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C’est arrivé un 1er mars…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 1 mars 492 : fête de saint Félix III, pape.

Voir la chronique du 25 février.

  • le 1 mars 487 : Clovis, « Souviens-toi du vase de Soissons ».

La légende raconte qu’au milieu du butin arraché à Syagrius, on découvre un vase (probablement en argent) dont l’évêque de Reims demande rapidement la restitution auprès de Clovis. Toutefois les coutumes franques veulent que les parts du butin soit tirées au sort.

Alors qu’il passe ses troupes en revue le Roi des Francs reconnaît un soldat, qui un an auparavant l’a défié en frappant d’un coup de hache le fameux vase liturgique en argent que le Roi désirait rendre à saint Rémi. Le combattant avait apostrophé le Roi: “Tu n’auras rien ici que ce que le sort t’attribuera vraiment”. Clovis n’a pas oublié cet affront. Il reproche à l’homme sa tenue négligée et jette ses armes à terre. Le guerrier se penche pour les ramasser et Clovis en profite pour lui asséner un coup de sa propre hache sur la tête. “Ainsi as-tu fait, à Soissons, avec le vase” lui dit-il. Le cadavre gisant sur le sol restera exposé au public en guise de preuve de l’autorité royale.

  • le 1 mars 965 : le pape Léon VIII meurt à Rome.
  • le 1 mars 1382 : révolte des maillotins à Paris.

Poussé par une marchande, dont un percepteur voulait saisir la marchandise en règlement de la gabelle, les parisiens se soulèvent. Pillant le Châtelet et s’emparant des maillets entreposés à l’hôtel de ville, les insurgés, baptisés « maillotins », donnent la chasse aux collecteurs d’impôts. Les oncles du Roi Charles VI, encore mineur, répriment sévèrement la révolte.

  • le 1 mars 1555 : Michel de Notre-Dame commence à publier.

Fils d’un médecin, médecin lui même, Michel de Notre-Dame s’est fixé à Salon. Il commence à prophétiser et à publier, d’abord modestement, de petits opuscules où ses pronostics sont consignés sous forme de quatrains. Le succès l’encourage à appliquer ses prophéties à l’histoire. Ses quatrains sont regroupés par centaines. Le 1er mars paraît le premier recueil, qui regroupe sept Centuries.

  • le 1 mars 1562 : le massacre de «23» Huguenots à Wassy.

Le massacre de 80 Huguenots à Wassy, sous les ordres du duc de Guise, est un pur mensonge historique. Dater les guerres de religions de cette échauffourée en est un autre. Tous les crimes commis par les huguenots seraient la conséquence de cet « énorme crime des catholiques », et seraient ainsi « justifiés » aux yeux de l’histoire. En fait, l’histoire des guerres de religions en France, a été depuis la révolution totalement réécrite et trafiquée.

Jean Guiraud dans Histoire partiale- Histoire Vraie (Editions Beau-Chesne-Croit, tome 2 chapitre 16, page 202) écrit :

« Qui a donné le signal des guerres de religion ? Qui a lancé notre malheureux pays dans ces luttes fratricides qui l’ont déchiré et dévasté pendant plus de trente ans ? A qui devons-nous cette déplorable explosion de haine ? La sympathie qu’éprouvent pour le protestantisme les auteurs « laïques » a dicté à leurs manuels la même réponse à cette question. C’est le fanatisme catholique, écrivent-ils unanimement, qui a déchaîné les guerres de religion. Les protestants ne demandaient qu’à pratiquer en paix leur culte nouveau, lorsque le massacre de Vassy, savamment préparé par le duc de Guise, les obligea à prendre les armes pour défendre leurs croyances et leur vie. Dès lors, ce n’est point sur les huguenots qu’il faut faire retomber la responsabilité des guerres qui étaient pour eux des guerres de légitime défense, mais sur les catholiques qui les ont provoquées avec le dessein avoué d’en finir avec le protestantisme. « 

Toutefois, le vrai début des guerres de religions n’est pas celui que retient l’histoire officielle, mais le sacrilège commis à Paris en 1528, première manifestation du protestantisme à Paris qui met tout le Royaume en émoi. Rue des Rosiers, près de la petite porte Saint Antoine était vénérée depuis des lustres une statue de Notre Dame Elle est retrouvée mutilée et décapitée.

A cette nouvelle et à l’unisson des sentiments du peuple, François 1er, profondement choqué, ordonne d’en refaire une identique en argent. 12 jours plus tard, la statue terminée, le Roi convoque dans une église voisine tous les corps ecclésiatiques de Paris, huits évêques, le Parlement, la chambre des comptes, les corps de la ville, les princes de sang, les ambassadeurs étrangers et tous les grands officiers de la couronne pour assister à une messe expiatoire. Puis une procession se rend sur le lieu du sacrilège, l’évêque portant la nouvelle statue et le Roi un cierge. Arrivé sur place au chant de l’Ave regina coelorum et devant le peuple à genoux le Roi place la nouvelle statue dans son emplacement initial.

La statue mutilée se trouve aujourd’hui dans l’église de Saint Gervais et est honorée sous le vocable de Notre-Dame de Tolérance.

Ceux qui souhaitent plus de détails les trouveront dans Notre Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France de Hamon (tome 1 page 119 et 120 ; éditions Henri Plon)

Pendant 40 ans, les ctholiques subissent les persécutions des huguenots ; comme ni l’Eglise ni le pouvoir royale ne répriment les attentats, les sacrilèges voire les assassinats, les huguenots multiplient leur méfaits. En 1560 – 1561, tout le sud de la France est le théâtre de scènes d’affrontements très violents ( exemple du pillage de la cathédrale de Monpelliet le 19 octobre 1561.

Que c’est-il passé à Wassy ? Relisons Jean Guiraud dans Histoire partiale- Histoire Vraie (Editions Beau-Chesne-Croit, tome 2 chapitre 16, page 214 et 215 :

«Le 1er mars 1562, le duc de Guise, qui se rendait de Joinville à Paris, passait par Vassy avec son escorte de gentilshommes et de serviteurs… C’était le dimanche, il s’arrêta pour entendre la messe. L’église était à une portée d’arquebuse d’une grange où les réformés de la ville et des environs célébraient leur culte. Quoique Vassy fût ville close, ils y avaient établi un temple, contrairement à l’édit de janvier (Rendu par le chancelier de l’Hôpital pour garantir les libertés des protestants). Leur communauté, qui ne comptait pas encore un an d’existence, était nombreuse et ardente. Quelques mois auparavant, l’évêque de Châlons, Jérôme Bourgeois, venu pour l’admonester de vivre catholiquement, avait été pris à partie par le ministre et forcé de se retirer au milieu des huées et des cris: « Au loup ! au renard ! »… Sagement, le duc de Guise avait résolu de ne pas séjourner dans la ville, « voulant, disait-il, fuir les occasions que quelques-uns des miens pussent s’agacer et dire mots à ceux de ladite ville et qu’ils n’entrassent les uns et les autres en dispute de religion ». Il comptait n’y rester que le temps d’ouïr la messe.

Il venait d’entrer dans l’église quand on l’avertit que les réformés, au nombre d’environ 500, étaient en train de célébrer leur prêche. Peut-être crut-il à une bravade. Il sortit pour leur remontrer l’insolence de leur conduite. Les réformés, interprétant mal cette démarche, crurent que Guise venait les attaquer et, avant d’être l’objet de la moindre violence, ils « lancèrent des pierres au duc et à ses compagnons qu’ils voyaient s’approcher. Il y eut des gentilshommes blessés et Guise lui-même reçut une contusion. Son escorte accourut à l’aide, elle riposta aux coups de pierre par des coups d’arquebuse… Quand le duc de Guise arrêta le carnage, il y avait vingt-trois morts et plus de cent blessés. Guise n’eut ni un remords, ni un scrupule, ni un doute. « De mes voisins et sujets m’ont voulu, écrivait-il à un de ses lieutenants, faire une braverie où ils m’ont blessé une douzaine de gentilshommes, de quoi ils se sont trouvés marchands ; voilà leurs belles Évangiles ! » Il s’éloigna emmenant des prisonniers qu’il se proposait de livrer aux magistrats comme perturbateurs et séditieux. Mais, si sa conscience était en repos, il appréhendait l’effet que pouvait produire cette sanglante journée. Il ne voulait pas avoir l’air d’un chercheur de querelles. Aussi se montra-t-il prudent. Il évita Vitry où, sur le bruit du massacre, cinq ou six cents religionnaires avaient pris les armes ; il campa hors de Châlons sans vouloir entrer dans cette ville, où les réformés, quoique en minorité, étaient les maîtres »

Tel est le récit de ce que l’on a appelé improprement le massacre de Vassy ; au lieu de l’écrire nous-même, nous avons mieux aimé l’emprunter à un auteur qui ne dissimule pas ses sympathies pour les protestants, M. Mariéjol, professeur à la Sorbonne. »

  • le 1 mars 1591 : le pape Grégoire XIV renouvelle l’excommunication prononcée contre le futur Roi de France Henri IV en 1585.

En raison de la loi de Catholicité un prince non catholique ne peut pas en effet accéder au trône de France. Bernard Basse, dans son livre La constitution de l’ancienne France (DMM Editions) rappelle que la loi de catholicité ou d’orthodoxie  implique que le Roi doit être catholique. Cette loi découle du principe de Droit Divin, c’est-à-dire que dans ses lois fondamentales la France reconnaît que l’origine de tout pouvoir se trouve en Dieu.

C’est la loi de catholicité qui a poussé Henri IV à abjurer sa foi protestante, pour recevoir légitimement la couronne de France. L’édit d’Union, de 1588, formule cette loi clairement et la qualifie de loi fondamentale du Royaume. Elle remonte en fait au pacte de Tolbiac et au baptême de Clovis et de ses guerriers à la Noel 496. Un pacte formel est passé là, entre la France et Dieu, l’Eglise en est le témoin officiel. Cette alliance fait du Roi et de la France, le fils et la fille Aînée de l’Eglise, qui s’engagent à défendre la chrétienté contre toutes les attaques, dont elle serait victime. Historiquement, la France n’est pas un Etat laïc, mais confessionnel. Et le Roi, lors du sacre, s’engage à favoriser le développement de la religion catholique. C’est aussi cette loi qui fait du clergé le premier des 3 ordres.

  • le 1 mars 1633 : Champlain redevient gouverneur de la Nouvelle-France

Il a fondé la ville de Québec en 1608, avec le soutien du Roi Henri IV. Champlain réussit à s’allier aux Algonquins et aux Montagnais, et les soutient face auxcinq nations iroquoises. Il essaie ensuite de trouver des emplacements pour de futures colonies et d’attirer les commerçants à Québec. Il fonde la « Compagnie de Champlain » en 1614 avec des marchands de Rouen et de Saint-Malo. Nommé lieutenant, Champlain exerce toutes les fonctions d’un gouverneur sur place ; il devient le premier gouverneur de Nouvelle France en juillet 1626, jusqu’à la prise de Québec par les Anglais. Il retrouve cette fonction le 1er mars 1633, mais n’obtient que le titre de « commandant en l’absence du ministre ». Il mourra sans avoir été nommé réellement gouverneur, le 25 décembre 1635, et sans enfant pour lui succéder.

  • le 1 mars 1707 : Fénelon obtient un privilège pour publier ses “Réflexions saintes pour tous les jours du mois”.

Sortes d’éphémérides à vocation spirituelles…

  • le 1 mars 1793 : la Convention décrète l’annexion de la Belgique.
  • le 1 mars 1808 : Napoléon Ier crée la noblesse d’Empire et y associe quelques familles de l’Ancien Régime.
  • le 1 mars 1815 : débarquement de l’Inconstant à Golfe-Juan.

L’empereur déchu débarque en France au Golfe-Juan en compagnie de 1 100 hommes de la vieille garde et de la garde corse. Son objectif est de reconquérir le pouvoir en marchant vers Paris. Les généraux et les soldats dépêchés par Louis XVIII pour le stopper se rallient à lui, un à un. Le 7, Napoléon fait une entrée triomphale dans Grenoble. Le 20, il atteint Paris, où il forme un nouveau gouvernement. Les 100 jours commencent.

« En dépit des travaux des historiens, quasi unanimes sur ce point depuis au moins cent ans, il est un mythe qui a la vie dure : celui d’un véritable ‘appel du peuple’ ayant convaincu Napoléon d’agir. Partout en France ou presque, son retour aurait été attendu, souhaité et plus tard, fêté. L’empereur a fondé cette légende et s’en est servi […] En dehors de la route empruntée par la petite troupe de l’île d’Elbe puis l’armée ralliée, “l’agitation ou même le soutien à l’Empire ne furent que sporadiques”. »

Tiré de la Nouvelle histoire de l’Empire, de Thierry Lentz, tome 4, Les Cent-jours, p.319 et 322).

« L’attitude dominante dans le peuple – et plus encore dans les élites – fut une circonspection mêlée d’appréhension : tout le monde savait “que le principal risque d’un rétablissement de l’Empire était la reprise de la guerre, avec comme corollaire un nouvel effondrement de l’activité économique, de probables troubles politiques et sociaux, voire une nouvelle révolution ». (Th. Lentz, Ibid. p.323)

  • le 1 mars 1821 : le marquis de Rivière offre la “Vénus de Milo” à Louis XVIII qui en fait aussitôt don au musée du Louvre.
  • le 1er mars 1858 : première miraculée de Lourdes.

C’est la douzième apparition. Plus de mille cinq cents personnes sont présentes. Pour la première fois, un prêtre assiste à l’évènement. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise de Bernadette, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l’eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse immédiatement.

  • le 1 mars 1871 : l’Assemblée nationale, réunie à Bordeaux, ratifie les préliminaires de Versailles.
  • le 1er mars 1896 : Henri Becquerel découvre que la radioactivité a des conséquences.
  • le 1 mars 1900 : le Sénat est saisi d’un projet de loi d’amnistie concernant tous les faits relatifs à l’Affaire Dreyfus.
  • le 1 mars 1941 : Leclerc et sa colonne s’emparent de l’oasis de Koufra en Libye, tenue par les italiens.

Le 21 décembre 1940, depuis Fort Lamy au Tchad, aujourd’hui N’djamena, la colonne Leclerc, composée de 400 hommes et de 56 véhicules, sous les ordres du colonel Philippe Leclerc, lance une opération en direction de la Libye.

La patrouille de reconnaissance légère atteint Koufra le 07 février 1941 et des observateurs informent le reste du groupe: les bombardements effectués par l’aviation française sur Koufra n’ont pas produit de résultats probants.

Le 16 février, le gros des Français arrive aux abords de l’oasis et mettent en déroutent les Italiens de la Compagnie saharienne de Koufra. Commence alors le siège du fort de Koufra.

L’unique canon de la colonne, un 75 de montagne, tire plusieurs dizaines de coups par jour, depuis diverses positions autour du fort. Non pas pour convaincre l’ennemi que plusieurs pièces sont engagées (ce dont finalement les Italiens se persuaderont), mais pour protéger le matériel d’un tir de contre-batterie. Des patrouilles testent les défenses italiennes ; des camions circulent de nuit, feux allumés, afin de faire croire à l’arrivée imminente de renforts. Harcelés par 10 jours de combat, les Italiens tentent de parlementer. Leclerc leur promet un traitement honorable en cas de reddition, mais leur impose ses conditions. Le capitaine commandant les forces italiennes finit par accepter l’offre et signe la capitulation de la place forte.

Elle comprenait environ 400 européens, 800 indigènes, quatre canons et 53 mitrailleuses. Le 1er mars, le fort de El-Tag est occupé par les troupes françaises libres. Le lendemain est prononcé le Serment de Koufra.

  • le 1 mars 1941 : le chef de l’Etat le maréchal Pétain est acclamé par la foule à St-Etienne, devant l’hôtel de ville.
  • le 1 mars 1954 : le pape Pie XII interdit l’expérience des prêtres ouvriers.
  • le 1 mars 1974 : création du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

Ce groupe d’élite est spécialisé dans la réduction des forcenés, les interpellations dangereuses, les prises d’otages, la gestion des enlèvements et les extorsions de fonds, les transferts de détenus ainsi que dans l’antiterrorisme aérien ou maritime.

  • le 1 mars 1994 : entrée en vigueur du nouveau code pénal en France.

Tous vaccinés ?

Pour ou contre ? Doit-on forcer les Français à se vacciner ?

Voici les questions que l’enquête Tous Vaccinés ? pose à des spécialistes dans leur domaine, donnant la parole de manière équitable aux « pour » et aux « contre », afin que chaque internaute puisse se forger un avis éclairé.

Réalisé par le journaliste et caméraman indépendant Armel Joubert des Ouches et produit par Annette Christol, Tous Vaccinés ? est un travail journalistique qui part sans postulat de départ et s’achève sans aucune consigne. En cela, leur démarche est à notre connaissance inédite. Aucune culpabilisation, zéro complotisme, pas d’infantilisation des Français : les faits, rien que les faits, au service de la vérité, forcément très complexe. Tous Vaccinés ? va gêner les partisans d’une vérité officielle comme ceux d’une vérité trop simple.

Florilège de personnalités interrogées :

  • Dr Laurent Alexandre, médecin, haut fonctionnaire, entrepreneur.
  • Dr Louis Fouché, médecin-anesthésiste.
  • Christophe Barbier, journaliste et éditorialiste.
  • Alexandra Henrion Caude, généticienne.
  • Serge Aumont, délégué FO chez Recipharm.
  • Maître Carlo Alberto Brusa, avocat.
  • Olivier Babeau, professeur, économiste et essayiste français.
  • Pr Henri Joyeux, médecin, écrivain, professeur.
  • Jean Leonetti, député, ancien ministre.
  • Dr Eric Chabrière, biochimiste.

L’enquête est en cours de finition et de montage. Elle sortira lundi 8 mars sur les différentes plate-forme de vidéo.

Site officiel : https://www.tousvaccines.fr

Les Verts manquent certainement d’un coup de fourchette bien placé pour se remettre les idées à l’endroit

Le Père Danziec revient dans Valeurs Actuelles sur le choix polémique de la municipalité écologiste de Lyon d’imposer à ses élèves des menus sans viande tous les jours de la semaine :

On s’étonnera sans doute de voir un prêtre aborder un tel sujet en plein carême. Défendre le droit de faire bonne chère ? A l’heure où l’Eglise insiste auprès de ses membres à vivre une période de renoncements culinaires et d’abstinence à table, et cela pour s’unir au Christ dans sa passion douloureuse et rédemptrice ? Tout cela, est-il bien sérieux ? Il faut le dire pourtant, les Verts manquent certainement d’un coup de fourchette bien placé pour se remettre les idées à l’endroit. Après les vaines polémiques autour des sapins de Noël criminels qui déforestent la nature ou du soi-disant Tour de France pollueur des campagnes avec sa caravane distributrice de goodies, il faut croire qu’ils ont encore de la ressource. On aurait tort de penser que la mairie EELV de Lyon, en imposant dans ses cantines scolaires des menus sans viande, surfent seulement sur une ligne végane équivoque. A dire vrai, la folie écologiste heurte ici un pan entier de la civilisation française : la gastronomie ou l’art de la table, lieu privilégié où s’exerce la jolie vertu de charité.

