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La femme vue d’Arménie, avec Lala et Tatev

Première partie de notre trilogie : Le F de la Femme, de la Foi, et, de la Francophonie

Elles ont toutes les deux 21 ans. Etudiantes avec des situations familiales différentes, Lala et Tatev s’expriment pour la première fois sur le sujet. Entre les traditions et le modernisme, elles privilégient les traditions. Entre l’émancipation et l’interdépendance, elles choisissent l’interdépendance. Très matures, elles déclarent que « la femme arménienne est l’héroïne de 2020 ».

Ce dimanche 7 mars, la veille de la Journée Internationale de la Femme, à Kanaker, dans le quartier nord d’Erevan, la capitale, une quinzaine de jeunes filles âgées de plus de 18 ans, sortent de la paroisse Saint Grégoire de Narek où a été célébrée la Messe. « Nous allons toutes à la Messe sans exception, expliquent quelques-unes. Et, nous y allons avec le cœur ». Du cœur, elles en reçoivent beaucoup au Centre de Jeunesse Annie Bezikian, où elles vivent. Dans ce centre, les sœurs s’occupent de 23 jeunes filles, qui ont eu des vies familiales très dures. Certaines sont orphelines, de père et de mère. Ici, le paradis a posé ses fondations. « Sans les sœurs, nous ne savons pas ce que nous serions devenues », expliquent Lala et Tatev.

« La gardienne des traditions et des valeurs »

Lala a une sœur, Ala. A la mort de leur père en 2016, elles ont décidé de venir vivre en Arménie. Nées dans le Caucase, en Georgie, à Javakhk, près de la frontière avec l’Arménie, ses jumelles d’origine arméniennes sont redevenues heureuses. Elles qui étaient tristes depuis 2016 ont commencé à écrire de nouvelles pages de joie sur leurs vies. Pour Tatev, les difficultés n’étaient pas les mêmes. Sans les sœurs, elle aurait eu du mal à faire ses études supérieures, et, aurait dû commencer à travailler à 17 ans. Matures, les deux étudiantes ont un avis bien pesé sur la question du féminisme. Pour Tatev,

« la femme en Arménie a un rôle très important, car c’est elle qui s’occupe de l’éducation des enfants. Les femmes sont le pivot de la famille. Elles ont un rôle social et politique. Elles ont un sens du sacrifice pour garder leur famille, et, la protéger de tous les maux qui frappent à la porte. Par exemple, la division, l’égoïsme, l’individualisme, la paresse, le chômage, etc. »

Pour Lala,

« la femme arménienne a une très forte personnalité, c’est la tête de la famille. C’est elle qui aide à prendre les décisions les plus importantes dans la famille, par exemple dans l’éducation des enfants. Elle est, aussi, la gardienne des traditions et des valeurs. Elle a, enfin, un sens très développé de son rôle au sein du pays. Par exemple, pendant la guerre contre l’Azerbaïdjan, les femmes sont venues en aide aux soldats, et, à leurs familles. »

Une féminité au service de la société

Tatev est née à Tashir, dans le nord du pays, une petite ville de 5 000 habitants. Etudiante, elle est francophone. Elle est, aujourd’hui, en quatrième année à la Faculté de Finances, à l’Université Française (l’UFAR). « Je travaille, aussi, dans une compagnie d’assurance, explique-t-elle ». Lala est étudiante à la Faculté de Communication et des Langues Européennes. Elle parle le russe et l’arménien couramment, et, apprend l’espagnol et l’anglais. « Pour moi, c’est important d’apprendre ces langues pour communiquer avec les populations étrangères qui viennent en Arménie. » Tatev se souvient des difficultés qui ont frappé sa famille : « mon père a dû partir à l’étranger pour gagner davantage. C’était une période triste, qui a forgé mon caractère, qui m’a endurci. » Consciente de son rôle futur dans la société, Tatev est une battante. Il en est de même avec Lala qui est très reconnaissante auprès des soeurs de l’avoir accueillie avec sa jumelle.

« Je suis consciente de tout ce que j’ai reçu depuis 4 ans. En tant que femme, je veux montrer que c’est possible de respecter sa foi, ses valeurs traditionnelles, et de développer son pays. Je suis heureuse, car je suis en train de me réaliser en tant que femme. Toute mon énergie et ma motivation, je les dois à ma foi, aux sœurs, et, aux moyens que met à ma disposition ce centre. »

« La femme arménienne, héroïne de 2020 »

Ici entre les mois de septembre et de novembre 2020, les mères ont perdu leurs fils de 18, 19, 20 ans. Plus ou moins 5 000 sont morts au combat. Elles ont été touchées en plein cœur. Mais, comme l’explique Lala, « j’ai rencontré des femmes qui sont fières d’avoir accepté que leurs fils aillent défendre nos terres ancestrales en Artsakh. Ce sont des héroïnes, car, après avoir pleuré la mort de leurs fils, elles se sont remises debout. » La femme arménienne est forte, éduquée, et indépendante. En même temps, elle sauvegarde ses valeurs. Quand Lala parle d’indépendance, elle parle surtout des pressions et des peurs qui sont véhiculées, actuellement, dans la société.

« Indépendante, ne veut pas dire contre les hommes, c’est surtout vis-à-vis de soi-même. Je parlerai surtout d’interdépendance, de cette capacité à être soi-même, pleinement femme, et, en même temps d’être loyale et respectueuse dans la relation avec les autres. Pour moi, la femme arménienne, héroïne de 2020, c’est celle de l’Artsakh, qui pleure son enfant mort au combat, mais, aussi, celle qui est fidèle et qui défend les valeurs traditionnelles familiales. Elle donne sa vie à son mari et à ses enfants, ensuite, à son pays. Elle veut être éduquée, instruite et donner le meilleur d’elle-même. »

Les droits des femmes pour la famille

Mai 68 est évoqué. Elles en ont entendu parler. Elles trouvent l’émancipation de l’ouest excessive. Elles parlent des valeurs traditionnelles, qui ont façonné l’Arménie depuis toujours.

« Les valeurs traditionnelles sont notre force, et, nous devons les sauvegarder. C’est une question de balance, d’équilibre. Si, par exemple, j’oublie toutes ces valeurs pour m’émanciper, j’oublierai mon histoire, mon identité, ma personnalité. Je perdrai ma face. Les valeurs traditionnelles ne sont pas mauvaises. Elles sont vitales. »

Lala est sur la même longueur d’ondes que Tatev. Elle ne comprend pas ces « droits » à l’émancipation de la femme qui sont contre les valeurs familiales traditionnelles.

« En fait, explique-t-elle, nous ne voulons pas de ces valeurs dites modernes d’émancipation qui sont contre nos traditions. Je veux garder mes valeurs familiales traditionnelles. Je ne veux pas lutter contre l’émancipation ou quelque chose d’autre, je veux lutter pour mes valeurs. Je veux vivre avec elles, car je les aime beaucoup. Elles sont notre avenir. »

Les deux jeunes femmes se projettent dans l’avenir, quand elles auront charge d’âmes et de leur famille. Leur priorité : la famille, puis, leur vie professionnelle. Elles n’envisagent pas, non plus, d’avoir une vie de famille qui change tous les 5 ou 10 ans.

« C’est très difficile d’aimer une deuxième fois quand on s’est donnée à son mari, et, réciproquement. Nous avons un poète qui a écrit : ‶ On ne peut pas aimer une deuxième fois, mais on peut aimer deuxièmement. ″ Et, la confiance est très difficile. »

Des modèles de femmes

Lala souhaiterait ressembler à Angelina Jolie, pour son côté philanthropique. Mais elle parle surtout des sœurs, qui sont un exemple d’abnégation et de don de soi. Pour Tatev, le modèle de femme par excellence est « celui de la Vierge Marie. Elle a consacré toute sa vie pour nous. Ici, les sœurs ont ensemencé en nous les semences de l’amour ». Toutes les deux sont conscientes de leur rôle de femme « éducatrice » et de leur rôle dans les moments difficiles. Après avoir été malade pendant son enfance, Tatev a développé des qualités indéniables, qui la rendent forte psychologiquement. Elles sont prêtes à affronter les difficultés de la vie. Elles regrettent la culture actuelle de l’individualisme et des rapports de futilité, d’utilité. A l’unisson, ou presque, elles affirment que « nous devons nous aider, nous soutenir les unes et les autres. Car nous nous aimons les uns et les autres. » Au sujet des regrets, Lala en a un, elle qui aime tant la France, « celui de ne pas parler le français. Ici, la Francophonie est très développée. » Lala et Tatev sont des femmes d’action et d’esprit. Alors qu’une vague de départs d’Arméniens a été constaté depuis la fin de la guerre, les deux jeunes femmes « veulent rester et construire l’Arménie de demain ». En somme, elles sont déjà, des femmes leaders, amoureuses et respectueuses de leurs traditions. De futures héroïnes.

Reportage réalisé par notre envoyé spécial Antoine BORDIER

C’est arrivé un 8 mars…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 8 mars: saints du jour français ou en France.
    • St Humphroy, évêque de Thérouanne († 871)

Au pays des Morins, en 871, saint Humfroy, évêque de Thérouanne. Quand sa ville fut détruite par les Normands, il devint un soutien et une consolation pour son troupeau.

  • St Étienne, premier abbé d’Aubazine († 1159)

A Aubazine (Obazine), dans le Limousin, en 1159, saint Etienne en fut le premier abbé de ce lieu. En quête de Dieu, il hésita entre la vie d’ermite, de chanoine et de moine. Il proposa à ses disciples de vivre en commun l’idéal du désert. Il établit, par la suite, ses communautés sous la dépendance de Citeaux qui, à la même époque, garantissait ce genre d’observance et s’agrégea à l’Ordre cistercien avec les trois monastères qu’il avait fondés.

  • le 8 mars 1118 : élection de l’antipape Grégoire VIII.

Moine Français de Cluny, il est poussé par Henri V, empereur du St empire, à devenir pape car l’élection de Gélase II lui déplaît. L’empereur n’y trouvant pas son compte, lui retire bientôt son soutien. Grégoire finit enfermé dans un monastère à partir de 1121.

  • le 8 mars 1144 : mort du pape Célestin II.
  • le 8 mars 1729 : Gilles Hocquart est nommé intendant de la Nouvelle-France.

Gilles Hocquart (1694-1783) devient intendant de la Nouvelle-France en 1729, et ce jusqu’en 1748. Il développe la colonie sur les plans économique, commercial et administratif. Les exportations se développent ainsi que la production agricole et navale. Il est également reconnu pour ses qualités humaines. Il a été certainement un des meilleurs intendants de toute l’histoire de la Nouvelle France.

  • le 8 mars 1759 : les privilèges de L’encyclopédie sont supprimés.

Un Arrêt du Conseil du Roi révoque les privilèges de L’encyclopédie. Le livre ne peut plus être imprimé; le Conseil ordonne par ailleurs sa destructionsa destruction par le feu. Les manuscrits conservés par Diderot sont saisis, mais Malesherbes les cache chez lui. Le Parlement de Paris l’enregistre aussitôt et condamne ainsi pour la seconde fois l’ouvrage.

  • le 8 mars 1777 : le gouverneur de l’île Bourbon, Souillac lutte, au nom du Roi de France, contre les atrocités des colons français contre les esclaves.

Par ordonnance, il condamne à 5 peines ceux qui se livrent aux atrocités de la chasse des esclaves « marrons ». Le marronnage est le nom donné à la fuite des esclaves hors de la propriété de son maître.

  • le 8 mars 1790 : les colonies françaises préservent leurs « Privilèges » et le droit de proposer leurs lois internes.

Antoine Barnave, porte-parole des colons de Saint-Domingue, fait admettre le maintien de l’esclavage dans les colonies. Et cela, malgré la récente abolition des « Privilèges », les lois privées, propres à chaque Provinces et non les titres de noblesse ou du clergé. (Voir la chronique du 4 aout).

  • le 8 mai 1829 : la cathédrale d’Orléans est inaugurée.

La première église date de 330. Plusieurs fois détruite, des travaux de reconstruction sont décidés en 1278 par Robert, évêque d’Orléans. Arrêtée plusieurs fois, par les guerres entre la France et l’Angleterre, en partie détruite par les protestants lors des guerres de religions, sa dernière reconstruction, commencée en avril 1601, a été tout de même exceptionnellement longue. Le Roi Charles X inaugure la cathédrale ce jour.

  • le 8 mars 1835 : Lacordaire donne sa 1ère conférence à Notre-Dame de Paris.

     

  • le 8 mars 1848 : la Garde nationale est ouverte à tous les citoyens.

La milice bourgeoise créée sous la Révolution pour contrôler les débordements populaires devient ouverte à tous. Désarmée par Napoléon, mais réactivée sous la Restauration, elle joue un rôle prépondérant lors des insurrections. Ainsi, en 1830, comme en février 1848, elle contribue à faire tomber les régimes en place. Cette ouverture à l’ensemble des Français est symbolique et, tout comme le suffrage universel, donne le sentiment d’être représentative de l’ensemble de la population. Elle participe enfin aux répressions des Ateliers nationaux et de la Commune de Paris.

  • le 8 mars 1855 : Victor Hugo est à Jersey.

Il y pratique les tables tournantes. Il dialogue avec Satan à longueur de journée. Nous possédons les procès verbaux de ce que disent les tables. Le 8 mars, un esprit anonyme proclame le nouvel évangile :

« La vraie religion, c’est un immense approvisionnement de bêtes fauves et non un immense bûcher. C’est une immense tendresse pour les féroces, pour les infâmes, pour les bandits. »

Tiré du livre de François Marie Algoud Histoire de la perversion de l’intelligence et de mœurs. (Edition de Chiré, page 110).

  • le 8 mars 1869 : décès d’Hector Berlioz, compositeur français.

Probablement à cause d’une congestion pulmonaire. Empreint d’un certain mysticisme propre aux romantiques de l’époque, son œuvre est redécouverte tardivement grace à “La Symphonie fantastique” et à son “Requiem“.

  • le 8 mars 1870 : à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, des terrains sont affectés à la construction d’un hôpital militaire, d’un quartier de l’Infanterie de Marine, avec une place d’armes.
  • le 8 mars 1886 : vote d’une loi instituant les lundis de Pâques et de Pentecôte comme fériés en France.
  • le 8 mars 1900 : Dreyfus proteste contre le projet de loi d’amnistie.
  • le 8 mars 1946 : les Français achèvent de débarquer à Haiphong.

Voir la chronique du 6 mars.

  • le 8 mars 1972 : le décret sur la contraception entre en vigueur.

En France…

  • le 8 mars 1974 : inauguration de l’aéroport Charles De Gaulle.

10 ans de travaux auront été nécessaires pour voir apparaître l’aéroport, alors, le plus moderne d’Europe. Le Premier ministre Pierre Messmer l’inaugure. Il est ouvert au public à partir du 13 mars. Les premiers vols rallient Paris à New York.

Équipé à l’époque d’un seul terminal et d’une seule piste, l’aéroport est devenu en 30 ans la première plateforme aérienne de France avec quatre pistes et trois aérogares qui accueillent annuellement plus de 48 millions de passagers.

