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« Modérés »

C Lu dans Le Monde, à propos de l'affaire de la burqa :

"Beaucoup n'en reviennent pas eux-mêmes. Alors qu'il y a quelques semaines ils étaient les premiers à juger "inadapté" le voile intégral arboré par certaines de leurs "soeurs", des musulmans adeptes d'un "islam du juste milieu" se surprennent aujourd'hui à prendre leur défense ou tout au moins à exprimer leur "solidarité" avec ces femmes pourtant assez peu représentatives de l'islam de France."

Ces musulmans modérés ressentent en effet cette affaire :

"comme une attaque contre l'islam en général".

Ainsi, on doit en conclure que critiquer un aspect, disons "fanatique", de l'islam revient à attaquer l'islam en général et à se mettre à dos les musulmans modérés. Que doit-on en conclure d'autre sinon que ces aspects "fanatiques" sont tout simplement constitutifs de l'islam et qu'il n'y a pas d'islam modéré. Il existe tout au plus des musulmans modérés, comme Mahmoud Doua, imam à Talence, qui, après une intervention télévisée dans laquelle il condamnait pourtant le principe d'une loi, s'est fait molester par des salafistes.

Sénat : le travail dominical comme une lettre à la Poste ?

La commission des Affaires sociales du Sénat n'a apporté aucune modification à la proposition de loi UMP sur le travail du dimanche déjà adoptée par l'Assemblée nationale. Cela augure un vote du Sénat, en séance, conforme à la version adoptée mercredi par les députés, ce qui rendrait son adoption par le parlement définitive. Seuls 7 amendements avaient été déposés en commission des Affaires sociales, sept du groupe communiste et du parti de gauche (CRC-SPG) et un du centriste Yves Pozzo di Borgo. Ils ont tous été rejetés. Le texte viendra en discussion en séance à partir de mardi 21 juillet.

Nouvelle tentative pour obliger les Etats à accepter l’avortement

E Des femmes irlandaises ayant avorté en Angleterre ont porté plainte devant la cour européenne des droits de l'homme, prétextant avoir été privées de leurs droits. La CEDH a renvoyé ce cas devant la Grand Chambre. Cette décision de renvoyer le procès devant la grande chambre fait de la décision future une décision importante, puisqu'elle engagera toutes les autres chambres, dans tous les Etats membres. Les pro-avortements ne cachent pas leur volonté de s'attaquer aux lois pro-vie irlandaises. Ce qui ne sera vraisemblablement pas une partie facile : l'Irlande a en effet interdit l'avortement jusque dans sa constitution, et les Irlandais sont très attaché à ce droit fondamental à la vie.

La cour localisée à Strasbourg doit d'abord définir si elle a le pouvoir de rendre une décision. Le gouvernement irlandais fait en effet valoir que la convention européenne sur les droits de l'homme sous laquelle la cour opère ne confère pas de droit à l'avortement et le conseil européen n'a jamais rien voté pour autoriser quoi que ce soit en la matière.

L’UMP doit se réapproprier les questions sociales

Hervé Mariton, député de la Drôme (qui a voté contre la travail dominical), est le rapporteur du groupe de travail UMP sur les questions de société. Il déclare :

M "Le déclin du mariage, l'éclatement des couples et l'éducation monoparentale peuvent être des situations de fait, qu'il faut gérer, mais ne sont pas pour nous des modèles. Les politiques doivent contribuer à la stabilité des familles. Je vous renvoie à l'étude Analyses anglo-saxonnes. Socialement incorrecte ? (PUF), selon laquelle le taux d'homicide chez les enfants venant d'une famille recomposée est 70 fois plus élevé que des enfants vivant avec leurs deux parents biologiques. Dans les familles monoparentales, les enfants quittent l'école plus tôt que dans les familles biparentales et chez les filles, les grossesses précoces sont plus fréquentes… […]

Il ne faut pas répugner à la loi dans les questions familiales, mais la loi ne résout pas tout. Le débat est important. Prenons l'exemple de l'avortement : la philosophe Monique Canto-Sperber nous a rappelé que la loi anglo-saxonne en matière d'avortement était beaucoup plus libérale que la loi française. Pourtant, il y a plus d'avortements en France qu'en Grande-Bretagne. Là-bas, on en parle, alors qu'ici, le sujet est exclu du débat public. D'où l'importance de ces débats, auxquels les députés doivent prendre toute leur part."

