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Le gouvernement libéral pro-UE polonais avoue violer l’Etat de droit et promet plus de purges dans les tribunaux… avec l’aval de Bruxelles

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Les déclarations successives du premier ministre polonais Donald Tusk, ancien président du Conseil européen, faites les 6 et 10 septembre ont fait vivement réagir les milieux juridiques et médiatiques de son pays, avec des critiques qui viennent désormais y compris de milieux connus pour leur traditionnel soutien à l’actuelle coalition. En revanche, vu de Bruxelles, quand ce sont des libéraux pro-UE qui annoncent des mesures contraires à l’Etat de droit et à l’indépendance de la justice, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk et son ministre de la Justice Adam Bodnar ont présenté le 6 septembre les prémisses d’un projet de loi concernant le statut des juges nommés après 2018.

Selon les dispositions prévues, seuls les juges dont c’était la première nomination après leur sortie de l’Ecole nationale de la magistrature et du parquet conserveront leur statut. Les juges qui ont été promus à des postes plus élevés au cours de cette période seront traités différemment. Les promotions d’une partie d’entre eux seront révoquées trois mois après l’entrée en vigueur de la loi. Ils seront alors réintégrés dans leurs fonctions antérieures. Ils pourront aussi faire l’objet d’une procédure disciplinaire. Une autre partie de ces juges devront , pour pouvoir continuer à statuer, assurer qu’ils regrettent d’avoir accepté leur nomination ou promotion à l’époque des gouvernements du parti Droit et Justice (PiS). Ils seront alors autorisés à réintégrer leur tribunal et pourront concourir à différents postes.

Le projet de loi annoncé, censé « rétablir l’État de droit » en purgeant le système judiciaire après les réformes de la justice introduites par les gouvernements Droit et Justice (votées par le parlement polonais en 2017), concernerait environ un tiers des juges polonais. Indépendamment de ce projet, depuis le début de l’année, le ministre de la Justice polonais Adam Bodnar a procédé à une vague de révocations et nominations à la tête des tribunaux les plus importants du pays, souvent en prenant des libertés avec la loi en vigueur. Le ministre Bodnar a également indirectement pris le contrôle du parquet après le changement illégal (sans l’accord requis du président de la République de Pologne) du procureur national.

Les propositions présentées le 6 septembre ont été soutenues par une partie de la communauté juridique, les médias pro-gouvernementaux laissant entendre qu’il s’agissait de l’ensemble de cette communauté. Cependant, un certain nombre d’organisations de juges, procureurs, avocats et juristes ont publié une déclaration s’opposant aux changements prévus, indiquant que la Pologne avait affaire à une attaque sans précédent contre l’indépendance judiciaire et l’indépendance des juges, allant même jusqu’à qualifier cette attaque de « coup d’Etat ».

Quand elle était dans l’opposition, la coalition aujourd’hui au pouvoir reprochait pourtant justement au PiS d’avoir mis à mal l’indépendance de la justice et par là-même de ne pas respecter l’Etat de droit et les « valeurs » européennes. Cette opposition libérale et de gauche en appelait alors, avec succès, à des sanctions de Bruxelles contre la Pologne. Or l’actuel projet censé « rétablir » l’Etat de droit et l’indépendance de la justice va lui-même clairement à l’encontre de la règle d’inamovibilité des juges inscrite dans la Constitution polonaise, mais il est vrai que Donald Tusk a ouvertement déclaré quatre jours plus tard, le 10 septembre, que la démocratie libérale devait, pour se défendre, être prête à ne pas respecter les règles de l’État de droit.

Mais pourquoi se retenir, alors que cette approche semble bénéficier du soutien de Bruxelles. Ainsi, par exemple, la vice-présidente de la Commission pour les Valeurs et la Transparence, Věra Jourová (très connue pour ses reproches à l’encontre de Viktor Orbán et de la précédente majorité parlementaire en Pologne concernant la démocratie et l’Etat de droit) a-t-elle félicité le ministre de la Justice polonais fin août, lors d’un colloque organisé par le maire de Varsovie (qui est du même parti libéral pro-UE Plateforme civique que Donald Tusk) , en ces termes : « Adam, tu te débrouilles très bien à ton poste. Tu essayes de réparer l’institution judiciaire. J’ai confiance en toi, parce que tu n’as pas peur de perdre ta popularité. »

Voici donc le contenu de la déclaration commune d’un groupe d’associations de juges, procureurs et organisations juridiques polonaises après l’annonce des purges à venir dans les milieux judiciaires polonais :

Position commune des cercles juridiques polonais du 9 septembre 2024 sur les annonces du Premier ministre et du ministre de la Justice à propos des prémisses d’un projet de loi qui conduira à la rétrogradation d’une partie des représentants du troisième pouvoir et à leur élimination de la profession judiciaire.

Nous, les représentants de la communauté juridique polonaise, protestons fermement et avec la plus grande indignation contre les annonces du Premier ministre et du ministre de la Justice concernant les répressions, y compris les rétrogradations et les expulsions de la profession, à l’encontre d’un groupe d’environ 3500 juges de la République de Pologne.

Les prémisses du projet de loi présentées le 6 septembre 2024 par le Premier ministre Donald Tusk et le ministre de la Justice Adam Bodnar constituent une attaque inadmissible de l’exécutif contre l’indépendance du pouvoir judiciaire et l’autonomie des juges en Pologne. En effet, sous le couvert du rétablissement de l’État de droit, le gouvernement entend violer le principe constitutionnel de l’inamovibilité des juges et, par le biais d’une procédure de vérification, faire en sorte que le maintien en fonction de nombreux juges constitutionnellement nommés dépende directement des décisions des politiciens du gouvernement.

Les systèmes démocratiques des États européens reposent sur le principe de la séparation des trois pouvoirs, élaboré au XVIIIe siècle. Selon ce principe, le pouvoir judiciaire est l’égal des pouvoirs législatif et exécutif et en est indépendant, et les juges eux-mêmes doivent pouvoir agir de manière autonome dans leurs actes judiciaires. La Constitution de la République de Pologne, adoptée par l’Assemblée nationale [en Pologne : l’assemblée réunissant les membres de la Diète et du Sénat, NdT] le 2 avril 1997, a également été élaborée sur ces bases.

Le 6 septembre 2024, les représentants de l’exécutif, représentés par le chef du gouvernement polonais Donald Tusk et le ministre de la Justice Adam Bodnar, ont annoncé une purge sans précédent du système judiciaire, impliquant la radiation de la profession judiciaire ou la rétrogradation de certains juges, en adoptant le critère arbitraire de la date à laquelle ils ont obtenu leur nomination judiciaire.

Ce faisant, l’exécutif annonce la différenciation arbitraire, en sous-catégories stigmatisantes et selon un critère discriminatoire, de la situation juridique des juges qui ont reçu des nominations judiciaires présidentielles après 2017. Pour certains d’entre eux (les assesseurs des tribunaux), il a été annoncé qu’il n’y aurait plus de pression de l’exécutif, tandis que d’autres sont menacés de procédures disciplinaires devant des commissions collégiales spécialement créées par l’exécutif.

Le gouvernement a l’intention d’exiger d’une grande partie des juges des actes formels d’obéissance à l’exécutif (sous la forme d’une autocritique appelée « contrition active » par le ministre de la justice) comme condition pour rester dans le corps judiciaire.

La soumission des juges à l’autocritique ne fera que donner un caractère illusoire aux attributs professionnels que sont l’indépendance et l’autonomie. Les citoyens polonais – en particulier dans les litiges avec les autorités publiques – perdront sans nul doute confiance dans l’administration de la justice exercée par ces arbitres soumis.

L’exigence par le ministre de la Justice d’un acte de contrition de la part des juges , sous la forme d’une « contrition active » – une institution tirée des normes du droit pénal et destinée aux criminels dociles – doit être lue comme un chantage évident, conduisant à une violation de l’indépendance de la justice. Il en résultera que seuls pourront rester dans la profession judiciaire ceux qui acceptent cette violation de la Constitution et leur dépendance à l’égard de l’exécutif.

La justification donnée pour de telles mesures et pour cette obligation faite aux juges de se soumettre à une autocritique vis-à-vis du Premier ministre, du ministre de la Justice et de la commission collégiale qui sera créée par l’exécutif, est la remise en question par le gouvernement polonais actuel des procédures de concours pour les postes judiciaires ouverts après 2017. Pourtant, ces procédures n’ont pas seulement été caractérisées par une transparence jusqu’alors inconnue en Pologne, mais ont surtout été basées sur des procédures définies par la loi. Et en fin de compte, les nominations judiciaires sont effectuées par le président de la République de Pologne, qui exerce ainsi sa prérogative constitutionnelle exclusive.

L’histoire des systèmes de gouvernement civilisé des États européens ne connaît pas de tentative aussi arrogante et autocratique, après la Seconde Guerre mondiale, de subordonner les cercles judiciaires et le troisième pouvoir à l’exécutif. Les solutions proposées contredisent non seulement les fondements de la Constitution polonaise, mais aussi les normes civilisationnelles dont découlent les « valeurs » de l’Union européenne. La domination de l’exécutif sur le judiciaire est typique des satrapies et des dictatures. C’est dans cette direction que pousse aujourd’hui l’activité du gouvernement polonais.

Cette activité de l’exécutif aura pour effet non seulement la commission d’un délit constitutionnel, dont les responsables auront un jour à répondre devant le tribunal d’État [l’équivalent polonais de la Cour de justice de la République, NdT], mais aussi un préjudice grave au fonctionnement de l’État polonais.

L’acte de contrition exigé des juges, en tant que reconnaissance de la domination et de la suprématie de l’exécutif sur le judiciaire, n’a pas de précédent depuis la dictature communiste. C’est pendant la terreur stalinienne, tant en Union soviétique qu’en Pologne occupée par les Soviétiques, que les caractères ont été brisés et forcés à être fidèles à l’idéologie du parti en se soumettant à une « autocritique », généralement devant des commissions créées à cet effet.

L’histoire des Polonais réprimés pour leurs activités dans la dissidence ne peut être perdue de vue en matière de fonctionnement du système judiciaire polonais. Dans ce contexte, nous attirons l’attention sur les dispositions de la loi du 23 février 1991 sur la reconnaissance de la nullité des jugements rendus contre des personnes réprimées pour des activités en faveur de l’existence indépendante de l’État polonais. Cette loi est toujours en vigueur dans l’ordre juridique polonais. Des procédures fondées sur ses dispositions sont encore en cours en ce qui concerne des décisions prises par les autorités judiciaires entre le 1er janvier 1944 et le 31 décembre 1989 à l’encontre de personnes ayant agi en faveur de l’indépendance de la Pologne.
Des juges concrets sont à l’origine de ces décisions et il ne leur a jamais été demandé de rendre des comptes. Ils n’ont pas non plus fait l’objet d’une procédure de vérification. Même dans ces cas, aucune autocritique ou autre acte d’expiation n’était exigé de ces personnes.

Non seulement les purges annoncées, c’est-à-dire la rétrogradation des juges et leur retrait de la fonction publique, sont-elles contraires à la règle constitutionnelle d’inamovibilité des juges, mais elles plongeront l’ensemble du système judiciaire dans le chaos pour des décennies. Dans certains tribunaux et pour certaines catégories d’affaires, les intéressés attendent déjà depuis des années une date d’audience.

Nous constatons avec regret et inquiétude que les annonces du gouvernement concrétisent les revendications les plus radicales, exprimées jusqu’à présent dans le cadre du combat politique et dans les médias. Des groupes de juges connus pour leur activisme politique, y compris ceux regroupés dans les associations Themis et Iustitia, sont activement impliqués dans le processus de normalisation de cette forme particulière de coup d’État. Il est significatif que parmi les juges qui approuvent l’attaque annoncée contre l’indépendance des tribunaux et l’autonomie des juges se trouvent des personnes salariées du gouvernement qui occupent actuellement des postes importants au sein des structures du ministère de la justice.