Les hôtes reçus comme le Christ dans les monastères

Le bon sens populaire ne rappelle-t-il pas que le moral des troupes est dans la gamelle ? La règle millénaire de saint Benoît, qui régit les milles détails de la vie communautaire dans les monastères bénédictins, va jusqu’à préciser le devoir de rompre le jeûne pour honorer l’invité de passage : « Tous les hôtes qui arrivent seront reçus comme le Christ, car lui-même dira un jour : “J’ai demandé l’hospitalité et vous m’avez reçu”. À tous on témoignera l’honneur qui leur est dû. Le supérieur rompra le jeûne à cause de l’hôte. » Le célèbre et regretté boulanger Lionel Poilâne, en créant en 2002 l’association “De la question gourmande” avait bien compris la portée élévatrice de nos papilles gustatives. Avec ses amis, dont notamment Paul Bocuse et Alain Ducasse, il avait pris l’amusante décision de s’adresser au Saint-Père le pape Jean-Paul II pour lui demander humblement de requalifier le péché de gourmandise en péché de gloutonnerie ou d’intempérance. En effet, selon la vision éthique de Lionel Poilâne, l’aliment, et les saveurs qu’il dégage, réjouit le corps et l’âme. La gourmandise serait, à cet égard, moins un péché qu’une vertu. Sans rentrer dans des considérations théologiques précises, chacun comprend l’idée. Après sa mort accidentelle en hélicoptère au début des années 2000, sa fille Apollinia se chargera de remettre elle-même au pape le texte posthume de la supplique.

Le festin de Babette ou la civilisation à table

Pour se convaincre de l’importance de la table, point besoin de se plonger dans l’ultime planche de chaque album des aventures d’Astérix et d’Obélix. Point besoin non plus de revisionner Les Visiteurs avec la drolatique envolée pleine d’appétit de Jean Reno à la table de Christian Bujeau et Valérie Lemercier : « Où sont les poulardes ? J’ai faim ! Où sont les veaux, les rôtis, les saucisses ? Où sont les fèves, les pâtés de cerf ? Qu’on ripaille à plein ventre pour oublier cette injustice ! Y’a pas quelques poissons avec de la bonne soivre, un porcelet, une chèvre rôtie, quelques cygnes blancs bien poivrés ? Ces amuse-bouche m’ont mis en appétit ! » Les crêpes à la chandeleur, la bûche de Noël, les chocolats à Pâques, les dragées lors des baptêmes, le festin à l’occasion des noces, toute la culture chrétienne est pétrie de ces déclinaisons festives qui prolongent la joie spirituelle jusque dans l’assiette ou dans la bouche. La première messe du Christ eut lieu lors de son dernier repas. L’Eucharistie, qui est l’autre nom de la sainte Cène, se traduit par “action de grâces”. L’indépassable Festin de Babette, film danois oscarisé en 1988, témoigne justement de la grâce d’un repas préparé avec soin et générosité. L’histoire raconte qu’au XIXème siècle, dans un village luthérien du Jutland, une jeune française, Babette, fuyant les ravages de la Commune, trouve exil comme cuisinière auprès de deux sœurs, filles de pasteur. Après avoir gagné une somme importante grâce à un billet de loterie, la cuisinière va transformer la petite communauté puritaine scandinave. Elle décide de dépenser, en secret, la totalité de la somme remportée pour réaliser un festin magnifique en vue d’apaiser les tensions et de réconcilier les cœurs.

La petite musique culpabilisante sur laquelle jouent les écologistes fait perdre pied avec le réel. Le drame des actions coups de poing des associations antispécistes, tel L214, ne réside pas d’abord dans une appréciation déficiente du monde animal mais principalement dans la haine de l’homme tout court. S’asperger de faux sang devant des boucheries pour dénoncer le « meurtre » des vaches limousines pourrait prêter à sourire si de telles postures n’étaient pas animées par une vision pernicieuse du vivant. A force d’oublier l’ordre de la création et la valeur de l’âme humaine, les antispécistes en viennent à défaire la vie et finissent par désapprendre les vertus simples attachées à la joie d’une bonne entrecôte. L’univers mental de la gauche progressiste relève d’un monde postbiblique où l’homme a oublié que lui seul est doué d’une âme immortelle, créée à l’image de Dieu. « Retirez Dieu aux hommes, disait le curé d’Ars, et ils adoreront les bêtes ». Nous y sommes, et ce monde ne donne pas envie.

Glossaire du langage «sensible» pour la communication interne et externe au Parlement européen

Un glossaire vise à aider le personnel du Parlement européen à communiquer de la manière appropriée dans les domaines du handicap, des questions LGBTI+ ainsi que de l’ethnicité et de la religion.

La règle d’or que nous conseillons à tous les membres du personnel est de demander à la personne concernée les termes qu’elle privilégie. Lorsque cela n’est pas possible, nous vous invitons à consulter le présent glossaire du langage sensible, compilé avec soin par l’Unité Égalité, inclusion et diversité de la DG PERS, en étroite collaboration avec la DG TRAD.

Ce glossaire est divisé en trois sous-glossaires indépendants:

  1. Terminologie liée au handicap
  2. Terminologie LGBTI+
  3. Terminologie relative à l’ethnicité et à la religion

Ainsi, dans la deuxième partie, il faut éviter de parler du père ou de la mère et privilégier la notion de “parents” :

Dans la partie sur l’ethnicité, les concepts favorables à l’immigration sont privilégiés :

La France, cette démocratie défaillante

Dans un dossier consacré aux menaces sur nos libertés, le mensuel La Nef a interrogé François-Xavier Bellamy. Extrait :

Le relativisme prétendait nous émanciper, il nous a rendus incapables de dialoguer. Si chacun a « sa » vérité, à quoi bon écouter la réflexion d’autrui ? La vie publique n’est plus une conversation, mais une confrontation, par laquelle il faut réduire au silence l’opinion qui me dérange. Le paradoxe est que les idéologies qui se prétendent libérales aboutissent à des pratiques de propagande et de censure de plus en plus intrusives. Prenez les sujets dits « de société » : un professeur de philosophie unanimement reconnu a été exclu de la faculté de Toulouse, dans le silence général, parce qu’il avait été opposé au « mariage pour tous ». Il a été démontré que les chaînes de France Télévisions avaient diffusé des heures de documentaires sur la GPA, tous positifs; cette pratique est pourtant encore illégale. Le CSA n’a jamais répondu aux questions posées sur le sujet, y compris par des élus de gauche… Des exemples de cette nature pourraient être multipliés à l’infini. Ils aboutissent à une autocensure permanente, dont je vois constamment les effets autour de moi dans la vie politique, comme dans les entreprises ou les universités – la ministre de l’enseignement supérieur s’en est elle-même inquiétée récemment.

Beaucoup dénoncent les « démocraties illibérales » en Europe de l’Est; mais le fait est que c’est nous qui devenons un pays « illibéral. » Les études internationales ne sont pas une référence absolue, mais le fait que The Economist ait récemment classé la France parmi les « démocraties défaillantes » confirme ce que nous ressentons tous. La multiplication des contraintes dans l’espace public aboutit en parallèle à un vrai déversoir sous pseudonymes sur les réseaux sociaux, où l’insulte et le mensonge tiennent souvent lieu d’argument. En fait, Benoît XVI l’avait annoncé de manière décisive, nous ne retrouverons le sens de la liberté que quand nous aurons redécouvert le goût de la vérité.

Victoire pour le prêtre de Madagascar

Notre mobilisation d’hier soir sur Hello Asso a permis au P. Pedro de l’emporter: à minuit, le projet vegan obtenait 3405 votes et celui du prêtre 3736 – ce qui a permis à ce dernier de gagner les 1000 euros offerts par le Crédit mutuel. Merci à tous!

Les partis coûteront plus de 66 millions d’euros aux contribuables cette année 2021

Voici des extraits des annexes du décret n° 2021-203 du 23 février 2021 pris pour l’application des articles 8, 9 et 9-1 de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 modifiée relative à la transparence financière de la vie politique. Il s’agit de la répartition de l’aide publique aux partis et groupements politiques pour l’année 2021.

Le montant de cette aide publique est partagé en deux fractions :

  • La première fraction est répartie entre les partis et groupements politiques en fonction du nombre de suffrages qu’ils ont obtenus lors du dernier renouvellement de l’Assemblée nationale. Le montant de cette fraction est minoré pour les formations politiques qui n’ont pas respecté l’obligation de parité des candidatures.
  • La seconde fraction est répartie en fonction du nombre de parlementaires ayant déclaré se rattacher à chacun d’entre eux au cours du mois de janvier 2021

Zemmour candidat préféré des électeurs de droite?

Un lecteur me signale la récente mise en ligne d’un sondage sur le candidat que préféreraient les électeurs de droite sur le site Barbicane Studies. Ce sondage est intéressant dans la mesure où, au lieu de demander à tous les Français, ce qu’ils pensent de la candidature de telle personne (y compris à l’opposé de leurs convictions), il demande aux électeurs de droite pour qui ils préféreraient voter parmi une liste de noms (qu’ils peuvent d’ailleurs compléter). Un sondage analogue existe pour la gauche sur le même site. Il est assez significatif qu’Eric Zemmour dépasse les 30% d’intentions de vote parmi les électeurs de droite (alors que les sondages “classiques” le donnent autour de 13%).  Si vous voulez participer, c’est ici.

Le patriarche Raï au Liban : “Nous avons libéré le territoire, libérons maintenant l’État”

Comme la Pologne en son temps, le Liban a-t-il trouvé son “Jean-Paul II” ?

Devant des milliers de manifestants venus à Bkerké soutenir ses appels pour la neutralité du Liban et la tenue d’une conférence internationale pour un règlement de la crise, le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a prononcé samedi un discours virulent à l’encontre de ceux qui “paralysent les institutions” du pays, appelant à la “libération de l’État”, maintenant que “le territoire a été libéré”.

Le patriarche a prononcé ce long discours malgré les critiques lancées ces derniers jours à son encontre pour ses propositions de sortie de crise, notamment par le Hezbollah. Le patriarche a répondu aux critiques du parti chiite, qui a rejeté toute “internationalisation” de la résolution de la crise libanaise, l’assimilant à une “déclaration de guerre” et une atteinte à la souveraineté du pays. L’objectif de cette conférence internationale n’est pas “le déploiement de soldats et de militaires, ni une atteinte au pouvoir décisionnel libanais”, a lancé le dignitaire maronite, insistant sur l’importance de cette initiative pour sortir le pays du faisceau de crises qu’il traverse et sur sa volonté de donner au concept de la neutralité de l’État un “caractère constitutionnel”.

Cette escalade verbale du patriarche intervient malgré des médiations menées dernièrement par le Courant patriotique libre (CPL, aouniste), allié du Hezbollah, et le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim. Le CPL, dont une délégation avait rendu visite au patriarche jeudi, n’avait en effet, contrairement à d’autres partis comme le Parti socialiste progressiste du leader druze Walid Joumblatt, ou les Forces libanaises du maronite Samir Geagea, que faiblement appuyé l’appel du patriarche à une conférence internationale, disant privilégier le dialogue interne.

Parmi les milliers de manifestants venus samedi afficher leur soutien au patriarche, se trouvaient notamment des partisans des Forces libanaises, présents en grand nombre et arborant fièrement le drapeau de leur parti, ainsi qu’une représentation, plus timide, des Kataëb, avec notamment la présence de Youmna Gemayel, fille de l’ancien président Bachir Gemayel, assassiné en 1982. 

“Vive le Liban, uni et unifié, activement et positivement neutre, souverain et indépendant, libre et fort, prônant la coexistence et la tolérance”, a déclaré Béchara Raï, régulièrement interrompu par des slogans comme “Révolution ! Révolution !”, “Iran dehors !” ou “Hezbollah terroriste !”.

“Vous qui êtes venus de tout le Liban, de tous âges, malgré les dangers du coronavirus, pour soutenir deux propositions, celle de la neutralité et celle d’une conférence internationale pour le Liban sous les auspices de l’ONU, vous êtes venus demander le salut du Liban”.

“le non respect de la neutralité est la cause unique de toutes les crises et guerres que le pays a traversées”. “A chaque fois que le Liban a suivi un axe régional ou international, le peuple s’est divisé et les guerres se sont déclenchées”.

Critiquant les responsables politiques qui “n’ont même pas eu l’audace de s’asseoir à une même table pour régler les problèmes actuels“, il a déploré que le Liban soit actuellement confronté à “un coup d’État en bonne et due forme, contre son peuple et contre le pacte national de 1989“.

“Nous voulons appliquer toutes les décisions qui n’ont pas pu l’être avant, afin que le Liban puisse imposer sa légitimité sur l’ensemble de son territoire, sans partenaire quelconque. Nous voulons soutenir l’armée libanaise, qui est la seule à même de défendre le Liban. Nous voulons un plan rapide contre l’implantation des Palestiniens et pour le retour des déplacés syriens“, a-t-il lancé, précisant qu’il n’attend pas de cette conférence “le déploiement de soldats et de militaires, ni une atteinte au pouvoir décisionnel libanais”.

“Il n’existe pas d’État avec deux pouvoirs en son sein, ni avec deux armées ou deux peuples”.

“Je comprends votre colère et votre révolution. Ne vous taisez pas face à la pluralité des allégeances, face à la corruption, face aux violations aériennes, à l’échec de la classe politique, aux mauvais choix, à l’alignement, à la dilapidation de votre argent, au désordre dans l’enquête sur l’explosion du port, à la politisation de la Justice, aux armes illégales et non libanaises, à la détention des innocents et la libération des coupables. Ne vous taisez pas face à l’implantation des Palestiniens et l’intégration des déplacés syriens, face au coup d’État, à la non-formation d’un gouvernement, à la confiscation de la décision et l’absence de réformes”. “Nous avons libéré le territoire, libérons maintenant l’État de tous ceux qui paralysent ses institutions”.

Chronique des cinglés

Il y a 30 ans, les Inconnus nous amusaient en parodiant Chantal Goya, avec cette chanson Les insectes sont nos amis :

 

Aujourd’hui, les idéologues écolos ne nous amusent plus du tout avec leurs idées toutes plus saugrenues les unes que les autres. Lors du conseil municipal du 21 septembre 2020 à Strasbourg (encore une mairie EELV), Marie-François Hamard, déléguée municipale à la condition animale, qui fut candidate du parti animaliste aux législatives de 2017, propos de cohabiter avec les rats et punaises de lit “qui n’ont nulle part où aller” :

Déshumanisation : La gestion de la crise a généré des dégâts collatéraux infinis

Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne et psychothérapeute, signe une tribune dans Le Figarovox pour alerter sur les conséquences dramatiques dues au confinement, confirmé par bon nombre de médecins. Elle dénonce une

déstructuration du lien, une subite obsession mêlée d’angoisse et parfois d’un soupçon d’hystérie comme si plus aucune souffrance et aucune autre pathologie n’existaient. Devant l’implacable tableau de chiffres, toute subjectivité devenait potentiel désordre.

Cette hystérie politique, médiatique et collective devant cette pandémie qui n’a strictement rien à voir avec la peste ou la grippe espagnole, qui touche essentiellement les personnes âgées et fragiles et au sujet de laquelle on se demande franchement si la hausse de la mortalité n’est pas d’abord la conséquence du vieillissement de la population, a pour conséquence, en enfermant de force des gens bien portants de

briser leur construction de vie adaptée à leurs besoins réels et parfois déjà très complexes rend certaine l’apparition de diverses maladies et accroît la violence privée.

Marie-Estelle Dupont accuse les politiques :

le besoin de tout contrôler d’en haut en déresponsabilisant l’individu, le «stop-and-go» a impacté lourdement le psychisme des Français, toutes générations confondues.

La psychologue décrit les pathologies rencontrées :

Chronologiquement, le printemps dernier a donné lieu à des troubles anxieux, une augmentation des troubles du sommeil et alimentaires, une demande accrue d’anxiolytiques, et une augmentation des violences domestiques due à l’enfermement. Pourtant, beaucoup ont réussi à le transformer en bilan, en ancrage, en redécouverte de leur vie familiale, lorsque le télétravail et l’école à la maison ne se cumulaient pas.

Mes confrères et moi pensions que l’été permettrait aux Français de se restaurer intérieurement. Nous nous voulions confiants, bien qu’inquiets des troubles psychosociaux: enfants déscolarisés, jeunes arrêtés en plein vol, célibataires et personnes âgées isolés, familles bousculées ou séparées à la fermeture des frontières, violences domestiques accrues dans les situations de maltraitance infantile et de violences conjugales ou d’inceste, syndrome de la cabane chez les personnes hypocondriaques ou phobiques sociales qui craignaient le déconfinement, syndrome de glissement chez ceux pour qui la vie ne valait plus la peine d’être vécue.

Car au nom du principe de précaution et du bien ce qu’on appelle protéger revient souvent à imposer. Drôle d’éthique. Mais nous ne voulions pas dramatiser. Il s’agissait encore dans bien des cas de frustration, d’épreuve, d’adaptation limitée dans le temps, donc on espérait éviter le traumatisme. Septembre nous força à parler de deuxième vague psychiatrique. Toutes les situations commençaient à s’enflammer: les étudiants perdus, les enfants masqués, les restaurateurs et leurs confrères dépossédés de leur activité professionnelle, les petits commerçants exsangues et pris à la gorge par les alternances de confinement et de couvre-feu, les handicapés, les plus âgés, les artistes, les managers, les journalistes, les nouveaux salariés qui ne connaissent pas leurs collègues, les jeunes diplômés qui voient le processus de recrutement désarticulé. Ma synthèse, sombre et non exhaustive, veut simplement rappeler que l’installation dans le temps de mesures sanitaires a impacté plus que lourdement la santé physique et mentale de nous tous. Que le primum non nocere du serment des médecins semble avoir échappé, lui, au principe de précaution.

Des bébés qui ne sortent plus ou assistent à des conflits générés par l’alcool ou le manque d’interactions saines. Mais comme les bébés ne parlent pas, on n’y pense pas. Des écoliers qui décrochent et somatisent ou deviennent de bons petits soldats atones. Des adultes saturés qui «ne réfléchissent plus» pour les plus résignés. Des salariés de l’aéronautique ou de l’hôtellerie qui se sentent dans un «no man’s land existentiel» pour reprendre les mots d’un patient. La sensation persistante que confiner, bunkeriser est la seule réponse parce que l’hôpital est à la ramasse depuis trente ans, les gouvernants paniqués des chiffres, les stratégies de traitement inexistantes et le vaccin pas livré. Priver l’être humain de ses sens, de ses liens, c’est le déshumaniser. Il évite la «réa» pour venir en psychiatrie parce que la réaction normale à l’anormal est d’aller mal. Non Monsieur Salomon, la crise n’a pas révélé la vulnérabilité psychique des Français. La gestion de la crise a généré des dégâts collatéraux infinis. Nuance.

Fruits d’une époque et d’un système, nos gouvernants semblent avoir cédé à une sorte de panique devant ce qui n’est qu’une catastrophe naturelle. L’obsession, la peur, la méfiance, prirent toute la place. La vie devint stricte survie du plus grand nombre, et la santé, éviction d’un virus parmi tant d’autres.

Les dégâts psychologiques, psychosomatiques et psychosociaux se sont donc multipliés chez les patients mais surtout chez des individus sans antécédents, qui n’avaient jamais présenté de symptômes. Une sourde culpabilité à penser différemment, ou à faire d’autres constats aussi.

Des enfants heureux en classe se sont mis à pleurer le matin et à avoir mal au ventre lorsque le masque leur a été imposé. Ceux qui portaient des lunettes cessèrent de les porter, et leurs maux de tête allèrent de pair avec l’effondrement des résultats.

