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Le ministère de la Santé distribue plus d’argent pour tuer que pour soigner

Le 12 octobre, le ministère de la Santé a publié au Bulletin officiel sa circulaire « relative à la deuxième phase de délégation des crédits de dotations aux établissements de santé pour 2026 ». Le document fixe les ressources d’Assurance maladie des établissements de santé : 868 millions d’euros supplémentaires sont distribués. Une phase qui « vient concrétiser les priorités fixées par le Gouvernement en matière de recherche, d’innovation et de santé publique », assure la ministre Stéphanie Rist.

Des dotations sont prévues pour les . Sur le plan des ressources humaines, 0,13 M€ seront consacrés à « l’affectation transitoire d’emplois de chef de clinique des universités-assistants des hôpitaux ». A ce montant s’ajoutent 0,8 M€ alloués « au titre des 12 mois à réaliser au sein d’établissements de santé par des assistants-spécialistes « médecine palliative » dont la prise de poste interviendra en novembre 2026 », et 0,1 M€, visant à financer 12 postes d’assistants-spécialistes douleur chronique. A titre de comparaison, le financement des postes de « conseillers en transition énergétique et écologique en santé (CTEES) » et de « coordinateurs régionaux des CTEES » s’élève, lui, à 3,6 M€.

Les soins palliatifs récupèreront quand même quelques financements supplémentaires au titre des « plans et mesures de santé publique ». Cette seconde circulaire affiche une allocation d’un million d’euros « pour le développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie dans le cadre de la stratégie décennale ».

D’autres secteurs bénéficient de financements d’une autre ampleur.

Ainsi, l’enveloppe dévolue au  est de 7 M€ afin de « compenser les charges non facturables liées à la pratique de ce diagnostic ». Les centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN) recevront une dotation de 16,2 M€. Ce sont ces centres qui délivrent les « attestations de particulière gravité » en vue d’un avortement (interruption médicale de grossesse).

Enfin les « surcoûts cliniques et biologiques de l’assistance médicale à la procréation » pourront être couverts à hauteur de 42 M€.

65 millions d’euros pour la PMA et le diagnostic prénatal ou préimplantatoire, à peine 2 millions d’euros pour les soins palliatifs. « Les priorités fixées par le Gouvernement » sont claires. 

Soullans : Plus de 500 personnes ont assisté à la messe de réparation

Lu sur Boulevard Voltaire :

Le lundi 11 octobre Mgr Renauld de Dinechin, évêque de Luçon, a célébré une messe de réparation en l’église de Soullans, près de deux semaines après la profanation par un groupe de jeunes adolescents qui avaient dansé dans le sanctuaire en entonnant les paroles du rappeur Boro 700 célébrant les attentats islamistes de Mohammed Merah et de Salah Abdeslam.

Elle regrettait son avortement et elle a été punie pour en avoir parlé

Lu sur LifeSiteNews cette histoire au Canada :

Elle se souvenait de la salle d’attente. Des chaises. Des formulaires. Des voix agréables qui lui disaient que tout irait bien.

Elle se souvenait aussi du silence pesant qui suivit. Personne ne l’avait prévenue de ça.

Elle se souvenait surtout de l’enfant qu’elle n’avait jamais rencontré.

Des années plus tard, elle se trouvait de l’autre côté d’une rue à double sens, face à un autre centre d’avortement. Pas celui où elle avait avorté. Mais c’était tout comme.

Des voitures passaient entre elle et le bâtiment. Des gens allaient et venaient. Rien dans l’endroit ne laissait présager quoi que ce soit d’extraordinaire.

Elle était venue dans l’espoir d’épargner à une autre femme le chagrin qu’elle connaissait si bien. 

Elle ne portait aucune pancarte. Elle ne scandait aucun slogan. Elle ne bloquait aucune porte. Elle n’a même pas traversé la rue.

Elle parlait simplement avec des femmes qui voulaient bien l’écouter.

« J’ai avorté. Elles m’ont dit que je me sentirais soulagée. Je ne l’ai pas été. Je le regrette chaque jour depuis. »

Certains écoutèrent. D’autres non. Ceux qui souhaitaient partir partirent. Ceux qui souhaitaient parler restèrent.

Deux femmes discutent. L’une confie à l’autre quelque chose qu’elle aurait aimé qu’on lui dise.

L’affaire aurait dû s’arrêter là. Mais non.

Après une de ces conversations, un policier s’est approché.

« Madame, vous n’avez pas le droit de faire cela ici. »

« Faire quoi? »

« Essayez de dissuader les femmes d’avorter. Vous êtes dans la zone d’accès privilégiée. »

« Mais je suis de l’autre côté de la rue. »

« La zone d’accès s’étend sur 50 mètres à partir de la propriété. »

«Je n’ai même pas traversé la route.»

« Cela n’a pas d’importance. »

Elle le regarda un instant, essayant de comprendre. 

« Je n’ai menacé personne. Je n’ai fait obstruction à personne. Et lorsque la femme a cessé de vouloir me parler, je suis parti. »

L’agent écouta. Peut-être même comprit-il. Puis il prit son carnet de contraventions.

« C’est illégal. »

Voilà. Quatre mots ordinaires. Ses paroles avaient l’autorité de l’État. Les siennes constituaient une offense à son égard.

Elle regarda le ticket jaune. 

Un rendez-vous. Une salle d’audience. La machine judiciaire en marche. Pour une conversation. Dans une « zone d’accès restreint ».

Elle regarda de nouveau le bâtiment. Des années auparavant, dans un autre endroit très semblable, on lui avait dit que le choix lui appartenait. Que personne n’avait le droit de lui dire le contraire. 

Elle les avait crus.

Elle était désormais convoquée au tribunal pour avoir confié à une autre femme le prix que ce choix lui avait coûté.

La loi avait protégé son droit à l’avortement. Elle ne protégerait pas son droit d’exprimer ses regrets. Pas là ni au moment où cela comptait le plus.

De l’autre côté de la rue, les femmes continuaient de franchir les portes, libres de faire leur choix. Mais apparemment pas libres d’écouter le témoignage de celles qui les avaient précédées. 

Elle aurait voulu leur dire quelque chose. La loi, elle, avait quelque chose à lui dire.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

La loi qui a amené un policier de l’autre côté de cette rue de l’Alberta a une histoire.

En 2018, le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley a présenté le projet de loi 9, la Loi sur la protection du choix des femmes en matière d’accès aux soins de santé .

Son objectif déclaré était de protéger les femmes souhaitant avorter et le personnel des centres d’avortement contre le harcèlement, l’intimidation et les ingérences.

Elle a établi des « zones d’accès », communément appelées zones de bulle, autour des établissements pratiquant l’avortement, s’étendant généralement sur 50 mètres à partir des limites de leur propriété.

Mais la loi ne se limite pas à interdire les menaces, le harcèlement ou l’obstruction. Elle restreint également certaines formes de communication visant à dissuader les femmes d’avorter. C’est là qu’intervient la voisine d’en face. Même une conversation pacifique entre deux personnes consentantes peut enfreindre ses dispositions.

Lorsque le projet de loi 9 a été présenté à l’Assemblée législative, l’opposition officielle était dirigée par Jason Kenney.

Kenney a dénoncé cette loi comme une manœuvre politique du NPD, arguant que les lois existantes traitaient déjà du harcèlement.

Lui et son groupe parlementaire ont réagi en quittant l’Assemblée législative.

Pas une fois. Pas deux fois. Quatorze fois.

Un seul député de l’UCP, Angela Pitt, a pris la parole au sujet du projet de loi lors des débats.

Le député indépendant Derek Fildebrandt s’est opposé aux restrictions à la liberté d’expression prévues par le projet de loi, aux amendements proposés, et a finalement été le seul à voter contre le projet de loi lors de la troisième lecture.

La loi a reçu la sanction royale le 11 juin 2018.

Jason Kenney devint premier ministre l’année suivante.

La loi qu’il avait dénoncée comme inutile est restée en vigueur tout au long de son mandat de Premier ministre.

Danielle Smith lui a succédé en octobre 2022. 

Il s’agit de la même Danielle Smith dont le gouvernement allait plus tard promulguer la « loi Jordan Peterson », protégeant les professionnels réglementés de toute sanction disciplinaire pour avoir exprimé leurs opinions personnelles en dehors du lieu de travail.

Smith a déclaré :

« Lorsque les organismes de réglementation commencent à sanctionner les gens pour avoir simplement exprimé leur opinion pendant leur temps libre, il s’agit d’un abus de pouvoir et, dans le pire des cas, cela devient une menace directe pour la liberté d’expression. »

Alors que le gouvernement de Smith a légiféré pour protéger les professionnels contre les sanctions de leurs ordres professionnels pour avoir exprimé leurs opinions, il a exposé les citoyens albertains ordinaires opposés à l’avortement à des sanctions de la part de l’autorité de réglementation suprême – l’État lui-même – pour avoir exprimé leurs opinions à l’extérieur d’un établissement pratiquant l’avortement. Même lorsque la conversation est volontaire. Même lorsqu’elle a lieu sur la voie publique.

En octobre 2024, le Western Standard a demandé à Alberta Health si le gouvernement avait l’intention de modifier la loi.

La réponse : « Nous n’avons pas l’intention d’apporter de changements. »

Six mots. Aucune explication. Aucune intention de revoir les restrictions à la liberté d’expression.

Deux ans plus tard, la loi est toujours en vigueur.

La loi et la femme

Le gouvernement affirme que les zones d’accès protègent les patients et le personnel contre le harcèlement et les interférences. La femme qui habite de l’autre côté de la rue illustre la tension entre cet objectif et la portée de la loi.

Elle n’a menacé personne. Elle n’a bloqué aucune entrée. Elle n’a même pas traversé la route pour se rendre du côté où se trouve la clinique d’avortement.

Ces conversations étaient volontaires.

Pourtant, elle risque des poursuites judiciaires pour avoir parlé.

Mahatma Gandhi a écrit un jour :

« Une loi injuste est en soi une forme de violence. L’arrestation pour violation de cette loi l’est encore davantage. »

Gandhi comprenait que légalité et justice ne sont pas interchangeables. L’existence d’une loi ne garantit pas sa légitimité morale. 

Une loi injuste ne devient pas juste parce que son application est courtoise. L’agent peut parler doucement. La contravention peut être dressée sans incident. Mais derrière tout cela se cache le pouvoir coercitif de l’État.

Il convient de distinguer la protection d’une femme contre le harcèlement du fait de l’empêcher d’écouter une personne à qui elle a volontairement consenti. Si l’objectif est de prévenir le harcèlement, pourquoi la loi s’applique-t-elle également aux conversations où personne n’est harcelé ? 

En Alberta, les services d’avortement sont entièrement pris en charge par le système public de santé. Les Albertains ne sont pas de simples spectateurs de ce débat. Ce sont des contribuables qui, de gré ou de force, financent à la fois les avortements et l’application d’une loi interdisant toute tentative de dissuasion des femmes d’y recourir.

Mais pour la femme d’en face, il ne s’agissait pas d’un débat abstrait sur les politiques publiques. Une autre vie humaine était en jeu. Elle savait ce que signifiait mettre fin à la vie en elle – et ce que signifiait vivre avec cette décision. Elle était venue offrir aux autres femmes le soutien et la compréhension qu’elle aurait souhaité recevoir avant son propre avortement.

La voisine d’en face avait quelque chose à dire. Ses interlocutrices étaient disposées à l’écouter. Chacune aurait pu mettre fin à la conversation.

Mais l’État y était également entré.

Et elle n’accepterait pas un refus.

France, Hongrie, Europe : le déclin de la démocratie

Qui gouverne en Europe ? Quel avenir pour la démocratie ? C’était le thème de la conférence organisée au Parlement européen le 13 octobre 2026, à l’invitation du groupe « Patriotes pour l’Europe ». Intervention de Nicolas Bauer, docteur en droit public et chercheur à l’ECLJ.

Cette conférence réunissait également les députés Tamás Deutsch, Balázs Orbán et András László (Hongrie), Anna Bryłka (Pologne), Branko Grims (Slovénie), René Aust (Allemagne), ainsi que Lili Zemplényi et Ágoston Sámuel Mráz (Institut Nézőpont), Paul McCarthy et Zack Smith (Heritage Foundation), et Frank Füredi, professeur de sociologie et ancien directeur exécutif du MCC Brussels

Missionnaire dans ma paroisse : Frédéric et Floria

Dans ce sixième et dernier épisode, Frédéric, chef de région au sein de Notre-Dame de Chrétienté, et Floria, chef de chapitre et convertie, partagent leur expérience de la mission vécue au quotidien dans leur paroisse. Quelles initiatives concrètes ont été mises en place ? Comment créer une dynamique missionnaire locale, faire grandir la vie fraternelle et aider chacun à approfondir sa vie spirituelle ?

🌱 À travers leur témoignage, ils reviennent sur les fruits déjà visibles de ces initiatives et proposent plusieurs pistes de réflexion pour faire de la mission une réalité concrète au cœur de la vie paroissiale.

 

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Afrique l’histoire à l’endroit, le dernier « Lugan », explosif comme toujours !

La formule « L’histoire à l’endroit » est une marque de fabrique de l’historien Bernard Lugan, spécialiste controversé de l’Afrique. Il utilise cette expression en titre de plusieurs ouvrages pour contester ce qu’il qualifie de « dogmes », de « vision officielle » ou de « paramnésie victimaire ».

Ce livre « Afrique histoire à l’endroit », ouvrage fondateur de Bernard Lugan – paru pour la première édition en 1989 – réédité et actualisé chez Ellipses, n’est pas une histoire globale de l’Afrique. Son but n’est pas de présenter le passé du continent dans sa longue durée à travers l’exhaustivité de ses composantes. Un tel livre existe déjà : « Histoire de l’Afrique. Des origines à nos jours ». La finalité du présent ouvrage est de mettre à la disposition du public les nouveautés scientifiques qui ont fait exploser les dogmes sur lesquels repose encore la culture africaniste dominante, la culture « politiquement correcte ». Nouveautés que le monde médiatique et la classe politique ignorent car elles pulvérisent leurs certitudes idéologiques ancrées sur un état des connaissances désormais obsolète.

Ce livre d’une lecture simple et accessible, présente les grandes nouveautés scientifiques qui mettent à mal les dogmes sur lesquels repose la culture africaniste dominante, matrice de la paramnésie victimaire sur laquelle est construit l’acte d’accusation de l’Europe. C’est un manifeste de rupture. Le but revendiqué par Bernard Lugan est de « remettre à l’endroit » une histoire de l’Afrique qu’il estime falsifiée par l’idéologie tiers-mondiste, le post-colonialisme et ce qu’il nomme le « politiquement correct africaniste ». Il cherche à détruire les grilles de lecture culpabilisatrices occidentales pour imposer une vision de l’Afrique basée sur des réalités géographiques, climatiques et surtout ethniques. La cartographie de Bernard Lugan constitue un outil pédagogique majeur, s’appuyant sur quarante-deux cartes en couleur minutieusement dessinées. Ses tracés illustrent avec précision le décalage flagrant entre les frontières coloniales artificielles et les réalités ethniques, linguistiques et historiques de l’Afrique. Ce travail visuel permet de matérialiser instantanément les lignes de fracture géopolitiques et de mieux comprendre la genèse des conflits contemporains. Les thèmes majeurs sont abordés ici et décortiqués, simplement, preuves à l’appui.

– La remise en cause de « l’Éden » précolonial : Lugan rejette l’idée que l’Afrique précoloniale était un espace pacifique et paradisiaque dont l’équilibre aurait été brisé par l’Europe. Il rappelle que les guerres tribales et les razzias étaient des constantes historiques bien antérieures à l’arrivée des Européens ; que les dynamiques internes de domination (comme les empires djihadistes) étaient extrêmement brutales.
L’ethnisme comme moteur principal : Pour l’auteur, l’ethnie est la clé de voûte indispensable pour comprendre le continent. Il soutient que vouloir plaquer le modèle occidental de l’État-nation sur des frontières artificielles issues de la colonisation est une erreur fondamentale. Selon lui, « si l’ethnisme n’explique pas tout, rien ne s’explique sans lui » en Afrique.

– La déconstruction des mythes sur la Traite : c’est une remise cause argumentée et prouvée du tabou des responsabilités de l’esclavage Lugan démontre que la traite atlantique n’était pas une entreprise unilatérale de l’Europe mais un partenariat commercial entre acheteurs européens et vendeurs (rois et élites) africains. Et que les traites arabo-musulmanes et internes à l’Afrique ont été numériquement plus longues et destructrices, bien qu’elles soient souvent occultées.

– Un bilan économique désastreux de la colonisation : à contre-courant du concept de « pillage colonial », Lugan affirme, chiffres à l’appui, que la colonisation a constitué un gouffre financier pour la France. L’État français s’est appauvri en investissant massivement dans des infrastructures (routes, hôpitaux, écoles, réseaux d’eau) qui ont profité aux populations locales, au détriment du développement de la métropole.

– L’échec des indépendances : constat sévère sur l’Afrique post-1960. Lugan estime que le continent était globalement plus autosuffisant, paisible et épargné par les famines dans les années 1950 qu’après le départ des puissances coloniales. L’effondrement des structures productives est, selon lui, attribuable à la corruption interne et à des idéologies inadaptées plutôt qu’à un impérialisme persistant.

Les travaux de Bernard Lugan ont le mérite de proposer une approche de l’Afrique libérée de la repentance et des prismes idéologiques contemporains. Son analyse met avec force l’ethnisme et l’identité des peuples au cœur des dynamiques géopolitiques africaines, offrant des clés de lecture réalistes sur les conflits et les frontières artificielles. De plus, ses recherches sur le coût économique réel de la colonisation invitent à un bilan scientifique plus nuancé et rigoureux de cette période.
Cette nouvelle édition actualisée de l’œuvre de Bernard Lugan invite l’Afrique de demain à s’affranchir des illusions occidentales pour bâtir son avenir sur ses propres réalités ethnoculturelles. En replaçant l’identité profonde des peuples au cœur de la géopolitique, ses travaux tracent la voie d’une renaissance africaine pragmatique et souveraine.

Un livre passionnant, complet, d’une lecture simple et accessible qui permet de mieux comprendre les enjeux politiques actuels.

