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Europe 1 réalise la plus forte progression sur le marché de la radio

Selon Le Monde :

Intégrer des émissions d’opinion avec des vedettes de CNews (les animateurs Pascal Praud, Laurence Ferrari, ou encore Sonia Mabrouk) qui ne cachent leur antipathie pour la gauche peut rapporter gros en matière d’audiences radio. Europe 1 a gagné 396 000 auditeurs sur un an, pour atteindre 2,359 millions d’auditeurs quotidiens, selon les chiffres de Médiamétrie annoncés mercredi 10 juillet sur la vague avril-juin.

Europe 1 − qui fait partie de Vivendi (Canal+, CNews, etc.) et dont le premier actionnaire est le milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré − a gagné 0,7 point en l’espace d’un an, passant de 3,5 % d’audience cumulée à 4,2 %. Sa progression est tout aussi importante en part d’audience (+ 0,7 point), à 3,9 %. La durée d’écoute de la station a, elle aussi, augmenté de six minutes, atteignant cent cinq minutes quotidiennes. « Notre ligne éditoriale populaire, qui va parfois à l’encontre du politiquement correct et qui se rapproche du Figaro, explique notre succès », estime Constance Benqué, directrice générale de Lagardère Radio et présidente de Lagardère News (Journal du dimanche).

Vite, il faut que l’Arcom punisse la station.

Nouvelle amende contre CNews

L’Arcom a annoncé mercredi sanctionner CNews d’amendes de 60.000 et 20.000 euros pour «manquements» à ses obligations, la première dans le cadre d’un débat consacré au projet de loi immigration où des invités ont déclaré «l’immigration tue» sans réaction de l’animateur.

« Il ressort du compte rendu de visionnage de l’émission La Matinale Week-End diffusée le 10 décembre 2023 que dans le cadre d’un débat consacré au projet de loi immigration, puis d’une séquence relative au Rassemblement National, deux invités ont déclaré l’immigration tue, sans aucune réaction de l’animateur ou des autres personnes présentes en plateau ».

« L’emploi par deux invités de la formule l’immigration tue est de nature à représenter les personnes d’origine immigrée, dans leur ensemble, comme un facteur de risque mortifère. Une telle stigmatisation, qui réduit les immigrés au rang de personnes dangereuses (…), est susceptible d’inciter à la haine à leur égard en raison de leur race, leur nationalité ou leur origine ethnique et d’encourager à des comportements discriminatoires à leur égard en raison de leur race, leur nationalité ou leur origine ».

L’autre séquence mise en cause concerne l’émission « Punchline Eté » consacrée à l’information, rapportant que le mois de juillet 2023 avait été le mois le plus chaud jamais enregistré. Au cours de cette séquence, l’un des intervenants a contesté l’influence humaine sur le réchauffement climatique en déclarant notamment :

« Le réchauffement climatique anthropique est un mensonge, une escroquerie, à un moment il va falloir poser les choses scientifiquement ».

Sachez-le : pour l’Arcom, il est interdit de critiquer la théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique, ni de déclarer que l’immigration est un danger, malgré le nombre impressionnant d’étrangers impliqués dans des affaires de meurtres et de viols.

Ces sanctions surviennent dans un contexte délicat pour CNews, alors que sa fréquence, comme 14 autres de la TNT, est remise en jeu pour 2025. L’audition de la chaîne se tiendra lundi.

“Comment être une Église synodale en mission ?”

C’est à partir de cette question que commence lInstrumentum Laboris (l’instrument de travail) de la prochaine session du Synode des évêques, prévue du 2 au 27 octobre 2024, la deuxième de la XVIe Assemblée générale ordinaire, après celle de 2023.

L’instrument de travail publié ce mardi 9 juillet, et présenté en salle de presse du Saint-Siège, n’offre pas de «réponses préfabriquées», mais plutôt des «indications et des propositions» sur la manière dont l’Église, dans son ensemble, peut et pourra répondre «à l’exigence d’être synodale dans la mission», c’est-à-dire une Église plus proche des personnes, moins bureaucratique, qui soit la maison et la famille de Dieu, dans laquelle tous les baptisés sont coresponsables et participent à sa vie dans la distinction de leurs différents ministères et rôles. C’est un véritable pavé avec des formules parfois à la limite du pipotron… Pour un synode qui veut lutter contre la bureaucratie ecclésiale, il y a comme un goût de ratage.

Les cinq parties du document

Le document est structuré en cinq parties:

  • introduction,
  • les bases
  • les trois parties

Les bases accordent une large place (n.13-18) à la réflexion sur le rôle des femmes dans toutes les sphères de la vie de l’Église. En ce qui concerne l’admission des femmes au ministère diaconal, l’instrument de travail du synode signale qu’elle est demandée par «quelques Églises locales», tandis que d’autres «réitèrent leur opposition» (n. 17). Le sujet «ne fera pas l’objet des travaux» d’octobre prochain et il est donc bon que «la réflexion théologique se poursuive».

Partie I – Les relations avec Dieu, entre frères et entre Églises

Après l’introduction et les bases, l’IL s’attarde sur les relations (n° 22-50) qui permettent à l’Église d’être synodale dans la mission. Des Églises locales émerge aussi la voix des jeunes qui demandent une Église non pas de structures, ni de bureaucratie, mais fondée sur des relations qui suscitent et vivent des dynamiques et des cheminements. Dans cette perspective, l’Assemblée d’octobre pourra analyser la proposition de donner vie à de nouveaux ministères, comme celui de «l’écoute et de l’accompagnement». Sic.

Partie II – Parcours de formation et discernement communautaire 

Ces relations doivent ensuite être développées chrétiennement sur des parcours adéquats et contextualisés (n. 51-79), car «il n’y a pas de mission sans contexte, il n’y a pas d’Église sans enracinement dans un lieu précis» (n. 53).

L’importance de la responsabilité

Mais parmi les voies à suivre, il y a aussi celles qui permettent à ceux qui ont des responsabilités ecclésiales de rendre compte de manière transparente de leurs actions pour le bien et la mission de l’Église. «Une Église synodale a besoin d’une culture et d’une pratique de la transparence et de la responsabilité», «qui sont indispensables pour favoriser la confiance mutuelle nécessaire pour marcher ensemble et exercer la coresponsabilité de la mission commune» (n. 73).

Une Église crédible exige transparence et responsabilité

Rappelant ensuite que «l’obligation de rendre compte de son ministère à la communauté appartient à la tradition la plus ancienne, qui remonte à l’Église apostolique» (n. 74), le document de travail souligne qu’aujourd’hui «l’exigence de transparence et de responsabilité dans et par l’Église est devenue nécessaire en raison de la perte de crédibilité due aux scandales financiers et surtout aux abus sexuels et autres à l’encontre de mineurs et de personnes vulnérables». Le manque de transparence et de responsabilité «alimente le cléricalisme» (n. 75), qui repose à tort sur l’hypothèse que les ministres ordonnés ne sont responsables devant personne de l’exercice de leur autorité.

Des structures d’évaluation sont nécessaires

La responsabilité et la transparence, insiste l’IL, concernent tous les niveaux de l’Église. Ils ne se limitent pas au domaine des abus sexuels et financiers, mais touchent également «les plans pastoraux, les méthodes d’évangélisation et la manière dont l’Église respecte la dignité de la personne humaine, par exemple en ce qui concerne les conditions de travail au sein de ses institutions» (n. 76). Certains diocèses pourraient-ils ainsi rendre des compte sur leur absence de vocation depuis trop longtemps ?

Partie III – Les lieux du dialogue œcuménique et interreligieux 

L’Instrumentum Laboris analyse ensuite les lieux (n. 80-108) où les relations et les chemins prennent forme. Des lieux à comprendre non pas simplement comme des espaces, mais plutôt comme des contextes concrets, caractérisés par des cultures et des dynamismes de la condition humaine. Nous invitant à dépasser une vision statique et une image pyramidale des relations et des expériences ecclésiales, le document de travail reconnaît plutôt leur variété et leur pluralité, qui permettent à l’Église -une et universelle- de vivre dans une circularité dynamique «dans les lieux et à partir des lieux», sans tomber ni dans le particularisme ni dans l’aplatissement. Si vous avez compris quelque chose, vous êtes très fort.

Pèlerins de l’espérance

Le document rappelle enfin que chacune des questions qu’il contient se veut un service à l’Église et une occasion de guérir les blessures les plus profondes de notre temps (les blessures liturgiques, relativistes ?…). L’Instrumentum Laboris se termine donc par une invitation à poursuivre le chemin en tant que «pèlerins de l’espérance», également dans la perspective du Jubilé de 2025 (n. 112).