Les adolescents et les étudiants, se voyant prescrire tout l’inverse de ce qui est nécessaire pour devenir adultes, confinés derrière un écran dans une chambre se mirent à développer troubles du sommeil, troubles alimentaires, troubles anxieux, pensées suicidaires, scarifications. En pédopsychiatrie, des défenestrations arrivèrent plus souvent qu’il y a un an ou deux. Le recours aux benzodiazépines se banalisa dans une tranche d’âge peu encline à en consommer. En parallèle la consommation de cannabis, ou autres substances illicites, et d’alcool même chez des jeunes ne souffrant pas de la précarité sociale, remplaça les rythmes biologiques sains. Poser des questions aux enseignants, draguer, faire du sport, gagner de l’argent pour s’offrir un voyage était devenu des rêves inaccessibles. Pas d’interactions sociales, pas de sport, pas de raison de se lever le matin finalement, le présent étant confisqué et l’avenir plombé comme me le disait, les larmes aux yeux, un patient de 20 ans dont le père restaurateur ne pouvait plus financer ses études. Ceux-là nous attendent au tournant. Que retiendront-ils de nous dans dix ans ? Leur avons-nous transmis autre chose que la peur ?

Moi-même, en écrivant ces lignes, je m’effraie de ce qui pourrait sembler du misérabilisme. Mais les faits sont têtus. Ce qui peut durer un mois devient un changement anthropologique, au bout de 10. Nos structures mentales et nos organismes ne sont pas adaptés à cette redéfinition de la santé comme simple courbe de circulation virale. Car si on doit parler d’éthique, de vie, de priorités et d’effets papillon, les salles d’attente de mes confrères répondront point par point à la définition de la santé humaine. Être de désirs et de besoins, l’homme se meurt quand il ne vit que pour une peur.

Les adultes en télétravail développent troubles du sommeil, crises d’angoisse et troubles dépressifs, des addictions et des pensées suicidaires. Le travail, virtualisé à l’infini perd son sens et sa consistance. Si le télétravail à temps partiel est un progrès qu’il était temps de faire pour soulager les emplois du temps et limiter les transports, le télétravail à temps complet rétrécit le cerveau. La privation sensorielle perturbe la mémoire et les fonctions cognitives. Quand l’ordinateur est le seul interlocuteur, oui, on se ratatine. Il faut que les cinq sens soient stimulés pour que les centres cérébraux impliqués dans l’apprentissage et le raisonnement, fonctionnent. La désynchronisation des horloges biologiques liée à la lumière bleue des écrans favorise à son tour la dépression.

Certains de mes patients se trompent de jour, en pensant qu’on est le lendemain. Masqués, isolés, dépossédés, suspendus, ils se sentent étranges, dans ce long tunnel où l’on est «en otage» d’un dilemme cornélien que notre époque redoute de trancher.

Mes patients atteints de maladies chroniques ont, lors du premier confinement ressenti une culpabilité à se soigner. Les symptômes psychologiques réactionnels au confinement se mêlent à des interrogations existentielles et politiques : qui parle ? Qui gouverne ?. Le politique s’invite dans les séances, comme après des attentats. Mon travail introspectif devient compliqué. Il faut bricoler avec l’invasion de l’État dans l’intime. Notre place de thérapeute bataille pour se décoller du factuel, d’une attestation, d’un gel hydroalcoolique.

Les plus âgés me disent la même chose que les étudiants : «On est otage d’une peur qui n’est pas la nôtre» ; « Ma vie ne vaut pas la peine d’être vécue sans toucher et voir ceux que j’aime. Je ne suis pas un enfant gâté je suis juste un être pétri de liens » ; «Je ne veux tuer personne mais j’aimerais gérer mon risque et maîtriser mes décisions». « Ceux qui confinent ne sont pas confinés ». Cette perte de confiance, cette blessure d’injustice est au bord des lèvres en consultation. Les larmes aux yeux, une DRH me dit licencier à tour de bras avant sans doute de perdre son emploi.

Au nom de la santé, les besoins physiologiques de lumière et d’activité, d’interactions et de stimulation sensorielle sont niés. Au nom de la solidarité, des étudiants se suicident. Au nom du bien, on doit rester chez soi parfois sans travailler. La psychiatrie aujourd’hui, est en tension. Mère de famille, restaurateurs, étudiants anorexiques qui replongent, pas à cause de la précarité mais de la perte de sens. La consommation de psychotropes touche toutes les classes d’âge et de revenus. Faute de rythme et d’interactions, les pulsions de vie s’affaissent ou se retournent en agressivité dirigée contre soi. L’activité physique comme la culture et les interactions régulent les émotions et l’agressivité. Nous ne sommes pas des monades.

«Ma vie est comme du sable qui me file entre les doigts», m’a un jour confessé une étudiante en thèse. On lui a prescrit l’inverse de ce qui lui est nécessaire pour devenir adulte. Elle n’a pas de sexualité, pas de cours, pas de petit boulot, pas de stage. Elle se sent inutile et potentiellement coupable. Peut-être que c’est plutôt parce que nous avons renoncé à certaines valeurs, ou que nous les avons inversées, et pas du tout parce que nous serions en guerre, que les dégâts psychologiques sont tels.

 

Aujourd’hui il y a un écart entre ce que les gens peuvent faire et la prescription de vivre dans un bunker jusqu’à ce que l’orage soit passé. Alors que nous avons tous ce travail d’humilité à faire qui consiste à réintégrer la notion de risque et de responsabilité, pour équilibrer celles qui ont prévalu, la notion de «droit à» et de sécurité. Aucun état n’assure 100% de liberté et 100% de sécurité. Le travail psychique consiste à résoudre notre ambivalence et pour l’État à lâcher prise. Plus il veut contrôler, plus il fait de dégâts. Car les morts du Covid ne sont pas seulement ce dont on parle. Au bout de 10 mois, même les gens en meilleure forme sont épuisés, à bout de souffle, lassés. La libido a diminué de 40 % à l’automne, le désir d’enfant a chuté, le sentiment de colère et de résignation (plus grave psychologiquement) ont augmenté significativement.

Psychologiquement, céder à la peur en s’interdisant de vivre, est une forme de régression dans un cocon, comme si nous étions des invertébrés psychiques. Les patients de tous âges demandent le mouvement inverse. Un mouvement de vie qui réintègre la vulnérabilité. Plutôt qu’arrêter la vie pour éviter la mort, ce qui les rend malades, ils font entendre dans leurs symptômes psychosomatiques et d’humeur, le fait que non, la santé n’est pas le prolongement statistique de la vie et que cette crise a montré une inversion de valeurs et une incompatibilité entre les priorités politiques et le fonctionnement global et complexe d’un être humain, dont l’existence est d’emblée, réticulaire.

Tysol, l’hebdomadaire du syndicat Solidarność ouvre une version française

Pour ses 40 ans l’hebdomadaire du syndicat polonais Solidarność offre à tous les Français un site d’information, sans politiquement correct, ni nomenklatura !

Sur le site, on trouve une tribune de Jean-Frédéric Poisson, qui milite pour la désobéissance civile :

[…] Qui bafoue les institutions de la Vème République ? Moi, ou ceux qui prétendent donner à trente-cinq citoyens prétendument tirés au sort une mission de contrôle de la campagne de vaccination au même moment où le ministre de la Santé refuse de donner aux députés les informations nécessaires à cette mission qui leur incombe ? Moi, ou ceux qui s’acharnent contre la liberté de culte deux fois de suite malgré les avis négatifs du Conseil d’Etat. Moi, ou ceux qui permettent par décret un fichage des opinions des Français ? Moi, ou ceux qui interdisent aux médecins de prescrire à leurs patients des traitements qui peuvent guérir de la Covid ? Moi, ou ceux qui veulent reconfiner la France entière et la tuer à petit feu, alors que rien n’a démontré son efficacité ? Moi, ou ceux qui interdisent l’ouverture des restaurants et des théâtres tout en permettant l’entassement prolongé des gens dans les gares ou les transports en commun ? Moi, ou ceux qui préfèrent l’interdiction généralisée à la confiance intelligente dans l’initiative citoyenne ? […]

L’abbé Mateusz Markiewicz, prêtre de l’Institut du Bon Pasteur, offre une chronique consacrée au Credo :

[…] je vous propose un cycle de brefs articles consacrés aux vérités principales de la foi chrétienne. Le chemin à suivre nous est donné par la profession de foi, le credo, qui est l’abrégé de tout ce qui est nécessaire à savoir pour un chrétien. Pendant les semaines à venir, je le commenterai, en essayant non seulement vous expliquer le sens des paroles prononcées, mais aussi en montrant comment toutes ces paroles s’expliquent et s’éclairent mutuellement. C’est ainsi que, je l’espère, la foi chrétienne, entendue comme l’ensemble des vérités révélées, pourra être reçue plus facilement par vous et augmenter cette qualité de reconnaître l’autorité et la véracité de Dieu. C’est de lui que je parlerai à partir de la semaine prochaine. Au revoir dans une semaine !

Sabine Faivre dénonce la censure de Facebook à l’encontre des publications mettant en cause l’idéologie du genre, tandis que des extrémistes LGBT jouissent d’une impunité totale.

Etats-Unis : Donald Trump ancre le Parti Républicain à droite

La Conservative Political Action Conference (CPAC), la grande conférence annuelle du Parti républicain, s’est tenue en Floride à Orlando ce week-end et s’est terminée avec une intervention de Donald Trump. Donald Trump a parlé pendant près d’une heure et demie (voir la vidéo ici) et il a montré qu’il dominait toujours le parti Républicain.

Concernant sa candidature pour 2024, Donald Trump a eu cette formule :

“Qui sait si je ne me représenterais pas pour les battre une troisième fois ?”

Une troisième fois ? Parce qu’il estime qu’il a bien gagné la dernière élection.

« Nous sommes engagés dans une lutte pour la survie de l’Amérique comme nous la connaissons ». « C’est une lutte. C’est une lutte terrible, terrible, douloureuse ». « Mais à la fin nous gagnons toujours ». « Le parcours incroyable que nous avons entamé ensemble (…) est loin d’être fini ».

« Avec votre aide, nous reprendrons la Chambre des représentants, nous reprendrons le Sénat, et ensuite un président républicain fera un retour triomphant à la Maison-Blanche — Je me demande bien qui ce sera ».

L’ancien président a affirmé qu’il n’a pas l’intention de diviser le parti :

« Nous n’allons pas créer de nouveaux partis, nous n’allons pas diviser notre pouvoir. Nous serons unis et puissants comme jamais ».

Donald Trump a dénoncé la politique d’immigration de Joe Biden, affirmant que le président démocrate vient d’achever « le premier mois le plus désastreux » de l’histoire de la présidence américaine. Il a critiqué une administration « extrémiste, corrompue et incompétente » à un niveau « jamais atteint dans l’histoire des États-Unis ».

« Notre sécurité, notre prospérité et notre identité même d’Américains sont en jeu ».

«nous sommes passés de l’Amérique d’abord à l’Amérique en dernier». «On savait que son administration serait mauvaise, mais pas à ce point». «Ils sont antifamille, antiemplois, antiénergie et antifrontières.»

Selon un sondage réalisé auprès de participants à la conférence, 55 % des personnes disent qu’elles voteraient pour Donald Trump lors de la course pour l’investiture républicaine à l’élection présidentielle de 2024. Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, est deuxième avec 21 %. Sans Trump, DeSantis arrive en tête avec 43 %. A la question de savoir si Trump doit se présenter à nouveau en 2024, 68 % des sondés se disent favorables et 32 % y sont opposés ou n’ont pas d’opinion.

Questionnés sur l’avenir du parti républicain, 95% d’entre eux se sont prononcés pour qu’il poursuive son programme populiste : barrières douanières, politique migratoire restrictive, défense des valeurs républicaines traditionnelles, l’accès sans entrave aux armes à feu ou la lutte contre l’avortement… Trump ou pas Trump en 2024, ce dernier a ancré le parti républicain à droite et le prochain candidat républicain devra en tenir compte.

« Nous ne pouvons pas, nous ne voulons pas, revenir à l’époque de l’échec de l’ancienne direction du Parti républicain » , a déclaré le gouverneur de Floride Ron DeSantis, qui a présenté un nouveau programme très inspiré des idées de Trump. « Nous ne gagnerons pas l’avenir en essayant de revenir en arrière, là où se trouvait auparavant le Parti républicain » , a aussi dit le sénateur de Floride Rick Scott, qui préside le comité chargé de collecter les fonds pour soutenir les candidats républicains au Sénat.

« Si nous le faisons, nous perdrons les acquis du président Trump, nous allons perdre les élections dans tout le pays et, en fin de compte, nous allons perdre notre nation. »

C’est arrivé un 28 février…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 28 février: saints du jour français ou en France.
    • St Romain, prêtre et abbé de Condat († 461)

À 35 ans, Romain quitta son Ain natal, et alla fonder deux monastères qu’il nomma Condat et Leucone. Ils donnèrent, plus tard, naissance à deux villages : Saint-Claude et Saint-Lupicin. Il mourut dans le Jura en 463.

  • St Auguste Chapdelaine, prêtre et martyr (1814-1856)

Dans la ville de Xilinxian, dans la province de Kouang-Si en Chine, l’Église commémore le souvenir de saint Auguste Chapdelaine, prêtre des Missions Étrangères de Paris.

Auguste naît à La Rochelle (La Rochelle-Normande dans le département de la Manche en France) en 1814 et il fut un des premiers à semer la graine de la foi chrétienne dans la terre de Chine.

Arrêté par les soldats avec un groupe de chrétiens convertis, il fut frappé de trois cents coups de nerf de bœuf, enfermé dans une cage minuscule et finalement décapité.

Béatifié par Léon XIII le 27 mai 1900, il est canonisé par Saint Jean-Paul II  le 1er octobre 2000.

  • Bx Daniel Brottier, missionnaire spiritain (1876-1936)

Extrait de l’Homélie de Saint Jean-Paul II, lors de la cérémonie de Béatification de José Manyanet Y Vives, de Daniel Brottier et d’Elisabeth de La Trinité à la Basilique Saint-Pierre le dimanche 25 novembre 1984 :

«Parmi « ceux qui sont au Christ », nous distinguons Daniel Brottier. Il a rejoint la Congrégation des Pères du Saint-Esprit pour répondre à l’appel missionnaire de la manière la plus ardente. Parti en Afrique, il se dévoue sans compter au service de la communauté chrétienne de Saint- Louis du Sénégal et notamment des jeunes. Son zèle apostolique le conduit à prendre sans cesse de nouvelles initiatives pour que l’Église soit vivante et la Bonne Nouvelle entendue. Même éloigné de ce champ d’action, il ne cesse pas d’aider à bâtir l’Église au Sénégal.

Disciple du Christ, il l’est aussi par l’épreuve de la souffrance : la douleur physique ne le quitte pas. Et, volontaire sur le front, il soigne et réconforte les blessés par sa présence courageuse. Aux soldats mourants, il porte le secours de Dieu. La guerre passée, il travaille à prolonger la fraternité née entre ces hommes dans le dépouillement et le don de soi héroïque.

Quand il reçoit la charge des orphelins d’Auteuil c’est à leur service qu’il déploie avec force l’activité la plus débordante qui le fera connaître bien au-delà de Paris. Rien n’arrête sa charité quand il s’agit d’accueillir, de nourrir, de vêtir des enfants délaissés et meurtris par la vie. Innombrables sont ceux qu’il associe à cette œuvre profondément évangélique. Parce qu’il faut loger ces jeunes et les mettre dans un climat chaleureux, les aider à acquérir un métier et à bâtir leur avenir, le P. Brottier multiplie les appels et constitue une chaîne toujours vivante d’active solidarité.

Prêtre, religieux, sa grande activité « découlait de son amour de Dieu » comme l’a dit un témoin. À la fois humble et vrai, actif jusqu’aux limites du possible, serviteur désintéressé, Daniel Brottier avançait avec audace et simplicité car il travaillait “comme si tout dépendait de lui, mais aussi sachant que tout dépend de Dieu”. Il avait confié les enfants d’Auteuil à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qu’il appelait familièrement à l’aide, assuré de son soutien efficace à tous ceux pour qui elle avait offert sa propre vie.

Le bienheureux Daniel Brottier a achevé son œuvre sur la terre par un « fiat » courageux. Aujourd’hui nous le savons secourable aux pauvres qui l’invoquent car il communie à l’amour du Sauveur qui animait tout son service sacerdotal. »

  • 28 février : fête du Bienheureux Père Brottier.

Né le 7 septembre 1876 à La Ferté-Saint-Cyr dans le Loir-et-Cher, il est ordonné prêtre en 1899 malgré de fortes migraines chroniques, il est d’abord professeur au collège de Pontlevoy avant que sa vocation de missionnaire ne le fasse entrer dans la Congrégation du Saint-Esprit (Spiritain), ordre séculier qui agit en Afrique de l’Ouest.

En 1903, il est vicaire à la Paroisse Saint-Louis du Sénégal, où il fonde un patronage pour s’occuper des enfants, tient une revue, L’Écho de Saint-Louis et dirige une chorale. Après un passage chez les Trappistes de Lérins, il revient à Dakar en tant que Vicaire Général et lève des fonds pour la construction de la Cathédrale du Souvenir Africain.

En 1914, il se porte volontaire pour servir comme aumônier militaire au sein du 26e Régiment d’Infanterie. Il sera décoré de la Légion d’Honneur pour faits de bravoure. En 1918, chose étonnante pour l’époque, il fonde avec Georges Clemenceau, franc maçon anticlérical, l’Union des Combattants. Mais la grande œuvre de sa vie est la Fondation des Orphelins Apprentis d’Auteuil, œuvre sociale destinée à l’accueil et à l’insertion de jeunes en difficulté. Le Père Brottier meurt le 28 février 1936 et est béatifié par le Bienheureux Pape Jean-Paul II, le 25 novembre 1984.

  • le 28 février 380 : baptême de l’empereur Théodose Ier.

Ce dernier bannit par un édit tous les cultes païens et la doctrine d’Arius. Le catholicisme devient la seule religion officielle de l’empire romain. Il publie l’édit de Thessalonique : « Tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l’apôtre Pierre, celle que reconnaissent le pontife Damase et Pierre, l’évêque d’Alexandrie, c’est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »

  • le 28 février 1574 : début de la cinquième guerre de religion en France.

La conjuration des Malcontents commence ; elle s’attaque au pouvoir de Catherine de Médicis.

  • le 28 février 1712 : naissance du Marquis de Montcalm, général français.

C’est en 1732, à l’âge de 20 ans, que Montcalm débute sa carrière militaire. Il sert tout d’abord en Rhénanie, et ensuite pendant la guerre de succession d’Autriche, où il récolte sa première blessure au siège de Prague. Il devient colonel du régiment d’Auxerrois et Chevalier de Saint-Louis, distinction accordée pour ses actes de bravoure. On lui propose de prendre le commandement des troupes qui combattent en Nouvelle-France. Il est envoyé à Québec en 1756 comme commandant des troupes françaises en Amérique du Nord pendant la guerre de Sept Ans. Ses premières campagnes contre les Britanniques sont des succès majeurs. Il est mortellement blessé dans la bataille de Québec, perdue faces aux britanniques commandées par James Wolfe.

  • le 28 février 1760 : le corsaire François Thurot est tué dans un combat au large de l’île de Man.
  • le 28 février 1791 : découverte de la fuite des sœurs du Roi.

Après les femmes, c’est le tour des ouvriers et artisans du faubourg Saint-Antoine d’être manipulés et de manifester leur indignation. Ils s’attaquent au donjon de Vincennes. Pendant ce temps, quatre cent nobles tentent de prendre les Tuileries. C’est le complot des « Chevaliers du poignard ».