Le lundi 9 septembre 2024

Pour l’Association indépendante des procureurs Ad Vocem à Jaworzno
Andrzej Golec, procureur

Pour l’Association nationale des juges polonais Sędziowie RP à Cracovie
Zygmunt Drożdżejko, juge

Pour l’Institut Ordo Iuris pour la culture juridique à Varsovie
Jerzy Kwasniewski, avocat

Pour l’association de juristes « Prawnicy dla Polski » à Tarnowskie Góry
Łukasz Piebiak, juge

Pour le Séminaire d’axiologie de l’administration à Varsovie
Krzyszof Wąsowski, avocat

La Géorgie, cet Etat républicain devenu démocrate

Lu dans Conflits cette analyse sur un swing state en phase de sinistrisation  :

[…] À la fin des années 1980, 70 % des Géorgiens étaient blancs non hispaniques. Cette catégorie ne représente plus que 51 % aujourd’hui. Les Latinos quasi absents sous Reagan dans cet État forment aujourd’hui 10 % de la population. En l’espace de dix ans à peine, le Peach State a gagné un million d’habitants principalement dans les grandes agglomérations. Toute bataille électorale se gagne désormais dans les comtés pourpres où les gens qui sont identifiés, au moment du recensement, comme blancs sont les cibles de toutes les convoitises politiques.

En 2020, Donald Trump a sans doute payé son langage outrancier à l’égard des femmes et des minorités dans cet État, l’obligeant en 2024 à corriger le tir s’il veut, cette fois-ci, sécuriser le gain des 16 grands électeurs de Géorgie. Les femmes de banlieue (le fameux segment des suburban women, aussi appelées soccer moms, de ce surnom qui moque les mères de famille au service de leurs enfants au volant de leur minivan) sont inquiètes sur des sujets tels que l’avortement ? Trump fait marche arrière et laisse les États libres de décider de la législation en la matière. Elles craignent qu’on enseigne la théorie du genre à leurs enfants ? Le même Trump promet une chasse au wokisme dans les manuels scolaires et du nettoyage idéologique dans les salles de profs et les toutes puissantes associations de parents d’élèves. Les minorités, qui pèsent davantage aujourd’hui dans ce coin d’Amérique de l’est du Mississippi, autrefois place forte de l’esclavage, que jamais auparavant, peuvent faire et défaire des carrières nationales. Si les républicains courent autant – et avec de très notables succès, jamais vus depuis Nixon – derrière le vote des Noirs, la Géorgie y est pour beaucoup. Stacey Abrams, vedette du Parti démocrate, Afro-Américaine de type enragée contre le trumpisme, s’était lancée dans la course gouvernatoriale en 2022 face à George Kemp, un républicain peu compatible lui-même avec l’ex-président des États-Unis. Il faut remonter à 1994 pour qu’un maire blanc soit élu à Atlanta. Toujours en 2022, la course sénatoriale a opposé pour la première fois de l’histoire de la Géorgie deux noirs, Raphael Warnock, le sénateur sortant démocrate, mis en ballottage par une ex-star du football afro-américaine, totalement novice en politique et lancée par Trump lui-même, Herschel Walker… Au deuxième tour, seules 100 000 voix les ont séparés (encore ce nombre fatidique !), alors même que Walker avait mené une campagne dont l’amateurisme était si risible qu’il a embarrassé jusque dans les rangs républicains. De la participation de la population noire aux élections et notamment des jeunes Afro-Américains nouvellement installés en Géorgie (ce que les Américains appellent The New Great Migration, soit le retour de descendants de noirs immigrés au début du xxe siècle de la Géorgie vers la Californie ou les États du Nord sur la terre de leurs ancêtres) dépendra en grande partie le sort de l’Amérique.

Le meurtre d’Ahmaud Arbery, en 2020, un jeune Noir de 25 ans, tué dans un quartier de Brunwsick, dans le sud de l’État, par trois Blancs, au cours d’une chasse à l’homme filmée, qui l’avaient pris pour un cambrioleur, avaient incité la jeunesse noire à se mobiliser… Depuis, les républicains qui gouvernent l’État ont radicalement changé les règles de vote, parmi les plus drastiques en Amérique…. La loi, connue sous le nom de SB202, rend plus compliqué le processus, imposant un strict contrôle des pièces d’identité des électeurs, mais également des dispositions aussi limitatives que l’interdiction de donner aux citoyens de l’eau ou de la nourriture à moins de 8 mètres de la queue devant les bureaux de vote. Un détail qui pourrait être amusant, mais ces files d’attente peuvent être gigantesques dans les comtés suburbains où la population noire est la plus importante, de quoi décourager certains électeurs : il fait encore chaud en Géorgie en novembre. Suffisant peut-être pour racler, ici et là, les 12 000 voix qui ont manqué à Donald Trump il y a quatre ans. Autre mécanisme prévu par la SB202 : une hotline pour dénoncer, en direct, des fraudes potentielles. Ce numéro gratuit pourrait ralentir les décomptes et créer un suspense supplémentaire dans un État qui, en matière d’incertitude, est déjà autosuffisant.

20e Marche pour la vie à Berlin

La « Marche pour la vie » a eu lieu le 21 septembre à Berlin. Mgr Rudolf Voderholzer, évêque de Ratisbonne, y a participé avec Mgr Hanke, évêque d’Eichstätt, et plusieurs évêques auxiliaires. Protéger la vie est l’une des tâches premières des chrétiens.

La présidente de l’association Lebensrecht, Alexandra Linder, a critiqué le fait que « le nombre de naissances est en baisse et le nombre d’avortements en hausse ». Dans le même temps, des milliers de femmes doivent chercher une place dans les maternités, dont le nombre ne cesse de diminuer. « Nous voulons une société qui affirme la vie », a déclaré Linder.

Le représentant du pape en Allemagne, l’archevêque Nikola Eterovic, a expliqué dans un mot de bienvenue que la « Marche pour la vie » réunissait des personnes de bonne volonté de différentes religions, confessions, visions du monde et courants politiques pour une déclaration pacifique : « Chacun est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire ! »

La membre de l’AfD Beatrix von Storch participait à la manifestation, ainsi qu’un partisan de Trump, Pablo Munoz Iturrieta, et un proche du président argentin Javier Millei. Des ballons et des panneaux portant des inscriptions telles que « La vie est belle » ou « Les droits des femmes commencent dans le ventre de leur mère » ont été distribués.

Les pro-vie critiquent notamment les mesures prises par le Bundestag en juillet visant à empêcher les opposants à l’avortement d’approcher les femmes enceintes autour des avortoirs. Une minute de silence a été observée pour tous les « enfants avortés ».

Selon la police, le cortège a rassemblé jusqu’à 2000 manifestants. Les organisateurs parlaient de 4500 à 5000 personnes.

Le cortège a été perturbé par des hystériques de l’avortement. Peu après 16 heures, Mgr Matthias Heinrich, évêque auxiliaire de l’archevêché de Berlin, a chanté des cantiques à la porte de Brandebourg, une vingtaine de personnes ont envahi la scène, se sont emparés du micro et ont perturbé le programme en criant : « My body, my choice, raise your voice ! » Plusieurs policiers ont empêché les contre-manifestants de déployer une banderole rouge sur la scène.

La police a arrêté 17 manifestants qui avaient tenté de prendre d’assaut la scène. Auparavant, une personne avait été arrêtée pour avoir jeté une bouteille remplie d’acide butyrique sur une voie de circulation.

En parallèle une autre marche pour la vie se déroulait à Cologne.

L’affaire de Pau soulève la question du recrutement des enseignants dans les établissements privés sous contrat

Dans France catholique, Véronique Jacquier revient sur la suspension du directeur de l’école catholique de Pau (qui a aussi donné un entretien à cet hebdomadaire) :

La sanction qui touche Christian Espeso, le directeur de l’Immaculée-Conception de Pau, si elle était confirmée, pourrait faire jurisprudence et porter atteinte à la liberté de l’enseignement. Certes, la rectrice de l’académie de Bordeaux, Anne Bisagni-Faure, appelle à ne pas généraliser une situation particulière, mais un représentant du syndicat FEP-CFDT insiste sur le fait que

« personne ne peut se soustraire au respect du contrat d’association avec l’État. Sinon, c’est du hors-contrat »…

Adoptée en 1959, la loi Debré garantit l’existence de l’enseignement privé à côté de l’enseignement public. Elle légitime la liberté d’enseignement comme « l’expression d’une liberté essentielle », selon les mots de Michel Debré devant les députés. Dans la loi, n’est pas inscrit le « caractère spécifique » de l’enseignement religieux, mais son « caractère propre », car « leur enseignement est soumis au contrôle de l’État » et « doit être donné dans le respect total de la liberté de conscience des élèves » (article 1, alinéa 4). Pour Christian Espeso,

« les syndicats tordent aujourd’hui l’esprit et la lettre de cette loi au nom de la laïcité en faisant de la liberté de conscience l’expression d’une négation du champ religieux. Quant à la liberté pédagogique, nous avons l’obligation de traiter le programme, ce que nous faisons, mais rien ne nous interdit d’en faire plus ».

Sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques, Max Brisson a apporté son soutien à Christian Espeso sur le réseau social X :

« L’autorité académique, écrit-il, a cédé aux injonctions des syndicats les plus idéologues qui sont animés d’une vision militante et déformée de ce qu’est la laïcité dans notre pays. »

Laïcisation du personnel enseignant

Cette affaire soulève également la question du recrutement des enseignants dans les établissements privés sous contrat. Les quatre professeurs à l’origine des accusations portées contre Christian Espeso exerçaient avant son arrivée dans le groupe. Depuis les accords Lang-Cloupet du 11 janvier 1993, les maîtres du privé sont recrutés sur les mêmes critères que ceux du public en passant un concours appelé CAFEP – Certificat d’aptitude aux fonctions d’enseignement dans les établissements d’enseignement privé du second degré sous contrat. L’État nomme ensuite les enseignants dans un établissement avec l’accord du directeur. Les concours de recrutement du privé organisés par l’État entraînent de fait une laïcisation du personnel. La religion catholique est devenue un critère marginal dans l’embauche des professeurs.

Ils ont osé

Comme il est trop difficile d’expulser les OQTF ou d’assurer la sécurité des Français au quotidien (sauf en s’en donnant les moyens comme durant les JO), plusieurs zones de France expérimentent l’interdiction des couteaux !

Depuis le 17 avril 2024, toute personne transportant ou portant un couteau de type Opinel ou Laguiole sans motif légitime risque une amende forfaitaire délictuelle (AFD) de 500 euros. Le paiement de l’amende entraîne automatiquement une inscription au Fichier national des personnes interdites d’acquisition et de détention d’armes (Finiada), et s’inscrit au casier judiciaire.

Cette mesure est expérimentée notamment à Bobigny, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Pontoise, Rennes, Saint-Étienne, Toulouse et, depuis le 2 mai, à Paris.

Elle s’inscrit dans un contexte d’augmentation des attaques au couteau en France ces dernières années. Comme pour les frontières – on préfère multiplier les barrières et les digicodes plutôt que de contrôler ls flux d’immigrés – ce sont encore les libertés individuelles qui sont restreintes.

Le Cardinal Van Thuan, un résistant face au communisme

Aymeric Pourbaix recevait samedi Anne Bernet, spécialiste de l’Histoire de l’Eglise :

 

130 000 euros de plus pour SOS Méditerranée

Vendredi, le conseil municipal de Marseille a voté l’attribution d’une subvention à l’ONG SOS Méditerranée qui profite du trafic d’immigrés en mer.

La délibération portait le numéro 58 mais le maire DVG de Marseille, Benoît Payan, a décidé d’ouvrir le conseil municipal sur ce sujet. En raison du risque de voir la justice annuler une précédente subvention à SOS Méditerranée, accordée en 2021, la ville de Marseille a voté le retrait de cette dernière, avant de proposer d’attribuer une nouvelle subvention de 130.000 euros.

