couché dans une mangeoire le Seigneur de gloire venu accomplir l’œuvre de la rédemption.
Durant le ministère terrestre du Seigneur Jésus, les anges entourèrent constamment sa personne d’une sollicitude respectueuse. Après la tentation au désert, alors que Jésus avait remporté la victoire sur Satan, « les anges vinrent et le servirent » (Matthieu 4:11). Plus tard, dans le jardin de Gethsémani, lorsqu’il fut accablé d’angoisse devant la coupe des souffrances, « un ange lui apparut du ciel, le fortifiant » (Luc 22:43).
Quel spectacle pour les armées célestes ! Celui qu’ils adoraient depuis toujours était rejeté par les hommes. Leur Créateur était méprisé, insulté et crucifié. Pourtant, dans une parfaite soumission aux desseins de Dieu, ils n’intervinrent pas. Le Seigneur lui-même déclara qu’il pouvait demander à son Père plus de douze légions d’anges, mais le chemin de la croix devait s’accomplir.
Aujourd’hui encore, les anges trouvent leur joie dans l’exaltation du Christ glorifié. Ils adorent l’Agneau au ciel et contemplent avec admiration les merveilles de la grâce divine révélée dans l’Église. Leur regard demeure fixé sur Celui qui est digne de toute adoration.
L’amour des prophètes pour le Messie promis
Les prophètes de l’Ancien Testament ont profondément aimé le Dieu qu’ils servaient, mais aussi Celui que Dieu promettait d’envoyer : le Messie, Jésus-Christ. Bien qu’ils ne l’aient pas vu de leurs yeux, leurs cœurs étaient tournés vers sa personne et vers les gloires à venir. Ils annonçaient ses souffrances, sa royauté, sa grâce et son salut avec une foi vivante inspirée par l’Esprit de Dieu.
Le prophète Isaïe pouvait annoncer : « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; et la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera Merveilleux, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de paix » (Isaïe 9:5). Ces paroles témoignent déjà de l’admiration et de l’attente des prophètes pour la personne du Christ.
Ils contemplaient de loin les souffrances du Christ et les gloires qui suivraient. Ils vivaient dans l’espérance des promesses de Dieu. Leur exemple demeure précieux pour nous aujourd’hui. Nous aussi, nous sommes appelés à aimer la personne du Seigneur Jésus, même lorsque certaines vérités dépassent notre compréhension. La foi se nourrit des Écritures et apprend à demeurer humble devant les mystères divins.
L’adoration des mages et l’affection des saintes femmes
Les mages venus d’Orient représentent aussi ces cœurs attirés vers le Seigneur Jésus. Savants observant les astres, ils discernèrent dans l’apparition d’une étoile le signe de la naissance du Roi des Juifs. Ils entreprirent un long voyage afin de venir l’adorer. Lorsqu’ils trouvèrent le petit enfant : ” ils se prosternèrent et l’adorèrent » (Matthieu 2:11). Leur voyage, leur persévérance et leurs présents manifestaient l’honneur qu’ils rendaient au Christ.
Marie, la mère du Seigneur, exprime également une profonde adoration lorsqu’elle déclare : « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur » (Luc 1:46-47). Son cœur humble et soumis trouvait sa joie en Dieu.
Durant le ministère du Seigneur Jésus, plusieurs femmes manifestèrent un attachement fidèle à sa personne. Elles le suivaient, le servaient de leurs biens et écoutaient sa parole avec affection. Marie de Magdala, Jeanne, Suzanne et beaucoup d’autres demeuraient proches du Seigneur.
Au pied de la croix, alors que beaucoup avaient fui, ces femmes restèrent présentes dans le silence des larmes. Leur amour les retenait près du Sauveur souffrant. Puis, au matin de la résurrection, elles se rendirent au tombeau avec des aromates, poussées par une affection plus forte que la mort. Elles furent les premières témoins du Ressuscité, honorées d’annoncer la victoire du Seigneur sur la mort.
Pierre et l’amour restauré
Pierre aimait profondément le Seigneur Jésus. Son amour était ardent, sincère, mais souvent marqué par l’impulsivité de son caractère. Dès l’appel du Maître, il abandonna ses filets pour le suivre. Son cœur brûlait d’un attachement exclusif au Seigneur, au point de promettre fidélité jusqu’à la mort.
Pourtant, durant la nuit du reniement, Pierre tomba dans une profonde faiblesse. Devant une simple servante, il nia connaître son Maître. Mais lorsque le regard du Seigneur se posa sur lui, Pierre sortit et pleura amèrement. Son amour n’était pas éteint, mais brisé par la conscience de sa propre faiblesse.
Après sa résurrection, Jésus restaura avec grâce son disciple défaillant. À trois reprises, il lui demanda : « M’aimes-tu ? ». Humilié mais sincère, Pierre répondit : « Seigneur, tu sais toutes choses, tu connais que je t’aime ». Dès lors, son amour purifié devint plus humble et plus dépendant de la grâce divine. Il consacra sa vie au service du Seigneur jusqu’au martyre.
L’amour des premiers chrétiens pour Jésus-Christ
L’amour des premiers chrétiens pour le Seigneur Jésus se manifestait chaque jour. Animés par la foi en Celui qui était ressuscité, ils vivaient dans une communion fervente centrée sur sa personne. Rien ne pouvait éteindre leur attachement : ni les persécutions, ni les privations, ni les menaces de mort.
Leur amour pour Christ se traduisait par une vie fraternelle simple, sincère et généreuse. Leur regard était tourné vers le retour du Christ. Cette espérance vivante nourrissait leur fidélité et leur séparation du monde. Leur foi n’était pas centrée sur des institutions humaines, mais sur une personne vivante : le Seigneur glorifié.
Lorsque le Seigneur s’adresse à l’église de Thyatire, il peut encore dire : « Je connais tes œuvres, ton amour, ta foi, ton service et ta constance » (Apocalypse 2:19). Malgré les graves manquements de cette assemblée, le Seigneur reconnaît ce qui demeure pour Lui précieux : un amour sincère envers sa personne. Quelle grâce de voir que le Seigneur apprécie l’attachement de ses rachetés, même au milieu de beaucoup de faiblesse.
Notre amour pour le Seigneur aujourd’hui
Notre amour pour le Seigneur Jésus connaît souvent des variations. Comme l’assemblée d’Éphèse, nous pouvons abandonner notre « premier amour ». Les préoccupations de la vie, les occupations religieuses ou les attraits du monde risquent facilement d’affaiblir notre affection pour Christ.
Pourtant, le Seigneur demeure digne d’un amour entier et exclusif. Le Seigneur lui-même a déclaré : « Celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et je l’aimerai » (Jean 14:21). Plus nous contemplons l’amour éternel du Père pour le Fils, plus nos propres cœurs sont attirés vers Lui. La communion avec Christ nourrit l’adoration, fortifie la foi et produit une vie consacrée.
Puissions-nous donc garder les regards fixés sur Jésus, l’objet éternel de l’amour du Père ; celui qui a donné sa vie pour nous sauver et qui revient bientôt chercher les siens. Alors nos cœurs répondront avec reconnaissance, adoration et fidélité à celui qui nous a aimés le premier.
« C’est avec raison que l’on t’aime » (Le Cantique des Cantiques 1:4).
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