Les dessous du Vélib’

A propos des Vélib', voici ce que l'on apprend sur Novopress :

V "l’entreprise JC Decaux fait fabriquer ses vélos en Hongrie dans usine où les ouvriers sont payés deux euros de l’heure et gagnent à peine 350 euros par mois, bien en dessous du salaire moyen hongrois (qui se situe aux alentours de 730 euros).

C’est à Tószeg, une ville de 4700 habitants au sud de Budapest, que, profitant de l’absence de salaire minimum légal, l’exploitation a été mise en place. La main-d’œuvre y est flexible à souhait et les salaires très bas. Les employés travaillent en moyenne 5 jours par semaine de 6h à 14h30 avec seulement deux pauses de dix minutes et un déjeuner de 20 minutes. Pour ce salaire horaire de 2 euros, les 400 ouvriers de Tószeg produisent plus de 200 000 vélos par an."

UE : parodie de démocratie

Extrait de l'éditorial de Daoudal Hebdo :

P "Le Polonais Jerzy Buzek a été «élu» «président du Parlement européen», lors de la séance inaugurale, mardi, par 555 voix sur 644 votes valides. Il a été élu par les membres de son groupe, le PPE, mais aussi par les socialistes, puisque les deux principaux groupes se partagent la présidence : deux ans et demi pour l’un, deux ans et demi pour l’autre. Ce partage ne figure dans aucun texte. C’est un arrangement entre larrons en foire. Dans les années 80, Jerzy Buzek fut un des dirigeants de Solidarnosc, luttant contre le communisme du parti unique. Aujourd’hui il est la potiche du parti unique européiste à Strasbourg. En Pologne, sous le communisme, il y avait une parodie de démocratie, avec des partis officiellement non communistes. Au Parlement européen, de même (mais en situation inversée), il y avait un autre candidat : la représentante du groupe communiste, pour que ça ait l’air d’une élection démocratique… Elle a obtenu 89 voix.

En revanche, pour le président de la Commission européenne, on ne va même pas faire semblant. Le seul candidat est José Manuel Barroso, qui va se succéder à lui-même. Et cela donne lieu à une autre parodie de démocratie. Pour faire croire qu’il a des pouvoirs et qu’il compte dans le jeu européen, le Parlement a décidé de ne pas avaliser tout de suite la nomination de Barroso. Il donnera son avis en automne… Autre bidouillerie ubuesque: au sommet du mois dernier, les 27 avaient approuvé le principe d'une reconduction de Barroso. Cela devait être officialisé après diverses consultations. Ils avaient jusqu'au 9 juillet pour faire connaître leur décision. Ils n’ont rien dit. Donc Barroso a été proclamé officiellement candidat, selon la procédure dite «de silence». Sic."

USA : Sonia Sotomayor et l’avortement

S Sonia Sotomayor a tenté mercredi de désamorcer les inquiétudes de sénateurs républicains sur la question de l'avortement, au troisième jour de l'audition devant le Sénat américain pour sa nomination (à vie) à la Cour suprême. C'est cette Cour Suprême, qui, dans un arrêt de 1973, a estimé l'avortement conforme à la Constitution.

La semaine dernière, le président Obama s'était engagé auprès du pape Benoît XVI à tenter de réduire le nombre d'avortements aux Etats-Unis, lors de sa visite au Vatican. Un engagment creux, en regard des premières mesures prises après son élection : dès le 23 janvier, il a levé les restrictions aux subventions publiques en faveur des associations qui militent pour l'avortement à l'étranger. Début mars, il a autorisé le financement par l'Etat de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Bref, ceux qui mettent leur espérance pro-vie en lui feraient mieux de voir concrètement si le président américain prend des mesures conformes à ses paroles, comme le lui a suggéré le chevalier suprême des chevaliers de Colomb. Il faut souligner que l'opinion publique américaine est favorable à une protection de la vie plus importante. Il est donc un peu hypocrite d'essayer de rallier l'opinion sans agir sur ce sujet.

C'est ce que tente Sonia Sotomayor. La séance de questions des sénateurs a été perturbée par des militants hostiles au droit à l'avortement, lors des deux premiers jours de l'audition, dont la fameuse Jane Roe. Sur l'ensemble des questions touchant au respect de la vie, Mme Sotomayor a botté en touche, ajoutant que "les choix politiques n'avaient pas leur place dans l'enceinte d'un tribunal".