L’UE, zone de liberté LGBT : une préoccupation de Nadine Morano

La délégation française du groupe PPE a communiqué sur les temps forts de ses députés au Parlement Européen. Voici le “temps fort” de Nadine Morano :

Mercredi, Nadine Morano se prononcera sur plusieurs textes relevant de la compétence de la commission en charge des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures dont la résolution sur la « Proclamation de l’UE comme zone de liberté LGBTIQ et LGBTI ».

C’est une bonne nouvelle que le groupe hongrois, le Fidesz, ait quitté le PPE, qui a adopté de nouvelles règles. Jusqu’ici des députés pouvaient être individuellement exclus du groupe. Désormais on peut exclure aussi un parti.

La réforme du CESE propose d’exclure les associations ou organisations cultuelles

Le comité chargé de proposer des évolutions de la composition du Conseil économique, social et environnemental, présidé par M. Jean-Denis Combrexelle, président de section au Conseil d’Etat, président adjoint de la section de l’Intérieur, ancien président de la section du contentieux, a remis vendredi son rapport au Premier ministre, M. Jean Castex. Le rapport est disponible ici.

Le comité chargé de proposer des évolutions de la composition du Conseil économique, social et environnemental a proposé d’ouvrir la 3ème Assemblée constitutionnelle à de nouvelles thématiques.

Quelque 33 membres du CESE représentaient les associations familiales (10 pour les associations familiales, 8 pour la vie associative et les fondations, 11 pour l’Outre-mer et 4 pour les jeunes et les étudiants). Le nombre de sièges réservés aux associations va passer de 33 à 45 (soit une augmentation de 36 %, et de 68 % en retirant l’Outre-mer). Proposant d’exclure les associations ou organisations cultuelles (même si rien n’interdit de prendre en compte de organisations qui revendiquent un ancrage religieux, comme la CFTC ou la Confédération nationale des associations familiales catholiques, qui siègent actuellement au CESE) et des associations qui sont l’émanation de partis politiques, le comité retient 25 structures représentant les associations (page 23).

Ainsi, 8 sièges seraient réservés à la vie associative, dont au moins un fonds ou une fondation sur proposition du Centre français des Fonds et Fondations.

Quelque 6 sièges seraient attribués aux jeunes et étudiants :

  • 2 pour les associations étudiantes représentatives (FAGE et UNEF),
  • 2 pour l’enseignement de la jeunesse et l’éducation prioritaire (une association proposée par le Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire et par le Forum français de la jeunesse),
  • 2 au nom de l’insertion professionnelle (pour Nos Quartiers ont du talent et Tous en stage).

Les associations familiales auraient 9 sièges :

  • 6 pour l’Union nationale des Associations familiales (UNAF), dont un représentant de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens,
  • 1 pour la protection de l’enfance,
  • un représentant des aidants,
  • un représentant des retraités et préretraités, avec la Fédération nationale des associations de retraités et préretraités (FNAR).

Quelque 14 sièges seraient attribués aux nouveaux champs thématiques :

  • Ainsi, 3 sièges seraient attribués à la lutte contre les discriminations, la diversité et les quartiers prioritaires (pour Mozaïk RH l’Agence pour la diversité entrepreneuriale et Citoyenneté Possible ou Banlieues Actives),
  • 2 sièges pour la pauvreté, l’hébergement d’urgence, la lutte contre l’exclusion et l’accueil des demandeurs d’asile et droits des étrangers (1 siège pour la Croix-Rouge, et un pour une association désignée par le collectif Alerte),
  • 2 siège pour le handicap (un représentant la CNCPH et un par le Collectif Handicaps),
  • 1 siège pour l’égalité femmes-hommes, pour la Fédération nationale solidarité femmes,
  • 1 siège pour France victimes, dans le cadre de l’aide aux victimes,
  • 1 représentant du monde du sport, désigné par le Comité nationale olympique et sportif français,
  • 1 représentant des consommateurs, désigné par l’UFC Que choisir ou 60 millions de consommateurs,
  • 1 représentant de l’économie numérique, avec France digitale,
  • 1 représentant de la cohésion territoriale, avec France Tiers Lieux
  • 1 représentant de la santé, avec France assos santé.

La Manif Pour Tous demande la démission d’Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’égalité Femmes-Hommes

Provocation, scandale, indignation, honte… les mots manquent pour qualifier les propos d’Elisabeth Moreno sur RTL. Invitée au Grand Jury à l’occasion du 8 mars, Journée Internationale des Droits des Femmes, celle qui est ministre déléguée à l’égalité Femmes-Hommes (ça ne s’invente pas !) s’est déclaré favorable à la GPA.

En s’appuyant sur un cas particulier, Elisabeth Moreno a été très claire : “J’y suis favorable mais de manière très encadrée”. Pour La Manif Pour Tous, la question n’est pas l’encadrement de la GPA mais cette pratique en tant que telle. En effet, quelles qu’en soient les modalités, la GPA n’est rien d’autre que sous-traiter la maternité. Outre l’asservissement d’une femme liée par un contrat pendant toute sa grossesse, la GPA nie la maternité en arrachant un enfant à celle qui l’a mis au monde, c’est-à-dire sa mère. L’esclavage, ça ne s’encadre pas !

Les propos d’Elisabeth Moreno sont particulièrement choquants puisqu’elle est en charge, au sein du gouvernement, de l’égalité entre les femmes et les hommes. Comment peut-elle continuer à défendre les femmes en se disant favorable à leur asservissement à travers la GPA ? La réponse est simple : c’est impossible. Conséquence : elle doit démissionner d’elle-même après cette sortie de route, ou être démise de ses fonctions par le Président de la République.

Cette provocation intervient précisément à l’occasion de la Journée Internationale pour les Droits des Femmes. Loin des délires d’Elisabeth Moreno, La Manif Pour Tous a fait le choix de célébrer dignement ce 8 mars. 268 jeunes Mariannes ont mis en scène les conséquences de la GPA en défilant enchaînées hier après-midi au pied de la Tour Eiffel, avant de se libérer de leur chaînes pour rappeler qu’aucune atteinte aux droits des femmes n’est tolérable en France comme dans les pays du monde. Le choix d’un lieu symbolique avait pour objectif de voir les photos faire le tour du monde, ce qui est d’ores et déjà le cas, avec par exemple le Guardian.

Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous, déclare :

« Les propos d’Elisabeth Moreno sont indignes d’une ministre de la République. L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut reposer sur la promotion d’une pratique qui relève de l’asservissement des femmes et qui n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme d’esclavage. Et puisque la dignité des femmes n’a pas de frontière, la seule solution est de s’engager pour l’abolition universelle de la GPA ». « Comme femme, je ne me reconnais pas dans la vision de la femme portée par Elisabeth Moreno. Même si elle s’est prononcée à titre personnel, sa parole engage le Gouvernement tout entier. Sur un sujet aussi grave, cela ne peut être sans conséquence. Elle doit donc, d’une manière ou d’une autre, quitter sans délai le gouvernement ».

La Manif Pour Tous vient d’adresser en ce sens un courrier au Président de la République.

Le catholicisme aux Etats-Unis

La dernière lettre de Paix Liturgique est consacrée au catholicisme aux Etats-Unis et a été réalisée par notre ami Daniel Hamiche, avant son décès. En voici un extrait :

[…] Il est un autre aspect propre au catholicisme des États-Unis : le fait qu’il ait eu à survivre en milieu protestant. Pendant longtemps – et dans certains secteurs, même haut-placés, cela continue – les catholiques ont paru suspects à la majorité protestante du pays. On se souviendra de ces caricatures d’évêques-crocodiles s’en prenant à la statue de la liberté à coups de morsures de mitre dentée ! En fait le préjugé remonte aux tous premiers colons anglais, puritains, qui trouvaient l’Eglise (protestante) d’Angleterre trop papiste à leur goût, ce qui leur valut la haine de leur compatriotes et les confirma dans leur anticatholicisme, dès lors invétéré et endurci.

La révolution américaine, prônant la liberté du culte et, somme toute, favorable à l’expression religieuse en général, accorda sa tolérance, au moins en droit, aux catholiques ; une lettre ouverte, précieuse, de George Washington à tous les catholiques du tout nouveau pays visait à les rassurer que les États-Unis ne comptaient pas perpétuer les lois discriminatoires qui sévissaient contre eux au Royaume-Uni. Mais les préjugés de la majorité demeuraient.

Cette histoire va laisser au catholicisme américain contemporain certaines traces. Jusqu’à l’élection de John F. Kennedy en 1960 les catholiques ici n’ont pas tout à fait droit de cité dans les faits : la campagne présidentielle du catholique Al Smith en 1927-28 a pu paraître chimérique à l’époque.

L’éducation publique aux États-Unis a longtemps eu une forte teinte de protestantisme : bien des académies (celles-ci relèvent de l’État, par ex. Tennessee ou Massachussetts) imposaient aux élèves la récitation de prières protestantes en début de journée, et ainsi de suite. Cela amena les évêques américains, réunis lors du troisième concile de Baltimore en 1884, à déclarer que chaque paroisse des États-Unis devait avoir—dans la mesure de ses moyens—une école paroissiale abordable, voire gratuite, pour prémunir les petits catholiques des périls encourus dans les écoles protestantes d’État. Les parents catholiques étaient obligés sub gravi d’y envoyer leurs enfants, sauf permission expresse de l’évêque du lieu. Dix ans plus tard déjà, plus de 4.000 paroisses sont dotées de leur propre école. Le réseau de l’instruction catholique fut un grand succès, très robuste et abordable (surtout grâce aux religieuses, ces maîtresses d’école non-salariées), jusqu’à la capilotade postconciliaire.

Ce repli a pu créer un certain « complexe d’infériorité » par rapport à la majorité protestante. Les paroisses ethniques, avec leur clergé, leur couvent de sœurs enseignantes et leur école devenaient parfois de véritables ghettos où se déclinait une sorte de catholicisme intégral d’apartheid voulu, même encouragé, par les évêques. On se regroupait autour du curé, personnage vénéré qui faisait la loi et qui jamais n’avait à demander deux fois des contributions pour réparer le toit de l’église ou construire, justement, l’école paroissiale. Ce complexe faisait que souvent, par exemple au travail ou en compagnie mixte, l’on évitait de se révéler catholique. Le même concile de Baltimore qui promulgua les écoles paroissiales inventa le costume dit de « clergyman », impossible à distinguer de la tenue des ministres protestants. D’ailleurs, quand les chants en vernaculaire ont été admis à la messe après Vatican II, certains catholiques (surtout parmi le clergé, il faut bien le dire) se sont réjouis de ce qu’on allait enfin avoir des offices comme les protestants. Mais d’autres, qui eux s’enorgueillissaient de leur différence, se sont sentis trahis, perdant ainsi la confiance qu’ils avaient nourrie pendant l’après-guerre pour leur clergé.

Mais cette période, qui s’étend à peu près du milieu du XIXe siècle au Concile Vatican II, ne perdit pas de vue non plus son engagement missionnaire. Si l’on restait entre soi par rapport à la majorité protestante et anglo-saxonne dans la mesure du possible, on « allait vers » les plus démunis de cette société américaine dont la fabuleuse richesse n’était pas distribuée à parts égales ; en effet le célèbre IIIème concile de Baltimore tenu en 1884 avait préconisé les missions auprès « des Indiens et des gens de couleur » . Ainsi les Sœurs du Très Saint Sacrement, fondées en 1889 par l’héritière convertie Ste Katherine Drexel, fondèrent des écoles pour les Indiens navajos dans le Sud-Ouest du pays, ainsi que pour les petits Noirs dans le ghetto de Harlem à New York ; elles établirent même la seule « Negro College » (établissement universitaire réservé aux Noirs) catholique, Xavier University, en Louisiane. On vit aussi, en 1893, la fondation de la Société de s. Joseph du Sacré Cœur (les Joséphites), dont la mission était—et demeure—l’éducation des jeunes gens noirs.

Il faut aussi souligner la fierté qu’éprouvaient les catholiques américains des années 1950. Ils avaient bâti leur paroisse avec son école ; ils avaient réussi à s’intégrer (la deuxième guerre mondiale fut un creuset de camaraderie avec d’autres) ; comme tout le monde ils rejoignaient la classe moyenne lors des « Trente glorieuses ; ils avaient un réseau social robuste (confréries et sodalités en tout genre)… Au point que cela commençait à inquiéter l’establishment anglo-protestant.

Mais cet environnement protestant – les protestants eux-mêmes diraient tout simplement « chrétien » – a eu du bon aussi. L’on entend dire parfois que les catholiques américains sont plutôt pieux et pratiquants, et par rapport aux pays de l’Europe occidentale, c’est bien ce que l’on constate, et cela reflète leur existence en milieu protestant. Les USA n’ont jamais eu de république laïque à la française, ni de Kulturkampf allemand (sans compter les désastres nazi et communiste), ni de Garibaldi, etc. Au contraire, la religion, le christianisme (sans distinction) ont toujours constitué la trame morale de la société américaine, dans laquelle pas un jour ne passe sans que l’on se fasse dire « Dieu vous bénisse » (si l’on éternue par exemple). Ici, les personnalités publiques, des présidents (tous partis confondus) aux vedettes de la chanson (Michael Jackson, Prince), finissent leur discours ou concerts avec un « God bless you » ou encore « God bless America » sincère. On sait toujours où les personnalités publiques vont aux offices, de sorte qu’on a pu faire grief au président Obama à cause de certains prêches de son pasteur protestant, à Chicago… Cela ne se verrait jamais en France.

Il n’est guère étonnant qu’en moyenne, 25 % des baptisés catholiques aillent à la messe tous les dimanches – et des 75 % restants, une bonne proportion assiste aux offices protestants, au gré des régions. Il est mal vu – surtout dans le Midwest – de faire la grasse matinée le dimanche…

En 2022, Nicolas Sarkozy pourrait soutenir…Emmanuel Macron [Add.]

Le mythe d’un Nicolas Sarkozy de droite continue de s’écrouler. Tous ceux qui rêvent de son retour en politique pour “sauver” la droite devraient analyser son quinquennat catastrophique pour les idées de droite. Il s’est fait élire sur un projet de droite mais il a mis en œuvre un “en-même temps” avant l’heure et sans être capable de se faire réélire…

Comme le rapporte en effet le Journal du dimanche dans son édition du 7 mars, Nicolas Sarkozy n’exclut pas de soutenir Emmanuel Macron pour le scrutin de 2022. L’ancien chef ‘Etat y n’a jamais caché qu’il s’entretenait avec l’actuel président pour échanger sur des sujets d’actualité. « Le soutien à Macron fait partie de ses hypothèses, très clairement, il n’écarte rien », explique au JDD un cadre des Républicains.

Pour l’heure, Nicolas Sarkozy soutiendrait Emmanuel Macron à défaut de trouver dans les rangs des Républicains un candidat susceptible d’endosser l’habit de président. Dans le listing actuel des candidats potentiels, aucun ne trouverait grâce aux yeux de Nicolas Sarkozy. « Il n’y en a aucun qu’il respecte vraiment, qui soit proche de lui. Au fond, il n’a peut-être pas envie que quelqu’un à droite lui succède », confie au JDD un proche de l’ex-président.

