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Turquie : la cathédrale d’Iskenderun en ruines

Le vicaire d’Anatolie, Mgr Paolo Bizzeti, a déclaré à AsiaNews :

« La cathédrale du vicariat d’Iskenderun [l’église de l’Annonciation, un bâtiment du XIXe siècle] s’est effondrée », « tous les bâtiments sont inhabitables ».

Le prélat, qui est également président de Caritas Turquie, annonce déjà « l’ouverture d’une souscription » pour aider la population locale.

Dans toute la région le bilan est très lourd. Il y a au moins 200 bâtiments effondrés.

En Turquie, le bilan ne cesse d’évoluer : le 7 au matin, l’on comptait 3.000 morts et 16.000 blessés.

En Syrie, le nombre de victimes s’élèverait à près de 1.500 morts et plus de 3.500 blessés.

L’École nationale de la magistrature protège-t-elle les agresseurs sexuels ?

Mediapart a mené l’enquête :

Après des agressions sexuelles commises par un élève sur cinq de ses camarades, la direction de l’école qui forme les magistrats français l’a sanctionné d’un blâme sans convoquer de conseil de discipline et sans prévenir les élèves impliqués de son retour en cours. Une procédure qui interroge.

Il s’agit d’agressions d’hommes par un homme lors d’une soirée festive.

Monseigneur Jean-Clément Jeanbart, archevêque émérite grec melkite catholique d’Alep, sorti sain et sauf des décombres

Deo gratias

L’idée, rappelée par Jean XXIII au début du concile, qu’il fallait cesser de condamner les doctrines erronées a rejailli sur toutes sortes de condamnations

Cyrille Dounot, docteur en droit et licencié en droit canonique, est interrogé par L’Homme Nouveau sur le scandale des affaires Philippe et Vanier. Extrait :

La révélation de l’affaire qui entoure Jean Vanier et les frères Philippe consterne d’autant plus que tout était resté secret. Est-ce normal qu’un scandale comme celui-ci soit resté caché si longtemps ?

Contrairement à ce que l’on peut entendre à droite ou à gauche, tout n’était pas caché, tant s’en faut. Ce qui était caché au public était la motivation de la condamnation, chose conforme au droit canonique alors en vigueur, exposé dans le Code de droit canonique de 1917, prévoyant d’une part que les juges apportent chacun leur conclusion, qui « sont jointes aux actes de la cause et gardées secrètes » (can. 1871, §2), car ils peuvent changer d’avis avant de se prononcer collégialement, et d’autre part, que la sentence soit motivée (can. 1874, §4), mais cette sentence n’est pas forcément publique au sens où nous l’entendons aujourd’hui.

La publication de la sentence peut s’entendre d’une simple lecture faite solennellement aux parties par le juge, ou par voie de signification (can. 1877). Il n’existe pas de bulletin officiel rapportant les décisions de justice rendues par les tribunaux du Vatican (à l’exception du Tribunal de la Rote, qui publie certaines décisions anonymisées, appelées à faire jurisprudence), encore moins les décisions rendues par le Saint-Office.

La justice a été rendue, et de manière sévère puisque le P. Thomas Philippe a été déposé, et interdit d’accomplir tout ministère public comme privé. De plus, et c’est là une chose importante, le Saint-Office annonce les conclusions du procès aux supérieurs concernés, et demande que tous les proches du P. Thomas Philippe, qui le défendaient encore, « devront être éclairés par vos soins sur la condamnation par l’Église de la conduite et de la doctrine “mystique” du Père Thomas Philippe » (Lettre officielle du cardinal Pizzardo secrétaire de la Congrégation du Saint-Office au père Ducattillon, 28 mai 1956).

C’est donc en désobéissance grave que Jean Vanier a continué à suivre le P. Philippe, à correspondre avec lui et à participer aux activités de l’Eau vive, dont il était pourtant écarté.

Pour résumer, le P. Philippe a été sévèrement condamné pour grave immoralité et doctrine corrompue, et les autorités compétentes ont été averties. Malheureusement, ces sanctions ont été violées dès le début, en cachette, puis ouvertement, à partir de 1964 et la création de l’Arche, où tous se retrouvent pour continuer leur emprise sectaire.

Le malheur vient de ce que les autorités ecclésiastiques n’ont alors plus condamné, ni les dévoiements doctrinaux, ni les perversions morales… Le futur cardinal Paul Philippe, dominicain lui aussi et connaissance très proche des frères Philippe, mais d’une intégrité remarquable en tant que cheville ouvrière du procès de 1956, ne sera plus écouté, « ce qui amène à la situation de la fin des années 1970, où, dans un rapport circonstancié, il décrit ce qui se passe depuis des décennies entre Thomas Philippe, Jean Vanier et leurs disciples, mais plus personne ne l’écoute car il n’incarne plus que la répression d’avant le Concile » (T. Cavalin). […]

Si l’enquête concernant les frères Philippe était sérieuse dans les années 50, on constate qu’elle sera beaucoup moins suivie à partir des années 60. Observe-t-on un changement entre l’avant et l’après Vatican II dans le traitement de ces affaires ?

C’est indéniable. Cette affaire montre à l’envi que la justice fonctionnait bien dans les années 1950, aboutissant à la condamnation et à l’écartement des clercs fautifs, mais qu’après le concile, il n’en va plus de même. Un esprit anti-juridique largement répandu chez les novateurs a dû contribuer à ce relâchement, considérant comme « archaïque », « conservateur » ou « légaliste » tout procès fait selon les règles.

L’idée, dans l’air du temps et rappelée par Jean XXIII au début du concile, qu’il fallait cesser de condamner les doctrines erronées a rejailli sur toutes sortes de condamnations, perçues comme contraires au « printemps » ou à l’aggiornamento, à un état d’esprit prétendument charitable. Or la charité consiste justement à rendre justice, et à condamner les fauteurs de trouble, que les troubles arrivent par les discours et les théories ou par les agissements.

Le nouveau Livre VI du Code de droit canonique, entré en vigueur le 8 décembre 2021, apporte un renouveau juridique essentiel au droit pénal. Les délits et les peines sont mieux définis, mieux circonstanciés, et nous l’espérons, bientôt mieux jugés !

Entretien avec Henri Hude sur la guerre

Le philosophe Henri Hude a récemment publié un livre intitulé Philosophie de la guerre. Nous l’avons interrogé:

Vous avez publié une Philosophie de la guerre. Peut-on réellement penser ce phénomène qui semble essentiellement violence et irrationalité ?

La guerre est un phénomène humain universel dans l’espace et dans le temps. Cela suffit sans doute à en faire un objet de pensée. La guerre est irrationnelle comme le sont le péché et ses suites. Mais le péché aussi à sa structure et ses raisons, qu’on peut étudier et connaître.

La guerre est un cas particulier du péché. Tout péché est irrationnel, contraire à la raison, car contraire à la loi naturelle de l’homme. Cette loi naturelle est la bonne foi et la philia, l’amitié sociale ; les règles de la guerre sont la ruse et la force meurtrière. Si la charité est la plus haute forme de la vertu, la guerre est probablement la plus claire essence du vice. La philosophie de la guerre participe donc à une difficulté philosophique et théologique plus générale, qui consiste à comprendre le mal, les problèmes qu’il pose, la permission dont il fait l’objet de la part de Dieu, qui est le Bien souverain…

La guerre est à mes yeux la preuve irréfutable du péché originel. Mais l’homme étant ce qu’il est, le pacifisme est aussi irrationnel, car il oblige moralement à se soumettre à tout agresseur, y compris au plus pervers. Penser la guerre utilement (pour l’éviter ou ne pas la perdre), c’est surtout savoir comment on peut raison garder dans ces conditions, et dans quelle mesure il convient de recourir à la force armée pour préserver l’essentiel du bien commun, national et universel, temporel et spirituel.

Penser la guerre sert profondément à sauver la paix. Peut-on dire que cette dernière est d’autant plus menacée aujourd’hui que très peu d’intellectuels s’intéressent à la guerre ?

On n’a pas besoin d’intellectuels. On a besoin de savants, de sages, de chefs prudents et de saints. Ce qui menace la paix se trouve d’abord dans le fond du cœur humain. Il y a paix quand le désir humain se porte prioritairement sur des biens qui se multiplient pour chacun quand on les partage. Tel est Dieu : « Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier. » Il y a paix quand le désir d’infini peut s’accomplir dans l’infini, et non dans le fini, sinon c’est la démesure et on se bat pour les richesses, le pouvoir et l’autorité. Il y a paix par l’Absolu, à condition d’éviter les guerres de religion.

C’est ainsi que la paix doit être assurée, d’abord par la culture, à la différence des animaux où la régulation de la violence relève des instincts. Si la culture est sage, elle est une culture de paix, qui pacifie et civilise. Malheureusement, il y a des cultures de guerre, qui aggravent la situation. C’est le cas de la culture humaniste occidentale moderne. La liberté est bien sûr une vérité et une valeur, mais placer la liberté-en-premier, comme font la modernité, ou encore la postmodernité, c’est fonder une culture de guerre, parce que le premier principe de la guerre, c’est (comme disait le maréchal Foch) conserver sa liberté d’action.

Vous me dites qu’on s’intéresse peu à la guerre. Soyons justes. Il y a des centres d’études pour la paix dans des universités, des écoles de guerre et des centres de recherches dans toutes les armées. On publie paraît chaque année bon nombre d’ouvrages sur la guerre, en histoire militaire, tactique, stratégie, droit international et humanitaire, sciences politiques. Voyez le catalogue des Editions Economica, notamment. Des politiques ou d’anciens généraux livrent leurs réflexions. On philosophe aussi : histoire des idées philosophiques sur la guerre, commentaires des classiques, Clausewitz et Sun Tzu, réflexions récurrentes sur la théorie de la guerre juste, sur la violence en général, le mal, la guerre sainte…

Je pense que des « intellectuels » occidentaux peuvent s’intéresser à la guerre avec les meilleures intentions du monde, mais qu’ils ne pacifieront rien, s’ils ne sortent pas d’une culture de liberté-en-premier. Il faut changer la clé de voûte de la civilisation, l’amitié sociale doit remplacer la liberté-en-premier. La raison est aussi un bien fondamental, mais le questionnement dans la confiance doit remplacer le « doute », autrement la raison sera une raison de guerre.

 

La guerre fait son retour en Europe. Et la réflexion sur le sujet n’est donc désormais plus purement théorique. Comment une philosophie de la guerre peut-elle nous aider à comprendre la guerre russo-ukrainienne, les motivations de chacun des ennemis, et ainsi préparer les discussions nécessaires à la paix?

La philosophie de la guerre, si elle est vraie (suffisamment), permet de comprendre la guerre en Ukraine, tout simplement parce qu’elle est permet de comprendre n’importe quelle guerre, passée, présente ou à venir. Sans concepts universels et adéquats, les faits sont un fouillis, et la pensée une construction sans rapport avec le réel. Mais pour comprendre une guerre particulière, une théorie générale, aussi bonne soit-elle, ne suffit pas. Il faut une solide connaissance des situations et des faits particuliers, et en plus un bon jugement pour faire l’aller et retour entre l’expérience et la théorie.

La prudence requiert de garder à l’esprit la place primordiale de la culture, surtout quand la guerre peut désormais détruire le genre humain. Dès qu’il en est ainsi, les solutions économiques, politiques ou militaires ne sont plus que des replâtrages. Pour sauver la paix, il faut faire choix d’un renouveau culturel fondamental sur ce que constitue une culture de paix, une raison de paix.