Retraites des mères : Mariton sera-t-il entendu ?

C’est en 1924 qu’a été mis en place un système de bonification pour les femmes ayant des enfants. À l’époque, les travaux préparatoires à la loi précisent clairement l’objectif : faciliter le retour de la femme à son foyer, afin qu’il soit mieux à même de veiller à l’éducation familiale. Pour cela, ces mères se voyaient attribuer une année de cotisation de retraite par enfant élevé, qu’elles aient ou non cessé leur activité professionnelle. Le système a été modifié en 2003 (lire plus loin).

En 1971, ce dispositif a été étendu pour les femmes du secteur privé, leur permettant de valider huit trimestres de retraite par enfant élevé avant l’âge de 16 ans. La femme n’est pas obligée d’avoir arrêté son activité pour y prétendre. Si la mesure comportait une dimension nataliste et familiale à sa création, elle vise aujourd’hui à compenser une inégalité entre hommes et femmes face à la retraite. Alors que les hommes totalisent en moyenne 157 trimestres en fin de parcours professionnel, leurs collègues féminines n’en comptent que 137. 

En juillet 2002, le Conseil d’État entérine un arrêt de la Cour de justice des communautés européennes (CJCE) et oblige la France à accorder à ses fonctionnaires pères de famille les mêmes bonifications qu’aux mères, au nom du principe d’égalité. La théorie du gender… Pour éviter que cela lui coûte trop cher, l’État a décidé de revoir l’ensemble du système à l’occasion de la réforme des retraites, en 2003 : les enfants nés avant le 1er janvier 2004 donnent toujours droit à une bonification d’un an, pour les hommes comme pour les femmes, à condition d’avoir interrompu son activité professionnelle pendant une période continue d’au moins deux mois, suite à la naissance ou l’adoption d’un enfant. Pour chaque enfant né ou adopté à compter du 1er janvier 2004, les femmes, et elles seules, ont droit à une majoration d’assurance retraite de six mois.

M Le 19 février 2009, un arrêt de la Cour de cassation a accordé le bénéfice des majorations de durée d’assurance à un père de famille travaillant dans le privé, pour le même motif d’égalité. Pour éviter l'inflation des coûts, le gouvernement a lancé des consultations afin de changer les règles, et ce dès le budget 2010 de la Sécurité sociale qui sera présenté à l’automne au parlement. Dans un rapport publié en décembre dernier, le conseil d’orientation des retraites (COR) réaffirme l’importance de compenser les inégalités de carrière entre hommes et femmes. Mais pour éviter que celles-ci s’éloignent trop longtemps du marché du travail, il suggère de diminuer d’un an la majoration de durée d’assurance, en échange d’un bonus financier. Le député Hervé Mariton (UMP) préfère que le gouvernement maintienne un avantage spécifique à la femme.

"Il suffirait de le lier explicitement, dans la loi, au fait d’accoucher. Et d’imaginer en plus un dispositif spécifique pour l’adoption. Les économies budgétaires ne doivent pas se faire au détriment de la politique familiale !"

Les députés ont voté pour le travail dominical

Le détail des votes est ici. 282 voix pour le travail dominical (dont les très "chrétien-démocrates" députés du Parti de Mme Boutin) contre 238. Parmi l'UMP, voici ceux qui ont eu le courage de voter contre : Xavier Breton, Yves Bur, Lucien Degauchy, Guénhaël Huet, Denis Jacquat, Hervé Mariton, Jean Ueberschlag, Christian Vanneste, Gérard Voisin et Marie-Jo Zimmermann.

15 députés UMP se sont abstenus : Yves Censi, Marie-Christine Dalloz, André Flajolet, Jean-Pierre Grand, Jean-Jacques Guillet, Michel Heinrich, Marguerite Lamour, Jacques Le Guen, Jacques Le Nay, Jean-Philippe Maurer, Christian Ménard, Jean-Marie Morisset, Etienne Pinte, Michel Piron et Lionel Tardy.

Véronique Besse, député MPF (Non-inscrit), a voté contre la proposition de loi (comme Dominique Souchet, Nicolas Dupont-Aignan…) qui remet en cause le repos dominical et s'en explique :

"Ce texte est une erreur économique et sociale mais il est surtout dangereux pour notre société. Le travail dominical va accentuer la perte des repères. Sans jour de repos commun, les Français vont être isolés les uns des autres pour ne faire que produire et consommer. Cette loi va hypothéquer la vie de famille, l’éducation des enfants et la transmission des valeurs."