Mais cela n’a bien évidemment rien à voir avec ses difficultés judiciaires…

Et pour ceux qui doutent encore, il faut lire “La cause du Peuple” de Patrick Buisson.

Addendum : Réaction d’un cadre LR qui ne supporte plus les “Sarko-addicts” du parti

Charlotte d’Ornellas met en évidence le lien entre terrorisme, délinquance et immigration

Charlotte d’Ornellas démontre que Gérald Darmanin est dans le déni :

Le délit de « prosélytisme » en Grèce devant la CEDH

De Nicolas Bauer, de l’ECLJ :

« Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit[1] ». Mettre en pratique ce commandement de Jésus Christ est illégal dans des États musulmans, communistes, mais aussi actuellement en Grèce. D’après la Constitution grecque actuelle, entrée en vigueur en 1975 : « Le prosélytisme est interdit » (art. 13 § 2). Une loi adoptée en 1938, pendant le régime nationaliste de Metaxas, fixe les sanctions pénales en cas de prosélytisme[2]. Une personne tentant de « modifier le contenu » de la conscience religieuse d’autrui, même « indirectement », encourt une peine d’emprisonnement.

Très vague, l’incrimination de « prosélytisme » laisse une large place à l’interprétation. Une personne évangélisant l’un de ses amis, par des discussions religieuses, peut-elle être poursuivie pour prosélytisme ? Et peut-elle être condamnée pour ce délit si ledit ami témoigne devant le tribunal de sa totale liberté en embrassant la foi chrétienne ? La réponse est oui : c’est ce qui est arrivé à M. Damavolitis. Cet agriculteur crétois, marié et père de six enfants, a parlé de sa foi à un ami, M. Vamvoukas. Ce dernier a demandé le baptême, dans une Église pentecôtiste, qui n’est pas celle de M. Damavolitis. M. Vamvoukas n’a jamais porté plainte ; qu’importe, sa conversion a pour origine un acte délictueux et le procureur s’est donc chargé d’engager les poursuites contre M. Damavolitis.

La condamnation injuste d’un chrétien missionnaire

M. Damavolitis a été condamné à quatre mois de prison ferme ainsi qu’à une amende (2009). Ce jugement a été confirmé en appel (2011), puis en cassation (2013), et c’est enfin à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) que M. Damavolitis a déposé une requête (2014). Ce chrétien protestant allègue une violation de son droit à la liberté de religion, reconnue à l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. L’ECLJ, autorisé par la Cour à intervenir dans cette affaire pendante, a déposé des observations écrites le 15 février 2020. Nous avons démontré que pénaliser le prosélytisme viole les articles 9 et 10 de la Convention européenne.

La requête Damavolitis c. Grèce n’est pas la première que la Cour accepte de juger à propos de l’interdiction grecque du prosélytisme. Ce sujet revêt même une importance particulière dans la jurisprudence européenne. Il est l’objet du premier arrêt rendu en matière de liberté de religion, en 1993, soit trente-quatre ans après l’institution de la CEDH[3]. Un Témoin de Jéhovah, M. Kokkinakis, considérait que l’interdiction du prosélytisme violait ses droits. Les neuf juges siégeant alors à la Chambre avait été très divisés sur la question. Le jugement révèle une position de compromis entre eux : la Cour a reconnu la violation de la liberté de religion de M. Kokkinakis, mais n’a pas pour autant condamné la loi grecque.

Ce jugement Kokkinakis c. Grèce avait été critiqué comme insuffisamment protecteur des libertés. Certes, le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a considéré que les juridictions grecques avaient adapté leur jurisprudence dans la décennie suivante, afin d’éviter des condamnations injustes et excessives[4]. Mais, comme le remarquait déjà le juge Pettiti en 1993, la jurisprudence Kokkinakis «laisse trop de place à une interprétation, ultérieure, répressive de la part des juridictions grecques[5] ». La condamnation de M. Damavolitis témoigne de la clairvoyance de cette mise en garde. Demander à la Grèce de modifier son interprétation de la loi n’a pas été suffisant pour protéger les libertés.

Une loi liberticide freinant les conversions

L’interdiction et la pénalisation du prosélytisme en Grèce violent plusieurs libertés reconnues aux articles 9 et 10 de la Convention européenne. En effet, l’apostolat est protégé à la fois par la liberté de « communiquer des informations ou des idées » (art. 10) et par celle de « manifester sa religion ou sa conviction (…), en public ou en privé » en particulier par « l’enseignement » (art. 9). La CEDH considère que l’État n’a aucun « pouvoir d’appréciation (…) quant à la légitimité des croyances religieuses ou des modalités d’expression de celles-ci[6] ». Elle a explicitement reconnu, en matière religieuse, « le droit d’essayer de convaincre son prochain[7] ». La loi grecque sanctionne l’exercice de ce droit et dissuade les personnes de l’exercer (chilling effect)[8].

En outre, la protection légale du prosélytisme est indispensable à l’exercice, par chaque personne, de la « liberté de recevoir (…) des informations ou des idées » (art. 10) ainsi que sa « liberté d’opinion » (art. 10) et sa « liberté de changer de religion ou de conviction » (art. 9). Ces dernières, dans la Convention européenne, sont des droits absolus et inconditionnels, car ils touchent à la conscience même des personnes. La nécessité du prosélytisme pour permettre aux personnes d’exercer librement leur liberté de changer de religion est attestée par de nombreux témoignages, par exemple ceux du reportage de l’ECLJ « De l’islam au Christ : la persécution des convertis en France[9] ».

La loi grecque de 1938 viole donc les droits à la fois de celui qui pratique le prosélytisme et de celui qui en est l’objet. C’est pourquoi l’ancien Rapporteur spécial des Nations unies sur l’intolérance religieuse, Abdelfattah Amor, avait « vivement recommandé » à la Grèce d’abolir son délit de prosélytisme[10]. L’affaire Damavolitis c. Grèce est une occasion pour la Cour d’adopter la même position et de reconnaître cette violation de la Convention européenne. Il est particulièrement clair dans cette affaire que la loi non seulement supprime les libertés de croyants, mais réprime également la conversion religieuse de chacun. C’était son objectif explicite en 1938 ; c’est aujourd’hui son effet sur MM. Damavolitis et Vamvoukas.

D’autres incriminations pour réprimer certains abus

La Grèce va devoir justifier, devant la CEDH, l’existence dans son droit interne d’un délit de prosélytisme. En 1938, l’objectif de Metaxas était de favoriser la « religion dominante », c’est-à-dire les chrétiens gréco-orthodoxes, et de lutter en particulier contre les courants protestants. À l’occasion de l’affaire Kokkinakis, en 1993, la Grèce avait prétendu protéger « la conscience d’autrui à l’égard des activités portant atteinte à sa dignité et à sa personnalité[11] ». Il est probable que cette justification, fondée sur les droits des personnes qui sont l’objet de pratiques prosélytes, soit reprise par la Grèce dans la présente affaire Damavolitis.

Il est permis d’espérer que la Cour ne sera pas convaincue par l’argumentation de la Grèce. Certes, la loi grecque de 1938 cite certaines méthodes contestables d’influence. Il n’est évidemment pas ici question de justifier certains abus graves, comme la manipulation mentale, la violation de domicile ou encore le vol de données personnelles. Mais ces pratiques très diverses sont la plupart du temps utilisées pour des raisons areligieuses. Elles font donc l’objet de dispositions de droit pénal ordinaire, qui s’appliquent à tous. C’est pourquoi, d’après le juge Martens, « même dans les cas de « coercition à des fins religieuses (…), rien (…) ne justifie d’ériger en infraction pénale la coercition dans le domaine religieux en soi[12] ».

La Grèce devra expliquer à la CEDH pourquoi son délit de « prosélytisme » va bien au-delà de la seule répression d’abus, au point de réprimer des discussions amicales privées. La médiatisation de M. Damavolitis, en particulier localement, lui a même fait subir un véritable ostracisme social. Il dit ne plus pouvoir fréquenter les cafés de son village et avoir changé ses enfants d’école pour cette raison. Ces persécutions larvées à cause de la justice sont annoncées dans la Bible et ne sont pas vaines. Ce sont celles qui permettent aujourd’hui à M. Vamvoukas de témoigner ainsi : « J’ai été baptisé dans l’eau. C’est moi qui l’ai demandé (…). Je lis l’Évangile. J’ai cru et je crois encore[13] ».

Marion Maréchal : “La recherche du bien commun, c’est de pouvoir réguler l’immigration”

Marion Maréchal était l’invitée de France TV pour évoquer l’actualité et notamment la religion, le bien commun, le pape François, l’immigration, le féminisme…

Bill Gates, nouveau Nimrod

De Jacques Duverger :

Au travers des réseaux de pouvoirs constitués autour de sa puissance financière, Bill Gates s’est transformé ces dernières années en un grand chasseur de corps et d’âmes d’hommes, à l’image du premier roi de Babel Nimrod (Genèse 10.8-10). Véritable architecte en chef de la nouvelle Babylone du XXIème siècle, Babylone technologique – big tech, big pharma, big media, et bientôt big farm et big food – il a su créer le point de mire de tous les rois et marchands de la terre en marche vers une gouvernance mondiale. Il semble même que ses anticipations futuristes et son obsession vaccinale – un vaccin, un passeport, un Guide – en fassent un prophète porte-parole de cette bête politico-religieuse décrite par le prophète Daniel et dont la technologie permet la projection d’image (Apocalypse 13. 15).

L’anecdote pour Gates et son langage unique Windows veut que Babel (qui veut dire confusion) se soit initialement appelée Bab Il (Porte des cieux). Quant à la révolution sociétale qui accompagne sa vision du monde, elle ne doit pas nous surprendre. Le récit biblique nous dit que Nimrod est le fils de Cush – Bar Cush en hébreu, Bacchus – l’allié de tous les mouvements dionysiaques moderne. Ce Dionysos dont Jean Brun nous annonçait magistralement le Retour dans son sublime essai philosophique où il décrivait déjà son cortège de lacérations et de déchirements en tous genres.

Une figure de la fin des temps

La Bible prend grand soin de nous décrire le climat spirituel et les signes des temps précédant le retour du Messie en gloire. En 2 Thessaloniciens 2.3-4, l’apôtre Paul écrit :

Car ce jour n’arrivera pas avant qu’éclate le grand Rejet de Dieu, et que soit révélé l’homme de la révolte qui est destiné à la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de dieu, et de tout ce qui est l’objet d’une vénération religieuse.

Il ira jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu en se proclamant lui-même dieu.

Ce passage situe donc le combat ultime dans la possession du Temple de Dieu, plus exactement dans sa profanation en y prenant place et en proclamant une nouvelle Loi dans ce Temple, se faisant ainsi dieu à la place de Dieu. Mais quel est ce Temple de Dieu ?

Dans l’économie de ceux qui croient que Jésus est le Messie, ce Temple est notre corps, lieu de la présence de son Esprit :

Dieu n’habite point dans des temples faits de main d’homme. (Actes 17:24)

Vous êtes le temple de Dieu. Votre corps est le temple du Saint-Esprit. (1 Corinthiens 3:16 ; 6:19)

C’est donc dans notre corps que se joue la bataille finale précédant le retour en gloire du Messie.

La guerre du corps : vaccination contre sanctification

A la lumière de ces versets, l’enjeu de la vaccination obligatoire, du passeport vaccinal, des vaccins ARNm, des vaccins cultivés-développés-testés dans des cellules d’embryons avortés (HEK 293, PER.C6) prend une dimension eschatologique saisissante.

Cette vaccination revêt un caractère extraordinaire puisqu’il s’agit d’une injection d’ARNm. Elle n’est pas la simple stimulation de notre système immunitaire comme dans le cas d’une vaccination traditionnelle provoquant la constitution de lymphocytes mémoires. Elle est plus que cela. Elle conduit à la réécriture de notre identité épigénétique – avec tous les dangers que cela comporte : hybridation de notre épigénome, transcription inverse possible en cas de contamination par des rétrovirus.

Elle participe de la volonté d’inscrire dans notre corps une marque issue de sacrifices humains, ceux d’embryons avortés, une marque de mort qui confesse dans notre corps un changement d’identité, une allégeance à Moloch. Cette injection au cœur même de notre identité corporelle – notre épigénome – traduit l’acceptation d’une nouvelle loi au sein du temple de notre corps, un anti-évangile. Cet anti-évangile peut se résumer ainsi :

  • Tu tueras ton prochain pour te faire vacciner ;
  • Ma santé est au-dessus du bien et du mal ;
  • Mon corps ne glorifie pas Dieu et blasphème son nom.

Ce programme vaccinal poussé par l’impie Bill Gates au travers de l’OMS avec la complicité de lâches corrompus comme Macron s’inscrit en opposition frontale de la Parole de Dieu – et il n’y a pas ici de « en même temps » :

  • Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ?

  • Glorifiez donc Dieu en votre corps et en votre esprit, qui appartiennent à Dieu. (1 Corinthiens 6:19-20).

  • Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps (1 Corinthiens 6:13).

L’obsession vaccinale de Gates

De même que Nimrod a voulu se bâtir un empire et entraîné l’humanité dans ses projets de révolte contre Dieu, Gates use de toute sa puissance pour imposer sa marque vaccinale. La volonté de vaccination obligatoire qui travaille les esprits des décideurs politiques s’inscrit dans un vaste mouvement spirituel : l’émergence du pouvoir de la bête prophétisée par Daniel. Dans la symbolique biblique, cette bête symbolise un pouvoir politique hostile au règne de Dieu et s’opposant férocement aux principes évangéliques du Royaume de Dieu. Cette bête est l’expression collective de cette génération impie – avortement de masse, pornographie omniprésente, corruption financière, abominations sexuelles, fausses doctrines, christianisme non doctrinal, rejet de la Parole de Dieu – décrite par Paul dans sa deuxième lettre à Timothée (2 Timothée 3.1-5) :

Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles.

Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force.

Dans sa dimension politique, c’est donc une bête féroce, totalitaire.

La vaccination, baptême du biopouvoir

L’histoire a retenu la figure d’Antiochus Epiphane comme un prototype de l’ennemi du peuple de Dieu, une figure antéchristique. Défenseur zélé de la culture grecque, de son rapport au corps et de son mode de vie, il ordonne l’abolition de la Torah et impose d’offrir des porcs en holocauste dans le Temple. Ses actions seront à l’origine de la guerre de libération initiée par la famille Maccabée. Judas Maccabée (ce qui veut dire Marteau) poursuivra le combat jusqu’à la victoire totale et la purification du Temple en 164 avant J-C. Cette purification du Temple sera commémorée par la fête de la Dédicace, ou fêtes des lumières – Hanoucca. Jésus s’associe à cette fête en Jean 10.22.

Cette guerre a beaucoup à nous dire sur les temps que nous traversons et les nouvelles lois qu’on veut nous imposer. La dictature aux portes de nos corps est essentiellement une transgression religieuse avant d’être une transgression médicale. Il nous faut absolument résister à cette apostasie.

Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. (Matthieu 9.12 ; Marc 2.17 ; Luc 5.31)

Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira (1 Corinthiens 3:17).

Christianisme contre Macronisme

Au travers de l’OMS, de sa Fondation, de son empire financier, Bill Gates déploie son agenda et étend son filet sur la France et sur Macron, l’homme qui aime l’avortement et les transgressions. Christianisme contre Macronisme. La guerre des corps aura bien lieu. La guerre des corps, pour les corps, contre les corps, dans les corps. Mais la victoire nous appartient.

Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort (Apocalypse 12.11)

Jacques Duverger

Expulsions de djihadistes : la sécurité ou les droits de l’homme ?

Les États européens ont déjà condamné de nombreux djihadistes « revenants » de Syrie et d’Irak ainsi que leurs complices agissant depuis l’Europe. La plupart sont binationaux ou étrangers. En plus de leur peine, parfois déjà purgée, les États européens peuvent-ils les déchoir de leur nationalité européenne et les expulser dans leurs pays d’origine ?

L’ECLJ est intervenu dans deux requêtes pendantes à la CEDH, déposées par des djihadistes en voie d’expulsion : Adam Johansen c. Danemark (n°27801/19) et Isam Al-Bayati c. Allemagne (n° 12538/19). Leurs observations sont disponibles ici : https://eclj.org/observations

Nicolas Bauer est interrogé sur RCF sur ce sujet :

Plaintes contre la Syrie et ses « attaques chimiques »

D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :

Dans le camp du mal, il y a la Syrie et la Russie. Dans le camp du bien, il y a les pays occidentaux et leurs services secrets, les dollars saoudiens ou qataris et de multiples ONG volant au secours du peuple syrien persécuté par le méchant Bachar, « l’homme qui tue son propre peuple ».

Pas de chance : cette guerre soi-disant civile et qui fut, en réalité, le plus grand engagement djihadiste international des temps modernes, a été gagnée par les méchants qui ne voulaient pas que la Syrie devienne islamiste.

La fiction des rebelles modérés et la réalité de ce que furent Daech ou le Front al-Nosra n’a pas servi de leçon aux Occidentaux. Pour des raisons allant de la stupidité au machiavélisme en passant par la lâcheté, personne ne veut reconnaître que l’erreur d’analyse fut totale. Pire, il faut entretenir la propagande anti-syrienne car nul ne sait de quoi demain sera fait : la Syrie est ruinée, les sanctions américaines l’étouffent et « la coalition » (en fait l’Amérique) occupe le tiers du pays.

Cette propagande prend de multiples formes, docilement relayée par des médias d’un conformisme accablant, mais son plus beau fleuron est l’utilisation supposée d’armes chimiques par l’armée syrienne. Elle n’a jamais fait l’objet d’un débat équilibré, le coupable étant désigné d’office.

Pourtant, de sérieuses analyses ont mis en doute la doxa officielle, par exemple sur les attaques de 2013 dans la Ghouta et à Douma. Richard Lloyd, ancien inspecteur à l’ONU, et Theodore Postol, professeur au MIT, ont publié, en décembre 2013, un rapport très documenté concluant que les missiles chimiques n’avaient pas pu être tirés depuis les zones contrôlées par l’armée syrienne. Car missiles chimiques il y a eu, et il faut savoir que de nombreux dépôts de l’armée syrienne ont été pillés au début de la guerre par des milices islamistes. Le New York Times a commenté ce rapport dans son édition du 28 décembre 2013, le rejetant sans aucun contre-argument.

Obama lui-même était si peu convaincu qu’il renoncera à « punir » la Syrie, au grand dam de François Hollande.

L’attaque à Khan Cheikhoun du 4 avril 2017 est tout aussi discutable. Trump n’y croyait pas non plus et fit semblant de bombarder une base syrienne. Il y eut bien 59 missiles Tomahawklancés mais les Américains avaient aimablement prévenu les Russes (comme toute la presse s’en fit l’écho) et il n’y eut pas de victimes. Le secrétaire d’Etat américain James Mattis reconnaîtra ensuite qu’il n’y avait aucune preuve de l’implication de l’armée syrienne (Newsweek du 8 février 2018). Si ce n’est pas l’armée syrienne…

Une autre attaque a été imputée à l’armée syrienne par les médias occidentaux, celle du 4 avril 2018, encore à Douma. Celle-ci est encore plus caricaturale. Les vidéos montrées en boucle à l’époque laissaient voir des Casques blancs transportant en courant des civils qui semblaient suffoquer, ce qui ne veut tout de même pas dire grand-chose alors que la guerre fait rage et que des immeubles s’effondrent. Il est surtout intéressant de remarquer que les combats touchaient à leur fin et l’armée syrienne fit son entrée à Douma quelques jours plus tard. Déclencher une attaque chimique au moment où la victoire est imminente est, en effet, hautement crédible.

Pour la petite histoire, ces Casques blancs, combattants islamistes déguisés en secouristes, furent ensuite exfiltrés par les Israéliens vers la Jordanie à la demande des Américains.

Rien n’est crédible dans ces attaques qui sentent bon la manipulation, mais le tout, c’est de faire semblant d’y croire. Alors, pour entretenir la flamme et raviver l’attention des médias, rien de tel qu’une petite plainte « pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre » venant d’ONG dévouées.

Mais qui sont-elles vraiment ? 

La première est le Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, dit SCM (Syrian Center for Media and Freedom of Expression). Cette ONG est adhérente d’un forum appelé EuroMed Droit qui « est un forum et un vivier d’expertise pour les ONG et les militants des droits humains dans la région euroméditerranéenne ». Le premier résultat de recherche sur Google renvoie directement au site d’EuroMed Droits.

Ce forum ne s’intéresse pas qu’à la Syrie, puisqu’on y retrouve comme adhérents des ONG appelées, par exemple, Institut méditerranéen pour les études du genre, Centre danois pour la recherche sur le genre, l’égalité et la diversité, Ligue des droits de l’homme, Conseil grec pour les réfugiés, Internacionalisme Solidaritat Feminismes, etc.

La liste est longue et assez internationale, mais on y retrouve les mêmes thèmes : genre, diversité, réfugiés, droits de l’homme. Le chemin paraît assez tortueux pour rejoindre la guerre en Syrie, mais ce n’est qu’une apparence. La destruction de la Syrie (après celle de l’Irak ou de la Libye) relève de la même stratégie de démolition des valeurs chrétiennes et des régimes arabes laïques. La destruction de ces derniers a permis, notamment, l’afflux de millions de réfugiés musulmans en Europe, accélérant ainsi sa décomposition.

Ce n’est pas un hasard si, dès le début de la guerre en Syrie, la gauche et l’extrême gauche ont été en pointe pour tenter d’abattre ses dirigeants. Le rôle moteur joué par Sarkozy en Syrie et en Libye devrait, d’ailleurs, faire réfléchir ceux qui lui accordent quelque crédit.

La deuxième ONG est plus intéressante encore : il s’agit de l’Open Society Justice Initiation. Elle appartient à la nébuleuse Open Society Foundations créée par notre vieil ami George Soros. Le rôle destructeur de ce milliardaire hongrois que Viktor Orbán, le courageux Premier ministre hongrois, a été bien inspiré en l’empêchant de nuire sur son sol est sans limite financière. Selon Wikipédia, Soros a consacré 18 milliards de dollars à l’activité de ses fondations.

De la Hongrie à la Cour européenne des droits de l’homme en passant par les Gay Pride et les soutiens aux mouvements migratoires, les combats de Soros semblent multiples. Mais, on l’a bien compris, ils rejoignent le même objectif, là aussi : détruire le vieux monde chrétien. Le site de l’Open Society Foundations (basée à New York) est impressionnant par l’ampleur des programmes soutenus dans le monde. Depuis l’ du Sud de l’apartheid jusqu’au mariage homosexuel, rien ne manque.

Une mention spéciale pour les Balkans, tout de même, où la fondation de Soros fut très active. Il est fort intéressant d’observer que l’éclatement de la Yougoslavie, le chaos organisé par les Occidentaux (Chirac et Clinton en tête), l’écrasement des Serbes, le premier djihad européen et, in fine, la création du Kosovo regroupent les mêmes acteurs que ceux de la Syrie. À une différence près : ce qui a marché dans les Balkans a échoué en Syrie grâce à un homme : Vladimir Poutine. On comprend mieux pourquoi les offensives contre lui sont permanentes.

La troisième ONG est Syrian Archive. C’est elle qui est censée apporter les preuves filmées des attaques chimiques de l’armée syrienne. J’ai décrit, dans mon précédent article, ce qu’il fallait en penser.

Pour l’anecdote, les deux avocats des ONG sont d’abord Jeanne Sulzer, qui fut responsable juridique d’Amnesty International (c’est bien, on retrouve tout le monde). Elle se signala notamment lors du débat sur la déchéance de nationalité des binationaux terroristes par cette phrase historique : « Cette mesure venait porter atteinte à l’égalité entre les Français »(France 3, 22 décembre 2015). La seconde est Clémence Witt, qui a défendu Christophe Raumel, accusé de complicité dans l’attaque de l’Hyper Cacher par Coulibaly. Elle avait, sans rire, déploré « la froideur de la justice antiterroriste ». Passé un certain niveau, on ne sait plus quoi dire…

Tels sont quelques-uns des acteurs qui ont contribué à cette grande manipulation que fut la guerre en Syrie. Elle a échoué pour l’instant mais le combat est loin d’être terminé.

Une jeunesse en friche

Ce site classe les pays d’Europe en fonction du nombre de crimesLa France doit à la Biélorussie de ne pas être dernière des 41 pays européens mentionnés !

François Billot de Lochner souligne l’hyperviolence au sein de la jeunesse :

En France, aujourd’hui, les victimes de la violence sont toujours plus jeunes. La semaine dernière, dans l’Essonne, en région parisienne, deux adolescents de 14 ans étaient poignardés à mort en moins de 24 heures, tandis qu’un troisième, âgé de 13 ans, était sauvé de justesse après avoir reçu un coup de couteau à la gorge.

Des vies fauchées trop tôt, à la suite de sordides règlements de compte de bandes tentaculaires, formant de véritables petites armées que plus rien n’arrête. La première victime, une collégienne, a reçu un coup de couteau dans le ventre en tentant de s’interposer. L’autre victime a été tuée au cours d’un affrontement auquel participait une trentaine d’adolescents, munis de bâtons, de béquilles et d’armes blanches.

Peut-on classer de telles horreurs comme de simples « faits divers » ? La classe politique, en tout cas, ne semble guère s’émouvoir de cette surenchère de barbarie. Huit ans déjà se sont écoulés depuis que Laurent Obertone publiait son essai-choc, La France Orange mécanique, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation ne s’est guère améliorée.

Cette situation dramatique, son intensification et son accélération, est le fruit d’une triple responsabilité, tristement partagée.

Responsabilité des familles, pour commencer. Encouragées en cela par l’Etat et par l’école, elles sont les fruits d’un système qui prône le laxisme et la démission. Les enfants, les adolescents sont livrés à eux-mêmes, et l’exemple ne venant pas d’en haut, il n’y a aucune espèce d’autorité familiale à attendre pour venir les encadrer. Ils poussent et croissent ainsi que des arbustes sauvages, et nul ne songe jamais à les « tailler » par une éducation structurée pour leur donner une forme et une âme humaine.

Responsabilité de l’Education nationale, en second lieu. Le ministère de la rue de Grenelle n’instruit pas plus qu’il n’éduque, et laisse en friche les enfants qui lui sont confiés. Les professeurs n’ont ni les moyens moraux (pour les meilleurs d’entre eux), ni la volonté (pour les plus idéologisés) de leur donner une colonne vertébrale par le savoir. Pire, l’Education nationale entretient les adolescents dans le sentiment bien commode que s’ils sont en si piètre posture, c’est que la « société » est responsable de leur malheur. Ils ont toutes les excuses, et tous les droits. Envisager de les rééduquer, avec un peu de muscle, il n’y faut point songer : ce serait assimilé à du fascisme…

Responsabilité de l’Etat, enfin, matrice des autres responsabilités. Il n’est pas anodin que ces actes de violence surviennent à proximité de grandes agglomérations déshumanisées, cibles de politiques publiques à répétition qui sont capables de larguer par avion des millions, mais qui ne s’attaquent jamais aux problèmes de fond, situés bien en amont, à commencer par une immigration dérégulée qui a permis à des populations déracinées de s’y installer, sans horizon, sans idéal et sans travail. Les subventions dont bénéficient ces territoires, qui ne sont pas perdus pour tout le monde, sont inversement proportionnelles à l’autorité de l’Etat qui s’y exerce, ou aux moyens policiers et judiciaires destinés à faire régner l’ordre.

La solution pour mettre fin à ce tragique état de fait existe bel et bien, mais elle exige un changement de logiciel politique plus que radical… copernicien !

La télé-société ne peut pas être un modèle

Marion Maréchal, directrice de l’ISSEP, propose une réflexion sur le télétravail et ses conséquences sur nos relations sociales :

Nous sommes en train de vivre une mutation accélérée, pour ne pas dire forcée, de l’organisation sociale. Au prétexte de la crise sanitaire, et plus largement dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, les pouvoirs publics incitent très fortement, voire contraignent, à la généralisation du télétravail et du télé-enseignement. On nous promet des lendemains qui chantent : cette numérisation des rapports sociaux et professionnels permettrait de réduire l’impact carbone, de rendre le salarié plus autonome, de faire des économies, de réduire les inégalités, de redynamiser la « France périphérique ». L’enthousiasme paraît unanime.

Les salariés eux-mêmes semblent plébisciter cette organisation : 73% de ceux qui pratiquent le télétravail veulent le poursuivre[1]. Ces chiffres sont néanmoins à nuancer. D’une part, car la généralisation du télétravail est une expérience récente pour bon nombre de salariés qui n’en mesurent pas encore les effets sur le long terme et, d’autre part, car ils ne sont que 32% à vouloir télé-travailler de manière régulière contre 41% de manière ponctuelle.

Un autre sondage confirme cette information : 63 % de salariés français souhaitent « travailler la majorité de leur temps au bureau », tandis que 8 % rêvent de « travailler exclusivement à distance »[2]. Autrement dit une majorité de salariés souhaite que le télétravail demeure l’exception et non la règle. Pourtant ce n’est pas la direction qui semble être prise au regard des multiples interventions d’hommes politiques et de patrons de grandes entreprises.

« Le télétravail reste la règle », rappelait le gouvernement début février, tandis que Suez annonçait en novembre la signature d’un accord généralisant et pérennisant le travail à distance au-delà de la crise Covid-19, « afin de renforcer la qualité de vie professionnelle et favoriser la flexibilité ». Pour preuve encore, au cours du confinement de mai dernier, Xavier Chéreau, directeur des relations humaines de PSA annonçait sur le réseau social LinkedIn : « Nous sommes prêts à faire du télétravail la référence pour les activités qui ne sont pas directement liées à la production ».