Le malaise d’Yann Raison du Cleuziou face au mépris de la France d’en haut

Le sociologue Yann Raison du Cleuziou évoque dans La Croix son malaise face aux prises de position intellectuelles contre le RN. Il n’a pas signé l’appel des 1 000 historiens contre le RN dans Le Monde, ni l’appel des 200 philosophes dans Libération. Il n’a pas voté au second tour des législatives, car sa circonscription a élu son député Front populaire dès le premier tour. Il décrit la fracture sociale entre le peuple qui vote RN et les “élites” mondialisées :

[…] Aux européennes, la liste de Jordan Bardella arrive en tête dans 94 % des communes de France. Un autre monde. Mais c’est aussi mon monde et c’est pourquoi un sourd malaise m’accable. Au premier tour des législatives, 37,2% dans le village rural de mon enfance, 47,39 % dans la commune de mon école primaire, 30,16 % de mon lycée, 69,94 % où je passe mes vacances. Un monde peuplé de ruraux, d’ouvriers, d’employés, de chômeurs. Un monde décrit comme celui des peu diplômés. Le profil des électeurs du RN me renvoie à ma différence.

Un monde que j’ai quitté par les études, les choix résidentiels et pour le dire avec Bourdieu, l’accumulation du capital : économique, social, culturel. Un monde dont j’ai été exfiltré sans l’avoir recherché, quasi mécaniquement, par cette possibilité de choisir qu’offrent les études. J’ai quitté mon village de 700 habitants pour le département le plus riche de France : les Hauts-de Seine. J’habite dans la région qui bénéficie des plus hauts budgets culturels par habitant : l’Île-de-France. Je bénéficie d’un des plus denses réseaux de transport en commun au monde. La voiture n’est que l’accessoire de mes vacances. De partout, les TGV peuvent me ramener chez moi.

Leur histoire n’est pas mon histoire

Cela fait déjà longtemps que leur histoire n’est pas mon histoire et ce n’est pas un titre de gloire. La série devient compromettante : confiné du bon côté pendant la pandémie de covid-19 ; loin des manifs des gilets jaunes, moi qui vis dans la ville du « quart d’heure », le métro dans ma rue. Me confiner une fois de plus dans la bonne pétition ? Proclamer avec ma corporation que nous avons raison, que nous exerçons mieux la raison ? Refermer les portes de l’université derrière moi ?

Je ne peux m’abstraire du sentiment que notre unanimité n’indique pas la solution du problème, mais fait partie du problème. Et qu’il y a de l’arrogance à dire quel doit être le sens de l’histoire quand on est du bon côté de cette histoire. Je suis gêné de tant de concentration de titres universitaires quand, dans le même moment, il n’y a plus ni médecin, ni instit, ni notable, ni curé dans tant de communes, sauf pendant la pause estivale. Ça n’a rien à voir me direz-vous, j’aimerais partager cette certitude mais je n’y parviens pas. Je crois à la vocation populaire de l’université, le profil de l’électorat RN me donne un sentiment d’échec.

Une liberté volée

Je crains que cette liberté même dont je jouis n’ait été volée à d’autres. Que si bien des Français veulent renverser la table, c’est parce qu’ils ne pouvaient pas s’y asseoir. Qu’ils étaient assignés à écouter notre conversation sans pouvoir la rejoindre. Parce que le bénéfice de la tolérance que l’on craint de voir disparaître leur était déjà refusé. Qu’ils n’avaient pas le droit de dire que leur monde changeait d’une manière qu’ils estiment indésirable. Que nous n’osions dire que leurs opinions sur le rythme du changement social et ses priorités pouvaient être respectables. Nous craignons la fin du pluralisme mais l’avons-nous suffisamment fait vivre ?

Je crains que s’arroger la défense de l’héritage de « 1789 » ne soit un abus de privilège. Que l’on a sans doute trop présenté des micro-conquêtes sociétales comme des révolutions au moment même où l’Etat se retirait de territoires entiers, fermant écoles, tribunaux et maternités. Qu’il n’était pas nécessaire de jeter systématiquement le soupçon sur l’idée de nation, sauf à prendre le risque que son usage devienne exclusif à ceux qui en font une ressource d’exclusion.

Le képi du Maréchal

Je crains qu’en jetant sans cesse le képi du maréchal Pétain à la figure des Français qui votent mal, nous manquions de courage. Celui de reconnaître ceux que nous avons quittés comme des concitoyens. Non les miliciens d’un passé qui ne passe pas mais nos contemporains abîmés par le coût social, environnemental, économique, toujours plus exorbitant de notre confort.

Nous avons trop souvent revendiqué savoir qu’ils croyaient, pris avec des pincettes d’anatomiste leurs « infox », « fantasmes » et « peurs ». Mon pressentiment est qu’il faut s’attaquer à des révisions radicales et accepter que nous croyons savoir. Qu’il faut admettre que lorsque l’idée de progrès s’effondre, la recherche d’émancipation prend des nouvelles voies qui ont peut-être plus à voir avec le conservatisme qu’avec le progressisme. Notre éloignement social est trop fort pour que nous puissions encore prétendre décider seuls des bonnes questions et des bonnes réponses.

Je n’ai aucune prétention à représenter quoi que ce soit ou à être représentatif de quiconque. Juste le besoin de partager mes interrogations d’enseignant-chercheur attaché au service public, mon sentiment que les trajectoires géographiques et les ascensions sociales ne devraient pas nous condamner à une telle étrangeté sociale et qu’il nous faut reconquérir un ancrage parmi ceux que nous ne reconnaissons plus. Si nous ne parvenons pas à retrouver les conditions d’existence qui renouent la conversation et le destin commun, c’est l’idée même d’université qui se trouvera évidée. La surabondance des pétitions signées n’effacera pas cet échec.

Euro 2024 : le “No Pasaran” se mue en “Frexit”…

Hier, la Une du journal l’Équipe titrait avec le slogan antifa espagnol “No pasarán”. Certains joueurs ont applaudi le barrage au RN. Mais en fin de soirée, défaits par les Espagnols, les Bleus sortent de l’Euro.

De nombreux supporters estiment qu’ils aurait dû  moins s’investir dans la campagne des législatives, les joueurs ayant appelé à “faire barrage” et plus se concentrer sur leur jeu…

Les néo-fascistes prêts à en découdre

Il y a comme un air de Marche sur Rome dans ce tweet d’Adrien Quatennens :

L’élection de nombreux députés NFP a libéré la parole raciste :

 

L’extrême-gauche se laisse aller à des ratonnades :

“En dehors des élus du RN, la plupart des députés de cette nouvelle Assemblée nationale doivent leur élection aux voix de leurs adversaires”

L’avocat Jean-Baptiste Soufron, qui plaide “Pour un régime de cohabitation de coalition“, évoque “une méthode de fonctionnement commune qui permette de rassembler des majorités dont il faut pouvoir envisager qu’elles aillent peut-être des députés de La France Insoumise à ceux de Ensemble.” Et il ajoute :

Sur le seul plan moral de toute façon, c’est la seule option qui réponde véritablement au message de ce scrutin. En effet, en dehors des élus du Rassemblement national, la plupart des députés de cette nouvelle Assemblée nationale doivent leur élection aux voix de leurs adversaires. Dès lors, le mandat que confère un tel vote de barrage républicain est celui d’un gouvernement républicain.

 

La gauche a remporté une victoire médiatique, mais électoralement, elle a subi un échec important

Interrogé dans Le Figaro, Dominique Reynié analyse les législatives :

[…] Ce que les commentaires ont nettement minoré est la forte progression du vote RN, non seulement par rapport aux législatives de 2022 mais aussi par rapport au premier tour du 30 juin 2024. En nombre d’électeurs comme en nombre de députés, le RN est le premier parti de France, ce que les élections européennes avaient établi.

La campagne de l’entre-deux-tours n’a pas eu d’autre objet, pas d’autre projet que de dissuader le vote RN. Tous les regards ont été focalisés sur le parti, observé à la loupe. Simultanément, il a été dit et répété que le Nouveau Front populaire (NFP) n’avait aucune chance de gagner. Finalement convaincus que l’extrême gauche n’avait aucune chance de gagner tandis que l’extrême droite pouvait devenir majoritaire, de nombreux électeurs ont pensé que le barrage allait sanctionner les deux extrêmes, faisant surgir une majorité centrale, forcément centriste.