La proposition doit maintenant passer au Sénat.

UE : un commissaire pour la lutte contre les discriminations ?

B Les députés européens se préparent à voter à l'automne sur l'éventuelle reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Devant les nouveaux élus réunis à Strasbourg, le Portugais a défendu son bilan. L'ancien chef du gouvernement portugais, candidat à sa propre succession et pour l'instant sans rival, est soutenu par les 27 gouvernement de l'UE. Mais le Parlement doit le confirmer, en principe à sa prochaine session plénière à la mi-septembre, par un vote à la majorité simple des députés présents. Sa famille politique ne l'atteint pas à elle seule et veut trouver des alliés du côté des socialistes et des libéraux.

Barroso souhaitait être adoubé dès le mois de juillet. Mais une majorité d'élus ont refusé d'accéder à sa demande, cherchant ainsi à affirmer leur pouvoir. Pour emporter leurs suffrages en septembre, ils lui ont demandé de coucher noir sur blanc un programme politique détaillé.

Le chef de file des Libéraux, le Belge Guy Verhofstadt, qui dut renoncer en 2004 à la tête de l'exécutif européen au profit de M. Barroso, a présenté ses exigences : cinq priorités, dont la préparation d'un plan de relance et la création d'un portefeuille de commissaire pour la lutte contre les discriminations.

La nouvelle idéologie

Elle est exprimée ainsi par Jacques Attali, dans le dernier numéro de la revue de la gendarmerie nationale consacré aux populations en mouvement :

A "L'intensification des flux migratoires sud/nord devra s'accompagner d'une évolution des mentalités des populations des pays développés. Pour le moment, seuls 10% supportent l'idée d'une amplification de l'immigration. (…) Par leur ampleur et leur prédictibilité, les migrations climatiques du siècle à venir s'imposeront comme l'un des plus grands mouvements migratoires qui ait traversé l'histoire. (….) Ce qui est certain c'est que les migrations à venir, et celles liées au climat tout particulièrement, bouleverseront l'ordre établi, elles définiront de nouveaux rapports de société, détermineront de nouveaux enjeux. En un mot, elles marqueront l'histoire future.

Tout cela modifiera profondément la nature de la culture de nos sociétés. Nous entrons dans une société de nouveaux nomades. Non seulement des milliards de gens seront conduits à redevenir nomades pour survivre, mais encore, les plus riches seront eux aussi hyper-nomades, soucieux de préserver leurs libertés et de vivre sans contrainte de territoire ou d'appartenance.
Réorganiser le monde autour de cette nouvelle idée, de cette nouvelle idéologie, sera un des principaux enjeux institutionnels de l'avenir."

Jacques Attali pourrait utilement appliquer à lui-même cette nouvelle idéologie et s'empresser de quitter ce pays. Pour mémoire, voici un extrait du n°26 de l'encyclique :

"On ne doit toutefois pas négliger le fait que la marchandisation accrue des échanges culturels favorise aujourd’hui un double danger. On note, en premier lieu, un éclectisme culturel assumé souvent de façon non-critique: les cultures sont simplement mises côte à côte et considérées comme substantiellement équivalentes et interchangeables entre elles. Cela favorise un glissement vers un relativisme qui n’encourage pas le vrai dialogue interculturel; sur le plan social, le relativisme culturel conduit effectivement les groupes culturels à se rapprocher et à coexister, mais sans dialogue authentique et, donc, sans véritable intégration. En second lieu, il existe un danger constitué par le nivellement culturel et par l’uniformisation des comportements et des styles de vie. De cette manière, la signification profonde de la culture des différentes nations, des traditions des divers peuples, à l’intérieur desquelles la personne affronte les questions fondamentales de l’existence en vient à disparaître. Eclectisme et nivellement culturel ont en commun de séparer la culture de la nature humaine. Ainsi, les cultures ne savent plus trouver leur mesure dans une nature qui les transcende, et elles finissent par réduire l’homme à un donné purement culturel. Quand cela advient, l’humanité court de nouveaux périls d’asservissement et de manipulation."