Nous avançons donc peu à peu vers un modèle où le télétravail deviendra durablement la norme quand il est aujourd’hui pratiqué de façon complémentaire voire marginale dans certains secteurs. 

La mise à mal du corps intermédiaire qu’est l’entreprise.

Spontanément, il est difficile de considérer que la vie du travailleur sautant de son lit à son canapé en commandant Uber Eats le midi tout en draguant sur Tinder soit un véritable progrès. Qui dit télétravail dit aussi télé-séduction ! N’oublions pas que 14% des couples se forment au bureau. En 2ᵉ position du classement des rencontres, on trouve le lieu d’étude avec un taux de 11 % ; ce qui n’est pas anodin au regard de la quasi-disparition des cours en présentiel dans le supérieur.

Mais au-delà de ce choix de vie individuel, le problème est plus global. Nous risquons d’assister à l’affaiblissement de l’entreprise comme corps intermédiaire indispensable au bon fonctionnement de la société et à la socialisation des personnes.

Comme l’explique Philippe Schleiter, consultant en management, dans son ouvrage[3] :

« Ainsi, avec la disparition du service militaire, l’affaiblissement de la famille et l’essor de l’enfant roi, l’entreprise est devenue un indispensable lieu de socialisation. C’est au contact de leurs collègues que nombre de jeunes professionnels comprennent qu’ils ne sont pas au centre de toutes les attentions, qu’ils réalisent l’importance des obligations mutuelles, apprennent les règles élémentaires du savoir-vivre. Antidote contre le narcissisme et l’égocentrisme contemporains, l’entreprise est aussi une instance de transmission des savoirs et des connaissances, y compris informels. En permettant un lien direct entre les différentes générations de salariés, elle est un pont qui se déploie au-dessus de l’abîme du présent. En son sein les individus s’inscrivent dans une mémoire partagée et dans des projets communs. De la sorte, ils se hissent au-dessus d’eux-mêmes. »

Une incidence négative sur la communauté et la performance de l’entreprise.

Il est convenu de penser que le télétravail serait une source de productivité économique pour l’entreprise. De nombreuses études semblent attester que les télétravailleurs seraient plus efficaces que leurs collègues présents au bureau. Pourtant, ces études souffrent d’un grave biais méthodologique qui remet en cause leur pertinence : elles s’appuient généralement sur des enquêtes portant sur de petites quantités de télétravailleurs volontaires pratiquant le télétravail un nombre de jours très limité.

A l’inverse, une récente étude de l’OCDE indique que les gains de productivité du télétravail suivent, dans les entreprises, une courbe en cloche : à partir d’un certain seuil de télétravail (concernant aussi bien la proportion du personnel en télétravail que le nombre de jours alloués au télétravail) ils tendent à décliner, voire à s’inverser.

Rien de surprenant, puisque le télétravail érigé en règle permanente contribue à détruire l’univers commun qui fonde la culture de l’entreprise. Il oblitère la transmission des savoir-faire informels et des valeurs de l’entreprise, il empêche la formation de souvenirs collectifs et le partage spontané de connaissances ; toutes ces interactions qui permettent de construire une communauté et de puiser la motivation pour s’impliquer dans un projet commun qui nous dépasse. Pour convenir de cela, encore faut-il accepter de ne pas systématiquement voir l’entreprise comme un lieu d’exploitation mais l’appréhender comme un lieu possible d’épanouissement et de sens.

Par ailleurs, le simple fait d’échanger à travers un écran avec ses collègues n’assure pas la qualité de ces échanges et permet difficilement de construire des relations profondes et de confiance. 41% des salariés en télétravail affirmaient avoir vécu une dégradation de leur lien social, un délitement de leurs relations avec leur collègue et un véritable manque. [4]

Sans compter que c’est avant tout la communication informelle en entreprise qui est source de créativité. Steve Jobs lui-même, le fondateur d’Apple, mettait en garde contre l’illusion que la créativité pouvait naître d’échanges numériques[5].

« Bien maîtrisé, le télétravail renforce la flexibilité et l’agilité de l’entreprise. Mal dosé, il provoque son atomisation, voire sa liquéfaction. » résume Charles-Henri Besseyre des Horts[6].

Depuis quelques années, l’on a vu se développer des modèles de management à l’horizontal, en lieu et place du traditionnel modèle vertical français, incarné par l’esprit convivial des start-up, l’apparition des « open space », le travail en « mode projet ». La généralisation du télétravail signe le retour d’une hiérarchie plus rigide. La visioconférence ne facilitant pas la participation et la prise de parole en dehors du cadre hiérarchique ; les initiatives étant souvent facilitées par l’ambiance du groupe et la communication non verbale de ses collègues. 

Un gain d’autonomie en partie illusoire

Côté salarié, l’on vante un gain d’autonomie conséquent permettant de s’organiser plus facilement, de gagner du temps en évitant des trajets et ainsi de concilier plus aisément vie personnelle et professionnelle, tout cela au service d’une plus grande productivité et efficacité pour l’entreprise.

Les enquêtes à ce sujet incitent pourtant à en douter : de nombreuses études tendent en effet à démontrer que les télétravailleurs ont tendance à se surinvestir dans leur travail, en s’y consacrant jusqu’à 2 h 30 de plus par semaine, pour prouver – et se prouver – qu’ils sont toujours dans le coup[7].

Mais ce n’est pas tout. Selon une étude du Ministère du Travail, les cadres télétravailleurs sont deux fois plus nombreux à adopter des horaires de travail atypiques, le soir, la nuit et le week-end [8]. Si bien que ces

« cadres télétravailleurs intensifs ne semblent pas bénéficier d’une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée que les autres : […] leurs proches se plaignent autant de leur manque de disponibilité. Le télétravail peut en effet engendrer des conflits travail-famille, car les membres de la famille peuvent formuler des demandes de disponibilité qu’ils n’exprimeraient pas si la personne ne travaillait pas à la maison[9] ».

Les inconvénients ne s’arrêtent pas là. Le télétravail s’accompagne le plus souvent d’une augmentation du contrôle des salariés : 45 % des salariés français interrogés affirment travailler dans une entreprise utilisant des outils de surveillance pour suivre le temps de connexion, l’historique du navigateur, les mouvements de la souris…[10]

Parmi ces salariés télé-surveillés, seuls 35 % disent se sentir « libres de s’organiser à leur convenance » et 18 % s’estiment « micro-managés jusque dans les moindres détails ». 

L’éloignement peut induire des effets pervers et pousser le manager à multiplier les normes, (process, procédures, reportings, réunions en visioconférence, etc.), particulièrement chronophages et psychologiquement épuisantes pour le salarié. 

Un nouveau levier de concurrence déloyale :

Beaucoup de cadres urbains socialement favorisés ont pu se réjouir du télétravail. En habitant dans des appartements spacieux ou en ayant pu se réfugier dans les résidences secondaires ou familiales de province, ils ont pu bénéficier d’un cadre adéquat et agréable pour travailler.

Pourtant, ces profils risquent de vite déchanter car la généralisation du télétravail favorisera une nouvelle forme de concurrence déloyale. En effet, la barrière du territoire étant levée, qu’est-ce qui retiendra demain une société d’engager un cadre francophone ou anglophone à l’autre bout du monde pour réaliser le même travail deux fois moins cher ? Après les agriculteurs et les ouvriers qui ont vu leurs activités et leurs emplois délocalisés, de nombreux cadres risquent de découvrir à leurs dépends la dure loi de la « compétitivité ».

La généralisation du télétravail aggrave également les inégalités sociales partiellement gommées par l’accès au bureau commun. En effet, le domicile ne permet pas toujours un espace de travail adapté et calme, certains ont de jeunes enfants présents, tous n’ont pas des outils numériques adaptés ou de connexion internet performante.

Pour toutes ces raisons, l’on comprend mieux le cri du cœur de Marrisa Mayer, PDG de Yahoo : « Nous avons besoin d’être un Yahoo!, et cela commence par être physiquement ensemble !”, pour expliquer sa décision de mettre fin, en février 2013, à la pratique généralisée du télétravail.

Il en est de même pour Oracle ou IBM qui ont mis fin à leurs tentatives de généralisation du télétravail après plusieurs années d’expérience. Ces précédents devaient à tout le moins inviter à la prudence.

La justification de l’imposition du télétravail par les entreprises est avant tout économique.

La réalité derrière ce phénomène est probablement moins glorieuse que les objectifs vertueux affichés le plus souvent d’ordre sanitaire, social ou écologique.

Ce modèle à distance est une source d’importantes économies pour l’entreprise. Elle permet de réduire les coûts liés aux locaux et aux charges afférentes ainsi qu’aux déplacements du personnel. Cette motivation économique ne se retrouve pas seulement dans le monde de l’entreprise mais aussi dans l’enseignement.

Téléenseignement : un échec retentissant.

L’enseignement supérieur voit se multiplier depuis de nombreuses années les cours et formations « en distanciel ». Ce modèle est économiquement très intéressant pour ce secteur puisqu’il permet de réduire drastiquement les coûts des écoles tout en augmentant significativement sa potentielle clientèle d’étudiants. Chose surprenante, cette numérisation est, dans l’esprit général, synonyme de modernité, d’excellence. Les écoles en font d’ailleurs souvent un argument marketing de premier ordre.

Cette tendance à la numérisation de l’enseignement a été amplifiée par l’épidémie. Depuis de nombreux mois, le Gouvernement a imposé les cours à distance pour les universités et les écoles supérieures privées à quelques exceptions près (TD de 1ère année, BTS, Prépa, enseignements techniques ne pouvant être dispensés à distance, etc.)

Mais le modèle du télé-enseignement généralisé semble aussi montrer ses limites : l’on assiste à un taux de décrochage record des étudiants. Il n’est en rien surprenant de constater que les étudiants ont du mal à rester concentrés plusieurs heures par jour devant un écran. A distance, le professeur n’est pas en mesure d’adapter le rythme et le contenu de son cours face à un public plus passif qu’à l’ordinaire. L’exercice est nécessairement moins interactif et l’accès immédiat à l’internet pousse à la distraction.

Le confinement du printemps 2020 a également prouvé les limites de l’enseignement à distance du primaire au secondaire, à tel point que le Ministre de l’Education a décidé de laisser les écoles ouvertes depuis septembre à la suite des difficultés importantes rencontrées par les élèves avant l’été.

Pourtant, depuis de nombreuses années, les ministres de l’éducation vantent la numérisation du système scolaire comme un moyen de réduire les inégalités sociales et d’adapter l’enseignement aux spécificités de chaque élève. De nombreux investissements et projets sont allés dans ce sens. Cette utopie politique a été violemment balayée par la réalité.

Comme le rappelle Michel Desmurget, docteur en neurosciences, dans un récent article :  «  (…) les conclusions de dizaines d’études académiques et institutionnelles de grande ampleur, conduites depuis vingt ans aux quatre coins du monde (ont conclu): plus l’effort de numérisation augmente, plus la qualité de l’enseignement baisse, plus les résultats des élèves diminuent et plus le poids des inégalités sociales s’accroît »[11] ; une conclusion que semble confirmer la récente expérience nationale du confinement.

Le modèle de la télé-société généralisée contribuera indéniablement à accélérer l’hyper-individualisme et l’atomisation de la société dont souffre déjà notre époque. Il délite des communautés qui donnent sens à la vie, comme l’entreprise ou l’école, sans pour autant garantir un réel gain de productivité.

Le télétravail s’impose sous couvert d’arguments écologiques qui sont pour partie fallacieux car le numérique n’a évidemment pas un impact carbone neutre, loin de là. Selon l’ADEME, le secteur informatique (usage et production des équipements) est responsable aujourd’hui de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et la forte augmentation des usages laisse présager un doublement de cette empreinte carbone d’ici 2025. 4 % des émissions de gaz à effet de serre, c’est 1,5 fois plus important que le transport aérien. S’il est accompagné d’une pièce jointe d’1 Mo, un mail émet 19 g de Co2 en sachant que 34 millions de mails sont envoyés toutes les heures. Envoyer 20 mails par jour pollue autant que parcourir 100 kilomètres en voiture. En France, 10 % de l’électricité produite est consommée uniquement par des « Data centers » et leur propre consommation représente autant qu’une ville de 50 000 habitants[12].

Ces quelques données doivent inciter à prendre du recul sur les slogans assénés dans le débat public concernant les bénéfices supposés de la mise à distance des relations professionnelles et sociales. Cette mode politique pousse à des comportements dont la balance sociale avantages-inconvénients n’est pas nécessairement positive.

Décidément non, la télé-société ne peut et ne doit pas être un modèle absolu.

Sœur Arousiag, au cœur de la jeunesse d’Arménie

Première partie de notre trilogie sur la Congrégation des Sœurs Arméniennes de l’Immaculée Conception

Née en Syrie, à la sortie de la seconde guerre mondiale, sœur Arousiag est la Supérieure de cette congrégation fondée le 5 juin 1847, à Constantinople. Elle est surnommée la « mère Teresa » d’Arménie. A Rome, son nouveau port d’attache, elle multiplie ses activités, sa vie de foi et sa vie de prière, pour venir en aide aux populations fragiles, à commencer par la jeunesse. Interview d’une sœur qui vit au cœur de l’Eglise et de la jeunesse abandonnée, orpheline, et, pauvre.

Bonjour Mère, vous êtes la Supérieure de la Congrégation des Soeurs Arméniennes de l’Immaculée Conception. Pouvez-vous vous présenter ?

Sœur Arousiag : Comme tout le monde en Arménie me connait sous le nom de Sœur Arousiag, j’ai tendance à toujours me présenter ainsi tout en respectant ceux et celles qui voudraient plutôt se référer à Mère depuis mon élection comme supérieure générale, en décembre 2016. Je suis née à Alep, en 1945. Mais, j’ai vécu entre la Syrie et le Liban, puisque mes grands-parents maternels vivaient à Beyrouth, et, que le travail de mon père nous y a conduit. J’ai passé toute une partie de mon enfance au Liban. 

Votre enfance a été bercée par un climat catholique favorable, un terreau qui a permis à votre vocation de germer et de fleurir. Comment vous est venue votre vocation ?

Mes parents étaient catholiques pratiquants. Mon père, orphelin du génocide, sauvé par sa tante maternelle, a rejoint très jeune l’armée française à Alep. Il l’a servie, fidèlement, pendant vingt-cinq ans.  De ce fait, il préférait toujours assister à la Messe latine. Ma mère fréquentait l’Eglise arménienne.  Avec mes quatre sœurs (je suis la cadette), nous accompagnions papa ou maman tous les dimanches. Chaque jour, j’assistais, avec ma mère, à la Messe de cinq heures chez les pères jésuites. Je dois ma vocation à ma mère qui, elle-même, voulait devenir religieuse, mais ses parents l’avaient mariée très jeune. La Petite Sainte Thérèse de Lisieux compte, aussi, dans ma décision. Au début, je voulais rejoindre les carmélites, qui avaient un couvent à Alep. Mais, mes amies m’ont convaincue de rejoindre la Congrégation des Sœurs Arméniennes afin que je puisse servir mon peuple.