  • le 28 février 1794: massacre des Lucs sur Boulogne.

Le massacre des Lucs-sur-Boulogne est le plus célèbre et le plus important massacre perpétré par les troupes républicaines des colonnes infernales pendant la guerre de Vendée,

Le 17 janvier 1794, la Convention avait ordonné la destruction définitive de la Vendée “afin que pendant un an, nul homme, nul animal ne trouve sa subsistance sur ce sol” dira le député Fayau. Le général Rossignol s’écrit

« il faut faire de ce pays un désert, et le peupler de bons Républicains ».

De cette phrase naîtra pour certains l’idée de dépopulation de la Vendée. Les preuves formelles de crimes contre l’humanité existent affirme Renée Casin, ce sont les ordres de la Convention et les rapports des généraux assassins. Elle cite le rapport de Westerman à la Convention :

« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre, libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay suivant les ordres que vous m’aviez donnés. J’ai écrasé des enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes, qui au moins pour celles là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas de prisonniers à me reprocher, j’ai tout exterminé…Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que par endroits ils font pyramide. On fusille sans cesse à Savenay, car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers…Nous ne faisons pas de prisonnier. : Il faudrait leur donner le pain de la liberté, or la liberté n’est pas révolutionnaire. »

Tiré de Les catholiques et la révolution française de Renée Casin page 100.

Et Turreau de Garambouville, ancien officier des troupes royales, ayant caché sa particule et une partie de son nom à la révolution, qui réside à Cholet, divise ses 2 armées de 6 divisions en 2 colonnes (24 colonnes) qui vont balayer le pays. Les ordres qu’ils donnent sont :

« Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les femmes, filles et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées. Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes. Sous 15 jours, il n’existera plus en Vendée ni maisons, ni armes, ni vivres, ni habitants… Je sais qu’il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays. C’est égal, nous devons tout sacrifier »

Ainsi 24 colonnes marchant en même temps et dans chaque sens, devront lorsqu’elles de rencontreront, avoir fait de la Vendée :

« un désert de terres brûlées, de chaumières détruites, de châteaux en ruines, de corps mutilés que survoleront des corbeaux et que dévoreront les loups » indiquera encore Fayau.

Turreau prend le commandement de l’armée basée à Bressuire et devant aller d’est en ouest alors que le général Haxo est à la tête de la seconde qui viendra à sa rencontre. Les colonnes sont au départ sous les ordres des généraux Grignon, Huché, Dufour, Caffin, Amey, Charlery, Beaufranchet, Chalbos, Grammont, Cordelier, Commaire et Dalliac. Puis, au fil des maladies, des disgrâces et des remaniements, on voit ensuite se joindre à la campagne de destruction les généraux Joba, Carpentier, Duval, Cortez, Robert, Bard, Dutruy, et le chef de bataillon Prévignaud. Elles ont commencé leur œuvre le 21 janvier 1794, jour du premier anniversaire de la décapitation de Louis XVI. Elles la poursuivent jusqu’en mai 1794, quasiment quatre mois de feu et de mort…

Turreau finit baron d’empire, et son nom est gravé sous arc de triomphe … pour combien de temps encore ? Comme on est incapable d’expliquer et de justifier le crime, on préfère le nier et le banaliser. Le mémoricide vient achever le génocide.

“Outre les viols systématiques des femmes, ce qui n’est sans doute qu’un misérable détail parmi toutes leurs forfaitures, « ces soldats de la liberté » dépeçaient les femmes enceintes, pour en extraire les bébés avec des baïonnettes, et les planter sur des lances, qu’ils exhibaient ainsi, à cheval, comme des trophées… Les femmes ainsi avortées, servaient alors de mangeoires pour les chevaux : on substituait le bébé par du foin tout simplement… Les avorteurs d’aujourd’hui ont d’illustres ancêtres… La liste des « exactions » est longue comme un jour sans pain… On parle de dépecer encore des cadavres afin d’en extraire la peau pour en faire des pantalons sans couture… ou bien d’en extraire la graisse humaine pour la réutiliser. Aujourd’hui, les eugénistes utilisant les fœtus avortés pour en faire des substituts de goût ont d’illustres prédécesseurs. Quant aux méthodes d’extermination globale, bienvenue dans le monde moderne… Tout ce qui a été utilisé au XXIème siècle a été tenté… au XVIIIe par les révolutionnaires : la poudre est chère, donc, fusiller coûte cher et comme on tue tout le monde, il est impossible de demander de la faire rembourser par la famille comme le feront les communistes chinois. Comme en France, on n’a pas de poudre, mais on a des idées on essaie tout. D’abord, la méthode manuelle, le sabre et la baïonnette ; mais malgré l’ardeur et le zèle des suppôts de la Révolution, le rendement est minable, comme pour la guillotine… Alors, on fait intervenir les cerveaux du pays pour imaginer un avenir radieux et rentable aux fils de la Veuve… On essaie la poudre explosive, mais la maîtrise technologique n’est pas encore là : on est loin des charniers à canon de la Grande Guerre. On essaie alors le gaz, résultat identique, malgré le zèle des physiciens de la Révolution, le savoir-faire technique manque pour rentabiliser ces armes. D’autres profiteront de l’expérience… On tente aussi le poison, sans succès encore. Puisque la physique est incapable de servir, on se applique le bon sens: ce sont les « noyades » de Nantes, où l’on coule des navires entiers pour noyer un maximum de personnes en même temps. Mais on perd le côté festif de la Révolution. Car on est là pour extraire le Christ de la Vendée et rayer la Vendée. Alors, on ajoute l’ignominie à la barbarie : ce sont alors les « mariés » de la Loire, où l’on associe par couple des vendéens, on les dénude, tête-bêche, et on les attache. On associe tout ce qui peut être le plus choquant : une sœur et un prêtre que l’on noie ensemble pour faire la fête ! Voilà le VRAI visage de la Révolution… le VRAI visage de la République… C’est ce visage qui surgit quand il s’agit de sauver la République…

Oui notre pays est malheureusement divisé. Et cette division passe au plus profond de son âme ; elle date de cette époque ! La France ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne reconnaitra pas cette faute capitale commise contre Dieu et ses propres enfants. Voir la chronique du 25 septembre.

  • le 28 février 1858 : onzième apparition de Notre Dame à sainte Bernadette.

Plus de mille personnes assistent à l’extase. Sainte Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison.

  • le 28 février 2002 : la loi, ce n’est pas pour l’ONU.

Le Haut Commissaire aux Réfugiés de l’ONU annonce que le HCR n’étendra pas l’enquête sur les cas d’abus sexuels sur des enfants pratiqués à la chaîne par ses propres membres. De la nourriture et des soins étaient ainsi, depuis longtemps, échangés contre des faveurs sexuelles sur les enfants des gens venus trouver assistance auprès du HCR en Afrique.

  • le 28 février 2012 : le 11 novembre devient journée d’hommage aux morts pour la France.

Le Parlement adopte, par un vote de l’Assemblée nationale, la loi instaurant le 11 novembre, jour de l’armistice de 1918, comme une journée en hommage à tous les morts pour la France, quelle que soit la guerre.

  • le 28 février 2013 : la renonciation du pape Benoit XVI devient effective.

Dès le lendemain le système bancaire du Vatican est réintroduit dans le système Swift de carte bleue. Pendant 39 jours le Vatican a perdu plus de 1,17 milliard d’euro.

Le pape démissionne et les banques reviennent !

Urgent: Soutien à l’action humanitaire d’un prêtre à Madagascar

Un lecteur nous signale un concours qui touche à sa fin pour attribuer 1000 euros à un projet associatif sur Hello Asso. Pour le moment, deux projets caracolent en tête: un projet humanitaire d’un prêtre à Madagascar et un projet manifestement proche de l’idéologie vegan sur les animaux de laboratoire. Si vous avez deux minutes ce soir, vous pouvez donner un coup de main au prêtre (qui a une centaine de voix de retard pour le moment). Son projet s’intitule: “Aider à nourrir les enfants scolarisés d’Akamasoa / Madagascar”. Et, pour voter (gratuitement), c’est ici.

Saint Augustin, un saint pour notre temps

Le film Saint Augustin sort en DVD. Il est disponible en librairies et sur la boutique en ligne de SAJE et en VOD sur la plateforme lefilmchretien.fr.

Août 430 après JC., quelques années avant la chute de Rome, Hippone est assiégée par les barbares vandales du roi Genséric. Le peuple, terrifié, se laisse gagner par le désespoir. L’évêque d’Hippone, Augustin, âgé de soixante-dix ans, a la possibilité de quitter la ville sur un bateau envoyé par le Pape. Mais, il décide de rester et de mettre sa confiance en Dieu seul. Pourtant cet ancien orateur de la cour impériale n’a pas toujours eu la foi…

Malgré sa soif insatiable de vérité dès son plus jeune âge, Augustin a d’abord commencé par rejeter toutes formes de croyances pour s’adonner aux plaisirs de la cour et conquérir les cercles intellectuels de l’Empire. Mais la foi, la prière de sa mère et l’exemple de Saint Ambroise, évêque de Milan, mettront un terme à son errance…

Ce téléfilm italien en 2 parties (soit 3h20 au total) a été réalisé par Christian Duguay, réalisateur d’Un sac de billes (2017), Belle et Sébastien : L’aventure continue (2015), Jappeloup (2013) et de la récente série Medicis. Avec Alessandro Preziosi, Monica Guerritore & Franco Nero, ce film fut un immense succès en Italie avec 7 millions de vue sur la RAI. Le film retrace le parcours de l’évêque d’Hippone, à travers ses célèbres Confessions, de sa soif de gloire et des plaisirs du monde, qui en font un personnage attachant presque contemporain, à sa conversion et la défense de la Cité de Dieu.

Voici un extrait montrant Augustin et sa mère Monique :

La loi contre le séparatisme, une loi totalitaire et inutile

Eglise universelle : La loi contre le séparatisme, une loi pour rien

Jean-Frédéric Poisson, président de « Via. La voix du peuple », analyse la loi votée en première lecture par l’Assemblée nationale le 16 février, « contre le séparatisme ». Après avoir rappelé les intentions affichées de ce texte, il en démontre le caractère totalitaire et inutile. Au-delà d’avoir provoqué la levée de bouclier de toutes les autorités religieuses contre lui, ce texte ne traite pas la question de fond qui est celle de la compatibilité de l’islam avec notre civilisation.

Eglise en France : Nouvelle baisse des ordinations sacerdotales en 2020

L’abbé Barthe analyse les données rassemblées par le site laveritedeschiffres.net sur les ordinations sacerdotales de prêtres français en 2020. Le constat est accablant : 91 prêtres français, diocésains ou équivalents, ont été ordonnés dans le même temps où il en décédait de l’ordre de 800. Inexorablement, l’Eglise de France s’achemine vers une Eglise sans prêtre alors que, globalement, l’épiscopat français refuse de remettre à l’ordre du jour les méthodes traditionnelles qui permettent à l’infime minorité des communautés attachées à la Forme Extraordinaire du Rite Romain de fournir 20% des ordinations annuelles.

Eglise en Marche : Le film Saint Augustin en DVD

Grâce à Saje Distribution, le film de Christian Duguay : « Saint Augustin » est disponible en DVD depuis le 26 février. Jean-Damien Bouyer nous présente ce film qui fut un immense succès en Italie – 7 millions de vue sur la RAI – et fournit les informations pour se procurer ce passionnant récit de plus de trois heures dans lequel nous voyons évoluer plusieurs saints, aux profils différents mais tous attachants : Augustin, Monique et Ambroise.

Prières à saint Joseph

L’abbaye Saint-Joseph de Clairval publie, à l’occasion de l’année consacrée à saint Joseph, un recueil de prières intitulé Salut, Gardien du Rédempteur !, illustré par des enluminures réalisées par une moniale de l’Abbaye Notre-Dame de Fidélité à Jouques. On trouve ainsi

  • Prières du Pape François
  • Litanies de saint Joseph
  • Le ‘Souvenez-vous’ à saint Joseph
  • A saint Joseph, modèle des travailleurs
  • Prière de saint François de Sales
  • Pour connaître sa vocation
  • Pour les enfants à naître
  • Consécration de la famille à Marie et à Joseph
  • Pour un malade
  • Pour obtenir la pureté
  • Pour demander la grâce d’une bonne mort
  • Ave Joseph
  • Prière pour la France
  • En l’honneur des sept douleurs et allégresses de saint Joseph
  • Pour une neuvaine

Un outil utile pour aborder le mois de mars, consacré à saint Joseph.

La prière peut-elle changer le monde ?

Aymeric Pourbaix reçoit le père Renaud Saliba, recteur du sanctuaire de Pontmain, Ariane Lamy, paroissienne à l’église Sainte-Cécile à Boulogne-Billancourt, Arnaud de Beauchef, auteur de “L’oraison pour tous“, ainsi que Véronique Jacquier, qui aborde notamment l’exemple de sainte Thérèse d’Avila.

« Eclairs de Sainteté », un site de spiritualité catholique

Un nouveau site internet vient de voir le jour intitulé Eclairs de sainteté. Nous avons interrogé la personne qui l’administre :

Vous avez créé un site internet intitulé “Eclairs de Sainteté”. Que peut-on y trouver ?

« Eclairs de Sainteté » est un site catholique, de spiritualité, proposant régulièrement des extraits d’écrits de saints et de docteurs de l’Eglise, de topos d’abbés, parfois d’homélies, de livres spirituels ou qui élèvent l’âme.

On y trouve une alternance de textes brefs, qui se retiennent facilement, et de textes de fond, plus développés. Avec des saints et grands auteurs spirituels connus (mais des citations parfois peu connues), et d’autres moins, pour les faire connaître.  

Pourquoi avoir créé ce nouveau site ?

Encouragée depuis longtemps par un abbé, des amis, ma famille, l’été dernier j’ai lancé une page Facebook, nommée « Eclairs de Sainteté ». En improvisant au départ, puis les idées sont venues très vite. Ce support était alors le plus simple. Récemment, une amie souhaitant déconnecter un peu pendant le Carême, mais regrettant de ne plus pouvoir alors lire ces textes, m’a donné l’idée de créer un site. Tous les textes de la page ont été transférés vers le site, et les deux continuent aujourd’hui de vivre. On y trouve pour le moment environ 180 articles.

Souvent, ce sont des écrits qui m’ont beaucoup aidée et que je connais par coeur. Parfois aussi, des textes que je voudrais à cet instant imprimer davantage dans mon âme. Car comme dit ce cher Saint François de Sales, le troisième et meilleur moyen d’apprendre profondément une chose, est de l’enseigner.

Je prie pour que les textes touchent les lecteurs, éveillent ou ravivent leur désir de Dieu et de Le suivre toujours de plus près.

Quel est le profil de vos lecteurs ? Qui cela intéresse-t-il ?

D’après un récent questionnaire auprès des lecteurs de la page (environ 530 abonnés officiels), environ la moitié d’entre eux va à la messe selon la forme extraordinaire, l’autre moitié selon la forme ordinaire, certains alternant les deux formes. Beaucoup vont à la messe en semaine et le dimanche. La plupart ont entre 20 et 40 ans, mais tous les âges sont représentés. La grande majorité des lecteurs aime et encourage cette alternance de types de textes (brefs ou plus approfondis) et d’auteurs (connus ou à découvrir). Tous remercient.

Ce qui me touche particulièrement : les textes les plus lus et les plus appréciés sont ceux portant sur la confession et la fidélité à la messe.

Comment être informé d’une nouvelle publication ? 

Il est possible de s’inscrire sur le site pour recevoir par mail les articles récents. Et de s’abonner à la page Facebook.

Pour m’écrire : [email protected]

Il est encore possible de répondre au bref questionnaire (et ainsi donner des pistes pour d’autres auteurs ou textes) : 

Un grand merci aux lecteurs pour leur fidélité et leurs encouragements. 

Découvrir l’Action Familiale et Scolaire (2/2)

Extrait d’un exposé historique d’Yves de Lassus, président de l’AFS :

Il y a 70 ans, en 1949, à Saint-Étienne, au cours de son premier congrès, le Centre d’Études Critiques et de Synthèse (CECS) changeait de nom et devenait La Cité catholique d’où naîtra, 26 ans plus tard, l’Action Familiale et Scolaire (AFS). Il est important de connaître cette histoire et de savoir ce que ceux qui nous ont précédés nous ont légué, afin d’en conserver l’esprit pour à notre tour pouvoir le transmettre.

  1. UN LONG HÉRITAGE CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRE

La naissance de La Cité catholique, puis de l’AFS n’est pas le fruit du hasard. Si La Cité catholique a pu voir le jour en France peu après la deuxième guerre mondiale, c’est qu’elle y a trouvé un terreau particulièrement favorable : l’école contre-révolutionnaire.

C’est en effet en France que ce courant de pensée est né et s’est développé. Car, pendant plus de deux siècles, les catholiques français ont eu à subir plusieurs assauts particulièrement violents qui les ont conduits à développer une capacité de résistance tout à fait exceptionnelle. Si la France est encore aujourd’hui en pointe dans la résistance à la révolution religieuse et politique, c’est parce que, trop souvent hélas, la France a été le laboratoire de cette révolution.

Il n’est pas possible ici de rapporter l’histoire de l’école contre-révolutionnaire en France. Toutefois, pour bien comprendre la génèse de La Cité catholique, il est nécessaire d’en brosser un rapide tableau. 

  1. Les crises françaises

Depuis la fin du XVIIIe siècle, la France fut confrontée à une série de crises qui lui donnèrent l’occasion de développer une solide doctrine contre-révolutionnaire. La première à laquelle elle dut faire face fut particulièrement grave : la Révolution, dite “française”, avec l’abolition de la monarchie.

Puis au siècle suivant, après l’échec de la Restauration, la France connut trois révolutions : la révolution de Juillet en 1830, la révolution de 1848, puis la Commune de Paris en 1871, avec l’avènement de la troisième République. Cette dernière crise fut aggravée en 1883 par le décès sans descendance du comte de Chambord, dernier héritier direct de Louis XIV, ce qui posa de façon aigüe la question de la succession au trône et divisa le monde royaliste.

Ensuite, à la fin du XIXe siècle, survint une crise encore plus grave : par l’encyclique Au milieu des sollicitudes (1892), le pape Léon XIII incitait les catholiques français, dans leur grande majorité monarchistes, à collaborer loyalement avec les institutions républicaines pourvu que soient sauvegardés certains principes fondamentaux en matière, notamment, de liberté d’éducation. Cette crise qui avait pour origine le pape lui-même, eut pour conséquence de créer une division supplémentaire parmi les catholiques les plus fidèles au pape. Car une partie refusa de suivre la demande papale ; par exemple, René de La Tour du Pin refusa le Ralliement alors qu’Albert de Mun l’accepta.

Contrairement à ce qu’espérait Léon XIII, le Ralliement accéléra la dérive laïciste et anticléricale, et certains catholiques passèrent de l’acceptation du système républicain à celui des principes inspirateurs de la Révolution française, comme Marc Sangnier (1873-1950) par exemple.

Au début du XXe siècle, la France souffrait ainsi d’une triple fracture : entre catholiques royalistes et républicains, entre légitimistes et orléanistes, enfin entre l’obéissance ou non au pape. C’est alors qu’intervint une nouvelle crise : la séparation de l’Église et de l’État, véritable machine de guerre contre les catholiques.