Christian Vanneste contre le travail du dimanche

En compagnie de Véronique Besse et Dominique Souchet (MPF), le député UMP-CNI signe une tribune contre le travail dominical :

"L’ouverture des magasins le dimanche ne créera aucune richesse supplémentaire. Elle n’augmentera pas un pouvoir d’achat qui s’étalera simplement sur un jour de plus au bénéfice de grandes surfaces spécialisées, fortement importatrices, et au détriment des commerçants indépendants, incapables par manque de personnel d’assurer une activité continue. Faut-il rappeler que ces entreprises emploient trois fois plus de personnel pour le même chiffre d’affaires que les grandes surfaces. Chez ces dernières, les généralistes ne montrent d’ailleurs aucun engouement pour cette mesure.

Sur le plan social, en revanche, le recul est évident. La liberté de choix des salariés sera un leurre. La vie familiale des employés du dimanche sera gravement compromise. Leur participation à la vie associative sera également perturbée. L’équilibre par les loisirs sportifs ou culturels sera pour eux hors d’atteinte. À une augmentation de salaire légitime correspondra une perte d’emplois dans les commerces incapables d’ouvrir le dimanche, une diminution de la participation à la vie sociale en dehors de la consommation de masse."

Lutte contre le travail dominical

Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a annoncé qu'il saisirait le Conseil constitutionnel contre le texte sur les dérogations au repos du dimanche, s'il est adopté par le Parlement d'ici la fin juillet.

La condamnation de Fofana : où est le vrai scandale ?

Lu dans Minute :

F "Philippe Bilger. Avocat général près la cour d’appel de Paris, c’est lui qui, en tant qu’avocat général lors du procès de Youssouf Fofana et de ses vingt-six co-accusés, a prononcé le réquisitoire le 1er juillet. C’est lui qui a réclamé des peines échelonnées en fonction de la responsabilité individuelle (le mot est important dans le droit français) des accusés, allant de la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux ans (il n’est pas possible d’aller au-delà) à l’égard de Youssouf Fofana à un acquittement en passant par des peines de prison avec sursis. Or, contrairement à ce qui est dit, écrit, éructé, les jurés ont globalement suivi ses réquisitions. […] Et Michèle Alliot-Marie, pour sa première décision majeure en tant que ministre de la Justice et garde des Sceaux, a décidé que le parquet devait faire appel de quatorze des vingt-cinq condamnations au motif officiel qu’elles sont insuffisantes à ses yeux, car inférieures aux réquisitions".

"le vrai scandale de ce procès, ce n’est pas que certains aient écopé de dix-huit ans quand l’avocat général en avait requis vingt, c’est que la peine maximale qui ait pu être infligée à ce dingue soit de vingt-deux ans, puisque la perpétuité, en France, c’est en fait vingt-deux ans maximum «incompressibles». Au-delà, la perpétuité peut être compressée en une distorsion temporelle et sémantique […] De sorte que Fofana, incarcéré depuis le printemps 2006, pourra être remis en liberté dès le printemps 2028 ! Et qu’à 48 ans, il sera encore dans la pleine force du fauve qu’il se targue d’avoir été le jour où il a tué Ilan Halimi : «Il vaut mieux vivre un jour comme un lion que cent jours comme un mouton», a-t-il dit au dernier jour de son procès…"

Quand il n'y a pas de peine de mort il n'y a pas non plus de véritable perpétuité.

Aucun Français ne siègera au bureau du Parlement européen

Les Français n’ont obtenu aucun poste de vice-président, ni de questeur. En clair, la gestion du Parlement au quotidien leur échappera (immobilier, règlement intérieur, etc.). «C’est la première fois depuis très, très longtemps que cela se produit», reconnaît atterré un diplomate français.

La travail dominical sera voté aujourd’hui

D Les députés doivent voter aujourd'hui la proposition de loi sur le travail du dimanche. La CFTC a dénoncé un "catalogue de promesses non-tenues" pour encadrer le travail du dimanche. "Les salariés travaillant le dimanche seront payés double" figure parmi ces "promesses". Le syndicat estime au contraire que le travail dominical revient à "travailler plus sans gagner plus". La proposition de loi autorise sous des régimes différents le travail dominical dans les communes touristiques et les grandes zones commerciales de Paris, Lille et Marseille. Dans les communes touristiques, la proposition de loi ne prévoit aucune contrepartie obligatoire au travail le dimanche (repos compensateur, majoration de salaires). Selon la CFTC :

"La mise en application de la proposition de loi Mallié ferait disparaître de très nombreux commerces de proximité et des dizaines de milliers d'emplois".