De plus, dès que « le monde n’est plus qu’un cercle trop étroit », il faut raisonner politiquement à partir du « grand jeu » pour le pouvoir mondial et pour l’autorité planétaire. Cette problématique mondiale valait déjà dès 1760, sans doute, mais elle s’est dramatisée, à cause de l’invention des bombes nucléaires. Ce progrès des armements pose au genre humain un énorme problème sécuritaire, dont certains croient que la solution se trouve dans l’unification politique de la planète. C’est ainsi que surgit le « projet Léviathan », qui pourtant n’est pas une solution rationnelle. Mais alors quelle est la solution, politique et culturelle, sans Léviathan ? C’est dans ce « grand jeu », transformé et dramatisé par cette problématique, qu’il faut voir la guerre en Ukraine.

Le danger de guerre totale est probablement plus grand qu’il ne fut jamais depuis 1945. L’équilibre de la terreur risque de laisser place au « déséquilibre de la terreur », à cause de l’évolution woke de la culture de l’Ouest postmoderne, qui rend ce dernier à la fois fragile comme un « snowflake » et donc dissuadeur peu crédible, mais aussi suicidaire et transgressif, et donc extrêmement inquiétant et imprévisible, cependant que de l’autre côté l’opposition aux délires wokes et aux ambitions impériales devient si passionnée, que la montée aux extrêmes plutôt que de les subir est pensable.

C’est ce « grand jeu » dramatisé qui se joue en Ukraine. Quels que soient les droits de cette nation, longtemps sans Etat, à disposer d’elle-même, sa diversité reste grande et ses limites, sur le terrain et dans les âmes, incertaines. Du point de vue de Washington, et peut-être aussi, mais moins nettement, de Moscou, elle n’est qu’un moyen et pas une fin, et le théâtre d’une guerre indirecte entre l’OTAN et la Russie, dont les enjeux sont clairs. Du côté russe, et chinois, la conservation de leur souveraineté et de leur propre culture, le refus de l’hégémonie US et le rejet de la culture occidentale postmoderne. Du côté Ouest, la mise au pas des rebelles à l’ordre mondial établi depuis 1945 et 1991. La Chine et la Russie doivent être au moins révolutionnées, au mieux scindées chacune en plusieurs États. Tout rapprochement entre l’Europe et la Russie doit aussi être écarté.

Un victoire relative des Russes en Ukraine est probable, mais cette défaite tactique des US constituerait déjà, par la division du continent, une victoire stratégique. Conduira-t-elle à une grande victoire politique ? Mon sentiment est que la modernité russo-chinoise est plus résiliente que la postmodernité US. Mais les US peuvent toujours espérer une divine surprise, l’effondrement des régimes adverses. Les Russes peuvent raisonnablement espérer voir craquer les régimes atlantistes en Europe, ce qui réduirait énormément les chances US de succès. Surtout, la fragilité psychique, l’irrationalité politique croissante et les polarisations sociales, induites aux USA par la culture postmoderne radicalisée, rendent à mon avis assez improbable un brillant succès de cette tentative de reprise en main de la planète.

Le régime libéralo-calviniste des Anglo-Saxons lutte donc pour sa survie, dans la mesure où la décomposition woke de sa culture lui en laisse encore l’énergie. Ce régime n’est en effet pas viable sans l’hégémonie, qui permet le règne du dollar, qui lui-même permet le financement de l’hégémonie et la préservation d’un certain consensus, malgré un très haut niveau d’inégalité. Le camp opposé lutte avec la même résolution. Je ne crois guère à des négociations, tant que l’usure de la Russie ne sera pas jugée suffisante. À ce moment-là, ou avant, s’ouvrira sans doute une phase chinoise de la guerre. Les deux camps risquent gros, car des deux côtés on espère que la défaite ferait tomber le régime ou provoquerait la révolution. Cette guerre peut donc marquer un tournant dans l’histoire du monde et de la civilisation, car si les US n’obtiennent pas une décision claire, c’en sera fini de la pax americana ; la survie de l’OTAN et de l’UE deviendra problématique et le modèle libéral-calviniste aura aussi du mal à survivre.

La montée aux extrêmes est donc possible, faute de médiations politiques audacieuses et de nouvel horizon civilisationnel reformant un consensus mondial. À plus long terme, le problème de la paix ne peut être résolu sans un changement culturel majeur, aussi aux USA. Autrement, quel que soit le vainqueur, la tentation du Léviathan, ayant déserté les États-Unis, renaîtra ailleurs et l’emportera peut-être, pour le plus grand malheur de l’humanité.

Philosophie de la guerre

 

Catholiques parisiens attachés à la liturgie traditionnelle : le grand silence de l’archevêché

Communiqué du Collectif Sainte-Geneviève:

Catholiques parisiens attachés à la liturgie traditionnelle : le grand silence de l’archevêché

Le collectif Sainte-Geneviève regroupe les responsables de la majorité des associations, nouvelles et anciennes, représentant les paroisses ou groupes de fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise latine à Paris.

Il constate l’absence systématique de réponse de l’archevêché de Paris à toutes les demandes de rendez-vous envoyées tant par les associations que par le collectif lui-même, depuis bientôt neuf mois, pour évoquer l’application de Traditionis Custodes dans l’archidiocèse. Il souhaite que l’Eglise de Paris, en la personne de son pasteur, revienne à sa tradition de dialogue et d’ouverture en proposant une réunion où sera évoqué un accueil sans condition des catholiques, clercs et fidèles, attachés à la liturgie traditionnelle.

Abbé Matthieu Raffray : Le catholicisme viril ce n’est pas mettre des baffes !

L’abbé Matthieu Raffray, prêtre catholique de l’Institut du Bon Pasteur, actif sur les réseaux sociaux, professeur de philosophie thomiste à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin, est interrogé par L’Issépien :

Tremblement de terre en Turquie, Syrie, Liban : les communautés chrétiennes touchées

Communiqué de l’Oeuvre d’Orient :

Ce lundi 6 février 2023 au matin, L’Œuvre d’Orient constate les nombreux dégâts occasionnés par le tremblement de terre de magnitude 7,8 pendant la nuit.

Vincent Gelot, directeur de L’Œuvre d’Orient Liban, résidant avec sa famille à Beyrouth témoigne : « Nous sommes sortis en pleine nuit avec les enfants tant les murs de l’immeuble tremblaient. Les meubles et les lits étaient en train de danser. Toute la ville était dans la rue. La population sur l’ensemble du territoire  a ressenti le tremblement de terre ». Les 26 volontaires de L’Œuvre d’Orient en mission au Liban et les communautés qui les accueillent vont bien.

En Turquie et au nord de la Syrie, les dégâts sont très importants. Si on dénombre plus de 500 morts au global (source Le Figaro), Alep pleure déjà 50 morts, 220 blessés et de nombreux disparus. Des immeubles entiers sont effondrés, des murs sont lézardés. Dans le quartier chrétien d’Aziziyé, nous sommes sans nouvelle du père Imad Daher logé dans l’immeuble du patriarcat grec melkite qui s’est effondré.

Partout, une aide humanitaire de première urgence s’organise pour déblayer, soigner et retrouver les disparus.

Pour soutenir ces premiers secours  : https://secure.oeuvre-orient.fr

Séisme en Turquie et Syrie : SOS Chrétiens d’Orient appelle la France à ne pas se détourner du sort de la population syrienne :

La Turquie et la Syrie ont été terriblement frappées par deux séismes dans la nuit puis la matinée du 6 février qui a fait – selon un bilan provisoire – plus de 900 morts en Turquie et plus de 500 en Syrie (zones gouvernementales). SOS Chrétiens d’Orient, présente en Syrie, témoigne de l’urgence humanitaire et exhorte les gouvernements à ne pas oublier la population syrienne au moment de l’envoi d’aide humanitaire. L’association appelle à un assouplissement des sanctions internationales sur la Syrie afin de soulager la population dans ses épreuves. 

Dans la nuit du 5 au 6 février, la population d’Alep, en Syrie, a ressenti deux puissantes secousses : le séisme de magnitude 7,8, dont l’épicentre se situe dans le district de Pazarcik, dans le sud-est de la Turquie, près de la frontière syrienne, a fait plus de 900 morts et 5 000 blessés en Turquie et plus de 500 morts et 1000 blessés dans les zones gouvernementales syriennes. Avec la survenue d’un deuxième séisme dans la matinée, ce bilan provisoire ne cesse de s’alourdir. 

Plusieurs dizaines d’édifices, déjà fragilisées par la guerre, se sont effondrés. Les blessés affluent vers les hôpitaux débordés. Ceux qui sont ressortis indemnes se retrouvent dehors, dans le froid et les inondations, n’ayant nulle part où aller, leurs habitations étant susceptibles de s’effondrer.  

La population syrienne, déjà durement frappée par les conséquences de la guerre et des sanctions internationales, traverse une nouvelle et terrible épreuve. Aux coupures d’électricité, aux pénuries d’essence et de matières premières, à l’inflation et la dévaluation de la monnaie, à l’isolement terrible d’une population injustement sanctionnée par la communauté internationale, s’ajoute aujourd’hui  une cruelle situation humanitaire : ce sont des milliers de familles qui se trouvent jetées hors de leur domicile détruit ou fissuré, et livrées aux rigueurs de l’hiver.  

SOS Chrétiens d’Orient appelle les pouvoirs publics à ne pas se détourner du sort de la population syrienne, et lance un appel à l’assouplissement des sanctions internationales qui pèsent sur le pays, en raison de cette situation d’urgence humanitaire.  

Présente sur place de manière permanente, l’association a ouvert une page de dons spécialement dédiée à l’action d’urgence pour les Syriens victimes du séisme : https://jedonne.soschretiensdorient.fr/urgenceseisme/syrie/~mon-don

Rapport sur la christianophobie en France en mars 2022

Nos amis de l’Observatoire de la christianophobie ont récemment mis en ligne leur rapport mensuel sur les actes anti-chrétiens perpétrés en France en mars 2022.

Vous pouvez le télécharger ici.

Pas de dépénalisation de l’avortement en Suisse

En Suisse, la commission des affaires juridiques du Conseil National s’est opposée la semaine dernière à la dépénalisation de l’avortement, par 14 voix contre 11.

L’Organisation mondiale de la santé recommande une dépénalisation totale de l’avortement et son retrait de toutes les lois pénales ou criminelles. Mais, selon la commission, il n’est pas nécessaire d’agir pour dépénaliser. A sa connaissance, il n’y a plus eu de poursuites pénales liées à un avortement depuis une vingtaine d’années en Suisse. L’avortement reste donc une affaire pénale et non une question de santé dans le pays. Les femmes peuvent mettre fin à leur grossesse pendant 12 semaines.

Des femmes “mortes” utilisées comme utérus vivants ?

C’est idée avancée par un professeur agrégé de philosophie à l’université d’Oslo, en Norvège, pour palier au problème du manque de mères porteuses, publiée dans le Theoretical Medecine and Bioethics.

Les femmes en état de mort cérébrale seraient utilisées comme mères porteuses après y avoir consenti au préalable, comme dans le cas d’un don d’organes. Il s’agirait alors de placer des embryons dans l’utérus de ces femmes jusqu’à la naissance.

