Législatives : communiqué de Jacques Bompard
… après son élimination au 1er tour :
Je croyais participer ce dimanche 10 juin au 1er tour d’une élection législative. Il s’est avéré qu’il s’agissait du troisième tour des élections Présidentielles.
Dans ce contexte très défavorable, j’obtiens sur la circonscription 19,7% et j’arrive troisième. Je ne serai donc pas en lice dimanche prochain pour ce qui ne sera donc que le 4ème tour des Présidentielles.
Sur Orange même, j’arrive très largement en tête avec plus de 39% des voix devant le député sortant U.M.P. à 30%. Il s’agit d’un motif de satisfaction important à quelques mois des élections municipales […].
Je ne donne aucune consigne de vote pour le 17 juin, persuadé que les électeurs sont libres et qu’il appartient à chacun de se prononcer en conscience.
Les troubles des enfants de divorcés
Denis Lensel avait évoqué les conséquences du divorce sur le taux de suicide. Une étude canadienne révèle que les enfants dont les parents se sont séparés ont deux fois plus de risque d’être traités par un psychotrope pour des troubles de l’attention. Le divorce est aujourd’hui banalisé, tout comme les effets psychologiques de la séparation des parents sur les enfants. Mettre en avant les éventuelles conséquences négatives d’une séparation est un sujet tabou.
Des chercheurs canadiens viennent cependant de publier une étude évaluant la consommation d’un psychotrope, la Ritaline, chez des enfants après que leurs parents se soient quittés. Un chercheur a examiné 4 874 enfants qui, en 1994, vivaient encore avec leurs deux parents. Il a ensuite comparé le taux de consommation de Ritaline, un médicament destiné à traiter les troubles de l’attention et l’hyperactivité, chez ceux dont les parents avaient divorcé entre 1994 et 2000 et ceux dont les parents étaient restés ensemble pendant cette période. Les résultats soulignent que
- 633 enfants pendant cette période ont eu à subir la séparation de leurs parents.
- 6,1 % des enfants dont les parents avaient divorcé recevaient de la Ritaline, contre 3,3 % pour ceux dont les parents vivaient en couple. Soit un taux deux fois plus important de prise de ce psychotrope lors de la séparation parentale.
Le docteur Hugues Desombre estime que :
"Les enfants dont les parents sont divorcés souffrent plus souvent de dépression que les autres. Comme tout enfant confronté à une perte, ils peuvent présenter des manifestations de dépression ou d’anxiété. L’importance des troubles exprimés dépend du climat familial qui entoure la séparation. Je vois en consultation un grand nombre d’adolescents en situation de crise grave ou pour des tentatives de suicide. Or, 85 % d’entre eux sont issus de familles dont les parents sont séparés."
Le docteur Jacques Maillet, pédopsychiatre à Lyon, constate que
"le nombre de divorces a beaucoup augmenté en même temps que le mal-être des adolescents".
Le divorce est une des causes de l’échec scolaire. Comme quoi, la famille est vraiment la cellule de base de la société.
Michel Janva (merci à CM)
Hausse du nombre d’assujettis à l’ISF
457 000 foyers fiscaux ont payé l’impôt sur la fortune en 2006, soit une augmentation de 16 % par rapport à 2005. Cet impôt a rapporté à l’Etat plus de 3,681Md€. L’ISF doit être payé par les personnes physiques domiciliées en France dont le patrimoine privé excède 750000€ au 1er janvier 2006. Cette hausse s’explique notamment par la hausse de la Bourse et des prix de l’immobilier. Selon le Syndicat national unifié des impôts (SNUI), le nombre de contribuables acquittant l’ISF devrait encore progresser de 32 000 en 2007.
MJ
Traité “simplifié” : pas si simplifié pour la Pologne
Nicolas Sarkozy, attendu jeudi à Varsovie pour promouvoir son projet de "traité simplifié" pour l’Union européenne, avait averti, lors du G8 :
"Les Polonais ont un rôle à jouer. Mais l’Europe, c’est aussi l’apprentissage du compromis".
