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Béatification de Mgr Fulton Sheen

Mgr Fulton J. Sheen, pionnier de l’évangélisation catholique qui a apporté l’Évangile à des millions de personnes par la radio, la télévision, la prédication et ses écrits, a été déclaré bienheureux le 24 septembre 2026 au Dôme de l’America’s Center à Saint-Louis, Missouri.

Le pape Léon XIV a promulgué le décret conférant à Sheen le titre de bienheureux, tandis que le cardinal Luis Antonio Tagle, légat du pape a lu la lettre apostolique lors de la messe de béatification. Des dizaines de milliers de fidèles se sont rassemblés pour cette célébration historique.

Le pape a également annoncé que la fête du bienheureux Fulton Sheen sera célébrée le 9 décembre, date anniversaire de sa mort en 1979.

La béatification est intervenue après des années d’enquête sur la vie, les vertus et l’intercession de Sheen. En 2019, le Vatican a reconnu un miracle attribué à son intercession concernant James Fulton Engstrom, qui a survécu après 61 minutes d’arrêt cardiaque. Experts médicaux, cardinaux et autres personnes impliquées dans l’enquête vaticane ont unanimement reconnu le caractère miraculeux de cette guérison.

Sheen n’a pas été béatifié simplement parce qu’il était un prédicateur célèbre ou une personnalité de la télévision. L’Église a reconnu une vie marquée par un zèle missionnaire, une dévotion eucharistique, la prière, la charité et une relation profonde avec Jésus-Christ.

Le cardinal Tagle a souligné la relation profonde et humble que Sheen entretenait avec Jésus-Christ, ainsi que sa solidarité envers les pauvres et les plus vulnérables. Plutôt que de s’attribuer le mérite des nombreuses personnes qui ont rejoint l’Église grâce à son ministère, Sheen se décrivait comme un « portier » qui aidait les gens à franchir la porte ouverte de la maison de Dieu.

Son témoignage demeure remarquable car il percevait les communications modernes comme une opportunité d’évangélisation. Le pape Léon XIV lui-même a récemment décrit Sheen comme « une lumière de foi, d’espérance et d’amour » qui a brillé à travers la radio et la télévision pendant des décennies.

Pour l’Église d’aujourd’hui, la béatification de Sheen porte donc un message missionnaire particulier : les nouvelles technologies peuvent devenir des instruments pour proclamer l’Évangile intemporel.

La liturgie a rassemblé 89 évêques, environ 1 000 prêtres, séminaristes, religieux et des centaines de diacres, ainsi que des dizaines de milliers de pèlerins. La cérémonie de béatification a eu lieu au début de la messe. Mgr Louis Tylka, évêque de Peoria, a demandé que Sheen soit béatifié. Une brève biographie a ensuite été présentée avant que le cardinal Tagle ne lise en latin la lettre apostolique du pape Léon XIV. Mgr Tylka a ensuite proclamé le décret en anglais. Pendant que résonnait l’hymne d’action de grâce, un nouveau portrait du bienheureux Fulton Sheen, le représentant auréolé, fut dévoilé. Un portrait identique fut dévoilé sur sa tombe à Peoria. Une relique du nouveau bienheureux fut ensuite présentée à la vénération.

Fulton Sheen est entré dans l’éternité en 1979, mais sa question missionnaire reste remarquablement contemporaine : comment l’Église peut-elle communiquer le Christ à un monde en mutation ? Sa réponse fut d’utiliser les moyens à sa disposition et de mettre ces moyens au service de l’Évangile. Sa béatification invite les catholiques d’aujourd’hui à faire de même, tout en se souvenant que derrière chaque microphone, écran de télévision ou plateforme numérique se cache en fin de compte un cœur humain en quête de vérité.

13 000 bénévoles mobilisés pour l’accueil et l’orientation des fidèles

Albéric Dumont, ancien coordinateur des Manifs pour Tous, a été missionné par l’archevêque de Paris pour être le coordinateur général délégué chargé de l’organisation de la venue du pape à Paris. Albéric Dumont a fondé et dirige le groupe ULTREIA (200 salariés permanents), spécialisé dans la protection de personnalités exposées, la sécurisation de sites sensibles (représentations diplomatiques, lieux de culte, sites touristiques, établissements scolaires, sièges de médias). Partenaire depuis dix ans du diocèse de Paris, Ultreia s’occupe de la sécurité de Notre-Dame de Paris. Interrogé dans Le Point, il déclare :

« Pour l’ensemble du voyage du souverain pontife à Paris, nous mobilisons 15 sociétés de sécurité partenaires pour fournir un volume exceptionnel de 1 750 agents de sécurité privée. Ils sont répartis entre Notre-Dame de Paris, le Stade de France et la grande messe sur la place de la Concorde et les Champs-Élysées. Notre rôle consiste à encadrer, piloter et coordonner l’ensemble de ces équipes. La sécurité et l’ordre publics sont assurés par la Préfecture de police de Paris. De son côté, l’organisateur – le diocèse de Paris – doit assumer le filtrage et le contrôle d’accès réglementés aux différentes entrées (inspection des bagages, passage sous les portiques de sécurité). Nous assurons également des missions spécifiques, comme la protection et l’escorte d’objets liturgiques de très haute valeur : le trésor de Notre-Dame de Paris, transféré vers la place de la Concorde pour la messe, ou encore la Sainte-Tunique d’Argenteuil, acheminée d’Argenteuil à Saint-Denis. Nous veillons aussi à l’étanchéité des zones préalablement déminées par les services de l’État. Enfin, nous encadrons l’action des 13 000 bénévoles mobilisés par le diocèse pour l’accueil et l’orientation des fidèles ».

Voyage apostolique du Saint-Père en France du 25 au 28 septembre

Voici le programme complet :

Vendredi 25 septembre 2026

ROME – PARIS – SAINT DENIS – PARIS

07h50 Départ en avion de l’aéroport international de Rome/Fiumicino à destination de Paris
10h00 Arrivée à l’aéroport international de Paris/Orly

CÉRÉMONIE DE BIENVENUE

11h00 VISITE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE à l’Élysée
11h45 RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS, LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LE CORPS DIPLOMATIQUE à l’Élysée
15h00 VISITE À L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ÉDUCATION, LA SCIENCE ET LA CULTURE (UNESCO) au siège de l’UNESCO
17h15 CÉLÉBRATION DES VÊPRES AVEC LES ÉVÊQUES, LES PRÊTRES, LES DIACRES, LES PERSONNES CONSACRÉES ET LES SÉMINARISTES à la cathédrale Notre-Dame de Paris
21h00 VEILLÉE DE PRIÈRE AVEC LES JEUNES au « Stade de France » de Saint-Denis

 

Samedi 26 septembre 2026

PARIS – LOURDES

09h00 VISITE AU CENTRE D’ACCOMPAGNEMENT ET D’INTÉGRATION SOCIALE
MAISON BAKHITA
10h15 RENCONTRE AVEC LES MEMBRES DE L’ASSEMBLÉE SYNODALE PROVINCIALE, LES CATÉCHUMÈNES ET LES NÉOPHYTES à l’« Institut catholique de Paris »
15h00 MESSE « Place de la Concorde »
17h45 Départ en avion de l’aéroport international de Paris-Orly à destination de Lourdes
19h05 Arrivée à l’aéroport international de « Tarbes-Lourdes-Pyrénées »
19h40 PRIÈRE À LA GROTTE DES APPARITIONS DE MASSABIELLE au Sanctuaire Notre Dame de Lourdes

 

Dimanche 27 septembre 2026

LOURDES 

09h00 RENCONTRE AVEC LES ÉVÊQUES DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DE FRANCE dans l’hémicycle « Sainte-Bernadette » du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes
11h00 MESSE à la Prairie du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes
15h30 RENCONTRE AVEC LES ANIMATEURS ET LES PERSONNES ACCUEILLIES PAR L’ACCUEIL NOTRE-DAME au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes
16h45 RENCONTRE PRIVÉE AVEC LES RELIGIEUSES DE VIE CONTEMPLATIVE au Monastère du Carmel de Lourdes
21h00 PRIÈRE DU SAINT ROSAIRE ET PROCESSION AUX FLAMBEAUX au Sanctuaire Notre Dame de Lourdes

 

Lundi 28 septembre 2026

LOURDES – METZ – ROME

07h40 Départ en avion de l’aéroport international de « Tarbes-Lourdes-Pyrénées » à destination de Metz
09h20 Arrivée à l’aéroport international de « Metz-Nancy-Lorraine »
10h00 RENCONTRE INTERRELIGIEUSE au Centre des Congrès Robert Schuman de Metz
11h00 RENCONTRE « AUX RACINES DE L’EUROPE POUR LA PAIX ET L’UNITÉ » au Centre des Congrès Robert Schuman de Metz
16h00 MESSE à la cathédrale Saint-Étienne
18h30 CÉRÉMONIE DE CONGÉ à l’aéroport international de « Metz-Nancy-Lorraine »
19h00 Départ en avion de l’aéroport international de « Metz-Nancy-Lorraine »
20h50 Arrivée à l’aéroport international de Rome/Fiumicino

 

Le logo de la visite du Saint-Père en France représente un vitrail circulaire qui rappelle les rosaces des cathédrales gothiques, symbolisant la beauté de la communion et de l’unité au sein de l’Église. Au centre, l’arc en ogive et la croix expriment la dimension apostolique et liturgique du voyage. La colombe, qui plane au cœur de la composition, évoque le SaintEsprit et porte avec elle un rameau d’olivier, signe de paix pour toute l’humanité. Les nuances de bleu, de blanc et de rouge, le jaune-orange de la lumière et le vert de l’espérance entremêlent les couleurs de la France avec celles du Vatican, tout en mettant en évidence la dimension spirituelle de la visite.

La devise choisie, « Pour que le monde ait la vie » (cf. Jn 6, 51), est une invitation à reconnaître le plus grand don que nous a apporté le Christ Sauveur. C’est aussi un appel à l’espérance et à la communion, qui encourage à dépasser les divisions pour partager la paix, la réconciliation et la fraternité, signes d’une vie nouvelle dans le monde. Ces paroles de Jésus expriment également l’attitude avec laquelle l’Église de France accueille la visite du Saint-Père : avec joie, ouverture et un désir intense de témoigner à tous de la vie qui vient de Dieu.

Le Missel des cérémonies est en ligne ici.

« C’est avec une grande émotion que je verrai le Saint-Père célébrer la Messe sur le lieu même de l’exécution de mon ancêtre Louis XVI »

À l’occasion de la visite du pape Léon XIV en France, le prince Louis de Bourbon salue dans le JDD le regain de vitalité du catholicisme dans le pays et plaide pour un renouveau spirituel fondé sur la liberté de conscience et le bien commun :

Alors que notre pays a l’honneur d’accueillir Sa Sainteté le pape Léon XIV, je veux m’associer à la joie simple et sincère de ces millions de Français qui s’enthousiasment à l’idée d’être visités non seulement par une personnalité de premier plan, mais également et surtout par un père et un pasteur. Le succès remporté par les différents temps du déplacement, plus de 600 000 personnes pour la seule messe de la Concorde, est le témoignage le plus éclatant de la ferveur que suscite cette visite apostolique.

Dans un pays dans lequel ni l’État, ni la législation, ni même la majorité de la population ne sont encore catholiques, il est bien surprenant de constater un tel engouement. La communauté catholique pratiquante, autrefois majoritaire si ce n’est dominante, ne représente plus que 2 à 5 % du peuple français. « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » lançait déjà le pape Jean-Paul II lors d’une venue en France en 1980.

Relevant l’immense défi de cette question, la petite communauté catholique française, si minoritaire qu’elle soit, répond aujourd’hui par son dynamisme et son rayonnement. Elle est là, telle une braise qui couve et attend d’embraser le monde de ses vertus. Ainsi, de manière aussi inattendue qu’inespérée, l’Église de France connaît un petit printemps : le nombre de baptêmes d’adultes a triplé en dix ans et les entrées au séminaire ont connu une hausse remarquable de 50 % entre 2023 et 2025.

Ce léger frémissement n’est pas un hasard. Tout d’abord, le vide spirituel laissé dans les sociétés occidentales par un matérialisme et un consumérisme débridés, désoriente les individus. Les fausses promesses de bonheur d’un capitalisme devenu fou ne suffisent plus à notre jeunesse qui s’est lancée dans une quête et celle-ci, à bien des égards, dépasse les vieilles générations. Notre jeunesse de France se cherche et malheureusement parfois se perd dans le chemin des idéaux, de la transcendance, et des religions. Il lui faut des réponses aux grandes questions auxquelles l’humanité est confrontée : la souffrance, l’inégalité, l’identité et même notre relation à la nature et aux technologies.