Dans son article, le Dr Smajdor a déclaré qu’il était «surprenant» qu’aucun pays n’autorise les femmes à faire don de leur corps à des fins de maternité de substitution après la mort cérébrale. Toute femme souhaitant éviter les «risques et les contraintes» d’une grossesse devrait avoir accès à cette forme de maternité de substitution.

L’article a quand même déclenché un tollé sur les réseaux sociaux. Certains ont déclaré que c’était la «chose la plus dégoûtante et la plus tordue» qu’ils aient jamais lue.

Trafic de bébés découvert en Ukraine

Sauvée par amour

Saje propose le film Sauvée par amour, de D.J. Caruso, en DVD sur sa boutique en ligne La Boutique SAJE et également en VOD sur la plateforme lefilmchretien.fr.

L’histoire se déroule en Californie en 1850. Vendue à la prostitution lorsqu’elle était enfant suite au décès de sa mère elle-même exploitée pour subvenir à ses besoins, Angel ne connaît que la trahison. Après des années de violence, de dégoût de soi-même et de mépris, elle rencontre Michael Hosea, un fermier chrétien. Ce dernier, patient mais déterminé, lui propose de quitter son bordel et de le rejoindre pour fonder une famille. Pour la première fois, Angel entrevoit un chemin de rédemption. Mais ses vieux démons ne tardent pas à resurgir… Ce film, déconseillé aux trop jeunes, nous montre le chemin de rédemption d’Angèle.

Le pape François viendra à Marseille le 23 septembre

C’est ce qu’il a confirmé hier dans l’avion, en rentrant de son voyage en Afrique.

Malgré 230 000 avortements par an, l’accès s’avèrerait difficile

Le Monde publie un papier de propagande mensongère pour attaquer la liberté de conscience des médecins qui ne souhaitent pas pratiquer l’avortement. Malgré le chiffre astronomique des sacrifices humains légalisés (223 300 en 2021), le quotidien souligne que peu de médecins pratiquent cet acte :

Les avortements réalisés en ville l’ont été au total par 1 932 praticiens conventionnés (dont 832 gynécologues, 662 généralistes et 420 sages-femmes). « Rapporté au nombre de praticiens installés en cabinet, cela représente 2,9 % des généralistes et gynécologues et 3,5 % des sages-femmes », ont calculé les autrices du rapport parlementaire de 2020, Marie-Noëlle Battistel et Cécile Muschotti, qui tirent la sonnette d’alarme :

« La principale explication aux difficultés d’accès à l’IVG résulte essentiellement du désintérêt à l’égard d’un acte médical peu valorisé et considéré comme peu valorisant. La charge du maintien effectif de ce droit repose essentiellement sur une poignée de praticiens militants dont beaucoup se trouveront bientôt à la retraite. »

Et l’article attaque la clause de conscience :

Les associations féministes militent pour la suppression de la clause de conscience spécifique à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), responsable à leurs yeux de freiner l’accès à l’avortement aux femmes. Selon le code de déontologie des médecins, hors cas d’urgence vitale, tout praticien « a le droit de refuser des soins pour des raisons professionnelles ou personnelles ». On parle alors de double clause de conscience dans le cadre de l’IVG car, en vertu du code de la santé publique, un médecin « n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention ». Introduite par la loi Veil, cette clause de conscience accorde donc la possibilité aux médecins de refuser de pratiquer un avortement. Contacté par Le Monde, le ministère de la santé dit ne pas disposer de données sur la proportion de médecins et de sages-femmes refusant de pratiquer l’IVG.

La protection de la vie humaine doit devenir une grande priorité nationale

Communiqué de presse de la Marche pour la vie :

La majorité du Sénat vient d’adopter (166 voix pour et 152 voix contre) un amendement du sénateur Philippe Bas (LR) modifiant l’article unique de la proposition de loi de la députée Mathilde Panot (LFI), sur la constitutionnalisation de l’avortement. Il prévoit ainsi que « la loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse ».

En clair la loi pourrait déterminer les conditions dans lesquelles s’exerce « la liberté » de la femme de tuer son enfant. Le garde des sceaux, Eric Dupont-Moretti a lui-même dénoncé dans son préambule que certains pays avaient rendu obligatoire d’écouter battre le cœur de son enfant avant tout avortement, ce qu’il considère comme de la torture psychologique. Nous vivons une véritable inversion des valeurs. La torture subie est, dans le cas d’un avortement, pour l’enfant à naître ! Cela reste toujours un drame pour la femme qui en porte des séquelles, ce dont personne ne veut parler.

La proposition de loi ainsi amendée va retourner devant l’Assemblée Nationale avec toutes les chances qu’elle soit votée en l’état. Ceci devrait normalement amener à un référendum, sauf si le gouvernement veut faire de cette proposition un projet de loi, à soumettre ensuite au Congrès.

Alors que la France est déclassée, menacée et que les Français souffrent, les politiques qui ont voté ce texte choisissent des priorités bien loin de leurs préoccupations.

La Constitution du 4 octobre 1958, n’a pas été conçue pour qu’y soient intégrées toutes les déclinaisons des droits et libertés énoncés de manière générale dans son préambule, et dénaturer l’esprit même de notre loi fondamentale. Le seul droit fondamental à défendre en la matière, c’est le droit à la vie, qu’il faut protéger de la conception à la mort naturelle.

C’est pourquoi, nous continuerons à nous mobiliser avec nos concitoyens, pour s’opposer à ce projet de constitutionnalisation de l’avortement.

Des politiques engagés dans l’avenir de notre pays devraient au contraire permettre la prévention de l’avortement. Alors que nous enregistrons en France trois fois plus d’avortements qu’en Italie, il serait nécessaire de déployer des programmes d’accompagnement des femmes enceintes et des familles. De plus, nous vivons dans un contexte démographique très fragile, ne permettant pas le renouvellement des générations futures. C’est pourquoi la protection de la vie humaine doit devenir une grande priorité nationale.

Nicolas Tardy-Joubert, Président de la Marche pour la vie

Mgr Gyula Márfi : Aujourd’hui, les francs-maçons et les musulmans s’allient pour éliminer le christianisme

À l’occasion de Noël, le journal hongrois Magyar Jelen a réalisé un entretien avec Mgr Gyula Márfi, archevêque émérite de Veszprém, 79 ans. Il évoque la mission des Hongrois, l’Union européenne qui renie ses racines chrétiennes, l’immigration, la coopération entre francs-maçons et musulmans, le plan Kalergie, la loi anticonstitutionnelle hongroise sur l’avortement, les LGBTQ et de ce qui se passe dans l’Église catholique allemande. Extraits :

[…] L’un des signes les plus frappants de l’antichristianisme de l’Union européenne est l’absence de toute mention des racines chrétiennes de l’Europe dans sa constitution. Ils écrivent sur la tradition gréco-romaine et le siècle des Lumières, mais pas sur le christianisme. Pourtant, c’est grâce aux chrétiens que la culture et l’art antiques ont survécu : les écrits de Virgile, Tacite, Homère et d’autres ont été copiés par les moines dans leurs cellules. Sans le christianisme, nous ne serions pas en mesure de lire de nombreux auteurs anciens aujourd’hui.

Mais on peut aussi parler du calendrier 2016 de la Commission européenne des fêtes des grandes religions du monde – même de la religion sikh, une communauté relativement petite, hybride entre hindouisme et islam. Mais si vous vous tournez vers le 25 décembre, que trouvez-vous ? Pratiquement rien. Tout ce que ça dit, c’est : “Un bon ami partage vos plaisirs et vos occupations.” Ce que cela signifie exactement, je ne le sais pas, mais je sais que Noël a été délibérément omis de la liste des jours de célébration.

Permettez-moi de vous donner deux autres exemples. Il y a quelques années, en Angleterre – qui ne fait plus partie de l’UE, mais qui fait certainement partie de la sphère culturelle européenne chrétienne – l’Église d’Angleterre voulait vendre aux chaînes de télévision nationales un court métrage de quelques minutes faisant la promotion du christianisme. Aucun d’entre eux ne l’a pris.

Et le pape Benoît XVI n’a pas été autorisé à s’exprimer à l’Université d’État de Rome à l’époque, car il s’agissait d’une institution laïque et non d’une église. Si nous pensions ainsi, personne ne serait autorisé à entrer dans la basilique Saint-Pierre, sauf ceux qui pourraient prouver qu’ils ont été baptisés et confirmés.

Pensez-vous que c’est conscient qu’en Europe on veut marginaliser le christianisme, le détruire ?

C’est conscient. L’objectif des francs-maçons est de “débarrasser” l’Europe du christianisme. Pour y parvenir, ils sont prêts à utiliser tous les moyens à leur disposition, et ils ont même utilisé leur lobbying pour accéder à la direction de l’UE. À mon avis, les musulmans sont également invités à faire disparaître le Christ et le christianisme d’Europe. Mais ce faisant, ils se détruisent eux-mêmes, car l’Islam n’acceptera jamais leurs principes libéraux. La situation est pratiquement la même qu’à l’époque du Sauveur, lorsque les scribes et les pharisiens ont collaboré avec leur ennemi mortel, Ponce Pilate, pour écarter Jésus. Aujourd’hui, les francs-maçons et les musulmans s’allient pour éliminer le christianisme de l’Europe. Mais ce n’est pas une affaire réglée, j’espère que leur plan ne réussira pas.

Que pouvons-nous faire, nous, Hongrois, pour défendre le christianisme ?

Nous devons nous accrocher très fermement à notre foi. Le Père Padre Pio a une prophétie selon laquelle la Hongrie est une cage d’où s’envolera un bel oiseau qui apportera des bénédictions au monde entier. Je n’exclus pas la possibilité que cela se produise.

Ce n’est pas parce que nous, Hongrois, sommes supérieurs à tous les autres, mais parce que Dieu choisit souvent les petits pour faire quelque chose de grand à travers eux. Regardez, le voyant de Guadaloupe, Juan Diego Cuauhtlatoatzin, était aussi un simple paysan indien. Lui et sa femme ont été baptisés quatre ans seulement avant qu’il ait une vision. Au début, l’évêque ne le croyait pas non plus, disant que la Vierge n’apparaîtrait certainement pas à un berger aussi malheureux, mais au moins à une religieuse (rires).

Et à Fatima et à Lourdes, de petits enfants ont eu des visions de la Vierge Marie. Il n’est donc pas exclu que nous, Hongrois, ayons également un rôle à jouer dans la préservation du christianisme en Europe. Mais pour cela, nous devons prendre notre foi au sérieux, car nous pouvons devenir indignes de toute mission.

L’Europe chrétienne peut également être défendue par des moyens physiques, par exemple en ne laissant pas entrer ceux qui arrivent illégalement à nos frontières. Lorsque, pendant la crise migratoire de 2015, le gouvernement hongrois a commencé à construire la clôture frontalière (que László Toroczkai, alors maire d’Ásotthalom, appelait de ses vœux depuis des années auparavant), les libéraux, dans le pays et à l’étranger, disaient qu’il n’était pas humain de construire des murs, et qu’une personne qui se disait chrétienne acceptait n’importe qui. Que dit un archevêque ?

