Toulouse : consécration de la ville et du diocèse au Sacré-Cœur de Jésus
Homélie de Mgr de Kérimel, à l’occasion de la consécration de la ville et du diocèse de Toulouse au Sacré-Cœur de Jésus, 16 octobre 2024 :
Jésus est mort sur la croix, seul, abandonné par ses disciples, rejeté par son peuple. Il a crié vers son Père : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » ; tout était nuit en Lui et autour de Lui, car une éclipse du soleil avait mis Jérusalem dans l’obscurité. Jésus est mort, parce qu’Il a pris sur Lui, dans sa chair, tout le mal accumulé depuis les débuts de l’humanité et jusqu’à la fin des temps. Satan, le Prince de ce monde, semble vainqueur : Jésus est mort.
Et voici qu’un soldat, d’un coup de lance, perce son Côté et atteint son Cœur. Du Cœur de Jésus sort du sang et de l’eau, semence, dans les ténèbres de la mort, d’une création nouvelle qui surgira du tombeau le troisième jour. L’amour, le véritable amour dont la source est le Cœur de Dieu, n’est pas mort ; il est immortel, incorruptible, vainqueur du péché et de la mort, source de vie nouvelle. Le Cœur de Dieu est ouvert définitivement pour toute l’humanité, pour les justes et les pécheurs, pour les victimes et les bourreaux. Le Sacré-Cœur de Jésus est la révélation la plus éloquente de la victoire de l’Amour divin manifesté par Jésus, Fils de Dieu et Fils de l’homme, mort pour nos péchés et ressuscité d’entre les morts pour notre salut.
La Vierge Marie, figure de l’Église, avec Saint Jean apôtre de Jésus-Christ, sont au pied de la croix. Ils recueillent, en quelque sorte, le sang et l’eau qui coulent du Cœur du Christ, symboles des sacrements, pour que tous ceux qui ont soif viennent puiser aux sources vives du salut et renaissent à la vie nouvelle d’enfants de Dieu. Depuis la mort de Jésus, ces quelques gouttes de sang et d’eau sont devenus un fleuve immense qui assainit tout sur son passage.
Dans notre monde, là où règnent les ténèbres de la guerre, de la corruption, des diverses formes d’esclavage et d’abus, les ténèbres du mensonge, de la haine, de la désespérance, partout où règnent les ténèbres, l’amour n’est pas mort : des cœurs d’hommes et de femmes s’ouvrent, se laissent blesser par la souffrance de leurs contemporains et agissent pour que le mal n’est pas le dernier mot. Dans les ruines fumantes des destructions opérées par les bombes, des hommes et des femmes ouvrent leur cœur pour chercher les survivants et les libérer des décombres. Dans une société où grandit la violence, l’exclusion, la solitude, des cœurs s’ouvrent pour inviter au respect et à la confiance ; dans une société qui a perdu le sens et se laisse fasciner par les ténèbres, des cœurs s’ouvrent pour témoigner de l’espérance. Ces hommes et ces femmes de cœur témoignent d’un autre monde possible, en apportant un peu de réconfort, des soins médicaux, une libération, la lumière. Au cœur de situations dramatiques, des pardons sont donnés, des gestes d’amour sont accomplis, dans la discrétion, tous les jours.
Si nous voulons être disciples de Jésus, disciples de son Sacré-Cœur, il nous faut être des hommes et des femmes de cœur, vulnérables à la souffrance de nos contemporains. Notre place est là où l’humanité est sous l’emprise des ténèbres, confrontée au mal et à la mort obscure.
Si nous voulons vaincre avec le Christ, si nous voulons que règne le Cœur de Jésus sur la ville et le diocèse de Toulouse, il nous faut combattre les racines du mal et du péché dans notre propre cœur, rechercher, avec la grâce de Dieu, l’humilité, fuir l’indifférence, renoncer à la violence, œuvrer à la justice, être artisans de paix, rechercher la pureté de cœur, être serviteur de la miséricorde, accepter de subir la contradiction.
La consécration de la ville et du diocèse au Sacré-Cœur de Jésus, ne portera ses fruits que dans la mesure où nos cœurs s’ouvriront toujours plus à l’amour miséricordieux de Dieu. Laissons-nous introduire dans le Cœur de Jésus, pour connaître et expérimenter la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur de l’amour du Christ dans notre propre vie ; alors nous saurons le voir à l’œuvre dans le monde. Nous apprendrons à voir chaque personne humaine avec le regard aimant du Christ ; nous apprendrons à discerner les évènements à partir de cette source.
La consécration de la ville et du diocèse au Sacré-Cœur de Jésus est donc pour nous une invitation à la conversion pour donner à voir, dans notre monde blessé, quelque chose du monde nouveau, né du Cœur transpercé de Jésus. Comment les communautés chrétiennes, avec toutes les personnes de bonne volonté, sont-elles témoins et acteurs de la victoire de l’amour dans le monde, aujourd’hui ?
Nous sommes, parfois à juste titre, scandalisés par le mal, et il est tentant de réagir par la manière forte, mais ce serait entrer dans une logique qui n’est pas celle de la création nouvelle, elle n’est celle du Sacré-Cœur de Jésus. Le mal n’est jamais vaincu par la force ; il est tout au plus freiné, empêché de se répandre, mais il n’est pas éradiqué. « Rien par la force, tout par amour », disait Saint François de Sales. Le mal n’est jamais vaincu par le mal ; les guerres nous le montrent, elles sont toujours un échec. « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien », écrit St Paul dans sa lettre au Romains.
Saint Paul atteste la victoire de l’amour du Christ. « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ?… Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rom. 8, 34-35 ; 37-39).
+ Guy de Kerimel
Archevêque de Toulouse

Retailleau veut ce qu’il ne veut pas
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Bruno Retailleau voulait un « pacte législatif », pour faire des lois sans être au gouvernement. C’est-à-dire sans avoir à se soucier de leur application. C’était absurde, comme nous l’avons montré ici.
Finalement, M. Retailleau est au gouvernement. Il veut une nouvelle « loi immigration », et il est en poste pour la faire appliquer. Cela semble plus cohérent. Mais… ?!
Mais… il sait que l’Assemblée Nationale actuelle n’ira pas très loin dans cette « loi immigration ». Elle est déjà réticente à “revoter” les lois censurées par le Conseil Constitutionnel en janvier dernier.
Alors M. Retailleau explique qu’il est favorable à un référendum sur le sujet, et même « mille fois favorable ». Cela semble plus cohérent. Mais… ?!
Mais… il sait que le gouvernement actuel ne fera pas ce référendum. Il est déjà réticent à choisir entre la position de Retailleau et celle du ministre (de gauche) de la Justice Didier Migaud.
Bref, M Retailleau veut des évolutions censées, mais il veut qu’elles arrivent par miracle, abracadra. Il refuse évidemment toujours toute alliance avec le RN, seul parti important qui veut un tel référendum.
La politique, c’est l’art du POSSIBLE. M. Retailleau, croyez-vous vraiment qu’il soit POSSIBLE de changer suffisamment de députés centristes et de gauche, qui seraient alors prêts à appliquer la politique que vous souhaitez ?
Ou bien n’est-il pas plutôt POSSIBLE que vous changiez, vous, pour enfin travailler avec ceux qui veulent la même chose que vous ?
Demain, M. Retailleau, vous ne pourrez pas nous dire « je voulais, et je n’ai pas pu ».
Certes, vous VOULEZ une politique POSSIBLE : arrêter le suicide français, dont l’immigration est un facteur décisif. Mais vous le voulez D’UNE MANIERE IMPOSSIBLE : convertir beaucoup de vos opposants. Vous REFUSEZ LA SEULE MANIERE POSSIBLE d’arrêter ce suicide, alors même que vous reconnaissez l’urgence : avec le RN.
Si la volonté n’est pas cohérente, ce n’est pas de la volonté, c’est de l’affichage.
Demain, M. Retailleau, vous ne pourrez pas nous dire « je voulais, et je n’ai pas pu ». Si vous avez encore un peu d’honnêteté, vous devrez dire : « je voulais, mais en même temps je ne voulais pas ».
Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, [email protected]
Ordinations dans le diocèse de Toulon
Peu de temps après la publication du texte de Jean-Pierre Maugendre, Mgr Touvet annonce :
L’actualité du chant grégorien, « chant propre de la liturgie romaine »
La prochaine édition des Rencontres grégoriennes aura lieu du 25 au 27 octobre, à Strasbourg, avec près de 120 participants. Entretien dans France catholique avec le Frère Médéric Bertaud, Missionnaire de la Miséricorde divine et organisateur de ce week-end.
Pourquoi ces Rencontres ?
Elles sont un lieu de transmission et de formation du grégorien, pour les catholiques de toutes sensibilités liturgiques, attachés à la belle liturgie et désireux d’apprendre ce chant. Les intervenants sont tous de très haut niveau mais les participants, eux, sont de tous niveaux : 25 % sont débutants. Il y a donc des ateliers adaptés.
Quel est l’objectif ?
Il est triple. Nous souhaitons former les personnes – jeunes, laïcs et clercs – engagées en paroisse pour le service musical de la liturgie. Nous espérons aussi renforcer l’unité au sein de l’Église, afin de sortir des préjugés. Le chant grégorien est souvent confondu avec la liturgie traditionnelle. Or 50 % des participants de ces rencontres n’en sont pas des habitués, et la moitié des offices de la session ne le sont pas non plus. Enfin, nous désirons développer la connaissance de ce chant, en vue d’une nouvelle évangélisation – dans un esprit d’obéissance à l’Église – car nous constatons qu’il touche beaucoup de personnes non croyantes ayant une grande soif spirituelle.
En quoi ce chant est-il actuel ?
C’est un trésor qui appartient à la Tradition vivante de l’Église qu’elle reconnaît, selon la Constitution sur la liturgie du concile Vatican II, comme « le chant propre de la liturgie romaine », qui doit y « occuper la première place ». Le grégorien répond à une soif de beauté, de sacralité, d’ancrage et de mystère chez de plus en plus de jeunes. Les moins de 30 ans représentent 43 % des inscrits ! Il faudrait donc que, dans toutes les paroisses, la liturgie – traditionnelle ou non – réponde à l’urgence de cette soif. Le grégorien peut y contribuer. […]
Guadalupe, Mère de l’humanité
Saje annonce la sortie au cinéma du film docu-fiction Guadalupe, Mère de l’humanité, le 4 décembre prochain.
Il y a près de 500 ans, la Vierge Marie est apparue au jeune Aztèque Juan Diego. Aujourd’hui encore, Notre-Dame de Guadalupe est la représentation de Marie la plus vénérée au monde. Que s’est-il vraiment passé lors des apparitions ? Peut-on percer le secret de la Tilma, ce tissu qui a miraculeusement recueilli l’image de la Vierge Marie ?
A travers des témoignages actuels et bouleversants, ce film documentaire nous révèle l’immense tendresse de la mère de Dieu pour chacun de nous.