Le RN Bernard Marandat a dénoncé :

Vous voulez toujours plus de migrants ! SOS Méditerranée favorise les flux de migrants, les mafias de passeurs et donc augmente le nombre de morts en Méditerranée.

Et Stéphane Ravier a ajouté :

«Quand on vient d’un pays en guerre, on la fait, on défend son pays, on ne laisse pas dans son pays femmes et enfants bénéficier des acquis sociaux». «Et si vous n’êtes pas content, Monsieur Jibrayel, vous qui avez le cœur en bandoulière, accueillez chez vous les clandestins ! À Marseille, il n’y a plus la place.»

Le LR Pierre Robin estime «qu’il y a d’autres priorités», arguant que la subvention à SOS Méditerranée a connu une hausse de «400% en quatre ans» !

La subvention a été adoptée avec les seules voix de la gauche.

Non-discrimination, neutralité, ces arguments fallacieux et relativistes pour disqualifier toute volonté de transmettre la foi catholique

Editorial d’Aymeric Pourbaix dans France catholique :

On s’inquiète, à juste titre, de l’augmentation du nombre d’actes antichrétiens en France – deux par jour en moyenne en 2023 –, et, parmi eux, des incendies d’église comme dernièrement à Saint-Omer. Certes, tous ne sont pas d’origine criminelle : 14 sur 26 le sont, pour les six premiers mois de 2024, selon l’Observatoire du patrimoine religieux. Mais leur accumulation et les images poignantes qui les accompagnent créent un sentiment d’abandon de notre héritage, « une angoisse identitaire », selon les mots de la sénatrice Valérie Boyer…

Pourtant, qui se soucie d’autres incendies bien plus ravageurs encore, ceux qui se produisent dans les âmes du fait de la volonté de faire table rase du passé, de nier la loi naturelle, et surtout, de fermer l’accès à la source divine de la connaissance, de l’amour et de la beauté ? Faudra-t-il un jour classer cela sous le registre du « patrimoine immatériel » pour qu’il soit protégé ?

La France n’est pas le seul pays concerné par ces attaques. En Grande-Bretagne, où selon la loi, les écoles financées par l’État sont tenues au respect des « traditions religieuses (…) principalement chrétiennes », le gouvernement travailliste s’est vu récemment reprocher de marginaliser l’importance de l’éducation religieuse, au nom d’une prétendue « non-discrimination »…

Non-discrimination. Neutralité. Ce sont les mêmes arguments fallacieux et relativistes qui prévalent en France, dans l’enseignement comme à Pau récemment, dans les médias ou en politique, pour disqualifier d’emblée toute parole ou volonté de transmettre la foi catholique.

Or le catéchisme ne peut pas être juste un saupoudrage, un vague supplément d’âme sur une morale tout humaine – ce qui n’est déjà pas si mal, pourrait-on dire. Sauf que l’enjeu n’est pas du ressort du moralisme, mais du salut. Et de la formation des âmes dans cet objectif. Pie XI, dans son encyclique Divini illius Magistri – L’éducation chrétienne des enfants (1929) –, dénonçait déjà « le naturalisme pédagogique qui (…) tend à amoindrir l’action surnaturelle du christianisme dans la formation de la jeunesse ».

C’est d’ailleurs l’une des failles de l’éducation dite « positive », qui commence à être remise en cause pour l’absence de limites qu’elle impose à l’enfant : son oubli du péché originel, et dont le seul remède est la Croix. Éduquer, faire grandir, implique de renoncer à un christianisme trop facile, dans l’air du temps.

Enseignement explicite de la foi

C’est pourquoi, affirmait récemment un curé à ses paroissiens, l’enseignement de la foi doit se faire de manière « explicite », et non par des « discours inconsistants ». Ainsi y exhortait saint Paul, enjoignant son disciple Timothée d’« interdire à certains de dévier dans leur enseignement, ou de s’attacher à des récits mythologiques » (1 Tm 1, 3-4).

Il s’agit donc, pour ce bon prêtre, de verser dans les âmes « de bonnes semences, c’est-à-dire la Lumière de la foi et non pas nos opinions ou de pseudo-connaissances ». Mais pour cela, ajoutait-il finement, il ne faut pas douter soi-même « de la valeur de notre foi reçue à notre baptême, de sa puissance et de sa cohérence interne » ! La soif des jeunes est immense, il suffit de voir la hausse du nombre de catéchumènes. À nous d’être à la hauteur !

Avoir un chromosome en plus n’empêche pas les vocations

Paris Match consacre sa Une aux Petites soeurs disciples de l’Agneau, religieuses de l’Indre, porteuses de trisomie. Extrait :

Le droit naturel face à la modernité

Dans France Catholique, Gérard Leclerc évoque le nouvel ouvrage de Philippe Pichot-Bravard sur Le Droit naturel :

Non, l’essai que Philippe Pichot-Bravard vient de publier sur le droit naturel n’est pas dévolu au seul public spécialisé dans les études de philosophie du droit. Car le sujet de son travail est au cœur même de nos problèmes civilisationnels. Ainsi qu’il l’écrit dans sa conclusion : « Le respect effectif du droit naturel est la première condition de l’existence et de la consistance d’un État de droit digne de ce nom. » Tout ce qui ressort de ce qu’on appelle « les réformes sociétales » relève d’un choix anthropologique fondamental, dont les données s’enracinent dans l’histoire de la pensée et ne se comprennent qu’en relation avec les ruptures philosophiques qui ont suivi la période scholastique, dominée par la synthèse accomplie par saint Thomas d’Aquin.

Deux conceptions du droit

Nul ne s’est montré plus persuadé de la nécessité de revenir aux fondamentaux du droit que Benoît XVI. Pape théologien, il n’a cessé d’intervenir pour rappeler à quel point l’Église se montrait attachée à une certaine tradition intellectuelle. Ce fut le cas, notamment, lors d’un discours prononcé au Bundestag, le 22 septembre 2011 :

« Contrairement aux autres grandes religions, le christianisme n’a jamais imposé à l’État et à la société un droit révélé, un règlement juridique découlant d’une Révélation. Il a au contraire renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit. »

Et de rappeler que saint Paul, le premier, dans sa lettre aux Romains, avait affirmé que les païens, méconnaissant la Loi – la Thora d’Israël – se rapportaient à une loi inscrite dans leur cœur, celle qui s’exprimait à leur conscience.

Déjà, le cardinal Ratzinger avait collaboré à la grande encyclique de Jean-Paul II, Fides et ratio. Il y était montré l’importance de l’accord décisif entre la foi chrétienne et l’héritage de la Grèce. Cet héritage, Philippe Pichot-Bravard le définit dès le début de sa réflexion. Deux conceptions du droit se sont toujours opposées : celle qui le considère comme « l’expression de la volonté de ceux qui exercent le pouvoir » et celle qui insiste sur sa finalité.

« Cette école estime que […] les lois promulguées ne sont légitimes qu’à condition d’être équitables, à la condition de respecter les principes de droit qui échappent à la volonté des hommes et qui sont le reflet d’un ordre naturel objectif, à la condition de respecter la nature de l’homme, de respecter ce qu’Aristote appelle “la justice naturelle”. »

Déconstruction

Or, la modernité s’est largement démarquée de cette conception, notamment à partir du XVIIe siècle. Pour Grotius (1583-1645), universitaire hollandais protestant, « le droit n’est pas l’art d’attribuer à chacun la part juste ; il est le pouvoir d’un individu sur une chose. » Le droit fut dès lors centré sur le sujet au lieu d’être centré sur le juste. De là son caractère individualiste, qui ne résulte pas de l’observation du réel dans la ligne aristotélicienne.

On pourrait parler de déconstruction de la nature humaine souvent complétée d’une volonté de « régénération », l’homme n’étant plus « qu’une petite machine réagissant aux sensations perçues de façon utilitariste » et « un animal qu’il est permis et même souhaitable de rééduquer pour son bonheur et le bonheur de la société ».

Qu’en est-il alors du prestige de ce qu’on appelle avec respect « les droits de l’homme » ? Encore faudrait-il s’entendre sur ce qu’est cet homme. Tant vaut une anthropologie, tant valent les droits. La fameuse déclaration des Nations unies, élaborée dans le climat de la défaite nazie, se distingue par une double inspiration libérale et chrétienne, dont l’ambiguïté sera à l’origine des dérapages dont nous sommes les témoins aujourd’hui.

En un mot, cet essai relativement bref de Philippe Pichot-Bravard est en fait le fruit d’une impressionnante érudition et se signale par la pertinence de ses références et surtout l’actualité de sa pensée.

Promotion de rentrée sur les puzzles « L’Annonciation » et « La Visitation » : apprenez l’Histoire Sainte en jouant !

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

En ce mois de septembre, quoi de mieux que de combiner apprentissage et amusement pour nos enfants ? Cette année, nous vous proposons une offre exceptionnelle sur deux puzzles incontournables : l’Annonciation et la Visitation. Ces puzzles, destinés aux enfants à partir de 6 ans, ne sont pas seulement des jeux, mais aussi des outils pédagogiques qui plongent les petits dans l’univers fascinant de l’Histoire Sainte.

Des puzzles ludiques et éducatifs

Chacun de ces puzzles comporte 104 pièces, parfaitement adaptées aux petites mains des enfants. Leur mission est simple : reconstruire les scènes emblématiques de l’Annonciation, moment où l’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle deviendra la mère de Jésus, et de la Visitation, rencontre entre la Vierge Marie et sa cousine Élisabeth.

Ces scènes sont représentées avec soin et dans des couleurs attrayantes, captant l’attention des enfants tout en leur permettant de découvrir ou redécouvrir des moments clés de la Bible, à leur rythme et de manière ludique.

Pourquoi opter pour ces puzzles ?

Un jeu intelligent : Ces puzzles ne sont pas seulement un passe-temps ; ils participent au développement cognitif des enfants en sollicitant la concentration, la mémoire et la réflexion. En assemblant les pièces, les enfants apprendront à analyser les formes et les couleurs, tout en découvrant l’histoire derrière chaque image.

Une approche douce de l’Histoire Sainte : Grâce à ces puzzles, l’Histoire Sainte se révèle à travers le jeu, ce qui permet aux enfants de se familiariser progressivement avec des récits importants de la tradition chrétienne.

Qualité et durabilité : Fabriqués à partir de matériaux robustes, ces puzzles sont conçus pour durer, résistant aux nombreuses heures de jeu que vos enfants y consacreront.

Offre de rentrée : une opportunité à ne pas manquer !

Pour cette rentrée, bénéficiez d’une promotion exclusive : 15€ au lieu de 19€ sur les puzzles « L’Annonciation » et « La Visitation » ! C’est l’occasion idéale pour offrir à vos enfants un jeu éducatif de qualité, tout en leur faisant découvrir les trésors de l’Histoire Sainte.

Ne manquez pas cette offre valable jusqu’à la fin du mois ! Rendez-vous sur notre boutique en ligne www.fabrefacio.fr pour en profiter et faire de cette rentrée un moment à la fois divertissant et enrichissant.

L’équipe de Fabrefacio
www.fabrefacio.fr

L’eugénisme à l’égard des handicapés en Belgique inquiète l’ONU

Le Comité des droits des personnes handicapées de l’Organisation des Nations Unies a publié un rapport sur la Belgique, portant sur la discrimination des personnes handicapées dans ce pays, et sur les lois pour aider les porteurs de handicap dans divers domaines.

Dans ce rapport publié le 5 septembre 2024, le Comité des droits des personnes handicapées constate avec « préoccupation » que la « perception négative des personnes handicapées » au sein de la société belge contribue au « niveau élevé d’interruptions sélectives de grossesse ». Le point 16 (b) est ainsi rédigé : [Le Comité note avec préoccupation]

« que les perceptions sociétales selon lesquelles les personnes atteintes du syndrome de Down [trisomie 21] ou d’autres déficiences ont moins de valeur que les autres personnes, contribuent au niveau élevé d’interruptions sélectives de grossesse à la suite de diagnostics prénataux du syndrome de Down ou d’autres déficiences ».