À l’époque, j’avais une réponse assez dure à cela : nous devons aussi aimer les loups – après tout, Dieu les a aussi créés – mais pas dans la bergerie. Il en va de même pour les musulmans. Nous les aimons et soutenons leurs pays autant que nous le pouvons. Mais cela ne signifie pas que nous devons les inviter en Europe et les laisser islamiser le continent. Ils ont été présents en Hongrie pendant 150 ans, nous savons les ravages qu’ils ont causés. Nous, les Hongrois, en portons encore le souvenir dans nos gènes, dans une certaine mesure.

Quelle est, selon vous, la plus grande menace pour l’Europe et la Hongrie aujourd’hui : l’islamisation et l’immigration, ou les LGBTQ et le wokisme ?

C’est difficile à dire, mais s’il faut mettre de l’ordre, c’est la seconde. Cette conception lâche met entre parenthèses les fondements de la morale catholique. Et même si, en tant que chrétiens, nous ne devons pas condamner les homosexuels, les lesbiennes, les bisexuels ou les transsexuels, leur rendre un culte est un péché mortel, qui va également à l’encontre des lois de la nature.
La légalisation du “mariage” homosexuel est également un péché mortel, et je suis désolé de constater qu’elle a déjà eu lieu dans la plupart des pays d’Europe. Sur la question des LGBTQ, nous ne pouvons pas oublier les droits des enfants. D’une part, nous ne devons pas permettre qu’ils soient trompés sur leur identité et leur orientation sexuelles par les médias, la publicité et l’éducation, et d’autre part, ils ont le droit d’avoir une mère et un père.

Selon la doctrine catholique, l’avortement est également un péché mortel, et bien qu’en Hongrie la Constitution protège le fœtus dès la conception, notre loi sur l’avortement est libérale, même par rapport aux normes européennes. Vous ne pensez pas que c’est controversé ?

Bien sûr qu’elle l’est. La loi actuelle sur l’avortement est inconstitutionnelle, mais la Cour constitutionnelle n’a pas encore osé le dire. Le problème est que la majorité de la population hongroise est favorable à l’avortement, donc si le gouvernement se durcit, il perdra les élections. Toutefois, il faut se réjouir que les mères puissent désormais écouter les battements de cœur de leur enfant. Les ultralibéraux ont également protesté vigoureusement contre cette mesure, ce qui ne constitue pas une position facile pour le gouvernement.

Mais d’après ce que je peux voir, il a été relativement facile pour les gens d'”avaler” le décret sur les battements de cœur. En fait, il y a eu un certain enthousiasme, mais il n’a pas déclenché une avalanche sérieuse. Se pourrait-il qu’après un certain temps, la société hongroise s’accommode du durcissement de l’avortement ?

Il est possible qu’elle s’y fasse avec le temps, oui. Je prie pour que ce soit le cas. Ou, pour ma part, j’offre les croix de la vieillesse. Je sais que beaucoup de mes collègues font de même.

Vous représentez manifestement l’enseignement de l’Église catholique sur les questions sociales dont nous avons discuté. Comment est-il possible que, par exemple, l’Église catholique allemande, qui est également sous l’autorité du Pontife romain, prêche l’exact opposé des idées que vous exprimez, par exemple, sur la question des LGBTQ ?

Je ne comprends pas cela non plus, cela ne peut pas être justifié. Il y a cinq ou six ans, j’ai dit trois messes en hongrois aux Hongrois de Stuttgart et des environs. J’ai expliqué les arguments en faveur de la résurrection de Jésus et j’ai parlé un peu du ciel et des paraboles de la Bible. Après l’une des messes, le père Tempfli, le pasteur hongrois de Stuttgart à l’époque, est venu me voir et m’a remercié d’avoir abordé ces sujets, en disant que plus personne n’en parlait en Allemagne. La situation de l’Eglise allemande est vraiment désastreuse. Selon eux, il importe peu que Jésus soit né ou non, l’important est qu'”il soit né en vous”. Ne demandez pas s’il est ressuscité des morts ou non, “soyez ressuscités en vous”. Ne vous demandez pas s’il y a un paradis ou non, le but est de le créer autour de vous !” Tout cela est absurde.

Un nombre important de prêtres catholiques allemands bénissent désormais le mariage homosexuel, ainsi que la cohabitation et les partenariats de vie. Ce n’est plus du christianisme, c’est de l’antichrist. Il y a trois ans, Rome a finalement décidé qu’il était interdit aux prêtres catholiques de bénir les couples homosexuels. À l’époque, je lisais encore un journal allemand, et j’étais donc au courant des protestations que cette décision avait suscitées chez les catholiques allemands. C’est très triste ce qui se passe en Allemagne. Je ne veux pas les blesser, mais d’une manière ou d’une autre, ils tombent toujours d’un côté du cheval à l’autre. Ils sont passés d’Hitler et du national-socialisme au mondialisme cosmopolite. Il n’y a plus d’Allemands, de Français, de Hongrois ou d’Italiens, seulement des Européens.

En ce qui concerne la question nationale, l’éternel dilemme est le suivant : qu’est-ce qui est le plus important, l’appartenance nationale ou l’appartenance religieuse ?

Je suis avant tout catholique, mais je suis aussi attaché à ma hongroisité, sans être chauvin. Je suis hongrois, mais je respecte aussi les autres peuples. L’Europe a besoin de diversité et d’unité, mais pas de multiculturalisme ! Il est question de mélanger différentes races conformément au plan Kalergie. Mais quel est, je vous le demande, le résultat ? Au mieux, une masse sans couleur.
Mon ami peintre Győző Somogyi -a vingt-cinq couleurs et nuances de peinture différentes. S’il les mélange tous, il ne pourra pas peindre un tableau coloré. Dans une société multiculturelle et mixte, l’individu perd sa propre identité, son sentiment d’identité, sa culture, sa foi, sa langue, pratiquement tout. Il devient facilement manipulable, ce qui est idéal pour le grand capital mondial, qui veut faire de la Terre entière une immense colonie sans identités ethniques, nationales ou religieuses, juste un ensemble standard de travailleurs et de consommateurs obéissants. […]

L’évêque de Las Vegas a demandé aux politiciens pro-avortement de ne pas se présenter à la communion

En France c’est un sujet tabou, et lorsque le père Michel Viot, prêtre du diocèse incardiné dans le diocèse de Blois et affecté au diocèse de Paris à la Pastorale diocésaine des funérailles et à la paroisse Notre Dame de Lourdes, rappelle cette vérité, il est fustigé, certes par l’extrême-gauche, mais aussi par quelques catholiques pharisiens.

L’évêque catholique de Las Vegas, Mgr George Thomas, a récemment demandé aux politiciens pro-avortement de ne pas se présenter à la communion dans son diocèse à moins qu’ils ne se repentent de leurs actions contre les bébés à naître. L’évêque du Nevada a fait cette déclaration le 24 janvier en réponse à un article de la représentante américaine Susie Lee, une démocrate pro-avortement qui se dit catholique.

“Si un politicien du diocèse de Las Vegas se trouve en désaccord avec l’enseignement de l’Église sur le caractère sacré de la vie humaine, je lui demande de s’abstenir volontairement de recevoir la Sainte Communion lorsqu’il occupe une fonction publique”.

Il a exhorté les politiciens catholiques à examiner leur cœur et à prendre en considération les enseignements de l’Église sur la dignité de toute vie humaine. M. Thomas a également invité M. Lee et d’autres politiciens pro-avortement à lui parler en privé de cette question.

“Nous considérons que chacun est façonné à l’image de Dieu et que, par conséquent, il ne doit pas y avoir de personnes jetables, d’âmes jetables et de citoyens de seconde zone”. “J’estime que l’enfant à naître doit être considéré comme l’un des plus vulnérables de notre société.

Mgr Thomas a déclaré que la position de Lee sur l’avortement

“contraste fortement avec l’enseignement moral sacré de l’Église catholique” et que sa compréhension de la question est “très imparfaite”.

“Tout au long de sa chronique, Mme Lee se prononce en faveur de soins reproductifs sans restriction, sans jamais mentionner les conséquences de son plaidoyer pour l’enfant à naître, dont plus de 60 millions ont été anéantis dans l’utérus depuis la promulgation de l’arrêt Roe v. Wade il y a 49 ans”.

Mme Lee, qui représente le Nevada au Congrès américain, s’est décrite comme une “avocate acharnée” de l’avortement dans une chronique publiée en janvier dans le Las Vegas Sun :

“En tant que catholique, je comprends profondément le dilemme moral que présente le choix de l’avortement. En même temps, le choix de devenir mère est un choix extrêmement personnel, et ce choix devrait rester entre une femme, sa famille et son médecin”. “La protection du droit à un avortement sûr et légal sera une bataille difficile, mais je ne reculerai jamais”.

Elle a exhorté le Sénat américain à adopter un projet de loi pro-avortement radical qui annulerait l’interdiction de l’avortement par naissance partielle et d’autres lois pro-vie et obligerait les contribuables à payer les avortements.

En réponse, Mgr Thomas a demandé à Lee de ne pas recevoir la communion :

“Je place le fardeau de cette décision sur les épaules de chaque politicien, et non sur le dos des pasteurs ou des ministres eucharistiques”.

Thomas a déclaré que l’Église catholique ne fait aucune exception dans sa conviction que tous les êtres humains sont des dons uniques et précieux de Dieu.

“Cette conviction explique la révérence de l’Eglise catholique pour la vie à naître, notre attention pour les affamés et les sans-abri, notre investissement dans des services d’adoption complets, notre soutien à la réforme de l’immigration légale, et notre défense des pauvres et des vulnérables dans la communauté.”

Il a également cité un nouveau document de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis sur l’Eucharistie qui met en garde les catholiques contre la participation à la communion s’ils persistent “obstinément” dans le péché.

“Si un catholique, dans sa vie personnelle ou professionnelle, devait sciemment et obstinément rejeter les doctrines définies de l’Eglise, ou sciemment et obstinément répudier son enseignement définitif sur les questions morales, … il ou elle diminuerait sérieusement sa communion avec l’église”.

Auparavant, Mgr Thomas avait déclaré au Los Vegas Sun que, selon lui, le président Joe Biden ne devrait pas non plus se présenter à la communion s’il ne se repent pas de ses actions en faveur de l’avortement.

Ni les intérêts de Moscou, ni ceux de Kiev, mais les seuls intérêts des Français

Communiqué de Jean-Frédéric Poisson, président de VIA la voie du peuple :

VIA | la voie du peuple ne défend ni les intérêts de Moscou, ni ceux de Kiev : nous défendons les seuls intérêts des Français qui sont les grands oubliés de cette guerre inutile et destructrice !

Nous dénonçons une instrumentalisation du conflit russo-ukrainien en Europe qui sert les seuls intérêts de Washington et alimente la guerre au lieu de chercher à l’éteindre.

Nous nous opposons également aux sanctions économiques qui ne sanctionnent que nous-mêmes et aboutissent à des situations ubuesques : ainsi, l’embargo sur le pétrole russe raffiné (diesel, essence, mazout, kérosène…) qui prend effet dès aujourd’hui nous forcera par exemple à acheter les produits indiens, eux-mêmes importés… de Russie ! Les perdants de cette opération seront les citoyens français qui paieront la différence de leur poche.

Nous en appelons a minima à ne rien décider qui engage la France dans un conflit dont elle n’est pas à l’origine et dans lequel elle n’a aucune responsabilité. Une telle implication la rendrait co-belligérante, et mondialiserait un conflit.