La faillite de la Ligue arabe
Lu dans Conflits :
Fondée le 22 mars 1945 au Caire par sept pays arabes : l’Égypte, l’Arabe saoudite, l’Irak, la Jordanie, le Liban, la Syrie et le Yémen du Nord, à travers la ratification d’un pacte constitutif, la Ligue des États arabes est une organisation régionale dont l’objectif est, selon sa charte, de promouvoir les relations entre les pays arabes et de défendre leurs intérêts dans le respect de la souveraineté et de l’indépendance de chaque État membre. Force est de constater que les résultats demeurent plus que mitigés.
La fondation de la Ligue arabe répond à l’objectif premier d’unifier la position arabe sur la question de la Palestine, une antienne qui reviendra en boucle dans tous les discours, à chaque sommet, mais à des degrés d’intensité variable. La ligue s’est élargie au fil des indépendances, la Libye (1954), le Soudan (1956), le Maroc et la Tunisie (1958), le Koweït (1961), l’Algérie (1962), le Yémen du Sud (1967), le Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis et Oman (1971), la Mauritanie (1973), la Somalie (1974), l’OLP (1976), Djibouti (1977), les Comores (1993). À l’image de la plupart des organisations régionales, la Ligue des États arabes repose sur cinq organismes principaux : le Conseil de la Ligue, le Conseil économique et social, le Conseil des ministres, les comités permanents et le secrétariat général. Depuis sa fondation, son siège se trouve au Caire et son secrétaire général est égyptien, mise à part la période de 1979-1990 où le siège fut transféré à Tunis.
Des divergences insurmontables…
Les élargissements successifs n’ont pas atténué les dissensions entre des pays aux relations conflictuelles ou aux désaccords idéologiques. Celles-ci sont accentuées après le renversement des monarchies égyptienne en 1953 et irakienne en 1958 par des mouvements nationalistes d’inspiration socialiste. Dès le départ, on observe que si les Hachémites qui règnent en Irak et en Jordanie aspirent à un grand État arabe réunifié, Égyptiens, Saoudiens et Yéménites préfèrent parler de coopération dans le respect de l’indépendance et de la souveraineté de chaque État. Aux yeux du Caire et de Riyad, la Ligue est un outil au service de leur affirmation sur la scène internationale comme puissance régionale. Ils sont soutenus par la Grande-Bretagne qui dispose alors de leviers très importants dans la région tout en demeurant hostile à la création d’un État panarabe réunifié. Les principaux poids lourds de l’organisation s’attachent au début à ménager Londres, de sorte que la décolonisation du monde arabe ne figurait pas de manière explicite parmi les objectifs du pacte constitutif. Rien d’étonnant si les termes alliance, unité, fédération, confédération, ne figurent nullement dans le texte fondateur. Cette position change avec l’arrivée au pouvoir en Égypte des officiers libres en 1952, sous la conduite du colonel Nasser, qui se hissera en hérault de l’unité arabe et du combat anti-impérialiste. La nationalisation du canal de Suez en 1956, suivie de l’acte d’union avec la Syrie deux ans plus tard, marque l’affaiblissement des puissances coloniales franco-britanniques, en moindre mesure italienne. Mais l’aspiration à l’unité arabe se heurte dès le début à une absence de consensus sur les moyens d’y parvenir.
Si le combat pour la cause palestinienne est présenté comme un moyen, la Ligue se retrouve paralysée tout au long de son histoire par des conflits et des ingérences étrangères. Mais aussi une charte ambiguë et des ambitions limitées.
Presque quatre-vingts ans après sa création, ni la question de la périodicité des sommets arabes n’a été tranchée, ni celles de la procédure des votes, ou encore du caractère contraignant des décisions et du recouvrement des cotisations. Des décisions non contraignantes qui s’accompagnent du non-respect des engagements pris par les dirigeants arabes. Le diagnostic est établi en son temps par l’économiste universitaire et futur ministre égyptien des Affaires étrangères Boutros Ghali en 1968. Pour pallier les nombreux écueils, la Ligue a créé des organes et structures qui n’ont fait qu’accentuer la paralysie. Le Conseil, les commissions spécialisées, le secrétariat général… une inflation structurelle aux résultats désastreux qui ont pour noms lourdeur, inefficacité de l’appareil, doublons, incoordination, querelles d’ego entre dirigeants arabes, asphyxie et crise de confiance. La souveraineté étatique prévaut sur l’intérêt panarabe dont la question palestinienne était censée incarner le dénominateur commun. Le processus de prise de décision par consensus conduit dans la plupart des cas à des décisions vides de leur substance.
Le politologue franco-libanais Antoine Basbous explique la faillite de la Ligue arabe par le fait qu’elle soit devenue une chambre d’enregistrement des querelles interarabes. Les considérations locales (au niveau de chaque État) et subjectives ou personnelles au niveau de chaque chef d’État, offre à l’occasion de chaque sommet un spectacle théâtral où le colonel Kadhafi se distingua en son temps par ses joutes provocatrices et insultes à l’encontre du roi Abdallah d’Arabie saoudite lors des sommets de 2003 et de 2009. Outre ses clivages d’ego incompatibles se greffent les tensions héritées de la guerre froide qui déchirent la Ligue entre un camp pro-occidental, mené par l’Arabie saoudite, enclin à une coopération avec les États-Unis face à un camp nassérien, plus proche de l’Union soviétique, comptant l’Égypte, l’Algérie, la Libye et la Syrie. Au sein de ce dernier, les frères ennemis du baasisme que sont l’Irak et la Syrie adopteront des positions antagonistes tout en jouant de la surenchère pour le leadership de la nation arabe et du combat pour la cause palestinienne. Ajoutons à cela les clivages entre pays riches et pays pauvres et entre dynasties et républiques. […]
Le professeur Grillo et la détestation du monde traditionnel
De Philippe Pelissier pour le Salon beige:
Le Salon beige a déjà parlé de l’entretien du Prof Grillo à Messa in Latino (traduit ici par Yves Daoudal), mais il me semble utile d’y revenir.
1 – qui est Andrea Grillo ?
N’ayant qu’une connaissance tout à fait superficielle de l’Italie contemporaine, j’associais le nom de Grillo à un comique plus ou moins passé en politique. Je crois cependant avoir fait une erreur car il semblerait que le Grillo interviewé par le blog Messa in latino, soit en fait un honnête homme, marié et père de deux enfants qui gagnerait sa vie comme professeur de liturgie à Rome – et pas n’importe où puisqu’il s’agit de l’institut des Bénédictins : Saint-Anselme. Quoi qu’il en soit, la lecture de la prose de Monsieur Grillo nous conduit à passer du rire aux larmes et témoigne finalement que la confusion entre le comique et le liturgique n’était pas entièrement injustifiée. Si on me demandait mon avis sur la façon dont le professeur Grillo a répondu aux questions du blog Messa in latino, je répondrais “qui suis-je pour juger ?” En effet qui suis-je pour juger un professeur de Saint-Anselme ? Cela dit “qui suis-je pour juger ” n’est pas au cœur de la réflexion ni de l’expression de Monsieur Grillo qui nous explique plutôt ce que nous devons penser et ce que nous vous devons faire … Par exemple, il commence en qualifiant de ” totalement erroné” le motu proprio Sumorum Pontificum et n’hésite pas à juger le pape Benoît XVI et à le condamner …
2 – l’unité de l’Eglise
On voit aussi dans cette interview que, pour lui, l’unité de l’Église se réduit à la fidélité à Rome et à ses figures présentes – et surtout repose sur une conception particulièrement rigide de la liturgie et de la discipline ecclésiale. Par exemple, il nous explique que le catholique authentiquement fidèle à Rome devrait impérativement acquérir le ” langage rituel ” (sic) selon ce que Rome a communément établi et qui refléterait étroitement et exclusivement l’enseignement du Concile Vatican II. Alors qu’un observateur, même superficiel, des réalités catholiques sait qu’existent depuis de nombreux siècles de multiples formes rituelles. Benoît XVI en a même créé une pour les Anglicans souhaitant rejoindre l’Eglise catholique – comme Jean-Paul II en avait approuvé une autre pour les Zaïrois (redevenus congolais depuis). Et François lui-même envisage de le faire pour les Amazoniens. Ex-Anglicans, ex-Zaïrois et Amazoniens seraient donc infidèles au pape en refusant d’employer son langage rituel ? Et hier dominicains, chartreux, prêtres diocésains de Lyon ou de Milan auraient-ils été en rupture avec Rome parce qu’ils auraient usé d’un missel qui n’était pas celui du Pape ? Ou alors faudrait-il imaginer que le Professeur Grillo aurait clandestinement fréquenté le séminaire d’Ecône ? En effet, il semble considérer qu’il y a d’un côté le missel de Paul VI expression d’une interprétation complètement novatrice de la foi catholique issue du Concile de 1962-65 et, d’un autre côté, l’ancien Missel qui serait synonyme de refus du magistère récent de la hiérarchie catholique ? Dans une formule appréciable, il ne connaît qu’une seule boussole ” una cum papa ” Quiconque n’est pas dans l’obéissance absolue à Rome ne serait à ses yeux qu’un ” bavard“. Dira-t-on que j’exagère si je qualifie ce jugement méprisant de digne d’un instituteur de CM2 parlant d’un de ses élèves ? On apprend en outre que Monsieur Grillo considère que les formes rituelles sont historiques et l’essence de la tradition serait son aptitude au changement ! et oui regarder vers le passé c’est se préparer à changer … ne faudrait-il pas que le Professeur commence à réfléchir aux futurs changements et après tout le retour à la Tradition ne pourrait-il pas être la nouvelle conception de la liturgie ? suffirait-il que le Pape change d’avis demain pour qu’il adopte un nouveau discours ? Au passage, la sainte Ecriture n’est elle pas elle-même un peu ancienne ? faut il en changer ?
3 – qui sont les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle ?
Cela dit, « Qui suis-je pour juger » Monsieur Grillo qui est non seulement liturgiste mais aussi statisticien. Il nous explique en effet que les 18 000 pèlerins de Chartres ne pèsent rien en comparaison du milliard de catholiques. Peut-on lui suggérer respectueusement qu’une comparaison plus légitime pourrait porter leur nombre à celui des pèlerins de la forme ordinaire qui marchent (ou plutôt qui marchaient) de Paris vers Chartres il y a quelques années dont le nombre est aujourd’hui tombé à zéro ? Faut-il aussi comparer ce nombre à celui des pèlerins qui vont de Chartres vers Paris et dont le nombre n’est que de 6000 – or ces 6000, en effet, sont bien des adeptes exclusifs de l’ancien Missel et des adversaires résolus de la nouvelle liturgie et de l’Eglise telle qu’elle fonctionne depuis le dernier Concile. Le professeur Grillo ne devrait-il pas se préoccuper de savoir que, parmi les 18 000, au moins la moitié pratique habituellement ou occasionnellement dans la forme rénovée ? Avec une certaine franchise (ou une certaine inconscience ?) ; il n’hésite pas d’ailleurs à étendre son discours de haine à certains de ceux qui pratiquent dans la forme rénovée mais qui n’ont pas l’heur de lui plaire. En effet, manifestement l’Eglise de Monsieur Grillot n’est pas ouverte à “todos todos todos” car, dans la suite dans son interview, notre professeur condamne très violemment le “fondamentalisme“, la recherche de l’identité et les langues mortes (en oubliant ce que St Jean XXIII puis le Concile lui-même ont enseigné sur la valeur de la langue latine). La liste semble longue de ceux qu’il veut exclure ! il est très loin du saint Père qui en 2019 demandait de respecter les « groupes sociaux marginalisés » (15 novembre 2019). Au Pape de construire des ponts – tandis que M Grillo préfère manifestement les murs. Le professeur de Saint-Anselme semble également disposer d’informations très précises sur les opinions politiques et les origines sociales des fidèles attachées à la liturgie traditionnelle (à moins qu’il ne se borne à exhaler des préjugés un peu rance ?). Manifestement, ces opinions politiques lui déplaisent profondément – tout comme leur sociologie – mais, dans son discours de haine assez systématique, le professeur oublie que depuis 1965 nous sommes devenus des chrétiens adultes qui pensons par nous-mêmes et voulons choisir nos orientations politiques librement.