Or, la récente encyclique apostolique Magnifica Humanitas, dans la lignée de Rerum Novarum, a réactualisé la doctrine sociale de l’Église, manifestant son souci de mettre l’homme au centre de l’échiquier. Elle a fait prendre conscience que l’Église, puisant dans le trésor de sa sagesse éternelle, a encore quelque chose à dire à notre époque. Sa Sainteté Léon XIV a su, en premier, discerner les écueils de l’intelligence artificielle et nous inciter à en faire un usage raisonné afin de protéger les hommes de ses excès. Il a rappelé qu’en aucun cas la technologie ne doit être une servitude. En aucun cas le progrès ne doit attenter à la dignité humaine. Notre époque a besoin d’entendre ces vérités et l’Église en est la gardienne, elle qui rappelle la grandeur de l’homme dans le plan divin.

En tant qu’héritier des Rois qui ont fait la France, je témoigne aujourd’hui de tout ce que l’Église a apporté à notre pays dans son histoire, humainement et spirituellement. Le soin des plus pauvres, le souci de la justice, et notamment de la justice sociale, le goût de l’élévation de l’homme, le respect de la subsidiarité. La liste serait longue. Tout cela a jailli de la relation féconde qu’ont entretenue la royauté capétienne et l’Église. Car une grande partie de l’histoire de France peut se lire à l’aune de ce lien qui a existé entre les deux institutions. Dès le règne de Clovis, la conversion de ce chef franc entraîna à sa suite la conversion d’une grande partie de son peuple. La tradition rapporte ainsi que la sainte Ampoule qui servira plus tard aux sacres fut apportée par une colombe lors de son baptême, signifiant la place spéciale qu’occupe la France dans les plans de l’Esprit Saint. C’est entre autres pour manifester ce lien qu’Henri III créa l’Ordre du Saint-Esprit, plaçant ainsi son pouvoir et son royaume sous cette conduite divine. Mon grand-père, le Prince Jacques-Henri, avait fait placer sur ses grandes armes le Cœur sacré de Jésus et le Cœur immaculé de Marie : c’est un fait peu connu, que j’ai la joie de rappeler. Ce geste témoigne du lien indéfectible de ma famille avec le catholicisme.

Cependant, malgré cela, je n’ignore pas combien le débat sur la laïcité est vif dans notre pays. La Révolution française, réagissant radicalement contre certains des abus qui avaient été commis avant elle, s’est élevée contre le principe religieux avec acharnement. Il reste de cette période des préjugés tenaces, qui ont fait de la laïcité une arme de combat contre le christianisme. Mais une saine laïcité est tout autre chose ! La religion chrétienne a théorisé cette distinction entre la sphère du politique et celle du religieux : le politique est responsable du temporel, la religion du salut éternel. Même lorsque l’autorité civile accorde une place spéciale à une religion, ce qui est le cas de la monarchie française, et de la plupart des monarchies dans le monde, elle n’a pas la charge de se substituer à l’Église. L’État ne doit pas avoir d’autre emprise sur les âmes que celle de sa bonne tenue, de son exemple et de la sagesse de ses lois.

C’est en ce sens que je conçois « l’esprit du Sacré-Cœur ». Ce que je représente, le principe royal capétien, n’est pas d’une grande utilité s’il n’est pas mis au service d’un véritable altruisme politique : soulager les misères, qu’elles soient matérielles ou morales, restaurer la Justice, retrouver l’égalité des mérites dans l’épanouissement des talents, faire fructifier les atouts collectifs et individuels du corps social. Relever l’esprit de la France dans le sens d’un idéal élevé, qui transcende les arts, la culture et les lois. Respecter, enfin, l’intime conscience de chaque personne dans la liberté de ses choix, dès lors qu’ils n’entrent pas en conflit avec le bien commun. Ainsi, je suis convaincu que dans cette grande quête dans laquelle s’est lancée la jeunesse de France, la royauté française, par son principe même qui est transcendant, agira comme un guide et un repère.

Mais que l’on s’entende bien : il serait vain de la part de quiconque de vouloir contraindre les Français à une conversion massive. La Foi est un don gratuit et libre. Si les chrétiens doivent témoigner de son évidence, personne ne doit l’imposer par la force. Il m’appartient seulement de souhaiter qu’un jour, chaque Français puisse découvrir librement que dans la quête individuelle et collective de l’humanité, dans notre soif d’absolu, notre religion offre des réponses absolues et ouvre une voie libératrice.

Enfin, je veux dire que c’est avec une grande émotion que je verrai le Saint-Père célébrer la Messe sur le lieu même de l’exécution de mon ancêtre Louis XVI. Samedi, la France communiera dans la paix d’une cérémonie ouverte à tous. La place sur laquelle nous serons deviendra ainsi un lieu de réconciliation pour les Français. Je suis certain que cela aurait été le vœu de mon ancêtre, soucieux de l’unité et du bonheur des Français. Aujourd’hui, assumant pleinement cet héritage catholique reçu de mes pères, je suis fier de participer à cet événement porteur d’Amour et d’Espérance. Et voulant m’associer encore plus intimement à cette cérémonie, j’annonce, le 21 janvier prochain, que je consacrerai à nouveau ma famille au Sacré Cœur de Jésus, afin de réaffirmer ma volonté de m’inscrire dans ce souhait de paix et d’unité qui a été celui de bien de mes ancêtres pour leur pays. Que saint Louis, modèle des Rois justes et vertueux, protège et sauve la France !

Un prêtre assassiné en Pologne

Un prêtre est mort et quatre autres personnes ont été blessées ce jeudi 24 septembre après qu’un citoyen ukrainien de 31 ans ait fait irruption armé d’un couteau dans l’enceinte de l’abbaye des bénédictines de Jarosław, dans le sud-est de la Pologne.

Le suspect a été arrêté immédiatement et la police enquête.

La supérieure des bénédictines de Jarosław, sœur Barbara Dendor, a expliqué que les faits se sont produits peu avant une messe qui devait être célébrée dans l’église Saint-Nicolas et Saint-Stanislas Évêque, située à côté du Centre de Formation et de Culture Chrétienne au sein de l’enceinte de l’abbaye. L’attaquant est entré armé d’un grand couteau et a commencé une confrontation avec l’un des prêtres, qu’il a blessé. Il a ensuite attaqué d’autres personnes présentes sur place.

Parmi les cinq victimes figurent trois prêtres et deux fidèles qui ont tenté de porter secours. L’un des prêtres est mort des suites de ses blessures et deux autres personnes se trouvaient dans un état grave.

Le père Marek Pieńkowski est sorti du confessionnal pour tenter d’intervenir et a lui aussi été poignardé. Il a été transporté à l’hôpital avec des blessures graves et a subi une opération.

L’un des prêtres blessés est mort par la suite à l’hôpital des suites de ses blessures.

Yann Baly, président de l’Agrif, connaissait le prêtre actuellement blessé :

Ce soir je prie pour mon ami l’abbé Marek Pienkowsi de Jaroslaw en Pologne. Prêtre de combat pour la défense de l’identité polonaise et de charité dans l accueil des réfugiés ukrainiens. Ce matin, il a été victime d’une attaque au couteau perpétrée par un Ukrainien dont on ne connaît pas le mobile.

L’abbé Marek Pienkowski, grièvement blessé, est dans un état critique. Prions pour lui, pour le repos de l’âme du père Adrian et pour la Pologne catholique.

Reconnaître et protéger les croix et autres monuments de tradition montagnarde, éléments du patrimoine culturel, historique et paysager de la France

Alexandre Allegret-Pilot, député UDR du Gard, vient de rédiger une proposition de loi visant à reconnaître et protéger les croix et autres monuments de tradition montagnarde comme éléments du patrimoine culturel, historique et paysager de la France.

Ces croix, oratoires et statues, érigés de longue date sur les alpages, les sommets, les crêtes et les cols, appartiennent au paysage et à l’histoire de nos massifs. Plusieurs d’entre eux ont pourtant été contestés, menacés de retrait, voire dégradés ces dernières années. Ce texte leur reconnaît un caractère culturel et patrimonial et subordonne toute nouvelle implantation au respect des traditions architecturales du massif concerné.

Ce député gagne à être connu, au regard des dernières propositions de loi qu’il a cosignées :

  • Proposition de loi visant à instaurer une cérémonie des couleurs obligatoire dans les établissements scolaires
  • Proposition de loi visant à permettre aux maires d’accéder directement au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes
  • Proposition de loi organique visant à garantir le pluralisme et la liberté du parrainage à l’élection présidentielle
  • Proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur le coût de l’immigration

Faute de moyens, l’entretien individuel annuel de chaque élève est recalé

Une proposition de loi envisageait d’instituer un entretien individuel annuel pour chaque enfant, dès la première année de l’école maternelle, publique comme privée, afin d’évaluer son bien‑être, de prévenir et de dépister toute forme de violence, y compris pour les enfants instruits à domicile…

Lors de l’examen de ce texte, les députés ont supprimé le caractère obligatoire de cet entretien individuel annuel, faute de moyens… La semaine dernière, le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray avait jugé la mesure inapplicable en l’état puisque sa mise en œuvre nécessiterait au moins 7500 temps pleins supplémentaires.

Le corapporteur (MoDem) du texte Erwan Balanant a indiqué :

« Si nous créons un dispositif qui n’est pas sécurisé, qui amènerait à un certain nombre de promesses non tenues, je crois que ça serait pire que ne rien faire ».

Il a un proposé un amendement, qui a été adopté, prévoyant la désignation dans chaque établissement d’un référent dont le nom et les coordonnées seront communiqués aux élèves en début d’année. A partir du CP, chaque enfant se verra également proposer, sans caractère obligatoire, un entretien individuel. Ce n’est pas ça qui va améliorer le classement PISA de l’école de la République…

Former des missionnaires

Après notre 44e pèlerinage de Pentecôte, Notre-Dame de Chrétienté vous propose une nouvelle série de vidéos pour vous aider à vivre concrètement la mission.

Dans ce troisième épisode, intitulé « Former des missionnaires », l’abbé de Massia, aumônier général de Notre-Dame de Chrétienté et membre de Claves (FSSP), échange avec Curtis Crane, membre fondateur de Porta Fidei, autour d’un enjeu essentiel : comment former aujourd’hui des catholiques capables de transmettre leur foi ?

Il faisait rire sans jamais blesser, chantait sans tricher et jouait avec cette vérité qui désarme. Bourvil…

Bourvil nous a quitté il y a cinquante ans. C’était hier… Il y a des artistes qui marquent l’histoire du cinéma par leur démesure, et il y en a d’autres, plus rares, qui entrent dans le cœur des gens par leur simple humanité. Bourvil, né André Raimbourg, appartenait définitivement à cette seconde catégorie. Plus qu’un immense acteur comique ou un chanteur populaire, il incarnait une vertu devenue rare : la gentillesse absolue.

Derrière les éclats de rire de « La Grande Vadrouille », derrière la naïveté feinte de ses personnages, se cachait un homme d’une profondeur et d’une pudeur rare. Cette bonté naturelle puisait sa source dans ses racines normandes, mais aussi dans une foi catholique profonde et chevillée au corps. Bourvil était un croyant discret. Sa piété ne s’affichait pas dans les grands discours, elle se vivait dans le secret de son cœur et dans ses actes, notamment à travers son soutien fidèle et anonyme au Secours Catholique. Pour lui, l’Évangile ne se théorisait pas : il se traduisait par l’amour du prochain et une immense bienveillance.

Ce qui touchait profondément chez cet homme, c’était sa capacité à lier le rire à la tendresse, portant un regard plein de charité sur les faiblesses humaines. Ironie affectueuse du destin, ce pilleur de troncs mémorable dans « Un drôle de paroissien » avait en réalité un respect immense pour le sacré. Il appliquait à sa propre vie une discipline d’humilité, fuyant les vanités du monde pour privilégier la paix de son foyer, l’amour des siens et la gratitude envers le Créateur pour ce destin hors du commun.
Dans l’épreuve de la maladie, il a gardé cette même simplicité. Près de soixante ans après son départ, on ne retient pas seulement de lui des records au box-office, mais le visage d’un homme profondément bon.

Dans son livre » Bourvil, l’itinéraire extraordinaire d’un homme heureux », Raphaël Delpard nous fait redécouvrir l’homme derrière la légende : un être pudique, tendre, habité par le désir de rendre la vie plus douce. À travers lui, c’est une France entière – simple, généreuse, lumineuse – qui renaît. Cinquante-cinq ans après sa disparition, Bourvil est toujours là : dans nos rires, nos souvenirs, nos émotions. Son rire nous parle encore…

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Bourvil l’itinéraire extraordinaire d’un homme heureux, Raphaël Delpard, Editions 17 Bis, 220 pages, 18.50 €.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le pape va tester Divine Box

La société Divine Box, spécialisée dans la vente de produits monastiques, a été contactée pour préparer une « pause goûter » au pape Léon XIV et sa garde rapprochée, à l’occasion de la grande veillée de prière au Stade de France.