Quelques années plus tard, une nouvelle crise grave survint : les sanctions prises par le Vatican contre L’Action française, crise d’autant plus grave que pour la deuxième fois, le coup venait du Saint-Siège et divisa encore une fois les catholiques fidèles à Rome.

Soit sept crises majeures en moins de 150 ans : une tous les 20 ans en moyenne ! On comprend que, confrontés à la nécessité constante de se battre, de prendre en mains la défense de leurs propres affaires et d’assumer l’entretien de leurs prêtres, de leurs églises et chapelles, de leurs écoles, cette série de crises engendra chez les catholiques une réaction vigoureuse conduisant à l’élaboration avec le temps d’un corpus doctrinal exceptionnel.

  1. Les réactions

Les premiers à réagir furent Joseph de Maistre (1753-1821) et son correspondant et ami Louis de Bonald (1754-1840). Joseph de Maistre peut être qualifié de fondateur de l’école contre-révolutionnaire. Car il fut le premier à désigner le caractère propre de la révolution :

Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra.

Et il émit les premiers éléments pour réagir :

Le rétablissement de la monarchie, que l’on appelle contre-révolution, ne sera point une révolution contraire, mais le contraire de la révolution. (Ibid. p. 216)

Dans L’enjeu, Jean Ousset cite une autre phrase de Joseph de Maistre, malheureusement sans donner la référence :

Elle [la contre-Révolution] doit être le contraire de la Révolution,  non une révolution contraire. C’est-à-dire qu’il faut renouer les liens sociaux au lieu de les briser, qu’elle doit exercer une action coordinatrice en sens inverse de l’action désorganisatrice de la Révolution.

Au début du siècle suivant, apparaît une deuxième génération de penseurs contre-révolutionnaires avec en particulier Antoine Blanc de Saint-Bonnet (1815-1880) et surtout le célèbre journaliste Louis Veuillot (1813-1883). Il faut également mentionner le précurseur des catholiques sociaux, Frédéric Le Play (1806-1882). Parmi eux, figurent également des ecclésiastiques : le père Nicolas Deschamps (sj., 1797-1873), Mgr Jean-Joseph Gaume (1802-1879), le cardinal Louis-Édouard Pie (1815-1880), Mgr Charles-Émile Freppel (1827-1891). On pourrait aussi mentionner dom Prosper Guéranger (1805-1875), père abbé du monastère de Solesmes.

Ensuite viennent des disciples de Frédéric Le Play qui tiennent largement compte des thèses contre-révolutionnaires, notamment René de La Tour du Pin (1834-1924) et Albert de Mun (1841-1914). Mais ce ne sont pas les seuls ; on pourrait aussi citer Montalembert, Léon Harmel, … Avec eux, on trouve également des ecclésiastiques, en particulier Mgr Henri Delassus(1836-1921), Mgr Ernest Jouin (1844-1932), le père Paul Benoit (1850-1915), l’abbé Emmanuel Barbier (1851-1925), etc.Mentionnons aussi Charles Maurras (1868-1952) qui, s’il avait perdu la foi, fut malgré tout appelé par St Pie X « un beau défenseur de la foi ».

De leur côté, les papes appuyèrent ce courant de pensée en publiant des encycliques remarquables, tout particulièrement Pie IX(Quanta cura et son annexe le Syllabus…), Léon XIII (Libertas, Immortale Dei, Rerum novarum…), saint Pie X (E suppremi apostolatus, Vehementer, Lettre sur le Sillon…) et Pie XI (Quas primas, Quadragesimo anno…).

Bien sûr, il n’y eut pas que des Français à réagir. On peut citer Edmond Burke (1729-1797) en Angleterre, Juan Donoso Cortès (1809-1853) en Espagne ou Mgr Leo Meurin (sj., 1825-1895) en Allemagne. Mais les Français furent les plus nombreux à réagir.

Voilà donc l’environnement dans lequel baignèrent les fondateurs de la Cité catholique durant leur adolescence.

  1. JEAN OUSSET ET LA CITÉ CATHOLIQUE
  2. La jeunesse

Jean Ousset naquit à Porto, au Portugal, le 28 juillet 1914, dans une famille catholique et monarchiste qui soutenait L’Action Française. Ses parents ayant été obligés d’aller travailler à Paris, et estimant l’air de la capitale peu propice à un garçon de santé fragile, ils confièrent l’éducation de leur fils unique à ses grands-parents maternels, également catholiques et monarchistes convaincus, des paysans vivant au village de Montalzat, dans le Quercy. De cette éducation, Ousset gardera toujours un amour de la culture rurale et de la France profonde.

Il fit ses études secondaires au collège St-Elme des dominicains d’Arcachon où il fit la connaissance de Jean Masson (1910-1965), futur fondateur avec lui de La Cité catholique. En 1934, tous deux créèrent un petit groupe de travail à Montalzat sous la tutelle de l’abbé Jean Choulot, curé du village, fervent partisan de L’Action Française, lui aussi, et qui avait réuni dans son presbytère une importante documentation sur l’école contre-révolutionnaire.

À cette époque, le père de Jean Ousset lui trouva un travail dans l’artisanat (fabrication de chapeaux), travail qu’il abandonna bientôt pour se consacrer à sa passion : l’art. Il partit pour Bordeaux suivre des cours de peinture et de sculpture. Puis il fit trois ans de service militaire au sein du 9e bataillon de chasseurs alpins.

  1. Le groupe Montalzat

Après le service militaire, il reprit contact avec son ami Jean Masson et l’abbé Choulot. Le Groupe de Montalzat, créé en 1934, fut reconstitué. L’abbé Choulot prit en charge la formation doctrinale du groupe, permettant aux discussions de prendre une direction moins anarchique. Le charisme et la fougue du jeune abbé vont orienter le combat des pionniers de La Cité catholique et seront à l’origine des initiatives ultérieures d’Ousset.

Parallèlement, pour gagner sa vie, Jean Ousset travaillait comme ouvrier dans une usine et va découvrir à cette occasion les méthodes de fonctionnement du Parti communiste, sa “dialectique” et son influence sur les ouvriers.

Le 7 mai 1939, au congrès des étudiants d’Action Française de Bordeaux, alors qu’il n’avait que 25 ans, il lut devant un auditoire, où figurait Maurras, un texte sur le thème L’Action Française, école de vérité. Le lendemain, dans le quotidien de L’Action Française, Maurras exprima son enthousiasme pour les qualités du jeune orateur. Ce dernier alla alors voir Maurras à Paris et lui soumit un projet d’école doctrinale pour L’Action Française. Maurras lui répondit que, comme l’indiquait son nom, L’Action Française partait de l’action, non des idées, ajoutant : « Toutefois si vous cherchez une doctrine, soyez certain qu’il n’y a de doctrine vraie que catholique. Si donc vous êtes catholique, ne le soyez pas à moitié ! »

C’est alors qu’avec Jean Masson il décida de consacrer sa vie à l’établissement de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, par un vœu solennel qu’il prononça avec un groupe d’amis devant une statue de la Vierge, à Montalzat, le 15 août suivant. C’était il y a 80 ans.

La guerre dispersa ce premier embryon d’association. Brillant sous-officier, Ousset fut décoré de la croix de guerre, puis fut fait prisonnier en 1940 alors qu’il combattait devant la maison natale de sainte Jeanne d’Arc à Domrémy. Durant sa détention, il fut frappé par l’efficacité des prisonniers communistes pour argumenter et convaincre. Fervent anticommuniste, Ousset en conclut que si la droite et les catholiques disposaient d’une supériorité incontestable sur le plan des idées, les communistes étaient plus efficaces sur le plan de la propagande et de l’action.

Après plusieurs tentatives d’évasion, il fut libéré en 1942 et retourna en France. Ousset adhéra alors au régime du maréchal Philippe Pétain et devint le chef du bureau d’étude du mouvement de jeunesse Jeune légion, structure liée à la  Légion française des combattants de Xavier Vallat, un des bras armés du régime de Vichy. À l’époque, il eut pour collègue … François Mitterrand ! Il devint ainsi le principal animateur des journaux du mouvement : Jeune Légion (1942-1943), puis Bastions(1943-1944) où furent publiées les premières ébauches des études diffusées plus tard par la Cité Catholique. Il publia également deux ouvrages politiques : Histoire et génie de la France (1943) et Fondement d’une doctrine (1944).

  1. La découverte des exercices spirituels

En 1944, grâce une fois de plus à son ami Masson, il fit une rencontre décisive, celle du père François de Paule Vallet (1884-1947), fondateur des Coopérateurs Paroissiaux du Christ-Roi (CPCR), infatigable prêcheur des Exercices Spirituels de saint Ignace de Loyola, qu’il avait ramenés de 30 à 5 jours pour mieux répondre aux exigences des laïcs du XXe siècle.

Le père Vallet était installé depuis 1933 à Chabeuil, dans la Drôme (d’où le nom de “Pères de Chabeuil” souvent donné à sa congrégation). L’une des idées directrices de son œuvre était de rendre au laïcat, par la pratique des exercices spirituels, le sens de ses responsabilités civiques et de l’engager dans l’œuvre d’une restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ. Pour cela, il s’inspirait ouvertement de l’école contre-révolutionnaire.

Après cette rencontre providentielle, Jean Ousset comprit qu’il fallait réaliser « une action civique catholique non seulement par la doctrine professée (intelligence), mais encore par le recours aux sources inépuisables de la force divine (volonté) », autrement dit une réforme intellectuelle et morale. L’œuvre à fonder apporterait la partie intellectuelle et les exercices spirituels du père Vallet la partie spirituelle et morale.

  1. La création de La Cité catholique

Sous l’impulsion du père Vallet, qui leur avait mieux fait comprendre l’importance de la référence au Christ-Roi, Jean Ousset et Jean Masson reprirent, avec des convictions renforcées, les initiatives amorcées avant la guerre. Après avoir vérifié que rien de semblable n’avait été mis sur pied, ils créèrent une œuvre d’action civique qu’ils appelèrent Centre d’Études Critiques et de Synthèse. Pour Jean Masson, le CECS devait se placer clairement sur « le plan (…) de la contre-Révolution catholique ». La volonté des deux amis était de créer un organisme de laïcs agissant sous leur responsabilité civique à l’avènement d’un ordre social chrétien, grâce au droit reconnu par l’Église à tout catholique de prendre des positions politiques particulières. Il ne s’agissait pas de représenter l’Église mais de s’en faire l’écho « au plan de ces affaires sociales, civiques ou politiques que le naturalisme et le laïcisme révolutionnaire ne cessent de pénétrer ».

Le 29 juillet 1946, ils consacrèrent leur œuvre au Christ-Roi à la basilique de Montmartre, puis à la Sainte Vierge à la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, rue du Bac. La petite équipe s’installa d’abord à Salon-de-Provence où la famille de Masson possèdait une imprimerie. Ils y éditèrent un bulletin qui, au troisième numéro, prit le titre de Verbe, avec unecouverture jaune et blanche, et pour sous-titre Organe de formation civique pour la contre-révolution.

  1. Les premières années

Au cours des années suivantes et ce jusqu’en 1963, Jean Ousset et son équipe furent toujours très attachés aux retraites de Chabeuil. Car les CPCR diffusaient une doctrine et une spiritualité solidement catholiques et contre-révolutionnaires. Et, tout naturellement, ils encouragaient leurs retraitants à s’affilier à La Cité catholique, seule organisation franchement contre-révolutionnaire de laïcs catholiques en France à l’époque. Les dirigeants de la Cité catholique prirent donc l’habitude de faire des retraites à Chabeuil, et incitaient fortement leurs militants à faire de même. L’œuvre de Jean Ousset et Jean Masson et celle du père Vallet s’appuyaient ainsi l’une sur l’autre, La Cité catholique envoyant des retraitants à Chabeuil, Chabeuil donnant à ces retraitants de meilleures assises surnaturelles et une volonté mieux affermie de se consacrer à la restauration chrétienne de la cité. Ce fut une collaboration exemplaire : chacun restait dans son domaine, les clercs s’abstenant de toute forme de cléricalisme, les laïcs évitant d’”endosser le surplis”.

En 1949, le CECS organisa à Saint-Étienne son premier congrès, au cours duquel il changea de nom pour devenir La Cité catholique. Ce premier congrès ne réunit que 17 participants, mais les suivants connaîtront une progression régulière : 60 à Bordeaux en 1950, 100 à Marseille en 1951, 150 à Dijon en 1953 (le congrès de Nantes en 1952 dut être annulé à cause de l’opposition de l’évêque du lieu), 300 à Angers en 1954, 700 à Poitiers en 1957, entre 1000 et 1500 à Issy-les-Moulinaux en 1960, … avec à chaque fois le soutien de plusieurs évêques français.

À partir de 1952, commença une action particulièrement importante : la publication dans Verbe (du n° 50 – février 1953 au n° 88 – décembre 1957) d’une série d’articles intitulés Pour qu’Il règne sur nous. L’ensemble de ces articles fut ensuite publié en deux tomes intitulés Pour qu’Il règne sur nous… au combat pour la cité catholique. Dossier I (432 pages en 1957) et Dossier II (444 pages en 1958) ; puis en 1959 une version revue et augmentée en un seul tome vit le jour, avec une couverture rouge et intitulé Pour qu’Il règne. Plusieurs autres éditions suivront, notamment en 1970 et 1975, avec à chaque fois une composition légèrement différente.

Outre la publication de Verbe, La Cité catholique agissait également selon un nouveau type d’organisation : les “cellules”, petits cercles d’amis pour étudier la doctrine de l’Église et dont l’idée remontait à l’époque du Groupe de Montalzat.

Par sa revue Verbe, écrit Jean Madiran, par son “cour des cadres”, par ses ouvrages et par ses “congrès”, Jean Ousset a été, pour les générations catholiques d’après-guerre, à la fois un instituteur, un maître à penser, un guide spirituel : au milieu des ténèbres et des contradictions, il fut le gardien de ses frères en Jésus-Christ.

En 1955, Ousset décida de transférer La Cité catholique à Paris, et l’équipe s’installa rue Copernic. Deux ans plus tard, en désaccord sur différents points, Ousset et Masson se séparèrent tout en restant amis, Ousset resta ainsi le seul dirigeant-fondateur aux commandes.

En juillet 1964, La Cité catholique déménagea pour s’installer rue des Renaudes. Ce fut à cette époque que trois des futurs piliers de l’AFS y furent intégrés : Arnaud de Lassus en 1961, Ennemond Beth en 1968 et, un peu plus tard, Louis d’Anselme en 1972.

  1. Une transformation contestée

À la fin des années 1950, La Cité catholique était en plein essor. Mais arriva alors la crise de la guerre d’Algérie, puis, très vite après, la grande démolition conciliaire et post-conciliaire. Dès 1962, un changement d’orientation se dessina à Chabeuil. Peu à peu, dans les retraites, on vit s’atténuer l’insistance sur la royauté sociale de Notre Seigneur et sur les devoirs civiques des laïcs. Certaines des intuitions fondamentales du père Vallet furent négligées. Et l’extraordinaire efficacité résultant de la collaboration sans confusion entre la Cité catholique et les coopérateurs paroissiaux du Christ-Roi alla en s’amoindrissant au fil des années. Parallèlement, les évêques français se montrèrent de plus en plus ouvertement hostiles à La Cité catholique.

En 1963, Jean Ousset, devant ce constat et reprochant en outre à son œuvre d’être devenue un véritable mouvement, ce qu’il ne voulait pas qu’elle soit, prit la décision d’en modifier les structures jugées trop centralisées, et d’en changer le nom : La Cité catholique devint l’Office international des œuvres de formation civique et d’action doctrinale selon le droit naturel et chrétien, en abrégé L’Office. Ce nom, très long, selon R. de Neuville « se voulait délibérément imprononçable, même par le jeu des initiales, pour que l’on ne puisse plus se ranger derrière une étiquette ». 

Cinq ans plus tard, en 1967, le nom fut légèrement modifié : “action doctrinale” fit place à “action culturelle”. Parallèlement, le nom de la revue fut également changé et Verbe devint Permanences. Ces changements furent loin de faire l’unanimité ; notamment Arnaud de Lassus les jugea toujours regrettables, et le recul du temps le conforta dans ce jugement.

  1. Le développement de l’Office et la création de l’AFS

L’Office poursuivit, sous une étiquette différente, les tâches de La Cité catholique, luttant contre l’esprit de chapelle et jouant un rôle de rassembleur. Voulant que son œuvre ressemble à une association d’associations, Jean Ousset suscita la création de groupes auxiliaires, appelés “satellites”, dont plusieurs sont encore en activité aujourd’hui : Centre d’Études des Entreprises (CEE), Centre d’Études et de Recherches des Cadres (CERC), Secrétariat d’Information et d’Études Familiales (SIDEF), Secrétariat d’Information pour les Collectivités Locales Et Régionales (SICLER), etc.

C’est ainsi que l’Action Familiale et Scolaire (AFS) vit le jour le 1er octobre 1975, par fusion de deux satellites : l’Action Scolaire et le SIDEF, créés respectivement en 1966 et 1967 par Michel Creuzet et Michel de Penfentenyo.

L’équipe de L’Office continua à organiser des congrès en Suisse avec un succès croissant : à Sion en 1964, puis à Lausanne de 1965 à 1977, avec la participation d’orateurs de renom : Gustave Thibon, Jean Madiran, Louis Salleron, les frères Charlier, … 2500 à 4000 personnes se retrouvaient durant trois jours, donnant l’occasion à des animateurs d’œuvres très variées d’harmoniser et de concerter leurs actions. En 1977, un journaliste du quotidien Le Monde constatait : « Trois jours durant, le palais Beaulieu de Lausanne a sans doute renfermé la documentation contre-révolutionnaire la plus importante d’Europe. »

Ces douze années des congrès de Lausanne furent des années de grand rayonnement : nombreux sont ceux qui trouvèrent dans les cellules de L’Office et à Lausanne une formation et une impulsion qui furent décisives pour leur vie ; beaucoup d’œuvres naquirent, soit des cellules, soit des rencontres faites à Lausanne ; et des concertations internationales purent s’opérer au cours de ces congrès qui réunissaient collaborateurs et amis venant d’une quinzaine de pays.

Malheureusement, après le concile Vatican II, L’Office et les groupes d’amis menant le même combat trouvèrent de moins en moins d’appui dans le monde ecclésiastique. Et les difficultés d’ordre religieux, nées du concile Vatican II, allaient être la cause de multiples divisions, en particulier, la promulgation du Novus Ordo Missae, Ousset n’ayant pas voulu prendre position.

  1. L’essai du “sociabilisme”

Au début des années 1970, Jean Ousset se remit à douter de l’efficacité de son œuvre, jugeant sévèrement d’une part les congrès dont l’organisation prenait, selon lui, trop de temps au détriment du travail de fond, d’autre part les satellites qu’il trouvait trop spécialisés et perdant le sens du combat général.

En 1974, il disparut brusquement : il quitta L’Office, sa famille, ses amis et, sous une fausse identité, il sillonna la France, fit la queue dans les bureaux de placement et accepta divers d’emplois très humbles pour lui permettre, disait-il de « rencontrer, parler, interroger, savoir de près, en direct, où en est le peuple de France ».