Pour les Arméniens, la famille est sacrée 

Parlez-nous un peu plus de votre famille. En occident, les familles sont éprouvées : les couples se déchirent, se séparent et divorcent. Depuis 1975, l’avortement, le divorce, l’euthanasie sont devenus des droits. Les enfants en souffrent. Avez-vous une réponse à apporter pour re-donner du bonheur dans les familles ?

Je dois dire que j’ai eu une enfance très heureuse, malgré les difficultés rencontrées par mon père pour trouver un emploi après avoir quitté l’armée. Ce fut une grande souffrance pour lui. Il était musicien, il jouait très bien de la trompette, mais n’ayant pas fait d’études supérieures, il n’a jamais pu trouver un emploi fixe.  Ma mère, qui avait fréquenté le lycée des Sœurs Arméniennes, voulaient absolument que ses enfants fréquentent aussi son alma mater.  Comme les élèves du lycée venaient de familles bourgeoises, nous ne nous sentions pas à notre place, mais le niveau élevé de l’instruction a été notre consolation. Je dois ajouter que les sœurs m’ont beaucoup aidée à mûrir ma vocation.  Ce sont elles qui m’ont fait connaitre la Petite Thérèse, qui jusqu’à maintenant, reste mon modèle avec Mère Teresa de Calcutta. Pour les Arméniens, la famille est sacrée ; les couples ne divorcent pas facilement. Cependant, il faut avouer que beaucoup de choses ont changé.  Les jeunes ne prennent plus au sérieux les responsabilités de la famille, ce qui les poussent à la séparation et au divorce.  Le sens du sacrifice n’existe plus ; on est devenu très égoïste.  Je crois que le culte du « moi » est à la racine des maux de notre société. Les parents, trop pris par leurs carrières ou leurs occupations différentes, ne donnent plus de leur temps pour leurs enfants. Par conséquent, les enfants ne jouissent pas de l’amour et de la présence de leurs parents.  « Je ne puis donner ce que je n’ai pas reçu. »  Ces enfants ne sauront pas donner à leurs enfants ce qu’ils n’ont pas reçu.  Et ainsi les générations se suivent, avec leur fragilité et leur souffrance qui augmentent. Un milieu familial dans lequel les parents s’aiment et les enfants se sentent aimés et appréciés est très important pour garantir le futur d’une société heureuse et saine. A cette condition, le bonheur est possible.

Votre communauté est présente dans une dizaine de pays. Combien êtes-vous en tout ? En Arménie, combien d’enfants et de jeunes filles aidez-vous ? 

La Congrégation est présente dans dix pays. Notre nombre a beaucoup diminué durant les 30 dernières années à cause de la guerre au Moyen-Orient et de la baisse de la natalité. Nous sommes une cinquantaine. De ce fait, dans nos écoles, le nombre réduit des religieuses ne leur permet pas toujours de s’occuper des jeunes, comme elles le souhaiteraient.  Notre espoir pour de nouvelles vocations se trouve en Arménie où nous avons plusieurs jeunes dans nos centres de Gumri, de Dashir et d’Erevan.

J’ai cru comprendre que vous vouliez “réenchanter l’Arménie”. Qu’est-ce que cela veut dire au juste ?

Je voudrais faire beaucoup de choses pour l’Arménie, la foi chrétienne étant la première chose à inspirer à nos jeunes ; une foi authentique et vivante. Une foi qui débouche sur la charité. Les soixante-dix ans de communisme ont laissé des traces et mené à une indifférence profonde pour nos valeurs chrétiennes.  Il y a une grande perte des valeurs morales auxquelles mon peuple était pourtant si attaché. Je voudrais recréer une éducation basée sur les valeurs humaines et chrétiennes, le respect des droits de l’homme, l’altérité, l’égalité des sexes, l’acceptation des personnes handicapées comme don de Dieu, et, leur intégration dans la société. Le service aux personnes les plus fragiles.

« Seule, on ne peut rien faire »

En Arménie, pour vous occuper de ces centaines de jeunes, vous êtes entourée de vos sœurs et de vos bienfaiteurs. Qui sont-ils ?

Vous savez bien que seule, on ne peut rien faire. En Arménie, nous avons dix religieuses qui font un travail formidable dans nos orphelinats de Gumri et de Dashir, notre centre de jour pour les personnes âgées, le lycée professionnel, le centre pour les universitaires nécessiteuses, et, surtout notre colonie de vacances où nous accueillons plus d’un millier d’enfants chaque été.  Nous arrivons à accomplir toutes ces activités grâce à nos bienfaiteurs. Parmi eux, nous avons des organisations humanitaires qui nous aident depuis notre arrivée en Arménie.  Nos centres portent le nom de nos bienfaiteurs : le Centre Educatif Boghossian de Gumri, le Lycée professionnel Raymond et Ani Kouyoumjian, le Centre de jour pour les personnes âgées Nadine Basmadjian, le Centre de Jeunes Ani Bezikian, à Kanaker, dans les hauteurs d’Erevan. Il y a, aussi, le camp Fondation Alliance Arménienne. Nous avons, enfin, des organisations et des particuliers qui nous aident régulièrement comme l’Œuvre d’Orient, l’Association Alliance Arménienne, etc.

L’Arménie est un pays qui souffre encore. Les génocides et les guerres contre le peuple arménien paraissent incessants. Comment fait-il pour être aussi fort dans l’adversité, aussi résilient ? 

Oui, toute l’histoire de l’Arménie est marquée par des guerres et des génocides. Plusieurs fois nous avons été chassés de notre pays, nous avons subi le joug impitoyable de dynasties étrangères, mais les arméniens ont toujours pu renaitre de leurs cendres grâce à leur foi et à leur ténacité pour préserver leur identité nationale.

Le Seigneur parle à notre monde par des signes

Dernières questions : face à une partie du monde en déclin, face à la déchristianisation en cours, quelles sont vos raisons d’espérer ? Et, enfin, quel est votre agenda dans les mois qui viennent ? Allez-vous venir en France avec votre chorale, comme convenu ?

Je crois que le Seigneur parle à notre monde par des signes assez forts. Les guerres, les tremblements de terre, les inondations, les incendies ici et là, la pandémie qui paralyse toute la planète, etc. Tout cela doit nous inviter à une conversion individuelle et, aussi, générale.  Pour assurer la paix entre les nations, il faut rétablir la paix dans les cœurs de chaque personne. Cela se fait seulement par l’amour réciproque, un amour qui se donne sans compter et sans attendre de retour. On ne regarde plus assez la croix du Christ pour comprendre le vrai amour, le don total de soi-même pour son prochain. Malgré tout ce qui arrive dans le monde, j’ai une foi inébranlable dans le pouvoir du Seigneur, Créateur du ciel et de la terre, et la capacité de l’homme, créé à l’image de Dieu, à retourner à ses racines. Prochainement, si Dieu le veut bien, je voudrais aller en Arménie en avril et ensuite au Liban et peut-être à Alep. Je passerai surement par la France pour saluer nos bienfaiteurs français. Notre Chœur devait chanter à Strasbourg en juin prochain, mais à cause de la Covid-19, on a repoussé le voyage à juin 2022.

Interview réalisée par notre envoyé spécial Antoine BORDIER Photos © DR

Si vous voulez aider la Congrégation des Sœurs Arméniennes de l’Immaculée Conception, et, leurs jeunes, contactez-les, par mail : [email protected]

Site internet : Notre-Dame D’Arménie – “LAISSEZ VENIR À MOI LES PETITS ENFANTS”.   Marc 10:14 (olarmenia.org)

La Suisse interdit la burqa

Les Suisses ont voté dimanche à 51,21% des voix et une majorité de cantons en faveur de l’interdiction de se dissimuler le visage. Ce texte, initialement proposé par le parti UDC, a été soutenu par des féministes et une partie des électeurs de la gauche laïque. Marco Chiesa, président de l’UDC Suisse, s’est réjoui :

“Nous nous réjouissons. Nous ne voulons pas qu’il y ait un islam radical dans notre pays”.

Dans un communiqué, l’UDC constate que

l’argumentation socio-romantique, irréaliste et en bonne partie absurde des milieux de gauche n’a pas empêché la majorité des citoyennes et citoyens d’approuver l’interdiction nationale de se dissimuler le visage. « Comme l’a déjà relevé la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg, l’interdiction de se dissimuler le visage est légale et ne constitue pas une violation des droits humanitaires », a souligné Marco Chiesa, président de l’UDC Suisse. Il est donc légitime que l’Etat prenne des mesures de cette nature pour sauvegarder la cohésion de la société. « La burqa dresse une barrière entre la porteuse et son entourage et empêche ainsi son intégration dans la société », conclut Marco Chiesa.

L’interdiction de se dissimuler le visage est de surcroît un signal fort et une avancée importante dans la lutte contre l’islamisme politique qui progresse également en Suisse en menaçant notre société libérale. Dire oui à l’interdiction de se dissimuler le visage, c’est dire oui à plus de sécurité, car cette mesure vise aussi explicitement les hooligans et les casseurs gauchistes qui, dissimulés par des cagoules, commettent des actes de violence et de vandalisme.

Le texte n’évoque ni la burqa ni le niqab, mais les affiches de campagne ne laissaient pas de doute. Il sera donc désormais interdit de se couvrir complètement le visage en public -ce qui vaut aussi pour des manifestants cagoulés- mais des exceptions sont prévues pour les lieux de culte par exemple. Le masque anti-COVID est-il également interdit ?…

Selon les chiffres de l’Office des statistiques de 2019, environ 5,5% de la population suisse est musulmane. Le gouvernement fédéral et le parlement s’opposaient à cette mesure.

En 2009, les Suisses avaient déjà voté l’interdiction de la construction de minarets sur les mosquées.

C’est arrivé un 7 mars…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 7 mars 851 : décès de Nominoë, roi de Bretagne, et chef des Bretons.

Premier roi de Bretagne, il a pris son indépendance à la faveur de la lutte qui opposa les 3 fils de l’empereur Louis le Pieux suite au traité de Verdun de 843.

  • le 7 mars 1266 : entrée de Charles d’Anjou dans Naples.

Charles d’Anjou entre dans la ville après avoir vaincu et tué Manfred de Sicile à la bataille de Bénévent, le 26 février. Charles d’Anjou a été au préalable investi par le pape Clément IV de la couronne de Sicile.

  • le 7 mars 1274 : décès de Saint Thomas d’Aquin.

Saint Thomas d’Aquin, né vers 1225 à Aquin en Italie, est un théologien et un philosophe dominicain, considéré comme l’un des principaux maîtres de la scolastique et de la religion catholique. Il est canonisé en 1323 par le pape Jean XXII et proclamé Docteur de l’Église, par Pie V en 1568. Il affirme que l’étude philosophique, aussi poussée soit-elle, ne contredira en aucun cas l’enseignement de la religion, puisque les deux ont un même objet, qui est la vérité.

  • le 7 mars 1619 : l’évêque de Luçon, le cardinal de Richelieu, quitte son exil d’Avignon et prend la route d’Angoulême.

Louis XIII le sollicite pour négocier avec Marie de Médicis, la reine-mère.

  • le 7 mars 1657 : le Roi Louis XIV interdit la vente d’alcool aux Indiens.
  • le 7 mars 1693 : naissance de Carlo della Torre Rezzonico, futur Clément XIII.
  • le 7 mars 1724 : décès du pape Innoncent XIII.
  • le 7 mars 1792 : le progrès technique pour la mort

Le docteur Antoine Louis, chirurgien de l’époque, préconise, dans un rapport remis ce jour à Assemblée législative, la mise au point d’une machine à lame oblique, la guillotine. Un moyen de donner la mort à tous les condamnés avec rapidité et sûreté, moyen qui est aussi qualifié d’égalitaire par le rapporteur. Il l’avait présenté en loge auparavant lors d’une tenue de la loge « La Candeur » (la loge de La Fayette et de Laclos), où se côtoyaient plus de quatre cent membres dont Rabaud-Saint-Étienne, Chénier, Brissot, Bailly, Lavoisier et Custine, qui, tous, iront se fiancer avec la Veuve.»

La première exécution au moyen de la guillotine se déroule le 25 avril 1792 sur la place de Grève (actuelle place de l’Hôtel-de-Ville).

  • le 7 mars 1793 : la Convention déclare la guerre à l’Espagne.

La France déclare la guerre à l’Espagne ; l’armée espagnole envahit la Navarre française et le Roussillon.

  • le 7 mars 1801 : Pie VII reconnaît officiellement l’existence des Jésuites en Russie.
  • le 7 mars 1815 : arrivée de Napoléon à Grenoble.

La nouvelle du débarquement de Napoléon arrive à Paris par le télégraphe de Chappe avec retard pour cause de brume.

Le même jour, à Paris, Napoléon est déclaré traître et rebelle par les Chambres et par le roi Louis XVIII.

  • le 7 mars 1884 : les poubelles deviennent obligatoires à Paris.

Le préfet de la Seine, Eugène Poubelle, impose l’usage de réceptacles fermés destinés à recevoir les ordures ménagères dans toute la ville de Paris. Ces récipients prennent rapidement le nom de son inventeur.

  • le 7 mars 1936 : l’Allemagne viole le traité de Versailles.

Par un véritable coup de poker, tant le rapport de force lui était défavorable, Hitler fait entrer la Wehrmacht dans la zone démilitarisée de la Ruhr. Il déclare caduques les dispositions du Traité de Versailles par lesquelles l’Allemagne s’engageait à démilitariser la Ruhr. Les puissances occidentales ne réagissent pas. Le service militaire obligatoire a déjà été rétabli illégalement un an auparavant. Deux ans plus tard, il recommence à bafouer les accords sur les frontières avec l’anschluss.

  • le 7 mars 1962 : le recensement est effectué : la France compte 46.247.514 habitants.

On ne comptabilise plus les étrangers.

  • le 7 mars 1966 : le président de la République Charles De Gaulle annonce le retrait de la France de la structure militaire de l’OTAN.

Le général de Gaulle annonce officiellement l’intention de la France de se retirer de la structure militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Il refuse de voir la politique nucléaire américaine dominer l’organisation. Il demande également aux Américains d’évacuer leurs bases situées sur le territoire français.

  • le 7 mars 1976 : le cardinal Wojtyla, futur Jean-Paul II, prêche le Carême devant Paul VI à Rome.

Opération “Chocolats de Pâques” : 200kg à vendre pour les soeurs de l’abbaye du Val d’Igny

Pâques approche ! Et pour l’abbaye du Val d’Igny, dont l’économie repose sur sa chocolaterie, la période est cruciale. L’an dernier a été catastrophique en raison du confinement : fermeture de la boutique, annulation des commandes des revendeurs etc… Mais cette année les sœurs trappistines espèrent bien se rattraper. Pour cela, une “opération spéciale chocolats de Pâques” est lancée avec Divine Box. Objectif : vendre 200kg de chocolat !