L’Institut européen de bioéthique rappelle que

« la perception négative des personnes handicapées qui entraîne un taux important d’avortements pour cause de trisomie est en pratique liée au recours généralisé au NIP-test comme méthode de dépistage en Belgique. Ce test sanguin, non invasif, est systématiquement proposé aux femmes enceintes, et par ailleurs entièrement remboursé par l’Etat belge. »

Le NIP-test ou test prénatal non invasif permet de dépister le syndrome de Down chez le fœtus par examen de l’ADN fœtal circulant dans le sang de la femme enceinte. Ce test, remboursé par la sécurité sociale belge depuis juillet 2017, a fait grimper les avortements en cas de dépistage positif. D’une part, parce que 80% des femmes enceintes ont recours au NIPT, et d’autre part, parce que plus de 95% des femmes qui reçoivent l’annonce de la trisomie de leur enfant décident de l’éliminer.

Le Comité donne ainsi aux autorités belges la recommandation suivante :

« Veiller à ce que les futurs parents soumis à un dépistage prénatal reçoivent des informations complètes et des conseils non directifs qui n’encouragent pas les stéréotypes sur les personnes handicapées ou les valeurs associées au modèle médical du handicap. »

Cette séquence montre la contradiction insoluble que constitue le soutien à l’avortement et la défense des personnes handicapées. Elle montre également l’hypocrisie totale des officines de l’ONU, qui, d’une part, veulent faire de l’avortement un « droit », toujours et partout ; et d’autre part veulent restreindre ce « droit » chez les femmes qui l’utilisent !

La seule manière de faire cesser cette réelle répulsion qui existe désormais dans nos sociétés « occidentales » pour les anomalies et les handicaps de l’enfant à naître, c’est d’interdire l’avortement, ce crime qui crie vengeance au ciel, et qui est la source de tant de maux dans notre société.

Cible d’un incendie criminel, l’ISSEP a maintenu sa conférence avec Marguerite Stern

Communiqué de l’ISSEP :

Malgré les menaces, les dégradations, et même un incendie criminel, la conférence de Marguerite Stern s’est tenue [jeudi] soir à l’ISSEP, sous la protection de près de 200 policiers.

Trois personnes ont été interpellées pour les nouvelles dégradations survenues dans la nuit de mercredi à jeudi. Cependant, l’acte le plus grave et inacceptable demeure l’incendie criminel qui a privé d’électricité et d’eau de nombreux habitants de l’immeuble ainsi que notre établissement. Les images de télésurveillance montrent clairement une personne fuyant les lieux après le déclenchement de l’incendie.

Nous tenons à alerter l’ensemble des acteurs publics sur la très grave atteinte à la liberté d’enseigner et d’apprendre que représente cette attaque criminelle contre un établissement d’enseignement supérieur, déclaré auprès du rectorat de Lyon.

Nous mettons à la disposition des forces de l’ordre, des enquêteurs et de la justice l’ensemble des preuves en notre possession. Il faut en finir avec l’impunité des groupes violents d’extrême gauche.

Voici le récit de la directrice générale, Victoria Pourcher :

“Hier à 23h, j’ai regardé les caméras une dernière fois et c’est là que j’ai vu quatre personnes arriver devant l’école. J’ai appelé immédiatement les forces de l’ordre. Ils les ont donc interpellés et trois sur les quatre sont actuellement en garde à vue.

À 4h du matin, j’ai reçu une alerte de notre agence de sécurité nous disant que nous n’avions plus d’électricité. À 5h du matin ils m’ont appelé en me disant qu’ils n’avaient plus de visibilité sur les caméras. Et c’est donc à 6h15 que l’on nous a indiqué qu’il y avait eu un incendie dans la rue.

En arrivant à l’ISSEP, nous avons donc découvert que le tableau électrique à côté de l’école avait été brulé. « On a entendu des explosions, senti de la fumée et on est descendu dans la rue. Les pompiers sont arrivés sur l’appel d’une voisine » nous a confié un témoin. Pour le moment, à l’inverse des tags, aucun lien n’a été fait entre l’incendie et la conférence, même si cela porte à confusion évidemment.

J’ai rendez-vous au commissariat pour porter plainte concernant les personnes en garde à vue. Pour le moment nos étudiants suivent leur cours dans une salle à côté ! Il n’y a rien à craindre pour leur sécurité.”

Marguerite Stern, féministe, ancienne Femen, co-auteur avec Dora Moutot du livre Transmania, était invitée à donner une conférence intitulée

« Comment l’idéologie transgenre détruit des vies ».

Voilà de quoi rendre fous les hystériques d’extrême gauche, qui ne supportent pas la moindre critique de leur idéologie.

Voici ce que dénonce Marguerite Stern :

Je veux parler des bloqueurs de puberté, de la façon dont des médecins handicapent des enfants à vie en leur administrant ces substances hors AMM. Je veux parler de la détresse de ces enfants et des troubles psychiatriques associés, des lacunes de la pédopsychiatrie en France.

Je veux parler des petits qui se font embrigader sur Tiktok par des Robert en jupe qui leur expliquent que le sexe est une construction sociale.

Je veux parler des sportives qui se font voler des podiums par des hommes qui se déclarent femmes.

Je veux parler des prisonnières qui se retrouvent incarcérées avec des hommes qui se déclarent femmes. Et qui subissent parfois le viol. Car oui, c’est arrivé en Amérique du Nord.

Je veux parler de toutes ces femmes qui partout dans le monde, résistent face à cette idéologie mortifère, et en payent parfois des conséquences lourdes.

Patrimoine religieux : le temps des bâtisseurs

Dans son émission En Quête d’esprit, Aymeric Pourbaix reçoit, en compagnie de Véronique Jacquier :

  • Père Ambroise, prieur de l’abbaye Sainte-Marie de La Garde
  • Mathieu LOURS, historien de l’architecture
  • Loïc BAUDIN, chef de l’antenne SOS Calvaires dans l’Indre

 

Et si nos politiques se mettaient au scoutisme ?

Selon le père Danziec, dans Valeurs Actuelles, à propos d’un sondage récent de l’IFOP à propos du scoutisme :

A l’image des équipes nationales de football ou de rugby qui effectuent stage de préparation et autre mise au vert avant les compétitions internationales, serait-il si extravagant d’imaginer un gouvernement nouvellement établi partir en camp scout au fond d’un bois avant la rentrée parlementaire ? Alors que le succès grandissant du scoutisme vient d’être étudié d’une façon inédite par l’Ifop, à la demande de l’association des Guides et Scouts d’Europe, rien n’empêche en effet de réfléchir sur les bienfaits que pourrait apporter la méthode scoute au personnel politique en général et à nos futurs ministres en particulier. Foulard et sac-à-dos avant cravate et porte-serviette. Le quatre-bosses comme mise en bouche aux portefeuilles ministériels.

Quatre maux : désinvolture – déconnexion – désunion – démonétisation

Avant toute chose, l’opportunité d’un camp scout se pose toujours. Que l’on soit jeune éclaireur ou chef de clan affuté. On aurait pu croire qu’au bout de sept ans d’exercice, la macronie et son « en même temps » entreraient dans une forme de maturité, un âge de raison. Les déconvenues démocratiques de ces derniers mois laissent plutôt penser à une crise de la quarantaine arrivée plus vite que prévue… Sans ligne véritable et sans boussole, l’azimut politique devient insaisissable. Quand l’inaction politique dévalorise les affaires (pourtant si nobles) de la cité, la crise de régime n’est effectivement jamais loin. Le scoutisme, voilà donc un potentiel remède de choc pour guérir quatre maux qui frappent l’univers politique actuel :  la désinvolture, la déconnexion, la désunion, la démonétisation.

« On ne joue pas impunément avec des repères civilisationnels »

Désinvolture. L’uniforme scout comme préparation au port du costume dans l’hémicycle ? La déritualisation, devenue la marque même de la postmodernité, ne cesse de désincarner les rapports humains et fragmente l’appétit de repères que chacun porte au fond de soi. L’avachissement d’une âme commence par le peu de manière avec laquelle on se tient sur une chaise expliquait un moine ancien à ses jeunes novices. Le rassemblement scout, la remise du foulard, le lever des couleurs, l’uniforme fièrement porté, s’ils étaient vécus par nos politiques, pourraient les inspirer pour réinsuffler de la verticalité à la société. Toute discipline de vie débute par la tenue. Se tenir prêt réclame d’être au préalable au garde-à-vous. Offrir ses mains demande de ne pas les planter dans ses poches. Le hiératisme scout, d’inspiration militaire, n’est pas un simple décorum, il est l’une des conditions de sa survie. Le dur métier d’homme s’apprend dans l’ordre et l’harmonie. Arrêter son activité dans son coin de patrouille au moment où la corne de brume avertit du lever ou du coucher des couleurs, se tenir droit en faisant le salut de sa promesse : voilà qui enjoint ensuite, une fois en responsabilité, à se tenir prêt pour respecter son pays et les différentes institutions qui l’ont façonné. Observons à cet égard l’inénarrable cérémonie d’ouverture des JO qui n’a que trop saturé l’espace médiatique cet été. Le problème de fond n’est pas tant le déhanché d’Aya Nakamura ou la syntaxe et le champ lexical approximatifs de ses chansons. Non, le drame premier : c’est la profanation du sublime avec l’ordinaire, le mélange des genres pour amuser la galerie. On ne joue pas impunément avec des repères civilisationnels. Si le scout est loyal à son pays, s’il est chevaleresque et s’il a le sens de l’honneur, son for intérieur lui fait refuser d’accepter que la coupole de l’Académie française devienne l’arrière scène du vulgaire et que les musiciens de la Garde Républicaine passe pour des clowns instrumentistes.

L’aventure intérieure du scoutisme

Déconnexion. Il est des expériences fondatrices. Celle du froid au réveil pendant un camp de Pâques. Celle du confort modeste voire sommaire de la vie sous tente. La nécessité de l’ordre dans une malle où se trouve le matériel de froissartage. L’expérience de vivre au rythme de la nature pour mieux en ressentir les palpitations. Par son aventure intérieure, tout camp scout offre une mise en perspective, une prise de recul sur les événements et les enjeux du quotidien. Surtout il enseigne l’âme sur l’un des plus grands dangers du personnel politique : la vanité des vanités. Les emplois du temps lunaires pour répondre aux besoins de la com’, le train de vie parfois, les cabinets de conseil qui coupent de la réalité de la vie des gens, surtout les plus petits, font perdre bien souvent aux hommes politiques ce lien, pourtant si précieux, avec la rue et le pays réel.

La désunion. Le principe d’autonomie des patrouilles implique que chacun soit à son poste. De celui qui fait la popote au boute-en-train qui anime la veillée. Les joies simples font les meilleurs frères. « Être bien ce que l’on est » disait saint François de Sales. Être à son devoir, besogneusement, sans se donner des airs comme font les pédants ou les mondains. La mixité sociale qu’offre le scoutisme et la proximité de vie dans un coin de patrouille obligent chacun à prendre le temps de se connaître et de remettre ses intérêts personnels au placard, de s’effacer en somme quelque peu au bénéfice du Bien Commun. Ce dernier, loin d’être la somme des biens individuels, représente l’ensemble de ces conditions qui permettent à une société d’être heureuse et en paix. La prévenance, la joie, la tranquillité, le dépassement impliquent de posséder un langage commun, des vues semblables et des sacrifices partagés. Le scoutisme authentique, par ses mœurs et ses coutumes, constitue un ferment non pas de « vivre-ensemble » mais de sociabilité empreinte de charité et de respect.