4 – une liturgie purement intellectuelle ?
On notera également la volonté du Professeur de rompre le lien entre la liturgie et la sensibilité humaine. On a vraiment l’impression qu’il considère la messe comme une construction intellectuelle sans rapport avec des coutumes, les apparences ou simplement les émotions qui caractérisent la vie humaine. Pour lui il n’y a aucun rapport entre la liturgie et l’architecture d’une église. Et d’ailleurs, il ne voit pas un seul instant que la forme rénovée pourrait avoir été très fortement marqué par l’esthétique des années 70 mais peut-être qu’il ne voit pas non plus que l’être humain n’est pas un pur esprit complètement coupé des formes et des sentiments. Plus audacieusement, le Professeur n’hésite pas à affirmer que la Tradition serait « une facilité ». Tous ceux qui ont passé quelques jours au Barroux ou à Fontgombault comme tous ceux qui qui marchent de Paris à Chartres ou appliquent « Humanae vitae » pourront méditer sur le concept de facilité proposé par le Professeur… Je ne crois d’ailleurs pas que les zélateurs du Concile auraient sincèrement adhéré à l’idée que la Tradition était facile et que le but pastoral du Concile aurait été de proposer aux fidèles une voie nouvelle et moins facile que la Tradition. Au passage, le Professeur aurait-il oublié que selon l’Evangile « Mon joug est léger » !
5 – pour conclure
Pour conclure, ce monsieur Grillo n’est pas seulement professeur de liturgie, il se présente aussi comme un théologien. Lorsqu’il emploie ce mot, revient alors à notre esprit cette belle formule du pape François qui nous avait expliqué que ” Dieu n’était pas théologien“. Manifestement Andrea Grillo n’est pas Dieu !
Saint Jean-Paul II et la musique
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
“À plusieurs reprises, j’ai moi aussi rappelé la fonction précieuse et la grande importance de la musique et du chant pour une participation plus active et plus intense aux célébrations liturgiques, et j’ai souligné la nécessité de ‘purifier le culte des défauts de style, des formes négligées d’expression, des musiques et des textes bâclés et peu adaptés à la grandeur de l’acte qui est célébré’, pour assurer dignité et qualité aux formes de musique liturgique.”
“Le pape Benoît s’opposa à la participation de Bob Dylan à un concert rempli de jeunes en présence de Jean-Paul II lors du Congrès eucharistique de Bologne en 1997, car il considérait la popstar comme le mauvais type de ‘prophète’, écrit Ratzinger lui-même dans son nouveau livre.”
“Et le monde de la culture et de l’art est appelé à construire l’humanité : à soutenir la marche dans la recherche, souvent tourmentée, de la vérité, du bien, de la beauté. La culture et l’art sont unité, non dispersion ; ils sont richesse, non appauvrissement ; ils sont recherche passionnée, parfois tragique, mais enfin aussi une synthèse magnifique, dans laquelle les valeurs suprêmes de l’existence, même dans ses contrastes entre lumière et ténèbres, entre bien et mal – clairement identifiés et identifiables – sont ordonnées à la connaissance profonde de l’homme, à son amélioration, non à sa dégradation.”
“Frères et Sœurs ! Merci de nous avoir offert cette expérience singulière de méditation spirituelle et esthétique sur le mystère de la création, qui fonde la certitude de notre origine commune. Je souhaite qu’à travers l’art et la musique, même à notre époque, l’attention à l’homme et le respect de la nature puissent toujours être vivants. J’invoque la bénédiction divine pour chacun des interprètes de cet événement.”
Icône
Saje a acquis les droits d’un film d’origine russe, intitulé ICÔNE, qui mélange fiction et histoire vraie. C’est l’histoire d’un agent du NKVD, Maria Petrova, chargée par sa hiérarchie, alors que les troupes allemandes cernent Moscou, d’aller chercher au péril de sa vie, une icône miraculeuse orthodoxe de l’autre côté de la ligne du front, icône qui pourrait sauver Moscou de la destruction, si l’on en croit les prophéties d’une mystique aveugle appelée Matrona. L’histoire est légendaire mais sainte Matrona est bien réelle. Née aveugle, elle avait un don particulier de clairvoyance et accomplit de nombreux miracles durant sa vie et après sa mort. En voici un extrait.
Moscou, 1941. Fille de prêtre orthodoxe, Maria a renié la foi de son père pour entrer au NKVD. A la veille de la bataille qui devrait voir Moscou anéantie par l’armée d’Hitler, elle fait la connaissance de la voyante Matrona, avant d’être chargée par ses supérieurs de rapporter à Moscou une icône soi-disant «miraculeuse» de la Mère de Dieu, située derrière la ligne de front, en plein territoire occupé…
L’art cherche « à lier le beau et le bien »
460 ans après la mort de Michel-Ange, France catholique consacre son numéro sur ce génie et précurseur inégalé. Sculpteur, peintre, architecte, poète : il incarne l’artiste complet. À travers sa quête de la beauté parfaite, il fut aussi, et surtout, un chercheur de Dieu. Emilie Pourbaix écrit :
«Je suis Celui qui fit, dès tes primes années,/tes yeux ingénus se tourner vers la beauté/Qui, de la terre au Ciel, tout vivant vous élève. » Dans ces vers, issus de ses poèmes, Michel-Ange, faisant parler Dieu, évoque sa soif absolue de beauté, derrière laquelle, de plus en plus, il discernera l’appel de Dieu. Cette soif, qui a irrigué et orienté toute son œuvre, est la principale clé de lecture de cet artiste hors du commun dont l’art, cherchant « à lier le beau et le bien », est « comme l’ombre des perfections divines », écrit Henri Charlier (1883-1975), lui-même peintre et auteur d’essais sur l’art (L’Art et la Pensée, 1972).
En plein Quattrocento – l’âge d’or de la Renaissance italienne –, Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni naît, en 1475, dans une famille pauvre de Caprese, près de Florence. Après avoir perdu sa mère à l’âge de 6 ans, il quitte sa famille et l’école à 12 ans, pour assouvir sa passion du dessin et réaliser son rêve, en entrant à l’atelier du célèbre peintre Ghirlandaio. Deux ans plus tard, ce dernier l’envoie auprès de Laurent de Médicis – le Magnifique –, mécène éclairé et tyran politique de Florence.
Ce grand amateur d’art cherche alors de jeunes sculpteurs prometteurs pour copier, dans son école d’artistes, des statues romaine et grecque, que la Renaissance redécouvre avec fascination. Située dans les jardins du couvent San Marco, les Médicis y ont réuni leur collection de statuaire antique, pour former une académie, véritable petit centre du monde artistique et intellectuel. Le jeune apprenti de 14 ans y devient élève de Bertoldo di Giovanni, lui-même élève du grand Donatello. Il se définira désormais toujours comme un sculpteur. Le Magnifique est conquis par son talent précoce et en fait son protégé. En ce lieu d’élite, l’adolescent reçoit aussi l’enseignement humaniste de la philosophie néoplatonicienne, avec Jean Pic de la Mirandole et Marsile Ficin. […]
Crise de civilisation : la modernité nous enferme dans une impasse
Préface de Michel De Jaeghere de l’ouvrage Quand la mer se retire sur la tragédie de l’Eglise au XXIe siècle publié par Jean-Pierre Maugendre et qui rassemble des textes des presque vingt années passées sous les pontificats des papes Benoît XVI et François :
Quand la mer se retire, on a d’abord le cœur serré à la vue du grand vide qu’elle a laissé derrière elle. Les plus optimistes se rassurent devant les quelques flaques qui se sont formées ici et là sur la grève. Ils font cercle autour d’elles, mains levées, en chantant. Les pessimistes observent le sable mouillé comme une étendue désertique, à jamais abandonné par la vie. Ils jugent que tout est perdu sans retour. D’autres estiment qu’il faut s’adapter aux nouvelles conditions climatiques sans absurde nostalgie d’un passé révolu. Faire une opportunité de la sécheresse. D’autres encore placent leur espérance dans un retour qu’ils jugent inéluctable, et qu’il s’agit de préparer en repoussant la triple tentation de la résignation, de l’aveuglement et du désespoir. Jean-Pierre Maugendre est de cette dernière race.
Président de Renaissance catholique, une association dédiée à la promotion du règne social du Christ, il commente depuis de nombreuses années, à ce titre, l’actualité politique et religieuse. Il a réuni ici quelques-unes des chroniques et des tribunes qu’il lui a consacrées, entre 2005 et 2024 : depuis l’élection du cardinal Ratzinger sur le siège de Pierre jusqu’au synode sur la synodalité du pape François. Le recueil fait défiler sous nos yeux vingt ans de la vie de la France et de l’Eglise, et c’est peu dire que l’auteur jette sur eux un regard critique : qu’il traite du quinquennat de Nicolas Sarkozy ou de de ceux d’Emmanuel Macron, du pontificat de Benoît XVI ou de la Révolution ecclésiastique en cours, le spectacle qu’il fait défiler sous nos yeux est celui d’un double effondrement de l’Eglise et de l’Etat. C’est ici le scandale suscité par le discours par lequel Benoît XVI avait prêché, à Ratisbonne, en 2006, pour la réconciliation entre foi et raison en pointant le divorce que provoquait entre eux l’islam ; ce sont là les motu proprios contradictoires consacrés à la liberté de la messe grégorienne par le pape Ratzinger et par son successeur. Au spectacle d’une Eglise ébranlée par l’immense scandale de la pédophilie, peu sûre de sa doctrine et abjurant sa propre liturgie, répond celui d’un Etat qui a abdiqué sa souveraineté et démantelé ses frontières, et s’échine à masquer son impuissance en rejetant sur les générations à venir le règlement des drames dont il a laissé prospérer les prémisses en les cachant sous le tapis. Parfois, les deux décadences se conjuguent, lorsque la hiérarchie catholique participe au désarmement de l’Etat en stigmatisant toute politique restrictive de la marée migratoire qui déferle sur l’Europe, ou quand l’Etat croit pouvoir lutter contre la menace de l’islamisme conquérant en promouvant la déchristianisation de la France au nom d’une laïcité dont il veut croire qu’elle permettra de « vivre ensemble » à deux peuples sur le même sol, alors même qu’elle consiste à priver le pays de la source vive de son identité et de son héritage. Passent, au fond du tableau, politiciens imbus de faux principes et prélats résignés à trahir les devoirs de leur charge.