Voici le « goûter papal » :

Alors si vous voulez, vous aussi, vous régaler comme un pape, c’est ici.

Un Tchadien de 19 ans déjà arrêté à 27 reprises poignarde une femme

Les faits ont eu lieu il y a deux semaines à un arrêt de tramway à Issy-les-Moulineaux. La victime a été transportée à l’hôpital en urgence absolue. Ses jours ne sont désormais plus en danger.

Elle a reçu deux coups de couteau au niveau du bras et du dos alors qu’elle attendait son tramway à Issy-les-Moulineaux. L’individu, armé d’un couteau doté d’une lame de 10 centimètres, l’a menacée et lui a demandé son sac avant de la poignarder face à son refus.

L’agresseur a pris la fuite puis a été interpellé et placé en garde à vue. Pour combien de temps ?

Il cumule 27 interpellations. Il a 19 ans et est présent sur le sol français depuis 2016. Mais il faut avoir confiance dans la justice de notre pays… C’est l’état de droit…

Le macronisme peut-il survivre à son fondateur ? Du pseudo-centrisme à la centralisation du pouvoir

De Maître Virginie de Aurojo-Recchia pour Le Salon beige :

Maître Virginie de Aurojo-Recchio est avocate au barreau de Paris, spécialisée en éthique et défense des libertés publiques. Elle est l’auteur de La France sacrifiée. Réarmement et programmation militaire 2024-2030 (Editions Bookelis, 2024) et membre du thinktank Sovereignty : https://sovereignty.com.br

Résumé

Le président de la République, Emmanuel Macron, ne pourra pas se représenter en 2027. Dans cette analyse, l’auteur soutient que le « macronisme » n’a jamais constitué un centrisme au sens doctrinal du terme. Aucun des critères du centrisme historique n’a été respecté par les pratiques observées depuis 2017 ; on a plutôt assisté à une centralisation du pouvoir. Tandis que le bloc dit « central » se désagrège électoralement, cette centralisation se déplace vers les institutions, les lois promulguées et les décisions européennes.

L’article 6 de la Constitution limite la présidence à deux mandats consécutifs : pour la première fois sous la Ve République, un chef d’État est effectivement tenu par cette restriction. Le débat public a soulevé la question suivante : qui succédera à Emmanuel Macron ? Or, l’élection modifie certes le détenteur du pouvoir exécutif, mais ne change pas, du jour au lendemain, la composition des organes de contrôle, ni les lois déjà votées – à condition que les autres candidats ne soient pas disposés à les abroger – ni les décisions prises à Bruxelles. La deuxième question qui se pose alors est la suivante : que restera-t-il de cette politique une fois que son architecte ne sera plus président ?

Un « centrisme » qui n’en est pas vraiment un

Il semble nécessaire, avant toute chose, d’examiner le terme employé, car le « centrisme » renvoie historiquement à une tradition politique particulière : la démocratie représentative, une culture du compromis parlementaire et un équilibre entre liberté économique et protection sociale. Comparons ces critères aux pratiques observées depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.

Démocratie représentative ? Les grands virages stratégiques (soutien au conflit en Ukraine, réorientation de la doctrine de la dissuasion nucléaire) ont été annoncés par le chef de l’État dans des discours, en amont de tout débat parlementaire. Aucun référendum n’a été organisé depuis 2005, pas même sur la loi relative à l’aide médicale à mourir, qui touche pourtant à la conception française de la personne humaine.

Compromis parlementaire ? L’article 49, paragraphe 3, qui permet l’adoption d’une loi sans vote des députés, a été utilisé 23 fois en vingt mois par le seul gouvernement d’Élisabeth Borne – une fréquence inédite sous la Ve République. Plus révélateur encore : la réforme du Code du travail a été imposée par décrets dès 2017, alors même que le gouvernement disposait d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Le contournement du débat parlementaire n’était donc pas une nécessité, mais un choix. Le précédent le plus significatif demeure celui de la crise sanitaire, gérée à partir de mars 2020 par un « Conseil de défense sanitaire », dont la composition était déterminée exclusivement par le Président, dont les délibérations étaient soumises au secret de la défense nationale et qui n’était tenu à aucune obligation de rendre compte au Parlement, bien que l’article R. 1122-1 du Code de défense ne confère à cet organe aucun pouvoir en matière de santé.

Équilibre économique et social ? Suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), prélèvement unique de 30 % sur les revenus du capital, deux durcissements successifs des conditions d’attribution des allocations chômage et relèvement de l’âge légal de la retraite à 64 ans. Chaque mesure allège la pression sur le capital ou réduit une forme de protection. Aucune ne va dans le sens inverse.

Le verdict des Français est tombé : dans le sondage Ipsos-CEVIPOF de septembre 2026, 51 % classaient Renaissance comme « de droite », contre seulement 21 % comme « centriste ». Il faut donc distinguer deux concepts : le centrisme comme doctrine, qui implique des principes transposables indépendamment des individus, et la centralité comme position de pouvoir, qui consiste à occuper l’espace politique.

Le bloc électoral se fragmente.

Les faits sont éloquents. Une étude de la Fondation Jean-Jaurès, réalisée en mai 2026, a révélé que parmi les électeurs ayant voté pour Emmanuel Macron en 2022, seuls 35 % restent fidèles au bloc dit « centriste ». Parmi eux, les voix se répartissent entre Édouard Philippe, Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau, tandis que 11 % déclarent désormais vouloir voter pour Marine Le Pen. Rapporté à l’ensemble de l’électorat, aucun de ces candidats ne dépasse 17,5 % au premier tour, tandis que Marine Le Pen se situe entre 33 % et 35 % dans tous les scénarios envisagés.

Les deux principaux successeurs potentiels tiennent par ailleurs à se démarquer du bilan du président : Gabriel Attal, par exemple, qualifie la réforme des retraites menée par Édouard Philippe de « brutale » et « inefficace ». Le macaronisme, dépourvu de doctrine, ne produit donc pas de successeur, mais des rivaux.

Le centre a changé de nature

La politique publique ne dépend pas uniquement de ceux qui la décident, mais aussi de ceux qui la mettent en œuvre. Les nominations prévues pour 2026 méritent donc toute notre attention.

Richard Ferrand, ancien secrétaire général d’En Marche (Renaissance), présidera le Conseil constitutionnel jusqu’en 2034. Il annoncera ainsi les résultats des élections présidentielles de 2027 et 2032. Amélie de Montchalin, actuelle ministre des Comptes publics, a été nommée première présidente de la Cour des comptes en février 2026. C’est la première fois, sous la Ve République, qu’un ministre du Budget passe directement du ministère des Finances à l’institution chargée du contrôle des comptes publics. Marc Guillaume, ancien secrétaire du gouvernement, est devenu vice-président du Conseil d’État en mai 2026. Emmanuel Moulin, secrétaire général de l’Élysée, est quant à lui pressenti pour diriger la Banque de France jusqu’en 2032.

Aucune de ces nominations n’est irrégulière ; toutes respectent les procédures constitutionnelles. Néanmoins, les organes concernés sont ceux qui sont chargés du contrôle de l’exercice du pouvoir : garantir la légalité des lois, contrôler les fonds publics et annuler les actes de l’exécutif. De plus, leur mandat, de par sa nature même, s’étend au-delà de celui du président qui les a nommés. Interrogée sur ces nominations, la présidence les a justifiées par une volonté de « sécuriser les institutions ». Les implications de cette expression méritent une attention particulière : sécuriser quoi, et au profit de qui ?

Conséquences sur le législatif

La même logique s’applique à la législation. Prenons l’exemple récent de la loi sur la fin de vie, adoptée en juillet 2026 après trois rejets par le Sénat et malgré l’absence de tout référendum sur un sujet qui touche à la conception même de la personne humaine et induit un changement de paradigme civilisationnel. À ce jour, aucun candidat ne s’est engagé à abroger une telle loi.

En ce qui concerne les pouvoirs d’urgence, il convient de ne pas confondre deux régimes distincts. Le premier découle de l’article 47 de la loi de programmation militaire du 1er août 2023, devenu l’article L. 2212-1 du Code de la défense : il concerne la réquisition de personnes et de biens et repose sur une menace simplement prévisible (et non actuelle ou imminente), qui peut être invoquée à l’avance à la seule discrétion de l’exécutif. Le second régime découle de l’article 21 de la loi modificative promulguée le 16 août 2026, qui instaure l’« état d’alerte de sécurité nationale ». Il requiert une menace « grave et actuelle », mais se décline en trois scénarios d’une large portée, dont l’un reprend presque mot pour mot la formulation de 2023 et un autre fait référence au déploiement sur le territoire national de « forces alliées », une notion non définie par le texte. Ses effets sont considérables : dérogation aux normes réglementaires dans six domaines et, surtout, exemption de toute obligation de consultation, y compris vis-à-vis du Conseil d’État. Il est déclenché par un décret du Conseil des ministres, sans notification préalable au Parlement, dont l’autorisation n’est requise qu’après un délai de plus de deux mois, sans limitation du nombre de prolongations.

Ces deux régimes reposant en partie sur le même mécanisme d’activation, ils peuvent être déclenchés simultanément sur la base d’une seule et même menace. Avec l’état d’urgence, l’état d’alerte et la mobilisation générale, la France dispose désormais de cinq états d’urgence potentiellement cumulables, dont deux peuvent être activés dans les mêmes circonstances. Aucune de ces mesures n’expire en mai 2027 ; elles restent à la disposition du prochain président élu. Quel candidat à la présidentielle propose d’abroger ces régimes ?

Effets au niveau européen, qui échappe au contrôle national

La question la plus sensible est bien sûr celle de la dissuasion nucléaire. Le 2 mars 2026, depuis l’Île Longue, Emmanuel Macron a annoncé un changement majeur dans la doctrine française (dite désormais « dissuasion avancée »), prévoyant le déploiement temporaire de forces aériennes stratégiques dans les pays alliés et la création d’un groupe de pilotage nucléaire avec l’Allemagne, auquel neuf États se sont joints. Le Président a expressément exclu tout partage de la décision finale : il serait donc inexact de parler de mise en commun de l’arsenal nucléaire français.

La question de constitutionnalité demeure néanmoins en suspens. Une doctrine de dissuasion engage l’existence même de la nation. Or, sa modification a été décidée par un seul homme, annoncée dans un discours, sans vote parlementaire ni débat préalable. Le stationnement de moyens stratégiques sur le territoire de pays tiers accroît automatiquement le risque que la France soit entraînée dans une confrontation qu’elle n’aurait pas choisie. Cette décision, qui engage les générations futures, est à la discrétion d’un chef d’État dont le mandat s’achève dans moins de deux ans.

Un troisième risque mérite d’être examiné, car il concerne le dernier domaine réservé aux États membres. L’article 4, paragraphe 2, du traité sur l’Union européenne stipule expressément que la sécurité nationale demeure la seule responsabilité de chaque État membre et que la politique de défense commune requiert l’unanimité du Conseil, précisément parce que les États membres n’ont jamais entendu placer ce domaine sous la juridiction communautaire. Or, dans son discours sur l’état de l’Union du 16 septembre 2026, Ursula von der Leyen a affirmé que l’Europe était capable de se défendre elle-même car « nous avons profondément repensé la sécurité de ses États membres », avant de conclure que « la seule souveraineté qui compte est celle que l’Europe offre aux Européens ».

L’expression n’est pas qu’une simple figure de style. La souveraineté reçue d’une autorité supérieure n’est pas une souveraineté à proprement parler, mais une délégation révocable ; l’essence même d’un souverain est de ne tenir son pouvoir de personne. Certes, un discours n’a aucune valeur normative et les initiatives annoncées devront être adoptées à l’unanimité. Néanmoins, les transferts de compétences en matière de défense ne s’effectuent plus par le biais d’un traité formel soumis à ratification : ils se réalisent par une accumulation d’instruments techniques, de financements conjoints, de programmes industriels, d’achats groupés et de normes d’interopérabilité. Chacun de ces éléments est présenté comme une forme de coopération volontaire. Ensemble, ils créent une dépendance qui rend l’autonomie décisionnelle purement théorique. Un État qui ne contrôle plus le financement, la production ni les normes de ses armements conserve la souveraineté formelle de décider, mais perd les moyens de décider autrement.

C’est le même mécanisme que l’on observe dans le cas de l’identification numérique : après avoir été invalidée par le Conseil constitutionnel à Paris en août 2026, la mesure interdisant aux mineurs l’accès aux réseaux sociaux a été immédiatement portée devant la Cour européenne des droits de l’homme, où le contrôle de constitutionnalité français ne s’applique plus.