La gauche est opposée à ce texte. Mais quelques députés UMP également. Nous noterons avec attention ceux qui auront eu le courage de refuser ce texte, ceux qui se seront abstenus et ceux qui auront voté oui.

Mise à jour

On annonçait ce matin le chiffre de 317 voitures brûlées dans la nuit du 13 au 14. Le bilan définitif se situe au-delà de 500.

USA : Jane Roe, arrêtée

R Norma McCorvey (alias Jane Roe) est un emblème aux Etats-Unis. En 1969, à 21 ans, enceinte pour la troisième fois, cette jeune femme pauvre, alcoolique et droguée, envisage de mettre un terme à sa grossesse. Elle devient la proie de d'avocates féministes sans scrupules à la recherche de « la » jeune femme dont l'histoire servirait à une procédure pour légaliser l'avortement. Sous le pseudonyme de Jane Roe, elle dépose une plainte et, le 22 janvier 1973, la Cour suprême des Etats-Unis, par son arrêt Roe versus Wade, déclare constitutionnel le droit à l'avortement. Mais Norma McCorvey n'a pas avorté, donnant le jour à une petite Melissa. Et en 1987, le mythe Roe perd de son éclat lorsqu’on apprend que sa grossesse ne résultait pas d’un viol en réunion, mais d’une liaison volontaire.
Elle s'est ensuite convertie au christianisme et devenue une militante passionnée de la culture de vie.

Lundi, elle a été arrêtée alors qu'elle interrompait les auditions de confirmation
au Sénat
de la juge (pro-avortement) désignée par Obama à la cour
suprême, Sonia Sotomayor.

Le rappeur Orelsan a le soutien de Mitterrand

Après l'annulation du rappeur Orelsan aux Francofolies, en raison de ses "chansons" ultra-violentes, Frédéric Mitterrand a déclaré :

"Je trouve toute cette polémique tout à fait ridicule. Orelsan
exprime le dépit amoureux
["sale pute"…], avec des termes qui ne sont pas les miens,
moi je ne parle pas exactement la même langue, mais il a tout à fait le
droit de l'exprimer
".

"Je
ne trouve rien de choquant
ni de répréhensible à la manière dont il le
chante ["J'veux que tu tombes enceinte et que tu perdes l' enfant"] ".

"il a le droit tout à fait légitime de composer sa
chanson et de la chanter où il veut". ["On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée […] quand j'te déboiterais la mâchoire /
T'es juste une truie tu mérites ta place à l'abattoir
[…] J'veux te voir rendre l'âme"]

Rien de choquant. Juste de la poésie…

Les Polonais et l’UE

Tandis qu'un Polonais, Jerzy Buzek, ancien dirigeant de Solidarnosc, luttant contre le communisme du parti unique, aujourd'hui membre du PPE, est élu président du Parlement européen, tant par les voix du PPE que des socialistes, le président polonais Lech Kaczynski a promis qu'il signerait le traité de Lisbonne "le jour même" où sera annoncée la victoire du oui lors du nouveau référendum en Irlande. Le 2 octobre, si c'est le oui qui l'emporte.

« Le passé détient la clef de notre avenir »

Le 11 juillet, L'Osservatore Romano a relayé certains passages d'une
intervention de Mgr Jean-Louis Bruguès
, secrétaire de la Congrégation
pour l'éducation catholique, publiés dans les Actes de la conférence
internationale pour l'éducation catholique et par l'association
internationale des instituts de sciences de l'éducation :

"Comment
ne pas distinguer le danger qui menace les sociétés où les écoles
voient diminuer, jusqu'à disparaître, les matières de mémoire, comme
l'histoire, les langues anciennes, l'art, la philosophie et la culture
générale ? […] l'individu touché par l'amnésie ne sait plus qui il est […] Il
devient incapable de donner une direction à son existence
. La même chose vaut pour les nations : les peuples sans
histoire sont des peuples sans avenir
. La vitalité de la mémoire
est la condition de tout progrès humain
.

Reconnaissons
ici un des premiers défis que la modernité pose à nos civilisations.  S'il est vrai que le passé est
moralement vide, s'il ne contient aucun message, aucune leçon recevable
par un esprit moderne, aucun ‘programme' diraient les généticiens,
alors nous sommes condamnés à revivre les mêmes expériences et les
mêmes erreurs. Nous nous obligeons nous-mêmes à accomplir
de continuels retours… en arrière".