Démonétisation. L’inconfort de la vie au grand air enseigne la valeur des choses. Tout a un prix et les choses ne valent que ce qu’elles coûtent. Telle « L’envie d’avoir envie » de Johnny, les corvées d’eau pour étancher sa soif, les corvées de bois pour se réchauffer redonnent du poids à son action. Surtout, elles permettent de mieux considérer ce qu’est « le dur métier d’homme » pour reprendre la formule d’Hélie de Saint-Marc. Il en est de même quant aux valeurs morales de l’engagement. A force de brader l’essentiel et de se moquer du sens des choses, les convictions les plus intimes perdent de leur superbe. Que sont l’honneur, la discipline, la transmission quand on retourne sa veste, qu’on se fiche de son prochain et que le seul avenir qui compte c’est sa propre investiture ? A force de dire tout et le contraire de tout, les responsables politiques creusent leur propre fosse du discrédit. A l’exemple de la vie du Christ, le théologien saint Thomas d’Aquin enseignait que « servir, c’est régner ». L’engagement au service de son prochain, qu’il s’agisse du scout dans sa patrouille ou de l’administré dans sa circonscription, implique d’avoir un tantinet le sens de ses responsabilités. Une promesse scoute, ce n’est pas une fête de la musique à l’Elysée. C’est un adoubement chevaleresque qui se déroule lors d’une veillée aux flambeaux censée nous rappeler à la fois notre petitesse dans l’univers mais aussi la grandeur d’âme qui doit être la nôtre. De même, recevoir du peuple une mission, honore et… oblige.

La lecture du roman Sire de Jean Raspail permettrait à certains de mesurer les enjeux que constitue un pouvoir reçu. Et l’incapacité des combinaisons d’appareils du système républicain actuel d’y répondre.

Terres de mission : Des sonneurs catholiques à Feiz e Breizh

Eglise universelle : Le voyage du pape en Asie
Du 2 au 13 septembre, le pape François a accompli un voyage apostolique en Asie qui l’a conduit en Indonésie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Timor oriental et à Singapour. Accueilli par des foules ferventes, il s’est livré à un éloge de la famille nombreuse et déploré… l’immigration. Constantin de Vergennes, journaliste à France catholique, nous présente les raisons et les épisodes marquants de ce voyage.

Eglise en France : “La petite Espérance” d’après Charles Péguy
La comédienne Apolline Denis a adapté le texte de Péguy : “Le porche du mystère de la deuxième vertu” et en a fait une pièce très appréciée : “La petite espérance”. Elle nous présente ce spectacle ainsi que ses autres réalisations et projets.

Eglise en Marche : Des sonneurs catholiques à Feiz e Breizh
Responsable du bagad Feiz ha zevenadur (foi et culture), Vianney Tommy-Martin contribue à l’animation musicale du pèlerinage Feiz e Breizh qui aura lieu cette année vers Ste Anne d’Auray les 28 et 29 septembre sur le thème “Marie, modèle de foi”. Il nous présente son réseau de sonneurs ainsi que le pèlerinage.

Agnès Canayer, un ministre de la famille ayant voté contre la constitutionnalisation de l’avortement

Alors sénatrice, Agnès Canayer fait partie des parlementaires ayant eu le courage de voter contre cette proposition. Elle a même dirigé le rapport parlementaire, au nom de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d’administration générale sur le projet de loi constitutionnelle, adopté par l’Assemblée nationale, relatif à la liberté de recourir à l’interruption volontaire de grossesse. Ce rapport jugeait inopportun et inutile cette révision.

En revanche en 2020, sur l’extension de la PMA, elle s’était abstenue. Elle avait pourtant cosignée une tribune en 2018 défendant le droit de chaque enfant d’avoir un père et une mère.

Précision: sur la constitutionnalisation de l’avortement, Agnès Canayer a voté contre au sénat, mais pour lors du vote du congrès.

Libres

A compter de la semaine prochaine, de belles affiches de 4m sur 3, de notre film LIBRES, viendront fleurir les murs du métro parisien. L’initiative en revient à l’abbaye de Fontgombault et à son père Abbé, Dom Jean Pateau, qui voient dans la promotion de ce film documentaire sur la vie monastique, une belle occasion d’évangéliser nos contemporains en leur proposant une forme de sagesse qui viendra étancher leur soif, souvent inavouée, de Dieu.

Le film LIBRES, du réalisateur Santos Blanco, sortira le 2 octobre prochain au cinéma.

Ce long métrage explore 12 monastères et invite à voyager au cœur de la vie d’hommes et de femmes au parcours hors du commun.

Il y a près de 2100 monastères dans le monde où vivent des personnes qui renoncent à une vie extérieure pour une quête intérieure. Peu de caméras ont pu pénétrer dans leur vie. Dans leur monde. Ce que vous verrez et entendrez ici est inédit. LIBRES est un voyage méditatif à l’intérieur de l’Homme.

Y a-t-il trop de prêtres en France ?

De Jean-Pierre Maugendre :

Fondée en 2005 par l’abbé Fabrice Loiseau, la Société des Missionnaires de la Miséricorde divineest une société de vie apostolique au diocèse de Toulon-Fréjus. Ses trente membres vivent et témoignent de la miséricorde divine à l’école de sainte Faustine Kowalska, célèbrent habituellement la messe romaine traditionnelle et ont pour vocation particulière la prédication de l’Evangile aux musulmans. Cependant, alors que les ordinations ont repris au diocèse de Toulon, suite à la nomination d’un évêque auxiliaire aux pouvoirs élargis, Mgr François Touvet, six séminaristes de la communauté sont toujours bloqués aux ordres.  Le litige porte sur le rite de l’ordination lui-même (ancien ou nouvel ordo) et sur la possibilité pour les futurs prêtres de célébrer, ensuite, la messe romaine traditionnelle, conformément à leurs constitutions. Le dicastère compétent à Rome se montre inflexible et la situation est bloquée, sans égards pour le scandale absolu et la souffrance que représente, pour les futurs ordinands, leurs familles et leur amis cette interdiction. Imagine-t-on des fiancés attendre deux ans le bon vouloir d’on ne sait trop quelle autorité pour se marier ?

Il faut avouer que nous vivons une situation bien étrange et mystérieuse.

La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X aux relations historiques complexes avec le Saint-Siège et incontestable poids lourd de la Tradition poursuit son développement et s’installe, où elle le souhaite, sous réserve qu’il y ait une demande effective de fidèles. Ses prêtres, selon la lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 27 mars 2017, disposent des pouvoirs, que doivent leur accorder les ordinaires, pour célébrer les mariages et cela dans les églises de leur choix.

Les communautés ex Ecclesia Dei, de droit pontifical, paraissent tributaires des évêques diocésains qui peuvent révoquer, quand ils le souhaitent, les conventions qui lient les diocèses aux dites communautés. C’est dans ce cadre que la Fraternité Saint Pierre vient d’être expulsée du diocèse de Quimper-Léon. Une autre jurisprudence est cependant en train d’apparaître : les prêtres des communautés ex Ecclesia dei peuvent célébrer la messe et donner les sacrements (mariages et baptêmes) mais uniquement dans les lieux où cette messe est célébrée habituellement et uniquement pour leurs ouailles. Les mariages et les baptêmes selon la forme traditionnelle deviennent ainsi impossibles dans les églises paroissiales. Dans certains diocèses le sacrement de confirmation ne peut plus être conféré que selon le rite réformé. Ces communautés peuvent cependant continuer à voir leurs prêtres ordonnés selon le rite traditionnel.

Les Missionnaires de la Miséricorde, de droit diocésain, constituent, à eux seuls une catégorie à part. Le fondateur de la communauté, l’abbé Fabrice Loiseau, concélèbre régulièrement avec l’évêque, ses fidèles participent aux grands évènements diocésains, les mariages sont célébrés selon le nouveau rituel, l’herméneutique de la continuité est au cœur de la prédication, les séminaristes sont intégrés au séminaire diocésain de la Castille et y participent à la messe. Résultat : six séminaristes sont retardés sine die pour recevoir le diaconat ou l’ordination.  L’un d’entre eux attend depuis près de deux ans. La Congrégation pour le Culte divindemande aujourd’hui aux séminaristes de signer une lettre affirmant qu’ils s’en remettent à la décision de l’Eglise qui leur permettra de célébrer, ou non, la messe traditionnelle. Les Missionnaires ont refusé. Les mesures prises récemment à l’encontre des dominicaines du Saint-Esprit (voir Dominicaines duSaint-Esprit. Tout ça pour ça !), invitées à adopter une semaine sur quatre le rite réformé, ne les ont pas encouragés à accepter de signer ce blanc-seing.  Notons de plus que les constitutions des Missionnaires de la Miséricorde, approuvées définitivement par l’Eglise en juillet 2021, quelques jours avant le motu proprio Traditionis custodes,précisent que les ordinations seront effectuées dans le rit traditionnel.

Les autorités romaines et Mgr Touvet argumentent que les Missionnaires de la Miséricorde étant de droit diocésain ils ne sauraient bénéficier des dispositions prises au bénéfice de la Fraternité SaintPierre, de droit pontifical, par le pape François dans une lettre du 11 février 2022. Or le fait est que cette distinction spécieuse n’est mentionnée dans aucun texte qui traite de cette question. Ainsi les bénédictins de l’Immaculée en Italie et les religieux de la Sainte Croix de Riaumont, en France, les uns et les autres de droit diocésain, viennent-ils de bénéficier d’ordinations sacerdotale ou diaconale. Où se trouve le droit ? Sommes-nous dans le règne de l’absurde et de l’arbitraire ? Où sont les promesses de l’Eglise et le respect des constitutions d’une communauté approuvée par l’Eglise ?

Paradoxalement les Missionnaires de la Miséricordeconstituent la communauté, attachée à la messe traditionnelle, qui est allée le plus loin dans l’intégration à la vie de l’Eglise diocésaine. Elle est aussi la plus punie. Cela, alors que la mort lente de l’Eglise en France se poursuit par disparition progressive du sacerdoce catholique. En 2024 il reste en France 7 000 prêtres diocésains actifs (moins de 75 ans) dont 1/3 – soit entre 2 et 3 000- sont des prêtres Fidei donum, c’est-à-dire des prêtres africains. Ces prêtres diocésains étaient 40 000 dans les années 1960.

Mgr Touvet n’est pas l’héritier spirituel de Mgr Gaillot. Issu d’une famille d’officiers de marine il a lui-même fait son service militaire à l’école des Fusiliers marins de Lorient après avoir été Scout d’Europe. Il a, semble-t-il, reçu du nonce à Paris, Mgr Migliore, la mission de normaliser la situation du diocèse de Fréjus-Toulon, c’est-à-dire d’y réduire, voire supprimer, la place des communautés traditionnelles. Mgr Touvet mène à bien, a priori sans états d’âme et en bon soldat, la mission qui lui a été confiée. Il a la légitimité et l’obéissance dans le sang, ce qui nous renvoie à la truculente tirade de Maurice Biraud dans « Un taxi pour Tobrouk » : « Mon père est un homme qui a la légalité dans le sang. Si les Chinois débarquaient il se ferait mandarin. Si les nègres prenaient le pouvoir il se mettrait un os dans le nez. Si les Grecs… Oui, enfin passons ». Si cette attitude est celle d’un zélé fonctionnaire, laïc ou ecclésiastique, elle semble loin de la responsabilité première de l’évêque qui est celle d’être le père de son diocèse. Puisque Mgr Touvet est fusilier marin et féru d’obéissance nous nous permettons de lui rappeler que c’est au péril de leur carrière et contre les ordres officiels que des officiers de la DBFM (Demi-Brigade de Fusiliers-Marins) rapatrièrent en métropole un millier de harkis et leur famille en juin 1962. Ceux qui étaient restés sur place furent massacrés. Qu’aurait fait Mgr Touvet en de telles circonstances ? Obéi ou résisté à des ordres manifestement injustes et criminels ? Le salut des âmes ne vaut-il pas autant, si ce n’est plus, que le salut des corps. Le plus curieux est que Mgr Touvet a su montrer de l’indépendance quand il s’est démarqué de Fiducia Supplicans en refusant la bénédiction des couples homosexuels.