Le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski répond ce jour :
"La Pologne est prête au compromis [mais] accepter le système de vote prévu par le traité constitutionnel actuel, et donc être relégué à la pire situation de toute l’Union européenne, serait une capitulation. Or une capitulation n’a jamais été un compromis".
Le projet de Constitution européenne prévoyait que, pour être adopté, un texte devait recueillir la "double majorité", c’est-à-dire le soutien d’au moins 55% des Etats représentant au moins 65% de la population européenne. Ce compromis était bien moins favorable à la Pologne que le traité de Nice de 2000, qui lui donnait presque autant de poids que l’Allemagne avec une population deux fois moindre. D’où le peu d’empressement des Polonais devant le projet de Nicolas Sarkozy, qui devrait conserver les mêmes équilibres en termes de pondération des voix que le TCE, pourtant rejeté.
Le Premier ministre polonais réclame aussi plus de subsidiarité pour les Etats :
"il faut une délimitation nette entre ce qui appartient à l’Union et ce qui appartient aux Etats-nations. Jusqu’à présent, nous n’avons rien fait en ce sens. Le principe de subsidiarité est une réalité fictive, le partage de compétences est confus. Sans oublier les nouvelles compétences de la Cour européenne, qui se prononce en général contre les prérogatives des Etats-nations."
La Belgique à droite
Le vainqueur des élections législatives en Belgique flamande est le parti chrétien-démocrate, tandis que l’autre grand vainqueur est le Vlaams Belang, auquel, à son score de 19%, on peut ajouter les 5% d’un tout nouveau parti, la Liste Dedecker, qui prône également une ferme politique en matière de sécurité, d’immigration et d’autonomie régionale. Quant aux deux partis de la coalition fédérale, le parti libéral et le parti socialiste flamand, ils ont respectivement obtenu 5,5% et 8% des suffrages…
Ayant obtenu 31% des voix, le parti chrétien-démocrate doit une partie de son succès au fait qu’il est allé sur les thèmes du Vlaams Belang en réclamant une régionalisation de la politique des emplois et des salaires et, au moins à mots couverts, une quasi-autonomie de la Flandre.
Alain Sanders estime que le plus dur reste à faire pour le vainqueur, former une coalition fédérale :
"Il pourrait le faire avec la droite nationale en qui il devrait voir une alliée naturelle. Mais ça, outre-Quiévrain comme chez nous, c’est verboten".
Michel Janva (via Présent)
Christiane Taubira au gouvernement ?
Ce serait une mauvaise nouvelle, si cette rumeur était confirmée.
MJ
Le MNR perd sa subvention publique
… mais ne s’avoue pas vaincu :
Le MNR n’a franchi la barre des 1% des suffrages exprimés que "dans une vingtaine de circonscriptions", selon Nicolas Bay, délégué national à l’action politique du parti. Le seuil requis est un score minimum de 1% dans 50 circonscriptions.Nicolas Bay a toutefois assuré que l’absence de financement public ne nuirait pas au fonctionnement courant du parti, habitué à se passer de cette manne puisque sur la législature précédente, la subvention (400.000 euros par an) était "entièrement consacrée au remboursement des dettes" du MNR.
Pour Gérard Gachet, deux cycles s’achèvent
Le premier cycle qui s’achève est celui de l’union de la gauche […] le Parti socialiste, lui-même affaibli, n’ayant plus aucun allié significatif à ses côtés.
Le cycle qui s’achève à droite est d’une tout autre nature : on pourrait l’appeler "le syndrome de la droite honteuse".[…] Son principe est simple : décevoir et lasser les électeurs de la droite en faisant une politique contraire à celle pour laquelle ils vous ont élu. […] [L]es électeurs de droite déçus vinrent petit à petit grossir les rangs et les votes d’une formation d’extrême-droite qui végétait depuis sa création en 1972, le Front national de Jean-Marie Le Pen. Face à son ascension […] la droite dirigée par Chirac adopta une stratégie suicidaire. […] [I]l fut quasiment interdit de prendre en compte les préoccupations des électeurs du FN […].