Dans cette intervention, le
secrétaire de la Congrégation pour l'éducation catholique évoque aussi
une

"société marquée par l'exhibitionnisme et donc par le
voyeurisme
[où] il est désormais devenu normal de se déshabiller en
public, au sens figuré ou non, et d'exalter en un certain sens ses
propres faiblesses".

Mondialisation et mondialisme

Dans Minute, l'abbé de Tanoüarn revient sur l'encyclique :

"Entendons-nous bien : il y a le
mondialisme, qui est la dernière idéologie
occidentale d’origine américaine,
idéologie qui a pour but la disparition
des nations
dans un melting pot qui
devra permettre l’extension du
modèle américain à l’univers, et il y a
la mondialisation qui est un phénomène
à la fois technologique (Internet est
un instrument, le développement des
moyens de communication en est un
autre) et commercial (parce que le
marché mondial est devenu un fait lui
aussi, un fait qui s’impose à toutes les
entreprises, les pays dits émergents
apparaissant comme la principale
source de richesse à court et à moyen
terme).
[…]

Le pape s’oppose au mondialisme.
A plusieurs reprises dans cette encyclique,
il défend les nations et les identités.
Il insiste aussi sur le rôle de l’Etat
face au marché : « L’économie intégrée
de notre époque n’élimine pas le rôle des
Etats, elle engage plutôt les gouvernements
à une plus forte collaboration réciproque.
La sagesse et la prudence nous
invitent à ne pas proclamer trop tôt la fin
de l’Etat
» (n°41). […]

On a beaucoup reproché au pape
de mettre en avant l’idée d’un gouvernement
mondial au n°67
. Mais que
cherche-t-il, ce faisant, sinon à opposer
au marché mondialisé une instance
politique capable de résister au court-termisme
et à l’impératif du rendement
immédiat ?
Oh ! Il y a là bien sûr
une dimension utopique. Ce qu’il faut
comprendre, c’est que cette idée d’un
gouvernement mondial opposé aux
forces mondialisées d’un marché
devenu centrifuge signifie avant tout,
chez Benoît XVI, un antilibéralisme
viscéral. Il ne se résout pas à laisser le
dernier mot aux impératifs économiques.
Pour lui le marché ne peut pas
être autonome, il est en quelque sorte
sous la tutelle bienfaisante des gouvernements
.
La faiblesse des institutions
internationales, dont Benoît XVI
éreinte au passage l’opacité et le
manque d’efficacité
, invite à poser les
problèmes de régulation non seulement
en termes administratifs, comme on l’a fait jusqu’à maintenant, mais
bien en termes politiques, en faisant
appel à «quelques hommes droits»
(n°71) qui poseront des limites aux
ardeurs spéculatives, destructrices du
« capital social »."

Les Vélib’ en chiffres

20.000 bicyclettes mises en circulation dans la capitale, 16.000 dégradations, 8.000 vols, 3.500 plaintes auprès de la police, 1.500 réparations par jour.

Brice Hortefeux face aux émeutiers du 14 juillet

Le ministre de l'intérieur décrit ses mesures pour parer à toute situation pré-insurrectionnelle :

"Dès la nuit dernière, 36 unités de forces mobiles ont été mobilisées
et 34 000 policiers et gendarmes ont été déployés
. Mardi, les effectifs
monteront en puis­sance pour atteindre 75 Compagnies républicaines de
sécurité et escadrons
. Au total, pas moins de 40 000 hommes seront sur
le ­terrain sur l'ensemble du territoire
. Les transports en commun
d'Ile-de-France seront particulièrement surveillés. Par ailleurs, j'ai
demandé aux préfets de travailler avec les élus locaux afin que ces
derniers mobilisent leur police municipale, prennent toutes les mesures
préventives utiles et veillent aux conditions de sécurité dans
l'utilisation des feux d'artifice. À ce titre, j'ai interdit la vente
de certaines catégories de mortiers. Enfin, un poste de commandement
opérationnel spécifique est actionné pendant 24 heures au sein du
ministère de l'Intérieur."

317 voitures ont été brûlées en France dans la nuit du 13 au 14 juillet, selon un bilan provisoire arrêté à 06H00, soit 6,73% % de plus qu'au cours de la même période de 2008.