L’inquiétude ne porte pas uniquement sur les Missionnaires de la Miséricorde mais aussi sur les autres lieux de cultes traditionnels qui semblent menacés par une application stricte de Traditionis custodes. Déjà la communauté saint Tarcisius de l’abbé Trézière a été dissoute, l’abbé Campo, chancelier du diocèse, a été démis de son poste.  Sont en péril : l’abbé Forestier à Carnoule, les abbés Ansaldi à Olioule, l’abbé Lambillote à Fréjus. Plus sombre encore paraît l’avenir du séminaire de la Castille. La messe traditionnelle n’y est plus célébrée et l’abbé Dubrule, supérieur des Missionnaires de la Miséricorde, a dû quitter son poste de Préfet des études. Le nombre de séminaristes a diminué, ils ne sont plus qu’une trentaine et, pour la première fois depuis quarante ans, il n’y a eu aucune entrée en propédeutique en septembre 2024 alors que les Missionnaires ont eu quatre entrées. Prions pour que Mgr Touvet dans un sursaut de courage et de réelle paternité ne mérite jamais, au vu des désastres qui s’annoncent, le triste constat qui pourrait être ainsi formulé : Tout ce que Mgr Touvet fit, il le fit non pas par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au pape, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Eglise. Bref, en homme de devoir mais en définitive en simple exécutant. Et c’est justement cela qui fait frémir.

Jean-Pierre Maugendre

Thérèse Au Quotidien : Un email pour découvrir sainte Thérèse à partir du 1er octobre

Thérèse Au Quotidien est le nom du nouveau projet lancé par la Province de Paris des frères Carmes Déchaux et l’Association Marie de Nazareth, qui s’associent pour offrir une expérience unique : un email quotidien avec la Petite Thérèse.

Entre 2023 et 2027, ont lieu une succession d’anniversaires Thérésiens que voici :

  • 2 janvier 2023 : 150e anniversaire de la naissance de sainte Thérèse de Lisieux,
  • 17 mai 2025 : 100e anniversaire de sa canonisation,
  • 19 octobre 2027 : 30e anniversaire de la proclamation par saint Jean-Paul II de sainte Thérèse de Lisieux comme docteur de l’Église.

La sainteté dans le quotidien

Sainte Thérèse de Lisieux est certainement l’une des saintes les plus connues dans le monde aujourd’hui. Pourtant, son message est souvent altéré ou déformé. Ainsi, la « petite voie » est parfois présentée avec des accents d’infantilisme ou de quiétisme.

Le projet TAQ (Thérèse au Quotidien) vise à offrir et à donner accès aux véritables textes de Thérèse, avec des compléments permettant de bien les comprendre et de mettre en pratique de façon ajustée le message de Thérèse dans nos vies. Ainsi, les fidèles pourront davantage connaître cette sainte qui ne cesse de nous surprendre par sa justesse théologique et spirituelle !

Une collaboration pour sainte Thérèse

Pour faire découvrir comment l’enseignement de sainte Thérèse est reçu de multiples façons au sein de l’Église, ce projet rassemble des rédacteurs issus de différents états de vie : frères Carmes Déchaux, membres laïcs de l’Ordre des Carmes Déchaux Séculiers, sœurs Servantes de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, l’archiviste du Carmel de Lisieux et des femmes laïques engagées dans la catéchèse pour enfants (Petite école du Bon Pasteur). En plus du français, les méditations de Thérèse Au Quotidien seront également publiées en anglais, espagnol et italien, permettant ainsi à un large public international de se nourrir de la sagesse de cette sainte.

Un programme exceptionnel

En s’inscrivant à partir du 1er octobre 2024, l’abonné recevra chaque jour un email pour méditer et mettre en pratique l’enseignement de la Petite Thérèse.

LE PROGRAMME :

  • Lundi et mardi : extraits des « manuscrits autobiographiques » (Histoire d’une âme)
  • Mercredi : poésies
  • Jeudi : correspondances
  • Vendredi : prières et récréations pieuses
  • Samedi : paroles des derniers mois de Thérèse ou témoignages des procès de canonisation
  • Dimanche : miracle attribué à sainte Thérèse

Dix-huitième dimanche après la Pentecôte : Le paralytique portant son lit

Le paralytique portant son lit forme le sujet de l’Évangile du jour, et donne son nom au dix-huitième dimanche après la Pentecôte. L’épisode de la guérison du paralytique, qui fut pour Jésus l’occasion d’affirmer son pouvoir de remettre les péchés en tant que Fils de l’homme, a toujours été particulièrement cher à l’Église. Les fresques des catacombes, parvenues jusqu’à nous, attestent encore la prédilection qu’elle inspira pour ce sujet aux artistes chrétiens des premiers âges.

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Introït : Da pacem

En ces derniers dimanches après la Pentecôte, nous allons trouver de plus en plus de chants du propre de la messe tirés, non du livre des psaumes, mais d’autres livres de l’ancien testament ; ce sera le cas en ce dix-huitième dimanche de l’Introït et de l’Offertoire. De plus ce dimanche figure au missel à la suite des Quatre-Temps de septembre, dont il est toujours proche même si une ou deux semaines l’en séparent. Nous avons déjà parlé du samedi des Quatre-Temps à propos du quatrième dimanche de l’Avent et de l’Alléluia de la fête de la Sainte Trinité ; ce samedi était dans l’Église primitive le jour des ordinations sacerdotales, dont la cérémonie durait toute la nuit et servait de messe du dimanche. Lorsqu’elle fut avancée au samedi matin, il fallait une autre messe pour le dimanche, qui était le plus souvent le dix-huitième après la Pentecôte. On choisit celle de la dédicace de la basilique de Saint-Michel à Rome, qui était célébrée le 29 septembre (nous en reparlerons à propos de cette fête), date également proche de ce dimanche. Seul l’Alléluia actuel y fut introduit plus tardivement.

Ces considérations historiques étaient nécessaires pour comprendre pourquoi les chants de cette messe se rapportent spécialement au sacerdoce des prêtres, et à la consécration des églises, deux éléments directement ordonnés au culte divin. Le texte de l’Introït s’inspire d’un passage du livre de l’Ecclésiastique, mais en le modifiant un peu :

Da pacem, Domine, sustinentibus te, ut prophetæ tui fideles inveniantur : exaudi preces servi tui, et plebis tuæ Israel.
Donnez la paix, Seigneur, à ceux qui se confient en Vous, que vos prophètes soient trouvés fidèles : exaucez les prières de votre serviteur et de votre peuple Israël.

En réalité le texte biblique ne parle pas de paix. Il demande seulement au Seigneur d’exaucer les prières de ses serviteurs, en étant fidèle à ses promesses transmises par les prophètes, et en sauvant son peuple : c’est intentionnellement que la liturgie a rajouté à ce texte l’idée de la paix, en relation d’ailleurs avec le psaume 121, dont le début est chanté comme verset de cet Introït et qu’on va retrouver au Graduel :

Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus.
Je me suis réjoui de ce qu’il m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur.

C’est dans la maison du Seigneur, figure de l’Église, que les fidèles trouvent la paix, ainsi que le chante un autre verset du même psaume, que nous retrouverons également au Graduel, et où les prophètes, ceux qui annoncent les paroles de Dieu, rappellent les promesses du Seigneur qui s’accomplissent avec fidélité. C’est là enfin que sont exaucées les prières du peuple chrétien, l’Église des âmes, avec à sa tête le serviteur, le prêtre, que la liturgie met ici au singulier (servi tui). La mélodie de cet Introït est très suppliante et pleine de ferveur, avec un grand élan dès le début. Mais elle est également très douce et comme le dit Dom Gajard : “Ce chant qui est destiné à demander la paix, finit par nous donner la paix”.

Graduel : Lætatus sum

Nous retrouvons dans la première partie du Graduel du dix-huitième dimanche après la Pentecôte le premier verset qui était déjà celui de l’Introït du psaume 121 ; le texte de la deuxième partie est également tiré de ce psaume, et on y retrouve l’idée de paix qui figurait aussi dans l’Introït.

Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus. Fiat pax in virtute tua : et abundantia in turribus tuis.
Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur. Que la paix soit dans tes remparts et l’abondance dans tes greniers.

” La maison du Seigneur ” c’est le Temple de Jérusalem, vers lequel les hébreux montaient en chantant ce psaume, et qui est comme toujours la figure de l’Église où nous trouvons la paix et l’abondance spirituelle. Ce Graduel était déjà celui du quatrième dimanche de Carême, messe où il était beaucoup question de Jérusalem, figure de la Sainte Église, notre mère, se réjouissant par avance des nouveaux enfants qui allaient lui arriver ou lui revenir à Pâques. Mais le Temple de Jérusalem c’est aussi la figure de la Jérusalem céleste à laquelle nous aspirons. Nous sommes maintenant dans les derniers dimanches de l’année liturgique, et la pensée de l’Église se fixe de plus en plus sur la récompense éternelle que nous nous efforçons d’obtenir, le ciel où nous jouirons enfin de la paix parfaite.

La mélodie de ce Graduel est très légère et très enthousiaste, s’élevant sans cesse dans les hauteurs, mais s’abaissant aussi dans le grave à la fin de la première partie pour vénérer le nom du Seigneur.

Alléluia : Timebunt gentes

L‘Alléluia du dix-huitième dimanche après la Pentecôte ne vient pas comme les autres chants de cette messe de celle de la dédicace de la basilique Saint-Michel, mais y a été ajouté plus tardivement.

Le texte n’est pas le premier verset d’un psaume, comme c’est le plus souvent le cas en ce temps liturgique ; il est tiré du psaume 101, dont le premier verset était chanté à l’Alléluia du dimanche précédent, et le texte de celui-ci figurait déjà au Graduel du seizième dimanche. L’Église insiste sur ce texte qui annonce le retour glorieux du Seigneur à la fin des temps pour juger tous les peuples.

Timebunt gentes nomen tuum, Domine : et omnes reges terræ gloriam tuam.
Les nations révéreront Votre nom, Seigneur, et tous les rois de la terre Votre gloire.

Ce texte se situe donc bien dans l’ambiance générale des derniers dimanches après la Pentecôte La mélodie est assez ample, faite de grandes vocalises très souples, s’élevant à l’aigu et redescendant au grave en calmes ondulations progressives sans grands intervalles, donnant à l’ensemble une ambiance très paisible.

Offertoire Sanctificavit

Nous retrouvons dans l’Offertoire du dix-huitième dimanche après la Pentecôte le thème de la consécration de l’église, lieu où est offert le sacrifice. Le texte est tiré de l’Ancien Testament au livre de l’Exode et raconte le premier sacrifice offert par Moïse au Sinaï, quand fut conclue l’alliance entre Dieu et son peuple.

Sanctificavit Moyses altare Domino, offerens super illud holocausta, et immolans victimas : fecit sacrificium vespertinum in odorem suavitatis Domino Deo, in conspectu filiorum Israël.
Moïse consacra un autel au Seigneur, offrant sur lui des holocaustes et immolant des victimes. Il fit ainsi en présence des enfants d’Israël le sacrifice du soir d’une agréable odeur au Seigneur Dieu.

Ce premier sacrifice de l’ancienne alliance était évidemment la figure du sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui se renouvelle maintenant sur les autels de nos églises, et ce chant convient particulièrement au moment de l’Offertoire de la messe, où ce sacrifice est offert à Dieu par le prêtre et où nous nous offrons nous-mêmes en union avec lui.
La mélodie de ce récit mémorable est très solennelle, joyeuse et affirmative. Elle forme un long récitatif très orné qui culmine sur le mot victimas puis elle s’apaise progressivement, descendant même dans le grave avant la conclusion très calme.

Communion Tollite hostias

Le texte de l’antienne de Communion du dix-huitième dimanche après la Pentecôte est tiré du psaume 95, chant de louange invitant tous les peuples à venir rendre grâce au Seigneur, juge souverain. Comme celui de l’Offertoire de ce dimanche, le verset que nous trouvons ici se réfère directement au sacrifice qui est offert sur l’autel.

Tollite hostias, et introite in atria ejus : adorate Dominum in aula sancta ejus.
Apportez des offrandes et entrez dans ses parvis : adorez le Seigneur dans son temple saint.