Le livre de Jean-Pierre Maugendre n’a rien pourtant d’un recueil de lamentations. Il y signale parfois quelques « divines surprises » propres à nourrir notre espérance, comme la réhabilitation de la messe de Saint Pie V par Benoît XVI, ou l’immense mobilisation de la jeunesse à l’occasion de la Manif pour tous. Il y fait apparaitre quelques figures qui s’élèvent au-dessus de la tourbe des évènements comme des phares : Jean Madiran, Hélie de Saint Marc, le docteur Xavier Dor. Il ouvre, plus encore, d’utiles pistes de réflexion sur les limites de l’obéissance catholique, ou sur la conciliation de la prudence politique avec la proclamation de la vérité. Il rejette, toujours, la naïveté comme une forme supérieure de la lâcheté ou du cynisme.
Mais en signalant les impasses dans lesquelles la modernité nous enferme, Jean-Pierre Maugendre a surtout le mérite de montrer que ce à quoi nous assistons, c’est en réalité à une crise de civilisation nourrie par la fin de la prédication des fins dernières, l’inflation continue des droits de la personne, le triomphe de la pensée 68 et sa métamorphose en wokisme. A ce délabrement des fondements de l’Eglise et de la cité, il pense vain de se contenter d’opposer des espérances électorales, un simple changement de personnel politique et ecclésial. Il lui parait bien plutôt nécessaire de préparer une Réforme intellectuelle et morale. Quand l’Eglise de Dieu semble tentée de cesser de prêcher aux hommes qu’il n’est d’autre salut qu’en Jésus Christ, d’autre voie que la Croix, quand un pays forgé par le christianisme croit se grandir par la constitutionnalisation de l’avortement et la proclamation du droit au Blasphème, on ne peut se contenter de faire la chronique résignée du grand déclassement. Il faut reprendre les principes qui ont fait la grandeur de la civilisation chrétienne, et s’interroger sur les conditions dans lesquelles ils pourraient être revitalisés, mis à l’honneur et en pratique. C’est à quoi ce livre précieux nous invite. En analysant quelques-uns des épisodes-clés de notre plus récent passé, il nous appelle à préparer, sur des bases autrement plus solides que les mots d’ordre d’un facile électoralisme, notre avenir.
Michel De Jaeghere
Les abus de pouvoir de Mgr Touvet
De Jean-Pierre Maugendre sur Renaissance catholique :
À l’occasion des 3e Assises de la Tradition qui se sont déroulées le 12 octobre dernier à Paris les participants ont découvert, un peu abasourdis il faut le dire, les derniers rebondissements de la persécution menée par Mgr Touvet contre les tenants de la liturgie traditionnelle au diocèse de Fréjus-Toulon.
Les abus de pouvoir de Mgr Touvet
Si certains avaient pu croire que Mgr Touvet, nommé en 2023 comme coadjuteur de Mgr Rey au diocèse de Fréjus-Toulon, parviendrait à maintenir l’unité du diocèse les faits semblent contredire ces perspectives optimistes. En effet s’il est désormais bien connu que Mgr Touvet bloque toujours les ordinations des Missionnaires de la Miséricorde Divine (voir notre chronique du 20 septembre 2024, Missionnaires de la Miséricorde. Toujours pas d’ordinations), d’autres faits, accablants, ont été portés à la connaissance du public, indigné, par le porte-parole de l’union Lex orandi : Philippe Darantière. Ainsi Mgr Touvet a fait signer à un futur diacre, cinq jours avant son ordination, selon le nouveau rituel mais en latin et dos au peuple, à la paroisse St Pie X de Toulon le 21 septembre dernier, un document dans lequel l’abbé Thomas Duchesne s’engageait à ne célébrer la messe que selon le missel de Paul VI, à ne donner les sacrements que selon le rite réformé et à n’utiliser que le bréviaire actuel. Il était également interdit de reprendre dans la liturgie conciliaire des éléments de l’ancien rite, soit de rajouter des signes de croix ou des génuflexions, voire de réciter le canon en silence. Il était également demandé de ne pas refuser de donner la communion dans la main. Nous ne sommes pas tout à fait dans la logique de l’enrichissement mutuel des deux rites, chère à Benoît XVI… Ce texte a également été proposé, par la suite, à neuf futurs diacres du diocèse de la part de Mgr Touvet. La réaction de la plupart d’entre eux a été très négative, ceux-ci dénonçant un abus de pouvoir. Mgr Touvet qui était venu avec le texte à distribuer est reparti avec ses exemplaires en disant que le sujet avait besoin d’être retravaillé. On a connu des actes de management plus éclatants et couronnés de succès plus manifestes ! Les séminaristes furent, à bon droit, scandalisés et si, comme l’affirme un grand classique des séminaires d’entreprise sur le management : « Le pouvoir se reçoit. L’autorité se construit. La légitimité se voit dans le regard des autres », Mgr Touvet a dû observer d’étranges et incrédules lueurs dans le regard de ses jeunes lévites. Quelqu’un pourrait-il expliquer à Mgr Touvet qu’un séminaire n’est pas l’école des Fusiliers et qu’un séminariste n’est pas un quartier-maître, fut-il chef ?
En outre, plusieurs nouveaux curés du diocèse ont reçu, à la rentrée, une lettre de nomination leur demandant de ne pas célébrer la messe uniquement dos au peuple, de ne pas utiliser l’offertoire de la messe tridentine, ni exclusivement le canon N° 1, dit romain, du Novus ordo.
Le mépris du passé
Mgr Touvet a rencontré le conseil presbytéral qui lui a fait part de son désaccord et lui a rappelé l’histoire du diocèse et, en particulier, l’accueil de prêtres de sensibilité traditionnelle depuis Mgr Madec, un morbihannais évêque de Fréjus-Toulon de 1983 à 2000, et créateur du séminaire de la Castille. C’est Mgr Madec qui a initialisé la bienveillance du diocèse envers la Tradition, attitude dont Mgr Rey s’est positionné comme le légitime héritier. Mgr Touvet semble tout à fait ignorant de cette histoire récente. On pense au « carme naval », l’amiral Thierry d’Argenlieu, à la rigidité proverbiale, débarquant en Indochine, après la guerre, sans rien connaître du pays et de son histoire, multipliant bévues, vexations, injustices et altercations en particulier avec le général Leclerc qui fut finalement rappelé à Paris. Mgr Touvet apparaît, ainsi, très gêné pour assumer cette histoire et très embarrassé dans ses réponses. Bien sûr, pendant que Mgr Touvet fait la chasse aux « tradis » rien n’est fait pour rappeler à l’ordre les prêtres qui innovent en manière liturgique ou ne transmettent plus la foi. Citons les messes charismatiques avec rayon laser et ambiance boîte de nuit dans l’église Saint Louis de Toulon, les célébrations minables des écoles Bon accueil des Salésien qui obligent les enfants à communier debout dans la main, la catéchèse lamentable de l’institution Notre Dame à Toulon ou celle tout aussi indigente des Maristes à Fénelon. Ce constat est l’occasion de rappeler que Fréjus-Toulon n’est pas un diocèse « traditionaliste » mais un diocèse dans lequel les traditionalistes ont, aussi, leur place, ce qui n’est pas la même chose.
Mgr Touvet a donc décidé de faire la guerre non seulement aux tenants du rite traditionnel de la messe mais aussi aux conservateurs conciliaires. Cette ouverture simultanée de deux fronts risque bien d’être une erreur stratégique fatale. Ainsi Mgr Touvet a réussi, en l’espace d’un an, à se mettre à dos la majorité des séminaristes et des prêtres de son diocèse. On n’a malheureusement pas deux fois l’occasion de faire une première bonne impression ! Mgr Touvet n’est que coadjuteur, il ne peut pas légiférer en matière liturgique et n’a pas le droit d’obliger des prêtres à célébrer face au peuple ou d’imposer l’utilisation de certains canons.
D’autres priorités ?
À l’heure de la multiplication de la révélation d’abus sexuels commis par des clercs et couverts par la hiérarchie (voir l’abbé Pierre), de l’ignorance religieuse généralisée, de la baisse de la pratique religieuse Mgr Touvet n’a -t-il pas d’autres chantiers plus urgents à entreprendre que de détruire ce qui fonctionne à peu près correctement ? Sans changement d’orientation il est écrit que le séminaire de la Castille, à terme, disparaîtra : il n’y a eu aucune rentrée cette année en propédeutique. De même l’avenir des Missionnaires de la Miséricorde divine qui attendent six ordinations est sérieusement obéré. En effet Mgr Touvet a accepté que les ordinations aient lieu avec la messe traditionnelle mais selon le nouveau rite d’ordination. Formule liturgiquement un peu étrange dans la mesure où dans la réforme liturgique les ordres mineurs et le sous-diaconat ont été supprimés. Cependant solution déjà expérimentée pour des ordinations à l’abbaye de Lagrasse, dans l’Aude, il y a quelques mois. En revanche Mgr Touvet refuse que les prêtres des Missionnaires de la Miséricorde ainsi ordonnés puissent célébrer ensuite la messe traditionnelle, célébration pourtant inscrite dans leurs constitutions. Pendant ce temps, signe indubitable de la vitalité de la Tradition catholique dans le Var, notons le succès – 2 000 participants – pour la première édition-du pèlerinage Nosto Fe les 5 et 6 octobre à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Il faut souhaiter, pour l’avenir du diocèse, que Mgr Touvet aura l’intelligence et la charité de respecter l’identité liturgique et doctrinale de ce beau témoignage d’une jeunesse avide de transcendance, de beauté et de vérité.
Où est le soin des âmes ?
Mgr Touvet a été curé. Il se rappelle donc que le beau titre de curé renvoie à sa responsabilité première : « cura animarum », le soin des âmes. Ce n’est pas la préoccupation qui apparaît comme majeure dans les relations entre les fidèles attachés à la Tradition de l’Église et certains de leurs évêques. On a plus souvent l’impression d’avoir à faire à des fonctionnaires ecclésiastiques ou des « préfets violets » qu’à des pères. En témoigne la réponse type adressée par Mgr Jordy, archevêque de Tours, aux participants de l’UDT de Renaissance Catholique à l’été 2024 qui s’étaient étonnés, auprès de lui, d’avoir dû assister à la messe dans une salle municipale à 100 mètres d’une église vide mais interdite : « Vos courriers manifestent un manque d’information concernant le régime de célébration selon ce missel (de Jean XXIII) (…) En effet depuis le motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2022 (sic, il s’agit en fait de 2021) et le rescrit pontifical concernant cette liturgie, la messe ne peut être célébrée que dans certains lieux prescrits. » Apparaît bien ainsi une logique de réserve d’Indiens dont les évêques de France seraient les gardiens, voire les gendarmes, maritimes dans certains cas. Le jour de son intronisation Mgr Touvet s’était engagé à ne pas être instrumentalisé et à ne pas devenir l’homme d’un parti. Il serait temps qu’il se rappelle ses belles résolutions.