Plus d’informations et commandes sur LIVRES EN FAMILLE :
https://www.livresenfamille.fr/histoire-du-monde/31057-afrique-l-histoire-a-l-endroit.html?ref=043193205
Bernard Lugan, Afrique l’histoire à l’endroit, Editions Ellipses, 204 pages, 26€

Retrouvez l’oeuvre complète de ce grand historien de l’Afrique :
https://www.livresenfamille.fr/3613_bernard-lugan

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Controverse autour du film Délivre-nous du Mal : La réponse de l’Association Internationale des Exorcistes

Le Bureau National des Exorcistes en France avait publié une note critique à l’égard de ce film, envoyée à de nombreux diocèses et médias catholiques. L’Association Internationale des exorcistes (AIE) a souhaité publier une réponse très pertinente et pédagogique, qui reprend et répond avec tact à tous les points abordés dans cette note. Non sans élégance, l’AIE, « qui a suivi le projet (du film) tout au long de sa réalisation et lui a accordé son parrainage, » s’étonne de la différence de perception de leurs homologues français par rapport aux nombreuses critiques positives sur ce film à l’international, mais se réjouit que les « sérieuses réserves » émises par le BNE puissent être « une occasion utile d’approfondir et de préciser davantage la lecture du film, sans pour autant effacer ses nombreux aspects positifs. »

« Délivre-nous du Mal » : une nouvelle façon de raconter l’exorcisme

10 octobre 2026 par l’Association internationale des exorcistes

Dans le paysage cinématographique consacré au thème de l’exorcisme, le docu-fiction « Liberanos » (Délivre-nous du Mal en Français), réalisé par Giovanni Ziberna et Valeria Baldan, occupe une place tout à fait particulière et inédite.

Fruit d’un travail qui a duré près de dix ans, ce documentaire a été conçu avec un objectif précis : offrir au public une représentation de l’exorcisme catholique aussi éloignée que possible des stéréotypes du cinéma d’horreur et faire découvrir au grand public la réalité d’un ministère ecclésial souvent connu uniquement à travers des films, des récits sensationnalistes ou des préjugés. Dès la sortie du film, la presse italienne a souligné précisément cette intention : montrer la vérité du rite de l’exorcisme, qui est très différente de celle habituellement proposée par le cinéma.

Sa particularité a également été reconnue à l’étranger. En Espagne, le magazine spécialisé dans le cinéma, les séries télévisées et la culture audiovisuelle FilaSiete l’a qualifié de documentaire « surprenant et réussi », soulignant son naturel, sa clarté doctrinale et l’absence totale de morbidité. En France, à l’occasion de sa sortie en salles, une critique a une nouvelle fois souligné la volonté de présenter l’exorcisme loin des clichés du cinéma. On est donc en droit de se demander : qu’est-ce qui rend « Délivre-nous du Mal » si différent des autres films sur les exorcismes ?

De la peur à la connaissance

Le premier élément distinctif est le refus du sensationnalisme. Le cinéma consacré à l’exorcisme, notamment depuis le film L’Exorciste de William Friedkin, sorti en 1973, a souvent associé ce phénomène à des manifestations spectaculaires : visages déformés, cris, violence, phénomènes paranormaux, vomissements, lévitations et autres images destinées avant tout à susciter la peur. Délivre-nous du Mal fait le choix inverse. Il ne nie pas la réalité de l’action extraordinaire du démon, ni ne cherche à réduire le sujet à une explication purement psychologique, mais s’efforce de comprendre et d’expliquer ce que l’Église enseigne réellement et ce que les exorcistes vivent concrètement. C’est précisément ce choix que le mensuel italien Il Timone a identifié comme l’un des principaux atouts du film : raconter « la vérité du rite de l’exorcisme », loin des productions qui s’intéressent presque exclusivement à l’aspect sensationnaliste. Le film ne vise donc pas principalement à effrayer le spectateur, mais à l’informer. La différence est donc fondamentale.

La parole aux exorcistes

Un deuxième atout majeur réside dans le choix des personnes invitées à s’exprimer. Le documentaire ne construit pas un univers fantastique dans lequel l’exorcisme est raconté à travers des personnages fictifs, mais constitue plutôt une tentative de transmettre des éléments fondamentaux de la démonologie, la beauté de la théologie de l’exorcisme, ainsi que les aspects caractéristiques de la pratique pastorale qui y est liée. Ce sont des prêtres exerçant ce ministère qui s’expriment, accompagnés de théologiens et de professionnels de la santé mentale.

Parmi les témoignages, celui de don Gabriele Amorth, interviewé par les auteurs dès 2012 et aujourd’hui décédé, occupe une place particulière. Sa présence confère au film une valeur documentaire et historique particulièrement significative. À ses côtés interviennent d’autres exorcistes, dont le père Francesco Bamonte, président de l’Association internationale des exorcistes de 2012 à 2023, le frère Benigno Palilla, responsable de la formation des exorcistes en Sicile, ainsi que d’autres prêtres et des experts des domaines médical et psychiatrique. Le spectateur est ainsi amené à écouter la voix de ceux qui vivent et connaissent de l’intérieur le ministère de l’exorcisme, plutôt que celle de scénaristes qui utilisent l’exorcisme comme un simple artifice narratif.

L’exorciste n’est pas un « super-héros »

L’un des aspects les plus importants de ce documentaire est la présentation correcte de la fonction ecclésiale de l’exorciste. Le prêtre n’est pas présenté comme une sorte de « chasseur de démons » – image typique du marketing publicitaire –, doté de pouvoirs personnels ou engagé dans une lutte individuelle contre une puissance surhumaine. La perspective est ecclésiologique : l’exorciste est un prêtre qui exerce, au nom de Jésus, un ministère qui lui a été confié par l’Église afin d’apaiser les souffrances des « plus pauvres parmi les pauvres ». Comme l’a fait remarquer la revue FilaSiete, les exorcistes eux-mêmes rappellent qu’ils ne sont pas des super-héros : ils prient, tandis que c’est le Christ qui libère à travers la prière de l’Église. Cette précision est essentielle car elle corrige l’une des déformations cinématographiques les plus répandues. L’exorcisme chrétien n’est pas un affrontement entre deux pouvoirs équivalents : il ne correspond pas à une dimension agonique entre l’exorciste et le démon ; c’est le Christ, vainqueur du démon, qui est invoqué par l’Église pour la libération de l’homme.

Foi et raison : l’importance du discernement

La présence de professionnels de la santé mentale constitue un autre élément très précieux. Le film ne propose pas une vision simpliste selon laquelle tout comportement inhabituel, toute souffrance psychique ou tout phénomène apparemment inexplicable devrait être attribué au diable. Le discernement constitue au contraire un élément essentiel. Une récente critique dans un média français a particulièrement apprécié cet aspect, soulignant que le film se situe entre deux extrêmes tout aussi problématiques : d’une part, le risque de voir une présence démoniaque derrière tout phénomène apparemment anormal, d’autre part, la prétention de considérer a priori comme absurde toute dimension spirituelle. La réponse réside dans le discernement. C’est l’une des caractéristiques qui rendent Délivre-nous du Mal particulièrement utile, même pour un public non croyant.

Les reconstitutions ne sont pas de véritables exorcismes

Un autre mérite concerne le respect de la dignité des personnes faisant l’objet de ce ministère. Les scènes d’exorcisme qui apparaissent dans ce docu-fiction ne sont pas des enregistrements de véritables exorcismes, mais des reconstitutions cinématographiques basées sur des témoignages et des expériences réelles auxquelles ont assisté les deux créateurs et réalisateurs du film, Giovanni Ziberna et Valeria Baldan. La raison est évidente : l’Église ne permet pas qu’un véritable exorcisme soit transformé en spectacle cinématographique. Les auteurs eux-mêmes ont expliqué que les scènes ont été reconstituées précisément pour rendre compréhensibles les expériences racontées par les exorcistes, tout en respectant la confidentialité des personnes concernées. Cela constitue un élément supplémentaire qui le distingue du cinéma d’horreur.

Un documentaire à vocation pédagogique

Délivre-nous du Mal ne se contente pas de raconter quelques cas, mais poursuit une vocation pédagogique précise. Les exorcistes expliquent qui est le démon, comment il peut agir, quels sont les dangers de l’ésotérisme, de l’occultisme, de la magie et du spiritisme, et quels sont les moyens ordinaires par lesquels l’Église combat le mal. La critique du journal catholique international Omnes est allée jusqu’à qualifier le film de véritable « masterclass de démonologie », soulignant que les témoignages des exorcistes constituent une introduction simple mais profonde à la théologie du bien et du mal. Sa valeur ne réside donc pas seulement dans le fait de montrer, mais dans la tentative de communiquer une vision théologique et expérientielle précise et correcte.

Le danger de l’occultisme

La mise en garde contre les dangers de l’occultisme contemporain est également particulièrement d’actualité. Les exorcistes interrogés mettent surtout en garde contre les pratiques qui sont banalisées et transformées en jeu, en mode ou en simple curiosité: spiritisme, magie, ésotérisme, pratiques New Age et autres formes de recherche de ce qui sort du naturel. C’est un aspect important car il déplace l’attention du phénomène extraordinaire vers la prévention. En ce sens, le film ne vise pas simplement à répondre à la question « comment célèbre-t-on un exorcisme ? », mais aussi à une question bien plus importante : comment faire pour ne plus en avoir besoin ? La réponse passe par une foi vécue, une collaboration personnelle et responsable avec la grâce de Dieu, la vie sacramentelle, la prière, la relation avec Dieu et le rejet de toute pratique occulte.

La place centrale de l’Église

Un autre élément qui distingue Délivre-nous du Mal est sa dimension ecclésiale. L’exorcisme n’est ni une technique ésotérique, ni une pratique magique, ni une forme particulière de psychothérapie : c’est un ministère de l’Église que le Christ lui-même a exercé le premier et qu’il a ordonné à son Église de continuer à exercer en son Nom jusqu’à la fin des temps. Cette précision a également été rendue possible grâce à la collaboration avec l’Association internationale des exorcistes (AIE), qui a suivi le projet tout au long de sa réalisation et lui a accordé son parrainage. La presse italienne et internationale a souligné que cette collaboration constituait une caractéristique exceptionnelle et singulière de l’œuvre. La collaboration avec l’AIE est donc l’une des principales différences par rapport aux productions cinématographiques traditionnelles sur le sujet.

Un film qui a dépassé les frontières italiennes

L’intérêt suscité par ce docu-film ne s’est pas limité à l’Italie. En 2024, Délivre-nous du Mal a été distribué en Espagne, puis dans plusieurs pays d’Amérique latine. En 2025, il est sorti aux États-Unis sous le titre : « Triumph over Evil – Battle of the Exorcists », atteignant, selon les données communiquées par l’AIE et reprises par AgenSIR, la huitième place du box-office américain parmi les sorties indépendantes lors de sa semaine de lancement. En septembre 2026, il est également sorti dans les salles françaises. La presse française a une nouvelle fois souligné son caractère non sensationnaliste et l’importance accordée au discernement. Cette diffusion internationale est significative. Elle démontre qu’il existe un public prêt à écouter un discours sérieux sur l’exorcisme, même lorsque celuici n’est pas présenté selon les formules traditionnelles du cinéma d’horreur.

Les observations du Bureau national des exorcistes français

C’est précisément parce que cette analyse se veut sérieuse et exhaustive qu’on ne peut ignorer une voix critique qui s’est fait entendre ces derniers jours. À l’occasion de la sortie du film en France, le Bureau national des exorcistes (BNE) a examiné le film lors de la session de Valpré. Le 6 octobre 2026, un avis a été rendu public dans lequel le BNE, par la voix de son évêque référent, Mgr Pascal Roland, exprime de « sérieuses réserves » sur certains aspects du documentaire. Parmi les questions soulevées figure tout d’abord l’impression que l’accent est mis davantage sur le démon que sur le Christ Sauveur. Le BNE signale en outre d’autres éléments qui, à son jugement, méritent une attention particulière. Il s’agit d’observations qui ne doivent être ni ignorées ni absolutisées. D’une part, elles rappellent une vérité fondamentale : dans tout authentique ministère de libération chrétienne, le centre n’est pas le démon, mais Jésus-Christ. Il est nécessaire de parler du mal, mais uniquement dans la mesure où cela conduit à reconnaître plus clairement la victoire du Christ. D’autre part, il est significatif que ce même film ait été interprété par d’autres critiques précisément sous cet angle positif : FilaSiete, par exemple, souligne que les exorcistes affirment clairement que ce ne sont pas eux qui libèrent, mais le Christ, par la prière de l’Église ; Omnes met également en évidence que le documentaire se termine par un message d’espoir et par une référence à l’intercession de la Vierge Marie. C’est précisément cette fin, empreinte de confiance et d’espérance chrétienne, qui a fait que de nombreux spectateurs sont sortis de la salle le cœur rempli de joie et le sourire aux lèvres.

Les observations du BNE peuvent donc être considérées comme une occasion utile d’approfondir et de préciser davantage la lecture du film, sans pour autant effacer ses nombreux aspects positifs. Au contraire, une œuvre qui suscite une réflexion aussi nuancée montre qu’elle a atteint l’un des objectifs fondamentaux de tout documentaire sérieux : faire réfléchir et ouvrir un débat.

Le rôle de la Vierge Marie et l’espoir chrétien

L’un des plus beaux aspects de la partie finale du film est la référence à la Vierge Marie. Après avoir abordé la réalité du mal et de l’action du démon, le documentaire ne laisse pas le spectateur dans la peur. La conclusion s’ouvre au contraire sur l’espoir. La critique d’Omnes a justement souligné cet élément : le film, malgré la dureté du sujet, se termine par un message d’espoir et présente la Vierge Marie comme une Mère qui vient en aide à ses enfants dans leur lutte contre le malin en intercédant en leur faveur auprès de son Fils Jésus-Christ. C’est un élément décisif pour comprendre la signification du titre. « Délivre-nous du Mal » ne signifie pas le triomphe de l’homme sur le démon par ses propres moyens. Cela signifie le triomphe du Christ sur le mal. Et c’est cette perspective qui devrait toujours guider tout discours chrétien authentique sur l’exorcisme.

Un film sur le diable ou un film sur la victoire du Christ ?

Cette question est peut-être la plus importante que Délivre-nous du Mal pose au spectateur. Si l’on s’en tenait aux images de la possession diabolique, aux témoignages des exorcistes ou aux manifestations extraordinaires, on risquerait de le considérer simplement comme un film sur le diable. Mais sa structure globale en dit davantage : en effet, les images de la possession révèlent, entre autres, la souffrance que vivent certains enfants de Dieu, que l’Église qualifie à cet égard de « les plus pauvres parmi les pauvres ». Le film entend en outre expliquer que le diable est une réalité personnelle et spirituelle ; il veut mettre en garde contre les portes qui peuvent favoriser son action extraordinaire ; il veut expliquer le ministère ecclésial de l’exorciste ; il veut montrer l’importance du discernement ; mais il veut aussi indiquer les outils grâce auxquels l’Église combat cette action. Et, surtout, il veut rappeler que le mal n’a pas le dernier mot. C’est là la différence fondamentale par rapport à une grande partie du cinéma d’horreur. Dans les films d’horreur, le démon est souvent le protagoniste absolu et la peur est le cheval de bataille. Dans Délivre-nous du Mal, en revanche, le mal est abordé afin que le spectateur puisse comprendre la nécessité de la vigilance, de la foi et de la confiance dans le Christ, et enfin pour mettre l’homme en garde quant à l’importance de sa liberté de choisir entre le bien et le mal. L’exorcisme est en outre décrit dans sa spécificité théologique et spirituelle propre, en tant qu’expérience de Dieu.

Pourquoi Délivre-nous du Mal se distingue des autres films sur les exorcismes

À la lumière des critiques italiennes, espagnoles et françaises, ainsi que de l’accueil international, nous pouvons résumer les principaux éléments d’originalité de ce docufilm :

  1. Il ne cherche pas principalement à effrayer, mais à informer.
  2. Il ne construit pas un monde fantastique, mais donne la parole à des exorcistes réellement engagés dans leur ministère.
  3. Il ne présente pas l’exorciste comme un super-héros, mais comme un prêtre exerçant un ministère ecclésial au nom du Christ et de l’Église.
  4. Il ne transforme pas les personnes qui souffrent en objets de spectacle.
  5. Il ne montre pas de véritables exorcismes, mais des reconstitutions cinématographiques respectueuses de la réalité et de la confidentialité, tout en illustrant l’expérience de Dieu dans cette lutte extraordinaire contre Satan.
  6. Il associe à la perspective théologique les points de vue médical et psychologique, en soulignant la nécessité du discernement.
  7. Il aborde les dangers de l’occultisme, de la magie, du spiritisme et de l’ésotérisme.
  8. Il offre une véritable introduction à la vision chrétienne de l’action démoniaque extraordinaire.
  9. Il présente l’exorcisme comme une action liturgique de l’Église et non comme une technique magique.
  10. Il place au centre l’autorité et l’action salvifique du Christ.
  11. Il évite, pour l’essentiel, le caractère morbide qui caractérise de nombreuses productions cinématographiques sur ce thème.
  12. Il a reçu le parrainage de l’Association internationale des exorcistes, ce qui le distingue des productions cinématographiques habituelles sur l’exorcisme.
  13. Il a dépassé les frontières italiennes pour atteindre l’Espagne, l’Amérique latine, les États-Unis, la France et, prochainement, le Brésil.
  14. Il a suscité un débat international sur la manière correcte de représenter le ministère de l’exorcisme.

Conclusion : raconter l’action du démon sans lui accorder le rôle principal.