Nous aussi, nous venons dans l’Église pour remercier le Seigneur, l’adorer profondément et nous offrir nous-mêmes en union avec le sacrifice du Christ qui se renouvelle sur l’autel. La mélodie de cette antienne est dans l’ensemble légère et assez douce, mais on remarquera sur les mots adorate Dominum une descente au grave un peu retenue exprimant une profonde adoration.

Portes-ouvertes du collège Saint-Fort samedi 28 septembre

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Pourquoi s’inscrire au collège Saint-Fort ?

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L’équipe pédagogique

Tous nos professeurs sont diplômés d’une licence au moins, souvent davantage. Deux professeurs sont titulaires pour l’une d’une agrégation et pour l’autre d’un doctorat. Certains sont très expérimentés, d’autres effectuent leur première expérience d’enseignement. Cette diversité est bien sûr une grande richesse pour l’équipe elle-même et pour les élèves.

Quels résultats au brevet, quelles admissions au lycée ?

L’établissement a d’excellents résultats au brevet. En 2023, 100 % de réussite et 93 % en 2024, avec plus de la moitié des élèves qui ont une mention bien.

Les élèves sont admis chaque année dans les meilleurs lycées bordelais. Leur profil est recherché: les autres établissements nous démarchent pour promouvoir leur lycée auprès des élèves et des parents.

De nouveaux locaux

Depuis la rentrée 2024-2025, le collège bénéficie de locaux tout neufs, avec une grande cour de récréation et un grand réfectoire pour les jours de pluie.

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Enseigner la victoire de Bouvines

L’Homme nouveau évoque le 810e anniversaire de la bataille de Bouvines, “une victoire unificatrice”. Le professeur Michel Fauquier, Docteur ès lettres et agrégé d’Histoire, est interrogé sur l’enseignement de l’histoire médiévale. Extrait :

Le film Reagan, descendu par la critique, plébiscité par le public

D’Alexandre Mendel dans Conflits :

La force d’un slogan, c’est l’appropriation. Le Make America Great Again (« Rendre sa grandeur à l’Amérique ») qui accompagne Trump depuis huit ans est devenu indissociable de son mouvement. C’est pourtant à Ronald Reagan qu’on le doit, lui dont l’équipe de campagne, en 1980, utilisait une devise presque semblable « Let’s make America Great again » (« rendons » : un impératif plutôt qu’un infinitif… encore que là aussi, il y a débat, le make pouvant signifier « Rendez… »). Reagan, justement, occupe les salles de cinéma américaines, avec le film biographique consacré au président conservateur qui occupa la Maison-Blanche de 1981 à 1989. Dans le rôle de « Ronny », Denis Quaid qui caricature si bêtement les mimiques du chef d’État qu’on dirait qu’il vient se produire dans une émission de Patrick Sébastien un samedi soir. Descendu par la critique américaine qui y voit une œuvre convenue et manquant de recul sur cet ex-acteur de série B devenu le vainqueur du communisme, Reagan (le réalisateur, Sean McNamara, ne s’est pas foulé pour le titre !) ne devrait même pas sortir en salle en France… Il fait pourtant, contre toute attente, un carton aux États-Unis, en pleine période électorale. La presse n’a pas révisé son jugement sur le film, mais elle voit dans ce succès une conséquence de la campagne actuelle. Reagan n’est pas Trump et l’Amérique a besoin d’un conservatisme à l’ancienne loin des provocations du milliardaire, croient savoir les éditocrates new-yorkais pour se consoler.

Descendu par la critique, plébiscité par le public

Car Reagan, c’est le républicain que les démocrates d’aujourd’hui respectent et citent à tout bout de champ… Presque un modèle alors qu’ils le détestaient dans les années 1980. Quelle aubaine que la sortie de ce film qui retrace l’enfance pauvre, avec un père alcoolique, d’un Reagan qui se battait pour obtenir des rôles dans des westerns de seconde zone ! Bref, ce n’est pas Trump l’héritier, né avec une cuillère en argent dans la bouche.

L’auteur de ces lignes est justement allé voir le film, un dimanche, dans un cinéma de la Rust Belt dans l’ouest de la Pennsylvanie, non loin de Pittsburgh… La concurrence était rude entre Beetlejuice et Garfield. Et pourtant la salle était quasi pleine. Les Américains sont démonstratifs quand ils vont au cinéma. Quand Reagan fustige le communisme, on applaudit. Quand (et c’est ainsi que démarre le film) Reagan est victime d’un attentat par arme à feu, on retient son souffle entre deux poignées de pop-corn. Le film grossit le trait à l’extrême sur les Soviétiques. Brejnev ? Un alcoolique complètement abruti. Gorbatchev ? Un bureaucrate qui se laisse séduire par le rêve américain. Les Russes, Reagan savait leur parler : « Abattez ce mur, M. Gorbatchev ! » On est loin de ce que les démocrates reprochent à Trump : son admiration supposée pour Poutine.

Trump / Reagan, portrait croisé

En 2016, Donald Trump citait Ronald Reagan en exemple. Il venait d’être désigné candidat d’un Parti républicain dont l’appareil était encore dirigé par d’anciens cadres du reaganisme : il fallait les rassurer. Comme Reagan, Trump a d’abord été un démocrate. Reagan était un acteur, Trump un animateur de télévision. Huit ans plus tard, il n’est plus question aujourd’hui dans les discours de Trump de l’ancien gouverneur de Californie. Car le Parti républicain est désormais un sous-produit du trumpisme : il n’a plus besoin de rassurer ou de convaincre un appareil qu’il contrôle de A à Z. Les électeurs du GOP ont eux-mêmes changé. Les golden yuppies de Wall Street ne votent plus pour la droite à qui ils préfèrent les démocrates grands protecteurs du libre échange et de la mondialisation.

Les critiques de cinéma l’assurent : le film sur Reagan contient en fait un message caché contre le trumpisme. Reagan était l’ennemi des dictatures (c’est d’autant plus faux qu’il admirait par exemple le général Pinochet) cependant que Trump les courtise. Surtout, disent-ils, Reagan incarnait l’optimisme, d’où son slogan de réélection de 1984 : « It’s morning in America » (« Le soleil se lève sur l’Amérique »). Cependant que Trump ne cesse de parler d’une « nation en déclin » ou carrément « en destruction ».

Ancienne vedette de Fox News, passée sur CNN, le journaliste Chris Wallace est formel : « Aujourd’hui, il n’y aurait aucune place pour Reagan au Parti républicain. Reagan était pour le libre-échange, Trump pour les droits de douane. Reagan n’aurait jamais dit du mal d’un autre républicain. »

La nostalgie de l’Amérique

Le triomphe imprévu du biopic reflète aussi le malaise au sein de la société américaine. Un malaise teinté de nostalgie pour une Amérique qui disparaît. Les années Reagan ont commencé sous les mêmes auspices que celles d’un hypothétique deuxième mandat Trump : une crise au Moyen-Orient, une inflation encore haute avec une énergie fossile toujours chère. Le 40e président avait balayé la morosité des années Carter. L’Amérique allait bien. Le cinéma produisait des blockbusters comme les Goonies ou Retour vers le futur. On enviait le pays. Et surtout les États-Unis terrassaient le communisme sans tirer (ou presque) un seul coup de feu. Le contraste avec les années Biden est saisissant : un retrait d’Afghanistan lamentable, la culture woke a envahi les écrans et la candidate démocrate propose un blocage des prix ! C’est ce souvenir de grandeur de l’Amérique que vient sans doute voir le spectateur outre-Atlantique… Si bien que le Parti républicain lui-même organise auprès de ses membres des séances de cinéma. Comme s’il était lui aussi nostalgique.

“Il faut se méfier lors d’une interview au moins autant que lors d’une procédure policière”

Michel Houellebecq a été interrogé dans le JD News :

[…] Mon pire procès a été le sous-produit d’une interview. Il faut se méfier lors d’une interview au moins autant que lors d’une procédure policière. Déjà, dans les feuilletons américains, au moment de votre arrestation. on vous dit que vous avez le droit de garder le silence ; cela est contraire au principe même de l’interview. Par la suite, lorsque vous êtes en garde à vue, vous avez le droit à la présence d’un avocat. Pour en revenir au chapitre « conseils aux jeunes auteurs », je pense qu’ils devraient demander à leur éditeur l’assistance d’un avocat pendant toute la durée de leurs interviews.

Je parle sérieusement ; nous en sommes là, et le budget pour l’éditeur ne serait pas considérable, une interview est moins longue qu’une garde à vue, c’est d’ailleurs son seul avantage. Il me semble aussi qu’à la fin d’une garde à vue, on doit relire et signer sa déposition. Là je viens de faire une interview avec le Financial Times, ils m’ont carrément refusé le droit de me relire. Je crains le pire.

Vous avez notamment été attaqué en 2001 après vos propos au sujet de l’islam dans le magazine Lire…

L’interview de Lire ne portait pas principalement sur l’islam, pas davantage que mon livre d’ailleurs. Il y avait trois phrases qui pouvaient choquer, mais qui seraient passées inaperçues si le directeur de la publication de l’époque, Pierre Assouline, n’avait pas consacré son éditorial à dénoncer le scandale. Mais à l’époque les gens étaient moins prompts à la censure, ils réagissaient plus lentement. Les dénonciateurs, aujourd’hui, se sont multipliés.

Plus de vingt ans après, pour d’autres propos dans Front populaire, vous êtes à nouveau menacé. Quelle est la différence entre ces deux époques ?

Là, c’est de ma faute, parce que j’ai été autorisé à relire mes propos, mais l’interview était très longue, j’ai dû avoir un passage à vide. De fait, j’ai l’air de dire dans la version originale que l’islam favorise la délinquance, alors que je pense à peu près le contraire, je pense qu’un islam rigoriste et pieux protège les jeunes de la délinquance.

Le combat contre la liberté d’expression se joue-t-il désormais avec ces cabales dans les médias et sur les réseaux sociaux ?

Ça s’est développé, certainement. Le moindre tweet est surveillé. Internet réveille ce qu’il y a de pire chez les gens, on le voit déjà lorsque des articles sont ouverts aux commentaires : ce sont toujours les plus bêtes, les plus vulgaires et les plus haineux qui s’expriment. La lie de l’humanité.

Parfois, il n’y a pas besoin d’interview pour connaître ce type de procès.

En effet, parfois, il suffit de parler en public. Je me souviens de John Galliano, il était complètement saoul dans un bar, il dit : « Il faudrait tuer les gens comme vous », on ne sait même pas de qui il parle. Ça lui a coûté sa carrière. Une fois, j’étais avec mon ami Benoît Duteurtre, disparu récemment, au 25e anniversaire de L’Atelier du roman. On bavardait au milieu d’une foule dont nous nous sommes écartés. À un moment donné, je vois un micro au-dessus de nous. Il y a un type au bout du micro, au bout de la perche, qui était journaliste à France 2. Il me semble même que c’était l’émission qui a fait chuter Depardieu, je ne sais pas comment ça s’appelle.

Complément d’enquête.

Voilà. Je lui ai dit : « Vous nous enregistrez ? C’est une blague ? » Eh bien oui, ils font ça. Ils guettaient le dérapage, j’imagine.

Et au bout de la polémique, il y a souvent la mort sociale…

Dans le cas de Galliano c’est certain, et dans le cas de Gérard j’ai bien peur que ce ne soit la même chose. Je vais vous dire ce qui m’a vraiment choqué dans l’affaire Depardieu. Il est accusé d’un crime grave, de deux viols ; dans un des cas il y a eu un non-lieu, mais la fille a fait appel, c’est son droit. La justice, comme on dit, doit faire son travail, mais elle n’a pas encore rendu son verdict. S’il est coupable, il doit être condamné – à titre personnel je ne crois pas qu’il soit coupable, mais ce que je crois c’est sans valeur.