Mais il demeure problématique de songer qu’entre le premier et le second tour, nous avons assisté à un refoulement forcé de l’expression démocratique. Si la plupart des Français ont le sentiment que la situation n’est pas satisfaisante en matière d’immigration et de sécurité, puisque ce sont les points forts prêtés au RN, il ne faudrait pas que le « barrage républicain » soit le nom donné par tous ceux qui ont échoué à régler ces deux problèmes majeurs pour bloquer l’accès au pouvoir de ceux qui proposent de faire mieux. Il est sans doute plus facile de bloquer l’ascension d’un parti dont le succès est ancré dans l’insatisfaction en matière de sécurité et d’immigration que de régler de tels problèmes, mais autant renoncer alors à la politique démocratique.

Cependant, le « barrage » n’explique qu’une partie de l’échec du RN. Ce parti a été confronté à ses propres erreurs et limites. Son programme n’est pas sérieux, ses candidats ne sont pas prêts ; ils n’ont pas été sélectionnés avec soin, ils n’ont pas été suffisamment formés, au point que de nombreuses invitations à débattre lancées par des médias ont été refusées par des candidats RN incapables de faire face ou craignant de ne pas y parvenir. C’est le prix d’un parti depuis toujours dans l’opposition ; c’est aussi la conséquence de sa sociologie, le RN est plus que jamais le parti des ouvriers et des employés, des moins diplômés, des plus modestes, etc. La dissolution aura eu le mérite de mettre en évidence son impréparation et la nécessaire mue qu’il lui faudra opérer s’il veut l’emporter et gouverner en 2027.

Le Nouveau Front populaire, dont on disait qu’il ne pouvait pas gagner, est arrivé en tête des élections législatives. Que révèle ce résultat ? Comment l’expliquez-vous ?

On ne peut établir un verdict de « victoire » pour personne. Gagner les élections législatives, dans notre République, suppose qu’une force politique, un parti ou une coalition, obtienne au moins 289 députés et, s’il s’agit d’une coalition, qu’elle soit capable de durer. À gauche, aujourd’hui, aucun parti, aucune coalition ne satisfait ces deux critères. On ne peut donc pas dire qu’il y a un vainqueur. C’est le résultat le plus marquant et le plus préoccupant de ce scrutin pourtant décidé pour faire émerger une nouvelle majorité. De ce point de vue, au contraire, la situation est plus dégradée au terme de la dissolution.

En réalité, la gauche a remporté, comme souvent, une victoire médiatique, celle de l’interprétation des résultats, mais électoralement, elle a subi un échec important. Si, au second tour, on additionne les scores des partis du NFP avec ceux de toutes les gauches, on obtient laborieusement 27,28 % des suffrages exprimés… soit 17 % des électeurs inscrits. Les gauches reculent même par rapport aux élections européennes du 9 juin, où ce total de toutes les gauches dépassait 33,7 % des suffrages exprimés. […]

Hélas, il n’y a pas de clarté au terme de cette séquence électorale provoquée par la dissolution. Le débat n’a jamais porté sur les programmes de gouvernement ou sur les défis que le pays doit relever. Le scrutin n’engendre aucune majorité et il ne peut y avoir une nouvelle dissolution avant un an, ce qui veut dire, en pratique que des élections législatives sont impossibles avant l’automne 2025 , si l’on ne veut pas les organiser en juillet-août 2025.

À gauche, le NFP est un artifice électoral. Bricolé dans la hâte, il ne résistera pas. Électoralement plus faible que jamais, la gauche est en miettes tandis que ses idées économiques et sociales sont incompatibles avec la réalité de notre situation. Le centre est exposé à l’érosion programmée du macronisme, tandis que la droite reste tiraillée entre ce centre en déclin et le RN, en pleine ascension. Nos institutions, notre système représentatif et de gouvernement semblent désormais complètement déréglés.

Le pays, dont on dit souvent qu’il est plus à droite que jamais, bascule donc à gauche. Ce décalage va-t-il aggraver la fracture entre les élites et le peuple ? Au-delà de cette dissolution ratée, comment en est-on arrivé là ?

Le pays ne bascule pas à gauche. Depuis dimanche soir, le commentaire fait fausse route. Il s’est égaré en suivant le premier orateur de la soirée, Jean-Luc Mélenchon, occupé à semer le trouble dans les esprits sur l’interprétation du vote. Or, voyez plutôt : le total des suffrages exprimés en faveur des candidats du NFP au terme second tour n’est que de 25,7 % ; si nous ajoutons tous les votes de gauche, nous atteignons laborieusement 27,3 %, soit 17,1 % des électeurs inscrits… Il est impossible d’y voir une victoire. De l’autre côté, le RN et ses alliés réunissent 37 % des suffrages exprimés ; l’ensemble des suffrages de droite représentent 46,6 % des suffrages. Au soir du second tour, les votes de droite dépassent de 20 points les votes des gauches.

C’est dans ces conditions que la politique du « barrage » devient périlleuse et donc problématique. En effet, le RN a remporté ces élections législatives, certes sans parvenir au pouvoir. Mais il atteint des niveaux électoraux sans précédent dans son histoire. Le nombre de députés RN à l’Assemblée nationale va encore augmenter fortement (+ 58 %) après avoir été multiplié par 12 ou 13 entre juin 2017 et juin 2022. Le RN représente désormais près de 80 % des votes de droite. Autant dire que le RN, c’est la droite. Mais alors, le « barrage républicain » devient un « barrage » contre la droite, un barrage orchestré par une gauche qui n’a jamais été aussi faible sous la Ve République.

Enfin, compte tenu de la sociologie du vote RN et compte tenu du nombre croissant de ses électeurs, le « barrage républicain » est non seulement en train de fabriquer une équivalence entre le RN et la droite, mais aussi entre le RN et le « peuple », le RN et le monde du travail ; puis entre le RN et les élites, le « barrage républicain » mobilisant plus fortement une France plus favorisée, plus instruite, mieux connectée ; pour finalement aboutir à l’ultime retournement d’une équivalence entre le RN et la démocratie.

La situation politique française est-elle spécifique ou s’inscrit-elle dans un processus de décomposition/recomposition qui touche toutes les démocraties occidentales ?

Ce que l’on peut observer et documenter à l’échelle de l’Union européenne est un phénomène de droitisation accompagné d’une poussée des droites populistes. Au terme des élections européennes des 6-9 juin 2024, pour la première fois dans l’histoire du Parlement européen, le nombre des élus de droite, toutes droites confondues, et sans compter les élus du centre (Renew) , représente 52 % des eurodéputés. Le chiffre était de 45 % en 2019. De même, si l’on considère, par hypothèse, que tous les élus populistes de droite appartiennent à un même groupe, ils formeraient alors un groupe proche des 200 élus, soit un poids équivalent au PPE, le groupe de la droite modérée.

On notera que les trois groupes nécessaires depuis 2019 pour former une majorité au Parlement européen, associant la droite modérée (PPE), les sociaux-démocrates (S&D) et les centristes (Renew), tentent en ce moment même de contenir le nouveau glissement à droite provoqué par les dernières élections européennes. Il n’est pas certain que le PPE y résiste longtemps. […]

Futures élections : bras de fer avec la « droite lâche », notamment les Sénateurs

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le Salon Beige a publié cette excellente analyse des chiffres de la dernière élection.

Contrairement au résultat en nombre de députés, les votes montrent que le RN a fait une bonne campagne, en motivant les électeurs. C’est encourageant.

Certes, l’union des Droites était incomplète, sans Reconquête. La leçon sera-t-elle retenue de part et d’autre ?

Mais surtout, l’échec vient d’un autre facteur : la « lâcheté » d’une grande partie de LR.

Le mouvement courageux initié par Ciotti s’est heurté au mastodonte des (lâches et/ou traîtres) Sénateurs LR. Ensuite, (presque) toutes les personnalités LR ont suivi, y compris ceux qui commençaient à parler dans le sens de Ciotti : notamment les députés européens Céline Imart, Laurent Castillo et le général Gomart, et dans une certaine mesure FX Bellamy. On peut relire avec profit ceci. Ces LR tentés par l’union des Droites ont fini par se taire, pour la plupart.

La faute à qui ? La faute en particulier aux Sénateurs LR, en premier lieu Gérard Larcher. Un combat doit donc être mené sur ce terrain.

Aujourd’hui, il n’y a quasiment aucun RN parmi les 348 Sénateurs. Avec environ 33% des votants, le RN-Ciotti devrait avoir plus d’une centaine de Sénateurs. Peut-être plus encore, puisque le milieu rural est sur-représenté au Sénat, et que le RN fait de bons scores dans ce milieu rural. Quand il y aura 100 – 120 Sénateurs RN, Gérard Larcher et ses lâches comparses ne représenteront plus grand-chose.