Nous voulons que la France pose les contours d’un plan de retour à la paix en invitant avec fermeté et exemplarité toutes les parties prenantes à enrayer l’escalade de ce conflit.

Il en va de la responsabilité de nos dirigeants, du président de la République Emmanuel Macron en premier lieu, à qui nous adressons un appel sous forme de pétition à ne pas envoyer de chars Leclerc sur le front de cette guerre fratricide.

Merci pour l’intérêt que vous porterez à cette lettre, à votre engagement à nos côtés pour promouvoir la paix, et pour vos gestes de soutien à nos actions que vous pourrez faire ici.

Avorter, euthanasie :la fuite en avant pour toujours plus maîtriser, banaliser et désacraliser la vie et la mort est une illusion de toute-puissance

Remarquable intervention de la psychologue Marie-Estelle Dupont sur CNews

Saint Bernard et Abélard : À la lumière d’une instruction du cardinal Ratzinger

De Rémi Fontaine, reprise très légèrement modifiée d’un article paru dans l’AFS en décembre 1990 : Toute similitude avec des théologiens contemporains n’est pas fortuite !

Il y a un peu plus de vingt ans, on s’apprêtait à célébrer le neuf-centième anniversaire de la naissance de saint Bernard (1091- 1153). En cette circonstance, la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont le préfet était le cardinal Joseph Ratzinger, publia une Instruction éloquente mais aussi très critiquée sur La vocation ecclésiale du théologien. Dans un article paru alors dans le numéro 92 de L’Action familiale et scolaire (décembre 1990), Rémi Fontaine montra, à la lumière de ce texte opportun, l’actualité de la lutte que mena Bernard de Clairvaux, par obéissance plus que par goût, contre les erreurs propagées par le célèbre philosophe et théologien Pierre Abélard (1079-1142). Voici, avec seulement une conclusion à peine modifiée, cet article de 1990 qui n’a rien perdu de son sel : toute ressemblance avec des théologiens contemporains ne semble pas purement fortuite !

Saint Bernard est « le dernier des Pères et l’égal des plus grands », écrit Mabillon (mort en 1707), son éditeur. « Outre la science des docteurs, ajoute Omer Engebert, il avait ce supplément de lumière que les mystiques reçoivent de l’Esprit-Saint » (La fleur des saints, Albin Michel). Et de résumer en deux phrases sa vie de théologien mystique au service de la doctrine :

« Bien que toujours souffrant, obligeant Dieu, pour ainsi dire, à le ressusciter chaque matin, il eut une activité prodigieuse. Il écrivit de  nombreux ouvrages, des milliers de lettres, plus de trois cents sermons ; il intervint dans toutes les disputes doctrinales, dans toutes les grandes affaires religieuses et séculières de l’époque. »

I- ABELARD

  • Philosophe éclairé

L’année du neuvième centenaire de la naissance de saint Bernard aura été aussi celle d’une Instruction – très controversée – de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur La vocation ecclésiale du théologien. Je dis « très controversée » car Pierre Gallay par exemple, le rédacteur en chef (lui-même !) de La Documentation catholique n’hésitera pas à soupçonner l’auteur de cette Instruction de vouloir « bloquer pour longtemps toute avancée théologique » (1).

Mon propos n’est pas d’entrer dans cette controverse mais de souligner comment elle renvoie de façon significative à la célèbre controverse qui opposa Bernard et Abélard. Lequel de ces deux maîtres illustre le mieux la vocation ecclésiale du théologien ?

Le XIXème siècle, qui s’intéressa beaucoup à ce duel théologique, reprocha précisément à saint Bernard, notamment par la plume d’un Michelet puis celle d’un Luchaire, d’avoir arrêté l’histoire pendant un siècle, pas moins ! Le même argument pour ainsi dire que Gallay aujourd’hui en face du cardinal Ratzinger… Assurément, le lobby des théologiens contestataires se reconnaissent plus volontiers dans la postérité d’Abélard que dans celle de saint Bernard…

À la suite du XIXème siècle, toute la pensée progressiste en a fait un véritable mythe, une sorte de saint patron, d’« ancêtre des nobles libérateurs de l’esprit humain », victime de l’intégrisme réactionnaire de Bernard de Clairvaux, présenté, lui, comme le « Grand Inquisiteur » (Jacques Le Goff, historien) qui l’a fait condamner injustement parce qu’à son opposé : défenseur du monde féodal (campagnes), de l’orthodoxie face aux efforts de la pensée, de la mystique face à la raison, etc…

Les mérites attribués à Abélard sont alors les suivants. Il est :

  • le père de la philosophie moderne, du rationalisme et de l’esprit critique, « le premier grand philosophe français avant Descartes »(Victor Cousin) ;
  • le premier « laïc » opposant aux clercs la figure de l’homme libre de penser et d’agir ;
  • la conscience (avec Arnaud de Brescia) du mouvement des libertés communales, le précurseur des combats pour la raison et la liberté ;
  • le promoteur d’une morale de l’intention et de l’amour pur.

« Il est la première grande figure d’intellectuel moderne – dans les limites de la modernité du XIIème siècle –, Abélard c’est le premier professeur », écrit Jacques Le Goff dans Les intellectuels au Moyen-Âge. « Abélard, renchérit Jacques Potin (l’actuel directeur de La Documentation catholique, ancien rédacteur de La Croix), l’un des esprits les plus novateurs de son siècle, professeur fascinant et adulé de ses étudiants, dialecticien subtil qui ne craint pas de se livrer à des recherches nouvelles, y compris sur les mystères chrétiens. » Et encore : « Ce que nous voudrions souligner ici est la modernité de sa pensée, tout ce qui le rend proche de l’homme contemporain. » (Portrait d’Abélard par Jacques Potin dans l’encyclopédie 2000 ans de christianisme).

  • Théologien contestataire

Ce qui le rend proche de l’homme contemporain et plus précisément du théologien moderne c’est sa prétention et sa revendication de « liberté » intellectuelle à l’égard du magistère et son esprit critique appliqué aux dogmes : « Je me suis appliqué d’abord à discuter le principe fondamental de notre foi par les principes de la raison humaine », explique en effet Abélard. De la même façon que les nouveaux théologiens s’appliquent aujourd’hui essentiellement à faire découler leurs commentaires sur la foi de considérations phénoménologiques, sociologiques, psychologiques ou historiques… plaçant leur « science » au-dessus de la vertu, pratiquant l’exégèse sans crainte de Dieu et sans amour du Christ qui donne la vérité libératrice (2).

« Les clercs qui étudient par pur amour de la science : c’est une curiosité honteuse », avertit au contraire saint Bernard. Mais Abélard développe encore plus crûment sa prétention, si « moderne » aux yeux de ses admirateurs : « Ce n’est pas mon habitude, pour professer, de recourir à la tradition, mais aux ressources de mon esprit. » De sorte qu’on pourrait tout aussi bien placer les mises en garde du cardinal Ratzinger, s’inquiétant aujourd’hui des audaces de certains théologiens, dans la bouche de Guillaume de Saint-Thierry (évêque de Chalons-sur-Marne, s’inquiétant hier à juste titre, auprès de son ami Bernard de Clairvaux, de la nouvelle présentation des dogmes que prétend donner le professeur Pierre Abélard :

« Ainsi on oppose la liberté de pensée et l’autorité de la tradition, considérée comme source de servitude. Une doctrine transmise et reçue d’emblée est frappée de suspicion et sa valeur de vérité contestée. »

Or :

« La liberté de l’acte de foi ne saurait justifier le droit au dissentiment. En effet, elle ne signifie nullement la liberté à l’égard de la vérité, mais la libre détermination de la personne conformément à son obligation morale d’accueillir la vérité… »

«  Si une personne prétend parler au nom de l’Eglise, précise le cardinal Ratzinger dans un entretien avec La Croix (28 juin 1990), sa liberté d’expression doit s’harmoniser avec la nécessité de dire réellement ce qu’est la foi de l’Eglise. » Dans le cas contraire, le magistère qui a pour mission de développer l’enseignement de l’Evangile et qui en a reçu la charge peut être amené à prendre « des mesures onéreuses ».

II- L’INEVITABLE CONFLIT

  • Des partisans même à la Cour de Rome

C’est exactement dans cet état d’esprit que Guillaume de Saint-Thierry écrivit à l’évêque de Chartres et à l’abbé de Clairvaux en 1140 :

« On porte à la foi, sur laquelle reposent nos communes espérances, des coups redoutables… Ne croyez pas qu’il s’agisse d’attaques sans portée. Il ne s’agit de rien de moins que de la Sainte Trinité, de la personne du divin Médiateur, et de celle du Saint-Esprit, de la grâce de Dieu et du sacrement de notre Rédemption.

Pierre Abélard recommence à professer et à publier des choses nouvelles : ses livres passent les mers et traversent les Alpes ; ses nouveautés en matière de foi et ses nouveaux dogmes se répandent dans les provinces et dans les royaumes ; on les publie, on les soutient librement partout ; c’est au point que l’on prétend qu’ils comptent des partisans même à la Cour de Rome. »

On voit qu’il est impossible, comme cela s’est fait trop souvent (3), de réduire l’opposition théologique entre saint Bernard et Abélard à une simple différence de méthode ou d’approche : l’une qui serait amoureuse et mystique, l’autre qui serait dialectique et rationnelle.

« Cette présentation est tendancieuse, écrit un moine actuel de Citeaux, car elle laisse penser que la condamnation d’Abélard fut le fruit d’une incompréhension malheureuse. Il est pourtant impossible de passer sous silence que les positions théologiques d’Abélard sont, sur certains points, extrêmement contestables et qu’on imagine difficilement qu’à partir du moment où une certaine publicité leur était donnée l’Eglise ne les condamnât pas. »

  • Le chien du Seigneur

On sait aussi que saint Bernard hésita longtemps avant de s’engager dans cette querelle. Il se déroba d’abord, arguant qu’il était moine – dont la vocation est la prière « à l’ombre des hêtres et des chênes » – et non théologien. [« Va dans la forêt, disait-il, les arbres et les pierres t’enseigneront ce que tu ne pourrais apprendre des maîtres du savoir. »]

Ce n’est que sur les instances de son ami Guillaume – « Votre silence est un péril » – qu’il consentit à examiner les textes incriminés et en fut horrifié. Il prit alors les choses en main, de manière énergique, confirmant une fois de plus le songe qu’avait eu sa mère, la bienheureuse Aleth, alors qu’elle le portait en son sein. Elle s’était vue donner le jour à un petit chien blanc avec le dos roux qui aboyait très fort.