Emeute à Montreuil

Plusieurs centaines de manifestants, qui s'étaient regroupés lundi en fin d'après-midi à Montreuil, pour protester contre les «violences policières», ont affronté les forces de l'ordre pendant près d'une heure. Les manifestants protestaient contre l'expulsion mercredi de plusieurs squatters qui occupaient une ancienne clinique, au cours de laquelle un jeune homme affirme avoir perdu un oeil, à la suite d'un tir de flash-ball par les policiers.
Les manifestants ont tiré à l'aide de mortiers de feu d'artifices et de fusées en direction des gardes mobiles qui n'ont pas répliqué.

« Sobriété »…

Il n'y aura que 5000 invités à la garden party de l'Elysée.

Changements à la Communauté de l’Emmanuel

Depuis le 12 juillet, Laurent Landete est le nouveau responsable de la Communauté de l’Emmanuel. Élu pour trois années par le conseil international de la Communauté, ce père de six enfants, infirmier à Bordeaux, était jusqu’à présent délégué du modérateur pour la France, notamment responsable des sessions d’été à Paray-le-Monial. Il succède à Dominique Vermersch – professeur d’économie et d’éthique à Agrocampus Ouest – arrivé au terme de ses trois mandats consécutifs possibles. Les 400 délégués de la Communauté de l’Emmanuel – représentant ses 8 000 membres répartis dans les différentes provinces et pays à travers le monde – se sont tous réunis à Paris en présence du cardinal André Vingt-Trois, assistant ecclésiastique de la Communauté de l’Emmanuel, pour élire les 17 membres du conseil international. C’est ce nouveau conseil qui a élu Laurent Landete , le nouveau modérateur.

Le changement de modérateur intervient alors que la Communauté de l’Emmanuel vient d’être érigée en association publique internationale de fidèles, par décision du Conseil pontifical pour les Laïcs, le 20 juin 2009. La Communauté était, jusqu’à ce jour, une association privée de fidèles de droit pontifical (par décret du Conseil pontifical pour les Laïcs le 8 déc. 1998).

Pieux mensonge de Devedjian

Relevé par Présent :

"Pour faire passer le travail du dimanche, ils sont prêts à tout. Témoin, Patrick Devedjian, ministre de la Relance (sic), qui déclare : «Je rappelle qu‘à Lille, on est juste à la frontière de la Belgique et qu’en Belgique tout est ouvert le dimanche.» Ce qui est un gros mensonge. La Belgique, comme d’ailleurs la France pour l’heure, n’autorise l’ouverture le dimanche que six dimanches par an."

Ségolène Royal contre le rappeur Orelsan

Lu dans Présent, sous la plume de Caroline Parmentier :

"Orelsan, auteur notamment de Sale pute, « chanson » dans laquelle il évoque avec délectation des violences extrêmes et des sévices atroces contre sa compagne dont une tentative d’avortement (à la Cheb Mami), a été annulé par les organisateurs au dernier moment. Scandale et censure aux Francofolies pour plusieurs artistes […] Mais le plus virulent reste l’extrême gauchiste Cali. Il a dénoncé un «acharnement insupportable sur Orelsan». Selon lui, la manifestation «se discrédite totalement» en déprogrammant le jeune rappeur, «ce qui risque de provoquer des autocensures très peu propices à la création» (sic). «Il y aura un avant et un après Orelsan. Pour ma part, je boycotterai, avec tristesse mais conviction, tous ces lieux muselés», a-t-il déclaré, non sans emphase.

Le plus savoureux, et que lui a renvoyé dans les dents le fondateur des Francofolies Jean-Louis Foulquier, c’est que c’est Ségolène Royal qui est à l’origine de la déprogrammation d’Orelsan. Ségolène Royal, que Cali a soutenue amoureusement lors de la dernière campagne présidentielle en chantant dans ses meetings. Foulquier a affirmé que la présidente de la région Poitou-Charentes s‘était comportée en « maître chanteuse » : ou les dirigeants des Francofolies suspendaient la programmation d’Orelsan ou le festival n’avait plus les subventions de la Région. De son côté, Ségolène Royal a déclaré avoir «demandé des clarifications au festival» sur la présence d’Orelsan. Plusieurs associations ayant dénoncé dans ses textes «une apologie de la violence envers les femmes». […]

Et pour ne pas être en reste, l’UMP y est allée de son petit couplet pro-Orelsan en jugeant « intolérable » la déprogrammation du rappeur…"

Voilà qui bouscule un peu plus la frontière droite/gauche.