Mais attention, si la disparition du Parti communiste est historiquement irréversible, celle du Front national ne l’est pas, même si l’âge de son président constitue pour lui un problème supplémentaire. Que Nicolas Sarkozy vienne à décevoir, qu’il n’honore pas ses promesses, que l’habileté tactique de "l’ouverture" se transforme en compromis idéologique avec les adversaires de la droite, et la colère de ceux qui ont tellement cru en lui serait à la mesure de leur déception : incontrôlable.
HV
Le ministère Hortefeux participe à une “banalisation du racisme”
… selon Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU contre le racisme. C’est apparemment l’intitulé du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale qui est en cause.
L’ancien diplomate sénégalais est un habitué des déclarations alarmistes (rapport 2004, rapport 2005), et est très en verve en ce moment : il y a quelques jours, il accusait Benoît XVI d’avoir "diabolisé" l’Islam dans son discours de Ratisbonne.
Il reste que ce genre d’attaques sur la sémantique, plutôt que sur la substance, des propositions de M. Sarkozy s’est jusqu’ici révélée électoralement payante pour ce dernier.
M. Hortefeux devrait transmettre aujourd’hui au Conseil d’Etat un avant-projet de loi comportant des clauses "durcissant" marginalement les conditions de l’immigration familiale : les cris d’indignation ne devraient pas tarder.
Bayrou : pas de consigne de vote
… pour le second tour, dans les circonscriptions où le MoDem a été éliminé.
Mais l’UMP a retiré son candidat qualifié pour le second tour dans la circonscription de M. Bayrou, évitant à ce dernier une triangulaire. Geste symbolique : l’arithmétique du premier tour ne laisse pas penser que M. Bayrou était en réel danger de perdre.
HV
Le quartier du Clos-Saint-Lazare, à Stains (93)
Le Figaro consacre un reportage sur ce quartier hyper-violent, rythmé par le trafic de drogue et les cadavres.
Le taux de mortalité criminelle est quatre fois supérieur à Paris. La nuit, des véhicules brûlent en toute impunité. Le maire communiste de la ville, Michel Beaumale, fait la sourde oreille, alors que Marie-George Buffet, député local, est en lice pour garder son siège.
Législatives : réaction de Patrice de Plunkett
… sur son blog :
[D]u point de vue chrétien qui est celui de notre blog, qu’y a-t-il à dire ? Peu de choses […]. Sur les questions essentielles, on va voir dans quel sens vogue la grosse majorité sarkozyste ; on se doute que ce ne sera pas hors du courant dominant.
Législatives : l’analyse de Bernard Antony
Les uns, repus de république, béats de satisfaction démocratique, dégoulinants de bonheur citoyen à la certitude de retrouver les fauteuils de l’Assemblée pour y représenter le peuple souverain.
Les autres, les battus, en appelant au sursaut républicain face au terrible danger que ferait peser sur la démocratie un pouvoir en voie d’absolutisation.[…]
Pour certains enfin, l’affirmation, sans la moindre esquisse de volonté de remise en cause de leurs propres erreurs, selon laquelle la défaite n’est due qu’à l’adversaire […].
Alors, je l’avoue, […] j’ai simplement changé de chaîne et, ô bonheur, m’apparaissait alors, scintillant d’esprit français, Jean Gabin dans le film « Le cave se rebiffe.
L’argent du crime
Selon son dernier rapport, le Planning familial américain a récolté 902,8 millions de dollars en 2005-2006. Soit un nouveau record de gains, en augmentation de 2,4% (55,8 millions de dollars). 32,5% des revenus proviennent de la réalisation de 264.943 avortements. Le reste provient des dons et des subventions. C’est la 34e année d’affilée que le Planning réalise un bénéfice. Mais pour la première fois le revenu provenant des avortements a baissé, de 1,5 million. Les donations ont également baissé, de 3,6 millions. Mais les fonds publics ont augmenté de 32,6 millions. 34% des revenus du Planning sont ainsi venus des contribuables américains.