Le calendrier : une question absente du débat français

Enfin, le calendrier européen mérite un examen plus approfondi. Le mandat d’António Costa à la présidence du Conseil européen s’achève fin mai 2027, quelques semaines après la fin du mandat présidentiel français.

L’article 15, paragraphe 5, du traité sur l’Union européenne stipule que le président est élu par le Conseil européen à la majorité qualifiée : il n’y a ni suffrage universel, ni vote du Parlement européen, ni même l’exigence du soutien du gouvernement national. Donald Tusk a ainsi été réélu en 2017 malgré le vote contre de son propre gouvernement polonais.

Partant, on peut imaginer qu’Emmanuel Macron passe du siège de la présidence française à la présidence européenne, bien que les quatre présidents précédents aient tous été d’anciens chefs de gouvernement d’États plus petits et que la fonction ait été conçue comme une présidence de médiation. Rien ne prouve l’existence d’un tel projet, mais cette possibilité reste juridiquement ouverte.

L’horizon n’est pas 2027

L’article 6 de la Constitution française n’interdit que deux mandats consécutifs ; Emmanuel Macron pourrait donc parfaitement se représenter en 2032, à l’âge de cinquante-quatre ans. Un ancien président légitimement réélu n’a aucune raison de laisser les institutions qu’il a contribué à instaurer se dégrader, et la plupart des personnes nommées cette année seront encore en fonction à cette date.

Les fluctuations gouvernementales n’alternent pas la composition du Conseil constitutionnel, ni nécessairement les lois adoptées ou les négociations en cours à Bruxelles.

Le « macronisme » pourrait donc disparaître en tant qu’étiquette politique tout en survivant comme culture de gouvernement, ce qui constituerait une forme d’héritage difficile à appréhender car ne se mesurant pas à son nombre de députés. La question à laquelle le prochain cycle politique devra répondre dépasse largement la personne d’Emmanuel Macron : peut-on véritablement tourner la page quand ceux qui l’ont écrite demeurent aux postes-clés qui façonnent les politiques publiques ?

Réflexions sur la musique sacrée : cinq variations sur le mot « Missa »

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Messe. La Messe est l’acte de culte le plus élevé que nous puissions accomplir en tant que chrétiens. La musique dans la liturgie de la Messe n’est pas une concession accordée par le prêtre, mais une exigence qui découle du rite lui-même. Cette exigence implique également que la musique soit digne, qu’elle serve véritablement à élever l’âme vers Dieu. Toute musique n’est pas digne de la liturgie, de même que toute musique n’est pas digne d’un défilé militaire. La Messe requiert une musique qui lui soit propre, une musique véritablement liturgique, c’est-à-dire intimement unie au rite célébré ce jour-là, en ce dimanche précis où c’est l’Église, et non tel ou tel groupe, qui se rassemble dans la prière. Il faut résister à ceux qui nous poussent à manquer de respect envers la Messe, même lorsqu’ils exercent les fonctions de curé, d’archiprêtre ou d’autres responsabilités semblables. Entre le respect dû au prêtre et le respect dû à la Messe, il faut sans aucun doute préférer le respect de la Messe.
Intention. L’intention de celui qui fait de la musique dans la liturgie doit être d’élever sa propre âme vers Dieu et d’aider les autres à faire de même. La Messe n’est pas le lieu où promouvoir une culture particulière ou une identité particulière. Dès le IVᵉ siècle, saint Pacien de Barcelone l’exprimait admirablement : « Christianus mihi nomen est, catholicus cognomen. » Nous ne devons pas faire de la musique pour une catégorie de personnes, mais pour l’Église réunie dans la prière autour du sacrifice suprême. La célèbre « Messe des jeunes » a certainement été un échec, car la Messe est toujours là, mais les jeunes, eux, ne sont plus là. Le premier objectif de la musique dans la Messe est la gloire de Dieu, puis l’édification des fidèles. Ne mettons pas l’homme au centre de la liturgie, au risque d’en trahir la nature.
Sacré. Nous avons eu peur de ce mot, « sacré », comme s’il signifiait l’exclusion du peuple de Dieu au profit d’une élite. Non : l’art sacré, la musique sacrée, signifient qu’ils sont consacrés au surnaturel et qu’ils ne sont pas destinés à un usage profane. Contrairement à ce qu’ont affirmé certains, il existe une musique consacrée à la liturgie, et toute musique ne peut pas être liturgique. Cela tient à la nature même de la musique qui, si elle nous offre de grandes possibilités, peut aussi comporter des dangers, comme les Grecs et les Chinois l’avaient d’ailleurs bien compris. Cela ne signifie nullement rejeter la culture dans laquelle nous sommes immergés ; cela signifie la comprendre en profondeur afin de retenir ce qui est bon et d’écarter ce qui ne l’est pas.
Service. Il est vrai que le musicien d’Église accomplit un service au bénéfice de la communauté chrétienne. Mais attention : il s’agit d’un service qui exige des personnes qualifiées et qui, comme l’enseigne la doctrine sociale de l’Église, doit être rémunéré de manière juste. Celui qui se consacre sérieusement à la musique liturgique doit étudier pendant de nombreuses années et consacrer un grand nombre d’heures au travail et à la préparation. Avec l’âge, j’ai appris que ceux qui, d’une voix onctueuse, invitent les autres à offrir gratuitement leur service parlent bien souvent depuis une situation économique stable et assurée ; leur exigence est donc aussi hypocrite. Certes, il ne faut pas tomber dans l’avidité, mais ce défaut peut atteindre aussi bien le musicien d’Église que le curé ou le professeur de théologie.
Adoration. Que la musique dans la liturgie nous aide à adorer Dieu, à faire naître dans notre âme un silence sonore qui se répande ensuite dans tout notre être. Comme chez les Anciens, la fonction du chantre doit être celle du prédicateur, de celui qui annonce la Parole de Dieu à travers la splendeur des sons. Si la musique liturgique ne nous aide pas à adorer, elle n’est rien d’autre qu’un temps perdu.

Des hackers tentent de détruire Le Salon Beige

Vous avez peut-être remarqué, il y a quelques jours, que Le Salon Beige était inaccessible. Ce n’était pas un simple bug. C’était l’une des nombreuses attaques informatiques que nous subissons actuellement.

Vous avez sans doute remarqué aussi, si vous êtes contributeur, que vous aviez des difficultés à accéder à votre compte sur Le Salon beige.

Depuis des semaines, des pirates tentent encore et encore de faire tomber le site, de le rendre inaccessible, de nous réduire au silence.

Ce n’est pas un hasard. C’est une volonté claire de museler une voix qui dérange. Une voix catholique, libre, qui refuse de plier face à l’idéologie dominante et qui continue de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.

Nous travaillons jour et nuit pour défendre ce que nous avons bâti depuis plus de vingt ans.

Nous investissons des moyens importants pour reconstruire et sécuriser Le Salon Beige de façon durable. Notre objectif est simple : rendre le site quasiment impossible à faire tomber. Plus résistant. Plus solide. Plus difficile à bâillonner.

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De la dette publique pour les « Nuls » à l’état d’urgence pour tout le monde

Les impôts, les recettes fiscales en gros, représentent 20% du PIB. Le PIB, le Produit Intérieur Bruit, représente à peu près la Richesse National produite en une année dans un pays. 20% de ce PIB est donc prélevé par l’État. Auquel s’ajoute 24 % de prélèvements sociaux, les cotisations sociales en gros. La somme des deux représente 44 % du PIB, soit 1.300 milliards de prélèvements obligatoires (600 milliards pour les impôts + 700 milliards pour les prélèvements sociaux), pour un PIB de moins de 3.000 milliards. Nous sommes les champions mondiaux en matière de prélèvements obligatoires, enfin presque.

Et bien imaginez-vous que cela ne suffit pas, la République doit en plus emprunter chaque année plusieurs centaines de milliards pour combler son déficit, puisque la puissance publique dépensera plus de 1.700 milliards cette année, soit près de 60 % du PIB. Ce qui représente donc un surcroît de dépenses. Si le montant de la dette augmente le montant des intérêts annuels à rembourser, à taux constant, augmente donc.

55 % des 600 milliards, 340 milliards des seules recettes fiscales servent au fonctionnement de L’ÉTAT soit un peu moins de 1 milliard par jour au moins rien que pour son fonctionnement, les investissements étant réduis à presque rien. Malgré cela l’État dépense, à lui seul, un milliard par jour, il lui faut donc emprunter ; le reste, les 45% restant, s’évapore dans les mille feuilles des Collectivités locales et territoriales, et la Sécu encore. Eux aussi empruntent.
Le premier poste budgétaire de l’État concerne le seul remboursement des intérêts annuels des emprunts publics qui mécaniquement augmentent puisque la dette augmente tout comme les taux d’intérêt d’emprunt d’ailleurs…Et plus on emprunte plus notre dette s’avère risquée, plus elle est risquée plus la « prime de risque » emprunteur fait gonfler le taux d’emprunt, un cercle vicieux…jusqu’au moment où plus personne ne nous prêtera.

Les budgets de tous les ministères sont largement grevés par les salaires, et surtout les retraites. Celui de la défense, par exemple, où 1 militaire sur 20 est un officier général en est une illustration… Les Colonels sont ainsi nommés généraux 6 mois avant la retraite et partent sans perte de salaire ; il en est ainsi dans toute la fonction publique qui compte 6 millions de fonctionnaires, dont 1 million pour le seul ministère de l’Éducation Nationale, le fameux Mammouth qui penche à gauche, et pour quel PISA résultat !
Il y a 1 fonctionnaire pour 5 salariés ! 1 fonctionnaire pour 11 habitants ! Encore un autre record mondial, la Corée du Nord nous bat à plat de couture… pour l’instant.

Les déficits des caisses de retraites s’aggravent plus vite que celle de l’État. Parce qu’il y a aujourd’hui un retraité pour 1,7 cotisants. La retraite à 60 ans, c’est 1 retraité pour 1 cotisant en 2030, un Français sur 3 aura alors plus de 60 ans. Si seulement nos vieux avaient la bonne idée de s’euthanasier pour résoudre le problème, au nom de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité évidemment ! Vive les Droits de l’Homme.
Augmenter les taux de cotisations c’est augmenter la masse salariale, c’est donc grever la marge des entreprises qui iront produire ailleurs si elles le peuvent, qui déposeront le bilan autrement. Prendre aux riches pour donner aux pauvres ? Où se situe la frontière entre ces deux catégories ? C’est déjà le cas pour ceux des « riches » qui ne sont pas partis créer des entreprises florissantes ailleurs, particulièrement les plus dynamiques, aux États-Unis malheureusement.

La dette officielle de l’État est de 3.600 milliards. La dette publique hors bilan est de 10.000 milliards, soit 1700% par rapport aux recettes fiscales annuelles de l’État. On ne pourra donc jamais rembourser, à moins d’une hyper inflation conjuguée au blocage des retraites et salaires de fonctionnaires, excepté pour les 600.000 fonctionnaires des fonctions régaliennes (10% des 6 millions), indispensables à la survie de l’État, Armée, Police et Justice.

La dette publique, comme celle privée des États-Unis est sans doute pire que la nôtre, dix fois plus élevée, pour une population seulement 5 fois supérieure à la nôtre, mais ils disposent de la monnaie mondiale de référence, le dollar pendant que nous avons nos assignats, ils sont les champions l’IA pour la meilleure et la pire, nous du grand remplacement pour le pire uniquement, ils ont du pétrole, nous des écolos, ils ont donc la croissance et nous la récession bientôt, etc …Et dire que c’est Nous qui les avons libérés des Anglais avant de leur donner la grande Louisiane qui représentait alors le double de leur territoire. Ce qui a été un des facteurs qui a déclenché la Révolution. Puisque nous en sommes sortis ruinés par des emprunts impossibles à rembourser autrement qu’en exigeant de tous l’impôt y compris de la noblesse de robe et d’épée plus soucieuse de ses privilèges récemment acquis que de ses charges. Servir n’est pas se servir.

Le dernier livre de Petit-fils « La Révolution française » met en relief la responsabilité de la noblesse d’argent et de robe dans cette tragédie qui n’en finit pas. Cette fausse noblesse, mais véritable aristocratie, avait déjà le pouvoir économique, et les privilèges. Ils ne leur manquaient plus que le pouvoir politique. Le « Peuple » n’était pour rien dans cette mésaventure révolutionnaire, il n’était d’ailleurs pas même au courant de cette Révolution avant que ne s’installe la Constitution Civile du Clergé et à sa suite la Terreur Républicaine. Le Tiers État était représenté par la bourgeoisie qui s’était auto attribuait des particules, tel Danton, Robespierre et Marat.