Comment obtenir ces Sénateurs ?

Rappel : tous les 3 ans, les élections sénatoriales renouvellent la moitié des sièges. Donc 174 nouveaux Sénateurs en septembre 2026. Ils sont élus par des “grands électeurs” : sénateurs, députés, conseillers régionaux, départementaux, et surtout les plus nombreux : les délégués des conseillers municipaux.

Conseillers municipaux ? Les élections municipales devraient avoir lieu vers avril 2026. Donc AVANT les élections sénatoriales.

L’enjeu est donc le suivant : le bloc RN-Ciotti doit conquérir le maximum de municipalités, de toutes tailles. Cela semble possible, puisque le rejet de l’union des Droites vient plutôt des LR « bobo – grandes villes ».

Cela signifie également que nous devons nous investir dans ce combat : il y a des places à prendre, en milieu rural (maire, adjoint, conseiller municipal).

L’année 2026, c’est à la fois loin et proche.

Pour les députés français et européens, le « grand remplacement » des LR lâches par l’union des Droites est bien entamé. Il faut désormais aboutir au même résultat pour le Sénat. Ce n’est qu’à ce prix que certains LR peu courageux oseront rejoindre l’union des Droites.

Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, [email protected]

Sept considérations sur les élections législatives

De Bernard Antony, président de l’AGRIF, directeur de la revue Reconquête ; Yann Baly, président de Chrétienté-Solidarité, délégué général de l’AGRIF :

  1. Après la victoire des gauches et de l’ultra-gauche, il n’y a pas eu de « manifestations-émeutes » de droite, comme il y en aurait eu massivement de gauche dans le cas d’une victoire du Rassemblement National. C’est la preuve une fois de plus que l’actuel système politique français n’est pas celui d’une démocratie authentique mais un système confisqué de manipulation.
  2. Dès l’annonce à 20 heures de l’estimation des pourcentages de voix respectivement obtenus d’une part par le RN, de l’autre par les deux blocs des partis de la Macronie et les partis de gauche, on assista à l’apparition triomphale sur tous les écrans avec une évidente complicité médiatique du camarade Mélenchon. Ce dernier était dans toute sa splendeur de sans-culotte trotsko-bolchevique, triomphateur orgueilleux, sûr de lui, dominateur.
  3. Certes, sous le couvre-chef du « Nouveau Front populaire », c’est toute une diversité d’ultra-gauche, d’islamo-gauchisme et de gauche néo-socialiste qui l’a emporté avec ses pro-Hamas antisémites et pro-Poutine jusqu’à la gauche de la tambouille hollando-macronienne, avec un Glucksman anti-Poutine. Point n’est besoin d’être prophète pour prédire sous peu leur inéluctable affrontement.
  4. Évidence, aussi, que le système macronien de terrorisation des électeurs a fonctionné. Macron, nul dans son gouvernement, est habile dans la manipulation et la guerre psychologique.
  5. Quoi que n’atteignant pas les résultats sondagièrement prévus, le Rassemblement National est désormais numériquement le premier parti à l’Assemblée nationale.
  6. Il n’est hélas pas celui d’une authentique droite de conviction défendant les valeurs du respect de la vie. On entendit notamment ce dernier mercredi monsieur Jordan Bardella exprimer dans un parfait alignement sur Marine Le Pen son absolu soutien à la « constitutionnalisation-sacralisation » de l’avortement, parfaite anti-valeur de la culture de mort. Mais il est vrai qu’on ne saurait exiger de politiciens ce que ne défendent pas aujourd’hui avec force la majorité des religieux catholiques, juifs ou protestants.
  7. Tous les ingrédients de féroces désaccords sont dès maintenant en place entre les partis des deux blocs de la Macronie et du néo-Front populaire. Mais dès hier au soir, François Hollande n’annonçait-il pas qu’il pouvait y avoir des accords, par exemple très prochainement par le vote de la loi en préparation sur la fin de vie ? Ne serait-ce que pour cela, l’AGRIF ne peut qu’être opposée à tout le spectre de la macromélenchonnerie.

Source

La nouvelle Assemblée et l’euthanasie

Genethique a fait un premier état des lieux du nouveau rapport de forces sur l’euthanasie à l’Assemblée:

Gabriel Attal ne s’en était pas caché lors de la campagne législative : l’« aide à mourir » reste une priorité pour le camp présidentiel (cf. Législatives : l’« aide à mourir » reste une priorité pour le camp présidentiel). Hier, il a reçu le soutien de l’ancien président de la République, et désormais député, François Hollande (PS – Nouveau Front Populaire). Pour le nouvel élu, « il n’y a pas de temps à perdre » sur ce sujet. « Cela peut être possible dès les prochains jours », a-t-il même avancé lors de son allocution.

Si le prochain Gouvernement tardait à soumettre un projet de loi sur le sujet, il fait peu de doutes que plusieurs députés seraient en première ligne pour proposer un texte. Olivier Falorni (Divers gauche), fervent promoteur de l’euthanasie et rapporteur du projet de loi, a en effet été réélu. Agnès Firmin Le Bodo (Horizons), auteur du texte, également. Cette fois, ils devront toutefois compter sans Caroline Fiat (LFI) qui a, elle, été battue.

Face à eux, différents députés qui se sont opposés avec vigueur au texte ont également été réélus, comme les Républicains Patrick Hetzel, Thibault Bazin, Annie Genevard, ou Xavier Breton. Corentin Le Fur succède quant à lui à son père. Du côté du Rassemblement national, Jocelyn Dessigny, Julien Odoul, Hervé de Lépinau, Christophe Bentz ou encore Sandrine Dogor-Such seront aussi bien présents. En revanche, Pierre Dharréville (PCF) ne pourra plus faire entendre la voix des plus fragiles depuis les bancs de l’hémicycle (cf. La dissolution de l’Assemblée dissoudra-t-elle aussi le projet de loi sur la fin de vie ?).

Les vitraux de Notre-Dame

De Serge Nouailhat, maître verrier et créateur de vitraux:

Après la polémique autour d’un “geste architectural”, qui n’aurait eu d’impact que sur l’extérieur de Notre Dame, est venue celle toujours vive autour de la commande de 6 nouveaux vitraux dans le collatéral sud, dont l’effet dans l’édifice millénaire sera cette fois beaucoup plus fort. En effet, une intervention artistique sur ces  verrières aura une grande incidence sur la lumière et la perception de l’espace intérieur de Notre Dame, et donc celle du lieu de culte lui-même. Un équilibre de couleurs doit être recherché : un dosage de lumière qui ne serait pas juste dans la nef et le chœur de Notre Dame où se déroule l’essentiel de la liturgie, viendrait déséquilibrer la perception, en attirant excessivement le regard vers ces nouveaux vitraux. Or c’est le contraire qui doit être visé: Accompagner et orienter le regard vers le chœur et l’autel où se célèbre l’Eucharistie.
La bonne échelle des motifs est également très importante, afin que l’intégration des vitraux dans le paysage de pierre soit le plus naturel possible.
Le choix de l’artiste qui se fait en ce moment est donc primordial pour préserver l’unité formelle, et aussi spirituelle de Notre Dame. Loin d’être une simple “décoration”, la création de nouveaux vitraux aura une portée sur la liturgie elle-même, les vitraux étant une forme de para-liturgie, comme  le partageait Henri Guérin, peintre verrier de renom qui fut un ami. En effet, les vitraux ont pour vocation d’accompagner la liturgie au même titre que l’orgue, les chants, l’encens, tout ce qui s’adresse aux sens, et qui concourt à ouvrir les cœurs et les esprit à la transcendance. Les vitraux célèbrent à leur façon les mystères auxquels les fidèles participent.
La proposition de remplacer les 6 vitraux dessinés par Viollet-le-Duc (des compositions simples de style géométrique) par une “Allée de la Pentecôte” est une intuition qui va dans le sens d’une vraie catéchèse, que l’on retrouve dans nos cathédrales.
Chaque vitrail de cette “Allée de la Pentecôte” proposée dans le cahier des charges développera une thématique propre en lien avec une figure d’un Saint : Saint Joseph, Saint Thomas d’Aquin, Sainte Clothilde, Saint Vincent de Paul, Sainte Geneviève, Saint Denys, Saint Paul Chen, associé à un don ou à une œuvre de l’Esprit Saint. Les 6 baies à créer feront partie d’un même ensemble cohérent autour du vitrail de l’arbre de Jessé, déjà en place dans la chapelle Saint Thomas d’Aquin.
Il est important de marquer cette étape de la reconstruction après le drame de l’incendie, mais seulement dans la mesure où il s’agit de manifester une espérance chrétienne explicite, tel que le thème d’une “Allée de Pentecôte” l’impose dans ce lieu emblématique. Loin de moi cependant l’idée d’imaginer des vitraux néo quoique-que-ce-soit : je parle d’une œuvre manifestement d’aujourd’hui, mais inspirée par la richesse de notre tradition spirituelle, et qui puise ses racines dans l’Espérance.
Or, si l’on se réfère à des commandes d’État récentes dans les cathédrales et autres lieux financés par le denier public, nous avons souvent assisté au “coup de com” médiatique, au clin d’œil aux avant-gardes consensuelles des milieux culturels institués, plutôt qu’au choix guidé par cette conviction que le vitrail, dans une cathédrale, est un art passeur d’une lumière plus vaste qu’elle-même, animé par la foi, et pas un simple moyen d’expression, certes sublime, pour artistes cotés.
Dans la liste des candidats en lice pour les nouveaux vitraux de Notre Dame et qui sont mentionnés, on constate en effet la participation de quelques grandes têtes d’affiche de l’AC (l’Art Contemporain people) Les “grands noms” de l’art sont donc en compétition ; il fallait s’y attendre, m’ont dit certains proches qui se demandaient pourquoi, dans ce contexte, poser sa candidature. Et elle rejoint celle d’autres artistes habités comme moi par une sincère et brûlante nécessité intérieure de témoigner de leur vie spirituelle, et même chrétienne ; oui, il y a des artistes chrétiens et nous avons besoin de l’Église pour vivre !