Lorsqu’elle raconta ce songe à un saint homme, il lui répondit sur le ton de la prophétie :

« Tu seras mère d’un noble chien, qui fera bonne garde dans la maison de Dieu. Il aboiera vigoureusement contre les ennemis de la foi. Il prêchera remarquablement et guérira beaucoup de gens, sa langue sera un excellent remède. »

  • Contre les erreurs d’Abélard

Avec  Guillaume de Saint-Thierry, saint Bernard rédigea une liste de propositions condamnables qu’il ajouta à un traité Contre les erreurs d’Abélard. On peut les résumer ainsi d’après le Dictionnaire des hérésies dans l’Eglise catholique d’Hervé Masson :

  1. Il y aurait des degrés dans la Trinité, le Père étant une puissance pleine et entière ; le Fils étant à l’égard du Père ce qu’est l’espèce au genre, ne serait qu’une puissance quelconque ; et le Saint-Esprit n’étant aucune puissance (arianisme).
  2. Le Saint-Esprit procède bien du Père et du Fils mais il est de substance analogue, il n’est pas de la substance du Père et du Fils (proposition macédonienne).
  3. La définition de la foi comme n’étant que le jugement ou l’estimation qu’on porte sur ce qu’on ne voit pas.
  4. Le corps de Jésus-Christ ayant sa forme et ses traits comme tout autre corps humain, dans le sacrement de l’Eucharistie, les espèces du pain et du vin subsistent en l’air et le corps du Seigneur ne tombe pas à terre avec elles.
  5. Les tentations démoniaques se produisent en nous par le contact des pierres et des plantes dans lesquelles les esprits malins s’insinuent afin d’exciter nos passions.
  6. Le Saint-Esprit est l’âme du monde (panthéisme).
  7. Le Fils de Dieu n’a pas souffert la mort pour délivrer l’homme du péché ; il ne l’a fait que pour nous enflammer d’amour pour lui et il ne s’est incarné que pour nous instruire et nous servir d’exemple (pélagianisme).
  8. Laisser entendre que seul le Verbe en Jésus-Christ est la deuxième personne de la Trinité (nestorianisme).
  9. Minimiser le rôle nécessaire de la grâce au profit de la volonté (pélagianisme).
  10. Dieu le Père n’est pas libre dans sa création, il est déterminé par sa propre perfection. Il ne peut faire ou permettre que ce qu’il fait ou permet et seulement de la manière et dans le temps qu’il le fait ou le permet. Car s’il pouvait empêcher le mal qui arrive, et qu’il n’empêche pas, le permettre serait consentir au péché.
  11. Il faut exister pour pécher. L’enfant qui vient au monde ne tire pas d’Adam la coulpe, mais seulement la peine du péché originel (pélagianisme).
  12. Il n’y a pas de péché par ignorance ; il n’y en a pas non plus quand on agit selon sa conscience.
  13. Le consentement, qui suit la suggestion et une délectation mauvaise, n’est péché qu’à partir du moment où les accompagne un sentiment de mépris de Dieu.
  14. Le pouvoir de remettre les péchés n’a été confié qu’aux seuls apôtres, à l’exclusion de leurs successeurs.

III- SAINT BERNARD

  • Les avertissements du saint abbé

La pensée d’Abélard constituait déjà à sa façon une sorte d’« égout collecteur » de toutes les hérésies d’alors et c’est un véritable Syllabus qu’établirent ensemble l’abbé de Clairvaux et l’évêque de Châlons contre les débordements de cette raison raisonnante.

« Ce théologien nouveau, écrivait saint Bernard au pape Innocent II, a de commun avec Arius de distinguer des degrés dans la Sainte Trinité ; avec Pélage de présenter le libre arbitre comme supérieur à la grâce (4) ; avec Nestorius de diviser Jésus-Christ en niant l’union de son humanité avec la Trinité. »

Et au cardinal Haimeric, chancelier de l’Eglise romaine :

« Notre nouveau théologien est (…) corrupteur de la foi des simples… Il prétend aborder avec les seules lumières de la raison les mystères qui ne sont accessibles qu’à la vivacité d’une foi pieuse et soumise qui croit sans examen. »

Vers la fin de l’année 1140, suivant le précepte évangélique, il adressa coup sur coup deux avertissements à « Maître Pierre ». [Lequel était sensé avoir déjà abjuré solennellement ses erreurs lors du concile de Soissons en 1121, mais n’avait pas hésité depuis à reprendre les mêmes thèmes dans un nouvel ouvrage, devenant ainsi relaps.]

  • Le défi perdu d’Abélard

C’est ce dernier qui, dès le début de l’année 1141, lança un défi à saint Bernard en le convoquant à une « disputatio » (dispute) au concile de Sens. Bernard se récusa une nouvelle fois :

« J’ai refusé autant parce que je suis encore jeune (dans l’art de la discussion) et que lui est un redoutable lutteur depuis le temps de sa jeunesse, que parce que j’ai trouvé indigne d’exposer devant les misérables esprits de ces gens la discussion des fondements de la foi… » (Lettre 189).

Néanmoins, le 25 mai, malgré ses réticences, Bernard vint à Sens à la demande des évêques. Le lendemain eut lieu le débat public où Abélard sembla se dérober au réquisitoire abrupt que constituait l’inventaire de ses erreurs par saint Bernard. Cette fuite d’Abélard devant l’assemblée qu’il avait pourtant lui-même provoquée est restée en fait assez peu explicable, même à ses partisans.

Peut-être le vieux professeur s’attendait-il davantage à une joute oratoire où il était sûr de briller, qu’à son audience en accusé par les évêques assemblés pour le juger ? Récusant tout jugement, il en appela au pape et se retira à Cluny pour y mener une fin de vie exemplaire.

  • L’apaisement et la leçon d’une réconciliation

C’est là que Pierre le Vénérable organisa une réconciliation entre Abélard et saint Bernard qui fut réelle, entière et sans retenue. Peu après, Abélard corrigea certaines de ses formules et désapprouva ses propositions finalement condamnées par le pape. Il mourra en paix l’année suivante en 1142.

Reste le mythe du progrès et du rationalisme dont Abélard s’est trouvé investi par la logomachie progressiste. « Face à ses détracteurs qui tranchaient de haut [sic], Abélard a entendu assumer les risques d’une pensée libre et indépendante – pour autant du moins que son siècle le lui permettait », n’hésite pas à écrire encore Jacques Potin.

Comme si la liberté du théologien pouvait s’exercer indépendamment (à l’extérieur) de la foi catholique dans ses constructions mentales individuelles et ses théories mondaines. Comme si, en théologie, l’autorité n’était pas (à l’inverse de la philosophie) la première des raisons. Comme si « la vérité qui libère » n’était pas d’abord « un don de Jésus-Christ » (Jean 8, 32). On souhaite aux théologiens contemporains qui pourraient se revendiquer du patronage d’Abélard d’imiter jusqu’au bout leur précurseur, qui se rétracta, se réconcilia avec « le rottweiler de la foi »  de l’époque (saint Bernard) et mourut en chrétien.

L’Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien rappelle à cet égard certaines valeurs et certaines vérités dont saint Bernard fut incontestablement le héraut :

  • Le théologien a pour fonction d’acquérir, en communion avec le magistère, une intelligence toujours plus profonde de la Parole de Dieu contenue dans l’Ecriture inspirée et transmise par la tradition de l’Eglise.
  • Puisque l’objet de la théologie est la Vérité, le Dieu vivant et son dessein de salut révélé en Jésus-Christ, le théologien est appelé à intensifier sa vie de foi et à unir toujours recherche scientifique et prière. Il sera ainsi plus ouvert au « sens surnaturel de la foi » dont il dépend et qui lui apparaîtra comme une règle sûre pour guider sa réflexion et mesurer la sagesse de ses conclusions.
  • L’exercice de la théologie requiert un effort spirituel de rectitude et de sanctification (5).
  • La liberté propre à la recherche théologique s’exerce à l’intérieur de la foi de l’Eglise (6), s’inscrit à l’intérieur d’un savoir rationnel dont l’objet est donné par la Révélation, transmise et interprétée dans l’Eglise sous l’autorité du magistère, et reçu par la foi. Omettre ces données, qui ont valeur de principe, serait comme « cesser de faire de la théologie ».

CONCLUSION : De saint Bernard à Benoît XVI, docteurs melliflus…

Dans son litige avec Abélard, saint Bernard n’est intervenu qu’à la demande formelle des évêques responsables, qui lui demandaient ses lumières. Comme le cardinal Ratzinger ne s’est consacré à la défense de la foi, comme responsable aussi longtemps de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qu’à la demande pressante de saint Jean-Paul II. Dans le combat contre les Abélard d’hier et d’aujourd’hui, saint Bernard et Joseph Ratzinger n’ont jamais agi dans l’Eglise et le monde que par obéissance. Et seulement au service de l’Eglise pour assurer la pureté et la vérité de la foi mise en cause. Devenu pape théologien à la devise si éloquente – « Coopérateurs de la Vérité » –, Benoît XVI a appliqué avec excellence l’Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien en tant que successeur de Pierre.

Sachons rendre hommage, pour conclure, à la « vocation ecclésiale » de ces deux théologiens mystiques que près de mille ans sépare. Pour eux, comme l’écrivait Pie XII à propos de Bernard, « la science n’est pas un but dernier, mais plutôt un chemin qui conduit à Dieu ; ce n’est pas une chose froide sur laquelle s’attarde vainement l’esprit… mais c’est une chose mue par l’amour, poussée et dirigée par lui »(Doctor mellifluus, n°6). C’est pourquoi l’un et l’autre, pénétrés de cette sagesse, par la méditation, la contemplation et l’amour, sont arrivés aux sommets de la discipline théologique et mystique. « Jésus, je t’aime ! » sont les derniers mots du pape émérite. À lui aussi pourrait convenir le titre de docteur melliflu ou de docteur lumineux. Son discours des Bernardins renvoie notamment au texte admirable de saint Bernard – De la considération, CV, 28 – où, sans rejeter la spéculation intellectuelle et la science du « chercheur de Dieu », le moine cistercien en assigne les limites (comme Joseph Ratzinger dans son Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien) en les subordonnant à la contemplation qui allie l’intelligence et l’amour.

Rémi Fontaine

(1) DC, n° 2010, 15 juillet 1990. Le même numéro donne le texte de l’Instruction romaine sur La vocation ecclésiale du théologien.

(2) « L’utilisation par la théologie d’éléments et d’instruments conceptuels provenant de la philosophie ou d’autres disciplines exige un discernement qui trouve son principe normatif ultime dans la doctrine révélée, souligne à ce propos l’Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien. C’est elle qui doit fournir les critères pour le discernement et non l’inverse. »

(3) « La ligne de partage entre Abélard et saint Bernard [entre l’esprit spéculatif qui reçut en 1114 la régence de l’école cathédrale de Paris et l’esprit contemplatif qui réforma les cisterciens] n’est autre que celle qui sépare l’esprit mystique de l’esprit dialectique », selon Jacques Potin. Saint Bernard écrit cependant : « Dieu est sagesse et veut être aimé non seulement avec douceur mais avec sagesse. Bien plus, l’esprit d’erreur gâchera tout zèle si tu négliges la science. Et l’ennemi trompeur n’a pas de moyen plus efficace pour enlever l’amour du cœur de l’homme, que de réussir à le faire marcher dans l’amour, sans précaution et sans être guidé par la raison » (Sur le Cantique, sermon 19, 7).

(4) « Sans la grâce rien qui sauve, sans la liberté rien à sauver », résumait en substance saint Bernard à Guillaume de Saint-Thierry, anticipant et éclairant limpidement tous les débats célèbres qui auront lieu sur cette question.

(5) À ce niveau la pensée et la vie d’Abélard contraste avec celles de saint Bernard : réflexion inachevée et conduite mouvementée d’un côté (cf. notamment l’aventure avec Héloïse), pensée ferme et vie monastique toujours fidèle de l’autre. Si l’on compare la vie et les échecs d’Abélard avec le réalisme, l’efficacité historique, la sainteté de Bernard, le mot de ce dernier semble juste : Abélard est un homme « dissemblable à lui-même », « totuus ambiguus ».