Le plus grand mérite de Délivre-nous du Mal réside peut-être justement dans le fait d’avoir abordé un sujet extrêmement difficile sans le livrer à la logique du cinéma d’horreur. Le film ne prétend pas résoudre toutes les questions et, comme le montre également le récent avis du BNE français, il peut faire l’objet de discussions et d’approfondissements supplémentaires. Mais c’est précisément pour cette raison qu’il mérite d’être examiné avec attention. Il a eu le courage de porter à l’écran un thème qui, pendant des décennies, a souvent été traité sous l’angle de la peur, du macabre et de la spectacularisation. Il a plutôt choisi de donner la parole à des prêtres, des théologiens et des professionnels de la santé mentale ; d’expliquer plutôt que de simplement impressionner ; de distinguer plutôt que de semer la confusion ; de mettre en garde contre l’occultisme ; de présenter le discernement comme indispensable ; et de montrer que l’exorcisme fait partie de la vie et de la mission de l’Église. Mais surtout, son message le plus important devrait être lu à la lumière du titre lui-même. Le véritable protagoniste de la lutte contre le mal n’est pas le démon, ni même l’exorciste: c’est le Christ. L’exorciste prie par l’intercession de l’Église particulière. L’homme est appelé à la conversion dans sa vie quotidienne, à veiller et à se confier à Dieu. La Vierge Marie accompagne et intercède, mais c’est le Christ qui agit et triomphe. Et c’est précisément là que Délivre-nous du Mal se distingue le plus du cinéma d’horreur: alors que de nombreux films sur les exorcismes finissent par laisser au spectateur surtout la peur du démon, ce docu-fiction veut le conduire au-delà de la peur, vers la connaissance, le discernement et, surtout, vers l’espérance.

Dans la perspective chrétienne, le mal est réel, mais il n’est pas invincible ; le démon agit, mais il n’est pas maître de l’histoire ; la souffrance provoquée par l’action extraordinaire du démon existe, mais elle n’a pas le dernier mot. Le dernier mot appartient au Christ !

Mgr Schneider : « Nous ne pouvons pas continuer avec le Novus Ordo – c’est impossible »

Mgr Athanasius Schneider a été interrogé par le Catholic Herald :

Vous avez rencontré le pape Léon XIV en décembre et vous lui avez remis la lettre demandant la célébration de la messe au Vatican pour le pèlerinage annuel Summorum Pontificum. Nous savons maintenant que cette messe n’a pas été approuvée. Quel est, selon vous, l’état actuel de la messe traditionnelle, un an et demi après le début de son pontificat ?   

Eh bien, un an et demi après le début du pontificat de Léon XIV, le statut de la messe traditionnelle en latin n’a pratiquement pas changé suite aux mesures restrictives mises en place après Traditionis Custodes. La situation perdure et s’aggrave même dans certains cas. On entend parler de diocèses où le nombre de messes a été drastiquement réduit, ce qui s’apparente à une persécution.   

Nous constatons que certains diocèses ferment purement et simplement des lieux où la messe était auparavant célébrée, des lieux où des personnes et des familles puisaient un grand réconfort dans leur foi grâce à la messe traditionnelle en latin. C’est pourquoi, en décembre dernier, j’ai demandé au Saint-Père de faire preuve de générosité, en tant que père commun de tous ses fidèles, et de protéger ceux qui se voient refuser l’accès à la Sainte Messe des saints, comme ils l’appellent, la Sainte Messe des siècles.  

C’est la réalité dans laquelle nous vivons actuellement : cette forme de messe continue d’être traitée – par les responsables au Vatican – comme quelque chose de dangereux ou faisant l’objet d’une forme de discrimination. 

Pour de nombreux catholiques attachés à la messe traditionnelle, la Fraternité Saint-Pie-X est peut-être leur seule option. Or, des restrictions s’appliquent à la messe et le Vatican déconseille désormais aux catholiques d’assister aux offices de la Fraternité. Vous êtes parmi les rares personnes à bien connaître le fonctionnement interne de la FSSPX, puisque vous en avez été le visiteur apostolique. Suite à vos échanges avec la FSSPX et d’autres évêques, voire des représentants du Vatican, le Vatican est-il conscient des conséquences de ces restrictions, ou s’agit-il d’une véritable tentative d’étouffer la messe traditionnelle ?   

Oui, comme je l’ai déjà mentionné, il est évident que les autorités du Saint-Siège et de nombreux diocèses ont tendance à étouffer la sainte messe. Or, c’était déjà l’objectif énoncé dans Traditionis Custodes par le pape François, où il est indiqué que tous les fidèles qui assistent actuellement à la messe traditionnelle doivent être progressivement conduits vers le Novus Ordo.  

Ainsi, ce document l’énonce clairement : telle est la réalité. Or, concernant la FSSPX, les débats entre la Fraternité et le Saint-Siège, initiés par Mgr Lefebvre, demeurent inchangés depuis plus de 50 ans. 

Il y a deux points essentiels. Le Saint-Siège exige la reconnaissance du concile Vatican II comme étant conforme à la tradition, et le second point est que la FSSPX reconnaisse la validité du Novus Ordo, ou réforme liturgique du concile. 

Mais la FSSPX ne peut agir ainsi car certaines affirmations de textes du Concile Vatican II présentent des ambiguïtés manifestes. Le Novus Ordo comporte des défauts doctrinaux et liturgiques évidents : il révèle des tendances protestantes très marquées et une diminution du caractère sacrificiel de la messe, même célébrée selon les règles. Même en latin, le texte du Novus Ordo recèle de graves lacunes doctrinales, notamment les nouvelles prières de l’offertoire et la seconde prière eucharistique. 

Ainsi, même dans les rubriques du Novus Ordo, le style de célébration s’oriente davantage vers la rencontre, l’échange. Ceci constitue une rupture grave avec toute la Tradition et une menace pour le caractère sacrificiel essentiel de la Sainte Messe. Dans ce contexte, la présence et l’activité de la FSSPX, l’œuvre de Mgr Lefebvre, apparaissent plus que jamais providentielles ; c’est une œuvre de la Divine Providence qui, par leur présence, leur existence et leur action, rappelle au Saint-Siège la nécessité de clarifier certaines affirmations conciliaires importantes, objectivement douteuses et ambiguës, et de réformer le Novus Ordo conformément à la Tradition. 

Jusqu’à présent, le Saint-Siège n’a pas eu la volonté de reconnaître ces points ni la nécessité de rectifier quoi que ce soit. Au lieu de cela, il exige de tous, y compris de la FSSPX, une prétendue herméneutique de la continuité. Je qualifierais cela de simple acrobatie intellectuelle, ou de quadrature du cercle.  

À mon avis, avec le recul historique, la contribution de Mgr Lefebvre et de la FSSPX sera plus tard considérée comme bénéfique pour l’Église tout entière. L’Église doit résoudre ces deux questions.   

Nous ne pouvons pas continuer avec le Novus Ordo – c’est impossible. Nous ne pouvons pas tolérer les ambiguïtés doctrinales manifestes de certaines affirmations du Concile Vatican II. Il nous faut les résoudre. C’est fondamentalement ce que réclame la FSSPX, qui demande la possibilité et la liberté de le faire conformément à l’enseignement pérenne et sans ambiguïté du Magistère. À cet égard, il me semble que le Saint-Siège doit faire preuve de plus d’ouverture et de souplesse, et accorder cette liberté de discussion. 

Le Saint-Siège doit intégrer la FSSPX au moins progressivement, étape par étape. Ce sera un bienfait pour toute l’Église.   

En mars, lorsque vous évoquiez les discussions toujours en cours entre la FSSPX et le Vatican, mais aussi le chaos plus général et les différents points hérités par le pape Léon XIV, qui restent d’actualité, vous avez mentionné que seule une intervention divine pouvait aider. Vous avez suggéré que même une persécution généralisée de l’Église et du pape pourrait être un instrument de Dieu pour ramener les catholiques et l’Église à la pleine pratique de la foi. Est-ce toujours le cas aujourd’hui, six mois plus tard, notamment après les Consécrations ? 

Oui, car il y a une persécution continue de la tradition, en particulier de la messe traditionnelle en latin, l’administration actuelle du Vatican poursuivant d’une certaine manière la répression de cette tradition légitime que Jean-Paul II lui-même a soulignée dans l’un de ses documents comme un choix légitime pour les catholiques attachés à la messe traditionnelle en latin.   

L’attachement des fidèles à la messe traditionnelle en latin a été déclaré légitime par le pape Jean-Paul II, et les évêques doivent le reconnaître. 

Comment peut-on alors exercer une discrimination à l’encontre de quelque chose que tous les papes ont déclaré légitime ? C’est là le cœur du problème. 

Quant à la réaction extraordinairement sévère du Saint-Siège aux consécrations épiscopales de la FSSPX : vue par un observateur objectif extérieur, elle serait qualifiée d’émotionnelle, de jugement sévère, avec une sorte de volonté de les punir, d’expulser la Compagnie et son influence dans la vie de l’Église.

Voilà, à mon avis, ce qui explique cette sévérité inhabituelle du Saint-Siège envers une seule réalité, à savoir la tradition.  

De l’autre côté, le Saint-Siège tolère tant d’hérésies publiques en de nombreux endroits, des évêques sapant la foi et la discipline de l’Église sans être punis ni même réprimandés.  

L’évêque d’Anvers, en Belgique, a récemment annoncé publiquement qu’il ne respecterait pas le droit canonique relatif au célibat et qu’il ordonnerait un homme marié. Il l’avait déjà annoncé l’an dernier et réitère aujourd’hui son intention. Pourtant, le Saint-Siège ne le réprimande ni ne le sanctionne.  

Nous constatons également l’ouverture et la générosité sans bornes du Saint-Siège envers le Parti communiste chinois, envers la prétendue Voie synodale en Allemagne et ailleurs, où l’on renie de facto la foi catholique et où l’on la sape. Il y a là une contradiction flagrante dans l’attitude du Saint-Siège envers la FSSPX et envers d’autres mouvements et individus objectivement et manifestement hérétiques au sein de l’Église. 

Il est donc clair que le Saint-Siège est en partie, dans une certaine mesure, entre les mains d’une prise de contrôle hostile par des personnes et des puissances qui veulent transformer complètement la foi catholique non seulement en une religion protestante, mais aussi en une religion entièrement adaptée aux modes actuelles du monde.   

Dans une situation aussi grave, seule une intervention divine peut nous apporter la guérison et permettre au Saint-Siège de redevenir la brillante cathèdre de la Vérité – la Mère et le Maître du monde entier dans la pureté de la foi catholique et apostolique. Un tel retour du Saint-Siège et du pontificat à cette prédication et à cette défense limpides de la foi catholique, de la sainte liturgie et de la discipline est plus que jamais nécessaire.  

Elle sera rétablie, bien sûr, sans aucun doute, car le Saint-Siège est une réalité instituée par Dieu. Elle reviendra, mais elle se trouve actuellement dans une sorte d’exil spirituel, comparable à l’exil matériel qu’a connu la papauté d’Avignon. Aujourd’hui, nous vivons une forme d’exil spirituel : la doctrine et la liturgie intégrales sont, dans une certaine mesure, exilées du Saint-Siège. Autrement dit, la clarté de la doctrine et la sacralité de la liturgie et de la tradition sont temporairement suspendues. Mais elles reviendront. 

Durant l’exil d’Avignon, ce sont les plus humbles au sein de l’Église qui ont ramené les papes. Sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède et d’autres saints humbles ont inlassablement exhorté les papes à revenir. De même aujourd’hui, je voudrais parler de ces nombreux « petits » au sein de l’Église : les familles catholiques, les enfants, les jeunes, les prêtres, les religieuses et tous ceux qui aiment profondément la foi et la liturgie catholiques et qui, avec la grâce de Dieu, s’efforcent de vivre la vie chrétienne par amour pour l’Église et pour la papauté. Ils contribuent à la fin de l’exil doctrinal et liturgique.   

Nous constatons même la diffusion de la messe traditionnelle malgré la persécution qui, malheureusement, persiste. Ceci démontre que la messe traditionnelle en latin est une puissance divine. Elle n’est pas seulement entre les mains des autorités ecclésiastiques. Ainsi, ce mouvement triomphera, il est en marche. 

J’espère et je prie pour que le Pape et les évêques reconnaissent les signes des temps. Ce sont les signes que le Saint-Esprit leur révèle. Voyez, la tradition est vivante. Elle porte du fruit. Il y a de nombreuses vocations, de grandes familles qui aiment l’Église. 

La majorité de ces fidèles attachés à la tradition ne nourrissent aucune amertume et ne critiquent pas le pape ; ils aspirent simplement à la foi et à la messe de tous leurs ancêtres et des saints. Seule cette foi assurera l’avenir et le renouveau de l’Église. Ils préparent le terrain et la fin de l’exil spirituel au sein du Saint-Siège, afin que Dieu accorde à nouveau à son Église des papes pleinement attachés à la tradition, ce qui est l’essence même du ministère de saint Pierre et de ses successeurs.

Cardinal Roche : le pape ne modifiera pas Traditionis Custodes. Il ne reviendra pas à Summorum Pontificum

Dans un entretien avec AdVaticanum, le préfet du Dicastère pour le Culte Divin, le cardinal Arthur Roche, fait des déclarations sinon étonnantes quand elles ne sont pas totalement erronées (la nouvelle messe célébrée en latin chaque dimanche dans chaque doyenné, Summorum Pontificum créé pour faciliter le retour de la Fraternité Saint-Pie-X, le Saint-Père a donné la possibilité de célébrer la messe selon le rite antérieur,…) :

Vous avez mentionné le Concile Vatican II. Le document principal de votre dicastère est Sacrosanctum Concilium. Un point qui pourrait surprendre le catholique moyen : il stipule : « les prêtres ne peuvent modifier la liturgie de leur propre initiative » ; « la langue latine du rite latin doit être conservée » ; « les fidèles doivent chanter ensemble en latin ». Que répondriez-vous à quelqu’un qui affirme que la messe de 1969, promulguée par le pape saint Paul VI, ne reflète pas, par endroits, fidèlement les dispositions de ce document initial ?

Je dirais qu’il s’agit d’une mauvaise interprétation de la tradition reçue. Je n’ai jamais constaté cela durant mon propre ministère sacerdotal. J’ai été prêtre pendant 51 ans, évêque depuis 25 ans, et je n’ai jamais connu de situation, au sein d’un diocèse, où ces éléments n’étaient pas présents. Dans mon diocèse de Leeds, l’évêque Gordon Wheeler a veillé scrupuleusement à ce qu’après le Concile, la nouvelle messe soit célébrée en latin chaque dimanche dans chaque doyenné. Cela témoigne de sa grande sagesse pastorale : il avait su anticiper les difficultés qui pouvaient survenir lorsqu’on n’appliquait pas la liturgie avec autant de souplesse, et qu’on la réduisait à quelque chose qu’elle n’est pas. […]

Dans une lettre expliquant les raisons d’être de Traditionis Custodes , le pape François a déclaré : « Treize ans après Summorum Pontificum, j’ai chargé la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de diffuser un questionnaire aux évêques du monde entier concernant la mise en œuvre de Summorum Pontificum. Les réponses révèlent une situation qui me préoccupe et m’attriste, et me convainquent de la nécessité d’intervenir. » Diane Montagna a publié un rapport affirmant que la majorité des évêques ayant répondu au questionnaire ont déclaré que modifier la législation relative à Summorum Pontificum serait plus néfaste que bénéfique. De votre point de vue, pensez-vous que les évêques du monde entier étaient favorables à une réforme de Summorum Pontificum ?

Oui, absolument. Je n’en ai aucun doute, et j’entends cela constamment de la part des évêques. Je constate que les groupes traditionalistes sont bien plus bruyants que la plupart des autres courants de l’Église, et qu’ils font donc souvent la une des journaux avec des titres beaucoup plus sensationnels. Mais je suis certain que les évêques étaient très préoccupés par la situation, notamment parce que Summorum Pontificum avait été créé pour faciliter le retour de la Fraternité Saint-Pie-X au sein de l’Église. Or, cela ne s’est pas produit. Loin de faciliter le retour, Summorum Pontificum a été utilisé comme un instrument pour promouvoir une liturgie ancienne plutôt que la liturgie renouvelée dans certaines régions du monde, ce qui était totalement contraire à l’esprit de Summorum Pontificum.

[en réponse à la question de savoir si cette réautorisation de la messe tridentine n’était guère plus qu’une concession à la schismatique Fraternité Saint Pie X, Benoît XVI a déclaré à Peter Seewald dans « Last Testament » (2016) : « C’est tout simplement faux ! Il était important pour moi que l’Église soit une avec elle-même intérieurement, avec son propre passé ; que ce qui lui semblait sacré n’est plus d’une manière ou d’une autre façon mauvaise aujourd’hui. » NDMJ]

Je crois donc que le Pape a décidé, par souci d’unité, de convoquer l’Église à nouveau au Concile – or, le Concile est la plus haute instance législative de l’Église catholique ; l’ignorer, c’est mettre sa propre âme en péril, car c’est s’éloigner de l’Église. Le rejeter, lui résister, c’est s’éloigner progressivement du cœur du catholicisme. C’est une position très grave.

Cette année marque le cinquième anniversaire de la mise en œuvre de Traditionis Custodes , le motu proprio du pontificat du pape François, qui modifiait un motu proprio antérieur du pontificat de Benoît XVI. Pensez-vous, compte tenu de ces changements d’un pontificat à l’autre, que le pape Léon XIV donnera probablement ses propres orientations, d’autant plus que le renouveau catholique chez les jeunes semble se concentrer sur la messe de 1962 ? Ou prévoyez-vous une initiative du pape Léon XIV ?

Non, absolument pas. Il ne modifiera pas Traditionis Custodes. Il ne reviendra pas à Summorum Pontificum. Ses paroles aux prêtres et aux personnes consacrées, samedi soir à Notre-Dame, sont on ne peut plus claires : cessez de privilégier votre propre point de vue sur cette question et suivez l’appel de l’Église. Il l’a dit très clairement, non seulement à ce moment-là, mais aussi deux ou trois semaines auparavant, lors de son allocution de clôture de la catéchèse du mercredi sur Sacrosanctum Concilium. Il a clairement indiqué que l’Église s’oriente dans cette direction précise et que les choix personnels ne doivent pas intervenir en la matière.

Pourquoi ? Parce que l’Église se réunit comme une famille, comme un groupe, et non simplement comme des individus. Bien sûr, nous sommes des individus, mais nous nous réunissons en tant qu’Église qui croit en ce qu’elle nous a donné, ce qu’elle nous a transmis du Seigneur, et nous demeurons fidèles à ce dépôt de la foi.

Diriez-vous aux personnes qui assistent à la messe Vetus Ordo qu’il serait préférable pour elles d’aller à une messe Novus Ordo, ou leur diriez-vous qu’elles ne devraient vraiment pas aller à une messe Vetus Ordo ?