PS: Ma note d’intention qui accompagne ma candidature pour la réalisation des vitraux de Notre Dame est a lire ici .

Pourquoi la liturgie traditionnelle attire-t-elle les jeunes ?

Un lecteur nous adresse ce texte:

1 – Une surprise pour beaucoup

De nombreuses observateurs se montrent surpris, d’ailleurs parfois très favorablement, par l’intérêt des jeunes pour la forme traditionnelle de la liturgie catholique ainsi que par la forte proportion de jeunes parmi les fidèles attachés à cette liturgie. Cette surprise s’explique probablement par l’impact d’une idée reçue typique de notre époque et typique des anciennes générations (en particulier celles qui furent jeunes avant le pontificat de St Jean-Paul II !) : les jeunes aimeraient le progrès, rechercheraient systématiquement la nouveauté et aspireraient à une rupture radicale avec un passé dont ils ne voudraient plus entendre parler. Ils devraient donc automatiquement rejeter la liturgie traditionnelle et adhérer, non moins automatiquement, à la réforme de St Paul VI. Cette analyse était sans doute très présente chez les réformateurs ecclésiastiques des années 1960. Ceux-ci pensaient rendre la liturgie plus attrayante et l’Église plus attirante en préconisant, par exemple,  des formes musicales non seulement plus variée mais aussi et surtout plus modernes (à commencer par l’accompagnement par la guitare), l’usage de la langue vernaculaire (et la marginalisation, voire la suppression du latin), le rejet des attitudes contraignantes (comme l’agenouillement ou communion sur les lèvres) et la mise en scène de gestes simples à comprendre (comme le signe de la paix ou la position du célébrant face aux fidèles). Si cette analyse pouvait être exacte pour la période considérée, est-elle encore adaptée à l’époque contemporaine ? Les jeunes des années 20 du XXIè siècle partagent ils les idées des jeunes des années 60 du XXe ?

2 – Y aurait-il des raisons liées au contexte?

Un premier élément de réponse serait une sorte d’application à l’Eglise de “l’effet Streisand”. Rappelons que cette formule désigne le phénomène suivant : ce qui est interdit susciterait (au moins dans les sociétés occidentales contemporaines) non pas le rejet mais la curiosité – entre nous, c’est dire l’étendue du discrédit de l’autorité dans nos opinions publiques et la force du libre arbitre… L’ancienne liturgie présenterait donc, sinon le goût de l’interdit, du moins un côté un peu piquant par les restrictions qui lui sont infligées et qui pourrait justement conduire des jeunes à venir voir – au moins pour se faire une idée… Pourquoi pas ? mais est-ce décisif ? On peut aussi penser que les jeunes catholiques (qui pourtant ne lisent pas La Croix) ont très bien compris la situation minoritaire qui est la leur (en France au moins) et portent donc sur les rites de leur propre Eglise, un regard différent qui prend en compte la connaissance qu’ils ont des coutumes des autres cultes. Ils auront aisément pu noter l’extrême intérêt des intellectuels, des enseignants et des journalistes pour d’autres cultures et d’autres religions – aux rites très éloignés du missel de Paul VI – et qui sont restées très attachées à des formules liturgiques anciennes, voire archaïques (impliquant par exemple l’usage d’une langue cultuelle non vernaculaire ou des prosternations spectaculaires). Dès lors, l’apparente immutabilité des cérémonies musulmanes ou juives tend à devenir une quasi référence. On pourrait aussi élargir le propos en observant l’effet un peu paradoxal de la meilleure connaissance que nous, catholiques de 2024, avons désormais des autres religions monothéistes que nous fréquentons aujourd’hui quasi quotidiennement. Celles-ci s’enracinent consciemment dans des références largement étrangères à notre culture nationale (et donc plus ouvertes à l’universel ?) et cherchent même à se situer en dehors du temps contemporain (et donc plus ouvertes à l’éternel ?). Au contraire, depuis 1970, l’Eglise demande aux catholiques d’utiliser une liturgie qui se présente consciemment comme contemporaines (même si on peut estimer qu’elle est surtout typique de la France des années 60-70 et donc déjà un peu démodée…) et les  prive du droit d’accéder aux formes pratiqués par leurs parents, leurs grands-parents et leurs aïeux depuis probablement plus d’un millénaire. En notant cela, je ne me permets pas de critiquer les liturgies de St Paul VI qui sont fondées sur un missel à la validité incontestable sur le fond, dont on peut trouver aisément des exemples de célébrations tout à fait dignes et priantes, notamment lorsqu’elles sont célébrées par le pape ou un évêque. Je note simplement que l’idée d’une liturgie adoptée à la mentalité contemporaine est étrangère à la plupart des autres religions. En outre, l’exaltation des traditions culturelles les plus diverses (que ce soit dans les pays en voie de développement ou dans les régions périphériques des États-nations) a finalement légitimé une approche du présent fondée sur le respect et l’amour des racines – même lorsque celles-ci peuvent paraître étrangères et difficiles à comprendre. On y ajoutera également que les autres religions souvent donnent un exemple d’enracinement communautaire régulièrement loué par les médias. Là où le catholicisme officiel a fait le choix de se définir comme une religion d’élection que l’on doit choisir indépendamment de ses parents, de ses frères, de sa famille ou de ses amis. Ces phénomènes culturels et psychologiques expliquent peut-être largement l’intérêt des jeunes pour la forme traditionnelle, mais je ne crois pas que ce soit là l’essentiel. Ce sont plutôt des facteurs secondaires et convergents qui facilitent la mise en œuvre d’autres considérations beaucoup plus fondamentales.