Deux ans plus tard, il réapparut et proposa une nouvelle évolution : le sociabilisme, qu’il définissait ainsi :

« Le sociabilisme, n’est pas une manière de convertir les gens à quelque autre système que ce soit. Il a pour but spécifique (très limité) de permettre à des gens de vivre ensemble, même si ces gens ne veulent changer en rien. »

Plusieurs dirigeants de L’Office, notamment Arnaud de Lassus, n’accrochèrent pas avec cette proposition de sociabilisme. Le terme ressemblait trop à ‘socialisme’. Et bien qu’Ousset se soit efforcé d’expliquer qu’il s’agissait d’une action préliminaire, rendue nécessaire par les désastres de l’après-1968, la tentative n’eut guère de succès et s’arrêta au bout de quelques années. Cette époque vit également la fin des grands congrès de Lausanne, le dernier ayant eu lieu en 1977.

III. LA SÉPARATION

Peu après, Ousset et certains dirigeants de L’Office souhaitèrent un remaniement profond de son organisation, lequel créa un climat de tension, au point qu’à la fin de 1979, il fut demandé à trois permanents de démissionner : Michel de Penfentenyo (responsable du SICLER), Ennemond Beth (responsable de l’AFS) et Arnaud de Lassus (responsable des réseaux). Désapprouvant cette mesure, Louis d’Anselme, secrétaire général de L’Office, démissionna lui aussi.

Michel de Penfentenyo décida de poursuivre l’action du SICLER en travaillant chez lui au Chesnay. Les trois autres, ne pouvant plus se rendre rue des Renaudes, prirent l’habitude d’aller dans les locaux du CEE situés avenue Niel, à une cinquantaine de mètres de la rue des Renaudes et essayèrent tant bien que mal de maintenir les activités de l’AFS qui avait à peine quatre ans d’existence. Providentiellement, un mois plus tard, en janvier 1980, le CEE déménagea rue de Logelbach, laissant libre les locaux de l’avenue Niel. L’Action Familiale et Scolaire s’y installa donc définitivement. Alors que jusqu’à présent, elle ne reposait que sur Ennemond Beth, elle se vit dotée du jour au lendemain de bureaux et de trois permanents à temps plein !

De son côté, L’Office poursuivit sa tâche de formation et d’action civiques et culturelles, mais demanda à tous les satellites d’agir désormais en autonomie complète. En 1981, il changea une fois de plus de nom, devenant ICTUS (Institut Culturel et Technique d’Utilité Sociale), puis une autre fois en 1997 pour devenir Centre de formation à l’action civique et culturelle selon le droit naturel et chrétien, pour finalement revenir en 2006 au nom d’ICHTUS, écrit cette fois avec un “h” pour coller à l’orthographe du mot “poisson” en grec.

Petit à petit, les orientations doctrinales et les modes d’action se différencièrent, Ichtus se réfèrant de plus en plus à l’enseignement conciliaire ou post-conciliaire, l’AFS restant indéfectiblement attachée aux enseignements des papes d’avant le concile.

Jean Ousset mourut à Paris dans la nuit du 19 au 20 avril 1994.

IV. LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFS

Ainsi, janvier 1980 vit un changement complet dans le fonctionnement de l’AFS : l’organisme devint totalement autonome, disposant de locaux propres et fort de l’appui de trois permanents : Ennemond Beth, Louis d’Anselme et Arnaud de Lassus. De là date l’essor que nous lui connaissons.

  1. Le développement des activités

L’AFS développa ses activités dans huit secteurs : la formation civique générale, la défense de la famille, de l’école et de la vie, les catéchismes, la crise dans l’Église, les actions à l’étranger, enfin les stages et sessions de formation. Pour conduire toutes ces actions, l’équipe dut se renforcer. C’est ainsi qu’arrivèrent François Desjars en 1987, Michel Berger en 1989, Michel Desclos le Peley en 1996, André Frament en 1999… La revue s’étoffa et publia de nombreuses brochures, dont la série Connaissance élémentaire.

À ce jour, outre les 267 numéros de la revue, le fond documentaire de l’AFS contient plus de 400 brochures sur des sujets très variés, classés dans une soixantaine de rubriques autour de sept grands thèmes :

  • philosophie (métaphysique, idéologie, évolutionnisme, …) ;
  • bioéthique (culture de mort, avortement, euthanasie, …) ;
  • religion (doctrine sociale, liturgie, histoire de l’Église, modernisme, …) ;
  • famille ;
  • éducation (autorité, adolescence, enseignement, …) ;
  • histoire ;
  • politique (doctrine, démocratie, laïcité, FM, mondialisme, …).

Importante source documentaire donc, que de nombreux amis nous demandent de faire vivre.

  1. L’affaire des catéchismes

Peu après la séparation entre l’AFS et L’Office, éclata en France l’affaire des catéchismes Pierres vivantes, officiellement publiés le 15 avril 1981. S’agissant de l’éducation à la foi, l’AFS était directement concernée et très vite des articles parurent dans la revue remettant fermement en question le bien fondé de cette réforme. Et à partir d’août 1981, pratiquement tous les numéros de la revue abordèrent la question, parfois de façon succincte, mais souvent avec des dossiers de plusieurs pages. Ainsi, dès sa naissance pourrait-on dire, l’AFS eut à combattre très concrètement sur un sujet d’une importance vitale pour la foi, ayant souvent à lutter contre des ecclésiastiques.

L’année suivante, Ennemond Beth et Arnaud de Lassus se rendirent à Rome pour rencontrer le cardinal Oddi, préfet de la Congrégation pour le clergé, et lui remettre un important dossier sur la question. Le cardinal se montra très intéressé, ce d’autant que Mgr Gilson et Mgr Boffet étaient venus lui présenter le projet à l’automne 1980, et qu’il avait demandé d’effectuer plusieurs corrections. Le cardinal, devant l’intérêt du dossier de l’AFS, s’arrangea pour organiser dès le lendemain une entrevue avec le cardinal Ratzinger, qui venait d’être nommé préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Le cardinal Ratzinger se montra lui aussi très intéressé et demanda un dossier complémentaire. Deux semaines plus tard, Ennemond Beth retournait à Rome pour remettre ce dossier au cardinal Ratzinger. Anecdote amusante : dans le compartiment-couchette qu’il occupa, se trouvait également Mgr Boffet qui, cette nuit-là, voyagea sans le savoir avec un de ses principaux détracteurs !

Apparemment la démarche auprès de Rome porta ses fruits, car le cardinal Ratzinger se rendit à Lyon, puis à Paris, les 15 et 16 janvier 1983, pour donner une conférence au cours de laquelle il critiqua sévèrement le nouveau catéchisme des évêques de France, déclarant : « Ce fut une première et grave faute de supprimer le catéchisme et de déclarer “dépassé” le genre même du catéchisme. » Il reprocha le fait « qu’on n’a plus le courage de présenter la foi comme un tout organique en soi, mais seulement comme des reflets choisis d’expériences anthropologiques partielles ».

Pendant les premières années de ce combat, l’AFS eut la chance de bénéficier des lumières d’un personnage exceptionnel : le père Joseph de Sainte Marie, fils de Louis Salleron. Jusqu’à sa mort survenue en 1985, il éclaira les membres de l’AFS non seulement sur les catéchismes en signalant et expliquant les nombreuses erreurs doctrinales qu’ils contenaient, mais aussi sur la nouvelle messe. Plus généralement, il leur fit comprendre la gravité de la crise dans l’Église, et tout spécialement l’étendue de la pénétration du libéralisme dans l’enseignement du Magistère.

  1. Les développements récents ou en cours

S’il faut transmettre ce que nous avons reçu, il convient aussi d’y apporter notre propre contribution, conformément à l’enseignement de la parabole des talents. C’est pourquoi plusieurs éléments nouveaux ou changements sont apparus récemment. Tout d’abord, grâce au dévouement d’un nouveau collaborateur, la présentation de la revue a été améliorée. Élément nouveau le plus visible, il n’est cependant pas le seul.

3.1. Le rapprochement avec le MCF

Depuis juin 2018, l’AFS et le Mouvement Catholique des Familles (MCF) se partagent les locaux de l’avenue Niel que l’AFS occupait seule depuis 38 ans. En effet, les charges devenaient lourdes à supporter et il convenait de trouver un partenaire pour les partager, ce d’autant plus qu’avec le départ de certains permanents, certains bureaux étaient peu occupés. Mais surtout, les activités des deux organismes concourant chacun à aider les familles, l’un sur le plan financier, l’autre sur le plan intellectuel, se complétaient parfaitement.

3.2. La création du fonds de dotation Frédéric Le Play

Suite à ce rapprochement, les deux présidents de l’AFS et du MCF ont souhaité donner plus de poids aux actions au profit de la famille en créant un fonds de dotation avec pour objectif d’avoir à terme une fondation pour la famille, à l’instar de la fondation pour l’école. Agréé par la préfecture de Paris en mars 2018 sous le nom de Fonds de dotation Frédéric Le Play (FFLP), le fond met en place petit à petit les actions qu’il juge utile pour défendre la famille aujourd’hui : information, soutien juridique, intervention auprès de personnalités, etc.

3.3. La mise en place d’un nouveau site internet

L’important fond documentaire de l’AFS étant jugé sous-employé, il a été décidé de le rendre plus accessible. Pour cela, un nouveau site internet a été mis en place au mois de mai 2019 et propose soit sous forme papier, soit sous forme numérique tous les numéros de la revue et une grande partie des brochures. Actuellement, le quart des brochures est accessible. Petit à petit, les autres brochures sont intégrées au site. À terme, l’essentiel du fond documentaire sera accessible depuis le site.

Outre ces actions, d’autres sont envisagées et pourront voir le jour en fonction des ressources que l’AFS pourra trouver pour les conduire : cours de philosophie par internet à destination des parents pour leurs enfants en Première et Terminale, reprise des relations nouées avec le Canada par Arnaud de Lassus de 1990 à 2005, etc.

V. CONCLUSION : L’AFS AUJOURD’HUI

Quelles conclusions tirer de cette histoire ? Essentiellement trois.

Tout d’abord, une grande humilité. Les actuels dirigeants de l’AFS sont convaincus que « nous ne sommes que des nains juchés sur des épaules de géants ». Ils essayent de faire avec les moyens qu’ils ont, conscients que ceux qui les ont précédés restent des modèles difficiles à égaler. De plus, l’équipe actuelle est peu nombreuse, alors que le travail à faire reste toujours important. Mais Dieu aime les petits nombres et se plaît à aider les faibles.

Ensuite, un dévouement sans faille à l’établissement du règne du Christ-Roi. Ceci conduit à dénoncer les erreurs, rappeler la vérité enseignée par l’Église, et plus concrètement, défendre la Cité, à savoir, pour ce qui concerne l’AFS, défendre la famille et l’école.

Enfin, le souci constant de transmettre fidèlement. L’AFS est l’héritière d’une lignée d’acteurs contre-révolutionnaires et se doit de transmettre leur héritage sans le déformer, en l’adaptant simplement aux conditions de notre époque, plus particulièrement dans ses domaines de prédilection que sont la famille et l’école. Il lui faut donc rester fidèle à l’enseignement de l’Église, notamment des papes de Pie IX à Pie XII. Cet esprit de fidélité a été très bien résumé par Bossuet, dans un texte de référence cher à Arnaud de Lassus :

Lorsqu’il s’agit d’expliquer les principes de la morale chrétienne et les dogmes essentiels de l’Église, tout ce qui ne paraît point dans la tradition de tous les siècles et principalement dans l’antiquité, est dès là non seulement suspect, mais mauvais et condamnable ; et c’est le principal fondement sur lequel tous les saints Pères – et les papes plus que les autres – ont condamné les fausses doctrines, n’y ayant jamais eu rien de plus odieux à l’Église romaine que les nouveautés. Quant aux doctrines nouvelles dont on ne s’est jamais avisé, et qui par conséquent n’ont pas été combattues par les Anciens, il n’y a rien de plus nécessaire que de les rejeter, précisément comme nouvelles et inouïes, la Vérité ne pouvant jamais l’être dans l’Église.

C’est pourquoi, dans chaque brochure ou numéro de la revue, pour présenter les fondements sur lesquels l’AFS s’appuie, il est indiqué : « L’AFS se réfère à l’enseignement CONSTANT de l’Église catholique romaine et se soumet à son autorité légitime. » Et pour que nul n’en ignore, le mot “constant” a été mis en lettres capitales. Ainsi l’AFS espère-t-elle maintenir l’esprit qui avait présidé à la fondation du SIDEF et qui se définissait ainsi en 1966 :

1) Former une élite nouvelle décidée à payer le prix nécessaire à sa propre formation et à l’éducation de son entourage.

2) Organiser une concertation d’ami à ami, de foyer à foyer, pour opposer à la “Machine” un jeu de forces solides, multiformes fondé sur la force même de Celui qui a dit : “Ne craignez rien… j’ai vaincu le monde”.

Le monde sombre dans la folie parce qu’il s’est détourné de Dieu. La corruption des mœurs et des esprits gagne à proportion de la laïcisation de la vie sociale. C’est pourquoi tout espoir de salut doit commencer par un enseignement méthodique des principes. C’est la première condition d’un combat efficace contre les systèmes qui ruinent l’ordre humain et dissolvent, par là-même, la famille.

Nous ne pouvons atteindre “la masse” si nous n’atteignons pas d’abord les cadres naturels de la masse. C’est pourquoi notre intention, dans les débuts, est de toucher surtout ceux qui n’attendent que d’être aidés pour se mettre courageusement au travail.

Semper idem !

Yves de Lassus

Prières pour rencontrer l’autre (en temps de confinement)

Les relations humaines et les rencontres physiques sont fortement affectées et réduites du fait de la situation sanitaire. Mais nous devons cependant saisir toute occasion pour “rencontrer l’autre”, qu’il soit de nos proches ou simplement sur ma route. Le Pape François évoque, dans Fratelli Tutti la “culture de la rencontre”, qu’il nous faut développer.

C’est pourquoi, l’association Priants des campagnes (une initiative pour faire vivre nos églises par la prière fréquente, que nous avons déjà évoqué ici et ) propose un petit livret de prières intitulé “PRIERES pour RENCONTRER L’ AUTRE”. Ce petit livret (15cm x11cm) d’une quarantaine de pages est constitué de courtes prières, qui ont pour but de se préparer à la rencontre du prochain, qu’il soit croyant ou non. La tout est agrémenté de belles illustrations.

Vous pouvez le (ou les) commander par mail en écrivant à Didier Marchaut ([email protected]) qui vous le (ou les) fera parvenir par voie postale, au prix de 5 euros, plus frais de port. Ceux qui l’acquerront pourront aussi susciter de nouvelles commandes en le faisant connaître.

Le produit de la vente de ce livret est entièrement consacré à l’aide à des associations de fidèles et de priants qui ont besoin d’améliorer les conditions d’accueil et de prière dans leur église de campagne afin qu’elle demeure ouverte.

Saint Gérard, apôtre de la Hongrie

En pèlerinage à Venise, le chanoine Gérard Trauchessec a rapporté la vie de saint Gérard Sagredo, moine italien devenu évêque de Csanad en Hongrie au XIe siècle, biographie rédigée en italien en 1900 par Lodovico Crescenzio Dedek, chapelain de la Cour impériale et royale, archiviste de la bibliothèque universitaire de Budapest. C’est cette biographie que publient en français les éditions Via Romana, nous donnant ainsi accès à la vie de l’apôtre de la Hongrie.

Né à Venise en 980, Gérard devient moine puis abbé du monastère bénédictin San Giorgio. Alors qu’il projette d’aller en Terre Sainte, les circonstances le font passer par la Hongrie, où le roi saint Étienne réussit à le retenir pour lui confier l’éducation de son fils Emeric. Ermite puis premier évêque de Csanád, il évangélise les populations, instruisant les fidèles et les invitant à la piété et à la dévotion mariale. Enlevé par les païens avec deux autres évêques, il est lapidé et achevé à coup de lance puis jeté dans le Danube en 1046. Ses reliques ont été récupérées et dispersées entre Venise et la Hongrie.

Fresque orientale, peinture murale, trompe l’œil d’art sacré par Jean-Joseph Chevalier à Ste Maxime

Cette peinture offerte par des pélerins de Terre Sainte à la paroisse de Ste Maxime va servir à rendre présent aux enfants du catéchisme les réalités d’en haut. L’art sacré de Jean-Joseph Chevalier exerce ainsi sa vocation d’évangélisation dans les paroisses qui lui font confiance.

Restant au service de l’Eglise, retrouvez l’artiste sur son site.

Imposer la communion dans la main est injustifié et constitue un grave abus de pouvoir et de cléricalisme

Aldo Maria Vali publie sur son blog une article de Don Frédérico Borteli, prêtre du diocèse de Saint- Marin-Montefeltro, article très précis mais à la fois abordable sur le sujet très sensible du scandale de la communion imposée dans la main dans de nombreux diocèse sous le prétexte fallacieux de la crise sanitaire. La lecture intégrale de cet article est recommandée mais en voici quelques extraits significatifs :

“(…) Suite à la situation sanitaire actuelle liée à la Covid, dans de nombreux endroits, la communion dans la bouche est refusée, ce qui pose de graves difficultés de conscience tant aux fidèles qui souhaitent recevoir l’Eucharistie de cette manière qu’aux prêtres qui souhaitent respecter le droit des fidèles pour communier de cette manière.

L’interdiction de la communion dans la bouche se justifie en se basant sur le fait que cette modalité serait, d’une manière certaine et sans équivoque, plus risquée que la communion à la main pour une contamination par la Covid. Comme nous le verrons, nous n’en avons aucune preuve scientifique objective. Sur le sujet, il y a des opinions contradictoires, comme en effet sur toute la question de la Covid, nous entendons tout et le contraire de tout au sein d’une même communauté scientifique, et on ne voit pas pourquoi les opinions de certains médecins devraient valoir plus que d’autres, seulement parce qu’elles coïncident avec son propre point de vue personnel. Il faut évaluer les choses avec la plus grande objectivité possible.

Tous les médecins conviennent que, selon la littérature scientifique, la Covid se transmet par gouttelettes : en d’autres termes, le coronavirus doit littéralement «prendre son envol» pour pouvoir infecter, et cela peut se produire en éternuant, en toussant et en parlant à voix haute (…) Le professeur Filippo Boscia, président national des médecins catholiques, soutient que ce sont les mains, qui touchent tout, qui sont la partie du corps la plus exposée aux virus et que c’est donc précisément la communion sur la main qui est la plus dangereuse (…) De plus, beaucoup de prêtres remarquent que c’est précisément en distribuant la communion sur la main, très facilement, qu’ils entrent en contact avec la main des fidèles, même s’ils essaient de l’éviter, alors qu’avec la communion en bouche on entre très rarement en contact avec la langue ou les lèvres des fidèles et, si cela se produit, il suffit de procéder à la désinfection des doigts. Par conséquent, c’est précisément la communion sur la main qui est moins sûre d’un point de vue hygiénique.