Au programme :

  • des œufs pralinés, de la friture de Pâques, des “bouchons d’Igny” (spécialité avec une ganache onctueuse au marc de Champagne) etc… par “pack”, ou bien à l’unité
  • pré-commandes jusqu’au dimanche 7 mars minuit
  • livraison avant Pâques entre le 30 mars et le 1e avril (par La Poste)

… l’occasion de (re)découvrir le savoir-faire et la qualité de cette petite chocolaterie artisanale monastique, en marche depuis 70 ans !

Infos et pré-commandes sur le site de Divine Box : https://divinebox.fr/igny 

Vous pouvez aussi diffuser cette opération par Whatsapp (texte modifiable avant envoi)

Quelques mots de Jean-Paul II : le sens véritable de l’existence humaine

Appuyés sur la parole révélatrice du Christ, Rédempteur, nous sommes sûrs de l’immortalité de l’âme. En réalité, la vie n’est pas fermée à l’horizon de ce monde : l’âme, créée immédiatement par Dieu, lorsque la fin physiologique du corps arrive, reste immortelle et nos propres corps seront ressuscités transformés et spiritualisés. Le sens profond et décisif de notre existence humaine et terrestre réside dans notre immortalité «personnelle» : Jésus est venu nous révéler cette vérité.

Le christianisme est certainement aussi un «humanisme» et prône fermement le développement intégral de chaque homme et de chaque peuple, s’associant à tous les mouvements qui veulent le progrès individuel et social; mais son message est essentiellement d’un autre monde, mettant tout le sens de l’existence dans la perspective de l’immortalité et de la responsabilité.

Par conséquent, les multitudes immenses de ceux qui, au cours des siècles passés, ont déjà atteint la fin de leur vie, sont tous bien vivants ; nos proches décédés sont toujours vivants et également présents, d’une certaine manière, dans notre cheminement quotidien. «La vie n’est pas enlevée mais transformée; et tandis que la demeure de cet exil terrestre est détruite, une demeure éternelle dans le ciel est en préparation! “.

Audience générale du 2 novembre 1983 ; ©Librairie éditrice vaticane

Le silence monastique

Au fond des cloîtres, là où règne un silence souvent séculaire, des hommes ont choisi de se laisser gagner par la paix profonde ; et celle-ci déborde parfois. C’est le cas avec ce livre, qui constitue sans doute l’un des plus grands ouvrages jamais écrits sur le silence.

Comment entrer dans cette attitude profonde, cette posture de l’être qui permet de vivre en unité avec Dieu, soi et les autres ?

Il n’est pas besoin d’être moine pour se laisser rejoindre par les mots de Dom Marie Bruno.

Le silence est l’écrin des actions justes, la caution des paroles vraies.

Rien de ce qui est fait et dit ne peut l’être efficacement sans que cela ne prenne sa source en Celui qui ne se laisse entendre que dans le silence, Dieu.

Oui, rechercher le silence et s’y plaire est la seule addiction bonne car elle rend conduit à l’amour et à la joie véritables. Alors partageons ce trésor !

L’auteur, Dom Marie Bruno, est un moine cistercien originaire de l’est de la France.

Pour acheter le livre : https://www.life-editions.com/product-page/le-silence-monastique

Le Voyage extraordinaire de Seraphima

De Bruno de Seguins Pazzis :

URSS en 1943. La jeune Séraphima, qui a perdu ses parents au tout début de la guerre, vit dans un orphelinat en Union Soviétique. Elle garde secrètement autour du cou une croix qui lui rappelle sa famille bien-aimée. Accompagnée dans sa solitude par le grand Saint Séraphim de Sarov, elle commence un voyage initiatique et onirique qui va l’aider à percer le secret de l’orphelinat et à éclairer le sort de ses parents… Avec les voix d’Alina Mikhaylova, Aleksandr MikhaylovAlyona Kishchik. Scénario : Sergey Antonnov.

Sortie le 27 août 2015 en Russie, Le Voyage extraordinaire de Séraphima est projeté dans pas moins de 850 salles et connaît un grand succès. Le spectateur français doit également savoir que ce film d’animation hautement chrétien a reçu le soutien financier du fond caritatif Saint Séraphim de Sarov et de la société cinématographique « Central Partnership », mais surtout du ministère de la Culture de la Fédération de Russie, ce qu’on a beaucoup de peine à imaginer en France ! Film chrétien donc, qui s’ouvre sur une séquence à l’église le jour du dimanche des rameaux, mais qui nécessite quelques explications pour que le spectateur français en apprécie toute la saveur car nous sommes ici dans l’univers de l’Orthodoxie.

Le personnage principal est une petite fille chrétienne, Séraphima, surnommée Sima, qui pendant la seconde guerre mondiale est séparée de ses parents. Son père qui est prêtre est déporté et sa mère emmenée on ne sait où. Sima est alors placée dans un orphelinat parmi d’autres filles de son âge d’origines différentes. Sans dévoiler le récit, la situation devenant difficile pour Sima, elle est aidée par son saint patron, Séraphim de Sarov que nous, catholiques d’Occident, ne connaissons évidemment pas beaucoup et dont il faut dire quelques mots tant il interfère dans le film au point d’en être le second personnage principal après Séraphima.

Saint Seraphim de Sarov (1754-1833) compte parmi les saints les plus populaires de l’Eglise orthodoxe. Il a été moine, eut de nombreuses apparitions de la Sainte Vierge et également du Christ, et commis de nombreux miracles. Prenant acte de la vénération dont le starets est l’objet, « persuadé de l’authenticité des miracles attribués aux prières du starets Seraphim, et rendant grâce à Dieu glorifié dans ses saints », le Saint-Synode de Russie procède à sa canonisation en 1903 en présence du tsar Nicolas II, d’un clergé nombreux et d’une foule immense. Un épisode supposé de sa vie qui est montré dans le film est celui de la chute qu’il fit, alors enfant, du clocher d’une église en construction sous la direction de son père. Il arriva indemne au sol aux pieds de sa mère. Son « don de préconnaissance » est également évoqué au travers d’un autre épisode. Il est au centre de tout le film au travers de la vénération que lui porte l’ancienne propriétaire des murs de l’orphelinat et devenue servante dans ses propres murs sous l’autorité soviétique. Egalement au travers de l’aide que va lui demander la petite Sima au milieu des difficultés auxquelles elle est confrontée à l’orphelinat.

Le film étant destiné à un public d’enfant russe, c’est là qu’intervient le rôle de l’icône qui, dans la religion orthodoxe sert de support à la prière des fidèles comme les statues de saints pour les catholiques. L’icône de saint Séraphim de Sarov raconte des épisodes de sa vie et va servir de lien pour faire glisser le film dans des passages oniriques et spirituels à la fois très jolis et émouvants par la paix, la sérénité qu’ils dégagent et qui proposent au spectateur de se laisser transporter aux portes du Paradis. Les anges sont également très présents et notamment un ange séraphin qui va guider la petite dans son voyage initiatique au bout duquel l’attend une belle surprise. Difficile d’en dire plus sur l’intrigue au risque de déflorer le sujet. Mentionnons toutefois que lorsque la petite Rita invite Séraphima à aller dans un placard mystérieux sous l’escalier de l’orphelinat pour observer un fantôme, beaucoup de spectateurs feront un rapprochement avec l’armoire magique du livre de C.S. Lewis, « Le Monde de Narnia » (sept tomes) et des trois  films qui en ont été tirés. Dans les deux cas, c’est bien du franchissement d’une limite qui amène le ou les protagonistes dans un univers mystique.

Très intelligemment, le film est à la fois bien ancré dans une réalité historique, celle de 1943 en URSS avec ses horreurs qui ne sont pas éludées, opposant sans complexe le régime stalinien et l’ancien régime, ce qui permet de donner encore plus d’efficacité au contraste introduit par la partie onirique. Les plus âgés observeront et apprécieront la qualité de la psychologie des personnages, adultes ou enfants, et qui est très nuancée. Qu’il s’agisse de l’officier handicapé qui a hérité malgré lui de la direction de cet orphelinat et qui est un honnête patriote plus qu’un convaincu de l’idéologie stalinienne, d’Olga Semeniovna, la responsable des études qui est une communiste convaincue, des petites pensionnaires qui sont élevés dans une détestation de la religion… tous sont observés avec une bienveillance bien chrétienne.et font éviter au film de sombrer dans le schématisme. L’autre référence cinématographique qui viendra à l’esprit du spectateur est le film d’animation mexicain Le Grand Miracle (2011) de Bruce Morris qui lui, transportait le spectateur au cœur des mystères et de la profondeur de la Sainte Messe. Les deux films d’animation proposent une expérience de cinéma mystique. L’égale qualité du dessin, des choix chromatiques et des choix de support musicaux s’ajoute aux qualités précédemment évoquées pour faire de ce Voyage extraordinaire de Séraphima  un film d’animation pour les plus jeunes, non seulement beau sur le plan esthétique mais théophanique.

Bruno de Seguins Pazzis

Le film Le Voyage Extraordinaire de Séraphima est disponible en séances E-cinéma, depuis le 6 mars, sur la plateforme   https://ecinema.lefilmchretien.fr/  de Saje Distribution. Pour réserver votre place dès maintenant, inscrivez-vous sur : https://ecinema.lefilmchretien.fr/billetterie/seraphima/

France, ta justice fout le camp !

De Bernard Antony :

Détesterait-on Nicolas Sarkozy, détesterait-on Génération Identitaire, la condamnation du premier et la dissolution des seconds, sont des signes qu’il y a quelque chose de pourri dans la justice et dans le gouvernement français.

Car, c’est violer un principe fondamental non seulement du droit mais de notre civilisation que de mettre sur écoute policière un avocat non poursuivi et son client. C’est en effet le propre des régimes totalitaires de ne respecter ni le secret de l’avocat, ni celui du médecin, ni celui du prêtre.

Pour ce qui est de la dissolution de Génération Identitaire pour motif ubuesque de « constitution de milice », sous le prétexte de port par ses militants d’anoraks ou de pantalons de même couleur à la manière d’un club de ski, cela relèverait de la farce si ce n’était une mesure grave de total déni de liberté démocratique.

Et ce, à un moment où maints « territoires » sont livrés aux règlements de compte souvent meurtriers entre bandes rivales de sauvages utilisant poignards et matraques ; période aussi où les assassinats par armes à feu se multiplient sur fond de rivalités dans les trafics de drogue.

Cette décision macrono-darmanesque est aussi insupportablement arbitraire que politiciennement calculée : à seule fin d’établir une apparence de symétrie avec des demi-mesures envers de dangereuses associations islamistes. C’est un grossier procédé qui n’honore ni le ministre de l’Intérieur ni le Président de la République.

Concernant Nicolas Sarkozy, Bernard Antony estime que c’est pour une autre raison qu’il devrait être condamné :

Ce n’est pas suite à des écoutes judiciaires, elles même très répréhensibles (violation du secret de l’avocat !) que Nicolas Sarkozy mérite d’être condamné.

En revanche, c’est l’histoire qui déjà le condamne pour sa faute politique majeure aux conséquences désastreuses pour l’Afrique et tragiques pour l’armée française: l’élimination du « guide » libyen Mouammar Kadhafi, certes, dictateur fantasque et cruel pour ses opposants. Mais rappelons que Sarkozy avait reçu ce dernier à l’Élysée acceptant qu’il installe sa tente dans les proches espaces verts et qu’il y séjourne en grande pompe bédouine.

Et cela, évidemment, en toutes connaissances des manières et des exigences du personnage.

Mais il savait bien aussi que ce dernier, qui, rappelons le, avait écrit un livre vert disait-il « supérieur au Coran », était l’ennemi juré des islamistes. Il les combattait avec acharnement, il bloquait les progressions jihadistes en Afrique du nord et sahélienne.

Pourquoi donc alors, Sarkozy manigança t-il de l’éliminer ? On sait qu’il se laissa pitoyablement influencer par l’irresponsable va t’en guerre Bernard-Henry Lévy. Ce dernier, piétinant les plates-bandes de Juppé alors ministre des Affaires étrangères, l’avait incroyablement persuadé de prendre le train en marche des « printemps arabes » et d’appuyer des rebelles pourtant évidemment bien plus dangereux que le régime du colonel bédouin.

Sarkozy ayant obtenu l’accord de l’américain Obama et du britannique Cameron, les bombardements de notre aviation ouvrirent la voie aux meurtriers de Kadhafi et de ses fils.

Depuis le chaos règne en Libye.

Les islamistes se sont emparés de stocks d’armes avec lesquelles les jihadistes mènent depuis des années leurs actions terroristes dans tout le sahel où, à cause de la faute de Sarkozy des soldats français meurent.

Et la Lybie est devenue aussi le territoire principal des migrations vers l’Europe.

L’élimination de Kadhafi s’est vite avéré un crime politique impardonnable. Mais il ne relève pas de l’institution judiciaire, oui, l’histoire a déjà condamné Nicolas Sarkozy.

Mgr Patrick Chauvet : « Notre-Dame de Paris est un lieu pour la gloire de Dieu, pas un musée »

Le recteur de Notre-Dame de Paris est l’invité de TVLibertés. Il fait un point précis sur les travaux de restauration de la cathédrale et annonce toute une série d’initiatives à l’orée de la Semaine Sainte. Le 15 avril 2019, jour de l’incendie de Notre-Dame, Mgr Chauvet s’est écrié, comme bon nombre de catholiques : « Pourquoi Seigneur ? ». Et la seule réponse ce jour-là fut le silence de Dieu. De cet instant, le recteur de la cathédrale a rédigé un très bel ouvrage intitulé : « Silence de Dieu, silence des hommes ». Au fil des pages, il trace le chemin pour que le silence devienne la parole. « Si nous voulons entendre Dieu, il faut lire la parole de Dieu, retrouver la route du désir intérieur et prier ». Mgr Chauvet prévient aussi que le chemin doit permettre à Dieu de retrouver toute sa place dans cette société qui l’a évacué !

Un constitutionnaliste allemand défend la décision polonaise d’interdire l’avortement eugénique et exige la même interdiction en Allemagne

D’Olivier Bault dans Présent :

Dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’un des trois quotidiens allemands les plus lus, le professeur Christian Hillgruber, spécialiste du droit constitutionnel à l’Université de Bonn, expliquait le 24 février que le récent jugement du Tribunal constitutionnel polonais qui a interdit l’avortement motivé par un handicap de l’enfant en gestation ne pouvait pas être autre à la lumière de la constitution polonaise (voir nos Échos éthiques dans le journal Présent du jeudi 4 mars). Mais le constitutionnaliste a surtout expliqué que, à la lumière de la constitution allemande, les IMG autorisées à un stade avancé de la grossesse pour cause de handicap ou maladie grave et incurable de l’enfant en gestation posent le même problème qu’en Pologne.

« La décision du Tribunal constitutionnel polonais rappelle avec force que, conformément à la Constitution, qui accorde à chacun la même dignité et le même droit à la vie, le handicap d’un être humain donné – même très important – ne peut jamais être légalement reconnu comme une raison de mettre fin à sa vie avant sa naissance », a souligné le spécialiste du droit constitutionnel allemand, qui a ajouté : « Car aucun être humain n’est, du simple fait de son existence, quels que soient ses déficits, inacceptable pour un autre être humain ».