3 – Un nouveau regard sur le passé

Cette situation ne suffit pas, à mon sens, à épuiser le sujet mais crée simplement un contexte favorable à la découverte de la Tradition par les jeunes. Je pense qu’il faut aller plus loin et nous interroger sur le sens profond de la messe et sur la mission de l’Eglise. C’est certainement ce sens profond que recherchent les jeunes catholiques à Chartres ou ailleurs. Je crois que les jeunes catholiques ont changé depuis les années 2000 et ne ressemblent plus à leurs parents ou grands-parents, imprégnés des idées qui ont accompagné le Concile. En effet, comprendre ce qu’est la Messe n’était probablement pas la préoccupation prioritaire des jeunes catholiques des années 1945-1990. Exposés à l’époque à l’influence de pensées marxiste ou freudienne qui dominaient la scène intellectuelle française, mobilisés sur les grands enjeux politiques, économiques et sociaux d’un temps de changement et de multiples remises en cause, les jeunes d’alors vivaient certainement plus leur foi comme un engagement fraternel, l’action primant sur la spiritualité. Et si les interrogations spirituelles n’étaient pas absentes, elles s’exprimaient plus sous la forme de débats ou de discussions ouvertes que sous celle d’un recueillement solennel et silencieux. En outre, le passé et tout ce qui y était associé faisait l’objet d’un rejet général et profond. L’aspiration à la Révolution – même non violente – des intellectuels et des jeunes les conduisaient à condamner le passé, qu’il soit féodal, bourgeois ou fasciste. Par voie de conséquence les fidèles étaient conduits à éprouver un sentiment de malaise, voire d’hostilité, l’égard de gestes dont la légitimité venait, pour une part au moins, de leur ancienneté. Cette attitude s’est effacée progressivement avec cette génération qui est en train de passer et dont on peut dire qu’elle est largement restée fidèle aux idéaux de sa jeunesse mais n’est guère parvenue à transmettre sa foi à ses propres enfants. Pour commencer, j’ai l’impression que la société contemporaine (en France du moins) est en train de procéder à une redéfinition du concept de religion. Là où le jeune catholique des années 50, 60, et 70 se préoccupait de la condition ouvrière, de la lutte contre la faim dans le monde ou de la promotion de la paix entre les nations, le jeune catholique du XXIe siècle est invité à retrouver ce qui fait la base d’une religion (la foi et la morale). Reconnaissons à ces catholiques des circonstances atténuantes en observant les thèmes mis en avant par les encycliques pontificales depuis 1891  et  Rerum novarum : Quadragesimo anno de Pie XI en 1931 ; Mater et Magistra en 1961 ; Pacem in terris en 1963 ; Populorum progressio en 1967 ; Octogesima adveniens en 1971 ; Laborens exercens en 1981 ; Sollicitudo Rei Socialis en 1987 ; Centesimus annus en 1991 ; Caritas in veritate en 2009 ; Laudato si en 2015 …Bref, l’Eucharistie était vraiment vécu par les Fidèles comme la source et le sommet de la vie chrétienne comme l’ont proclamé le Concile Vatican II (LG n°11) et Jean-Paul II (Ecclesia de Eucharistia en 2003).

4 – Retrouver le sens de la Messe ?

J’ai le sentiment que le jeune catholique est aujourd’hui parvenu à beaucoup mieux connaître et comprendre les bases de sa foi que ne pouvaient le faire ses parents ou grands-parents plongés par l’Action catholique dans une ambiance beaucoup plus concrète, sociale, voire économique ou politique. Cela résulte sans doute de l’effort de formation engagé à l’initiative des papes saint Jean-Paul II et Benoît XVI. Cela étant, l’approfondissement de la foi catholique amène nécessairement à s’interroger sur l’Eucharistie et à en comprendre la définition exacte, qui est très éloignée, par exemple, de celle de nos compatriotes calvinistes. Il n’est pas besoin d’être un grand expert pour constater que la liturgie traditionnelle coïncide beaucoup plus visiblement avec la définition catholique de l’Eucharistie que certaines célébrations qui, certes, ont reçu de St Paul VI  un texte dont la rectitude théologique est  incontestable (par exemple en employant explicitement le terme de sacrifice) mais qui, par leur forme souvent joyeuse et fraternelle, ressembleraient plus à un repas amical qu’à l’ « actualisation » du sacrifice du Christ. C’est cela qu’expriment les gestes liés à la liturgie traditionnelle. Le silence : ouverture au mystère et priorité à la prière d’adoration et d’action de grâce. L’agenouillement signe d’humilité devant le Roi du monde réellement présent dans l’hostie. La position du prêtre qui regarde vers l’Orient, lieu du levée du soleil, tel un berger marchant à la tête de son troupeau. L’autel, inspiré de celui du Temple de Jerusalem avec les deux chérubins) qui est le lieu du sacrifice renouvelé sous une forme sacramentelle. La communion reçue sur les lèvres et à genoux autre manifestation de la foi dans la présence réelle. La langue latine, forme tangible de l’universalité et l’intemporalité assumées par cette liturgie… Bref la messe serait désormais plus clairement appréhendée par le fidèle comme un moment d’union à Dieu et non un rassemblement d’amis (avec la présence discrète et spirituelle du Christ) aussi sympathique soit-il, ni une conférence à finalité culturelle voire sociale …il faudrait au moins se poser la question : serait-cette coïncidence de la forme et du fond qui attirerait tant de jeunes vers les messes traditionnelles ?

Histoire belge

Le Soir nous apprend à constituer une coalition, un sport national en Belgique, mais inconnu dans notre pays jacobin, adepte du tout ou rien (avec le risque d’avoir une coalition qui s’accorde sur quelques sujets parmi lesquels l’euthanasie) :

Revers pour l’école libre dans l’Oklahoma

Aux Etats-Unis, une révolution balaye l’école publique américaine depuis plus de vingt ans : celle des charter schools ou « écoles à charte ». Ces écoles sont nées afin « de combler les vides d’une Education nationale à la dérive » dans les grandes villes américaines – insécurité, contenu et qualité d’enseignements souvent gangrénés par les idéologies du genre et du wokisme. Une première école à charte a vu le jour en 1992 dans le Minnesota. En 2021, plus de trois millions et demi d’élèves fréquentaient une charter school.

Comme les écoles publiques, ces charter schools sont gratuites, leur financement étant assuré par l’Etat. Mais elles sont gérées de façon indépendante et les familles peuvent y inscrire leur enfant indépendamment du secteur géographique où elles résident. A proprement parler, ces établissements ne sont pas confessionnels, et si elles dispensent un enseignement religieux, ce n’est pas à ce titre que les charter schools peuvent prétendre à bénéficier de la manne de l’argent public.

Une décision de justice rendue le 25 juin 2024 en Oklahoma intervient alors que le débat sur la liberté scolaire est devenu national. Capitalisant sur le mécontentement des parents face à la fermeture des écoles durant la pandémie, « de nombreux Etats » aux mains des conservateurs « ont mis en place pour les familles des chèques scolaires, des plans d’épargne-étude et d’autres mécanismes afin que les parents puissent accéder à l’établissement scolaire de leur choix » quel qu’il soit, explique Forbes.

Dans l’affaire portée devant la Cour suprême d’Oklahoma, l’école Saint-Isidore de Séville – « un cours catholique en ligne à destination des élèves issus des zones rurales de l’Etat » note The New York Times (NYT), avec un enseignement religieux et soutenu par la hiérarchie diocésaine – demandait, en tant que charter school catholique, le financement de l’Etat et donc du contribuable : mais la Cour « a jugé qu’une école religieuse à charte serait contraire à la constitution de l’Etat », rapporte NYT .

Pour Justin Driver, professeur à la faculté de droit de Yale, l’une des plus prestigieuses Universités outre-Atlantique, l’affaire examinée par les hauts magistrats « se résume à un dilemme entre deux principes constitutionnels américains : la non-discrimination d’une religion d’une part, et la neutralité d’un Etat par rapport à une religion », explique-t-il au NYT.

Et le juriste d’ajouter que l’affaire de l’école Saint-Isidore soulève certains aspects essentiels demeurés flous jusqu’ici : « Comment définir une charter school ? Est-ce un école publique ou une entité privée ? », interroge Justin Driver toujours dans NYT. Autant de questions qui devraient probablement être tranchées dans les prochains mois par la Cour suprême des Etats-Unis.

Vols dans la cathédrale d’Auch

Dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 juillet, des voleurs se sont introduits dans le Trésor de la cathédrale d’Auch et se sont emparés de deux couronnes « canoniques » ou « liturgiques », d’une statue de la Vierge portant l’Enfant Jésus, la Mère de Dieu et son Fils étant tous deux couronnés. Une enquête a été ouverte pour « vol aggravé ».

Les deux objets précieux, propriété de l’archevêché, avaient été prêtées au Trésor de la cathédrale pour pouvoir être admirés par les fidèles et les visiteurs. Situé dans « un ancien tribunal ecclésiastique », le Trésor était normalement bien gardé.

Le maire de Limoges agressé par des militants du NFP

Le maire Les Républicains de Limoges, Émile-Roger Lombertie, a été violemment pris à partie dimanche soir, vers 20h30, dans le square de l’Hôtel de Ville. Il a été frappé et insulté alors qu’il tentait d’éteindre un barbecue allumé par des manifestants fêtant les résultats du Nouveau Front populaire. Damien Maudet (NFP – LFI), Stéphane Delautrette (NFP – PS) et Manon Meunier (NFP – LFI), les trois députés sortants de Haute-Vienne, ont été réélus. Selon son entourage et selon des témoins, le maire a été frappé et insulté par une quinzaine d’individus lorsqu’il a descendu les marches de l’Hôtel de Ville pour faire cesser le barbecue. Émile-Roger Lombertie a voulu éteindre les flammes avec l’eau de la fontaine du square et a alors été insulté et a reçu des coups de poing.