 Je pense que vous ne devriez pas assister exclusivement à cette messe. C’est ce que je dirais. Mais ce qui me frappe constamment, lorsque je suis en contact avec des groupes de personnes attachées aux traditions, c’est que lorsqu’elles viennent me voir et m’en parlent, et qu’elles me disent que le Pape n’a pas été clément avec elles, je leur réponds : le Saint-Père vous a donné la possibilité de célébrer la messe selon le rite antérieur. Quel est votre problème ? Que voulez-vous de plus ?

D’une manière générale, ils ne peuvent pas répondre à cette question. Mais on constate, sur les blogs traditionalistes, qu’ils aspirent à bien plus. Ils souhaitent un retour à une Église qui rejette les enseignements du Concile Vatican II, qui n’adhère pas à cette nouvelle approche de la collaboration pour l’évangélisation du monde. Aussi, je dirais à tout catholique, quelle que soit son orientation, qu’il faut toujours examiner sa conscience à l’aune de l’enseignement de l’Église, et non se laisser guider par ses propres préférences.

Il faut toujours trouver un équilibre, car on peut avoir un profond attachement à la langue latine, et c’est très bien. Nous sommes de rite latin. Le latin fait toujours partie de notre tradition liturgique. Passons d’une vision personnelle à une vision collective de l’Église, ce qui me semble essentiel.

Je pense que souvent, lorsque l’on s’y oppose, on oublie ce que Pie XII a dit dans Mystici Corporis Christi sur la nature de l’Église, et dans son encyclique Mediator Dei sur la liturgie. Ces textes constituaient des piliers fondamentaux de Sacrosanctum Concilium. Rien n’y a été modifié dans Sacrosanctum Concilium. Ces piliers nous indiquaient comment nous nous identifions au Corps du Christ à travers la liturgie, non pas en tant que communauté, mais simplement en tant qu’individus choisissant ce qu’ils veulent, mais bien sûr, nous avons nos inspirations, nos propres manières de penser et d’inventer les choses, mais en définitive, c’est dans l’union eucharistique que l’unité de l’Église s’exprime pleinement.

Il semble presque garanti, lorsqu’on assiste à une messe traditionnelle en latin, que les fidèles comprennent correctement l’Eucharistie et se confessent régulièrement. N’y a-t-il pas là le sentiment que l’Église, en 2026, face à toutes nos difficultés dans un Occident sécularisé, devrait s’appuyer sur cette dynamique et affirmer : nous avons besoin de cela, nous avons besoin de cette énergie de jeunesse ?

Oui, mais diriez-vous que cela n’est pas vrai non plus pour les personnes qui assistent à la messe du dimanche selon le nouveau rite ?

Je dirais que c’est vrai. Simplement, peut-être pas à un niveau où l’on pourrait clairement percevoir cette même énergie dans le nouveau rite. On a le sentiment qu’elle est presque systématiquement présente lors d’une messe traditionnelle.

Mais ce niveau d’engagement est-il une forme d’uniformité ? Il est important de le préciser, car les cultures et les sociétés sont diverses, et la composition de la société, notamment au sein de la culture anglaise, est très diverse. Le mélange est différent. Mais le niveau d’engagement est-il différent ? Le niveau de foi est-il différent ? Je ne l’ai pas constaté. En tant que pasteur, je ne l’ai jamais vu. Bien sûr, il y a des difficultés ; il y a des gens qui tiennent des propos scandaleux. Parfois, ils tiennent simplement des propos scandaleux sous le coup de la colère ou par esprit de controverse. Mais au final, ils savent où est leur place, et ils savent que leur place est là où ils sont instruits et où ils reçoivent la vie. C’est, à mon sens, ce qui est vraiment important : malgré la diversité des personnes, il faut maintenir l’unité de la communauté.

Vous appartenez à une génération qui, après le concile Vatican II, a perçu les aspects positifs de ce dernier et l’a considéré comme l’avenir de l’Église catholique romaine, jugeant ces changements absolument nécessaires à sa survie. On pourrait dire que c’est également le cas pour une génération de catholiques d’aujourd’hui qui considère un retour au Vetus Ordo comme indispensable. Pensez-vous que cette caractérisation soit juste ?

Oui, tout à fait. J’ai servi cette messe jusqu’à l’âge de 21 ans, soit trois ans avant mon ordination. Je la connaissais par cœur. Quand j’étais enfant, à l’école, nous servions généralement le même prêtre pour la messe quotidienne. Le prêtre que je servais, le père Quinton, me disait : « Souviens-toi, 15 minutes, amice à amice. » Cela m’a donné une idée de la rapidité avec laquelle on célébrait généralement l’ancienne messe. La possibilité d’une messe chantée était rare dans la plupart des paroisses catholiques d’Angleterre, ou même d’une messe solennelle avec un diacre et un sous-diacre.

Mais j’aime la messe. J’aime l’Église, qui me guide, et je l’accepte comme telle ou je la rejette – en disant : « Voilà la seule voie, voilà la vraie voie, et ce qui a été produit est imparfait » – ce qui est faux. Il est faux de dire cela. La structure est la même. Mais les éléments, les sources qui n’étaient pas disponibles dans les années 1570, le sont devenus grâce au mouvement liturgique et à la découverte à Venise et ailleurs de riches sources de livres liturgiques, etc.

Nous devons être très prudents dans ce domaine. Je repense aux propos de saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Dès les débuts de l’Église, il y avait des abus liturgiques à Corinthe : le double standard de l’agapè, et peut-être aussi le fait que le prêtre soit devenu un point central, voire un point central unique, dans la célébration de la messe, de par sa tenue vestimentaire. Non pas que les vêtements liturgiques soient sans importance, mais il y avait peut-être une autre dimension. Certains érudits pensent que le prêtre s’habillait d’une manière plus mondaine que ce qui était de mise.

Mais saint Paul revient sur ce point et dit : « Ce que j’ai reçu du Seigneur et que je vous ai transmis par l’autorité apostolique, c’est ceci. » Voilà ce que l’Église a à faire de la liturgie. Et seule l’Église, à son plus haut niveau, a la possibilité de vous la transmettre. Aussi, je pense que pour l’unité au sein de l’Église – et l’unité fait partie intégrante de l’Eucharistie, du don eucharistique – il faut prendre cela très au sérieux. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut choisir à sa guise.

Quelqu’un m’a posé la question, je crois que c’était dans The Tablet : faut-il aller à la messe tous les dimanches pour être catholique ? Et j’ai répondu oui. Car le catholicisme n’est pas une question de notion – « Ah oui, eh bien, je pense comme ça, et donc je suis catholique », comme si j’étais un théologien aristotélicien ou un Thomas d’Aquin. Non. Le catholicisme est un engagement. Le christianisme est un engagement. Et si vous ne pouvez pas le manifester le dimanche, je pense qu’il vous sera difficile de le manifester autrement. Si cet engagement n’est pas présent dans votre vie, et si le catholicisme est une question de notion, ou simplement quelque chose qui vous convient dans certains domaines mais pas dans tous, alors ce n’est pas du catholicisme. C’est du protestantisme. C’est ma façon de l’appréhender.

Pensez-vous qu’il y ait un moyen de retour pour la Fraternité Saint-Pie-X ?

Il y a toujours un chemin de retour. Il y a toujours un chemin de retour. La conversion ne s’arrête pas au baptême ni à l’entrée dans la plénitude de l’Église catholique. C’est une réalité quotidienne, et plus je vieillis, plus je prends conscience de la nécessité de la conversion. Y a-t-il un seul jour dans ma vie, alors que je prie tôt le matin, où quelque chose ne me frappe pas et ne requiert mon attention ? Car nous ne sommes pas parfaits. Mais Dieu veut que nous le devenions. Et ce cheminement ne s’arrête qu’à la fin de notre vie, jusqu’à notre mort – et ensuite, par le purgatoire, nous espérons atteindre la destination que nous espérons.

Il faut donc prendre cela au sérieux : l’appel. Et cet appel, la voix du Christ, résonne au sein de l’Église. Il n’a rien trouvé d’autre pour le remplacer. Pas même les expériences mystiques individuelles. Elles sont toujours interprétées dans le cadre, dans le contexte de l’Église, jamais comme des entités séparées. Et si elles sont défaillantes dans ce contexte, alors on considère généralement qu’elles ne sont pas authentiques.

L’une des conséquences les plus importantes de l’excommunication de la FSSPX a été la suppression de son pouvoir de reconnaître valablement les confessions et les mariages. Compte tenu de la situation actuelle, diriez-vous que les confessions et les mariages célébrés par la Société seraient désormais invalides ?

Oui. Parce qu’ils n’ont pas juridiction, ils n’ont pas l’autorité. C’est une question très grave. Et comme le pape François a été généreux pendant l’Année de la Miséricorde, en disant que cela s’appliquait aussi à vous : nous validerons toutes ces choses qui étaient invalides depuis des années. Et ils l’ont accepté. Mais maintenant, ils disent qu’il n’avait même pas l’autorité pour le faire et que cela n’avait aucun sens, car elles étaient valides. Eh bien, soit vous croyez en l’Église, soit vous n’y croyez pas. Soit vous croyez qu’elle a été fondée par le Christ, soit elle repose entièrement sur vos épaules.

Bien sûr, on peut être pardonné si l’on est contrit et que l’on fait preuve de contrition dans des circonstances exceptionnelles. Mais pour revenir à l’Église, il faut se confesser publiquement. C’est pourquoi je fais la queue chaque semaine, ou toutes les deux semaines en général, à Saint-Pierre pour me confesser : pour montrer que, comme tout être humain, je suis pécheur et que je viens confesser publiquement mes péchés. Et c’est au sein de l’Église. C’est à un prêtre qui a le pouvoir d’absoudre – pas à ma tante, qui est très compréhensive et aimante, pour me confesser. Non : au prêtre qui représente le Christ. Voilà. […]

A Metz, Léon XIV sème les graines de la Chrétienté et de la Paix

Troisième et dernier article de notre trilogie : 4 jours et 3 nuits avec le Pape Léon XIV en France 

de notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant

Qui aurait pensé qu’un pape puisse déclarer à ce point sa flamme pontificale pour la France et se tourner en artisan de paix vers l’Europe entière ? Le pape François avait boudé la France, même s’il y avait mis les pieds trois fois durant son pontificat (en novembre 2014 à Strasbourg, en septembre 2023 à Marseille et en décembre 2024 en Corse) ; il ne voulait pas d’un voyage officiel. Benoît XVI, lui, était venu en tant que « messager de paix et de fraternité » en 2008. Quant au pape Jean-Paul II, il bat tous les records avec une vingtaine de journées passées en France, lors de ses 7 « visitations ».

A Metz, Léon XIV est venu répéter ce qu’avaient dit ses prédécesseurs : « On ne peut pas parler de l’Europe sans évoquer le christianisme ».

Sur la paix, il a terminé son voyage par cette phrase : « Il est nécessaire de s’engager dans un dialogue patient, de faire preuve de courage dans la négociation et d’être prêt à sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix. »

A Metz, dans la ville des saints

Il est impossible de s’y rendre sans s’apercevoir que cette ville est une terre de saints, une porte de la chrétienté ouverte sur toute l’Europe. Véritable carrefour commercial, militaire et stratégique, les Romains en ont fait l’une des villes les plus fortifiées de l’est, avec ses remparts massifs qui faisaient autrefois le tour complet de la ville, avec son amphithéâtre, sa tour gallo-romaine, etc.

C’est saint Clément qui a transformé la ville et a commencé à bâtir la « Cité de Dieu » si chère à saint Augustin et au pape Léon XIV. Il suffit de prendre de la hauteur, et, vue du ciel, de plonger son regard pour apercevoir ses nombreuses abbayes, ses chapelles et églises, ses monastères et sanctuaires fleurissant ici et là.

Oui, en se rendant à Metz, le pape marche dans les pas de la vieille tribu celte des Médiomatriques, devenus chrétiens dès le 3e siècle après Jésus-Christ.

Pense-t-il à cela, l’homme en blanc, lorsqu’il déclare : « Nous voulons entreprendre aujourd’hui, par la pensée, un voyage qui commence aux racines de l’Europe, pour aboutir à son présent, et se tourner vers l’avenir. »

Sa matinée de ce lundi 28 septembre est consacrée à une rencontre interreligieuse de premier plan au Centre des Congrès Robert Schuman, puis à un échange « aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ».

L’Europe, la chrétienté et saint Benoît

Léon XIV est venu rappeler en d’autres termes ce qu’avait dit saint Jean-Paul II lorsqu’il s’est rendu à Strasbourg en 1988. Il marche aussi dans ses pas et a retenu sa phrase choc : « L’intégrisme religieux, sans distinction entre la sphère de la foi et celle de la vie civile, aujourd’hui encore pratiqué sous d’autres cieux, paraît incompatible avec le génie propre de l’Europe tel que l’a façonné le message chrétien. »

En arrière-plan, l’intégrisme dont il était question correspondrait-il à l’Islam et à la charia qui fusionnent foi et loi ? Il existerait, aussi, un intégrisme qui a fait de la laïcité une nouvelle religion, une anti-religion.

Avec Léon XIV la nuance reste de mise, et son terrain privilégié est celui de l’histoire, de l’intelligence, des premiers de cordée, des patriarches et des précurseurs. Il s’adresse en tant qu’apôtre, authentiquement et humblement avec courage, force et intelligence, aux femmes et aux hommes de son auditoire, en citant saint Benoît, père de l’Europe que « le saint Pape Paul VI a proclamé son Patron en 1964, le qualifiant de “ messager de paix, artisan de l’union, maître de civilisation ”. L’aide aux pauvres, aux malades, aux personnes âgées ; l’éducation des enfants et les universités ; les hôpitaux et la médecine ; l’architecture et l’ingénierie ; le développement des sciences ; le droit et l’organisation des villes et des États eux-mêmes : tant de choses, en Europe, ont été profondément influencées par saint Benoît et ses moines ! Sans ce terreau monastique, la civilisation européenne, telle que nous la connaissons, n’existerait pas. Ici, à Metz, grâce à l’œuvre, entre autres, de saint Chrodegang, se respira un esprit bénédictin de fraternité, de communion et de partage. C’est d’ici que le chant grégorien s’est répandu dans les territoires carolingiens, apportant harmonie et beauté à tout le continent. »

Hommage à Robert Schuman

Devant Emmanuel Macron qui finalement est présent à Metz, le pape rend hommage aux pères fondateurs de l’Union Européenne, et principalement à Robert Schuman : « Cet homme de foi et de convictions sut transformer les anciennes lignes de fracture en ponts d’espérance pour toute l’Europe et il devint un véritable ambassadeur de l’unité dans la diversité. À son exemple, notre responsabilité commune de femmes et d’hommes religieux est de témoigner que, au-delà des frontières, il est toujours possible de se rencontrer, d’établir l’amitié et de bâtir la paix. »

Emmanuel Macron : « heureux comme… »

Il avait été le grand absent de la Messe de la Concorde, boudant l’évènement historique qui réparait par une Messe à la fois l’assassinat du 21 janvier 1793, sous la guillotine, du bon roi Louis XVI, et les effluves abjectes et révolutionnaires de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris de 2024.

Pire, devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, Thomas Jolly, le metteur en scène de cette scabreuse cérémonie, avait demandé aux dames du French cancan de soulever leurs jupons, alors qu’il eut fallut défiler sur la Seine un genou à terre et un chapelet à la main.

Pire encore : la parodie de la Cène du Christ, véritable « blasphème » en direct, très éloigné de l’esprit des JO.

Mais, la France en a vu d’autre. Car n’est-elle pas chrétienne avant d’être révolutionnaire ?

Alors oui, il était là finalement le Président de la République française. Comment pouvait-il en être autrement ? Devait-il bouder jusqu’au bout le saint homme, l’homme de bien et de bonne volonté, l’homme en blanc ?

Il était là, et visiblement ému, il a déroulé le tapis rouge émotionnel de son hommage et de son plus grand respect après avoir discouru sur « le cœur millénaire de l’Europe », sur le « courage de ses fondateurs », sur l’innovation technique qui devait servir « la dignité humaine, et non la puissance de quelques-uns », un texte très puissant, presque savant.

Enfin, il a conclu par cet hommage historique : « Alors, nous dirons désormais, en mémoire de ces quatre jours, heureux comme Léon XIV chez nous. »

Victor Hugo aurait aimé ce jeu d’ombres et de lumières, lui qui disait : « Nous voulons l’Église chez elle et l’État chez lui ».

Que retenir de ces 4 jours 3 nuits en France ?

Le pape Léon XIV avec sa formule de bienvenue et d’espérance « Pour que le monde ait la vie », a marqué historiquement les âmes, les cœurs et les corps, les esprits et les gestes des Français de bonne volonté. Il a réveillé la vieille France, les Français de souche et de la diversité qui veulent vivre ensemble ces paroles du Christ : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé. »

Les 25 et 26 septembre, dès son arrivée en France, le pape avait réveillé des générations de catholiques et de chrétiens esseulés, presqu’abandonnés par une Église de France en berne, empêtrée dans ses scandales sur les abus et la pédophilie, délaissant une jeunesse qui a soif de Dieu. De la cathédrale Notre-Dame de Paris au stade de France, en passant par les Carmes de Paris, rendant hommage aux centaines de milliers de martyrs de la Révolution française, le pape a semé, planté et arrosé les graines de la Foi, du Pardon et de la Vie.

A Lourdes, les 26 et 27 septembre, il s’est transformé en pèlerin, et s’est mis à genoux devant la statue de la Vierge Marie, dans la grotte de Massabielle, dont il a touché la paroi de ses mains. Puis, en marchant, il a égrené son chapelet devant 200 000 autres pèlerins, devant le monde entier derrière son écran.

A Metz, il a dialogué avec les autres religions et les a invitées à signer le Livre de la Paix.

Les fioretti du pape Léon

Au cours de son voyage apostolique en France, du 25 au 28 septembre 2026, le pape a prononcé 17 discours et homélies.

Sur la fin de vie, le handicap, la souffrance, la vulnérabilité et la mort, voilà ce qu’il a dit :

• « Vous n’êtes pas un fardeau. Vous êtes le cœur battant de notre humanité et un précieux trésor pour l’Église. »

• « Aucun d’entre nous n’a choisi de naître […] Nous naissons tous nus et dans le besoin. »

• « Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral. »

Au Stade de France, à la jeunesse, il a dit ceci :

• « Le piège de notre époque est de chercher à tout avoir, mais de n’être personne. »

• « Notre seule arme est celle de l’amour qui se donne. »

Sur la paix :

• « On ne tue jamais au nom de Dieu. Les croyants doivent désarmer les cœurs et les mots », à Metz lors de la rencontre interreligieuse.