Jean-Pierre Maugendre
Sainte Ursule, entre Dieu et le monde
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
“Le point de départ de la légende d’Ursule et des onze mille vierges est principalement une épigraphe de la seconde moitié du IVe ou du Ve siècle, dans laquelle un certain Clématius déclare avoir été divinement averti de reconstruire une basilique sur le lieu où des ‘saintes Vierges ont versé leur sang pour le nom du Christ.’ L’épigraphe a suscité d’innombrables discussions. Aujourd’hui, on s’accorde à la considérer comme authentique. D’ailleurs, l’inscription parle de vierges martyrisées sans mentionner leur nom ni leur nombre, ce qui ne sera précisé qu’à la fin du Haut Moyen Âge” (Cecchelli-Gnoli-Cecchelli dans treccani.it).
Islam : la nouvelle offensive des “Hijabeuses” pour imposer le voile dans le sport
Nicolas Bauer, chercheur associé à l’ECLJ (le Centre européen pour le droit et la justice) et Alain de Peretti, président de Vigilance Halal étaient invités de la matinale de Radio courtoisie le 17 octobre.
Le collectif « Les Hijabeuses », fondé en 2020, demande que les footballeuses puissent porter le voile islamique en compétition. Cela n’est pas prévu dans la tenue réglementaire de la Fédération Française de Football (FFF), dont les statuts contiennent une clause de « neutralité du sport ». Un recours des « Hijabeuses » a été rejeté par le Conseil d’État le 29 juin 2023, au motif que l’interdiction du voile islamique dans les matchs de football était « nécessaire pour assurer leur bon déroulement en prévenant notamment tout affrontement ou confrontation sans lien avec le sport ».
Le collectif a alors déposé une requête à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) contre la France, alléguant une violation de sa liberté de religion. Le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), en tant qu’expert de la liberté de religion, a été autorisé par la CEDH à intervenir dans cette affaire en tant que tierce-partie (observations écrites).
Ces observations rappellent notamment que les tenues de football féminin dans la plupart des pays à majorité musulmane ne comportent pas de voile islamique : Algérie, Maroc, Tunisie, Turquie, Palestine, Pakistan… Seuls les pays les plus islamistes, comme l’Arabie Saoudite ou l’Iran, prévoient un hijab pour jouer au football.
Par ailleurs, imposer une tenue pour des compétitions est indispensable dans tout sport, surtout collectif. La FFF permet quelques ajustements à la tenue réglementaire : des accessoires sont ainsi autorisés pour se couvrir la tête. Elle cite comme exemples les bandanas et les bonnets. Il est donc possible pour les footballeuses de se couvrir la tête à l’occidental. Les Hijabeuses refusent cette possibilité : cela montre que leur objectif n’est pas que moral ou religieux, mais politique et civilisationnel.
« Enquête sur l’Ultra gauche : Entre révolte et impasse »
L’Homme nouveau consacre un dossier à l’extrême gauche, pour savoir quelle réalité ce terme recouvre, sur quelles forces et quelles faiblesses elle s’adosse et quel travail doctrinal elle produit.
La radicalisation de certains mouvements contestataires transforme profondément la scène politique française. Les affrontements violents et les prises de position de plus en plus tranchées marquent une rupture nette avec la gauche réformiste. Ces changements, qui se traduisent par une opposition directe aux institutions, posent de nombreuses questions sur l’avenir des luttes sociales. Les mouvements écologistes radicaux, souvent associés à des confrontations, illustrent ce désir de rompre avec les méthodes traditionnelles de mobilisation. En parallèle, des tendances plus violentes émergent au sein de l’ultra gauche, révélant des divergences idéologiques et stratégiques qui compliquent la formation d’une vision partagée du changement. Certains oscillent entre l’engagement au sein des institutions et le rejet total de celles-ci, ce qui accentue les tensions entre les différents acteurs du mouvement. Dans ce contexte, le rôle des intellectuels devient essentiel. Frédéric Lordon, figure majeure de la critique du capitalisme, propose une réflexion sur la relation entre désir, domination et émancipation collective. L’apparition des Black blocs, quant à elle, incarne la radicalité d’une contestation plus visible, mais aussi la difficulté de fédérer ces forces éparses autour d’un projet politique cohérent. Ces dynamiques montrent un paysage politique marqué par des tensions internes. La quête de transformation sociale se heurte souvent à l’incapacité de s’unir autour d’une cause commune. Entre espoir de renouveau et impasse stratégique, ces mouvements interrogent sur les fractures et les enjeux qui définissent la gauche aujourd’hui.
Pour qui voteront les électeurs de Pennsylvanie ?
La Pennsylvanie est un Etat qui joue un rôle clef dans la présidentielle américaine. Or la candidate démocrate est en difficulté en raison de positions progressistes qui ont un effet repoussoir auprès d’un électorat catholique blanc demeuré conservateur. Californienne, noire et progressiste ne sont en effet pas des atouts dans cette partie du Nord-Est des Etats-Unis qui joue un rôle primordial dans la course à la Maison Blanche.
La Pennsylvanie fait partie de ce que l’on appelle les « swing states » ou « Etats-pivots », capables de faire basculer le scrutin national. La plupart des Etats gardent la même couleur politique d’un scrutin à l’autre, mais, dans certains d’entre eux, les électeurs votent alternativement pour les démocrates ou les républicains : leur rôle est donc décisif pour l’issue du scrutin. C’est pourquoi depuis plusieurs semaines, les deux candidats en lice pour l’élection présidentielle sillonnent les 7 Etats qui forment le groupe des « swing states ».
Les habitants de Pennsylvanie votaient autrefois pour le Parti démocrate qui incarnait, jusqu’au début du XXIe siècle, une forme de résistance au fédéralisme et à la domination de la majorité WASP – White Anglo-Saxon Protestant. Mais depuis plusieurs années, ce sont eux qui ont le plus souffert de l’inflation dans le pays, si bien qu’un habitant sur huit déclare avoir du mal à se nourrir correctement.
Kamala Harris a été la première vice-présidente à visiter une clinique du Planning Familial pratiquant des avortements, et qui apporte tout son soutien aux lobbies LGBT. L’avortement n’est pas la seule difficulté pour Kamala Harris : la candidate démocrate a abîmé son image en 2018, en s’opposant à la nomination d’un sénateur en raison de son appartenance aux Chevaliers de Colomb, une organisation catholique très implantée en Pennsylvanie.
Charles F. McElwee écrit dans les colonnes de Politico le 27 septembre :
« Les républicains en sont convaincus : l’accent mis par la campagne de Harris sur les droits reproductifs plutôt que sur les préoccupations économiques et sociales des communautés ouvrières, risque de lui coûter cher. »
L’Oeuvre d’Orient appelle au boycott de la COP 29 en Azerbaïdjan
Communiqué de l’Oeuvre d’Orient:
L’Œuvre d’Orient, engagée depuis près de 170 ans auprès des chrétiens d’Orient, s’indigne de l’honneur accordé à l’Azerbaïdjan d’accueillir le sommet international de la COP 29, alors que ce pays est responsable de graves violations des droits humains contre sa population et d’un nettoyage ethnique des 120 000 Arméniens du Haut-Karabakh. L’Azerbaïdjan détruit en ce moment même leur patrimoine millénaire : églises rasées, cimetières détruits, villes et villages renommés…
« La décision d’organiser la COP 29 en Azerbaïdjan est un affront aux valeurs de justice, de paix et d’écologie que ce sommet mondial est censé défendre », déclare Mgr Pascal Gollnisch.
Cette conférence climatique doit se tenir dans un pays qui prévoit d’augmenter sa production d’énergie fossile d’un tiers au cours de la prochaine décennie, alors que les conférences des Nations Unies sur le climat tentent de limiter le réchauffement climatique. La COP 29 ne doit pas se tenir dans un État qui a tout intérêt à entretenir la dépendance mondiale au gaz, puisqu’il est importateur de gaz russe sous sanctions européennes.
Loin d’être un partenaire de la communauté internationale pour les droits humains, l’Azerbaïdjan continue de détenir illégalement des prisonniers politiques azerbaïdjanais (tels qu’Anar Mammadli, défenseur des droits humains) et des prisonniers de guerre du Haut-Karabakh (tels que l’ancien ministre d’État Ruben Vardanyan), dans des conditions dénoncées pour leur cruauté. Human Rights Watch, la Fédération internationale des droits humains, le Département d’État des États-Unis, et Amnesty International ont tous rapporté les traitements inhumains et dégradants infligés aux détenus.
L’utilisation de la diplomatie des otages pour faire avancer les intérêts du régime d’Aliyev est une pratique indigne et contraire aux conventions internationales de protection des droits humains.
L’Œuvre d’Orient demande que la tenue de la COP 29 à Bakou soit conditionnée à la libération des prisonniers politiques du Haut-Karabakh, illégalement détenus depuis plus d’un an.
Dans le cas contraire, L’Œuvre d’Orient appelle à un boycott de ce sommet, qui envoie un message d’impunité face aux abus et exactions commis par le régime.
Dali sur l’avortement
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Il y a une demi-siècle cette année, Salvador Dali sortait son opéra-poème « Être Dieu » (1974), en collaboration avec le compositeur Igor Wakhevitch. Cette œuvre grandiose et perturbante — en un mot, surréaliste — fut entre autres pour Dali l’occasion de rappeler son attachement au catholicisme et aux grandes vérités éternelles. Ainsi, à 1:02:30, il rappelait son opposition totale à l’avortement : « On ne peut pas admettre qu’une chose aussi divine que le commencement d’une vie humaine puisse être arbitrairement supprimée », appelant même à la condamnation à mort des faiseurs d’anges !
Dali ayant fait sien le très baudelairien « plaisir aristocratique de déplaire », il va sans dire que l’œuvre ne sera pas du goût de tous, mais elle vaut le détour, ne serait-ce que pour son désintérêt radical vis-à-vis du politiquement correct.
Extrait sur l’avortement :
Le Cours Saint-Martial de Limoges recrute une institutrice de CM1/CM2
Depuis huit ans, le Cours Saint-Martial est une école catholique libre de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre. Il souhaite faire grandir chaque élève à l’aune de la pédagogie salésienne pour la formation des intelligences, des volontés et des sensibilités ainsi que la transmission des vérités de la Foi. Il propose aux familles d’offrir à leurs enfants une instruction « dans la Joie et la Charité » où chaque enseignement est construit par et en vue, du Beau, du Bien et du Vrai. Il s’appuie dès lors sur des méthodes d’enseignement structurées et éprouvées.
En 2024/2025, le Cours Saint-Martial accueille 57 élèves répartis en quatre classes double-niveaux à l’école primaire et 15 élèves au collège, créé à la rentrée 2023.
Poste à pourvoir
CDD de remplacement dans le cadre d’un congé maternité, de janvier 2025 à début juillet 2025
Dans le cadre d’un congé maternité, nous recherchons une institutrice pour une classe double niveau CM1/CM2 (12 élèves).
Lieu : Ecole Saint-Martial – 28 rue des Papillons – 87000 Limoges
Date de prise de poste : au plus tard le 6 janvier 2025.
– face-à-face pédagogique : 4 jours de classe /semaine : lundi, mardi, jeudi et vendredi de 08h25 à 16h30 ;
– Rémunération selon la convention collective de l’enseignement privé des écoles libres.