Le professeur de droit Hillgruber a par ailleurs rappelé qu’en 1997 déjà, alors que la Pologne était gouvernée par les sociaux-démocrates,

« la Cour constitutionnelle polonaise soutenait ‘que la vie humaine est une valeur à tous les stades de son développement et devait être protégée par le législateur en tant que valeur découlant des dispositions de la Constitution’. Elle se fondait sur la garantie de la dignité inhérente et inaliénable de l’être humain en tant que ‘source de ses libertés et de ses droits’ (article 30 de la Constitution polonaise) et sur son article 38, selon lequel la République de Pologne garantit la protection juridique de la vie à tout être humain. »

Le spécialiste du droit constitutionnel allemand tire plus loin les conclusions suivantes, pour l’Allemagne, du jugement du Tribunal constitutionnel polonais :

« Cette décision de la Cour constitutionnelle [polonaise] mérite d’être applaudie. Dans ses postulats de base – respect et protection de la dignité humaine et du droit à la vie, y compris de l’être humain encore à naître – elle coïncide pleinement avec la jurisprudence de la Cour constitutionnelle fédérale allemande. Lorsque la Cour constitutionnelle fédérale a supposé que l’indication embryopathique – « à condition qu’elle soit circonscrite de manière suffisamment précise » – pouvait être admise à la lumière de la Constitution en cas de circonstance exceptionnelle, cela signifiait, comme le montre clairement le contexte, qu’elle est acceptable uniquement si une indication médicale s’y rattache. En tout état de cause, le législateur allemand a supprimé l’indication embryopathique précisément pour préciser “qu’un handicap ne peut jamais entraîner une diminution de la protection de la vie“. La valeur intrinsèque de chaque être humain, quel qu’il soit, qui est protégée par la dignité humaine, exclut catégoriquement la possibilité que l’existence d’un être humain puisse être déraisonnable aux yeux d’autres êtres humains uniquement en raison d’un état de maladie. Il n’est cependant pas exclu que la connaissance d’une telle maladie de son enfant puisse faire peser sur la femme enceinte une charge psychologique telle qu’elle entraîne un trouble de stress traumatique qui rend absolument déraisonnable la poursuite de la grossesse. C’est pourquoi, au nom de sa dignité humaine et de son droit à la vie, elle doit dans ce cas être libérée de l’obligation fondamentale de mener l’enfant à terme, comme par exemple en cas de fausse couche ou d’accouchement d’un enfant mort-né prévisible avec certitude, et il est tenu compte de cette situation par l’indication médicale justement inscrite dans les législations tant polonaise qu’allemande.

Si, toutefois, ce n’est pas la grossesse elle-même qui met la vie en danger ou porte gravement atteinte à la santé de la femme enceinte, mais que la simple perspective de vivre avec un enfant handicapé est perçue comme déraisonnable, il ne s’agit pas ici de faire face à un conflit spécifique d’intérêts lié à la grossesse, mais d’éviter, par mesure de précaution, la charge qui s’imposera aux parents après la naissance, en raison de leur responsabilité (à vie) de cet enfant. Il n’est certes pas impossible que cette charge post-natale puisse accabler les parents, et surtout la mère. Ici, la communauté étatique doit aider, non pas en autorisant l’avortement, mais, comme l’a souligné à juste titre la Cour constitutionnelle [polonaise], en fournissant des prestations de soutien qui réduisent à un niveau supportable pour les parents la charge particulière associée aux soins et à l’éducation de l’enfant handicapé.

La décision de la Cour constitutionnelle polonaise rappelle avec force que, en vertu d’une constitution qui reconnaît une même dignité et le droit à la vie à tous sans exception, le handicap d’une personne, quelle que soit sa gravité, ne peut jamais être en soi une raison légitime de mettre fin à sa vie prénatale. En effet, aucun être humain, en raison de sa seule existence, aussi déficiente soit-elle, ne peut être considéré comme inacceptable pour un autre être humain. Il est donc urgent de corriger la pratique actuelle en Allemagne, qui consiste dans les faits à accepter le motif embryopathique sous le couvert d’une indication médicale [pour avorter]. »

Sur ce sujet, voici la nouvelle chanson de Clo & Tim – Un Gourmand d’Amour. Et si c’était aussi un petit chromosome d’amour en plus ?

Le terrorisme et la mort n’ont jamais le dernier mot

Le pape François est en Irak du 5 au 8 mars. A son arrivée, il a rencontré les autorités, la société civile et le corps diplomatique, à qui il a déclaré :

La présence très ancienne des chrétiens sur cette terre et leur contribution à la vie du pays constituent un riche héritage qui veut pouvoir se poursuivre au service de tous. Leur participation à la vie publique, en tant que citoyens jouissant pleinement de droits, de liberté et de responsabilité, témoignera qu’un sain pluralisme religieux, ethnique et culturel peut contribuer à la prospérité et à l’harmonie du pays.

Lors de sa rencontre avec le clergé, il a précisé :

Je voudrais dire maintenant une parole spéciale à mes frères évêques. J’aime penser à notre ministère épiscopal en terme de proximité : notre besoin de rester avec Dieu dans la prière, à côté des fidèles confiés à nos soins, et de nos prêtres. Soyez particulièrement proches de vos prêtres. Qu’ils ne vous voient pas seulement comme des administrateurs ou des managers, mais comme des pères soucieux que leurs enfants se portent bien, prêts à leur offrir soutien et encouragement avec un cœur ouvert. Accompagnez-les par votre prière, par votre temps, par votre patience, en appréciant leur travail et en guidant leur croissance. De cette façon vous serez pour vos prêtres un signe visible de Jésus, le Bon Pasteur qui connaît ses brebis et donne sa vie pour elles (cf. Jn 10, 14-15).

Lors de la rencontre interreligieuse, il a plaidé pour la liberté des chrétiens :

De ce lieu source de foi, de la terre de notre père Abraham, nous affirmons que Dieu est miséricordieux et que l’offense la plus blasphématoire est de profaner son nom en haïssant le frère. Hostilité, extrémisme et violence ne naissent pas d’une âme religieuse : ce sont des trahisons de la religion. Et nous, croyants, nous ne pouvons pas nous taire lorsque le terrorisme abuse de la religion. Au contraire, c’est à nous de dissiper avec clarté les malentendus. Ne permettons pas que la lumière du Ciel soit couverte par les nuages de la haine ! Au-dessus de ce pays, se sont accumulés les sombres nuages du terrorisme, de la guerre et de la violence. Toutes les communautés ethniques et religieuses en ont souffert. Je voudrais rappeler en particulier la communauté yézidie, qui a pleuré la mort de nombreux hommes et a vu des milliers de femmes, de jeunes filles et d’enfants enlevés, vendus comme esclaves et soumis à des violences physiques et à des conversions forcées. Aujourd’hui nous prions pour tous ceux qui ont subi de telles souffrances, pour tous ceux qui sont encore dispersés et séquestrés, afin qu’ils puissent vite revenir chez eux. Et nous prions pour que la liberté de conscience et la liberté religieuse soient respectées et reconnues partout : ce sont des droits fondamentaux parce qu’ils rendent l’homme libre de contempler le Ciel pour lequel il a été créé.

Le 6 mars, le pape a célébré la messe à Bagdad. Dans son homélie, il a évoqué les Béatitudes :

La proposition de Jésus est sage parce que l’amour, qui est le cœur des Béatitudes, même s’il paraît faible aux yeux du monde, en réalité est gagnant. Sur la croix il s’est montré plus fort que le péché, dans le sépulcre il a vaincu la mort. C’est le même amour qui a rendu les martyrs victorieux dans l’épreuve, et combien il y en a eu au siècle dernier, plus que dans les précédents ! L’amour est notre force, la force de nombreux frères et sœurs qui, ici aussi, ont subi des préjugés et des offenses, des mauvais traitements et des persécutions pour le nom de Jésus. Mais tandis que la puissance, la gloire et la vanité du monde passent, l’amour demeure : comme nous l’a dit l’Apôtre Paul, « l’amour ne passera jamais » (1 Co 13, 8). Vivre les Béatitudes, alors, c’est rendre éternel ce qui passe. C’est porter le Ciel sur la terre.

Ce matin, à Mossoul, avant une prière pour les victimes de la guerre, le pape a déclaré :

Aujourd’hui nous élevons tous nos voix en prière vers Dieu Tout-Puissant pour toutes les victimes de la guerre et des conflits armés. Ici à Mossoul les tragiques conséquences de la guerre et des hostilités ne sont que trop évidentes. Comme il est cruel que ce pays, berceau de civilisations, ait été frappé par une tempête aussi inhumaine, avec d’antiques lieux de culte détruits et des milliers et des milliers de personnes – musulmanes, chrétiennes, les yézidis, qui ont été anéantis cruellement par le terrorisme, et autres – déplacées de force ou tuées !

En l’Eglise de l’Immaculée Conception à Qaraqosh, le Saint-Père a évoqué la guerre et le terrorisme :

En même temps, avec grande tristesse, nous regardons tout autour et nous voyons d’autres signes, des signes du pouvoir destructeur de la violence, de la haine et de la guerre. Que de choses ont été détruites ! Et combien doivent être reconstruites. Notre rencontre montre que le terrorisme et la mort n’ont jamais le dernier mot. Le dernier mot appartient à Dieu et à son Fils, vainqueur du péché et de la mort. Même au milieu des dévastations du terrorisme et de la guerre, nous pouvons voir, avec les yeux de la foi, le triomphe de la vie sur la mort. Vous avez devant vous l’exemple de vos pères et de vos mères dans la foi qui ont adoré et loué Dieu en ce lieu. Ils ont persévéré dans une ferme espérance sur leur chemin terrestre, faisant confiance à Dieu qui ne déçoit jamais et qui nous soutient toujours de sa grâce. Le grand héritage spirituel qu’ils nous ont laissé continue de vivre en vous. Etreignez cet héritage ! Cet héritage est votre force ! Le moment est venu de reconstruire et de recommencer, en se confiant à la grâce de Dieu qui guide le destin de tout homme et de tous les peuples. Vous n’êtes pas seuls ! L’Eglise toute entière vous est proche, par la prière et la charité concrète. Et dans cette région, beaucoup vous ont ouvert les portes quand il y en avait besoin.

Lors de la messe à Erbil, il a appelé à l’Espérance :

« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 19). Il parlait du temple de son corps, et donc aussi de son Eglise. Le Seigneur nous promet que, par la puissance de sa Résurrection, il peut nous relever, nous et nos communautés, des ruines causées par l’injustice, par la division, et par la haine. C’est la promesse que nous célébrons dans cette Eucharistie. Avec les yeux de la foi, reconnaissons la présence du Seigneur crucifié et ressuscité au milieu de nous, et apprenons à accueillir sa sagesse libératrice, à nous reposer dans ses blessures, et à trouver la guérison et la force de servir son Règne qui vient dans notre monde. Par ses blessures nous avons été guéris (cf. 1 P 2, 24), dans ses blessures, chers frères et sœurs, nous trouvons le baume de son amour miséricordieux parce que lui, le Bon Samaritain de l’humanité, désire oindre toute blessure, guérir tout souvenir douloureux et insuffler un avenir de paix et de fraternité sur cette terre.

Biden bombarde déjà la Syrie

D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :

Il n’aura pas attendu longtemps. Aux commandes de la première armée du monde depuis moins de deux mois, Joe Biden vient d’ordonner son premier bombardement. Gageons que ce ne sera pas le dernier.

C’est la Syrie qui a été visée, payant ainsi une attaque par missiles de miliciens irakiens pro-iraniens contre une base militaire kurde située à Erbil, dans le nord de l’Irak, le 15 février dernier. Des militaires américains sont présents sur cette base. Aucun n’avait été touché, semble-t-il, mais il fallait venger l’affront.

Washington aurait pu bombarder des positions de ces miliciens près d’Erbil, puisque c’est de là qu’est partie l’attaque. Mais cela aurait froissé son allié irakien qui n’aime pas que l’on bombarde son territoire, même par des avions américains. Et puis, le régime irakien étant coupé en deux entre les pros-Iraniens et les pros-Américains, ce n’est pas le moment de donner des gages aux premiers.

Punir l’Iran est bien sûr inenvisageable. Certes, les Américains affirment que ces milices n’agissent que sur ordre de Téhéran (ce qui n’est d’ailleurs pas évident concernant une attaque locale de faible ampleur). Mais même quand on est président des États-Unis et que l’on aime faire la guerre, il est tout de même délicat d’inaugurer son mandat par une attaque inédite contre la grande puissance régionale chiite. Surtout, la position de la Maison-Blanche sur ses relations avec l’Iran n’est pas clairement établie. Trump en avait fait son ennemi numéro un dans la région et était sorti de l’accord nucléaire. Il n’avait toutefois pas bronché lorsqu’une attaque foudroyante venue des milices irakiennes pro-iraniennes avait détruit une grande partie des installations pétrolières saoudiennes. Biden parle de réintégrer cet accord mais tout cela est encore flou.

Alors, la Syrie est une bonne cible. Son président étant définitivement dans le camp du mal, personne ne protestera à part la Russie, elle aussi classée comme ennemie. Et puis des milliers de miliciens irakiens et iraniens y sont présents pour aider l’armée syrienne dans sa lutte contre le terrorisme sunnite. Bombarder de temps en temps ces chiites correspond bien à la stratégie régionale américaine et ne peut, de surcroît, que réjouir les alliés de l’Amérique, c’est-à-dire les sunnites et Israël.

C’est la région de Boukamal, au sud-est du pays, qui a subi le bombardement. Une vingtaine de personnes ont été tuées, des miliciens chiites irakiens, affirme Washington, mais cela reste à prouver.

La Russie a protesté, demandant à l’Amérique de ne pas « transformer la Syrie en arène pour régler des comptes ». De son côté, Washington a affirmé que ce bombardement (toujours appelé « frappe », en langage anglo-saxon) a été effectué « en parallèle avec des consultations avec (sic) les partenaires de la coalition ». Bagdad a démenti avoir été informé.

Les idées de Biden en politique internationale sont inquiétantes. Très russophobe, impliqué à titre personnel dans le conflit russo-ukrainien, il veut redonner à l’Amérique son rôle de gendarme du monde, se plaçant, à l’instar de Clinton ou de Bush, comme celui qui dit le bien ou le mal.

Certes, c’est intrinsèque à l’Amérique (n’est pas dépositaire d’une « destinée manifeste » qui veut), mais selon les présidents, cela prend une plus ou moins grande ampleur. Obama et Trump, pour des raisons d’ailleurs tout à fait différentes, avaient fait preuve de prudence et ne voulaient plus que leur pays déclenche des conflits interminables (Afghanistan) ou fondés sur des mensonges (Irak, Kosovo). La Libye fut le contre-exemple pour Obama, abusé avec une naïveté confondante par Sarkozy et Hillary Clinton. Il le regretta bien, mais le mal, immense, était fait.

On peut craindre le retour du pire avec Biden et ce premier bombardement est un mauvais signal.

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