• « La paix n’est pas un équilibre des forces ; elle se construit jour après jour par le dialogue et la justice. »

• « Le pardon n’est pas un signe de faiblesse, mais de force », a-t-il tonné, lors de sa dernière homélie à la cathédrale Saint–Etienne de Metz.

Deux jours après son départ et son retour au Vatican, à Metz la fronde des lycées commençait. Une jeunesse française avait dans la bonne humeur, le calme et la joie, fêté cette visite papale historique, comme si les ailes d’un ange avaient recouvert le vieux pays de Clovis. Elle a fait place, malgré elle, à une autre, plus politique, plus syndicale, plus révolutionnaire, plus violente. Une jeunesse française fracturée, qui oscille entre lumière et ombre.

A l’heure où nous bouclons cet article, le pape Léon XIV entre à la polyclinique Gemelli de Rome pour y être opéré d’un nodule au poumon. Emmanuel Macron a visité le salon de l’automobile. Et le cardinal Jean-Marc Aveline, le président de la Conférence des Evêques de France, la CEF, est au Vatican, dans la continuité de son invitation lancée aux Eglises de la Méditerranée autour de la paix et du dialogue interreligieux, au lendemain de la visitation du Pape en France.

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos Benoit Tessier / REUTERS, Capture vidéo LCI toutmetz.com et Vatican Media

Retrouvez notre premier article ici : Le 1er jour et la 1ère nuit du Pape Léon XIV en France

Le second article : De Paris à Lourdes, Léon XIV : le pape-pèlerin de la Paix

Euthanasie : et si le malade ne meurt pas, il faudra l’achever…

La Croix dévoile le« document de travail » de la Haute Autorité de santé (HAS) qui préfigure ce que pourrait être la mise en œuvre concrète de l’euthanasie. Comme pour l’avortement, l’opération de mise à mort n’est pas anodine et peut connaître quelques ratés… L’article 16 du texte de loi confie à la HAS la mission de faire des recommandations. Ce groupe a élaboré un « document de travail » de 94 pages actuellement soumis à la relecture. « Une réalité bien éloignée de la mort douce, apaisée, maîtrisée promise aux patients », appuie Emmanuel Hirsch, cofondateur du Collectif démocratie, éthique et solidarités.

Dans le cas d’un suicide assisté, le patient pourra ainsi choisir entre deux modes d’administration du produit létal : la voie orale ou la voie veineuse. S’il opte pour la première solution, il devra boire un cocktail lytique contenant une dose de 15 g de pentobarbital ou de sécobarbital. Ces puissants barbituriques le plongeront dans un coma profond et provoqueront un double choc respiratoire et vasculaire, conduisant à la mort dans un délai relativement long de vingt-cinq minutes. Sauf que le goût amer de la potion, des troubles digestifs ou une mauvaise posture peuvent provoquer des vomissements. Aussi les experts préconisent d’administrer un antivomitif avant l’absorption et de boire en position semi-assise la substance létale – au besoin aromatisée.

Pour la voie veineuse, c’est au patient de déclencher le dispositif d’injection. Dans ce cas, « la phase agonique est rapide », précise le document, préconisant une perfusion d’une solution contenant 3 g de thiopental ou 2 g de propofol. À un tel dosage, ces médicaments habituellement utilisés en anesthésie et en réanimation sont censés provoquer la mort en quelques minutes.

S’il apparaît qu’au moment d’acter une aide à mourir par voie orale « l’ingestion n’est pas possible, incomplète ou rejetée lors du vomissement », ou « si le délai de survenue de la mort se prolonge », il est recommandé de mettre en œuvre « le protocole d’injection directe par voie veineuse ».

De même, s’agissant d’une administration par voie veineuse, le document précise que, « si l’arrêt cardiaque ne survient pas, il est recommandé d’injecter un curare », produit qui provoque une paralysie des muscles conduisant à l’arrêt respiratoire.

Emmanuel Hirsch souligne :

« Dans ces circonstances, le soignant devra donc décider d’un acte complémentaire sans pouvoir solliciter directement le consentement de la personne, inconsciente. On entre là dans une forme d’obstination euthanasique qui interroge ».

Marie-Jo Thiel, membre de l’Académie pontificale pour la vie, ajoute :

« Sans compter que le document ne définit pas clairement les “signes d’inconfort” et le délai qui pourraient justifier cette injection complémentaire : on passe donc du suicide assisté à l’euthanasie sans le dire, mais en le faisant ».

L’égalité des chances ne consiste pas à imposer à tous le même parcours, mais à permettre à chacun de développer ses talents

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Il est tentant, devant des lycées bloqués, de ne voir qu’un problème de maintien de l’ordre. Mais ce serait confondre les symptômes avec les causes. Car la question fondamentale demeure ce que nous avons fait de notre école qui ne transmet plus rien.

Ne cherchons pas d’excuses à la violence. Rien ne justifie qu’on incendie, qu’on frappe ou qu’on détruise. Les professeurs et les élèves qui souhaitent simplement travailler ont droit au respect et à la sécurité. Mais condamner les violences ne dispense nullement de s’interroger sur le désastre éducatif. Réduire tout le mouvement à une manipulation politique serait donc aussi imprudent que de prendre chaque revendication pour argent comptant.

Rappelons une évidence devenue presque subversive: la première mission de l’école est d’instruire. Lire, écrire, compter, connaître l’histoire de son pays, maîtriser sa langue, comprendre les sciences, découvrir les grandes œuvres de la littérature et les fondements de notre civilisation: voilà ce que les familles sont en droit d’attendre de l’institution scolaire. L’instruction est la condition de la liberté. Celui qui ne sait pas lire convenablement dépend de ceux qui prétendent penser à sa place. Celui qui ignore l’histoire devient la proie des slogans. Or notre école semble parfois avoir perdu de vue cette hiérarchie des priorités. On lui demande de réparer toutes les fractures sociales, de transmettre les valeurs du conformisme ambiant et de répondre à toutes les urgences du moment. À force de vouloir tout faire, elle n’accomplit plus correctement sa mission propre. Au nom de l’égalité, le collège unique a détruit la formation professionnelle.

Pourtant, l’égalité des chances ne consiste pas à imposer à tous le même parcours, mais à permettre à chacun de développer ses talents. À vouloir maintenir artificiellement tout le monde dans un cadre identique, on risque de décourager les meilleurs sans donner de meilleures chances aux plus faibles. Il faudrait donc retrouver le courage de diversifier les parcours, de valoriser les filières professionnelles et de restaurer une véritable exigence scolaire.

À cette uniformisation s’ajoute l’influence d’un pédagogisme délétère. Bien entendu, la pédagogie est indispensable. Mais aucune méthode ne peut abolir la nécessité de travailler. Le savoir exige de l’attention et de l’effort. Il suppose aussi que l’adulte assume pleinement son autorité intellectuelle et morale. L’école ne peut cependant pas tout. Elle ne devrait jamais prétendre remplacer la famille, première éducatrice. Les parents doivent pouvoir choisir une école correspondant à leurs convictions éducatives et rechercher un environnement adapté à leur enfant. La liberté scolaire n’est pas un privilège honteux : elle est une garantie contre la tentation d’imposer à tous une vision unique de l’homme et de la société.

La crise actuelle devrait donc nous conduire à une véritable refondation intellectuelle et morale. Il faut rétablir les savoirs fondamentaux. Il faut aussi cesser de confondre l’éducation avec l’endoctrinement et la citoyenneté avec l’adhésion obligatoire aux mots d’ordre du moment. La jeunesse a besoin d’espérance et d’appel au dépassement – dans la fidélité aux modèles de notre grande histoire. Une civilisation ne se perpétue pas en répétant à ses enfants qu’ils doivent la contester. Elle doit leur donner les moyens de la connaître, d’en discerner les grandeurs comme les fautes, et de recevoir l’héritage qu’ils auront à leur tour la responsabilité de transmettre.

Les « valeurs » de l’UE

Le Parlement hongrois a adopté une loi qui abolit la loi de « protection de l’enfance » que Viktor Orban avait fait voter en 2021, qui interdisait la propagande LGBT auprès des mineurs.

Les commissaires européens Hadja Lhabib et Michael McGrath ont fait savoir dans une déclaration commune qu’il s’agit là d’un « signal important d’engagement en faveur de nos valeurs communes », car « les droits des personnes LGBT+ sont des droits fondamentaux au sein de l’Union européenne ».

Peine de mort : le courant abolitionniste est né dans des milieux libéraux, antireligieux, en particulier très anticléricaux

Matthieu Lavagna a répondu aux questions de Claves concernant son ouvrage Ce qu’enseigne vraiment l’Eglise sur la peine de mort.  Extrait :

Comment les catholiques doivent-ils réagir face à ce qui semble être un vrai revirement ?

À mon sens, ces enseignements du pape François ne relèvent pas du magistère infaillible de l’Église, même ceux qui sont contenus dans des encycliques ou déclarations officielles. Il ne s’agit clairement pas de déclarations « ex cathedra » ou d’enseignements solennels, mais d’actes du magistère non-infaillible, dans lesquels il est possible que le pape puisse faire et enseigner ponctuellement une erreur.

Il me semble que l’on peut formuler ainsi notre conclusion : un catholique doit refuser de donner son assentiment à un enseignement non-infaillible du magistère si ce dernier vient s’opposer directement à une doctrine qui a déjà été infailliblement enseignée. Or il semble que ce soit le cas ici, puisque l’Église a enseigné pendant deux millénaires que la peine de mort n’était pas intrinsèquement immorale et que l’État a le droit de l’appliquer dans certaines circonstances en vertu de la justice rétributive.

Attention, il ne s’agit pas d’un acte de rébellion contre le pape ou le magistère, mais simplement d’une suspension prudente de l’assentiment de l’intelligence, dans le cas d’une contradiction manifeste entre un enseignement et la doctrine constamment professée par l’Église.

À votre avis, ce récent changement représente-t-il un danger pour le magistère de l’Église ?

Comme nous venons de le dire, ce changement pour le moins troublant ne doit cependant pas affaiblir la foi des catholiques ni la confiance dans le magistère assisté divinement. Il n’en reste pas moins que cette évolution brutale et selon toute apparence contradictoire peut donner — de l’extérieur du moins — une impression d’inconstance dommageable à l’enseignement de l’Église, dont l’autorité est justement renforcée par son immuabilité. Bien qu’elle soit largement remise en cause aujourd’hui, sur de nombreux sujets, cette constance du magistère est un puissant argument de vérité, un soutien solide pour la foi des chrétiens, et un rempart contre le relativisme ambiant.

Demeurent pour nous cependant deux points peu clairs : la peine capitale entre-t-elle directement dans l’objet du magistère, et le pape François a-t-il réellement soutenu qu’elle était intrinsèquement immorale ?

Le Pape François semble en effet avoir enseigné que la peine de mort est immorale en toutes circonstances et à toute époque. En effet, il affirme que celle-ci « viole la dignité de tout être humain, inaliénable en toutes circonstances » (Dignitas Infinita, n° 34) et que « indépendamment de tout changement culturel », cette dignité humaine est « inviolable en toute époque de l’histoire et [que] personne ne peut se sentir autorisé par les circonstances à nier cette conviction » (Dignitas Infinita, n° 6). Aussi, l’affirmation de François selon laquelle : « Le commandement “tu ne tueras point” a une valeur absolue et inclut aussi bien l’innocent que le coupable » indique bien qu’il considère que la peine de mort est une violation pure et simple du 5e commandement et donc qu’elle est immorale à toute époque, pas seulement aujourd’hui (les dix commandements ne sont pas soumis aux changements contingents des sociétés).

Que dire encore à ceux qui arguent du risque d’erreur judiciaire, face à la garantie de protection que les systèmes carcéraux modernes semblent apporter en termes de protection des sociétés ?

 L’objection du risque d’erreur judiciaire est importante, mais pas décisive. Évidemment, l’exécution d’un innocent est inadmissible. Mais il me semble que cela ne suffit pas à justifier l’abolition de la peine de mort dans toutes les circonstances. L’objection montre plutôt qu’il est nécessaire de mettre en œuvre tout ce qui est possible pour éviter le risque d’erreur, avant de procéder à l’exécution… La peine capitale ne peut évidemment être envisagée que lorsque la culpabilité est établie « au-delà de tout doute raisonnable ». Notons cependant que les technologies contemporaines (ADN, empreintes, caméras…) permettent de réduire drastiquement le risque d’erreur judiciaire.

Pour finir, nous aimerions revenir sur deux questions… Et d’abord, vous mentionnez à plusieurs reprises les enjeux philosophiques de la question : d’où vient le courant abolitionniste, et que révèle son influence dans l’Église ?

Il est difficile de démêler entièrement les tenants et les aboutissants de cette émergence d’un courant anti-peine capitale dans l’Église. Il importe toutefois de noter que le courant abolitionniste est d’abord né dans des milieux libéraux et radicalement antireligieux, en particulier très anticléricaux : notamment chez les philosophes des Lumières. Jusque dans les années 1970, une ligne de séparation nette séparait les théologiens chrétiens (catholiques et protestants) des promoteurs de l’abolitionnisme, souvent par ailleurs ouvertement antichrétiens et prônant une doctrine morale et politique clairement opposée à la religion. […]

Entretien obligatoire à l’école : les AFC refusent la surveillance de toutes les familles

Communiqué des AFC :

Aujourd’hui, 13 octobre, est votée à l’Assemblée nationale la loi « intégrale » contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants.

Les AFC se réjouissent de la prise en compte effective de ces violences qui, jusqu’à « Me too » et la CIIVISE passaient largement sous silence. La sécurité des femmes et des enfants en sera heureusement renforcée.

Un entretien individuel dès la maternelle

L’article 30 de ce texte stipule que les enfants, dès l’âge de la maternelle, auront un entretien individuel organisé à quatre reprises au cours de la scolarité de ce dernier puis annuellement à partir de 2032, « afin d’évaluer leur bien-être, de prévenir et de dépister toute forme de violence, y compris pour les enfants instruits à domicile. »

De nombreuses questions sans réponse

Cet article ouvre de nombreuses questions :

  • Le ministre affirme que 15 000 personnes supplémentaires seraient nécessaires pour cette mission.
  • Avec quel budget ?
  • Quelle formation pour recueillir la parole des enfants ?
  • Quels critères de « bien-être » ?
  • Est-ce à l’Etat de les définir ?
  • Quelle place pour les parents, seuls détenteurs de l’autorité parentale ?
  • L’Etat peut-il s’arroger le droit de suspecter toutes les familles au prétexte que certaines sont défaillantes ?
  • Quelle suite sera donnée à ces entretiens ?
  • L’Etat incapable de protéger correctement les enfants qui lui sont confiés au sein de l’ASE est-il légitime pour mener ces actions ?
  • Est-ce la mission de l’école alors que celle qui lui est dévolue – l’instruction – est de moins en moins efficiente ?

La prévention passe par les familles

Ce dispositif est pensé sous le seul angle de la surveillance, de la répression et du traitement. La prévention au sein des familles passe, quant à elle, par le renforcement des compétences des parents – premiers et principaux éducateurs – la prévention des séparations conjugales, le soutien et la valorisation des familles et la diffusion de pratiques de bientraitance.

Les familles sont loin d’être parfaites mais toutes les tentatives pour les remplacer se sont systématiquement soldées par un échec plus cuisant encore.

Nous refusons de basculer vers une société de la surveillance de l’ensemble des familles.

300 kg de chocolat des sœurs de Castagniers pour restaurer le clocher

Résumé de l’opération en cours :

Nichée dans l’arrière-pays niçois depuis 1930, l’abbaye Notre-Dame de la Paix à Castagniers abrite une communauté de moniales cisterciennes qui vivent, dans la prière, du travail de leurs mains.

Depuis 1950, les sœurs y fabriquent des chocolats 100 % artisanaux : praliné maison aux noisettes du Piémont, moulages, tablettes, etc…

Mais leur clocher, lui, n’a pas bougé depuis près d’un siècle… Planchers à changer, échelle à remplacer, ouvertures à isoler de la pluie et des pigeons, et cloche à refondre. Le jour où la corde d’une cloche est tombée, il a fallu appeler des pompiers amis, qui sont montés… en rappel ! 🧗

Pour restaurer ce clocher, les sœurs ont besoin d’un coup de pouce, et lancent une grande vente en ligne de leurs bons chocolats monastiques .

Objectif : vendre au moins 300 kg de chocolat avant ce dimanche 18 octobre !

Pour participer à l’opération, vous pouvez :

Sœur M.-B. dans la chocolaterie de l’abbaye © Abbaye de Castagniers

En savoir un peu plus sur l’abbaye de Castagniers

L’histoire de l’abbaye de Castagniers commence en 1864, en Provence. Un groupe de jeunes femmes attirées par la vie cistercienne fonde alors une communauté, avec le soutien des moines de l’abbaye de Sénanque. La communauté doit déménager plusieurs fois puis, au début du XXe siècle, menacée par les lois anticléricales, une partie des sœurs se prépare même à l’exil dans le Piémont italien. En 1930, les sœurs s’installent finalement à Castagniers, dans l’arrière-pays niçois, et reprennent une grande propriété oléicole du XVIe siècle.

Aujourd’hui, les 11 moniales de l’abbaye Notre-Dame de la Paix sont des “cisterciennes de la commune observance”, comme l’abbaye de Lérins , qui est le pendant masculin de l’abbaye de Castagniers. Les sœurs ​​vivent donc selon la règle de saint Benoît, souvent résumée par la devise « prie et travaille ». Leurs journées sont rythmées par sept offices, le premier (“Vigiles”) à 5 heures du matin, et par le travail manuel qui fait vivre la communauté.

Et à Castagniers, ce travail manuel a un parfum de… cacao ! En effet, dès 1950, pour financer des travaux et subvenir à leurs besoins, les sœurs ouvrent un atelier de chocolat. Plus de 75 ans plus tard, la chocolaterie reste leur principale source de revenus. Dans la région, on les surnomme d’ailleurs « les sœurs chocolat » !