Selon France Bleu Limousin, il ne s’agit pas des militants du Nouveau Front populaire mais de manifestants appartenant à un ou plusieurs collectifs de l’ultragauche, antifascistes. Au vu des candidats NFP, il semble pourtant qu’il s’agit des mêmes personnes…

La mairie a indiqué que le maire ne déposera pas plainte “pour éviter d’attiser un contexte déjà compliqué”. Sic. La peur de représailles ?

A cause du front “républicain”, le ministère des Armées va au devant de gros problèmes budgétaires

Croyez-vous que les LR et l’aile droite de la macronie ne le savaient pas ? Ils se sont engouffrés dans ce front “républicain” contre nature en connaissance de cause. La droite dit de gouvernement est irresponsable, ce qui n’est pas nouveau puisque que c’est sous Nicolas Sarkozy que les armées françaises ont connu leurs plus grosses diminutions d’effectifs (- 60 000 hommes) et de moyens (PEGP) :

Ainsi, selon les derniers chiffres de l’INSEE, à la fin du premier trimestre 2024, la dette publique avait encore augmenté de 58,3 milliards pour s’établir à 3159,7 milliards d’euros [soit 110,7 % du PIB]. Quand au déficit public, aucune amélioration n’est en vue : il devrait s’élever à 5,1 % du PIB en 2024 (…) « La France […] soumettra son plan national budgétaire et structurel à moyen terme [pour une durée de cinq ans] le 20 septembre 2024. La Commission procédera ensuite à son évaluation. Ce n’est qu’en novembre 2024 que la Commission formulera ses recommandations. La France aura six mois pour s’y conformer. Et, si, en juin 2025, la France n’a pris aucune mesure correctrice, alors la Commission pourrait envisager des sanctions », explique le site officiel Vie Publique.

Le risque est donc de voir les taux d’intérêts augmenter, ce qui augmentera mécaniquement la charge de la dette, sur laquelle il n’y a aucune marge de manœuvre. Aussi, pour le projet de loi de finances 2025, on peut s’attendre à des débats houleux sur les mesures à prendre : faudra-t-il augmenter les recettes [et donc les impôts], réduire les dépenses, ou faire les deux à la fois ?

Quoi qu’il en soit, au vu des positions affichées [et défendues] par les uns et les autres, trouver une majorité pour faire passer ce texte [qui, par ailleurs, ne manquera pas d’être modifié par le Sénat] avant le 31 décembre prochain sera une gageure. D’où l’hypothèse très probable d’un retour à une pratique qui était en vogue lors des IIIe et IVe Républiques, avec leurs majorités instables : la méthode dite du douzième provisoire.

Concrètement, en cas de blocage, le Parlement vote une loi d’urgence budgétaire dont les dépenses et les recettes, identiques à celles de la précédente loi de finances, sont divisées par douze. Ainsi, on appliquerait ces douzièmes pour chaque mois de l’année 2025, tant qu’un nouveau budget n’aura pas été adopté.

Sauf que, selon la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30, qui n’est pas contraignante stricto sensu, il est question d’augmenter le budget du ministère des Armées de 3,3 milliards d’euros en 2025, pour le porter à 50,5 milliards. Un effort quasi identique est prévu pour les annuités 2026 et 2027.

Si la méthode du douzième provisoire s’applique, alors le ministère des Armées devra faire une croix sur la trajectoire financière de la LPM, alors que plusieurs programmes d’envergure ont d’ores et déjà été engagés et que la modernisation de la dissuasion est un impératif. En outre, il faudra aussi prendre en compte les effets de l’inflation, ce qui compliquera davantage une équation déjà difficile à résoudre, d’autant plus que les marges de manœuvres sont déjà étroites…

Avec la guerre aux confins de l’Europe, l’apparition de nouveaux champs de conflictualité et des menaces qui s’empilent, une telle situation n’est évidemment guère confortable. Se posera également la question de l’engagement de la France auprès de ses Alliés.

Une solution serait de faire en sorte que les crédits du ministère des Armées soient votés en dehors d’un projet de loi de finances initiale. Là, il n’y aurait aucun difficulté à trouver une majorité confortable, le bloc central comme le RN et LR ayant pris l’engagement de respecter la LPM 2024-30 durant la campagne électorale. Seulement, il n’est pas certain qu’un tel expédient puisse être possible d’un point de vue juridique.

François Hollande propose comme priorité parlementaire l’euthanasie et le suicide assisté

François Hollande, après avoir fait adopter la dénaturation du mariage, propose comme priorité pour la nouvelle assemblée de remettre sur le tapis la loi sur l’euthanasie et le suicide assisté. Le retour de la culture de mort pour rassembler toute la gauche et sans doute une partie de la “droite”.

Sept ans après quitté la présidence de la République, François Hollande revient cette fois-ci sur les bancs de l’Assemblée nationale. Il a été élu député (NFP) de Corrèze ce dimanche 7 juillet avec 43,10% des voix. “Il y a une responsabilité. Le Nouveau Front Populaire doit prendre conscience de ce qu’il à faire aujourd’hui”, a-t-il déclaré dans la foulée de son élection. “Nous sommes dans une démocratie parlementaire et il faudra aller jusqu’au bout de cette démocratie parlementaire en cherchant, chaque fois que c’est possible, une majorité pour faire voter de nombreux textes.” Et au premier rang desquels se trouve, pour François Hollande, le projet de loi sur la fin de vie. “Je sais aussi que beaucoup attendaient que la loi sur la fin de vie puisse être adoptée”, a-t-il ainsi déclaré. Et pour le nouveau député de Corrèze, “il n’y a pas de temps à perdre cela peut être possible dès les prochains jours.”

Comment se comporteront les 126 députés du RN, les 17 députés LR-Ciotti et les LR et DVD ?  Rien que de poser la question est inquiétant…

LR va-t-il se comporter comme ces 2 dernières années, en laissant subsister un gouvernement du PS à Ensemble ?

Bruno Retailleau, patron du groupe LR au Sénat, a démenti hier l’idée selon laquelle LR pourrait participer à un gouvernement de coalition :

 

Sauf que la question n’est pas là : la vraie question à poser à Retailleau ce n’était pas celle d’une coalition allant du PS à LR mais celle d’une absence de motion de censure de la part de LR contre un gouvernement allant du PS à Ensemble. Car c’est bien cela qui nous attend. Que LR se comporte comme il s’est comporté durant les 2 dernières années, ne votant ou ne déposant aucune motion de censure, et laissant en vie durant 3 ans un gouvernement qui sera cette fois du PS à Ensemble.

Avec un parti LR amorphe, la majorité absolue n’est pas à 289 mais à 224. C’est tout de suite beaucoup plus facile à atteindre. On trouve une coalition possible : PS-Modem-Renaissance-Horizons (voir ce simulateur). Et LR invoquera le fait que ni LFI, ni RN ne sont dans le gouvernement pour refuser de la faire tomber…

9 jours pour devenir missionnaire à l’école de Marie Madeleine

Le 22 juillet, nous fêterons la célèbre et sainte Marie-Madeleine !

Première à avoir vu le Christ ressuscité et première à l’annoncer, Marie-Madeleine est un trésor pour nous, une figure exceptionnelle pour nous faire grandir dans la foi…

Elle est notre grande sœur en Christ et nous donne l’exemple parfait d’une disciple missionnaire. Jean-Paul II, lui, l’appellera même “l’apôtre des apôtres”.

Alors, à l’occasion de sa fête, Hozana propose 9 jours pour découvrir Marie-Madeleine, suivre ses pas et la laisser nous guider dans notre vie de disciple.

Demandons-lui d’intercéder pour nous afin que l’Esprit-Saint nous inonde de toutes ses grâces en priant cette neuvaine : inscription

La France piégée entre la gauche sectaire et le cynisme macronien

Par Yann Baly, président de Chrétienté-Solidarité, délégué général de l’AGRIF :

Deux jours avant le second tour des élections législatives, nous écrivions le danger que faisait courir au pays une gauche sectaire, plus que jamais animée par une tradition ininterrompue de haine et de violence politique, capable de plonger la France dans le chaos et la guerre civile.

Par le jeu des combinaisons électorales, des manipulations politiques et médiatiques, cette gauche-là est désormais aux portes du pouvoir, menaçant le pays d’une submersion migratoire sans retenue, préparant des mesures économiques et sociales qui termineront de le ruiner et travaillant à une restriction totalitaire des libertés notamment de l’information et de la presse.

Dans un pays majoritairement à droite, ainsi que l’ont démontré en nombre de voix les élections européennes et les 2 tours des législatives, face à cette situation, les partis dits de droite se trouvent, par leur faute, dépossédés et impuissants.

