Vaccinés vous êtes fichés
À l’initiative du gouvernement et d’un décret signé par Olivier Véran le 25 décembre (joyeux Noël…), un fichier répertoriant des informations à propos des personnes vaccinées contre le Covid-19 devrait être mis en place. Ce fichier, nommé “SI Vaccin Covid” devrait consigner les noms, prénoms, dates de naissance des personnes vaccinées, mais également le modèle du vaccin, le lieu de vaccination ou encore le soignant ayant réalisé l’acte. La Commission nationale de l’informatique et des libertés a validé ce fichier. Son directeur, Thomas Dautieu, a ainsi déclaré à franceinfo que l’organisme aurait notamment vocation à s’assurer que les données (suppression) servent uniquement dans le cadre de “la gestion et le suivi de la campagne de vaccination”. Il a également annoncé que les personnes ne souhaitant pas se faire vacciner pouvaient faire valoir leur droit à être retirées de ce fichier, tout en faisant comprendre, qu’à l’inverse, rester dans ce fichier après avoir été vacciné permet de mieux gérer les risques, notamment en matière de pharmacovigilance et d’éventuels effets indésirables.
Le ministère de la Santé, cherchant à calmer les soupçons de fichage généralisé, a expliqué que le fichier ne serait pas un outil pour surveiller la population (sic), ni pour mettre en place un “passeport immunitaire” qui empêcherait les non-vaccinés d’accéder à certains lieux comme les aéroports ou les cinémas…
Les médecins toucheront un forfait de 5,40 euros pour tout ajout de patient dans le fichier « Vaccin Covid ».
Covid : vacciné peut-être. Infantilisé à coup sûr
Un reportage de BFM TV a permis de suivre la première étape de la vaccination contre le covid en France : sur une femme de 78 ans, dans la région parisienne.

Moment souligné par une photo de la même personne sur le compte Twitter de M.Véran pour le lancement officiel de la campagne de vaccination.

Qu’est-ce qui est le plus choquant dans ce court passage ?
- Sans doute pas vraiment le fait que des applaudissements nourris soulignent cette action, bien que, quelle que soit la propagande de l’Union européenne complaisamment relayée par la propagande gouvernementale, la France ne soit pas le premier pays au monde à lancer ces opérations de vaccination.
- Peut-être un peu plus le fait qu’il soit nécessaire apparemment de rassembler entre 9 et 10 personnes en blouse blanche pour être en mesure de mener à bien cette vaccination (une photo publiée par M.Martin Hirsch –avec un commentaire lunaire- sur son compte Twitter permet de voir que derrière l’infirmière piqueuse se cachaient encore trois personnes dont sans doute un docteur).

- Sans doute encore plus le fait que la femme de 78 ans interroge benoîtement : « Ah, c’est pour faire un vaccin ? », ce qui jette quelque doute sur l’engagement du gouvernement à fonder sa politique de vaccination sur le consentement des personnes :