Elles fabriquent des tablettes, des orangettes, des moulages pour Pâques ou Noël, mais leur secret par-dessus tout, c’est leur praliné maison, fabriqué à base d’amandes et de noisettes du Piémont. Elles le déclinent en pâte à tartiner, en rochers ou encore en chocolats fins… avis aux amateurs !

Dans leur propriété, elles ont aussi hérité d’une cinquantaine d’oliviers qu’elles cultivent également pour en faire de l’huile d’olive bien sûr, mais aussi et surtout une spécialité rare : de la pâte d’olive , composée à 100 % d’olive. C’est bien plus léger qu’une tapenade, donc, et fonctionne tout aussi bien à l’apéro.

L’abbaye de Castagniers, entre cyprès et oliviers © Abbaye de Castagniers

Quels sont les chocolats disponibles durant la vente ?

Pour cette “opération chocolat” pour restaurer le clocher, les sœurs vous proposent :

  • des tablettes de chocolat noir : 70% ou 55% aux écorces de citron, aux écorces d’orange, aux amandes entières, à la fleur de sel, ou noir 70%. Pour la petite histoire, la tablette à la fleur de sel avait été créée en novembre 2020 pour une précédente opération avec Divine Box durant le Covid : plus de 4000 tablettes s’étaient alors vendues en quelques jours !
  • des assortiments de chocolats fins en réglettes ou ballotins : du pur praliné maison, enrobé de chocolat noir ou au lait, décorés de sésame, de pignons de pin, d’amandes etc… Parfait pour accompagner le café !
  • leur fameuse pâte à tartiner au praliné pour les aficionados ;
  • des orangettes et des gingembrettes pour les petits cadeaux qui plaisent toujours ;
  • et bien sûr leur pâte d’olive (100 % olive) pour l’apéro ou en cuisine pour apporter un peu de Provence sur un poisson ou des pâtes !

Tout cela, disponible à l’unité ou en lot… tant qu’il y a du stock !

Quelques bons pralinés en cours d’enrobage, à l’atelier de l’abbaye de Castagniers ! © Divine Box

FSSPX : Le recours contre le décret d’excommunication suit son cours à Rome

Communiqué de la FSSPX du 13 octobre 2026 :

À la suite du communiqué de la Maison générale du 13 juillet 2026 annonçant le dépôt d’une démarche préalable auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X informe que les voies de recours prévues par le droit canonique ont depuis lors été poursuivies, dans le respect des délais et des procédures établis par le droit.

Par ces démarches, les évêques de la Fraternité entendent exercer le droit que leur reconnaît l’Église, en demandant l’examen des objections juridiques et doctrinales qu’ils ont formulées à l’encontre des textes du 2 juillet.

Dans l’attente de la suite qui sera donnée à ces démarches par les autorités compétentes, la Fraternité entend observer la discrétion requise par la nature de ces procédures. Elle invite prêtres et fidèles à demeurer unis dans la prière à l’intention du Saint-Père et de toute l’Église, dont la loi suprême est le salut des âmes.

Menzingen, le 13 octobre 2026

« « Nous réclamons la messe en latin » : Déclaration de la CIC 2026 au Vatican »

Traduction de l’article de Michael J. Matt paru le 11 octobre 2026 sur The Remnant sous le titre : « “We Demand the Latin Mass” : CIC 2026 Statement to the Vatican »
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« Rendez-nous la messe de nos pères ! » Michael Matt prononce l’extraordinaire discours de clôture de la Conférence sur l’Identité Catholique de 2026 : un appel direct au pape Léon XIV, une mise en garde contre la suppression persistante de la Tradition et la déclaration que les catholiques fidèles ne se laisseront ni réduire au silence ni chasser de l’Église. Le message est clair : rétablissez la messe en latin, ou affrontez la résistance de catholiques déterminés à défendre la foi.

Votre Sainteté,

Nous nous adressons à notre Saint-Père en fils fidèles de notre Sainte Mère l’Église, animés d’une « vive inquiétude » pour le salut de l’âme de nos enfants.

Notre Seigneur et Sauveur Jésus‑Christ a ordonné à Pierre de prier pour que sa foi ne défaille pas à l’heure de l’épreuve. Nous prions nous aussi pour Pierre aujourd’hui, afin que sa foi ne défaille pas en ce temps de grande épreuve.

Nous prions pour vous, Saint-Père, et nous nous souvenons qu’au fil des siècles de foi, nombre de saints — dans l’esprit de saint Paul — ont prié pour Pierre lors des grandes épreuves et ont même résisté à Pierre en face, par amour pour lui et par charité filiale envers l’Église souffrante ici-bas.

Au XIVe siècle, sainte Catherine de Sienne rappelait au pape Grégoire son devoir, le suppliant de « faire preuve de virilité » devant Dieu, d’user de la « puissance et de la force qui sont les vôtres »… faute de quoi il serait « plus à l’honneur de Dieu et au bien de votre âme de démissionner ».

Bien avant cela, au IVe siècle, saint Athanase fut excommunié pour avoir insisté, dans la prière, pour que Pierre prie afin que sa foi ne défaille pas durant la grande épreuve. Tout comme, de nos jours, l’Église s’est endormie catholique pour se réveiller moderniste, de même, à l’époque d’Athanase, l’Église s’est endormie catholique pour se réveiller arienne. Ainsi Athanase, à l’instar de saint Paul avant lui, a résisté à Pierre en face — non par défi ou en agissant dans son dos, mais honorablement et ouvertement, par amour.

Nous ne prétendons pas nous placer au même rang que les saints d’autrefois qui considéraient comme un devoir envers Dieu d’adresser des remontrances au pape. Néanmoins, nous adressons aujourd’hui des remontrances à Pierre, non pas en tant que saints, mais en tant que pécheurs ; non pas en tant que critiques arrogants, mais en tant que brebis délaissées, scandalisées par des pasteurs qui prêchent un Évangile différent de celui que nous avons appris dans les écoles catholiques — des écoles fondées par des évêques catholiques, approuvées par des papes catholiques et animées par des prêtres et des religieuses catholiques.

Nous avons bien retenu leurs leçons. Nous avons appris leurs catéchismes par cœur. Nous avons appris à aimer et à servir la messe en latin qu’ils nous ont enseignée, et nous avons promis, lors de notre confirmation, de garder la foi catholique et d’être prêts à mourir plutôt que de la renier.

Saint-Père, l’Église de notre enfance est devenue méconnaissable. Elle est secouée par les scandales. Ses sanctuaires ont été rasés au bulldozer. Ses autels brisés. Ses tables de communion retirées. Ses enseignements et ses dogmes rejetés ; ses édifices sont fermés à clé ou vendus pour payer les frais de justice de prêtres accusés.

Mais nous sommes toujours là. Malgré les scandales, nous n’avons pas quitté l’Église de notre enfance. Chaque jour, nous la cherchons, fouillant les ruines de cette forteresse catholique autrefois puissante qui protégeait tous les hommes sur terre contre le monde, la chair et le diable. Nous recherchons les petites chapelles qui tiennent encore debout, où les prêtres dont nous gardons le souvenir enseignent toujours la foi qui a fait de nous ce que nous sommes.

Saint-Père, vous êtes un prêtre missionnaire. Vous pouvez certainement imaginer ce que ressentent des brebis dispersées lorsqu’elles se sentent abandonnées par leurs bergers, trahies à ce point. Nous assistons avec incrédulité à la fermeture, sur ordre du Vatican, de nos paroisses florissantes célébrant la messe en latin — véritables oasis spirituelles dans le désert du relativisme — pour des raisons que seul Dieu connaît.

Quel est notre crime ? Pourquoi sommes-nous persécutés pour croire et adorer ce que les écoles catholiques de notre enfance nous ont appris à croire et à adorer ?

C’est un scandale même aux yeux du monde, qui observe lui aussi avec une incrédulité totale une Église catholique sous assistance respiratoire supprimer les quelques communautés catholiques florissantes qui subsistent dans le monde.

S’il doit y avoir une chance de réparer ce qui a si gravement déraillé, nous devons savoir quels péchés nous avons commis qui contribuent à la division évoquée par le pape François dans Traditionis Custodes. Comment le pape peut-il affirmer que la messe en latin de toujours est source de division, alors même que son propre prédécesseur a rétabli cette même messe comme un droit de naissance inaliénable pour tous les catholiques, de tous les temps ? Vous avez jugé bon de poursuivre la démarche synodale de votre prédécesseur, laquelle inclut une volonté ecclésiale explicite d’écouter les brebis. S’il en est ainsi, alors écoutez-nous.

Nous sommes en première ligne, Saint‑Père. Nous constatons chaque jour, et directement, que la dimension humaine de l’Église du Christ traverse une crise sans précédent dans son histoire. Le Vatican lui‑même a récemment publié les signes vitaux d’une Église agonisante en France. La « fille aînée » est sous assistance vitale. À l’instar du reste de l’Église en Europe, elle se trouve dans un état critique.

Pourquoi, alors, des centres florissants de messe en latin sont‑ils fermés en France par décret papal, alors même que le site officiel du Vatican indique qu’entre 1980 et 2024, le nombre de prêtres en France s’est effondré, passant de 39 000 à 12 000 — soit une chute de 70 % ?

Pourquoi, alors, des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal, alors que le nombre de paroisses catholiques dans le pays a diminué de 72 % ?

Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que trois paroisses sur quatre ont disparu ?

Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que le nombre de religieuses a chuté de 87 000 à 17 000 ?

Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que le nombre de baptêmes est passé de 513 000 à 186 000 ?

Que le nombre de mariages est passé de 217 000 à 40 000 et continue de chuter rapidement ?

Pourquoi des centres florissants de messe en latin sont-ils fermés en France par décret papal alors que l’Église catholique en France est en train de disparaître ?

Comment ne pas conclure que le Vatican se moque éperdument de nous et de nos enfants, puisqu’il nous expulse délibérément de nos propres églises et refuse de protéger nos enfants face aux loups laïcistes qui rôdent ?

Alors que l’Église de France demeure plongée dans un coma qu’elle s’est elle-même infligé, le gouvernement français transforme la « fille aînée de l’Église » en une terre désolée, stérile et dangereuse.

D’abord, ils ont légalisé le mariage entre personnes de même sexe. Puis, le 4 mars 2024, le Parlement français [réuni en Congrés] a voté, par 780 voix contre 72, la modification de l’article 34 de la Constitution, faisant de la France catholique le premier pays au monde à inscrire l’avortement comme une liberté constitutionnelle garantie.

En août 2026, la nouvelle loi sur l’aide à mourir est entrée en vigueur en France, après avoir reçu l’aval complet du Conseil constitutionnel.

À l’exception notable d’un mouvement catholique vigoureux attaché à la messe en latin en France, la dimension humaine de l’Église connaît un déclin irréversible. Hélas, le Vatican est en train d’euthanasier ce renouveau catholique.

La Fraternité Saint-Pie X, en France, regorge également de jeunes familles et de nombreuses vocations ; pourtant, Votre Sainteté a jugé bon de la déclarer excommuniée.

Et quel était son crime ?

À l’été 2026, lors d’une conférence de presse à Castel Gandolfo, Votre Sainteté a déclaré aux médias que la Fraternité Saint-Pie X refusait d’accepter « certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par plusieurs points du concile Vatican II ».

Mais de quels « points de Vatican II » s’agit‑il, Saint-Père ? N’avons‑nous pas le droit de savoir quels éléments de Vatican II, revêtant une autorité doctrinale contraignante, nous devons, nous aussi, accepter sous peine de mettre notre âme en péril ? Sinon, comment nous prémunir contre une erreur identique, assez grave pour entraîner une excommunication ?

Qu’est-ce qui, dans Vatican II, revêt un caractère doctrinal contraignant et doit donc être accepté par tous les catholiques sous peine de mettre leur âme en péril ? Dites‑le‑nous, Saint‑Père : quel est ce nouveau dogme issu de Vatican II, et dans quel Credo figure‑t‑il ? Dites-le-nous, car nous acceptons pleinement tout dogme défini antérieurement qui est réaffirmé dans les documents de Vatican II.

D’ailleurs, Saint-Père, de quel Vatican II parlez-vous ? Car, selon votre prédécesseur, le pape Benoît XVI, il y en avait deux.

Le 14 février 2013, Sa Sainteté Benoît XVI, s’adressant pour la dernière fois à la Curie romaine, a expliqué que le véritable Concile ne s’était pas encore concrétisé :

« Nous savons combien ce Concile des media fut accessible à tous. Donc, c’était celui qui dominait, le plus efficace, et il a créé tant de calamités, tant de problèmes, réellement tant de misères : séminaires fermés, couvents fermés, liturgie banalisée… et le vrai Concile a eu de la difficulté à se concrétiser, à se réaliser ; le Concile virtuel était plus fort que le Concile réel. »
De quel Concile, alors, Saint‑Père, la Fraternité Saint Pie X « refuse-t-elle d’accepter » l’autorité ? Le vrai, qui ne s’est jamais réellement concrétisé, ou le concile des media — le seul que le monde ait connu — qui a vidé les séminaires et banalisé la liturgie ?

Et puis, il y a la question de savoir quelle est la véritable religion.

Lors d’une rencontre interreligieuse de jeunes à Singapour, le 13 septembre 2024, le pape François a déclaré que « toutes les religions sont un chemin pour atteindre Dieu ». Il existe « des langages différents pour parvenir à Dieu… certains sont sikhs, d’autres musulmans, hindous, chrétiens. Et ce sont TOUS des chemins vers Dieu. »

Est-ce là l’enseignement officiel du Vatican ? Comment cela pourrait-il l’être alors que cela contredit l’enseignement constant de vos prédécesseurs, et tout récemment celui du pape Pie XI dans Mortalium Animos ?

« Seule… l’Église catholique est celle qui garde le vrai culte. Elle est la source de vérité, la demeure de la foi, le temple de Dieu ; qui n’y entre pas, ou qui en sort, se prive de tout espoir de vie et de salut. »

Alors, lequel de ces deux enseignements pontificaux contradictoires devons-nous accepter, sous peine de perdre nos âmes ?

Le Vatican a-t-il modifié l’enseignement catholique sur le caractère intrinsèquement mauvais des actes homosexuels ? En 1994, le pape Jean‑Paul II affirmait que « les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi morale naturelle ». Est-ce toujours l’enseignement de l’Église catholique et, si oui, pourquoi y a‑t‑il plus de vingt ans que le Vatican n’a pas communiqué cet enseignement aux couples de même sexe, que le pape François a demandé aux prêtres catholiques de bénir dans Fiducia Supplicans ?

Est-il toujours nécessaire pour les couples de même sexe de se repentir d’actes « intrinsèquement désordonnés et contraires à la loi morale naturelle », selon le Catéchisme de l’Église catholique ? Si tel est le cas, pourquoi le Vatican ne le dit‑il pas haut et fort, à la face du monde ? L’exhortation de Jésus‑Christ dans l’Évangile selon saint Jean (8,11) reste‑t‑elle valable : « Va, désormais ne pèche plus » ?

Que devons‑nous, en tant que parents, enseigner à nos enfants au sujet des sixième et neuvième commandements ? Que même Dieu a changé d’avis ?

Si la Synodalité poursuit dans cette voie, Saint‑Père, comment l’histoire pourrait‑elle ne pas la décrire comme l’infirmier en soins palliatifs appelé au chevet d’une Église catholique agonisante ?

Saint‑Père, comment se fait‑il que NOUS soyons le problème, simplement parce que nous sommes consternés par de tels écarts radicaux par rapport aux enseignements définis comme infaillibles de l’Église de notre enfance ?

Devant Dieu, nous avons le droit de connaître la vérité. Et tant que Votre Sainteté ne reconnaîtra pas ce droit, nous n’aurons d’autre choix que de rester fermement attachés à la Tradition et d’agir comme le Bienheureux Fulton Sheen l’a préconisé aux débuts de la crise moderniste : être l’esprit, les yeux et les oreilles qui aideront à sauver l’Église.

Veillez à ce que nos prêtres agissent en prêtres, nos évêques en évêques, nos religieux en religieux et — puisque vous êtes, Saint‑Père, l’évêque de Rome — à ce que nos papes agissent en papes.

Saint‑Père, vous savez certainement que, telle Rachel pleurant ses enfants, nos épouses et nos mères pleurent aujourd’hui nos enfants, perdus dans le désert du modernisme et dans un nouvel ordre mondial sans Dieu.

La messe en latin est la seule messe que nos enfants aient jamais connue. Elle a maintenu nos familles unies dans la foi catholique. Elle nous a permis d’accomplir notre premier devoir de pères envers nos enfants : sauver leurs âmes.

Alors que tant de scandales ecclésiaux s’étalent à la une des journaux du monde entier, je ne sais pas combien nos enfants pourront encore en supporter. Ils ont entendu parler de choses dont saint Paul nous dit qu’il ne faut même pas prononcer le nom – les abus sexuels sur des enfants, les abus homosexuels sur des séminaristes, le blasphème contre Dieu, et maintenant Traditionis Custodes – apprenant que la plus belle chose qui soit ici‑bas est, selon leur Saint‑Père à Rome, source de division et doit être supprimée.

Saint‑Père, nous ne sommes pas vos ennemis mais plutôt vos fils les plus fidèles ; nous veillons et prions pour que la foi de Pierre ne défaille pas. Si elle venait à faillir, nous n’aurions d’autre choix que de vous résister, tout comme Paul a résisté à Pierre, Athanase à Libère et Catherine à Grégoire. Si votre foi ne défaille pas, vous n’aurez pas de plus grands défenseurs que nous — les traditionalistes.

Quoi qu’il en advienne, tant que nous n’aurons pas reçu de réponses de notre pasteur en cette période de crise, nous ne permettrons ni au Vatican ni à quiconque d’autre de nous diviser pour mieux régner, que ce soit par l’excommunication ou par l’exclusion.

Les catholiques traditionalistes du monde entier font bloc, AU SEIN DE L’ÉGLISE, unis par la foi de nos pères et par la sainte messe en latin — que NOUS CONTINUERONS À RECHERCHER, quelle que soit la distance ou le temps nécessaires — et fidèles au Christ‑Roi, qui sera avec nous jusqu’à la fin des temps.