Profil recherché
- Adhésion à l’esprit d’une école catholique libre et à la pédagogie salésienne : exigence, autorité, bienveillance, patience et charité́;
- Adaptation aux intelligences et aux forces / difficultés de chaque élève, pour un enseignement ayant toujours du sens ;
- Rigueur et organisation ;
- Participation à la transmission de la Foi dans le cadre de la liturgie traditionnelle ;
- Communication constante avec la direction dans le choix des méthodes, des programmes, des ouvrages, en accord avec le vademecum des enseignants ;
- Travail en collaboration et en confiance avec les parents d’élèves ;
- Travail en équipe et sens de l’initiative dans une structure familiale où l’enthousiasme de chacun compte.
Diplôme requis Bac +2 minimum
Procédure de recrutement Contact : Madame Marie des Lys Merlin, Directrice – 06 22 99 21 91
CV et lettre de motivation à envoyer par courriel : [email protected]
Le Cours Saint-Martial étant dans une phase de croissance, ce premier contrat pourrait ouvrir sur d’autres postes d’enseignant.
Logement, nous contacter éventuellement.
La fin de l’idéologie de l’Etat de droit
Dans Occident go home !, Michel Geoffroy, énarque, ancien haut fonctionnaire, contributeur à la fondation Polemia, souligne la perte d’influence de l’Occident moderne, qui incarne désormais, non plus la chrétienté, le progrès et la liberté, mais l’américanisme, l’empire du mal, des valeurs inversées, de la mort et du mensonge. Il correspond à une maladie civilisationnelle qui tente d’infecter le monde entier et c’est pourquoi il suscite une répulsion justifiée et croissante.
Selon lui, l’oligarchie occidentale perd la domination du monde devant la poussée des civilisations émergentes. Nous vivons la fin d’un monde d’autant plus dangereux que nous déclinons dans tous les domaines : religieux, moral, économique, social, militaire et le monde entier le sait désormais. Mais la conscience de notre déclin constitue pour Michel Geoffroy une incitation vitale à réagir.
L’heure vient des hommes debout au milieu des ruines, celle d’une nouvelle élite qui engagera la renaissance de notre civilisation, relevant les défis du monde polycentrique qui vient. Plutôt que de ruminer nos désastres en attendant le couteau de l’islamiste ou le drone qui nous tuera pour nous libérer, décolonisons l’Europe en retrouvant notre âme, par une reprise en main de nos destinées humaines et spirituelles.
Récemment, le ministre de l’Intérieur a appelé à remettre le droit au service des Français. Il a été accusé de s’en prendre à l’Etat de droit. Pour Michel Geffroy
Le bon gouvernement rend la justice : il exerce la fonction de juge suprême et il fonde le droit dans les circonstances exceptionnelles. Il place donc la justice au service de sa fonction naturelle : la protection de nos sociétés, alors que de nos jours les juges défendent surtout les droits abstraits des Autres contre ceux des Nôtres. L’idéologie de l’Etat de droit est une invention aglo-saxonne qui ne s’enracine pas dans notre civilisation : elle provoque la domination des juges sur les Etats et détruit la démocratie ; elle contredit le principe de la souveraineté de la loi. Elle sert surtout aujourd’hui non pas à garantir les libertés mais à empêcher que les gouvernements et les peuples ne s’affranchissent de la tutelle de l’oligarchie et de son idéologie globaliste et woke.
Euthanasie : avant de reprendre le débat parlementaire, une nouvelle consultation
Michel Barnier a été interrogé longuement dans le JDD. Extraits sur l’immigration puis l’euthanasie :
Vous évoquez une prise de conscience européenne « extrêmement forte » sur la question migratoire. En quoi consiste-t-elle ?
Que le Premier ministre polonais, chrétien-démocrate, prenne des mesures telles qu’il vient de les annoncer et évoque la pression insupportable de l’immigration en provenance de la Biélorussie et de la Russie est un vrai changement. Que le chancelier socialiste allemand rétablisse des contrôles aux frontières interpelle. Et je pourrais citer d’autres pays comme le Danemark. Il y a une prise de conscience assez unanime, un nouvel état d’esprit européen.
Cela fait pourtant des années que les peuples européens, et certains gouvernements, alertent sur ce sujet et mettent la pression sur les responsables politiques. Vous évoquez une prise de conscience, mais qu’en est-il des actes ?
Nous allons accélérer la mise en place du pacte Asile et immigration qui a été voté il y a quelques mois à peine, en le transposant dans notre loi nationale. Je comprends l’impatience mais je fais confiance au ministre de l’Intérieur et à son équipe, comme au gouvernement tout entier, pour transposer ces textes et les compléter afin d’avoir les outils nécessaires à une meilleure lutte contre l’immigration clandestine. Prenez l’exemple de Frontex : il a été décidé un renforcement des effectifs aux frontières de plus de 10 000 agents pour accroître les contrôles à nos frontières extérieures. Nous venons par ailleurs de rétablir des contrôles à nos frontières intérieures.
Qui étaient déjà rétablis depuis 2015…
Oui, en 2015, après les attentats. Je viens de décider de leur prolongation à la frontière italienne notamment, et nous l’élargissons à une partie plus importante de nos frontières.
Vous évoquez ici des décisions nationales qui sont prises au Danemark, en Hongrie, en Italie, en Pologne, en Allemagne et même en France… Reste une question : l’Union européenne permet-elle de prévenir le franchissement de ses frontières extérieures ou devons-nous gérer un flux illégal qui entre de toute façon en Europe ?
À la frontière italienne, j’ai vu une gestion très efficace entre l’Italie et la France, et je suis heureux qu’un climat de coopération soit rétabli avec ce grand pays. Je vais d’ailleurs me rendre à Rome en novembre pour rencontrer Giorgia Meloni. Quant aux frontières extérieures que vous évoquez, il n’y a pas de fatalité. L’application rapide du pacte Asile et immigration doit précisément permettre de renforcer les contrôles et de mieux organiser le traitement des demandes d’asile à partir des frontières extérieures de l’Union. […]
Le refoulement aux frontières extérieures est interdit, l’externalisation des demandes d’asile rencontre beaucoup de résistance, et la « directive retour » oblige les États à laisser trente jours aux clandestins pour quitter d’eux-mêmes le pays dont ils viennent de franchir illégalement la frontière. La prise de conscience que vous évoquez n’empêche pas l’interdiction, dans les faits, de prévenir le franchissement illégal de nos frontières ?
La Commission européenne, avec ce nouvel état d’esprit, a décidé elle-même de rouvrir les discussions sur la « directive retour ». Nous allons soutenir cette mesure pour qu’elle soit une des priorités du premier semestre 2025, sous la présidence polonaise. Nous prendrons des mesures également de notre côté, en tirant par exemple les leçons de la mort tragique de Philippine, en allongeant les délais de rétention des étrangers que nous voulons éloigner.
À ce propos, le ministre de l’Intérieur a également évoqué la nécessité d’un bras de fer avec les pays d’origine qui rechignent très largement à délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires aux éloignements. Il a évoqué la restriction des visas, de l’aide au développement et même la renégociation des mécanismes de préférence commerciale. Êtes-vous prêt à activer ces leviers ?
Dans le cadre européen, nous pouvons utiliser les mêmes moyens que l’Italie a utilisés avec la Libye ou la Tunisie.
Cela concerne les pays de départ, pas forcément d’origine. Mais comment renvoyer les étrangers frappés par des OQTF ou des interdictions de territoire dans leurs pays qui ne collaborent pas ?
Dans un esprit de dialogue, nous allons prolonger ou reprendre les discussions avec ces pays. On ne le fera pas de manière agressive, mais en mettant à plat tous les outils de la coopération bilatérale.
Vous sentez un dialogue possible ?
C’est dans l’intérêt de tous, à condition de ne pas les mettre en accusation, parce qu’ils ont leurs propres contraintes. Mais il y a des pays proches de la France comme l’Algérie et le Maroc avec qui le dialogue est possible. Et nous pourrons en effet examiner toutes les dimensions, si nécessaire, de la délivrance des visas à l’aide au développement.
Donc les actes concernent la répartition des migrants illégaux en Europe, ou leur éloignement, mais pas leur entrée ?
Oui, les personnes dont on a refusé la demande d’asile doivent repartir. Et les personnes que nous acceptons d’accueillir doivent être mieux intégrées. […]
Vous évoquez une loi à venir. Y aura-t-il aussi des mesures retoquées par le Conseil constitutionnel dans la dernière loi ? Faut-il par exemple durcir les conditions du regroupement familial ? Questionner les prestations sociales accordées aux étrangers ?
Il va y avoir un projet de loi du gouvernement sur la transposition du pacte. Et nous allons également avancer sur tous les abus et tous les détournements. De manière concrète, en respectant l’État de droit.
Faut-il remettre en cause l’aide médicale d’État (AME) qui continue de faire débat ?
Il doit y avoir une maîtrise des dépenses de l’AME et le gouvernement et le Parlement prendront toutes les dispositions pour que ces dernières ne progressent plus. Il est important de s’assurer que l’AME ne soit jamais détournée de son but, à savoir un outil de santé publique.
Lors de votre discours de politique générale, vous avez parlé d’ouvrir un dialogue d’ici 2025 sur la fin de vie, ce qu’appellent de leurs vœux un nombre important de soignants. Deux jours après, vous parliez de « reprendre le travail au moment où il a été interrompu pour gagner du temps ». Quelle sera finalement la méthode du retour de ce texte au Parlement ?
Nous reprendrons au Parlement le fil de ce qui a fait l’objet d’un débat de grande qualité avant la dissolution. Mais avant de reprendre le débat parlementaire, je souhaite consulter les acteurs, et en particulier les parlementaires, quelles que soient leurs sensibilités, les personnalités qualifiées, les soignants, les associations. C’est à l’issue de cette consultation que nous préciserons le calendrier et les modalités, en nous appuyant sur les travaux de l’Assemblée nationale. […]
Comment retrouver le sens de la vie intérieure ?
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :
- Don Maxence BERTRAND, prêtre de la communauté Saint-Martin
- Guillaume d’ALANÇON, directeur des accueils Louis et Zélie
- Marc JEANSON, réalisateur
Marche pour la vie le 19 janvier 2025
Communiqué de la Marche pour la vie :
Nous vous informons de la date de la prochaine Marche pour la Vie qui aura lieu le dimanche 19 janvier 2025 à Paris. Nous nous retrouverons en tout début d’après-midi comme d’habitude. Réservez dès maintenant cette date et préparez-vous à venir ! Nous vous donnerons les détails plus précis d’ici quelques semaines.
Faites connaitre la date et mobilisez largement autour de vous. Il est essentiel de montrer que de très nombreux Français sont attachés à la protection de la vie humaine de la conception à la mort naturelle.
Cette nouvelle marche aura deux thèmes d’actualité :
- Les 50 ans de la loi Veil. Cette mauvaise loi a permis d’ouvrir largement les digues de la culture de mort, et a amené depuis 1975 à l’exclusion de plus de dix millions d’enfants à naitre dans notre pays.
- Nous nous opposons à tout projet ayant pour objet de légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. Seul le développement des soins palliatifs est indispensable. L’interdit de tuer reste le fondement de notre civilisation.
Nous serons donc à nouveau dans la rue pour porter ces messages. Nous avons actualisé nos 10 propositions que vous trouverez également sur notre site. Nos responsables politiques doivent les entendre.