C’est aujourd’hui le même schéma qui se précise avec la même ploutocratie, la même contingence climatique, bien orchestrée à grand coup de tambours battants, et dont les conséquences s’aggravent de manière accélérée, une crise de la dette sans doute pire encore…Nous avons une crasse politique encore plus médiocre et plus dangereuse en sus, les partis politiques sont intrinsèques à la démocratie, et les partis ne survivent que par la démagogie, les magouilles, la corruption sous tous ses aspects, particulièrement morale, les idéologies, la division, les trahisons…Le déshonneur !

La population est en plus aujourd’hui plus âgée et divisée, particulièrement dans sa foi ce qui est encore plus grave ; car la vraie Religion catholique est l’âme et la force de notre Nation qui est née d’un baptême. L’Église est attaquée de toute part y compris en son propre sein, par elle-même, depuis le dernier Concile qui cherche un syncrétisme entre le Christ qui est seul Vérité et les erreurs. La tolérance est ennemie de la Vérité.

En plus nous subissons une crise énergétique avec l’entêtement, conscient ou inconscient, de l’État sur la fiscalité des carburants qui est en train de provoquer une récession, une déflation, un nombre exponentiel de dépôts de bilan, donc moins de recettes fiscales et sociales…et plus de besoins sociaux…et des désordres conjugués tel que Macron ne pourrait peut-être pas finir son mandat à moins qu’il ne déclare l’État d’urgence ?

Bloquer les prix des carburants dans un marché mondial c’est organiser la pénurie tout simplement, d’ailleurs cela a déjà était fait ailleurs avec des résultats gravissimes.

La seule solution serait de baisser immédiatement la pression fiscale sur les carburants pour être aux mêmes niveaux de prix que la plupart de nos voisins européens.

Seulement voilà cela serait anti constitutionnel, comme l’a déjà fait savoir le Conseil Constitutionnel, idem pour la préférence nationale.

Changer la Constitution par Référendum ? Impossible sans le Congrès, Assemblée nationale et Sénat, et impossible de dissoudre le Sénat. La République a tout verrouillé au cas où.

Nous sommes en liberté surveillée et si totalement encadrée que l’on pourrait réaliser que le République est liberticide et totalitaire, n’est-ce pas ?

Nicolas ZAHAR

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

L’avortement encore et toujours en hausse

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié son étude annuelle sur les avortements en France en y ajoutant les données 2025. Cette étude analyse l’évolution du nombre d’avortements depuis 1990, de la méthode utilisée, du lieu de recours et de l’âge des femmes concernées.

En 2025, le nombre d’avortements s’établit à 259 400, soit 2,9 % de plus qu’en 2024. Depuis le début des années 2000, le taux de recours a connu plusieurs phases : stable jusqu’à la fin des années 2010, autour de 15 avortements pour 1 000 femmes (‰) âgées de 15 à 49 ans, il augmente depuis. Avec la pandémie de Covid-19, le taux de recours a baissé en 2020-2021 avant de repartir à la hausse, et atteindre 17,8 ‰ en 2025. Cette augmentation concerne toutes les classes d’âges entre 15 et 49 ans, y compris les plus jeunes, dont le recours était en baisse depuis plusieurs années avant la crise sanitaire.

La hausse du nombre d’avortements est portée par les avortements médicamenteux réalisés hors établissement de santé. En 2025, la hausse des avortements médicamenteux se poursuit et représentent 81 % des avortements, (+1 point par rapport à 2024). Cette hausse s’inscrit dans la durée puisque les avortements médicamenteux concernaient 31 % des avortements en 2001 et 68 % des avortements en 2017. La méthode médicamenteuse, qui peut être pratiquée en ville jusqu’à la 7e semaine de grossesse ou 9e semaine d’aménorrhée (SA), concerne aussi la majorité des IVG en établissement de santé (63 % d’entre elles en 2025).

La moitié des avortements sont réalisés hors établissement en 2025, soit en cabinet libéral, soit en centre de santé ou en centre de santé sexuelle. Trois catégories de professionnels y effectuent des avortements : les sages-femmes, les médecins généralistes et les gynécologues, médicaux ou obstétriciens.

En cabinet libéral, 59 680 avortements ont été réalisées par des sages-femmes, 22 208 avortements par des médecins généralistes et 26 400 avortements par des gynécologues, médicaux ou obstétriciens. En centre de santé ou centre de santé sexuelle, ce sont 5 510 avortements qui ont été réalisées par des sages-femmes, 5 450 par des généralistes et 1 710 par des gynécologues, médicaux ou obstétriciens.

La pratique de l’avortement par les sages-femmes libérales continue de se développer à un rythme soutenu (+ 15 % par rapport à 2024) (graphique). En 2025, elles ont effectué une avortement sur quatre au total, soit 54 % des avortements en ville, la petite moitié restante étant pratiquée à parts égales par les médecins généralistes et par les gynécologues médicaux ou obstétriciens.

Le pape vient aussi encourager tous ceux qui oeuvrent au service de la vie

Rome a répondu à la supplique de 12 associations pro-vie (dont la Marche pour la vie), qui demandait :

Très cher saint Père,

Nous existons ! malgré les lois iniques de délit d’entrave et la constitutionnalisation de l’IVG, l’idéologisation du sujet en France et l’absence complète de liberté de parole, nous continuons à œuvrer avec nos pauvres moyens pour aider chaque femme enceinte que nous pouvons toucher à poursuivre sa grossesse et à garder son enfant en trouvant des solutions à sa détresse.
Centres d’écoutes présents et actifs sur les réseaux sociaux, priants qui jeunent et prient pour chaque femme en détresse, associations pour accueillir les femmes enceintes en détresse, associations qui aident les femmes qui ont avorté à retrouver la paix. Nous agissons de notre mieux pour essayer de combattre la culture de mort qui règne en France

Nous avons peu de soutien parce qu’en France, les gens ont peur. Les catholiques ont peur. Trop de prêtres ont peur. Du coup les sujets de la vie sont trop souvent évités.

Alors, très saint Père, nous aurions aimé une simple rencontre, une bénédiction et un encouragement de votre part lors de votre passage à Paris. Nous vous savons évidemment très sollicité et faisons notre demande avec beaucoup d’humilité.

Nous vous remercions de toutes les paroles de soutien que vous avez pu avoir déjà à Monaco et à Madrid spécialement, qui nous ont affermis dans notre mission au service de la Vie . Nous espérons que vous lirez notre supplique et pourrez, si Dieu veut, nous rencontrer et nous bénir.

Très humblement et très affectueusement.

Délivre-Nous du Mal

SAJE diffuse un documentaire captivant sur la réalité du mal, de la possession et des exorcismes, intitulé DELIVRE-NOUS DU MAL – LE COMBAT DES EXORCISTES. Seul documentaire officiellement approuvé par l’Association Internationale des Exorcistes, il s’appuie sur les témoignages d’exorcistes contemporains et propose une approche profonde, sans sensationnalisme, centrée sur la victoire du Christ sur le mal.

Nombreux sont ceux, y-compris parmi les chrétiens, en particulier les jeunes, les recommençants et les catéchumènes, qui ont été confrontés à l’occultisme ou à l’ésotérisme, mais qui ne trouvent pas, au sein de l’Eglise, des réponses à leurs questions. Ce film est une réponse providentielle à ces questionnements.

DELIVRE-NOUS DU MAL est un documentaire sur la mission des exorcistes. Il explique l’origine du Mal, les différentes formes de possession, la mission des exorcistes, et s’appuie sur l’expérience réelle d’exorcistes modernes. Tout ce qui est présenté est donc en accord avec l’enseignement de l’Eglise, fondé à la fois sur les textes de la Bible et la tradition. Les scènes de fiction ne sont là que pour illustrer les propos des différents exorcistes et s’appuient sur leurs témoignages. Les thèmes d’approfondissement ont été rédigés par le Père Jean-Baptiste Edart, professeur et Doyen de la Faculté de Théologie (UCO) qui travaille actuellement sur la question de la nature de l’action démoniaque pour clarifier un certain nombre de notions (emprise, lien, infestation, possession, etc.) et permettre un discernement ajusté, en dialogue avec les sciences humaines (psychologie, psychiatrie, etc.).

Extraits du Catéchisme de l’Eglise catholique :

1033 Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l’aimer. Mais nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous péchons gravement contre Lui, contre notre prochain ou contre nousmêmes : « Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un homicide ; or vous savez qu’aucun homicide n’a la vie éternelle demeurant en lui » (1 Jn 3, 15). Notre Seigneur nous avertit que nous serons séparés de Lui si nous omettons de rencontrer les besoins graves des pauvres et des petits qui sont ses frères (cf. Mt 25, 31-46). Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot « enfer ».

1034 Jésus parle souvent de la « géhenne du feu qui ne s’éteint pas » (cf. Mt 5, 22. 29 ; 13, 42. 50 ; Mc 9, 43-48), réservé à ceux qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de se convertir, et où peuvent être perdus à la fois l’âme et le corps (cf. Mt 10, 28). Jésus annonce en termes graves qu’il « enverra ses anges, qui ramasseront tous les fauteurs d’iniquité (…), et les jetteront dans la fournaise ardente » (Mt 13, 41-42), et qu’il prononcera la condamnation : « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel ! » (Mt 25, 41).

1035 L’enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l’enfer, « le feu éternel » (cf. DS 76 ; 409 ; 411 ; 801 ; 858 ; 1002 ; 1351; 1575 ; SPF 12). La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé et auxquels il aspire.

Retrouvez toutes les séances disponibles en cliquant ici.

Comparaison des psaumes en grec et en latin

Yves Daoudal a réalisé un travail de bénédictin :

La liturgie traditionnelle latine a été démolie au moment où l’on faisait de l’œcuménisme un axe important de la doctrine post-conciliaire. Or le psautier latin et le psautier grec étaient quasiment identiques, le psautier latin étant une traduction du psautier grec. Il y avait là un élément important d’unité, les psaumes étant véritablement le socle de la liturgie. Mais on a détruit cela allègrement. On a « oublié » que le sacro-saint Concile imposait de dire l’office en latin (Sacrosanctum Concilium 101), on a imposé des « traductions » en langue vulgaire faites sur une nouvelle traduction latine (la « Néo-Vulgate »), on a censuré de nombreux versets et même supprimé plusieurs psaumes, et on a détruit le rythme liturgique, étendant le chant des psaumes de l’office sur quatre semaines, ce qui ne correspond à rien dans les traditions d’orient et d’occident.

Réfléchissant à cela, je me suis mis à comparer mot à mot les psaumes latins et grecs. Je suppose que cela a déjà été fait, mais je n’ai rien trouvé. Alors je l’ai fait pour moi-même, et voici le fruit de ce travail. On constatera que les différences entre les deux psautiers sont minimes. Surtout une fois qu’on a remarqué que le texte grec est souvent celui de l’Alexandrinus, alors que le texte latin est traduit d’un texte grec d’une autre tradition. La traduction latine est assez souvent d’une étonnante précision. Par exemple, dès le premier psaume, διεξόδους est traduit par « decursus », alors qu’il n’était pas nécessaire de traduire le préfixe grec : si l’on veut respecter cette traduction, en français on doit dire (le long du) « décours » (des eaux), alors que « cours » suffit. Tout au long du psautier latin on a « salutare », qui traduit exactement le grec σωτήριον. A priori le mot veut dire « moyen de salut », mais dans la Septante il veut le plus souvent dire simplement le salut. Donc aussi « salutare » dans le psautier latin.

Lorsque les versions liturgiques grecque et latine diffèrent, je suis allé voir ce qu’il en était dans les autres versions dont je dispose (voir ci-dessous).

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Il serait peut-être temps que le Grand Orient apprenne que la France n’est pas une loge maçonnique géante !

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 vérités :

Il faut reconnaître au Grand Orient de France une qualité devenue rare dans la vie publique : la franchise. Ainsi son grand maître, Guillaume Trichard, affirme-t-il clairement que les écoles privées hors contrat « n’ont pas leur place dans la République » – et que, par conséquent, il faut relancer la guerre scolaire pour en finir avec cette dernière (et fort limitée) liberté scolaire.

Voilà donc le Grand Orient qui revient à l’école. Et, plus précisément, à l’école que l’État ne contrôle pas entièrement.

La chose n’est pas surprenante. Le Grand Orient revendique lui-même une histoire étroitement liée aux combats anticléricaux de la IIIe République.

Mais nous ne sommes plus en 1880.

La République de Jules Ferry avait une obsession : arracher l’école à l’influence de l’Église.

Mais, l’Église n’est plus vraiment hégémonique et la République ne risque pas de s’effondrer parce que quelques parents ont choisi d’autres méthodes pédagogiques que l’Éducation nationale. Il se pourrait même que cette poignée d’écoles hors contrat sauve l’école française puisqu’on y apprend, en général, à lire, écrire et compter – ce qui est devenu fort rare ailleurs.