Education : Xavier Darcos abrogera les réformes Robien
C’est un retournement, une "rupture" ironiseront certains. Alors que Gilles de Robien avait réussi le tour de force d’un commencement de réforme de l’Education nationale, son successeur vient de promettre aux syndicats qu’il abrogerait les décrets en question.
Nicolas Sarkozy a annoncé aux syndicats d’enseignants l’abrogation d’un décret qu’ils réclamaient depuis huit mois, ainsi que la suspension du dispositif permettant l’apprentissage à 14 ans. Le premier texte supprimait certaines heures de décharge, mettant fin à une situation ubuesque héritée du passé, comparable à la prime au charbon encore en vigueur chez les cheminots. Certains enseignants bénéficiaient en effet d’une à trois heures de cours en moins correspondant à des «heures de décharge» consenties au titre d’un surplus de travail, telles les heures dites de «laboratoire », qui correspondaient autrefois au temps que l’enseignant passait à ranger des cartes de géographie ou à entretenir le matériel de laboratoire.
Le chef de l’Etat a également assuré que les Emplois de vie scolaire (EVS) -remplaçant en partie les emplois-jeunes- seraient réemployés à la rentrée prochaine.
Sur la disparition progressive de la carte scolaire, Nicolas Sarkozy s’est montré "évasif, notamment sur les délais", aux dires des syndicalistes : il a rappelé que "son objectif, c’était la mixité sociale". En outre, SOS Education relève les propos de Xavier Darcos sur ce sujet, qui :
"dans le cadre de la suppression de la carte scolaire, […] allait "maintenir les dotations des établissements difficiles qui perdront des élèves, et même les renforcer". Il s’agit en réalité de créer une prime à la nullité, puisque les chefs d’établissements et les équipes enseignantes verront leurs moyens augmenter au fur et à mesure que leurs élèves fuiront. A contrario, les équipes compétentes et fortement engagées, qui verront affluer des élèves supplémentaires, devront les accueillir à moyens constants. Une fois de plus, la qualité de leur travail, et leur mérite ne seront ni reconnus, ni récompensés par l’Education nationale."
Permanences “recherche France désespérément”
Sous ce titre, le dernier nu
méro de la revue d‘Ichtus consacre son dossier à l’identité française et au patriotisme.
Deux articles du dossier sont déjà en ligne – l’un porte sur le rôle des catholiques, "gardiens de l’âme française" selon les mots de Jean-Paul II. Extraits :
Médias et observateurs politiques s’accordent sur ce point : à la surprise générale, la France et le respect de son identité, le sentiment de lui appartenir, ont fait irruption dans une campagne présidentielle qui n’était pas partie dans cette direction-là. […]
[Mais] pour faire renaître la France telle qu’elle est, essentiellement, au coeur des Français il n’est d’autre alternative que de faire appel aux catholiques. […]
Si les catholiques n’ont que la France au temporel, la France, elle, pour une politique de renaissance n’a que les catholiques… non pas qu’ils soient les seuls à aimer leur patrie, mais ils sont les seuls à savoir qui ils aiment et pourquoi il faut l’aimer.
La France ne pourra revivre que si les laïcs catholiques, en tant que citoyens, en tant que Français, en prennent la responsabilité.
Réaction de Jérôme Rivière
… sur son site, après son élimination très nette au premier tour dans sa circonscription niçoise :
Ces résultats sont évidemment une déception après 5 années passées au service de cette circonscription et de ses habitants, sur le terrain comme à l’Assemblée Nationale.
J’ai fait le choix des convictions dans cette campagne, les urnes celui des consignes partisanes.
Un autre député sortant, René Galy-Dejean dans le XVe arrondissement de Paris, a fait les frais de la perte de son investiture UMP au profit de Jean-François Lamour : 11,4% contre 36,6 à ce dernier.
Ces démonstrations du poids de l’ "étiquette" UMP sont peu réjouissantes : elles vont tendre à renforcer la discipline des députés par rapport à la direction (souvent mal inspirée) de leur parti.