Ce que j’ai trouvé horriblement, profondément choquant, c’est que ces accusations m’ont semblé peser moins lourd dans son lynchage que quelques propos graveleux prononcés dans une télé à la con, et sans doute montés en exergue par un montage fallacieux. Que des paroles puissent vous discréditer davantage que des actes, là ça ne va vraiment plus du tout. J’ai toujours trouvé que les capacités prédictives d’Orwell étaient surévaluées, mais en l’occurrence, quand même, on s’approche du crime parole. […]

L’hebdomadaire France Catholique fête ses 100 ans

L’hebdomadaire France Catholique fête ses 100 ans !

1924-2024 : depuis sa création par le Général de Castelnau, glorieux combattant de la Première Guerre mondiale, la situation n’a pas beaucoup changé. Le combat continue pour défendre les racines chrétiennes de notre pays et leur assurer un avenir fécond.

Depuis 100 ans, France Catholique s’engage ainsi pour la renaissance spirituelle et culturelle de la France, en permettant aux catholiques de nourrir leur foi et leur intelligence afin de transmettre ces trésors aux jeunes générations !

Pour fêter ce centenaire, l’équipe de rédaction animée par Aymeric Pourbaix a préparé un numéro spécial. Pour le recevoir, abonnez-vous dès maintenant, pour 55 € par an seulement !

Chili : 8 députés de 8 partis demandent l’abolition de GPA

Au Chili, 8 députés de 8 partis différents, de gauche, du centre et de droite, ont signé le 8 septembre une lettre publique dans le journal El Mercurio, pour demander l’abolition de la gestation par autrui (GPA).

C’est le témoignage d’Olivia Maurel, née d’une mère porteuse, et qui s’engage aujourd’hui pour l’abolition de la GPA dans le monde en étant porte-parole de la Déclaration de Casablanca pour l’abolition universelle de la GPA, qui a inspiré les députés.

« Olivia et sa mère ont été traitées comme des choses, le caractère onéreux du contrat étant sans importance ici ». « En fin de compte, la GPA commerciale comme la GPA dite altruiste aboutissent au même résultat : l’instrumentalisation de la femme et de l’enfant pour satisfaire les désirs de tiers ». « Et certains d’entre eux dans un but lucratif, puisque la maternité de substitution altruiste est en effet devenue un déguisement pour ce marché asservissant ».

« La gestation pour autrui est contraire aux principes fondamentaux du droit international, également en vigueur au Chili, comme l’intérêt supérieur de l’enfant et le droit à la connaissance de ses origines », affirment les élus chiliens, appelant à l’abolition de la pratique.

« Le Chili a été un pionnier dans l’abolition de l’esclavage ». « Nous espérons qu’il ne restera pas à la traîne dans ce combat, tout aussi important, voire plus, et qu’il rattrapera le temps perdu non seulement avec une législation abolitionniste, mais aussi en menant ce combat au niveau national et international. Ceux d’entre nous qui signent cette lettre sont la preuve qu’il existe une opportunité ».

Source : Gènéthique

Le grignotage de l’enseignement catholique

Dans La Nef, Paul Millet analyse la suspension du directeur de l’Immaculée Conception à Pau. Extrait :

[…] Quelles leçons les catholiques de France et leurs évêques doivent-ils tirer de cet épisode ? Il ne s’agit pas seulement d’un événement local ou d’un règlement de comptes à la béarnaise. L’ampleur prise par l’affaire, menée depuis le début par des organes nationaux, manifeste la profondeur des enjeux. Plutôt que de tenter une attaque frontale, façon 1984, les adversaires de la liberté d’enseignement ont choisi la vieille technique « du salami » : un grignotage progressif et accéléré de toutes les couches de l’école catholique. Avis aux récalcitrants : ceux qui tenteraient de s’opposer à cet inexorable progrès s’exposent à être lynchés en place publique, voire mis à la retraite prématurément. Intimidation, jurisprudence… les résultats sont immédiats. En seulement quelques mois, depuis « l’affaire Stanislas », de nombreux établissements catholiques ont discrètement revu à la baisse la voilure de leur proposition pastorale : plus d’enseignement religieux, de prière, de temps forts, sinon pour quelques volontaires ; sur les sites internet, l’aspect catholique du projet éducatif est prudemment tenu sous silence ; dans les locaux de certains syndicats, on jubile et se congratule.

Un combat à mener

Peut-on se résoudre à cet inéluctable grignotage ? La question mérite d’être posée autrement, et devrait tourmenter jusqu’aux têtes de l’Église de France : l’enseignement catholique mérite-t-il d’exister s’il ne peut plus être catholique ? Faudrait-il alors se replier massivement sur le hors-contrat, dernier bastion de liberté et de catholicité de l’école ? Non, résolument non. D’abord pragmatiquement, parce que le calme n’y serait que provisoire, et que la guerre scolaire finirait bientôt par s’attaquer au hors-contrat. Ensuite parce que l’Église exerce, à travers l’enseignement catholique, une grande part de sa mission d’annonce de la foi à des nouvelles générations si éloignées du spirituel (20% environ des élèves scolarisés en France le sont dans un établissement catholique). Abandonner le caractère propre, ou même réserver la proposition pastorale aux seuls volontaires, c’est abandonner – trahir, même à leur insu – les nombreux enfants et familles qui pourraient bénéficier dans ce cadre des richesses infinies de la foi. C’est parce que nous ne pouvons et ne devons pas nous y résoudre qu’il est grand temps que les catholiques de France prennent conscience de l’enjeu et se lèvent, fassent entendre leur voix, pour que cette minorité anticléricale radicalisée n’impose pas enfin ce qu’elle cherche à imposer depuis plusieurs décennies déjà : le requiem de l’enseignement libre.

« La Turquie utilise les réfugiés comme levier contre l’Europe »

Près de 17 millions de réfugiés se trouvent aujourd’hui en Turquie. Yüksel Hoş, intellectuel turc, docteur de l’université de Trakya, à l’Institut de recherche sur les Balkans, a été interrogé par Henrik Werenskiold pour Geopolitika. Traduction de Conflits.

Qu’avez-vous dit exactement pour que les autorités vous prennent pour cible ?

Je suis très actif sur les médias sociaux, en particulier sur X où j’ai un grand nombre de followers (plus de 165 000) et où je publie régulièrement des articles sur un large éventail de questions liées à mon expertise. Je m’engage également auprès de mes followers et discute avec eux. Parfois, les gens me posent des questions et j’y réponds. Ce sont ces réponses sur Twitter et d’autres plateformes de médias sociaux que les autorités turques ont utilisées contre moi. En fait, j’ai souvent utilisé cette plateforme pour me moquer ou ridiculiser des questions d’une manière très kitsch et négligée. Lorsque des questions sérieuses sont apparues à notre porte, il est devenu de notre devoir d’en parler. Le fait qu’un cinquième de la population de votre pays soit composé d’immigrants illégaux et d’étrangers sans papiers, qu’ils soient très étrangers à votre culture et à votre mode de vie, que des bombes explosent tout autour de vous et que ce soient ces personnes qui les fassent exploser, perturberait bien sûr n’importe quel citoyen normal. En tant que scientifiques, nous avons la responsabilité de fournir des alertes précoces, tout comme les observatoires. En fait, lors des interrogatoires menés avant mon emprisonnement, on m’a posé des questions absurdes telles que « Etes-vous en train d’écrire sur les ordres de quelqu’un ? », ce que j’ai catégoriquement nié et leur ai dit que c’étaient toutes mes idées.

J’ai notamment indiqué qu’il y a actuellement 15 à 17 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile en Turquie, et j’ai ouvertement discuté des défis et des problèmes évidents liés à cette vaste population d’origine étrangère à l’intérieur des frontières de la Turquie, qu’il s’agisse de criminalité, de sécurité, de géopolitique, de questions culturelles, d’économie, et bien d’autres choses encore.

C’est ce que les autorités turques ont utilisé comme base pour la première accusation concernant la « diffusion de désinformation » et la « tromperie du public turc ». Cependant, les chiffres que j’ai utilisés dans mes critiques – les 17 millions d’individus étrangers – sont simplement les chiffres officiels qui ont été donnés « par erreur » par « l’autorité de l’immigration » qui a longtemps été critiquée par certains partis politiques et par leurs dirigeants tels que le parti Zafer (Victoire) et son dirigeant Ümit Özdağ.

Ainsi, nous avons en Turquie un gouvernement qui empêche les universitaires de citer leurs propres statistiques, ce qui est absurde. Je n’ai rien déformé, j’ai simplement cité les statistiques directement. En conséquence, je me suis retrouvé confiné entre quatre murs en prison. Dieu merci, cela n’a pas duré plus longtemps, mais trois affaires sont toujours en cours contre moi, comme je l’ai déjà mentionné.

Qu’avez-vous dit exactement au sujet de ces défis et problèmes liés à cette population migrante ?

Eh bien, parmi les 17 millions (selon le gouvernement, 4 893 000, ce qui est également un chiffre énorme), il n’y a pas seulement des Syriens, mais aussi des Afghans, des Asiatiques du Sud et du Centre – en particulier des Pakistanais – ainsi que de nombreux Africains venus de divers endroits qui continuent à traverser illégalement la frontière entre la Turquie et l’Iran tous les jours, sans même être comptés officiellement. Ils arrivent ici dans des camions, en grand nombre, sans visa. Les frontières turques sont généralement bien protégées, mais il semble que ces personnes soient délibérément laissées entrer. Vous pouvez constater par vous-même que de nombreux camions en provenance ou à destination de l’Europe sont presque pleins. Personne ne les contrôle. À tel point qu’il a été officiellement annoncé qu’un général était même impliqué dans le trafic d’êtres humains. Le général de brigade Esat Mahmut Yılmaz, directeur général des services juridiques du ministère de la défense nationale, a confirmé que le trafic d’êtres humains était pratiqué à la frontière syrienne avec la voiture officielle d’un général nommé B. Ç.

Et dans quelle mesure pouvons-nous l’absorber ? Dix-sept millions, c’est plus que nous ne pourrons jamais absorber en Turquie, qui compte 83 millions d’habitants. À mon avis, un tel afflux massif de migrants illégaux, de demandeurs d’asile et de chercheurs de fortune économique menace le tissu social et la stabilité de la Turquie, et même de l’Europe. Les taux de criminalité sont déjà cinq fois plus élevés qu’auparavant dans de nombreuses villes de Turquie. Dans de nombreux endroits, la terreur, le déclin des services publics, la dégradation des infrastructures et de la qualité de vie générale dans la pauvreté font désormais partie de la vie quotidienne.

Les pays européens sont donc de plus en plus convaincus que la Turquie utilise ces 17 millions (supposons qu’il s’agisse de 4,8 millions) de réfugiés comme levier contre l’Europe. Cette stratégie permet également à la Turquie de recevoir un soutien financier de l’Union européenne, car l’argent de l’UE est destiné à soutenir les réfugiés syriens et d’autres personnes. En augmentant le nombre de réfugiés, la Turquie cherche-t-elle à s’assurer davantage de financements ? J’ai essayé de trouver des réponses logiques à ces questions possibles avant qu’elles ne soient exprimées par les Européens, car chaque accusation portée contre mon pays a toujours été une question d’honneur pour moi ; je posais donc des questions à voix haute pour trouver des réponses officielles et fiables à ces questions. Plus l’image de votre pays était ternie, plus la position nationale que vous représentiez perdait de son sens, ce qui affectait mon mode de vie et mes principes. Une monnaie qui perd constamment de sa valeur, des envahisseurs qui franchissent constamment les frontières, des gens qui font la queue pendant des mois pour obtenir un visa, une qualité de vie qui diminue, des membres du parti et des hommes d’affaires qui sont devenus millionnaires facilement et rapidement, alors que la pauvreté est courante dans tous les coins du pays, voilà autant d’indicateurs de la façon dont votre pays est géré. Ce sont là autant d’indicateurs de la façon dont votre pays est perçu de l’extérieur. Tant que ces indicateurs ne changeront pas, les accusations portées contre mon pays resteront valables. Si vous ne sensibilisez pas le public à ces accusations, votre pays et vous, en tant qu’individu dans ce pays, n’aurez aucune valeur dans le monde. […]

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