(6) « La liberté de recherche… signifie la disponibilité à accueillir la vérité telle qu’elle se présente au terme d’une recherche dans laquelle n’est intervenu aucun élément étranger aux exigences d’une méthode correspondant à l’objet étudié. »

Dieu est-il vraiment tout-puissant ?

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :

  • Père Joël GUIBERT, Prêtre du diocèse de Nantes
  • Jean-Christian PETITFILS, Historien
  • Romain de CHÂTEAUVIEUX, Fondateur de l’association Misericordia

 

Les idéologies modernes, détournement du christianisme

Terres de Mission reçoit par Skype Jean-Philippe Trottier, journaliste québécois qui vient de publier un livre sur les idéologies contemporaines envisagées notamment comme un détournement du christianisme : “Les illusions dangereuses”.

Puis, Gabrielle Vialla, mère de famille et auteur de nombreux ouvrages notamment sur la féminité et sur l’éducation des enfants à la chasteté, présente son dernier ouvrage : “Eduquer la conscience dès l’enfance”.

Enfin, Gérard Authier évoque la crise de l’Eglise à l’occasion d’un roman à la fois drôle et tragique sur ce sujet : “Moi, “Bob”, curé de Saint-Frusquin”.

Construire des mosquées, détruire des églises, un député poursuivi, un ministre applaudi

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le député européen Nicolas Bay a vu son immunité parlementaire européenne levée à une immense majorité ce 2 février pour que des poursuites s’engagent contre lui. Il a critiqué la construction d’une mosquée. La procureure générale de la Cour d’appel de Rouen a demandé cette levée de son immunité. Celui-ci s’exprime en défaveur de la construction de la mosquée de Guichainville en Normandie. Il lui est reproché d’inciter à la haine raciale. Il aurait dit : “L’islam politique qui se propage partout en France et ici même en Normandie … Il faut arrêt le communautarisme quand on sait qu’il importe à la fois de la délinquance, de la criminalité et du terrorisme …”

Dans le même temps, en janvier 2023, l’ancienne ministre de la culture, Roselyne Bachelot, invitée de l’émission “C à vous” prédit la destruction des églises dites “sans grand intérêt”, même si elle invite à la mobilisation des citoyens pour conserver ces édifices. Cette situation est emblématique de la spiritualité en France. J’ai pour ma part été plusieurs fois le témoin oculaire des attentes des pratiquants de l’Islam, à l’entrée des centres religieux et salles de prière; faisant patiemment la queue. Ils sont à chaque fois des centaines et des centaines. A l’inverse, l’entrée des églises le dimanche matin ressemble à une petite réunion entre soi de quelques chrétiens perdus dans ce monde.

Mais les réactions témoignent aussi d’un renoncement des élites européennes à être des élites spirituelles. Entendons nos élites politiques et religieuses. Sous la pression du Qatar, dit-on, les députés européens font de nouveau le choix d’une laïcité nihiliste qui ne résistera pas une seconde à l’extension spirituelle de l’Islam en Europe selon la formule prophétique de Tariq Ramadan : “les sociétés démocratiques à majorité musulmanes”. Et les propos de R. Bachelot ont suscité l’enthousiasme des laïcards qui soutiennent cette démarche de liquidation du patrimoine chrétien sur le sol européen. A aucun moment, il ne lui est reproché d’annoncer une déchristianisation, voire de l’encourager. A cet égard, le Saint Michel des Sables d’Olonne ou la Vierge de la Flotte-en-Ré sont des symboles de cette déchristianisation active.

En fait, les chrétiens sont une minorité politique qui commence à ne plus intéresser nos élites. Par contre, l’électorat de tradition musulmane pèse de plus en plus lourd. C’est pourquoi je finis par m’interroger par le sens réel d’un livre : Les lettres persanes de Montesquieu. En effet, celui-ci n’annonçait-il pas la véritable préférence des élites des Lumières pour cette religion de la soumission (Islam signifiant bien la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu) là où le christianisme promeut la liberté de conscience, l’amour et le pardon. Montesquieu raille avec les arguments du mahométan les absurdités, à ses yeux, qui sont les mystères et les sacrements des chrétiens. La société mahométane lui paraît plus civile, plus éduquée, plus désirables.

Est-ce bien ce que veulent nos élites ? Peut-être devons-nous leur demander tout simplement ? Etes-vous pour l’instauration de l’Islam comme nouvelle religion, non pas en Europe, mais de l’Europe ? A cet égard, il faut discuter avec nos élites du sens réel de la laïcité. Car là est peut-être le piège. D’ailleurs, que signifie ce mot ? D’où vient-il ? Traditionnellement il dénomme celui qui n’est ni ecclésiastique ni religieux. Il qualifie alors ce qui est propre au monde profane ou à la vie civile. On dira du laïc qu’il vit dans le “siècle”. La religion désigne alors par habitude le « séculier », ou laïque, comme opposé au « régulier » qui appartient à un monde religieux. Mais l’étymologie va beaucoup plus loin. Laïque vient du grec ” laikos ” (“λαϊκός “). Ce terme dérive de ” laos ” (“λαός”) le ‘peuple’ et du suffixe grec “ikos”, au sens de ce qui est “relatif à “. Ce mot grec signifie donc ce qui concerne le peuple en le séparant de ce qui n’est pas clérical. Et dans le latin “laicus”, cela signifie le commun, l’ordinaire.

Faire l’apologie de la laïcité, c’est tout à la fois pour les modernes se séparer du religieux pour s’en émanciper et revendiquer une liberté politique. Mais c’est aussi exprimer le peuple, son commun et son ordinaire. Or, si le peuple est très majoritairement de confession musulmane, la subversion de la laïcité par l’Islam est alors inévitable pour deux raisons tout à fait simple. Une première démographique où la société démocratique à majorité musulmane fera démocratiquement le choix d’instaurer sa préférence. D’où la seconde qui tient au fait que le laïc et le clérical se confondent dans la pratique même de l’Islam. La laïcité aura vécu.

Cela jette un regard cru sur ce qu’il convient d’envisager. Il y a un effort de spiritualisation de nos élites européennes mais aussi de compréhension du sens profond de l’héritage chrétien où les deux pouvoirs sont bien dissociés depuis toujours. Or, ce qui se joue sous nos yeux, n’est rien d’autre que la disparition de la liberté religieuse et de la liberté politique. Est-ce vraiment ce à quoi nos élites aspirent, par leur soumission héritiée de Montesquieu ? Ouvrons le débat avec nos élus sereinement, car les perspectives sont là.

Pierre-Antoine Pontoizeau

Rapport sur la christianophobie en France en février 2022

Nos amis de l’Observatoire de la christianophobie ont récemment mis en ligne leur rapport mensuel sur les actes anti-chrétiens perpétrés en France en février 2022.

Vous pouvez le télécharger ici.

Contre les musées… mais pas seulement

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
Je viens de visiter le Louvre, un musée rempli de tous les atouts artistiques et dans lequel l’Italie joue un rôle fondamental et pas seulement pour la Joconde. Cependant, en réfléchissant à ce qu’est un musée, si l’on doit reconnaître leur mission de conservation de certains patrimoines artistiques, il faut aussi dire que, dans un certain sens, ils les trahissent.
Le musée est une sorte de jardin zoologique de l’esthétique, où les œuvres d’art sont gardées en captivité dans un environnement qui n’est pas le leur. L’œuvre d’art doit être vécue, à la fois dans la prière et dans la contemplation solitaire, l’accumulation anormale de chefs-d’œuvre dans un musée comme le Louvre rend l’œuvre d’art inutilisable dans le sens où elle devrait pouvoir nous parler. L’art sacré du Louvre, patrimoine étonnant, était fait pour les églises, pour les demeures privées, pour les monastères. Des tableaux extraordinaires placés les uns à côté des autres, dans des pièces où il y en a peut-être des centaines, déjouent le message. Aussi parce que le musée, si vous essayez de vous nourrir de l’art qu’il contient, vous étourdit forcément. J’ai dû m’asseoir plusieurs fois, non seulement à cause d’une fatigue physique compréhensible, mais aussi à cause d’un vertige esthétique. Je ne sais pas si on peut parler de syndrome de Stendhal, mais j’avais l’impression d’être celui qui se gave sans cesse de beaucoup trop de gourmandises.
Mais cela ne s’applique pas seulement aux musées, cela s’applique également aux concerts, où la musique écrite à d’autres fins, comme la musique sacrée, est souvent jouée. Je comprends qu’on pense que, puisque la vraie musique sacrée a été exclue de la liturgie, alors on peut l’écouter en concert, mais c’est une écoute décontextualisée: la musique n’est pas seulement un son, mais c’est aussi un contexte qui interagit avec l’expérience de l’écoute. Les concerts de musique sacrée (ce que j’ai fait aussi) sont un moindre mal, mais ils sont pourtant, d’une certaine façon, un mal.
Un discours similaire devrait être tenu pour les archives rendues inaccessibles, soit totalement, soit dans la manière dont leur utilisation est autorisée. Nous avons, dans l’Église catholique, des témoignages extraordinaires de notre passé, mais, dans certains cas, la recherche est entravée par des règles idiotes, pensant que le chercheur va dans des archives en sachant exactement ce qu’il doit chercher. Tout chercheur vous dira que l’apport le plus important à sa recherche vient non seulement de ce qu’il cherchait, mais surtout de ce qu’il ne cherchait pas. Pour trouver, il faut se perdre dans les archives et donc laisser le chercheur dans le vertige de son ignorance de mondes entiers possibles.
Pour revenir au Louvre, je me suis assis et j’ai passé quelques minutes à méditer sur quelques œuvres d’art mais il faudrait toutes les méditer, ce qui est évidemment impossible. Considérez que le Louvre expose 35 000 œuvres. Si l’on consacrait ne serait-ce que 30 secondes à chacune, il faudrait plus de 12 jours sans sommeil pour les voir toutes. Si seulement 100 de ces œuvres étaient sélectionnées et qu’on leur consacrait 5 minutes, cela prendrait tout de même plus de 8 heures. Et nous n’aurions vu que 0,29% du musée !

La crise de la confession est un des aspects les plus révélateurs de la crise catholique

De l’abbé Claude Barthe dans Res Novae :

Une des conséquences peu soulignée du grand chambardement qui a suivi le concile Vatican II est l’effondrement de la pratique de la confession. Le phénomène en dit long sur l’effacement du sens du péché et plus généralement sur la mutation du catholicisme, au moins quant à sa perception par ceux qui y adhèrent. Le retour sera sur ce point aussi nécessaire que difficile pour la pastorale qu’aura à mettre en œuvre une vraie réforme de l’Église.

Brève histoire de la « seconde pénitence » après le baptême

L’avertissement Sancta sanctis, « Les choses saintes pour ceux qui sont saints ! », qu’on trouve dans le chapitre VIII des Constitutions apostoliques, rédigées vers la fin du IVe siècle, existe aujourd’hui dans la plupart des liturgies orientales (et aussi dans la liturgie mozarabe), rappelant l’obligation de la pureté de conscience pour approcher de la communion.