Votre Sainteté, nous demandons respectueusement que vous respectiez nos aspirations liturgiques légitimes, telles que garanties par saint Pie V dans la bulle Quo Primum, et rétablies par le pape Jean‑Paul II dans Ecclesia Dei ainsi que par le pape Benoît XVI dans Summorum Pontificum.

Je vous en prie, Saint‑Père, écoutez-nous ; si la messe en latin n’est pas rétablie, alors, dans l’esprit de saint Paul résistant face à face à saint Pierre, nous, catholiques traditionalistes — dont la responsabilité première est le salut de l’âme de nos enfants —, nous n’aurons pas d’autre choix que d’agir de même.

Rendez‑nous la messe de nos pères. Nous prions Dieu pour que la foi de Pierre ne défaille pas et pour qu’il agisse avec droiture, comme le réclamait sainte Catherine. Que Dieu bénisse Votre Sainteté et que Marie protège notre Église bien‑aimée, actuellement assiégée.

En le Christ‑Roi,
Michael J. Matt et Eric Frankovitch
Catholic Identity Conference

Fête de saint François, 4 octobre 2026

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Parmi les différentes conditions requises pour que soit ordonné un homme marié, il y a la continence perpétuelle

De l’abbé Pagès :

Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers (Belgique), a récemment annoncé son intention d’ordonner prêtres des hommes mariés d’ici 2028. Selon lui, « la question n’est plus de savoir si l’Église peut ordonner prêtres des hommes mariés, mais quand elle va le faire et comment », le consensus sur le sujet étant « quasi-total » depuis des années. Dans un entretien du Herder Korrespondenz d’octobre 2026, il s’est dit confiant de voir son projet être approuvé d’ici la fin du synode sur la synodalité (automne 2028). Il a averti qu’en cas contraire, « un coup fatal » serait porté « à la crédibilité et à la mise en œuvre » de celui-ci. Sachant que le droit canon de l’Église latine empêche les hommes mariés de recevoir les ordres (canon 1042), sauf pour le diaconat permanent, il place sa confiance dans Léon XIV, qu’il décrit « comme un bon père », à qui il entend faire valoir que des prêtres mariés existent déjà dans les Églises catholiques orientales et que, selon lui, personne ne peut plus expliquer pourquoi cela serait impossible pour des vocations « natives » en Occident.

Eh bien — et comme je l’ai déjà expliqué —, je vais dire pourquoi.

Tout d’abord, je rappelle qu’il y a dix ans j’avais déjà porté plainte contre Mgr Bonny devant le Préfet de la Congrégation pour les Évêques, en raison de sa demande pour que « la relationnalité (sic) de nombreux couples bi- et homosexuels reçoive une reconnaissance formelle de la part de l’Église ». Mon interpellation était restée lettre morte.

Parmi les différentes conditions requises pour que soit ordonné un homme marié, il en est une qui est également laissée pour compte : il s’agit de la continence perpétuelle. Il m’est arrivé de demander tant à un évêque qu’à un ordinant de m’expliquer pourquoi l’un demandait à l’autre de faire cette promesse, et ni l’un ni l’autre n’ont jamais été capables de donner la raison de cette demande … Comme si l’Eglise demandait une chose absurde, reliquat des âges obscurs. Or, la seule explication possible qu’un homme marié puisse devenir prêtre alors qu’un prêtre ne peut pas se marier, et qu’il soit encore demandé à l’ordinand marié de ne pas se remarier s’il devient veuf, est que la procréation étant une des fins essentielles du mariage, celui-ci serait invalide pour eux du fait que l’ordination voue à la continence perpéturelle l’ordinand, comme expression de la communion totale au sacrifice unique et parfait offert sur l’autel. Pour plus d’informations, j’invite à lire l’article que j’ai écrit sur cette question, qui révèle la perte du sens de la Tradition, et partant celle de la nature du sacerdoce.

Reste que les nominations faites par Léon XIV de personnalités demandant tant

– la reconnaissance officielle par l’Eglise des paires homosexuelles (José Antonio Satué, nommé évêque de Málaga (Espagne) le 27 juin 2025 ; Thomas Hennen, nommé évêque de Baker (Oregon, États-Unis) le 10 juillet 2025 ; James Checchio, nommé archevêque coadjuteur de La Nouvelle-Orléans le 24 septembre 2025 ; Christian Würtz, nommé évêque d’Eichstätt (Allemagne) en juillet 2026 ; Ramón Bejarano, nommé évêque de Monterey (Californie) le 17 décembre 2025 ; Carlo Roberto Maria Redaelli, nommé secrétaire du Dicastère pour le Clergé en janvier 2026 …) ;
– l’ordination sacerdotale des hommes mariés (Josef Grünwidl, nommé archevêque de Vienne en octobre 2025) ;
– que celle des femmes (encore Josef Grünwidl ; Beat Grögli, confirmé évêque de Saint-Gall (Suisse) en mai 2025 ; Shane Mackinlay, nommé archevêque de Brisbane (Australie) en juin 2025 ; Sœur Mary Teresa Barron, nommée secrétaire adjointe du Dicastère pour l’Évangélisation et présidente des Œuvres pontificales missionnaires en octobre 2026 …),
laissent craindre que finissent de se perdre Tradition et vocations.

Accord entre les Etats-Unis et la Russie sur le diesel: manoeuvre électorale ou changement stratégique ?

Extrait d’une analyse de Conflits :

Le 9 octobre, à moins d’un mois des élections de mi-mandat, Donald Trump a annoncé le retour du diesel russe sur le marché américain et mondial. Moscou fournirait plus de 300 000 tonnes immédiatement, 500 000 tonnes en novembre, un million de tonnes dans une troisième étape, puis jusqu’à trois millions de tonnes supplémentaires selon l’état de ses raffineries. L’enveloppe totale pourrait ainsi atteindre 4,8 millions de tonnes. […] Après quatre années de sanctions destinées à réduire les revenus pétroliers de Moscou, les États-Unis ouvrent eux-mêmes une brèche dans le dispositif occidental. […]

Depuis le début de l’année, la politique étrangère de Washington suit deux lignes contraires. D’un côté, les États-Unis renforcent les sanctions contre les producteurs russes, la flotte fantôme et les pays acheteurs. De l’autre, l’administration Trump s’affiche comme négociatrice et cherche directement des accords avec Moscou, quitte à accorder des dérogations lorsque la sécurité énergétique américaine l’exige. Ainsi, en mai, le Trésor prolongeait une exemption sur le pétrole russe transporté par mer. Le 18 septembre, Donald Trump promulguait au contraire une loi permettant d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % aux principaux pays qui continueraient d’acheter des hydrocarbures russes.

Mais la crise du Moyen-Orient a rendu le blocus des hydrocarbures russes difficile à tenir. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz, en mer Rouge et au Bab el-Mandeb ont désorganisé les routes pétrolières et renchéri le fret comme l’assurance. […]

Les États-Unis disposant de peu de flexibilité productive, leurs raffineries tournant déjà à haut régime et les stocks de diesel étant faibles, Washington a obtenu du G7 la libération de réserves stratégiques, élargi l’accès au diesel détaxé normalement réservé aux usages agricoles et envisagé de mobiliser le Defense Production Act pour accroître les capacités de raffinage. Ces mesures ne peuvent soulager le marché qu’à très court terme. Cela n’a pas suffi pour endiguer les prix du diesel, quelques mois avant les élections de mi-mandat. […]

Au cours des huit premiers mois de l’année, les drones ukrainiens ont frappé en moyenne une raffinerie tous les trois jours. À la fin août, cinq seulement des trente-deux grandes raffineries du pays avaient échappé aux attaques. En juin, le débit de raffinage est tombé à 3,8 millions de barils par jour, son niveau le plus bas depuis plus de vingt ans et près de 30 % sous celui de juin 2025. La production de diesel avait reculé dans des proportions comparables.

Les exportations ont suivi la même pente. En juin, la Russie a vendu moins d’un million de tonnes de diesel à l’étranger. Moscou a alors privilégié son marché intérieur, où la baisse de production commençait à tendre l’approvisionnement des transports et de l’industrie. Le Kremlin a même interdit les exportations de diesel le 8 juillet, avant de prolonger cette mesure jusqu’à la fin octobre afin de conserver davantage de carburant sur le marché russe.

Le gouvernement russe doit ainsi arbitrer entre trois usages d’une production réduite : alimenter son marché intérieur, honorer ses nouveaux engagements d’exportation de diesel et vendre davantage de brut lorsque ses raffineries ne peuvent le transformer.

L’accord annoncé par Donald Trump oblige donc Moscou à rouvrir progressivement ce débouché extérieur. Les deux premières tranches totalisent 800 000 tonnes : 300 000 tonnes immédiatement, puis 500 000 tonnes en novembre. La Russie peut encore réunir ces volumes en mobilisant ses stocks, en redirigeant certaines cargaisons initialement destinées à d’autres marchés et en autorisant une reprise limitée des exportations.

La troisième tranche, qui porte le total cumulé à 1,8 million de tonnes, demande déjà un arbitrage plus difficile entre exportations et consommation intérieure. Les trois millions de tonnes restantes sont conditionnées à l’état des raffineries russes. Elles supposent la réparation d’unités endommagées et une réduction des arrêts. Le passage de 1,8 à 4,8 millions de tonnes concentre donc l’essentiel de l’incertitude de l’accord. […]

Trois trajectoires pourraient se dessiner. La première resterait celle d’un effet d’annonce : Moscou livrerait quelques centaines de milliers de tonnes à partir de stocks ou de cargaisons déjà disponibles, les prix se détendraient avant les élections américaines, puis Washington retrouverait son mouvement de balancier entre sanctions et dérogations. L’accord aurait alors surtout servi à agir sur les anticipations du prix du diesel à court terme.

La deuxième verrait s’installer des échanges réguliers de diesel, mais dans des volumes limités par les capacités actuelles de raffinage russes. Moscou pourrait exécuter les premières tranches, jusqu’à 1,8 million de tonnes, en combinant stocks, reprise partielle des exportations et redirection de cargaisons. Le corridor existerait alors sans véritablement infléchir le cours mondial du diesel : les volumes resteraient trop faibles face aux tensions qui affectent simultanément la Russie, le Moyen-Orient et les grandes routes maritimes.

Le troisième scénario demanderait un changement plus profond. Pour atteindre 4,8 millions de tonnes, la Russie devrait remettre en service plusieurs raffineries, maintenir ses ports et ses chaînes logistiques opérationnels et préserver son marché intérieur. Washington devrait parallèlement obtenir de Kyiv une réduction durable des frappes contre les raffineries, les terminaux et les voies d’exportation russes. L’accord énergétique deviendrait alors un véritable corridor énergétique entre les États-Unis et la Russie, et remettrait en cause la capacité de l’Union européenne à maintenir seule des sanctions contre Moscou.

Suppression des majorations de pension pour les parents de familles nombreuses : le coup de gueule du CEMA

Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées (CEMA), a dénoncé le projet du gouvernement de supprimer, via le projet de loi de finances de la Sécurité sociale, les majorations de pension pour les parents de familles nombreuses lors d’une intervention en commission à l’Assemblée nationale. Cette mesure du projet de budget 2027 va se traduire pour beaucoup par une amputation de 10, voire 20 % de la retraite.

Ce nouveau mode de calcul, s’il est voté par le Parlement, pénaliserait les militaires d’active, notamment les officiers et les sous-officiers parents de famille nombreuse. Nombreux sont ceux qui envisagent, d’ores et déjà, de quitter l’armée par anticipation. Déjà que l’Armée a des difficultés à recruter et fidéliser…

Le gouvernement s’attaque à une seule catégorie de futurs retraités aisés, ceux qui ont eu des familles nombreuses ! Et les autres, les célibataires qui ont pu mener leurs petites carrières plus facilement avec une grosse retraite à la clef, sans nuits d’insomnie à cause des bébés, sans avoir financé un grand logement, une voiture six places, des études et des chambres d’étudiants ? Lecornu a renoncé à une réforme générale des retraites en échange de la non-censure du PS, et le voilà maintenant en train de faire les poches des parents de familles nombreuses.

Voilà encore une mesure pour décourager la natalité, alors que la démographie est un élément de la puissance de la France.

Jean-Louis Thiériot, député et vice-président de cette Commission, a déclaré :

on parle de réarmement démographique et on supprime la majoration de pension de 10% pour les parents de 3 enfants et plus (+5% par enfant supplémentaire) pour la remplacer, dès juillet 2027, par une allocation forfaitaire. C’est une aberration.

Master-Class Science et éthique : questionner les pratiques pour agir avec prudence et discernement

Comme l’a rappelé le Pape Léon XIV lors de son voyage en France, ce qui est « légal n’est pas nécessairement moral ».  Les dérives actuelles risquant « de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives favorisant les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l’achat d’organes ou l’offre d’une mort programmée », le « discernement éthique » est plus que jamais nécessaire pour garder le cap et continuer à exercer une médecine hippocratique responsable.

Afin que la science reste au service de l’humain, la Chaire de Bioéthique Internationale Jérôme Lejeune souhaite apporter son expertise aux soignants en leur proposant différentes formations, comme la Master-Class « Science et Ethique Jérôme Lejeune ». Depuis 2017, plus de 950 étudiants ont été formés : un franc succès qui montre l’importance de cette formation d’expertise. Margaux, étudiante en médecine, a suivi la Master-Class. Elle témoigne ci-dessous de son expérience et de l’importance de cet enseignement.

Il est encore temps de s’inscrire pour cette année, n’hésitez pas à nous adresser rapidement votre candidature si vous êtes intéressés vous aussi !

Quel est votre parcours ? Pourquoi avoir choisi de suivre la Master-Class ?

Je suis étudiante en médecine. J’étais en 6e année lorsque j’ai suivi la Master-Class. J’ai choisi de la suivre pour avoir des cours d’éthique, ce qui manque cruellement dans notre cursus universitaire. J’ai aussi voulu écouter des arguments « moins entendus aujourd’hui » sur différents sujets qui nous touchent directement en tant que professionnel de santé, comme le début de la vie, la recherche médicale, la PMA, ou la fin de la vie.

Qu’est-ce que la Master-Class vous a apporté ? Que retenez-vous de cette année ?

La Master Class m’a apporté beaucoup de connaissances. Elle m’a permis d’étayer les choses par des faits, des données, des arguments. Elle m’a aussi conduit à me poser beaucoup de questions sur ce qu’est l’éthique, mais aussi sur mes valeurs et mes souhaits pour pratiquer mon métier. Je retiens d’ailleurs l’importance du questionnement sur des actes qui peuvent nous etre présentés comme « révolutionnaires » ou « évidents » lors de nos cours ou de nos stages, mais aussi dans la société actuelle ou les médias.

A-t- elle changé votre regard sur certaines pratiques professionnelles ? Vous a-t-elle aidé ou permis de prendre du recul dans des situations complexes ?

Cette formation m’a permis d’ouvrir les yeux sur certaines pratiques et de mieux les comprendre. Elle a notamment changé mon regard sur la procréation médicalement assistée. Elle m’a aussi permis de voir sous un nouvel angle des situations auxquelles j’avais été confrontée au cours de mes stages, mais face auxquelles je ne m’étais pas toujours posées les bonnes questions.

Qu’est-ce qui vous a paru le plus intéressant dans cette formation ? Quels sont ses atouts ?

Je dirai que l’un des atouts majeurs de cette formation est la diversité des sujets (début de la vie, genre, transhumanisme, fin de vie, cellules souches, recherche sur l’embryon, don d’organes, CRISPR,..), mais aussi d’intervenants. Les professeurs sont issus de différents métiers (juristes, philosophes, chercheurs, professeurs hospitaliers, …) , ce qui permet d’avoir différents angles sur les sujets abordés, mais aussi de découvrir l’apport de certaines disciplines comme l’anthropologie ou la philosophie.

Pourquoi vous semble-t-il important que les soignants se forment en bioéthique ?

Pour les soignants, se former en bioéthique me semble fondamental car nous sommes régulièrement confrontés à des situations complexes et à des choix éthiques très concrets, dont les conséquences sont souvent plus importantes que dans beaucoup d’autres métiers. Agir avec prudence et discernement, en sachant prendre du recul, est capital. Pourtant, nos études ne nous forment pas à discerner. Sans formation se poser les bonnes questions et imaginer une réponse est très compliqué. Ce n’est pas dans l’urgence, le stress et les injonctions contradictoires que nous pourons prendre les « bonnes » décisions si nous n’avons pas pris le temps de la réflexion en amont.

Etes-vous optimiste pour l’avenir de la médecine hippocratique ?

Je suis optimiste car je crois en l’homme. Les soignants choisissent souvent leur métier pour prendre soin d’autrui. Je suis en revanche moins optimiste sur les prochaines législations qui poseront surement de nouveaux problèmes éthiques. Nous l’avons d’ailleurs malheureusement vu cet été avec la légalisation de l’euthanasie.

Avez-vous un conseil à donner aux étudiants en santé ou futurs étudiants ?

Je leur dirai de ne pas oublier de toujours se poser des questions et de savoir s’interroger sur les pratiques comme sur les protocoles, même si les choses nous paraissent acceptées depuis longtemps.

Informations pratiques :

Pour qui ? médecins et étudiants en médecine (dès la 1ère année), infirmières, sages-femmes, chercheurs, biologistes.

Quelques places sont aussi réservées aux juristes et philosophes ayant une expérience dans le domaine de la santé (Bac+3 minimum).

Où ? sur place (Paris 15e), ou en e-learning et en différé

Quand ? de mi-octobre 2026 à mai 2027, les mardis soirs (20 h–22 h) et 2 samedis par semestre (9 h–19 h)

Tarifs : Pour les étudiants : 220 € ; Pour les professionnels : 300 €

Pour plus de renseignements et s’inscrire :  https://chairebioethiquelejeune.org/master-class/

Un programme fanatiquement pro-avortement si les démocrates gagnent les élections de mi-mandat

Le Comité national pour le droit à la vie a fait état  d’une note d’un groupe de travail sur le coût de la vie dans le secteur de la santé des démocrates de la Chambre des représentants, dirigé par la représentante Alexandria Ocasio-Cortez de New York, adressée au chef de la minorité à la Chambre, Hakeem Jeffries, décrivant un programme de gouvernance proposé pour les cent premières heures, les cent premiers jours et la première année du prochain Congrès.