Législatives : réaction de Christian Vanneste
[L]es agitations médiatico-parisiennes et l’activisme de groupuscules n’ont fait que renforcer le choix des électeurs en faveur du courage en politique et de la liberté d’expression.
Je regrette que Monsieur Roméro, qui avait caressé l’idée de venir se présenter dans cette dixième circonscription, n’ait pas voulu concrétiser son envie : il aurait peut-être pu obtenir plus de 1,95% des voix, son score dans la 8ème circonscription de Paris…
Rappelons que M. Roméro est un militant gay ex-UMP et le président de l’association pro-euthanasie ADMD.
Quant aux "groupuscules" : le mouvement UMP "GayLib" avait fait campagne (jusque dans sa circonscription) sur le thème "Tout Sauf Vanneste" – avec le succès que l’on sait.
GayLib pourra se consoler avec les ballotages favorables de ses amis Roselyne Bachelot et Laurent Hénart – mais le 10 juin aura tout de même été une mauvaise journée pour l’intimidation gay.
“Le Monde” a un accès de lucidité
Sous la signature de l’anthropologue et reporter égypto-libanaise Nadia Khouri-Dagher, une enquête sur les intellectuels qui voudraient moderniser la pensée musulmane, publiée dans le Monde, montre au moins deux idées non-conformistes:
● La première qui concerne le texte coranique, est exprimée par Rachid Benzine :
"Le langage coranique, comme tous les langages religieux, utilise le mythe, la parabole et le symbole. Il faut appliquer au Coran les mêmes méthodes de lecture que les chrétiens ont appliquées à l’Evangile".
Les meilleurs interlocuteurs de l’islam ne seraient donc pas les postchrétiens relativistes, mais les chrétiens croyants, dont la foi est aiguisée par l’acquis de la lecture moderne de l’Evangile.
● La seconde idée non-conformiste est celle-ci :
"Certains intellectuels aujourd’hui rappellent que la tradition de pensée libre [dans l’islam] remonte au philosophe andalou Ibn Rushd (Averroès, 1126-1198), qui, fervent d’Aristote et ouvert à la pensée rationnelle grecque, voulant concilier foi et pensée réflexive, fut accusé d’hérésie et contraint à l’exil" .
Ce qui révèle au lecteur deux choses que les historiens savent mais n’osent plus dire :
- a) l’Andalousie musulmane n’était pas un paradis de pluralisme et de tolérance ;
- b) l’islam a bien un problème avec la pensée rationnelle (comparé à la chrétienté médiévale, où l’aristotélisme de Thomas d’Aquin devint la philosophie de référence).
Et Patrice de Plunkett qui nous rapporte l’événement, de conclure :
Pour avoir exprimé cette idée à Ratisbonne, le pape fut hué. La même idée, imprimée dans Le Monde, va-t-elle indigner autant ?
Législatives : “une défaite de la démocratie” pour Daoudal
Dans son analyse, Yves Daoudal fait cette remarque :
"La caricature va atteindre un niveau particulièrement délirant avec le « Nouveau Centre » (dit « parti social libéral européen » sur les bulletins de vote), qui avec 2 % des voix va obtenir une vingtaine de députés…"
MJ
Perspectives pour le PC
Avec un score équivalent à celui du Front National, le Parti communiste pourrait quand même obtenir une bonne dizaine de députés à l’Assemblée nationale. Le PCF a obtenu 4,29%. Si le maintien du groupe communiste semble impossible, le PCF semble pouvoir sauver, dans le meilleur des cas et grâce à de bons reports de voix, 16 à 17 sièges, et dans le pire une petite dizaine.
Marie-Georges Buffet, candidate en Seine-Saint-Denis, est avec 32,26% des voix, devancée par l’UMP Thierry Meignen (34,35%). Alain Bocquet (Nord) est en ballottage favorable de même que Patrick Braouezec en Seine-Saint-Denis. La ciconscription symbolique du 10e de Val-de-Marne, celle de Maurice Thorez, pourrait être sauvée.
Un, deux ou trois députés FRS ?