Il convient bien sûr de replacer l’analyse de ce phénomène dans une histoire de ce sacrement. Elle montre une tension continuelle entre la nécessité du sérieux de la conversion, et donc la vérification par le prêtre, autant qu’il est possible, de la véracité du ferme propos (c’est-à-dire la ferme intention de ne pas retomber) pour donner l’absolution, d’une part, et l’importance pastorale d’y faire accéder le grand nombre des chrétiens pour les faire bénéficier de cette purification, d’autre part. Ce qui s’est manifestée par le passage de la confession rarissime à sa multiplication au cours de l’existence, de la pénitence publique à la pénitence privée.

En effet, la « seconde pénitence » (Tertullien, De pænitentia), pour être purifié des péchés commis après le baptême s’opérait par l’onéreuse pénitence publique, long temps d’expiation des péchés graves (adultère, crime, reniement de la foi), s’achevant par une réconciliation opérée par l’évêque. Mais au VIe siècle, les moines irlandais débarquant sur le continent y importèrent la pratique de la pénitence privée, fréquemment renouvelable, version pour des laïcs d’un usage de monastère, avec pénitences ascétiques ou commutations (messes par exemple). Un mouvement spirituel d’intériorisation de la religion, notamment dans des ordres mendiants, fut un terrain favorable à la diffusion de la confession fréquente, accompagnée pour les fidèles les plus fervents d’une direction spirituelle, sachant cependant que la communion fréquente, à cette époque, restait rare.

Le IVe concile de Latran, en 1215, imposa à tous les laïcs parvenus à l’âge de discrétion ou âge de raison (l’âge auquel on distingue le bien du mal), la confession annuelle et la communion pascale annuelle dans sa propre paroisse. De fait, cela revenait à imposer une confession au temps de Pâques suivie de la communion – actes sacramentels décrits par l’expression « faire ses Pâques » – le concile de Latran consacrant la confession auriculaire (à l’oreille du prêtre) en remplacement de la confession publique, qui garda cependant longtemps des partisans. Le concile de Trente confirma la discipline de Latran IV, dans le climat de contestation du sacrement de pénitence provoquée par le protestantisme.

Après le concile de Trente et jusque dans le premier XIXe siècle, la longue querelle entre rigoristes et molinistes, déployée notamment en France et en Italie, témoigne à nouveau de la tension entre ces deux pôles pastoraux. Les maximes gallicanes et janséniste prescrivaient d’user souvent du report d’absolution pour s’assurer de la contrition du pénitent récidiviste (après avoir avoué des péchés graves au confesseur, il devait s’efforcer de ne plus commettre ces péchés et revenir plus tard devant lui pour recevoir l’absolution). Saint Alphonse de Liguori, au XVIIIe siècle, formé par les jésuites, peut être considéré comme le grand représentant de la morale romaine, qui sans être laxiste se gardait d’un rigorisme qui faisait fuir le sacrement. Au XIXe siècle, la morale rigoriste perdit d’ailleurs du terrain, au sein d’un vaste mouvement favorable à l’ultramontanisme (ecclésiologie, liturgie, bientôt philosophie néo-thomiste, et morale). Ainsi le Curé d’Ars, confesseur par excellence, évolua-t-il durant sa carrière pastorale de la sévérité à la française au liguorisme. Si le délai imposé pour l’absolution devint rare, les refus d’absoudre existaient. Des lieux et temps de confessions s’organisaient, comme les missions paroissiales et les sanctuaires de pèlerinage.

Mais la balance de la théologie morale, penchant diversement selon les époques et les écoles entre exigence du ferme propos et condescendance (ne pas écraser la mèche qui fume encore), a été purement et simplement évacuée, dès lors qu’en vertu de théories laxistes de « gradualité » pour sortir du péché ou d’« accompagnement » du pécheur pour cette (théorique) sortie progressive (par exemple de l’usage de la contraception, de l’adultère consacré par le « remariage » après divorce), le ferme propos est par définition inexistant.

La confession, une charge sacerdotale jadis considérable

Jusqu’à Vatican II, la formation à la confession dans les séminaires avait une place importante. Elle correspondait à la charge considérable que représentait ce sacrement dans la vie des prêtres de paroisse. Sans parler des foules permanentes de pénitents dans les lieux de pèlerinage, comme dans la chapelle des confessions à Lourdes, devant les confessionnaux, aujourd’hui inutilisés, de toutes les églises, se formaient des files de pénitents, dès l’instant qu’un confesseur s’y trouvait. À la veille des fêtes, et spécialement lorsque approchait la fête de Pâques, des journées entières étaient employées à entendre les pénitents. Les missions paroissiales, comme nous le disions dans un précédent article commençaient par une prédication invitant aux « grandes réflexions » sur la mort, les fins dernières, le péché. Puis pendant des journées entières, les confessions des paroissiens étaient entendues, ils étaient d’ailleurs invités à faire des confessions générales de toute leur vie. Dans une société où l’immense majorité avait été catéchisée dans l’enfance, les conversions de mécréants se manifestaient essentiellement par une confession par laquelle ils rompaient avec leur vie ancienne.

Les années 50 du XXe siècle, années de grande turbulence dans l’Église, furent aussi, paradoxalement, celles d’une pratique sacramentelle plus intense. En France, les enquêtes du chanoine Fernand Boulard montrent que 43% seulement des Français faisaient alors leurs Pâques, mais qu’une certaine embellie se produisait, notamment en raison de la banalisation de la communion des hommes qui, dans certaines régions, y étaient restés jusque-là réfractaires. D’autant que les appels de saint Pie X à la communion fréquente (décret Sacra tridentina, du 20 décembre 1905) étaient plus largement entendus du fait de l’allégement de la discipline du jeûne eucharistique opérée par Pie XII (non plus jeûne depuis minuit, mais de trois heures pour la nourriture solide et les boissons alcoolisées, et de une heure pour les boissons non alcoolisées).

Le cataclysme

« Dans l’Église, la confession, cela a été la chute libre sans parachute. Cette chute n’a été rencontrée nulle part ailleurs, ni pour l’Eucharistie, ni pour la foi », écrivait un aumônier d’Action catholique, supérieur de grand séminaire, dans un dossier du Pèlerin, 3 novembre 1974, cité par Guillaume Cuchet, selon lequel « la crise de la confession est un des aspects les plus révélateurs et les plus saisissants de la “crise catholique” des années 1965-1978 ».

Il se réfère aux trois sondages dont on dispose en la matière, le premier réalisé par l’Ifop en 1952, le deuxième par la Sofres en 1974 et le dernier, toujours par la Sofres en 1983 :

  • En 1952, 51% des adultes catholiques déclaraient se confesser au moins une fois par an, dont 15%, qu’on pouvait nommer les pénitents fréquents, se confessaient une fois par mois, et parmi eux 2% le faisaient toutes les semaines.
  • En 1974, 29% seulement se confessaient une fois par an, les pénitents fréquents ayant pratiquement disparu (1%).
  • En 1983, les « annuels » étaient tombés à 14%.

Ce fut donc une rupture brutale : tandis que se tarissait le flux des pénitents ordinaires, le groupe des pénitents fréquents, catholiques qui constituaient le cœur de l’Église, disparaissait pratiquement.

La pratique des « cérémonies pénitentielles » (un certain nombre d’entre elles suivies d’absolutions collectives qui, selon la doctrine classique, sont réservées à des situations de grave danger de mort, sous réserve d’avouer ensuite ses péchés en confession si on en réchappe), a aussi contribué à déprendre les fidèles de l’habitude de la confession individuelle. L’Ordo pænitentiæ de 1974, puis le canon 961 essayent d’encadrer cette évolution : la célébration pénitentielle avec absolution collective exige une grave nécessité, de laquelle juge l’évêque diocésain en accord avec la Conférence des Évêques. En bien des endroits, elle est devenue tout ce qui reste de la pratique du sacrement de pénitence.

Certes, dans son motu proprio Misericordia Dei du 7 avril 2002, Jean-Paul II avait tenté de réagir : « La grande affluence de pénitents ne constitue pas à elle seule une nécessité suffisante » (n. 4). Il est au reste probable que les catholiques qui répondaient aux sondages de 1974 et 1983 considéraient qu’en usant de ces pratiques, ils s’étaient confessés.

Mais si la confession a ainsi disparu de la vie des catholiques, la communion s’est en revanche généralisée, au point que lors d’une messe « ordinaire », en rite Paul VI, la presque totalité des assistants communient, y compris dans des cérémonies où il est évident que sont présents de nombreux pratiquants très occasionnels. En réalité, le chapitre VIII d’Amoris lætitia, concernant les divorcés « remariés » ou le document du 22 février 2018 approuvé par la majorité des évêques allemands visant à permettre aux époux de mariages confessionnels mixtes de participer ensemble à l’Eucharistie, ne font que suivre et consacrer ce qui se pratique tranquillement à la base. Le cardinal Vingt-Trois, qui a déployé une critique feutrée d’Amoris lætitia,le remarquait avec son humour sarcastique:

« Puisqu’on dit que l’Eucharistie est un repas, il faut bien que ceux qui y assistent mangent. »

Une remontée nécessaire et ardue, pénitentielle

Et cependant, il existe toujours dans un certain nombre d’églises, au moins dans des grandes agglomérations, des permanences sacerdotales qui permettent des confessions, parfois même, comme à Paris à Saint-Louis-d’Antin, plusieurs confesseurs ont une activité sacramentelle continue. Il n’est pas douteux que les « nouveaux prêtres » déploient des efforts pour inciter à retrouver le chemin du sacrement de pénitence.

Mais le problème pastoral reste gigantesque et ne cesse de s’accroître en proportion de l’augmentation de l’ignorance catéchétique des catholiques. Il va s’agir de rebâtir la pratique sacramentelle des catholiques qui vont rester dans une Église très réduite en nombre. Le retour à la pratique du sacrement de pénitence sera assurément une des voies pour remodeler un peuple chrétien.

Une des difficultés sera qu’il pourra paraître « rigoriste » de faire retrouver des habitudes d’assistance à la messe sans communion automatique (notamment, peut-être, en rétablissant un jeûne eucharistique plus exigeant), comme de faire en sorte que soient encadrées le rite de communion lors des cérémonies, enterrements, mariages, qui rassemblent aussi un nombre de non-pratiquants voire d’incroyants nombreux, lesquels pensent que la communion est un rite obligé au même titre que l’aspersion du cercueil avec l’eau bénite.

C’est un véritable choc électrique qui devra être produit par une prédication hiérarchique forte et de longue haleine par des évêques réformateurs pour que puisse s’organiser ensuite, sur le terrain, une catéchèse adaptée.

10 février : journée de prière et de jeûne pour le respect de la vie

C’est une proposition de la Conférence des évêques de France, soutenue par les AFC.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques invite les fidèles catholiques à faire du vendredi 10 février, veille de la fête de notre Dame de Lourdes et de la journée de prière pour les personnes malades, une journée de jeûne et de prière pour le respect de la vie humaine. 

Dans le contexte mouvant de nos sociétés, et notamment du débat ouvert dans notre pays sur la fin de vie, les catholiques demandent à Dieu la grâce de respecter la vie humaine, la leur et celle de tout autre, dans leurs pensées et leurs comportements.

Le message du Pape pour la journée de prière pour les personnes malades pourra servir de support :

« Ce qui importe, toutefois, c’est de reconnaître la condition de solitude, d’abandon. Il s’agit d’une atrocité qui peut être surmontée avant toute autre injustice, car – comme le rapporte la parabole (du Bon Samaritain) – il suffit d’un instant d’attention, d’un mouvement intérieur de compassion, pour l’éliminer. »

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