La période de 100 heures prévue comprend une série de projets de loi visant à « rétablir la liberté de reproduction à l’échelle nationale », à

« rétablir un droit fédéral à l’avortement et à mettre fin aux restrictions qui empêchent les personnes couvertes par les programmes de santé fédéraux de bénéficier d’une couverture pour l’avortement ». 

Plus précisément, les démocrates souhaitent la loi sur la protection de la santé des femmes, une proposition présentée sans succès à plusieurs reprises au fil des ans, qui irait bien au-delà du rétablissement de l’arrêt Roe v. Wade.

Elle établit un droit statutaire fédéral à pratiquer et à obtenir des avortements, y compris après la viabilité fœtale (sous le prétexte de la « santé »), et interdit spécifiquement aux États de soumettre l’avortement à des exigences d’échographie (même si celles-ci sont courantes pour déterminer l’âge fœtal), à des périodes d’attente obligatoires, à des exigences de consentement éclairé et à d’autres réglementations en matière de santé et de sécurité telles que les privilèges d’admission.

Elle protège également les avortements dits « par webcam » (c’est-à-dire la distribution de pilules abortives sans consultation médicale en personne), interdit d’interdire les avortements en fonction de la race, du sexe ou du handicap du bébé, et interdit d’interdire certaines techniques telles que les procédures de dilatation et d’évacuation (D&E), mieux connues sous le nom d’avortements « par démembrement » car elles consistent littéralement à démembrer les fœtus dans l’utérus, puis à les retirer de l’utérus membre par membre.

Le groupe réclame également la loi EACH (Equal Access to Abortion Coverage in Health Insurance), un autre sujet de prédilection récurrent du lobby pro-avortement, visant à consacrer le financement de l’avortement par les contribuables. 

Le texte stipule que les gouvernements fédéral, étatiques et locaux « ne doivent ni interdire, ni restreindre, ni entraver de quelque manière que ce soit la prise en charge des soins liés à l’avortement par les régimes d’assurance maladie privés », et exprime « l’avis du Congrès » selon lequel « les restrictions à la prise en charge des soins liés à l’avortement sur le marché de l’assurance privée doivent cesser ».

En outre, le groupe de travail appelle à une loi fédérale sur le droit à la contraception, qui « créerait un droit fédéral d’obtenir et de fournir des contraceptifs, et donnerait au ministère de la Justice, aux prestataires et aux patients le pouvoir d’intenter une action en justice ».

Selon les projections actuelles de RaceToTheWH, les démocrates ont 87 % de chances de reprendre le contrôle de la Chambre des représentants (234 sièges contre 201 pour les républicains) et 72 % de chances de reprendre le contrôle du Sénat (52 sièges pour les démocrates contre 47 pour les républicains), soit huit voix de moins que les 60 nécessaires aux démocrates pour que leurs projets de loi puissent être adoptés malgré l’obstruction parlementaire. Dans les deux chambres, une supermajorité serait également requise pour passer outre un éventuel veto de Trump.

LFI : 3 élections municipales annulées

La France Insoumise voit un troisième mandat municipal remis en cause. Le mois de septembre dernier a été fatal aux maires de Vaulx-en-Velin, Abdelkader Lahmar et de Vénissieux, Idir Boumertit. C’est cette fois l’écharpe du maire de Saint-Fons, Hadi Mebarki, qui est remise en cause.

Le tribunal administratif de Lyon a annoncé l’annulation des élections sur la commune du sud lyonnais en raison d’irrégularités.

L’ex-maire LFI avait conquis le siège au deuxième tour pour 116 voix, mais sa victoire pourrait être remise en cause par la faute du maire sortant, Christian Duchêne, qui avait omis de mentionner la nationalité portugaise de l’une de ses colistières. Une omission censée entraîner la nullité des bulletins de vote. Or, sur les 901 bulletins de vote recueillis par Christian Duchêne, 709 avaient été déclarés nuls, 192 d’entre eux ayant été « comptabilisés malgré cette irrégularité ».

LVCV – La peine de mort : justice, autorité et miséricorde

Le Salon Beige s’interrogeait très justement, dans son article du 11 octobre 2026, sur le point de savoir si la peine de mort est « vraiment inadmissible. » Une question aussi grave ne se résout ni par une émotion, même légitime, ni par la citation isolée d’un verset. Elle demande une réflexion ordonnée : que dit l’Écriture ? Quelle autorité Dieu confie-t-Il aux magistrats ? Comment tenir ensemble la justice, la protection des innocents et l’espérance offerte au pécheur ?

Il convient d’abord de distinguer deux réalités trop souvent confondues. D’un côté se trouvent le meurtre, la violence privée et la vengeance personnelle, que l’Écriture condamne. De l’autre, l’exercice de la justice publique par une autorité légitime, après un examen équitable des faits. Cette distinction ne justifie ni l’arbitraire ni la cruauté. Elle oblige, au contraire, à examiner avec gravité les fondements, les limites et les conséquences d’une peine irréversible.

L’Ancien Testament et Genèse 9
Dans la loi donnée à Israël, la peine capitale apparaît parmi les sanctions judiciaires. Le commandement « Tu ne tueras point » ne peut donc être compris comme une interdiction absolue de toute mise à mort, puisque le même ensemble législatif prévoit des peines capitales. Il condamne l’homicide et la violence criminelle ; il ne confond pas le meurtre avec l’exercice d’un jugement civil.

Mais le fondement biblique de la peine capitale ne se trouve pas seulement dans la loi mosaïque. Après le déluge, Dieu déclare à Noé :
« Celui qui verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ; car Dieu a fait l’homme à son image » (Genèse 9.6).

Cette parole est antérieure à la formation d’Israël et au don de la loi au Sinaï. Le contexte présente Dieu s’adressant à Noé, à ses fils et à leurs descendants, et établissant une alliance qui concerne les générations à venir (Genèse 9.8-17). Dans l’interprétation classique, le principe énoncé ici ne relève donc pas seulement du régime civil propre à Israël : il s’enracine dans la dignité de l’homme créé à l’image de Dieu et dans la responsabilité humaine devant le meurtre.

Cette conclusion doit cependant être formulée avec précision. Genèse 9.6 affirme, selon cette lecture, le principe d’une sanction judiciaire du meurtre ; le verset ne détaille ni les institutions chargées de juger, ni les procédures, ni les garanties contre l’erreur. Il ne donne surtout aucun mandat à la vengeance privée. Le passage précise que Dieu Lui-même demande compte du sang versé (Genèse 9.5) : toute responsabilité humaine s’exerce donc sous Son autorité. Le rôle du magistrat et les conditions d’un jugement juste doivent être examinés à la lumière de l’ensemble de l’Écriture.

On objecte que la loi mosaïque appartient à l’ancienne alliance et que ses dispositions civiles ne s’appliquent pas directement à l’Église ni aux nations d’aujourd’hui. L’objection est juste quant au régime propre à Israël ; elle ne suffit pas à écarter le principe énoncé en Genèse 9.6, qui lui est antérieur. La question devient alors celle-ci : le Nouveau Testament maintient-il, limite-t-il ou abolit-il la responsabilité judiciaire évoquée dans ce passage ?

Les récits de Caïn et de David ne suffisent pas à établir une abolition. Caïn n’est pas exécuté ; Dieu le protège même contre la vengeance de quiconque le rencontrerait. Mais aucune société judiciaire comparable à un État constitué n’existait alors, et le récit condamne d’abord la violence de celui qui se fait justicier. Quant à David, son repentir reçoit le pardon de Dieu ; toutefois, roi, il n’était pas soumis à un tribunal humain supérieur capable de le condamner. Ces épisodes manifestent la patience divine et la possibilité du pardon ; ils ne constituent pas nécessairement une règle abolissant la justice publique.

De même, les appels prophétiques à la repentance – Dieu ne prend pas plaisir à la mort du méchant, mais l’appelle à se détourner de sa voie (Ézéchiel 18.23 ; 33.11) – proclament la miséricorde de Dieu et l’urgence de la conversion. Ils traitent d’abord de la relation du pécheur avec Dieu ; il serait imprudent d’en faire, sans autre examen, des dispositions de procédure pénale.

Le Nouveau Testament et l’autorité

Le Nouveau Testament ne propose pas un traité systématique sur la peine capitale. Il serait donc imprudent de lui attribuer une formulation explicite qu’il ne donne pas. Plusieurs passages établissent néanmoins une distinction importante entre la conduite personnelle du disciple et la fonction de l’autorité civile.

Dans Romains 12, Paul interdit au croyant de rendre le mal pour le mal et lui commande de ne pas se venger lui-même :
« À Moi la vengeance, à Moi la rétribution, dit le Seigneur » (Romains 12.19).

Le chapitre suivant traite de l’autorité. Le magistrat y est appelé « serviteur de Dieu » pour le bien ; il « ne porte pas l’épée en vain » (Romains 13.1-4). Ce texte ne détaille pas toutes les peines que l’autorité pourrait appliquer. Il distingue toutefois le particulier, qui doit renoncer à la vengeance, du magistrat, qui porte une responsabilité publique sous l’autorité de Dieu.
La parole du Seigneur Jésus à la femme accusée d’adultère : « Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus » (Jean 8.11), manifeste la miséricorde et l’appel à une vie nouvelle. Elle ne transforme pas Jésus en tribunal civil et ne constitue pas, à elle seule, une réforme générale du droit pénal. Le récit invite à la prudence envers les accusateurs hypocrites et à la compassion envers la pécheresse ; il ne permet pas de conclure que toute peine publique est contraire à l’Évangile.

Lorsque Jésus prie pour Ses bourreaux, Il dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23.34). Il manifeste l’amour envers les ennemis et la grâce offerte aux pécheurs ; Il ne nie pas pour autant la culpabilité humaine. De même, Jésus réprimande Pierre lorsque celui-ci emploie l’épée pour Le défendre (Matthieu 26.52). Pierre agit de sa propre initiative ; il n’exerce pas une charge judiciaire. Cet épisode condamne le recours privé à la violence, sans établir à lui seul l’abolition de toute sanction publique.

Paul déclare enfin devant le gouverneur : « Si j’ai commis quelque injustice ou quelque crime digne de mort, je ne refuse pas de mourir » (Actes 25.11). Cette déclaration n’est pas une approbation de tous les systèmes judiciaires ni de toute condamnation prononcée au nom de la loi. Elle montre néanmoins que l’apôtre ne considère pas l’expression « crime digne de mort » comme impensable en elle-même.

Justice et responsabilité

L’argument chrétien ne peut s’arrêter à la possibilité abstraite d’un pouvoir pénal. Toute autorité humaine est faillible, et une erreur judiciaire suivie d’une exécution ne peut être réparée dans cette vie. Si une société envisage une peine aussi irréversible, les exigences doivent être particulièrement strictes : preuves solides, procédure impartiale, défense effective, examen indépendant et absence de pression politique ou de passion populaire. Là où ces garanties font défaut, la prudence commande de ne pas appliquer une peine irréparable.

Il faut distinguer la dignité de la personne et la gravité de ses actes. Le coupable ne cesse pas d’être un être humain créé à l’image de Dieu. La justice n’autorise ni la torture, ni l’humiliation, ni le spectacle de la souffrance. Même lorsqu’un crime appelle une peine sévère, le condamné demeure notre prochain et doit être traité avec vérité, retenue et compassion. Le ministère pastoral auprès de lui ne consiste ni à excuser le crime ni à mépriser la justice : il annonce le pardon de Dieu, appelle à la repentance et accompagne l’âme avec espérance.

La possibilité du repentir doit également être considérée avec sérieux. Nul ne peut mesurer à la place de Dieu l’œuvre de la grâce dans un cœur. La perspective d’un jugement peut réveiller une conscience ; mais la peine capitale interrompt aussi la vie du condamné et ferme le temps de sa conduite terrestre. Nous devons donc nous garder de parler à la légère de son salut ou de prétendre connaître son destin éternel. « Le Seigneur connaît ceux qui Lui appartiennent » (2 Timothée 2.19). La justice humaine juge des actes selon les preuves ; Dieu seul sonde parfaitement les cœurs.

La dissuasion ne saurait être invoquée comme une certitude universelle. Les contextes diffèrent, et une politique pénale ne se justifie pas par des slogans. La sanction doit être évaluée selon la justice, la protection du prochain et la responsabilité morale de l’État. L’emprisonnement peut protéger la société ; il doit toutefois être exercé avec justice, sans devenir une vengeance déguisée ni une négation de la dignité humaine.

Une conclusion sans triomphalisme

Dans une lecture classique de l’Écriture, il est possible de soutenir que l’autorité civile peut être chargée de punir le meurtre le plus grave et que le Nouveau Testament n’abolit pas explicitement toute peine capitale. Mais cette conclusion ne donne à aucun gouvernement un blanc-seing : l’autorité est limitée, faillible et responsable devant Dieu.

Le chrétien peut ainsi reconnaître la légitimité de principe d’une peine tout en jugeant son application imprudente ou injuste dans une situation donnée. Il ne doit ni idéaliser l’exécution ni minimiser la gravité du meurtre. Il lui faut tenir ensemble la sainteté de la vie, la responsabilité du magistrat, la protection des innocents, la possibilité de la repentance et la miséricorde de Dieu.
Que nos sociétés recherchent d’abord la prévention du crime, la vérité judiciaire et la protection des victimes.

Que les juges exercent leur charge sans partialité, les gouvernants sans calcul et les croyants sans esprit de vengeance.
« Puisse l’Église, fidèle à l’Évangile, appeler sans cesse le coupable à regarder vers le Dieu juste et miséricordieux, qui ne se réjouit pas de la mort du pécheur, mais qui pardonne ! »

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

France Télévisions et Radio France censurent Charles Alloncle

Le député signale que le service public boycotte tout entretien :

Il y a une semaine paraissait mon livre, « Je jure de dire toute la vérité » aujourd’hui numéro 2 des ventes. Vous êtes déjà des milliers à l’avoir lu. C’est, pour moi, la plus belle des récompenses.

Pourtant, malgré plusieurs sollicitations et relances, France Télévisions et Radio France refusent de m’accorder le moindre temps de parole pour en parler. Ces médias sont pourtant financés par tous les Français et soumis, à ce titre, à un impératif de pluralisme.

Alors, pourquoi ce boycott ? Parce qu’ils ne veulent pas que vous sachiez comment votre argent est dépensé : des karaokés à 250 millions €, des indemnités de départ de plus de 500 000 €, des milliards d’euros de contrats conclus en dehors des règles applicables aux marchés publics, des copinages et conflits d’intérêts à répétition entre directeurs et producteurs, des nuits dans des palaces à 1 700 euros…

lIs ne veulent pas non plus que vous mesuriez l’ampleur de leurs mensonges proférés lors de cette enquête : communiqués de presse trompeurs, parjures multiples lors des auditions, fausses informations diffusées pour me discréditer, attaques mensongères contre ma famille…

Ils veulent encore moins que vous découvriez les pressions exercées pour me faire taire : les documents retenus, les intimidations judiciaires, les rendez-vous clandestins, les filatures dans Paris, les ingérences jusqu’au sommet d’institutions de la République pourtant tenues à la plus stricte indépendance.

Pendant six mois, j’ai découvert un système puissant prêt à tout pour se défendre dès lors que ses intérêts sont menacés. C’est cette société de connivence, ses méthodes, ses dérives et ceux qui en profitent que je dévoile dans ce livre. France Télévisions et Radio France pourront continuer à boycotter ce livre. Mais ils ne pourront ni vous empêcher de le lire, ni étouffer la vérité.

Affaire Bardella : le RN n’a pas su répondre à l’attaque par l’attaque, sur l’utilisation de conversations privées ou pour contester les dispositions Perben et Belloubet

Dans Valeurs Actuelles, Guillaume Bernard revient sur l’affaire Bardella, lancée par Mediapart :

[…] L’actuel président du RN a refusé d’assumer quoi que ce soit, ce que d’aucuns ont jugé être une défense maladroite ouvrant la porte à la possible surenchère de ses accusateurs. N’aurait-il pas pu invoquer l’excuse de la jeunesse (influençable et insuffisamment formée) ? N’aurait-il pas dû invoquer le temps rédempteur ? Un homme change, il mûrit. Comme l’a fait remarquer le journaliste Dominique Jamet, à l’âge de Bardella au moment des écrits incriminés, Mitterrand était royaliste, Jospin trotskyste, Chirac communiste, BHL maoïste… Or, tous ont évolué. À leur instar, Jordan Bardella semble avoir publiquement fait bien des efforts pour se détacher de ses possibles errances juvéniles.

La logique sous-jacente de la vindicte mise en œuvre par Mediapart est très significative. Pour une part importante de cette mouvance, ni l’oubli ni le pardon ne sont envisageables. L’homme accusé d’être d’extrême droite est, selon la formule consacrée, essentialisé : il est comme frappé d’un péché originel dont rien ne peut jamais le délier. La faute (supposée ou réelle) étant implicitement sous-entendue imprescriptible, elle sert à disqualifier définitivement une personne quelle que soit sa conduite postérieure et, à travers elle, tout un camp politique.

Une défense juridiquement insuffisante

Il n’en demeure pas moins que la défense de Bardella est souvent considérée insuffisante dans la mesure où elle se contente de nier la véracité des faits mais en ne contestant pas l’incrimination de conversations privées. Il ne semble pas être venu à l’esprit des caciques du RN de répondre que des propos qui ne sont pas publics ne sauraient, en aucune manière, être des infractions punissables. Ils n’ont pas su répondre à l’attaque par l’attaque en déplaçant le curseur et en réorientant le débat.

Ils n’ont pas voulu profiter de la polémique pour contester, comme l’a suggéré l’énarque Jean-Yves Le Gallou, les dispositions Perben (2005) et Belloubet (2018) qui ont instauré une forme de délit d’opinion privée (cf. les contraventions de provocation, de diffamation et d’injure non publiques à caractère raciste des articles R. 624-3, R. 624-4 et R. 625-7 du Code pénal). Or, c’eut pu être une démarche de salubrité que de dénoncer l’effacement totalitaire de la distinction du public et du privé. Car quelle pourrait être la prochaine évolution pénale ? L’incrimination de la pensée elle-même, rendant impossible la recherche scientifique qui pose nécessairement des hypothèses quitte à les invalider par la suite ? […]