Nous voulons aussi célébrer 50 ans de résistance à la culture de mort, et offrirons deux prix de 2500€ chacun, le 19 janvier prochain, sur le podium de la Marche pour la Vie à des acteurs engagés dans des actions concrètes pour la protection de la vie naissante ou finissante. Les candidats intéressés trouveront tous les détails de notre processus de sélection sur enmarchepourlavie.fr. Le dépôt des candidatures doit être réalisé avant le 20 novembre 2024.
Terres de Mission – Mgr Tissier de Mallerais rappelé à Dieu : quel avenir pour la FSSPX ?
Eglise universelle : Décès de Mgr Tissier de Mallerais, évêque auxiliaire de la Fraternité St Pie X
Le 8 octobre était rappelé à Dieu Mgr Bernard Tissier de Mallerais, un des quatre évêques auxiliaires de la Fraternité Saint Pie X, sacrés par Mgr Lefebvre le 30 juin 1988. Monsieur l’abbé Alain Lorans revient sur la biographie et la personnalité de celui qui fut aussi le biographe autorisé de Mgr Lefebvre dans son ouvrage : “Marcel Lefebvre – Une vie”.
Eglise en France : Quelle rentrée scolaire pour 2024 ?
Directeur général de la Fondation pour l’Ecole, Michel Valadier nous présente les éléments saillants de cette rentrée scolaire caractérisée par deux chiffres : suppression de 3 000 classes dans l’enseignement public et sous contrat, création de 300 classes dans le hors contrat. Il analyse les raisons de ces évolutions et leurs conséquences sur l’avenir de l’Ecole.
Eglise en Marche : Colloque du centenaire de la DRAC
Le samedi 16 novembre aura lieu, à Paris, le colloque du centenaire de la DRAC (Droit du religieux Ancien Combattant). Son président, Marc Levatois rappelle les origines de la fondation de cette association créée, en 1924, en réaction à la volonté du cartel des gauches, d’expulser de nouveaux les religieux qui étaient revenus servir sous les drapeaux à l’occasion de la Première Guerre mondiale. Il nous présente le programme de ce colloque.
La croissance du nombre de baptêmes d’adultes se confirme
D’Aymeric Pourbaix dans France catholique :
Après l’hirondelle du printemps dernier, où les chiffres des baptisés adultes et adolescents ont atteint un record – 12 000 –, l’embellie semble se confirmer et même s’accélérer. Tel curé de la région parisienne dit n’avoir jamais accueilli autant de demandes de baptême depuis septembre qu’en 20 ans de l’histoire de sa paroisse. Tel autre, en zone rurale, avoue se sentir débordé par l’afflux de demandes et la nécessité de former ces jeunes pousses. D’où viennent-ils, ces ouvriers de la dernière heure ? Quelle soif les anime pour avoir osé franchir le pas alors que les indicateurs, les médias, et parfois les clercs eux-mêmes se sont résignés à voir le catholicisme disparaître du paysage ? Certes, il faut garder le sens des proportions. Il y a dans cette hausse, diront les doctes, un rattrapage des années Covid, où les baptêmes n’ont pu avoir lieu, de même que le culte… Rattrapage qui est loin de compenser la chute dramatique des baptêmes d’enfants (200 000) : leur nombre a été divisé par deux en vingt ans ! […]
Couronnement de trois Vierges pèlerines à Pontmain
Parties depuis l’île Bouchard (sud de Tours), le 3 décembre 2022, les trois Vierges pèlerines de l’association La France Prie ont déjà parcouru plus de 12 000 kms.
Dans toute la France, chaque Vierge a été accueillie et vénérée dans plus de 1 000 familles.
Elles ont été rassemblées le 12 octobre au sanctuaire de Pontmain afin de remercier Notre Dame pour toutes les grâces obtenues. Elles continueront leur périple à compter du début de l’année 2025.
Si vous désirez recevoir une Vierge pèlerine, il suffit de se connecter sur le site de l’association, https://www.lafranceprie.org/vierge-pelerine et de s’inscrire en ligne. Un correspondant vous contactera à l’issue et vous transmettra votre créneau d’une ou plusieurs semaines.
L’objectif est de développer le culte marial et de réparer publiquement toutes les offenses faites aux cœurs de Jésus et de Marie.
Un Américain en état de mort cérébrale se réveille pendant le prélèvement de ses organes
Cette histoire resurgit 3 ans après les faits car le sujet fait l’objet d’une enquête par les autorités fédérales et celles de l’État du Kentucky.
En 2021, aux États-Unis, TJ Hoover, 36 ans, est déclaré en état de mort cérébrale après une overdose. Le lendemain, la famille Hoover doit prendre une décision difficile et décide de débrancher le respirateur artificiel. C’est seulement à ce moment-là qu’elle apprend que le trentenaire avait décidé, des années plus tôt, de s’inscrire à la liste des donneurs d’organes potentiels. Des examens médicaux sont menés pour s’assurer que ses organes sont viables pour une transplantation. Des tests cardiaques sont notamment réalisés, sans que le personnel médical ne note visiblement quoi que ce soit d’étrange. Sa soeur confie par ailleurs une anecdote surprenante. Alors qu’elle se trouve aux côtés de son frère, il “ouvre les yeux” et se met “à suivre du regard” son entourage. “On nous a dit que c’était seulement des réflexes, que c’était normal”, confie-t-elle, assurant n’avoir rien dit. “Qui sommes-nous pour mettre en doute le personnel médical?”, lâche-t-elle. Son frère est conduit à la table d’opération comme prévu.
Alors qu’il est opéré pour prélever ses organes, les médecins se rendent compte qu’il est toujours vivant. Des professionnels de santé tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme.
Après ce réveil inespéré, les médecins conseillent à Donna de ramener son frère chez elle et de prendre soin de lui. Ils lui assurent cependant que le trentenaire ne vivra sans doute pas longtemps. Trois ans après, TJ est toujours en vie, avec quelques difficultés à marcher ou parler, mais Donna ne cache pas sa colère. “Il a fait plusieurs tentatives ce jour-là pour nous dire: ‘je suis là’. Mais on l’a ignoré. Ils ont finalement arrêté l’opération parce qu’il montrait de trop nombreux signes de vie”, s’indigne-t-elle.
Alors que plusieurs années se sont écoulées depuis, plusieurs témoins, qui travaillaient dans le centre de prélèvement d’organes à l’époque, ont pris la parole pour demander que la procédure en place soit réexaminée, révèlent des médias américains cette semaine.
En janvier, Nyckoletta Martin, qui était employée au centre de dons d’organes, décide de contacter Donna. Elle tient à confier comment les choses se sont réellement passées. Nyckoletta Martin participait à l’opération du trentenaire quand elle dit avoir remarqué “qu’il bougeait”. “Il s’agitait un peu dans tous les sens sur le lit”.
“Et puis quand on l’a regardé, on pouvait voir qu’il y avait des larmes qui coulaient. Il était clairement en train de pleurer”.
Nyckoletta Martin indique que les deux médecins sont alors pris de panique et refusent de pratiquer l’opération. Depuis, Nyckoletta Martin confie avoir démissionné et avoir même suivi une thérapie. D’autres employés l’ont suivie, choqués par cet incident.
Depuis, d’autres témoignages ont été rendus publics, questionnant la procédure de prélèvement de dons d’organes. Ces personnes ont été entendues en septembre devant la Commission d’Énergie et du Commerce du Congrès.
Vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte : Le denier de César
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
La messe du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte est l’avant-dernière de l’année liturgique, tout au moins en ce qui concerne les chants ; aussi la pensée de l’Église est-elle plus que jamais tournée vers la fin des temps et le jugement dernier, temps d’épreuve et d’angoisse mais aussi d’espoir. Ces sentiments sont exprimés en particulier dans le psaume 129 De profundis, qui est surtout connu pour son utilisation à l’office des défunts, mais qui revient à plusieurs reprises en ces derniers dimanches après la Pentecôte, et notamment à l’Introït de ce vingt-deuxième dimanche, le seul des six derniers dimanches, depuis le dix-huitième, à être extrait d’un psaume.
Mais on y retrouve un thème qui était déjà celui des Introïts précédents, celui des deux attributs divins qui se manifesteront au jugement dernier : la justice qui nous condamne et que nous redoutons, et la miséricorde qui nous sauve et en laquelle nous espérons. Ils sont ici opposés en deux phrases très contrastées.
Introït : Si iniquitates
Si iniquitates observaveris Domine, Domine quis sustinebit ? quia apud te propitiatio est, Deus Israël.
Si vous considérez nos péchés Seigneur, Seigneur qui subsistera ? Mais auprès de Vous est le pardon, Dieu d’Israël.
La première phrase est un appel angoissé s’élevant en un grand élan qui franchit toute l’octave et même au-delà, avec une insistance suppliante sur le mot Domine répété deux fois, et une cadence interrogative restant en suspens dans l’aigu. La deuxième phrase au contraire est plus douce et pleine de confiance, avec un bel élan de ferveur sur les mots Deus Israel, qui ne font d’ailleurs pas partie du psaume, et ont été rajoutés par la liturgie pour rappeler au Seigneur dans notre prière que nous faisons partie de son peuple, Israël, qui est maintenant l’Église. Le verset est bien entendu le premier du psaume 129 :
De profundis clamavi ad te Domine : Domine exaudi vocem meam.
Du fond de l’abîme je crie vers vous Seigneur ; Seigneur écoutez ma voix.
Graduel : Ecce quam bonum
Le texte du Graduel du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte est formé des deux premiers versets du psaume 132 qui constituent d’ailleurs la moitié du psaume, un des plus courts du psautier. Il chante le bonheur des Israélites à chaque fois qu’ils se retrouvaient fraternellement unis dans le temple.
Ecce quam bonum, et quam jucundum habitare fratres in unum ! Sicut unguentum in capite, quod descendit in barbam, barbam Aaron.
Qu’il est bon et qu’il est doux d’habiter ensemble unis comme des frères : c’est comme l’huile versée sur la tête qui descend dans la barbe d’Aaron.On sait qu’Aaron fut le premier grand prêtre, et il fut sacré en versant sur sa tête une huile parfumée qui coula dans sa barbe, puis sur son vêtement, comme le dit le verset suivant du psaume, répandant partout sa bonne odeur. La douceur de ce parfum est comparée ici au bonheur de se retrouver ensemble après une longue dispersion. De plus l’huile du sacre est le symbole de la grâce divine qui va faire du grand prêtre un consacré, inverti d’une mission d’en haut. De même Dieu répand ses grâces sur son Église : elles viennent par le Christ qui est la tête, puis se répandent sur tout le corps mystique, réalisant l’unité entre ses membres qui deviennent réellement frères. Après l’exil où nous conduit trop souvent le péché, nous sommes heureux de nous retrouver par la grâce des sacrements dans cette fraternelle union. Et après l’exil de cette vie, au jour du jugement, si nous avons été fidèles, la grâce divine produira enfin tous ses fruits pour nous conduire au bonheur de l’union parfaite et éternelle.
La mélodie exprime ce bonheur par de grandes courbes gracieuses et très expressives. La première partie culmine sur le mot habitare très enthousiaste ; la deuxième partie commence par une montée progressive jusqu’à l’extrême aigu ; paradoxalement, c’est sur le mot descendit qu’elle monte le plus haut, mais il s’agit ici d’exprimer notre enthousiasme, puis elle continue par une grande descente franchissant plus d’une octave et demie et s’enfonçant dans le grave pour une cadence solennelle.