Outre Christine Boutin, en ballotage très favorable, le FRS avait réussi à faire investir deux des siens par l’UMP dans des circonscriptions tenues par le PS : pour ces deux candidats, les jeux restent ouvert pour le second tour.
- Marie-Claire Danen aura sans doute du mal à l’emporter dans la 3e de Haute-Garonne, que le PS n’avait pourtant gagnée qu’avec 51% en 2002. Avec 28,9%, elle est devancée par le député sortant PS (37,4%). Leurs "réserves" (total FN+divers droite vs total PC+Verts+EXG) s’équilibrent autour de 11% chacun, avec 9% pour le MoDem.
- Jean-François Debiol connaît une situation un plus favorable dans la 7e du Rhône. Avec 39%, il devance de 6 points le PS Jean-Jack Queyranne. Ce dernier dispose de réserves marginalement plus importantes, mais tout dépendra du report des électeurs du MoDem.
HV
Les finances des partis “à droite” de l’UMP
Le Front national verra sa subvention publique, proportionnelle au nombre de voix, divisée plus que de moitié : il passe de 2,9 millions d’électeurs en 2002 à 1,1 million.
Le MPF avait (financièrement) "un besoin vital d’obtenir 250 000 à 500 000 voix aux législatives" (dixit Le Figaro) : il en obtient un peu plus de 300.000 – davantage que les 200.000 de 2002.
Le MNR (inclus dans les 0,39% que le ministère de l’Intérieur qualifie d’ "extrême-droite", il obtient moins de 100.000 voix (276.000 en 2002) – mais surtout, il ne semble pas qu’il dépasse 1% dans plus de 50 circonscriptions (à vérifier : je n’ai pas compté). Dans ce cas, il ne pourrait postuler à aucune subvention publique – ce qui pourrait mettre en cause sa survie.
Alain Juppé, obligé de démissionner du gouvernement ?
Ce serait l’une des surprises de ce scrutin, si le ministre de l’Environnement ne réussissait pas à être élu dans sa circonscription girondine. Il a obtenu 43,73% des suffrages. Face à lui, la socialiste Michèle Delaunay recueille 31,36%, tandis que le Modem Ludovic Guinard est à 8,31%, l’écologiste Pierre Hurmic 6,83%, le FN Jacques Colombier 2,86%, l’extrême gauche Emmanuel Bichindaritz 2,80% et le communiste Véronique Vilmont 1,92%.
Tout dépend du report des voix du candidat du MoDem – or Ségolène Royal a ce matin appelé François Bayrou à un accord pour le second tour.
MJ
Le point sur les circonscriptions observées
Voici les résultats spécifiques aux circonscriptions que nous avions particulièrement observées ces dernières semaines :
- Christian Vanneste est arrivé largement en tête avec 46,26% des voix, dans la 10e circonscription du Nord, devant la socialiste Najat Azmy (21,10%).
- Roselyne Bachelot est en ballottage favorable dans la 1re circonscription du Maine-et-Loire, avec 46,87% des suffrages exprimés, devant le socialiste Luc Belot (26,16%).
- La droite nationale est laminée : seule Marine Le Pen peut se maintenir, en duel, au second tour. Ce matin, le candidat UMP éliminé a appelé les électeurs de la 14e circonscription du Pas-de-Calais à "faire barrage" au FN et donc à voter pour le socialiste sortant (source : RMC).
- Henriette Martinez (UMP favorable à l’euthanasie) est en ballottage difficile avec 39,81% contre 21,54% pour la socialiste Karine Berger. Le candidat du Modem recueille 16,87% et l’extrême gauche totalise plus de 10%. Ségolène Royal a proposé ce matin à François Bayrou une alliance pour le second tour (source : France Info).
- Jérôme Rivière est éliminé avec 9,84% des suffrages, montrant l’extrême difficulté d’une dissidence au sein de l’UMP. Eric Ciotti (UMP) obtient 44,56% contre 23,35% pour le socialiste Patrick Allemand.
- Marc Le Fur est en ballottage très favorable avec 48,05% contre 34,07% pour le PS.
- Jean-Marc Nesme obtient 43,38% des voix contre 33,64% au candidat du PRG.