Vingt et un médecins catholiques autrichiens en juin dernier, se référant aux considérations du professeur Boscia, ont demandé à la conférence de leurs évêques de lever l’interdiction de la communion dans la bouche et la conférence a levé cette interdiction. En septembre dernier, vingt-sept médecins allemands ont également fait la même demande à leur conférence épiscopale (…)

Tout d’abord, on avance que la communion à la main serait une demande obligatoire de l’État pour garantir la santé publique, dont le non-respect entraînerait même des conséquences pénales (…) Il peut y avoir des indications sur l’espacement et l’utilisation des masques, mais certainement pas pour déterminer comment un rite liturgique doit être effectué. En tout cas, selon le dernier document émis par le ministère de l’Intérieur élaboré sur la base du fameux comité technico-scientifique, on ne parle que d’une «recommandation» pour éviter la distribution de la communion dans la bouche. Il n’y a donc absolument aucune obligation et encore moins aucune conséquence pénale à ne pas respecter cette recommandation (…)

Beaucoup soutiennent que les conférences épiscopales régionales et / ou l’évêque diocésain individuel peuvent interdire la communion dans la bouche. Mais est-ce vraiment le cas? Tout d’abord, on peut noter que ces «dispositions» sont pour la plupart de simples communications ou lettres, présentant ainsi des lacunes d’un point de vue formel et juridique et ne peuvent donc en aucune manière abroger ou suspendre la norme générale de la communion dans la bouche. Car c’est précisément le point fondamental: la communion sur la langue est la norme générale qui règle la distribution de l’Eucharistie, solennellement confirmée par le Saint-Siège avec l’Instruction Memoriale Domini du 29 mai 1969. C’est donc le législateur suprême, le Siège apostolique, qui a confirmé la norme générale de la communion dans la bouche. La même instruction prévoit également la possibilité de demander l’indult de communion sur la main, ce qui, d’un point de vue juridique, est une exception à la loi et ne peut donc, par sa nature, devenir la norme générale. Pour cette raison, un évêque de son propre diocèse peut facilement prendre un décret interdisant la communion à la main (comme l’évêque d’Oruro en Colombie l’a fait en 2016), mais il ne peut pas faire le contraire, c’est-à-dire interdire la communion dans la bouche.

Cependant, on fait valoir qu’en cas d’urgence sanitaire, ce qui précède ne s’applique pas. En réalité, il n’y a en fait aucune base légale pour une telle affirmation. De plus, nous avons déjà montré qu’il n’y a aucune preuve scientifique objective pour affirmer que la communion sur la main est plus sûre d’un point de vue hygiénique que la communion dans la bouche. Mais à supposer que cela soit prouvé, seul le législateur suprême, à savoir le Saint-Siège, pourrait changer la norme générale de la communion dans la bouche (et pour le moment il ne l’a pas encore fait). Aucune autorité inférieure ne peut modifier cette norme, par conséquent aucune conférence épiscopale nationale, régionale ou un seul évêque ne peut modifier la norme générale de la communion dans la bouche.

Le canon 838 du Code de droit canonique lui-même est extrêmement important en ce sens, car il rappelle précisément qu’il appartient au Siège apostolique de réglementer la liturgie sacrée, soulignant que l’évêque diocésain peut légiférer en matière liturgique dans les limites de sa compétence. Les conférences épiscopales elles-mêmes ont des limites très spécifiques, établies par le canon 455. Par conséquent, si un évêque ou une conférence épiscopale interdit la communion dans la bouche, même si au lieu de communiqués ou de lettres ils utilisent des décrets (plus corrects du point de vue formel), ils dépassent les limites de leur compétence, commettant un véritable abus de pouvoir. Ces dispositions semblent donc invalides et n’ont aucune force obligatoire, ni pour les prêtres ni pour les autres fidèles (…)

L’actuelle Présentation générale du Missel romain et l’Instruction Redemptionis Sacramentum du 25 mars 2004 confirment clairement et sans équivoque que les fidèles ont toujours le droit de recevoir la communion dans la bouche, même là où la communion à la main est autorisée (…)  la rigidité se trouve chez ceux qui veulent forcer à la communion dans la main. En substance, on dit: «Voulez-vous la communion? Ou vous la prenez dans la main, ou rien! ». Félicitations ! Puis nous nous remplissons la bouche de charité et de sensibilité pastorale, de proximité avec les fidèles, et on se vante d’être miséricordieux et compréhensifs. En réalité, cette imposition apparaît ni plus ni moins comme une forme de cléricalisme, jamais aussi combattue qu’à cette époque, mais seulement en paroles. Plusieurs prêtres, malgré leur opposition à la communion dans la main, ne la nient pas et dans la situation actuelle, pour faire face aux difficultés de certains fidèles, déconcertés par tant d’informations contradictoires qu’ils reçoivent, donnent d’abord la communion à ceux qui veulent la communion entre leurs mains et puis à la fin à ceux qui communient dans la bouche. Un peu de bon sens suffit donc. Il me semble que ces prêtres font preuve d’une ouverture beaucoup plus grande que celle de certains nouveaux pharisiens et légalistes. Et au contraire, que fait-on? Ceux qui respectent la liberté de choix des fidèles, avec toute l’attention voulue, sont accusés de désobéissance et, sans aucune base scientifique, d’être irresponsables, de provoquer la propagation du virus, de ne pas se soucier de la santé des gens. Comme nous sommes doués pour déformer la réalité!

Il semble plutôt que, dans la situation actuelle, on ait agi pour porter une ultime attaque à la communion dans la bouche, détestée par beaucoup pour des raisons idéologiques. La preuve en est que certains évêques ont même défini la communion sur la langue comme un abus liturgique, alors qu’en réalité c’est la communion sur la main qui s’est imposée comme un abus liturgique, qui a ensuite été légalisé. Il y a beaucoup de fidèles qui, avant même le début de la pandémie, ont été tournés en dérision, moqués et gravement offensés par leurs pasteurs simplement parce qu’ils voulaient recevoir la communion dans la bouche et à genoux, lesquels ont encore montré ici une charité proverbiale et une grande sensibilité pastorale ! (…)”

C’est arrivé un 27 février…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 27 février: saints du jour français ou en France.
    • St Galmier (ou Baldomer), sous-diacre († 650)

Saint Galmier (ou Baldomer) humble forgeron, il fut remarqué par l’abbé de Saint-Just de Lyon. L’archevêque Gandésic l’ordonna sous-diacre et, après sa mort, les miracles fleurirent sur sa tombe.

  • Bse Marie de Jésus, vierge, fondatrice et martyre

À Marseille, en 1884, la bienheureuse Marie de Jésus (Marie Deluil Martiny), vierge, qui fonda la Congrégation des « Filles du Cœur de Jésus » et fut blessée à mort par un jardinier pris de folie, achevant ainsi par l’effusion de son sang une vie intimement unie à la Passion du Christ.

  • le 27 février 806 : partage de l’Empire par Charlemagne.

Charlemagne prévoit le partage du Royaume entre ses fils. Charles, Pépin et Louis se voient attribuer des parts équitables du Royaume, mais la mort prématurée des deux premiers laissera Louis seul héritier.

  • le 27 février 1594 : sacre d’Henri IV, Roi de France.

Ce n’est qu’après avoir abjuré le protestantisme, en juillet 1593 en la basilique de St Denis, qu’Henri IV peut revendiquer légitimement la Couronne de France. La Sainte Ligue a gagné. Elle doit maintenant se mettre au service du Roi légitime. Mais la Ligue tient toujours Paris et Reims. Henri IV sait toute l’importance que revêt la cérémonie du sacre. Ce n’est qu’après avoir reçu l’onction du saint chrême qu’il pourra achever de rassembler ses sujets autour de lui.

Henri IV est à Chartres dès le 17 février, où il passe ses journées en prières et en recueillement. La veille de la cérémonie, il se confesse. Le lendemain matin, il entre dans la cathédrale où se pressent le peuple ainsi que les pairs laïcs et ecclésiastiques.

Dans Eglise et Monarchie, Don Besse décrit ainsi la cérémonie du Sacre.

«La France assiste au Sacre de son Roi. Elle a pleine conscience de ce qui se passe devant ses yeux. C’est Jésus-Christ qui va lui donner son souverain. Sa présence est un acte de foi qui s’élève jusqu’à Dieu, source du pouvoir dans les Sociétés… la France entière, Roi et sujets, fait hommage d’elle-même à Dieu, Jésus-Christ. Tous communient à la même pensée catholique qui rayonne sur l’ordre politique et social. Les idées et les sentiments entraînent l’union des cœurs et des esprits. Cette union des âmes concourt nécessairement à l’unité Nationale.»

Puis le Roi prête les serments suivants :

«Je promets de conserver à chacun de vous (les Évêques), et aux Églises qui vous sont confiées, les privilèges canoniques, les droits et la juridiction dont vous jouissez, et de vous protéger et défendre autant que je le pourrai, avec le secours de Dieu, comme il est du devoir d’un Roi, dans son Royaume, de protéger chaque Évêque, et l’Eglise qui est commise à ses soins. »

Et après que le Peuple a accepté le Roi pour son Souverain, celui-ci la main sur l’Évangile :

«Je promets, au nom de Jésus-Christ, au Peuple Chrétien qui m’est soumis :

«Premièrement de faire conserver en tous temps à l’Eglise de Dieu, la paix par le peuple chrétien.

«D’empêcher les personnes de tous rangs de commettre des rapines et des iniquités de quelque nature qu’elles soient.

«De faire observer la justice et la miséricorde dans les jugements, afin que Dieu, qui est la source de la clémence et de la miséricorde, daigne la répandre sur moi et sur vous aussi.

«De m’appliquer sincèrement, et selon mon pouvoir, à expulser de toutes les terres soumises a ma domination les hérétiques nommément condamnés par l’Eglise.

«Je confirme par serment toutes les choses énoncées ci-dessus : Qu’ainsi Dieu et Ses Saints Évangiles me soient en aide».

Le serment lie le souverain à Dieu, dont il est le représentant sur terre. Dieu lui a donné le Royaume ; il promet de le gouverner conformément à ses volontés. Il y a entre eux un contrat. L’Eglise en est le témoin.

[…] «Après le serment, le Roi se prosterne tout de son long, les Évêques, le Clergé, tout le monde fléchit les genoux. Le spectacle est grandiose. C’est la France entière qui est là, suppliante. Le Ciel est entrouvert au-dessus de la Basilique. Dieu, entouré de la Cour de Ses Saints, contemple. Il bénit. C’est la France qu’il bénit en la personne de son Chef. Il lui donne tout ce qui peut rendre son Gouvernement prospère».

Puis, avant de procéder à l’onction sainte, le Prélat consécrateur remet l’épée entre les mains du Roi et dit :

«Prenez cette épée, qui vous est donnée avec la Bénédiction du Seigneur; afin que par elle et par la force de l’Esprit-Saint, vous puissiez résister à tous vos ennemis, et les surmonter, protéger et défendre la sainte Eglise, le Royaume qui vous est confié et le camp du Seigneur, par le secours de Jésus-Christ, le triomphateur invincible. Prenez, dis-je de nos mains consacrées par l’autorité des saints Apôtres, cette épée dont nous vous avons ceint, ainsi qu’on en a ceint les rois, et qui, bénite par notre ministère, est destinée de Dieu pour la défense de Sa sainte Eglise.

Souvenez-vous de celui dont le prophète Daniel a parlé ainsi dans ses psaumes : O vous qui êtes le fort d’Israël ! Prenez votre épée et disposez-vous au combat ;

  • afin que par son secours vous exerciez la justice, vous brisiez la mâchoire des injustes;
  • que vous protégiez et défendiez la sainte Eglise de Dieu et de ses enfants ;
  • que vous n’ayez pas moins d’horreur pour les ennemis secrets du nom chrétien que pour ceux qui le sont ouvertement, et que vous travailliez à les perdre ;
  • que vous protégiez avec bonté les veuves et les orphelins ;
  • que vous répariez les désordres ; que vous conserviez ce qui a été établi ;
  • que vous punissiez l’injustice ;
  • que vous affermissiez tout ce qui a été mis dans l’ordre ;
  • afin que, couvert de gloire par la pratique de toutes ces vertus et faisant régner la justice, vous méritiez de régner avec notre Sauveur, dont vous êtes l’image, et qui règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il».

Et un peu plus loin, en ceignant le Roi de son épée :

«Passe le glaive autour de tes reins, ô très puissant, et souviens-toi que les saints ont vaincu les royaumes, non avec le glaive, mais avec leur foi…»

Puis : «Seigneur, daignez le combler des bénédictions de Votre grâce spirituelle et revêtez-le de la plénitude de Votre puissance. Que la rosée du Ciel, la graisse de la terre, procure dans ses états une abondance de blé, de vin et d’huile, et que par Vos divines largesses la terre soit couverte de fruits pendant de longues années… afin que sous son règne les peuples jouissent de la santé. Qu’il soit le plus puissant des rois… Que pour la suite des siècles, il naisse de lui des Successeurs à son trône». (*)

(*) Don Besse dans Eglise et Monarchie (page 235 à261 Edition Jouve & Cie)

Après le serment royal et la remise de l’épée ont lieu le sacre proprement dit avec le Saint Crème, que les révolutionnaires n’ont pu faire disparaître en 1794, la remise des insignes de justice et de souveraineté, bénédiction de la couronne et le couronnement . Il ne reste plus à Henri qu’à se faire introniser et acclamer par la foule.

Sacré selon des rites immuables qui ont conféré leurs pouvoirs aux Rois de France depuis des siècles, le Roi Henri IV est acclamé par son peuple, qui laisse exploser sa joie.

Les conséquences du sacre d’Henri IV ne se font pas attendre. Rapidement le Parlement de Paris se range à ses côtés, et demande à l’occupant espagnol de quitter la ville. Tout se met en place pour une arrivée triomphale à Paris le 22 mars suivant.

Soulignons qu’en l’abbaye de Marmoutier, près de Tours, une ampoule identique à celle de Reims, contenant l’huile sainte nécessaire au sacre fut trouvée juste avant le Sacre.

Voir les chroniques du 13 décembre sur la naissance du Roi et ses liens avec Notre Dame dès ce jour ; du 14 mai sur son assassinat par Ravaillac ; du 22 mars sur son entrée à Paris et sa visite à Notre Dame où Saint Michel Archange apparaît auprès du Roi aux yeux de tout le peuple français pendant toute la messe ; du 25 juillet sur son abjuration de l’hérésie protestante.

  • le 27 février 1642 : la future colonie canadienne prend à Notre Dame de Paris le nom de « Ville-Marie ».

Des lettres patentes concèdent l’île de Montréal à Jérôme Le Royer, sieur de La Dauversière et Pierre Chevrier de Fancamp, membres fondateurs de la Société de Notre-Dame, et leur confèrent le droit de nommer un gouverneur local, de construire des fortifications. Voir les chroniques du 7 août et du 6 novembre.

  • le 27 février 1658 : une crue de la Seine provoque des inondations à Paris (8,81m à l’échelle du pont de la Tournelle).
  • le 27 février 1718 : la statue de Louis XIV est inaugurée, au Peyrou, à Montpellier.
  • le 27 février 1736 : naissance de René Madec, marin et aventurier breton français, nabab du Grand Mogol

René Madec est un marin et un aventurier, né et mort à Quimper. Issu d’une famille modeste, il s’embarque à 11 ans et navigue sur les bateaux de la Compagnie des Indes. Il participe aux conflits franco-britannique en Inde et crée une armée privée qu’il met au service des princes indiens et du Grand Moghol, qui le fait Nabab. En 1764, il est à la tête d’une armée privée, forte d’environ 1 500 hommes qu’il met au service des rajahs puis du Grand Moghol lui-même. Parallèlement à ses activités guerrières, il commence à se bâtir une fortune colossale.

Son armée compte maintenant 6 000 hommes, il est devenu un des hommes les plus importants et les plus influents de l’Hindustan. Combattant avec les Français contre les Britanniques, il revient au pays après la capitulation.

Débarqué à Lorient, il se rend à Versailles pour remettre à Louis XVI, le rapport du gouverneur Guillaume Léonard de Bellecombe, sur le siège de Pondichéry. Il y apprend que depuis 2 ans (1er janvier 1777), il a le grade de colonel, et qu’il est reçu dans l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il est, peu de temps après, anobli par le Roi. Il meurt d’une chute de cheval.

  • le 27 février 1751 : extension de la colonie de Nouvelle France.

Jacques-Pierre de Taffanel de la Jonquière envoie Pierre-Marie Raimbeau de Simblin construire un fort de traite des fourrures au Lac de la Carpe pour entraver l’influence britannique dans le sud de la Baie d’Hudson.

  • le 27 février 1821 : l’ordonnance sur l’Instruction donne de nouveaux pouvoirs à l’Église.

Les évêques auront la charge de l’inspection des collèges.

  • le 27 février 1822 : à Paris, début de l’éclairage intérieur au gaz, grâce au système Winsor.
  • le 27 février 1848 : création des ateliers nationaux.

Un décret du nouveau gouvernement, sous la pression de Louis Blanc, institue les Ateliers Nationaux, destinés à résorber le chômage en réalisant des grands travaux. Les ouvriers, dont le droit au travail a été reconnu le 25 février, s’inscrivent par milliers au bureau d’embauche : fin juin, ils sont près de cent mille. Un programme de grands travaux est lancé à Paris avec la construction des gares Montparnasse et Saint-Lazare. Ils seront dissous le 21 juin 1848, entraînant une insurrection sanglante.

  • le 27 février 1856 : début du Congrès de Paris, fin de la guerre de Crimée.

Le Congrès Paris, qui rassemble les principaux belligérants de la guerre de Crimée commence Le 30 mars, la France, l’Angleterre et la Russie signent le traité qui consacre l’indépendance de l’Empire ottoman. La Russie renonce à ses prétentions sur la Moldavie et la Bessarabie accepte la neutralisation de la Mer Noire et accorde la libre circulation des navires sur le Danube.

  • le 27 février 1858 : dixième apparition de Notre Dame.

Notre Dame est silencieuse. Sainte Bernadette boit l’eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.

  • le 27 février 1913 : fin du procès de la bande à Bonnot.

En France, le procès de la Bande à Bonnot prend fin avec la condamnation à mort de 4 membres de ce gang qui a terrorisé le pays; ils sont exécutés le 21 avril suivant. Jules Bonnot, le cerveau de la bande, avait été tué par la Garde républicaine le 27 avril 1912, après 5 heures de résistance.

  • le 27 février 1916 : mort à l’ennemi du brigadier Henri Ruellan, le troisième des dix frères Ruellan mobilisés.

Les dix frères Ruellan ce sont:

  • quinze citations dont huit à l’ordre de l’armée,
  • trois médailles militaires,
  • sept croix et Légion d’honneur.

Pourquoi plus de cents ans après la Grande Guerre, « l’éducation nationale », ne parle pas de cette famille comme en 1938 ?

Au départ, il y a Jules Ruellan et Marguerite Huet du Rivau, un couple de fervents catholiques élevés dans l’amour de la France éternelle. De leur foyer naissent dix-huit enfants. Dix frères partent pour le front, six y tombent pour la France, ce qui en fait la fratrie française ayant eu le plus de morts pendant ce conflit. Un septième mourra une dizaine d’années plus tard, victime du gazage subi pendant la guerre.

Ils sont les « les dix frères Ruellan »

La famille Ruellan est une famille bretonne de notables établie à Saint Malo, où Jules, le père, est armateur. Marguerite du Rivau, la mère, est issue d’une ancienne famille aristocrate ayant fait souche en Sarthe. Ce couple de caractère est à la fois gai et engagé.

En 1905, au moment de la loi dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat, Stanislas et André se retrouvent dans une manifestation de protestation. André est jugé pour avoir, d’un coup d’indignation et de colère, frappé… le cheval d’un gendarme. Condamné pour ce crime très grave à seize  francs d’amende, il refuse de payer à l’Etat ce qu’il a défendu comme revenant à Dieu et il ne purge son injuste amende que par peine de corps, par journées de prison, et encore ne s’y rend t-il pas de lui-même mais avec escorte de gendarmes…

Xavier, quant à lui, est condamné à six jours d’arrêt à la prison de St Malo pour avoir sans doute trop fermement manifesté sa réprobation à un commissaire chargé de l’exécution des inventaires.