Avec une Marine Le Pen qui continue de clamer que son parti se situe au centre, voire se considére comme « socialement de gauche », le RN peine à se positionner comme une alternative de rassemblement à droite et ce, malgré la toute récente alliance avec Eric Ciotti et le soutien apporté par Marion Maréchal aux législatives. Cette stratégie du « ni droite, ni gauche » est définitivement marquée du sceau de l’échec.

Les LR non « ciottistes », par défiance envers le RN ou par désir de faire un bout de chemin avec Macron, sont, petit à petit, absorbés par le tourbillon centriste.

Le vainqueur de cette opération électorale est, contre toute attente, Emmanuel Macron. Le président de la République, que l’on croyait fini, il y a encore 2 jours, se retrouve à nouveau au milieu de l’arène politique, avec un groupe parlementaire central et incontournable qui lui permet de tirer les ficelles et de choisir l’orientation du futur gouvernement. Opération qu’il mènera avec le cynisme qu’on lui connait.

Que son choix se porte sur une alliance à gauche ou, comme cela semble se dessiner, une coalition sociale-démocrate penchant à droite, à défaut d’un vote de confiance, il saura, au travers du gouvernement qu’il aura choisi, s’offrir une nouvelle onction parlementaire. Comme pour la loi immigration (en fait, une loi de régularisation) ou l’inscription de l’avortement dans la Constitution, la compromission ou le manque de courage d’une majorité de députés siégeant à la droite de l’hémicycle, toutes appartenances confondues, favorisera-t-elle encore le plan présidentiel, lui offrant de nouveau une légitimité politique et médiatique de façade ?

La loi sur l’euthanasie et le suicide assisté pourrait être l’occasion d’obtenir cette quasi-unanimité, par une communion autour d’un nouvel article de foi de la religion progressiste.

Il faut espérer que les députés RN, LR et divers-droite, qui avaient courageusement voté contre l’avortement dans la Constitution (sortants que Chrétienté-Solidarité a soutenus) et qui ont tous quasiment été réélus, seront rejoints par de nombreux autres parlementaires, notamment parmi certains nouveaux élus RN dont nous savons qu’ils sont animés par les valeurs de la vraie droite, de la vie et de la famille.

Si elle veut gagner, la droite doit pleinement s’assumer comme nationale, populaire et sociale ! Elle doit retrouver ses fondamentaux politique et doctrinaux : la liberté et la propriété, la défense de la vie et de la famille, le travail et le mérite, l’ordre et la justice, la souveraineté et l’indépendance nationale. C’est ce à quoi aspire majoritairement le peuple de France. C’est ce changement que lui ont volé les compromissions politiciennes du « front républicain » et, avant elles, les reniements et les lâchetés de certains états-majors politiques.

Viktor Orban constitue le 3e groupe au Parlement européen

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

Sous l’égide de l’étonnant Viktor Orban. Il y a une semaine, il lançait un nouveau groupe au Parlement européen (puis il se rendait à Kiev, à Moscou, à Pékin pour faire la paix en Ukraine…) intitulé « Les patriotes pour l’Europe ».

Il s’agissait de ses 10 députés Fidesz, de 6 autrichiens (FPÖ), et de 7 tchèques (ANO). Or il faut 23 députés de sept pays pour constituer un groupe.

Une semaine plus tard, Orban (le banni du PPE que les médias disaient plus isolé que jamais) a rallié les Espagnols de Vox, les Belges du Vlaams Belang, les Néerlandais du parti de Wilders, les Portugais de Chega, les Danois du parti populaire, et, ce matin, la Ligue de Salvini, et… le gros bataillon du Rassemblement national (30 députés).

Ce qui devrait constituer un groupe de 86 députés, le troisième du Parlement européen… Dont la présidence devrait revenir à un Français du parti de Marine Le Pen (Bardella ?)…

15 juillet 2024 : Marche pour la Vie au Japon

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Cette année, comme chaque année, le Français Paul de Lacvivier organise la Marche pour la Vie au Japon, où il réside depuis plusieurs années. L’année dernière, celle-ci réunissait une centaine de personnes. Presque un miracle dans ce pays qui n’a pas (du tout), au contraire de la France, cette culture de la manifestation. Il faut dire que le pays du soleil levant n’a quasiment rien à envier à notre pays en matière d’avortement : la situation y est presque aussi catastrophique, puisque près de 200 000 enfants y sont tués chaque année dans le ventre de leur mère !

Cette marche pour la vie aura lieu à Tokyo, le 15 juillet 2024. Le rassemblement se fera à 15 h pour un départ à 15 h 30 du parc d’Hibiya.

Cette année les organisateurs sont libérés des problèmes d’organisation passée, et préparent déjà pour l’an prochain une association qui permettra de fédérer tous ceux qui combattent pour la vie au Japon.

La Marche pour la Vie de Tokyo est soutenue par la branche branche française de La Marche pour la Vie :

C’est après l’élection qu’ils vont dénoncer la folie du programme du NFP…

Après avoir renvoyé, durant la campagne, dos à dos les programmes économiques du RN et du NFP, Le Figaro alerte ses lecteurs sur la spoliation à venir :

L’alliance des partis de gauche, qui est arrivée en tête des élections législatives ce dimanche, compte revenir sur toutes les réformes fiscales d’Emmanuel Macron. L’addition s’annonce extrêmement salée pour les ménages aisés.

Ce n’est qu’un petit chapitre du programme du Nouveau Front populaire, mais il est de nature à générer de grandes inquiétudes chez les contribuables Français. Et ce d’autant plus depuis dimanche soir, alors que le l’union de la gauche est arrivée en tête des élections législatives… Sous le titre «Abolir les privilèges des milliardaires», le contrat de législature de la gauche propose un alourdissement général de la fiscalité en France. Bien au-delà de la poignée de «milliardaires» que compte le pays, il ferait peser sur les classes moyennes supérieures et les plus aisés un fardeau dantesque, alors même qu’au sein de l’OCDE, la France remporte déjà la palme du taux d’imposition le plus élevé.

Les gueux ont encore perdu

Dans le journal italien Corriere Della Sera, Michel Houellebecq évoque les législatives :

Via

La collusion entre les médias subventionnés et les partis politiques au pouvoir

C’est la gauche qui en parle le mieux :

 

Réaction d’Erik Tegner :

 

Dictature numérique, vous êtes sous surveillance

Internet, traçabilité, biométrie, reconnaissance faciale, monnaie dématérialisée… Le totalitarisme numérique s’installe actuellement en France. Avec les Jeux Olympiques de Paris, la France va devenir le laboratoire de la vidéosurveillance algorithmique (VSA)… Allons-nous vers un futur à la chinoise ? Si l’on en croit les déclarations des « élites », Bill Gates, le milliardaire américain, ou Klaus Schwab, l’ex-patron du Forum économique mondial de Davos, la Chine serait en effet le modèle à suivre. Des propos inquiétants quand on sait quel régime autoritaire y règne.

Face à la montée grandissante du totalitarisme numérique dans notre pays, Nexus vous propose ce documentaire exclusif en accès libre :

En attendant la rentrée à l’Assemblée, l’extrême-gauche met le bazar dans la rue

De nombreuses violences ont émaillé la soirée, animée par les nervis d’extrême-gauche que Darmanin a laissé prospérer.

 

Déni de démocratie

Les résultats officiels ce matin sur le site du ministère de l’Intérieur montrent que les Français se sont véritablement fait voler les élections, par des manipulations et des bricolages politiciens. Je vous laisse découvrir, pour ce second tour, la différence entre le nombre de voix obtenus par chacun des partis et le nombre d’élus qui en résulte : 10.110.084 de Français ont voté pour le RN & alliés au second tour, 7.005.499 pour le NFP et 6.314.609 pour Ensemble :

Ainsi, comme le calcule un lecteur en commentaire :

  • nombre de suffrages pour 1 député RN élu : 99.376
  • nombre de suffrages pour 1 député UG : 47.983
  • nombre de suffrages pour 1 député ENS : 42.666
  • nombre de suffrages pour 1 député LR : 38.808
  • nombre de suffrages pour 1 député UXD : 85.309
  • nombre de suffrages pour 1 député DVD : 39.222
  • nombre de suffrages pour 1 député DVG : 32.422
  • nombre de suffrages pour 1 député REG : 32.022
  • nombre de suffrages pour 1 député HOR : 43.023
  • nombre de suffrages pour 1 député DVC : 29.527
  • nombre de suffrages pour 1 député UDI : 39.891
  • nombre de suffrages pour 1 député DIV : 38.025
  • nombre de suffrages pour 1 député ECO : 37.808
  • nombre de suffrages pour 1 député SOC : 13.171

Retrouvez ici la liste des 577 députés.

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