Alléluia : Qui timent
Pour la troisième fois en ce temps après la Pentecôte, nous trouvons au vingt-deuxième dimanche un Alléluia dont le texte n’est pas le premier verset d’un psaume, comme c’est généralement le cas, mais est tiré d’un psaume dont le premier verset a été chanté à l’Alléluia du dimanche précédent. C’est donc cette fois le psaume 113, formé en réalité de deux psaumes de la Bible qui ont été réunis par la Vulgate.
Nous sommes maintenant dans le deuxième, qui est un chant de louanges et de confiance au Seigneur opposé aux idoles païennes, et le verset qui figure ici est le troisième d’une série qui répète le même texte, un acte d’espérance avec trois sujets différents : Domus Israel, c’est tout le peuple élu ; Domus Aaron, ce sont les prêtres et les consacrés, enfin Qui timent Dominum, ceux qu’on appelle dans la bible les ” craignants Dieu “, ce sont ceux qui ne font pas partie du peuple élu, mais reconnaissent le vrai Dieu et se soumettent à sa volonté.
Qui timent Dominum, sperent in eo : adjutor et protector eorum est.
Ceux qui craignent le Seigneur, qu’ils espèrent en Lui. Il est leur secours et leur protecteur.
Les ” craignants Dieu ” c’est nous, qui avons reçu la grâce de connaître le vrai Dieu, de l’aimer et de le servir, et qui mettons en Lui notre confiance. La mélodie de cet Alléluia est identiquement la même que celle de l’Alléluia du seizième dimanche Cantate Domino. C’était un chant d’action de grâces et de louanges au Seigneur pour tous ses bienfaits, et nous avons dit que cette mélodie traduisait ces sentiments par des belles courbes souples et très liées animées d’un bout à l’autre par un grand élan de ferveur et d’enthousiasme. Elles convient tout à fait pour inviter les craignants Dieu que nous sommes à mettre en Lui notre confiance.
Offertoire : Recordare mei
L‘Offertoire du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte est le seul chant de ce dimanche dont le texte n’est pas extrait d’un psaume. Comme l’Introït de dimanche dernier, il est emprunté au livre d’Esther. Il s’agit cette fois de la prière qu’Esther adresse à Dieu avant de se présenter devant le terrible du roi Assuérus pour intercéder en faveur de son peuple menacé d’extermination. Elle se sent faible et démunie devant une tâche aussi difficile et elle supplie le Seigneur de l’inspirer.
Recordare mei, Domine, omni potentatui dominans : da sermonem rectum in os meum, ut placeant verba mea in conspectu principis.
Souvenez-vous de moi Seigneur, vous qui êtes le maître de tout pouvoir. Mettez dans ma bouche le discours qui convient afin que mes paroles soient agréées lorsque je serai en présence du roi.
L’Église redit ces paroles en cette fin de l’année liturgique en les appliquant à la fin des temps, quand nous allons nous présenter devant le souverain Juge infiniment supérieur à tous les rois de la terre, et elle le supplie de nous accorder les grâces nécessaires pour être fidèles jusqu’au bout, et aborder comme il faut ce moment redoutable. Ce chant d’Offertoire se compose de trois phrases très différentes. La première est une prière très humble ; l’âme comme Esther se sent faible et démunie et se prosterne devant la toute puissance divine, avec une mélodie calme et douce. La deuxième phrase est une prière suppliante implorant les grâces dont nous avons besoin, avec une mélodie qui s’élève à deux reprises dans l’aigu d’une façon très expressive. Enfin dans la troisième phrase, en abordant les mots in conspectu : en présence de Dieu, la mélodie devient presque immobile en une longue vocalise revenant toujours sur la même note, comme une contemplation indéfinie, dépassant le jugement dernier pour se fixer dans l’éternité.
Communion : Ego clamavi
Le texte de l’antienne de Communion du vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 16, que nous avons déjà rencontré au sixième et au dixième dimanche, et reprend même une partie de celui de l’Offertoire du sixième. Comme nous l’avons dit, ce psaume est la prière du juste qui supplie le Seigneur de le garder de tout ce qui pourrait le faire dévier de la voie droite. Et en ces derniers dimanches de l’année liturgique l’âme demande de rester fidèle jusqu’au bout.
Ego clamavi, quoniam exaudisti me Deus : inclina aurem tuam, et exaudi verba mea.
J’ai crié vers vous car vous m’avez exaucé, mon Dieu. Tendez l’oreille et exaucez ma prière.
On remarquera que le verbe exaucer revient deux fois, une première fois au passé et la deuxième à l’impératif. C’est parce que le Seigneur nous a déjà exaucés que nous espérons qu’il nous exaucera encore. C’est donc une prière pleine de confiance. La mélodie l’exprime par une grande courbe qui après une intonation calme et grave s’élève progressivement jusqu’à l’aigu puis redescend pour s’achever à nouveau au grave en une cadence paisible et assurée.
Le 16 octobre 1793, Place de la Concorde à Paris à midi un quart
Tableau de William Hamilton décrit par Pascal Dupuy :
« Marie-Antoinette apparaît au centre du tableau dans un déshabillé de piqué blanc et coiffée d’un petit bonnet de linon. Cet habit angélique est rehaussé par un éclairage lumineux et contraste avec les vêtements sombres de ceux qui l’entourent. Son attitude est pleine de dignité, toute à ses prières les yeux levés vers le ciel. Elle part pour l’échafaud. L’encadrent Henri Sanson, le bourreau, qui lui lie les mains, et le prêtre constitutionnel – étrangement vêtu comme un prêtre anglican – qu’elle feint d’ignorer et à qui elle a refusé de se confesser. Autour de ce triptyque central, un groupe de soldats assiste à la scène et retient les manifestations bruyantes d’une foule de révolutionnaires composée de poissardes et de sans-culottes grotesques. Derrière eux, d’autres soldats apparaissent amenant avec eux la charrette qui doit mener la condamnée à la guillotine, place de la Révolution. L’exubérance de la foule contraste avec le comportement figé et solennel de la reine, en particulier la poissarde dont les bras levés et nus renvoient aux mains liées de la condamnée, victime passive plus que véritable coupable. Marie-Antoinette représente l’offrande de la république aux passions exacerbées de la foule révolutionnaire. »
Mais qui a exacerbé les passions de la foule ?
N’avons nous pas encore compris que nous sommes poussés à nous autodétruire ?
Pour se sauver, les créatures au pouvoir vont nous monter les uns contre les autres, par pitié ne tombons plus dans ces pièges démoniaques !
La radicalité de la vie chrétienne et saint Paul de la Croix
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
« Voici un homme qui nage à contre-courant toute sa vie. C’est Paolo Francesco Danei, d’origine noble mais sans fortune. Son père commerce sans succès entre le Piémont et la Ligurie, et Paolo l’aide, étant l’aîné de 16 enfants. Mais il a d’autres projets personnels : créer un ordre religieux, par exemple, ou combattre contre les Turcs… Finalement, il devient ermite, d’abord par lui-même ; à 26 ans, son évêque lui permet de vivre en solitude près d’une église à Castellazzo Bormida (Al). C’est là qu’il mûrit l’idée d’un nouvel Ordre, et en 1725, le pape Benoît XIII l’autorise verbalement à “rassembler des compagnons”. Il en rassemble un : son frère Giovanni Battista. Entre-temps, il affine le projet : il fera exactement ce qui, à l’époque, est le plus impopulaire. C’est une mauvaise période pour les Ordres religieux, entre l’opposition des gouvernements, les rivalités internes et la faiblesse dans l’Église ; en 1773, le pape Clément XIV sera contraint de supprimer la Compagnie de Jésus. C’est aussi une époque où la foi est supportée par beaucoup uniquement comme un simple accompagnement de pieux élans, prétexte à des rituels élégants ; une foi qui ne parle pas de sacrifice et cache la Croix. Alors lui, il commence par se faire appeler “Frère Paul de la Croix”. Puis il fonde un nouvel Ordre, “inopportun” et appelé les “Clercs déchaussés de la Sainte Croix et de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ”. Ouvertement. Effrontément, pour que tous comprennent qu’il prêche, lui et les siens, le Christ crucifié comme l’apôtre Paul, quoi que demande ou impose “l’esprit du temps”, et quelles que soient les grimaces des abbés de cour. En 1727, il est ordonné prêtre par le pape lui-même. Avec son frère, il soigne les malades dans un hôpital romain. Puis, retirés sur le Mont Argentario, ils voient arriver d’autres jeunes, attirés par ce choix si rudement “à contre-courant”. Ce sont les premiers Passionnistes, que le fondateur forme comme des prédicateurs déterminés : au lieu des Turcs, ils attaqueront l’ignorance, l’irréligion, l’abandon de l’Évangile. Pour cela, les Passionnistes sont appelés de toutes parts, et l’Ordre reçoit progressivement les approbations pontificales successives. Le fondateur veille à leur formation de près et de loin : il reste de lui deux mille lettres, mais il en a probablement écrit dix mille. En 1750, il prêche à Rome pour le Jubilé, aux côtés de saint Léonard de Port-Maurice. Le pape Clément XIV lui demande souvent conseil et se rend personnellement chez lui lorsqu’il est malade. Son successeur, Pie VI, fera de même peu après son élection. »
« Mais depuis l’abîme dans lequel il se voit habituellement enterré, il garde sa foi vigilante de membre du Corps Mystique : membre vivant dans l’Esprit, dans l’adhésion la plus inconditionnelle au Pape, dans le respect le plus cordial du Clergé. Pour lui, l’étude et l’activité missionnaire ne pouvaient avoir d’autre but que de comprendre la doctrine et de diffuser le magistère, surtout quand celui-ci était le plus menacé par les bourrasques de l’illuminisme » (“Paul de la Croix”, 1975, Éditions Dehoniane, p. 51).
« Lundi, j’étais insensible et aussi distrait dans la prière ; dans la Sainte Communion, au début j’étais concentré, puis cela a cessé. La plus grande ferveur que j’ai ressentie, et même avec quelques larmes, fut dans la nuit, en priant le Seigneur pour la Sainte Église et pour les pécheurs, et pour qu’Il apaise ce fléau imminent, que je mérite pour mes péchés, et d’autres prières que je n’écris pas ici. Le reste de la journée, j’étais plein d’affliction, de mélancolie, et même tenté de compassion envers ma famille ; je trouvais fastidieux de voir les gens, de les entendre marcher, d’entendre le son des cloches ; bref, il me semblait que mon cœur était enterré, sans aucun sentiment de prière. Et pourtant, il ne m’est pas venu à l’esprit de désirer du soulagement, et mentalement je suis content de le supporter ; mais ce contentement ne se ressent pas, car en ce moment, il y a de la souffrance, en particulier ; c’est un certain contentement que soit faite la Très Sainte Volonté de notre cher Dieu, et cela est enterré comme sous des cendres dans le lieu le plus secret de l’esprit ; je sais que c’est difficile à expliquer, car qui ne l’éprouve pas, a du mal à comprendre. »