Jean-Berchmans, pour sa part, manifeste à Paris au mois de février 1911 contre une pièce de théâtre d’un auteur qui provoquait le scandale, un déserteur qui le revendiquait. Participant à toutes les manifestations de protestation, six ou sept environ, Berchmans est arrêté  à chacune d’entre elles et conduit au poste.

Dans cette famille, tous étaient profondément royalistes. Et de ces royalistes qui s’opposent à la République anticléricale et déjà anti-chrétienne.

Dès le début de la guerre, les treize enfants qui sont encore en vie en 1914 s’engagent chacun selon sa manière. Deux des frères, émigrés en Amérique pour faire affaires, répondent aussitôt à la mobilisation générale. Abandonnant ses affaires après des années d’investissements au moment où elles allaient commencer à porter leur fruit, Stanislas abandonne tout pour rentrer en France. Quant à André, établi en Uruguay, cherche aussitôt à embarquer au plus vite pour rentrer. Tous se mobilisent.

Les trois sœurs répondent également à la mobilisation et revêtent l’habit blanc des infirmières durant toute la guerre.

Dans le journal l’Action françaises, dont les Ruellan sont des abonnés fidèles, la mort de chacun d’eux est rapportée dans la nécrologie. La guerre fait des morts et des orphelins et Charles Maurras fait à plusieurs reprises un appel aux dons à ses lecteurs, qui y répondent très généreusement, pour l’orphelinat dans le bordelais dont s’occupait Madame Xavier Ruellan. Maurras au sujet des Ruellan : « une race de braves qui avec tant de douleurs continuent avec obstination à se battre, à faire le bien, à servir ».

Morts au champ d’honneur :

Bernard (1888-17 février 1915, 26 ans).

Adjudant-chef au 3èmebis des zouaves. Mort le 17 février 1915, frappé d’une balle en plein cœur, en portant secours à un camarade. Citation à l’ordre  de l’armée, médaille militaire.

Quelque temps avant sa mort, il écrit à sa sœur : « je fais le sacrifice de ma vie à la France. »

André (1885-1915, 29 ans).

Sergent au 7°régiment d’infanterie coloniale, tué le 16 mai 1915. Alors qu’il mène la charge à la tête de sa section, une balle le frappe en plein front dès le début de la bataille de Verdun. Deux  citations dont une à l’ordre de l’armée, médaille militaire.

Henri (1892-1916,23 ans)

Brigadier au 7° d’artillerie, tué le 27 février 1916 étant enseveli vivant dans sa casemate lors d’un bombardement à Verdun. Citation à l’ordre de la division, médaille militaire.

Louis (1878-1916,38 ans)

Capitaine au 308° d’infanterie, tué le 22 novembre 1916. Citation à l’ordre de l’armée, chevalier de la légion d’honneur.

Par son mariage avec Marguerite Denoix de Saint-Marc, Louis est le grand oncle d’un autre grand héros français, le capitaine Hélie Denoix de Saint-Marc. Celui-ci expliquera qu’il découvrit sa vocation militaire par l’exemple de ses oncles Ruellan, dans le pieux souvenir desquels il était entretenu durant sa jeunesse. Louis est le seul des frères tombés qui aura fait souche. Sa situation de père de famille nombreuse pouvait l’exempter de la guerre, dispense offerte qu’il rejeta avec mépris.

Louis laissa six orphelins.

« Si la défense du pays exige de moi le sacrifice ma vie, qu’on redise sans cesse à mes enfants que deux amours terrestres ont partagé ma vie : celui de la France, et celui de ma femme et de mes enfants. »

Voici sa lettre du 21 novembre 1916, adressée à son épouse, lettre qui se révèlera être la dernière. Alors qu’à l’arrière, au Parlement se tiennent des discours défaitistes qui font plus de mal qu’un obus pour le moral des combattants, Louis écrit :

« si chacun y mettait du sien même au simple point de vue moral, s’il y avait vraiment dans le pays une vie nationale dans laquelle toutes les forces matérielles et morales de la France se concentreraient vers la guerre, ce fléau serait abrégé. Il y a encore trop de gens qui vivent en dehors du conflit auquel tous doivent prendre part suivants leur condition et leurs moyens. Ceux que la guerre n’atteint ni dans leurs intérêts, ni dans leurs affections sont portés à la trouver longue uniquement parce qu’elles gênent leur petites habitudes de vie et non pour les souffrances qu’elle engendre au point de vue général. Il y en a même qui souhaitent la prolongation de la guerre car ils n’ont jamais gagné autant d’argent. Ceux-là sont les logiciens de la théorie individualiste. Quelle réforme à apporter dans les mœurs, dans les esprits ? Et si Dieu attendait qu’elle fût accomplie pour nous accorder la victoire, nous risquerions de voir la guerre encore se prolonger de nombreuses années mais la miséricorde divine est infinie et elle s’exerce souvent sur des gens qui n’en sont pas dignes. Nous en fournissons une nouvelle preuve. Si tu savais, et tu le sais car tu me connais, combien ces discussions à la Chambre ces attitudes grotesques  des parlementaires nous donnent des nausées au fond de nos tranchées. Les cadavres des Boches nous soulèvent moins le cœur que la lecture des journaux. Quels criminels que ces misérables. Quel inconscient que ce peuple qui les supporte. Il n’est pas possible qu’après tout ce que nous avons enduré, et endureront jusqu’à la paix victorieuse, la situation intérieure se prolonge. On le sent si bien que même dans ces milieux pourris de la politique qu’on réclame un chef mais en faisant tout pour ne pas le trouver. Car il existe et nous savons où il est, d’où il vient et ce qu’il fera. Il renouera la tradition française, il reprendra l’œuvre des rois de France, père du peuple car il est leur descendant, le dépositaire de la recette que seul il peut appliquer. Ici nous ne sommes pas distraits de la situation intérieure, de l’avenir du pays, par le bruit du canon et les préoccupations constantes de la lutte. Nous faisons une guerre totale, c’est-à-dire contre aussi bien l’ennemi de l’intérieur que contre celui de l’extérieur. Notre devoir comporte les deux luttes et si je suis sur la ligne de front depuis le début c’est que ce devoir m’a paru impérieux. Cette idée du devoir, ma chère Marguerite, tu ne peux t’imaginer à quel point la guerre l’a développé en moi et me l’a fait aimer. Tu ne m’en voudras pas de te dire que j’éprouve même un plaisir, une joie intense à songer que je fais tout mon devoir sans en recevoir la moindre récompense. Etre en campagne depuis vingt-huit mois, avoir porté tous ses efforts vers l’accomplissement de son devoir et pouvoir se dire : « je n’ai sollicité aucune faveur, je n’ai reçu aucune récompense en dehors de celles que Dieu m’a données par la conscience que je faisais bien, cela, ma chérie, c’est le rêve pour une âme qui cherche sa récompense non sur la terre de la part des hommes, mais au ciel de la part de Dieu. »

Jean-Berchmans (1890-1918, 27 ans)

Lieutenant du 23° des chasseurs alpins, tué le 31 mai 1918 d’une balle en plein front alors que, ayant fait coucher ses hommes dangereusement mitraillés,  il reste debout pour repérer d’où viennent les tirs qui s’abattent sur sa compagnie. Deux citations dont une à l’ordre de l’armée, chevalier de la Légion d’honneur.

Julius (1873-1918, 44 ans), prêtre.

D’abord aumônier et infirmier, après avoir accompagné dans la mort tant de soldats, il emploie de nombreux moyens pour parvenir à combattre en première ligne et parvient finalement à rejoindre le 22° bataillon de chasseurs alpins où il gagne le grade de capitaine. Il saisit l’occasion d’aller au front en prenant la place d’un père de famille. Tué par un éclat d’obus à la tête presque à la fin de la guerre, le 1er octobre 1918. Quatre citations dont deux  à l’ordre de l’armée, chevalier  de la Légion d’honneur.

« De toute façon, je ne mourrai pas dans mon lit et j’espère bien voir au moins une fois le feu ». S’adressant à ses hommes : « je suis prêt à mourir pour n’importe lequel d’entre vous, mais en revanche je vous demande de m’obéir absolument ».

Lors de sa dernière permission, ayant ressenti que son sacrifice serait accepté par Dieu : « nous ne nous reverrons plus ici-bas. Je sais où je vais aller et ce que je dois faire ».

Morts des suites de la guerre:

Xavier (1881-1930)

Lieutenant du 223° d’artillerie, gazé par les Allemands le 1er mars 1918 à Verdun, il décède des suites de ses blessures le 8 janvier 1930 après des années de douleurs. Citation à l’ordre du corps d’armée, chevalier de la Légion d’honneur.

« Je tâche de donner l’exemple à la patrie. Je sers moi-même  la messe le dimanche et j’y communie devant mes hommes sans affectation mais surtout sans crainte. Ne suis-je pas là au milieu des miens ? Que j’ai des défauts, cela ne doit pas leur échapper. Mais que je sois franc et juste, je ne crois pas qu’on puisse le nier. (…) Je fais ce que je peux (à mes hommes) pour leur adoucir une rude campagne mais je suis strict pour le service et  la discipline. J’ai peu d’observations à faire et tâche de les faire comme il faut, c’est-à-dire la plupart du temps paternellement mais quelque fois sévèrement quand la discipline est en jeu. C’est rare, mais cela arrive. Les mauvaises têtes, s’il y en a, sont vite convaincues qu’il est de beaucoup préférable d’être bon soldat. »

Auguste (+1938)

Il est le seul de la fratrie à ne pas avoir pu combattre au front en raison de son mauvais état de santé, qui s’empire durant les trois années qu’il donne pendant sa mobilisation au point de finir par être réformé à 100%. Il survivra entièrement paralysé pendant plus de vingt ans.

Les survivants :

Charles.

Capitaine du 247° d’infanterie, détaché à la mission militaire française auprès de l’armée hellénique. Citation  à l’ordre de l’armée, chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre. Député d’Ille-et-Vilaine de 1919 à 1924.

«J’ai été obligé de rembarrer certains qui s’en vont raconter que les milieux réactionnaires après avoir voulu la guerre pour en finir avec la République veulent la paix pour que la République ne bénéficient pas de la victoire. Comme si la victoire pouvait être la récompense du régime qui n’a su ni préparer la guerre ni même la prévoir. Ce n’est pas la République qui aura vaincu les Boches, mais la France, toute la France, qui s’est réveillé avec les belles qualités de la race, hardiesse, courage, ténacité, enthousiasme, patriotisme… »

Stanislas.

Sous-lieutenant du 129°d’infanterie. Deux citations dont une à l’ordre de l’armée, chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre. Il s’est installé depuis 1907 aux Etats-Unis qu’il quitte avec abnégation pour venir se battre au plus vite comme ses frères restés sur le sol natal.

A l’annonce de l’armistice : « C’est magnifique ! (…) Nos morts ne sont pas tombés en vain et je ne cesse de penser à la joie qui doit dilater tous les cœurs de France, surtout peut-être à l’intérieur où ces pauvres cœurs ont éprouvé tant d’angoisse depuis quatre ans et demi. Saurons-nous assez remercier Dieu nous qui ramenons notre peau au complet après l’avoir vue exposer durant tout ce temps car c’est tout de même miracle de n’y être pas resté. On peut bien le dire maintenant qu’il n’y a plus à craindre de vous faire trembler ».

Tiré du blog de Thierry de Vingt-Hanaps :

http://vingt-hanaps.blogspot.fr/2015/02/la-plus-grande-fratrie-durant-la-grande.html

NB : toutes les citations sont issues des mémoires présentés par M Marc JEAN, chez Cristel éditions, dans son ouvrage : « Les dix frères Ruellan, héros et martyrs. 1914-1918 », 272 p. 22,7€ –  ISBN 2-84421-078-4 lien vers le site de l’éditeur

  • le 27 février 1939 : la France reconnaît le régime franquiste.

La France et la Grande-Bretagne reconnaissent, contre la promesse de neutralité en cas de conflit, le régime de Francisco Franco en Espagne. La guerre civile n’est pas encore terminée. Le maréchal Pétain est nommé ambassadeur de France auprès du gouvernement franquiste le 2 mars suivant.

  • le 27 février 1986 : sommet franco-allemand à Paris.

François Mitterrand et Helmut Kohl décident de relancer la coopération stratégique et militaire entre les deux pays.

  • le 27 février 2013 : dernière audience générale pour Benoît XVI.

La dernière audience de Benoît XVI se déroule comme à l’accoutumée, comme si elle ne se situait pas la veille de sa renonciation historique. Le pape donne sa catéchèse comme d’habitude. Toutefois, à son issue, il n’y a pas de « prima fila », compte tenu du trop grand nombre de demandes, on ne voit pas se dérouler la longue file des fidèles souhaitant saluer le pape.

Faute de frontières extérieures, les frontières intérieures se multiplient

À Nîmes, l’école Greorges Bruguier est désormais barricadée par une grille de 3 mètres de haut, pour se prémunir du trafic de drogue en expansion dans le quartier.

C’est la seule solution trouvée par les pouvoirs publics pour assurer leur sécurité.

Une mère de famille explique :

“Mon fils est à l’école ici et il doit s’habituer. Je ne peux plus lui faire coucou pendant la récréation. J’espère que ce mur le protégera, il en avait marre des alarmes, et de se réfugier sous la table.” […]

Le chef d’établissement précise :

“Nos élèves se retrouvent confinés en silence plusieurs jours par semaine depuis le mois de mai, évacués, stressés, ils passent de mauvaises nuits à la suite de cauchemars.”

Les écoles libres sont la solution pour sauver une école rurale en crise

Dans une tribune publiée dans Marianne, Anne Coffinier estime que les écoles hors contrat sont la solution pour sauver une école rurale en crise. Extrait :

Avec le Covid et l’essor de la conscience écologique, nous sommes de plus en plus nombreux à nous sentir une vocation de néo-ruraux. Le luxe, c’est le temps, c’est l’espace, comme dit la publicité. C’est aussi l’air pur et la beauté. Le retour à la terre, au charnel, à l’enracinement, l’écologie et la permaculture, en réaction à ce monde d’arrachement et de virtualisation des relations…. Bien sûr, bien sûr ! Mais la ruralité en 2021, c’est aussi la cohabitation hasardeuse avec ceux qui n’ont jamais quitté leur vallée ou leurs montagnes et qui ne comprennent pas la passion soudaine des citadins à venir jouer les Jean de Florette là où eux-mêmes peinent à vivre et à faire encore société. La grande ruralité, c’est aussi les territoires en forte déprise démographique, où la couverture internet est capricieuse quand elle n’est pas inexistante, où les services publics sont réduits à la portion congrue, la vie culturelle minimaliste, les transports chronophages…

Ce qui est certain, c’est que la grande ruralité n’a pas d’avenir si elle ne trouve pas le moyen de garder ou d’attirer des jeunes familles sur son territoire. Et ça passe d’abord par les écoles. La Fondation Kairos pour l’innovation éducative vient d’organiser un séminaire-action sur ce sujet à l’Institut de France, réunissant des élus ruraux et nationaux, des créateurs et développeurs d’écoles pour identifier les moyens d’assurer l’avenir de l’école rurale.

L’école rurale, et nous n’en sommes peut-être pas assez conscients, est l’archétype même de l’école communale, qui a d’ailleurs été historiquement pensée et conçue pour le monde rural. Aujourd’hui encore, 20% des élèves étudient en ruralité et 34% des écoles en France sont rurales. Pour le chancelier Darcos, président de la Fondation et ancien sénateur de Dordogne,

« l’école rurale est un mythe au sens barthésien du terme de l’histoire française.  (…) L’école est conçue comme le lieu scolaire mais aussi le lieu central de la commune. »

C’est dans cette école à classe unique ou multiniveaux que tant d’inventions pédagogiques ont été faites et cette formule pédagogique donne aujourd’hui encore, pour le primaire, de meilleurs résultats que ceux des écoles de centre-ville. En revanche aujourd’hui, à la différence des écoles normales, les INSP ne forment hélas plus à enseigner dans ce type de contexte pédagogique, en classes multiniveaux, avec une forte implication dans la vie communale. Ce sont des traditions fécondes qui sont ici menacées.

Malgré son succès académique et son importance pour la vitalité du village dans son ensemble, les écoles rurales sont fermées à tour de bras, selon une logique de rationalisation budgétaire, l’étape intermédiaire étant souvent le regroupement des enfants en RPI (regroupement pédagogique intercommunal). C’est souvent un drame. Les familles ne sont pas prêtes à faire des kilomètres et finissent par abandonner leur village parce qu’il n’a plus d’école. Ces fermetures ont été décidées unilatéralement par l’Éducation nationale, qui, comme l’explique Max Brisson, sénateur des Hautes-Pyrénées et inspecteur général honoraire de l’éducation nationale, se pense (à tort) comme une administration régalienne et n’a pas la culture de la concertation et de la contractualisation avec les territoires. Comme l’explique David Djaïz, haut fonctionnaire et essayiste, il faudrait faire davantage confiance aux acteurs et davantage coopérer que nous ne le faisons aujourd’hui, et définir les RPI ou la carte scolaire en étroite coordination avec ces élus locaux. Mais, comme le disent les sociologues des organisations Oivier Borraz et Henri Bergeron : « La France est un pays saturé d’organisations mais qui organisera les organisations ? »

Face à ces logiques administratives brutales, des acteurs de terrains se battent pour préserver leurs classes, innover et expérimenter. Encore faut-il que l’État laisse les territoires expérimenter et déroger aux lois générales, comme c’est toléré de la part des territoires de REP+ en banlieues. C’est ce que réclament les élus locaux, tels le député du Loiret, Richard Ramos, ou Valentin Josse, maire et vice-président du conseil départemental de Vendée, qui dit ne rien attendre d’autre de l’État que la latitude nécessaire pour expérimenter au niveau local.

« Je crois au pluralisme des solutions, dit le sénateur Brisson. Il faut sortir donc d’une culture au cordeau et à l’équerre. (…) Faire de vraies conventions issues du terrain et non pas descendant de la rue de Grenelle et imposée aux territoires.(…) La confiance de ces derniers est érodée car les conventions de ruralité ont souvent été le faux nez pour fermer les écoles. »

Et Xavier Darcos, ancien ministre de l’Éducation nationale, d’abonder à ces propos girondins :

« c’est une utopie que de croire qu’on puisse depuis Paris gérer de manière unique et totale l’ensemble du système éducatif. »

Certains élus ont su soulever des montagnes pour innover localement malgré la pesanteur administrative de la capitale. Ainsi Sophie Gargovitch a-t-elle sauvé de la fermeture son école de village en la convertissant son école publique en école Montessori, ce qui a convaincu de nombreuses familles, de nouveaux commerces et professions libérales de venir s’installer chez elle, à Blanquefort-sur-Briolance dans le Lot-et-Garonne… C’est aussi le cas de Tursac en Dordogne.

Mais la plupart des expériences innovantes de redynamisation scolaire de village ruraux se sont réalisées à travers la création d’écoles libres, à l’initiative ou avec le fort soutien de la municipalité.

Le sénateur Max Brisson a souligné lors du colloque de la Fondation Kairos que « la guerre scolaire est un luxe qu’on ne peut pas se payer dans un territoire en grande déprise démographique. » Fonder une école libre est évidemment une solution pragmatique, pour assurer la continuité scolaire, se substituer à l’école publique fermée par l’État, et développer une offre scolaire au plus près des attentes des parents locaux et des atouts du territoire.

C’est ainsi que se sont développées de nombreuses écoles libres associatives à l’instigation directe de maires ruraux déterminés à rouvrir leur école. [Lire la suite]

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