Ces écoles hors contrat sont-elles des établissements clandestins ? Non. Le hors contrat n’est pas le hors-la-loi.

Les écoles privées hors contrat sont soumises au droit français, à des contrôles et à des obligations en matière d’instruction, de sécurité et de protection des enfants. Il faut donc distinguer deux choses : le contrôle de l’État et la direction de l’État.

En 1959, la loi Debré n’a pas instauré une dictature cléricale destinée à livrer la République aux évêques. Elle a cherché à organiser un compromis entre l’État et l’enseignement privé.

La loi a permis aux établissements privés sous contrat d’entrer dans le service public de l’éducation tout en conservant leur « caractère propre » et une certaine autonomie d’organisation.

Autrement dit, même la République française a fini par comprendre quelque chose que certains idéologues semblent avoir oublié : on peut être républicain sans être étatiste jusqu’au bout des ongles.

La loi Debré reconnaît que l’école privée peut avoir une identité propre. Cette idée toute simple paraît aujourd’hui redevenir suspecte.

Mais pourquoi la liberté serait-elle réservée aux francs-maçons ?

Si une obédience peut publier des propositions sur l’école, pourquoi des parents ne pourraient-ils pas créer une école conforme à leur propre conception de l’éducation ?

Pendant des décennies, les anticléricaux ont expliqué que l’État devait être « neutre ». Mais cela ne signifie pas que la société civile doit devenir uniforme.

Une sorte de cléricalisme maçonnique voudrait imposer une unique conception de l’éducation. Pas seulement contre les écoles catholiques, mais contre toute diversité pédagogique, puisque beaucoup d’écoles hors contrat ne sont pas liées à une religion, mais à une pédagogie (comme les écoles Montessori). Or, une famille qui quitte le Mammouth et ses échecs ne fait pas sécession. L’État doit contrôler la qualité de l’instruction et sanctionner les abus. Pas supprimer toute liberté.

Jules Ferry voulait arracher l’école à l’Église. 150 ans plus tard, certains veulent arracher aux familles toute possibilité d’échapper à l’école de l’État. Ce n’est plus de l’instruction, c’est de la rééducation.

Il serait peut-être temps que le Grand Orient apprenne que la France n’est pas la République et que la République n’est pas une loge maçonnique géante !

Marche pour la vie en Suisse

La Marche pour la Vie a parcouru les rues de Zurich, en Suisse, samedi 19 septembre, lors d’une manifestation centrée cette année sur la responsabilité des parents face aux grossesses inattendues et sur le soutien aux mères. Les organisateurs ont estimé la participation à environ 2 200 personnes, tandis que d’autres estimations la situaient au-dessus du millier.

La Marche pour la Vie de Zurich se tient depuis 2010 et rassemble chaque année des associations et des familles qui défendent la protection de la vie dès la conception.

Les organisateurs affirment que, parallèlement à la protection de l’enfant à naître, il est nécessaire d’offrir un soutien effectif aux femmes traversant des situations difficiles et d’aborder également le rôle des pères face à l’avortement.

Parmi les participants qui sont intervenus lors de l’événement figurait Nicolas Kolly, député du Conseil national suisse et ancien membre de la Garde suisse pontificale. Kolly a appelé à « donner la parole à ceux qui n’en ont pas encore » et a défendu que la protection de l’enfant et l’accompagnement de la mère doivent être abordés conjointement. Il a également insisté sur la responsabilité du père de soutenir, d’écouter et de protéger face à une grossesse inattendue.

Jonas Streule, responsable régional de ProLife Europe en Suisse, est également intervenu pour expliquer le travail que l’organisation mène auprès des étudiants universitaires.

La mobilisation suisse a coïncidé avec d’autres rassemblements pro-vie organisés le même week-end en Europe. À Bratislava, jusqu’à 30 000 personnes ont participé dimanche à la Marche nationale pour la Vie, soutenue par les évêques slovaques et qui a reçu un salut de Léon XIV.

Pour la sixième année consécutive, la ville n’a pas autorisé la Marche pour la Vie à se tenir dans le centre de Zurich et l’a maintenue à Oerlikon. Les autorités justifient cette décision par des raisons de sécurité face au risque d’incidents et de contre-manifestations. Les organisateurs estiment que cette mesure restreint de manière disproportionnée leur liberté de réunion et réduit considérablement la visibilité publique de l’événement.

Visite du pape : Libé craint que les catholiques soient… catholiques

Dans un texte tellement excessif qu’il en devient rigolo, L’aberration qualifie les Missionnaires de la Miséricorde divine d’ultratraditionalistes (et la FSSP elle est turbotraditionaliste ?), la veillée de prières des influenceurs à Saint-Sulpice le 24 septembre, avec l’abbé Raffray et le père Paul-Adrien, d’alliance entre l’extrême-droite et la droite, au point que la messe à la Concorde, lieu de l’exécution de Louis XVI, devient une idée identitaire, fruit du catholicisme contre-révolutionnaire.

Interrogé dans le même numéro, Yann Raison du Cleuziou plante le clou sur le cercueil en affirmant que le catholicisme de gauche s’est effacé depuis les années 70. La bonne nouvelle !

 

France Inter visée par l’Arcom

Suite à la censure de Charles Sapin, la radio du sévice public est visée par une saisine de l’Arcom.

La Ligue des Libertés, fondée par l’avocat et vice-président de l’UDR Guilhem Carayon, a saisi le gendarme de l’audiovisuel et l’exhorte à examiner un possible manque de pluralisme :

« Le pluralisme n’est pas une faveur que la direction accorde. C’est une obligation du service public ».

Rappelant que le journaliste avait été engagé sur France Inter dans un objectif de pluralisme, l’association demande enfin à l’Arcom « d’en tirer les conséquences et de vérifier si le pluralisme reste effectivement garanti ».

La Vie Chrétienne Victorieuse – La rencontre du pèlerin avec un berger de Bethléem

Le soleil déclinait sur les collines de Bethléem en Judée, teintant les pierres du sentier d’une lueur dorée. Le berger, à l’allure noble, qui ne paraissait pas avoir cinquante ans, était assis sur un rocher et observait l’horizon avec cette patience mystérieuse que donnent peut-être les longues années passées à guider les brebis égarées. Il avait quelque chose de difficile à définir. Son visage était celui d’un homme, et pourtant son regard semblait porter plus loin que le regard des hommes.

