Partager cet article

L'Eglise : Vie de l'Eglise

Pourquoi je ne quitte pas l’Église

Pourquoi je ne quitte pas l’Église

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Il m’arrive parfois de parler avec des personnes de la situation actuelle de l’Église catholique. Elles se plaignent, et parfois à juste titre. Je ne veux pas nier qu’il existe aujourd’hui des problèmes très graves qui affectent l’Église. Cependant, il faut aussi être réaliste et dire la vérité : ces problèmes, sous des formes différentes, ont existé également dans le passé. Ce sont les problèmes d’un organisme vivant—un organisme qui, pour nous, a une origine surnaturelle, mais qui est composé d’hommes et de femmes portant leurs propres fardeaux, leurs défauts et leurs manquements.
Cela dit, on ne peut pas nier que le moment historique actuel soit particulièrement délicat pour la vie de l’Église. C’est un temps où l’on perçoit un certain désarroi dans des domaines tels que la doctrine, la liturgie et d’autres aspects de la vie ecclésiale—un désarroi qui ressemble presque à une perte d’identité et qui ne peut certainement pas être sous-estimé.
Pour certaines personnes, la solution pourrait être de quitter l’Église. Pour ma part, je continue de penser—peut-être aussi en raison de mes origines—que l’Église n’est pas un hôtel que l’on peut quitter pour en choisir un autre. Si nous croyons réellement qu’elle a une origine surnaturelle, nous ne pouvons pas décider soudainement de l’abandonner parce que certaines choses ne nous plaisent pas. Il faut une force—et dans notre cas, une force surnaturelle—pour continuer à appartenir à une institution qui, parfois, nous déçoit.
On peut le dire ouvertement : moi aussi, lorsque j’entre dans certaines églises et que je vois des liturgies négligées, mal célébrées, accompagnées d’une musique indigne du Temple de Dieu, je me demande : « Pourquoi continuer ? » Dans ces cas-là, je peux choisir de fréquenter des églises où la liturgie est mieux soignée. Non pas parce que je m’intéresse seulement aux formes extérieures, mais parce que celles-ci ont une grande importance : c’est à travers l’extérieur que nous pénétrons dans l’intérieur. On ne peut pas prétendre qu’une liturgie bâclée favorise une véritable participation spirituelle ; au contraire, elle risque de la compromettre.
Lorsque nous sommes confrontés à de telles célébrations, c’est souvent parce que ceux qui les permettent ne comprennent pas la liturgie ni le rôle de la musique en son sein. Il existe une ignorance très répandue, qui ne concerne pas seulement certains prêtres, mais aussi parfois les musiciens. Certes, il y a des personnes compétentes qui s’efforcent de faire de leur mieux, mais il y en a d’autres qui, malgré des diplômes, n’ont jamais approfondi le rôle et l’importance de la musique dans la liturgie.
Revenons cependant à la question initiale : pourquoi ne faut-il pas abandonner l’Église ? La réponse réside précisément dans ce qui a été dit : malgré tout, nous croyons en son origine surnaturelle. C’est l’Église voulue par Notre Seigneur. Si elle n’était qu’une institution humaine, on pourrait envisager de la quitter pour rejoindre un autre groupe, une autre confession chrétienne, ou même une autre religion. Mais il n’en est pas ainsi. Il ne s’agit pas seulement de ne pas vouloir partir : pour le croyant, ce n’est pas possible.
Cela ne signifie pas ignorer les difficultés. Au contraire, après de nombreuses années d’appartenance à l’Église, je peux dire que j’en ressens profondément le poids. Pourtant, c’est précisément pour cette raison que je crois important de continuer à en faire partie. Je suis aussi conscient de mes propres faiblesses, de mes péchés, de mes fragilités ; et cette conscience m’aide à supporter plus facilement ce que je vois chez les autres. Comme le rappelle l’Écriture, avant de juger les autres, il faut regarder la poutre qui est dans notre propre œil.
Cela ne signifie pas faire comme si tout allait bien—ce serait également une erreur. Il faut reconnaître l’état de dégradation existant, mais pour chercher à le transformer. Et ce changement ne viendra pas soudainement. Ce ne sera pas quelque chose qui, du jour au lendemain, transformera l’Église. Il viendra plutôt d’un travail quotidien : en allant à la rencontre des personnes, en les aidant à découvrir quelque chose de plus beau et de plus profond, souvent obscurci par des approches idéologiques.
Convaincre une personne, puis une autre, puis encore une autre : c’est ainsi que, peu à peu, une mentalité peut changer. Les personnes de ma génération ne verront probablement pas ce changement pleinement réalisé, car il faudra de nombreuses décennies pour réparer ce qui a été fait. Mais peut-être que nos petits-enfants pourront goûter les fruits du travail que nous accomplissons aujourd’hui.

Partager cet article

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services