- Christine Boutin est en ballottage favorable dans la 10e circonscription des Yvelines avec 49,23%, devant le socialiste Didier Fischer (21,46%).
Résultats nationaux définitifs
- UMP 39,54% (10,3 millions de voix)
- PS 24,73% (6,4 millions)
- MoDem 7,61% (2 millions)
- FN 4,29% (1,1 million)
- PCF 4,29% (300 voix derrière le FN)
Autres :
Extrême-gauche : 887.887 3,41%
Radicaux de gauche: 343.580 1,32%
Divers gauche: 513.457 1,97%
Verts: 845.884 3,25%
Ecologistes: 208.465 0,80%
Régionalistes: 131.585 0,51%
CPNT: 213.448 0,82%
Divers: 267.987 1,03%
Majorité présidentielle: 616.443 2,37%
MPF 312.587 1,20%
Divers droite: 641.600 2,47%
Extrême-droite: 102.100 0,39%
Fil News TF1 : "105 circonscriptions sur 577 ont été pourvues dès le 1er tour, parmi lesquelles une seule est allée à la gauche (ministère de l’Intérieur)"
Quelles circonscriptions surveiller ce soir ?
Bien sûr, les résultats nationaux auront leur importance – mais voici quelques circonscriptions emblématiques sur lesquelles nous nous sommes penchés ces derniers jours :
- Un test pour le lobby gay : fera-t-il battre
Christian Vanneste dans la 10e du Nord ? - 1ère du Maine-et-Loire : Roselyne Bachelot peut-elle être battue – et donc perdre son ministère ?
- Les perspectives de la "droite nationale" : 14e du Pas-de-Calais (Marine Le Pen); 4e du Vaucluse (Jacques Bompard); 12e des Bouches-du-Rhône (Bruno Mégret).
- 1ère des Hautes-Alpes : les électeurs "de droite" renverront-ils à l’Assemblée Henriette Martinez, une militante pro-euthanasie ?
- 1ère des Alpes-Maritimes : l’UMP aura-t-elle raison de Jérôme Rivière ?
On pourrait ajouter beaucoup d’autres circonscriptions présentant un intérêt particulier – mais citons simplement celles de deux députés pro-famille menacés :
- Marc Le Fur (Indice pro-famille 84%;) : sa circonscription, la 3e des Côtes d’Armor, a donné une majorité à Ségolène Royal le 6 mai dernier;
- et Jean-Marc-Nesme (IPF 76%) : en 2002, cette cheville ouvrière de l’Entente contre l’homoparentalité ne l’a emporté dans la 2e de Saône-et-Loire qu’avec 71 voix.
4 mois, 3 semaines et 2 jours : réflexions de Tugdual Derville
Dans France catholique, le délégué général de l’Alliance pour les Droits de la Vie se penche sur la Palme d’Or de Cannes – un film sur un avortement clandestin en Roumanie sous Ceaucescu :
Le réalisateur, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, n’a pas fait un film de propagande pour l’avortement. Certes, il s’agit de montrer le drame d’un avortement clandestin, mais il n’est même pas certain que l’avortement soit le cœur du sujet. Le thème qui donne à réfléchir est davantage celui du totalitarisme qui se dessine derrière la tragédie personnelle. […]
Certes la propagande pro avortement, qui sévit en France depuis une quarantaine d’années, tente de faire croire que l’aspect tragique de [cet avortement] réside dans son caractère clandestin, comme si la dépénalisation puis la légalisation d’un tel acte l’avaient humanisé. Certes, cette même propagande tend à fermer les yeux sur d’autres drames de l’avortement que d’autres totalitarismes ont provoqués ou provoquent. En Chine, c’est à des avortements forcés que conduit la politique démographique […].
Toutefois
Dans nos pays fortement marqués par l’avortement, il n’est peut-être pas mauvais que ce sujet émerge enfin (on le retrouve dans Le Bannissement, film du Russe Andreï Zviaguintsev, également récompensé à Cannes).
Henri Védas (via Polydamas)