Lorsque ses yeux se posèrent sur l’homme qui s’avançait, le pas lourd, les épaules courbées sous le poids d’un fardeau invisible, celui-ci éprouva une impression inexplicable : il avait le sentiment d’être attendu.
— Assieds-toi avec moi un instant, pèlerin, dit-il d’une voix douce. Je vois dans tes yeux une question qui brûle, une soif que le monde ne peut étancher. Tu cherches quelque chose… ou quelqu’un ?
Le pèlerin hésita, puis s’assit sur le rocher face au berger, ses mains posées sur ses genoux, comme s’il portait encore le poids de ses interrogations.
— Je ne sais plus, avoua-t-il enfin. J’ai marché si longtemps, porté par mes propres forces, mes propres œuvres… Et maintenant, je me sens vide. Comme si tout ce que j’ai construit n’était qu’un château de sable, balayé par le vent.
Le berger sourit, comme s’il entendait là une mélodie qu’il connaissait par cœur. Il prit une poignée de poussière, la laissa s’échapper entre ses doigts et la regarda danser dans l’air du soir.
— Ah… Tu as donc déjà commencé à comprendre ce que signifie la grâce, murmura-t-il. Regarde cette poussière, pèlerin. Elle ne peut rien accomplir par elle-même. Elle se laisse porter par le vent. Mais le salut est plus merveilleux encore : Dieu agit envers l’homme qui ne peut rien mériter de Lui.
Sa voix devint plus grave, comme s’il confiait un secret précieux :
— « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. »
Le pèlerin fronça les sourcils, comme si ces paroles, au lieu de le rassurer, creusaient en lui un doute plus profond.
— Mais… si je n’ai rien à offrir ? Si je ne suis que faiblesses et échecs ?
Le berger eut un sourire paisible.
— Alors tu dois apprendre à regarder non pas à toi-même, mais à Christ.
Il fouilla dans sa besace, en sortit un parchemin jauni par le temps et lut à haute voix, d’un ton qui semblait venir de loin, la déclaration de l’apôtre Paul :
— « Je vous fais savoir, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme ; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ. »
Il enroula le parchemin, les yeux brillants.
— Paul avait beaucoup de choses dont il aurait pu se glorifier selon la chair. Il avait été zélé pour la loi et irréprochable quant à la justice qui est selon la loi. Mais lorsqu’il rencontra Christ, il comprit que tout ce qui pouvait être un gain pour lui ne pouvait pas constituer sa justice devant Dieu. Il regarda désormais à Christ seul et à la justice qui est par la foi en Lui.
Il se tourna vers l’homme, le regard perçant.
— Et toi, pèlerin, sais-tu que Jésus-Christ est le fondement de l’Évangile de la grâce de Dieu ? As-tu compris que ton salut ne repose ni sur tes œuvres, ni sur tes mérites, mais sur Sa personne et sur Son œuvre accomplie à la croix ?
Les yeux du pèlerin s’illuminèrent au souvenir d’un instant précieux.
— Je… je crois que oui. Il y a eu ce moment où j’ai compris que Dieu me voyait tel que j’étais… et que je ne pouvais rien Lui cacher.
Le berger hocha la tête.
— Voilà le commencement d’un chemin nouveau. La grâce ne consiste pas à prétendre que le péché n’existe pas. Elle amène le pécheur à reconnaître son état devant Dieu et présente Celui qui peut le sauver. Dieu ne demande pas qu’on Lui apporte une justice personnelle : Il présente Christ.
Il désigna un vieil olivier, tordu par les ans, qui se dressait sur la colline proche.
— Abraham était vieux, et selon les circonstances humaines, tout semblait impossible. Pourtant, il crut Dieu.
Sa voix devint plus douce :
— « Il crut, et cela lui fut compté à justice. »
Avant la circoncision, avant toute œuvre accomplie pour obtenir cette justice, Abraham crut Dieu. La foi n’était pas un mérite qu’il apportait à Dieu ; elle s’appuyait sur la Parole et sur les promesses de Dieu. C’est ainsi que le pécheur est justifié : non pas en présentant sa propre justice, mais en croyant Celui qui justifie l’impie.
Le pèlerin baissa les yeux.
— Et le malfaiteur sur la croix ? Lui, il n’avait plus le temps de réparer sa vie passée ni d’accomplir des œuvres.
Les yeux du berger s’emplirent de larmes.
— Oui… mais regarde ce qu’il fit.
Il prit une profonde inspiration.
— Il reconnut sa culpabilité. Il reconnut aussi l’innocence de Jésus. Puis il se tourna vers Lui et dit : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume. »
Il se tut un instant, puis acheva :
— Et la réponse fut : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. »
Le berger regarda le pèlerin avec gravité.
— Voilà la grâce. Elle ne récompense pas un mérite que l’homme aurait acquis. Elle donne gratuitement à celui qui se tourne vers Christ avec foi. Le malfaiteur n’avait plus rien à présenter, mais il avait devant lui un Sauveur.
Un silence s’installa entre eux, seulement troublé par le bruissement des feuilles dans le vent. Le pèlerin fixait le sol, comme s’il cherchait une réponse dans la poussière.
— Mais… est-ce que cela s’arrête là ? demanda-t-il enfin. Est-ce que la grâce, c’est seulement un pardon, un effacement de dettes ?
Le berger secouait la tête.
— Non. La grâce qui sauve ne laisse pas dans l’ancien état. Elle conduit à une vie nouvelle.
Il se leva d’un mouvement fluide et tendit la main.
— Viens. Marchons un peu.
Ils s’engagèrent côte à côte sur le sentier étroit et sinueux. Le berger parlait, les yeux fixés sur l’horizon, au-delà des collines. À mesure qu’ils marchaient, le pèlerin éprouvait une impression de plus en plus étrange : ces paroles lui étaient nouvelles, et pourtant quelque chose en lui les reconnaissait. Il ne comprenait pas encore pourquoi.
— « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »
Il s’arrêta un instant.
— Le salut n’est donc pas simplement une dette effacée. Dieu nous donne une nouvelle position devant Lui et une nouvelle vie. Celui qui vient à Christ est amené à connaître Dieu et à marcher désormais avec Lui.
Le berger reprit sa marche.
— Paul le persécuteur s’était opposé avec violence au Seigneur et à Ses disciples. Mais sur le chemin de Damas, une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » En persécutant les disciples du Seigneur, Saul s’opposait à Celui qu’il allait bientôt reconnaître comme son Seigneur et son Sauveur. Celui qui persécutait l’Église devint ensuite un serviteur de Christ et un témoin de l’Évangile.
Le pèlerin s’arrêta.
— Donc… la grâce, c’est aussi une relation avec Christ ?
Le berger hocha la tête.
— Oui. Le chrétien n’a pas seulement reçu des bénédictions : il a Christ. Il appartient au Seigneur et il est appelé à marcher avec Lui.
Il se baissa, cueillit une fleur au bord du chemin et la lui tendit.
— Regarde aussi Marie, la mère du Seigneur. Lorsqu’elle reçut la parole de l’ange, elle répondit : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. »
Il marqua une pause.
— Voilà une attitude de foi et de soumission. La grâce de Dieu ne produit pas l’indépendance ; elle produit la confiance et la dépendance envers Lui.
Le pèlerin soupira, comme si le poids de ses doutes devenait trop lourd à porter.
— Mais… comment vivre cette vie nouvelle ? Je sens bien que je ne suis pas à la hauteur. Chaque jour, je trébuche.
Le berger s’assit à nouveau, le regard grave. Il traça dans la poussière un cercle, puis une ligne sinueuse qui s’échappait vers l’horizon.
— Tu parles maintenant de la sanctification.
Il dessina un arbre au bord du chemin, ses racines profondes, ses branches étendues vers le ciel.
— Il y a une sanctification de position : celui qui appartient à Christ est mis à part pour Dieu. Mais il y a aussi une sanctification pratique : le croyant est appelé à marcher dans la sainteté et à progresser dans sa vie avec le Seigneur.
Il cita le premier psaume :
— « Il est comme un arbre planté près des ruisseaux d’eaux, qui rend son fruit en sa saison. »
Puis il reprit :
— Le croyant possède une position devant Dieu ; mais sa vie quotidienne doit aussi manifester toujours davantage ce qu’il est en Christ.
Sa voix se fit plus ferme :
— « C’est pourquoi l’apôtre dit : Travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement ; car c’est Dieu qui produit en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. »
Il posa la main sur le dessin.
— Remarque bien les deux choses : la responsabilité du croyant et l’action de Dieu. Le croyant ne travaille pas à gagner son salut ; il vit le salut que Dieu lui a donné. Et il ne le fait pas par ses propres forces : Dieu opère en lui.
Il effaça le dessin des deux mains et en traça un nouveau : un sentier sinueux, parsemé de pierres.
— Le chemin comporte des dangers. Il faut veiller. Il faut marcher dans la dépendance du Seigneur. Et lorsqu’il y a péché, il doit être confessé, et le croyant doit revenir à Lui.
Il sourit au souvenir d’une histoire chère à son cœur.
— Pierre a renié son Maître. Il a pleuré amèrement. Mais le Seigneur ne l’a pas abandonné.
Il dessina une pierre, puis une main qui se tendait vers le ciel.
— Après Sa résurrection, Jésus demanda à Simon Pierre : « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? »
Le berger leva les yeux.
— Le Seigneur le rétablit dans son service. Voilà une chose précieuse : lorsque le croyant a péché, la grâce ne l’encourage pas à rester dans le péché. Elle le conduit à la confession, à la restauration et à une marche nouvelle avec son Seigneur.
Il traça une autre figure sur le sol.
— Et David…
Son sourire s’élargit.
— Ah, David ! Un homme qui avait reçu de grandes bénédictions de Dieu, mais qui commit un péché très grave avec Bath-Schéba. Lorsque Nathan le reprît, David reconnut sa faute : « J’ai péché contre l’Éternel ! »
Le berger s’arrêta net.
— Dieu lui accorda Son pardon. Mais son péché eut aussi des conséquences douloureuses dans sa vie et dans sa maison. Le pardon de Dieu ne signifie pas que toutes les conséquences terrestres du péché disparaissent immédiatement.
Il poursuivit :
— David exprima alors la profondeur de sa repentance : « Crée en moi un cœur pur, ô Dieu, et renouvelle au-dedans de moi un esprit droit. »
Il se tut, laissant au pèlerin le temps de recueillir ces paroles.
— Tu vois ? Il ne faut ni désespérer de la grâce, ni prendre le péché à la légère. Il faut le confesser, revenir au Seigneur et rechercher une marche renouvelée dans Sa présence.
Le pèlerin murmura, pensif :
— Donc… la sanctification, c’est à la fois un don et une marche ?
Le berger hocha la tête.
— Oui. Les croyants sont mis à part pour Dieu par Christ, et ils sont appelés à vivre pratiquement dans la sainteté. La croissance chrétienne ne consiste pas à gagner davantage l’amour de Dieu ; elle consiste à connaître davantage le Seigneur et à laisser Sa vie produire davantage de fruit dans la marche quotidienne.
Il ramassa une pierre et la posa au centre du sentier dessiné.
— C’est comme apprendre à marcher.
Il compta sur ses doigts les étapes du voyage.
— Il faut veiller. Il faut dépendre du Seigneur. La maturité ne consiste pas à ne plus avoir besoin du Seigneur, mais à dépendre toujours davantage de Lui.
Le pèlerin garda le silence. Puis, d’une voix tremblante, il demanda :
— Et… et après ? Est-ce que cette vie a un but ? Une fin ?
Les yeux du berger s’illuminèrent.
— Ah… Tu touches là à l’espérance qui soutient le croyant.
Il se leva et regarda l’horizon.
— « Ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. »
Sa voix devint plus forte, comme portée par le vent.
— Un jour, le Seigneur Jésus viendra chercher les Siens.
Il cita l’apôtre Paul aux chrétiens de Thessalonique :
— « Le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. »
Le pèlerin leva les yeux.
— Donc… la mort n’est pas la fin ?
Le berger secouait doucement la tête.
— Non. Pour celui qui est en Christ, l’espérance ne s’arrête pas au tombeau. Christ est ressuscité, et ceux qui Lui appartiennent ressusciteront aussi.
Il regarda le ciel qui s’assombrissait.
— Énoch « marcha avec Dieu ; et il ne fut plus, car Dieu le prit ».
Un sourire passa sur son visage.
— Il marcha avec Dieu. Voilà déjà une belle expression de la vie du croyant : marcher avec Lui, jour après jour, dans la foi.
Il posa une main sur l’épaule du pèlerin.
— En attendant la venue du Seigneur, marche.
Sa voix se fit presque un murmure.
— Et souviens-toi…
Il énuméra sur ses doigts :
• Abraham a cru Dieu, et sa foi lui fut comptée à justice.
• Le malfaiteur a reconnu sa culpabilité et s’est tourné vers Jésus, qui lui a accordé le salut.
• David, après avoir gravement péché, a reconnu sa faute et a recherché la restauration auprès de Dieu.
• Paul, le persécuteur, a été saisi par Christ et est devenu Son serviteur.
• Marie, la mère du Seigneur, s’est soumise avec foi à la Parole de Dieu.
• Pierre, après son reniement, a été restauré par le Seigneur et employé dans Son service.
• Énoch a marché avec Dieu jusqu’au jour où Dieu le prit.
Le berger se tut un instant, puis reprit d’une voix grave :
— Mais il faut aussi comprendre ceci : devant Dieu, il n’existe pas plusieurs chemins de salut. Il y a ceux qui appartiennent à Christ et ceux qui demeurent dans leur état de péché.
Le Seigneur Jésus dit :
— « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais celui qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »
Il leva les yeux vers le ciel.
— La question essentielle n’est donc pas : « Suis-je assez bon ? » Elle est : « Qu’ai-je fait de Jésus-Christ ? »
Le pèlerin sentit les larmes lui monter aux yeux.
— Mais… je ne suis pas sûr d’y arriver.
Le berger posa ses mains sur les épaules de l’homme.
— Tu ne peux pas accomplir ton salut par tes propres forces. Le salut repose sur Christ. Mais ne confonds pas la dépendance avec la passivité.
Sa voix était ferme, mais tendre.
— Regarde à Lui. Crois en Lui. Marche avec Lui. Confesse-Lui tes fautes. Obéis à Sa Parole. Et lorsque tu es faible, souviens-toi de l’infinie richesse de Sa grâce.
Il sourit tendrement.
— « Celui qui a commencé en toi une bonne œuvre l’achèvera jusqu’au jour de Jésus-Christ. »
Puis il ajouta énergiquement :
— Et lorsque le combat devient difficile, souviens-toi : « Nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. »
Le pèlerin regarda le chemin qui s’étendait devant eux.
— Alors… on continue ?
Le berger lui tendit la main.
— Oui. Mais désormais, ne marche plus en regardant seulement tes propres forces. Marche avec ton Seigneur.
Ensemble, ils reprirent la marche. Puis, lorsque le chemin se sépara, le berger s’éloigna pour rentrer ses brebis à la bergerie.
Le soleil, maintenant très bas sur l’horizon, enveloppait le sentier d’une lumière ocrée. Le pèlerin se retourna une dernière fois. Le berger était déjà loin.
Il demeura quelques instants immobile, incapable d’expliquer ce qu’il venait de vivre. Il avait rencontré un homme, assurément… et pourtant, quelque chose en lui refusait de considérer cette rencontre comme tout à fait ordinaire. Il y avait dans ses yeux une paix profonde, presque déroutante, et dans son attitude une familiarité singulière avec les Écritures, comme s’il les connaissait bien au-delà des mots.
Il se souvint alors de sa voix, de son regard, et de cette manière particulière de parler des Écritures avec une évidence qui l’avait profondément marqué. Mais plus que tout, il conserva en lui cette étrange impression : celle d’avoir marché, pendant une heure, aux côtés de Quelqu’un dont la présence lui avait été à la fois inconnue et mystérieusement familière.
Longtemps, il repensa à cette rencontre. Et parfois, lorsqu’il relisait les Écritures, une question revenait doucement à son cœur : Qui donc était ce berger ?
Il ne trouva jamais de réponse qu’il puisse donner aux autres. Mais au fond de lui, une parole de l’Écriture revint en mémoire :
« Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »
Alors marchons, pèlerins, non en nous confiant en nous-mêmes, mais en Celui qui nous a aimés et qui a donné Sa vie pour nous.

Morale de la rencontre

La grâce ne nous demande pas de présenter à Dieu une justice que nous aurions produite par nous-mêmes. Elle nous présente Christ et Son œuvre accomplie, et nous recevons par la foi ce que Dieu donne gratuitement.
Mais la grâce qui sauve est aussi la grâce qui nous enseigne à vivre pour Celui qui nous a sauvés. Elle ne nous encourage pas à demeurer dans le péché : elle nous conduit à la repentance, à la sainteté, à la dépendance et à l’obéissance.
La vie chrétienne victorieuse n’est donc ni une tentative de gagner le salut par nos propres forces, ni une passivité dans laquelle nous n’aurions aucune responsabilité. Elle est une marche avec Christ : regarder à Lui, dépendre de Lui, écouter Sa Parole, confesser nos fautes lorsque nous avons péché et progresser dans la connaissance de notre Seigneur.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Avortement : la hausse se poursuit, l’urgence de la prévention s’impose

Communiqué d’Alliance vita :

En 2025, 259 400 IVG ont été réalisées en France, contre 251 270 en 2024. Le taux de recours atteint désormais 17,8 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans, contre 17,3 l’an dernier. Depuis 2016, hors années COVID, cette évolution est continue. En moins de dix ans, le taux de recours à l’avortement est ainsi passé de 14,6‰ à 17,8‰, atteignant aujourd’hui un niveau record, ce taux étant le plus élevé de l’Union européenne.

Alors que ces chiffres devraient susciter un véritable débat public, les pouvoirs publics semblent se limiter à la stratégie d’élargir l’accès à l’IVG sans jamais interroger les raisons qui conduisent toujours davantage de femmes à y recourir. Pourtant, de nombreuses questions demeurent sans réponse : quel est l’impact de la précarité économique, dans un contexte marqué par la baisse du pouvoir d’achat ? Comment mieux prendre en compte les situations de vulnérabilité, les pressions familiales ou conjugales, ou encore les difficultés matérielles rencontrées par certaines femmes confrontées à une grossesse imprévue ? Plus largement, cette hausse intervient alors même que la France connaît une crise démographique durable. Selon une récente enquête de l’Unaf, plus de deux tiers des parents déclarent ne pas disposer des ressources financières suffisantes pour accueillir un enfant supplémentaire.

Parce qu’il s’agit d’un acte irréversible qui met des vies en jeu, l’avortement ne devrait jamais s’imposer aux femmes. Les protéger de toutes les pressions, leur offrir les moyens de poursuivre leur grossesse lorsqu’elles le souhaitent et leur permettre d’explorer réellement les alternatives qui s’offrent à elles, constituent plus que jamais une urgence sociale. La prévention est au cœur de toutes les politiques de santé publique. L’IVG ne devrait pas faire exception.

Les Français y sont d’ailleurs largement favorables : 65 % estiment que la société devrait davantage aider les femmes à éviter d’avoir recours à l’IVG et 81 % soutiennent la mise en place d’une politique de prévention ainsi que la réalisation d’une étude publique sur les causes, les conditions et les conséquences de l’avortement.

L’avortement reste pour beaucoup un drame à éviter. L’impasse de la politique actuelle, illustrée par l’augmentation constante du recours à l’IVG, appelle un changement de cap en faveur de la prévention.

Ils ont choisi Dieu et si nous devions choisir un jour ? – La déportation des prêtres à Rochefort sous la Terreur

« Elle meurt, l’Église qui oublie ses martyrs. » C’est par cette sentence du pape saint Damase, IVe siècle, que se révèle la portée spirituelle et mémorielle de cet ouvrage. La tragédie des prêtres déportés sur les pontons de Rochefort à partir du printemps 1794 demeure l’une des pages les plus sombres et les moins connues de la politique de déchristianisation sous la Révolution française.

La genèse de ce drame s’enracine dans le vote de la Constitution civile du Clergé le 12 juillet 1790. Dès le début de l’année 1791, l’Assemblée constituante exige des prêtres un serment civique : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles du diocèse (ou de la paroisse) qui m’est confié, d’être fidèle à la Nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi. » Rien de bien compromettant à première lecture ! Mais sous des apparences de loyauté patriotique, ce texte inféodait en réalité l’Église à l’État, brisant l’obédience romaine.

Deux événements allaient clarifier sévèrement la situation. À travers les brefs Quod aliquantum (10 mars 1791) et Caritas (13 avril 1791), le pape Pie VI condamna solennellement la Constitution civile du Clergé interdisant aux évêques constitutionnels d’exercer leur juridiction. Dès lors, la fracture entre prêtres jureurs et réfractaires devint irréversible. La législation révolutionnaire se durcit radicalement sous la Convention nationale : le décret du 23 avril 1793 (prolongé par d’autres mesures répressives à l’automne) organisa la déportation massive de tout ecclésiastique suspect de déloyauté républicaine.

Le Père Blomme, vice-postulateur de la cause de béatification de ces confesseurs de la foi, livre ici un récit historique rigoureux .En donnant directement la parole aux déportés à travers vingt-cinq témoignages de rescapés, l’auteur met en lumière l’abandon total à la Providence de ces prêtres face à la cruauté systématique de leurs geôliers. Confrontant les sources cléricales aux archives administratives de la République, ces pages dessinent le choc frontal entre le dessein de la Providence et le mystère d’iniquité des persécutions révolutionnaires. Des pages qui font trembler d’espérance et de peur devant le « Génie du Mal déchaîné».

Il faut lire ces pages terribles : les embarquements sur les Deux Associés, le Washington, des bateaux qui ne partiront jamai,s coincés par le blocus anglais et qui furent des prisons-mouroirs ; sévices, maladies, humiliations, épidémies. Il faut lire la marche des prêtres vers l’Ile-Madame, à pieds sanglants. Leur vie sur l’île, comme des bêtes, privés de tout et la terreur qui régnait comme seule consigne. Il faut lire ces sacrifices, conversions, pardons, ces morts. Ces hommes privés de tout qui se privait encore pendant le Carême ! Cette ingéniosité sainte pour célébrer l’Office divin et réciter le Bréviaire à l’insu de leurs geôliers. Ces malheureux, soumis à un traitement inhumain ne se contentèrent pas d’une piété individuelle. Ils eurent conscience de leur état sacerdotal et des obligations qui s’y attachaient. Sur cette terre d’exil, réduits à des conditions d’existence extrêmes, sous le règne d’une terreur inflexible, ces confesseurs de la foi opposèrent à la barbarie la grandeur du sacrifice, de la conversion et du pardon spirituel.

Cet ouvrage, qui s’offre comme une méditation douloureuse et édifiante, constitue un puissant antidote à la tiédeur spirituelle et à la routine religieuse ! Il insuffle un élan de courage chrétien, transfiguré par des vertus vécues jusqu’à l’héroïsme du témoignage de la foi. En ces temps de profonds bouleversements et d’incertitude, l’exemple de ces martyrs des Pontons de Rochefort invite à la fidélité. Suivre leurs pas, c’est marcher droit, c’est rejeter les compromissions doctrinales, les lâchetés des petits arrangements…

À l’instar des pèlerins déposant leurs galets sur la Grande Croix de l’Île-Madame, confions nos fardeaux à l’intercession de ces soixante-quatre martyrs, béatifiés par le pape Jean-Paul II le 1er octobre 1995, sacrés témoins. Confions à ces martyrs de la foi nos familles, notre pays et l’Eglise.

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La déportation des prêtres à Rochefort sous la Terreur, Yves Blomme, Editions Oyats, 172 pages, documents en noir et blanc, 20€.

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Canada : une octogénaire chrétienne euthanasiée contre sa volonté

Une affaire particulièrement troublante agite actuellement le Canada. Brigitte Stegemann, 83 ans, atteinte d’un cancer de l’estomac au stade IV, est morte le 10 juillet dernier en Ontario après administration de l’« aide médicale à mourir » (AMM). Sa famille affirme aujourd’hui qu’elle n’avait pas valablement consenti à cette euthanasie. La police de Belleville a ouvert une enquête sur les circonstances de sa mort.

Selon sa petite-fille, Brigitte Kranendonk, qui l’accompagnait depuis douze ans, Mme Stegemann avait auparavant refusé l’euthanasie, notamment en raison de ses convictions chrétiennes. C’est pendant une absence de la famille que des discussions auraient repris avec le personnel médical. Or la vieille dame était très malentendante et présentait, selon ses proches, d’importants troubles cognitifs. La famille affirme notamment qu’elle avait donné des réponses incohérentes lors de l’évaluation de ses capacités.

Deux jours avant sa mort, sa petite-fille lui aurait expliqué sans détour que la procédure prévue entraînerait sa mort. Mme Stegemann aurait alors éclaté en sanglots, répétant qu’elle avait « fait une erreur ». Le matin du 10 juillet, toujours selon le témoignage familial, elle n’aurait pas confirmé oralement sa volonté de mourir avant l’administration des produits. Plusieurs tentatives auraient en outre été nécessaires pour poser la perfusion. Ses proches racontent qu’elle est morte les mains jointes en prière.

Ces éléments restent à ce stade ceux rapportés par la famille : l’enquête devra précisément déterminer si les règles légales ont été respectées.

La question du consentement est pourtant au cœur du dispositif canadien. Santé Canada précise que, immédiatement avant l’euthanasie, le patient doit pouvoir retirer sa demande et confirmer son consentement. Il existe une exception lorsqu’une renonciation au consentement final a été établie préalablement par écrit, dans des conditions précises. Mais même celle-ci devient invalide si une personne devenue incapable manifeste un refus ou une résistance par des paroles, des sons ou des gestes.

L’affaire intervient alors que l’euthanasie a pris au Canada une ampleur considérable. En 2024, 16 499 personnes ont reçu l’AMM, soit 5,1 % de l’ensemble des décès du pays : environ un décès sur vingt.

Il faudra donc attendre les résultats de l’enquête avant d’affirmer que Brigitte Stegemann a été euthanasiée contre sa volonté. Mais le simple fait qu’une famille puisse soulever des interrogations aussi graves sur le consentement d’une femme âgée, malade et vulnérable devrait suffire à rappeler une évidence : plus une société légalise le geste irréversible de donner la mort, plus les garanties entourant les personnes fragiles devraient être absolues.

Dans ce domaine, une erreur de procédure ne se répare pas.

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Idées reçues sur la natalité : surpopulation, immigration, pollution…

Haut fonctionnaire et diplomate, Oscar Bockel est l’auteur avec Tristan Claret-Trentelivres d’un rapport pour la Fondation Res Publica intitulé Pour un renouveau démographique :la stratégie du troisième enfant. Il vient de publier La bombe de la dénatalité. Comment le monde entre dans l’hiver démographique. Il s’attaque aux idées reçues. Les experts se sont trompés. On prophétisait une planète surpeuplée, livrée à la famine, invivable : c’est l’exact inverse qui se produit. Les taux de natalité s’affaissent irrémédiablement, les sociétés vieillissent, les maisons de retraite remplacent les écoles et ce sont des nations entières qui sont menacées de disparition.

Idée reçue n°1 : « la surpopulation nous menace ». C’est ce que pensent encore 65 % des Français. Pourtant, la dépopulation est déjà en germe : les naissances mondiales baissent depuis 2014 et la fécondité mondiale vient de passer sous le seuil de remplacement. La prospérité n’est pas une somme fixe à partager : elle naît des hommes. Une société qui ne fait plus d’enfants vieillit, n’innove plus et ne pourra s’adapter aux ruptures de demain. Pour l’OCDE, le seul vieillissement coûtera 14 points de PIB par habitant d’ici 2060.

Idée reçue n°2 : « la dénatalité est une affaire de riches Occidentaux ». Au contraire : en 2025, la fécondité des États-Unis (1,57) est supérieure à celle du Mexique (1,36), et celle de la France (1,56) à celle de la Tunisie (1,35). L’Afrique elle-même n’y échappe pas : le Botswana est déjà sous le seuil de remplacement et, en 2070, le continent aura une fécondité plus faible que l’Europe. Dans les pays occidentaux, immigration mise à part, ce sont les classes populaires qui voient leur fécondité s’effondrer le plus vite. Pour les hommes américains nés au début des années 1980, les plus pauvres ont eu 0,7 enfant, contre 1,7 pour les plus riches.

Idée reçue n°3 : « il faut faire moins d’enfants pour sauver la planète ». Moins d’habitants, moins de pollution : cela semble évident. Pourtant, entre stabilisation et effondrement démographique, l’écart de température en 2200 n’est que de 0,1 °C, l’épaisseur du trait. Pourquoi si peu ? D’abord, la démographie est lente : un enfant né aujourd’hui vit vingt ans dans le budget carbone de son foyer et ne pollue donc qu’à peine. Ensuite, le réchauffement dépend du stock de carbone accumulé, non des émissions de l’année. Les gains carbone réalisables après 2050 pèseront donc peu sur le réchauffement total, d’autant que, même dans les scénarios pessimistes, nos économies seront alors en voie de décarbonation rapide. La course climatique se joue maintenant, pas dans trente ans. À jouer le climat contre les naissances, on détruit l’avenir démographique de nos sociétés sans plus-value climatique. Soutenabilité écologique et soutenabilité démographique vont en réalité de pair : les deux exigent de savoir se projeter dans le futur.

Idée reçue n°4 : « avec l’IA et les robots, tout cela n’a plus d’importance ». Le progrès technique n’a jamais réduit la place de la démographie : il a déplacé le travail humain, il ne l’a pas aboli. Tant que le travail aura un rôle, la démographie restera essentielle. Même si nous entrons un jour dans la singularité technologique, la démographie restera centrale, que ce soit par la consommation, par le poids politique des groupes au sein des nations, ou pour déterminer la culture et la nationalité des futurs maîtres des machines.

Idée reçue n°5 : « s’il manque des bras, faisons venir des immigrés ». Pourtant, la dénatalité est mondiale : tous les pays ne pourront pas importer la jeunesse des autres. À l’inverse, pour beaucoup, le manque d’enfants sera aggravé par l’émigration. Stabiliser le rapport entre actifs et retraités exigerait des flux hors de proportion : 61 millions d’immigrés en France d’ici 2050, et les immigrés vieillissent aussi : dès la deuxième génération, leur fécondité rejoint celle du pays d’accueil. Enfin, l’immigration telle qu’elle existe en France aujourd’hui a un effet fiscal nul ou légèrement négatif (Cour des comptes, 2025) : elle ne facilite donc pas le financement de notre modèle social. Avec l’IA et la transition énergétique, la dénatalité est une des trois grandes questions du siècle. Ses causes, sa géopolitique, les futurs qu’elle nous promet : c’est l’objet de « La bombe de la dénatalité », en librairie.

Et bien sûr, la dernière idée reçue et la plus coriace, celle qui voudrait que nous ne pourrions rien y faire. Au contraire, nous pouvons faire la différence et à un coût très limité en mettant l’accent sur les troisièmes naissances !

Un spectacle woke financé par l’argent public pour concurrencer le Puy du Fou

Ce « spectacle » va être organisé en Seine-Saint-Denis sous le patronage de Patrick Boucheron et Guillaume Mazeau. Trois spectacles dont un aura lieu sur le parvis de la cathédrale Saint Denis qui mettra en scène la profanation de la nécropole royale, qualifiée de « moment d’émancipation, la libération de mille ans de monarchie, de tyrannie » par Guillaume Mazeau.

Célébrer la profanation de sépultures, c’est sans doute une valeur de la République…