- Certainement, et plus gravement, la façon dont l’infirmière qui fait la piqûre parle à cette femme. Verbatim : « Alors, je désinfecte. Je pince. J’injecte. Je pique avec mon aiguille. J’aspire un petit peu pour voir si c’est bien ou non. Je vous injecte le produit. Je lâche la peau. J’enlève la seringue. Après, je mets un petit C’est fini. C’est bon ?». Attention : elle n’a fait que décrire ce qui va arriver. La piqûre n’est pas encore faite. Après tout, la femme n’a que 78 ans : peut-être n’a-t-elle jamais été vaccinée… Elle a besoin de savoir. C’est certainement une opération lourde. Il y faut de la bienveillance…
Puis : « Allez, simplement là [l’infirmière désinfecte l’endroit avec un coton]. Allez ma belle ! [sic !]. Alors, regardez l’aiguille, elle est toute petite [non, ça n’a pas encore commencé…]. D’accord ? Et je ne vais pas vous injecter tout. Allez, on y va. Vous êtes prête ? [elle commence enfin l’injection] Ca va ? Très bien ? A y est. On a fini, ma belle [re-sic !]. » Applaudissements.
« A y est ». Comme le dit l’enfant qui se lève fièrement de son pot, applaudi par sa mère attendrie.
La dame est vaccinée, peut-être. Elle a été complètement infantilisée, certainement. Comme nous depuis le début de la prise en main de la situation sanitaire par le pouvoir macronien.
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. Quelques éléments de conclusion (6/6)
Petit rappel : Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion. L’objectif de cette série d’articles est, en revenant sur une année d’échanges, retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ».
Essayons de tirer quelques conclusions de l’étude des échanges entre gouvernement et députés à la faveur des séances de questions/réponses.
- Quand l’épidémie est arrivée, l’hôpital public était déjà sévèrement en crise.
- La décision de confinement a été prise sans aucune discussion avec les parlementaires. Et d’ailleurs, élargissons, sans aucune référence juridique (le projet de loi d’urgence sanitaire est venu après en discussion pour entériner). Comme quoi, quand on veut s’affranchir de l’état dit de droit, on peut. Cette décision de confinement a bénéficié sinon d’une union nationale au moins d’un assentiment généralisé.
- Toute la gestion de la crise sanitaire s’est caractérisée par une fascination pour la technologie (qui s’épanouit aujourd’hui dans le monde des vaccins), confinant parfois (souvent ?) à de la gesticulation. Curieusement, ceci a amené les autorités politiques à concentrer la pression sur le processus de réanimation, en évacuant tant le niveau de la médecine générale que la collation de bonnes pratiques en terme de traitements ; réanimation qui était justement le point de faiblesse de l’ensemble de la chaîne de soins. Curieux choix.
- La gestion des pénuries successives a été soigneusement habillée du terme de stratégie ou de celui de doctrine.
- Les acteurs gouvernementaux qui ont fait allégeance totale à des autorités sanitaires variées et parfois douteuses, ont manifesté à l’égard de celles-ci un manque total d’exigence : aucune étude française centralisée mise à part la fameuse étude DIscovery lancée en grande pompe pour mieux sombrer dans le ridicule ; focalisation suspecte sur le Remdesivir ; et finalement, première étude épidémiologique annoncée le 17 décembre (depuis le temps que Santé Publique France nous bassinait avec ses clusters « en voie d’investigation » sans aucun résultat) et annonce faite par M.Véran le10 décembre des premiers dépistages massifs devant démarrer le 14 décembre au Havre et dans les Ardennes, alors même qu’on pensait certainement naïvement que 1,5 millions de tests par semaine, c’était déjà du dépistage massif…
- L’idéologie du confinement et l’anthropologie du repli et de la contraction règnent en maître depuis le mois de mars 2020. M.Véran explique avec quelque satisfaction, le 31 mars :
« Une étude due à l’Imperial College de Londres, parue hier soir assez tard, s’interroge sur l’effet du confinement et sur son efficacité. Nous le croyons, nous, efficace : la France a pris, très tôt, des mesures de confinement généralisé, et nous avons plusieurs fois dit qu’il s’agissait là du seul moyen de freiner la diffusion d’un virus, faute de vaccin. Cette étude anglaise – dont je n’ai pas de raison de douter, même si je ne la prends pas pour argent comptant – montre que l’effet du confinement est majeur : en douze jours, elle estime que ce sont 2 500 vies qui ont été épargnées dans notre pays. Toutes les huit minutes, nous sauvons une vie en restant chez nous ; et ce nombre augmentera de jour en jour, au fur et à mesure que le confinement portera ses fruits».
Douze jours, 2500 vies, soit un peu plus de 200 vies par jour de confinement. Rappelons qu’il meurt quotidiennement en France entre 1600 et 1700 personnes et qu’elles sont en général âgées, comme les victimes de l’épidémie ce qui semble parfaitement légitime.
- Cette idéologie du confinement n’a pas été contestée de façon structurée par les oppositions parlementaires. Au contraire, il faut reconnaître que les gouvernements ont manifesté une certaine endurance pour faire respecter la date du 11 mai pour le premier déconfinement, et ne pas reconfiner totalement les établissements scolaires lors du deuxième confinement. Comme quoi, la pente vers la servitude est également partagée.
- Cette anthropologie du repli s’est accompagnée d’une appétence dévorante pour le contrôle et la punition. Appétence parfaitement illustrée par la réponse de Mme Christine Dubos, secrétaire d’Etat à M.Marc Le Fur, le 5 mai. M.Le Fur avait expliqué
«Je me fais le porte-parole des habitants de notre littoral et des élus, toutes sensibilités confondues, qui ne comprennent pas que nos plages soient destinées à rester inaccessibles après le 11 mai. Le Président de la République nous a promis un déconfinement ; quand celui-ci adviendra-t-il ? La plupart de nos départements littoraux, dont les cinq bretons, sont classés verts. L’ouverture de nos plages est donc possible. Elle est souhaitée par les professionnels du tourisme, qui ne peuvent exercer aucune activité en ce moment mais y verraient un signe favorable compte tenu des difficultés qu’ils auront traversées. Ce serait un premier message d’espoir. Il faut en finir avec cet interdit de principe. En quoi les plages seraient-elles plus dangereuses que les transports en commun ou les grandes surfaces ? Elles sont accessibles en Grande-Bretagne et en Italie. Bien évidemment, leur ouverture serait encadrée par une réglementation très stricte afin que la distanciation entre les personnes et entre les groupes y soit respectée. Les maires, chargés du pouvoir de police, pourraient y veiller. Mais nos plages et nos grèves sont vastes. »
Réponse
« Le Premier ministre l’a indiqué ici même la semaine dernière : par mesure de précaution, les plages resteront inaccessibles au public au moins jusqu’au 1er juin…. Nous le savons d’expérience : dès que l’accès aux plages sera rouvert, on souhaitera s’y rendre en nombre ; or il s’agit d’espaces difficiles à surveiller et à contrôler. De plus, la période qui s’ouvre compte plusieurs jours fériés qui favoriseraient un afflux sur les plages si l’accès en était autorisé ».
Enfin, tout ceci a été nimbé non seulement d’ignorance, bien compréhensible au départ (moins quand Simplet énonce encore le 15 décembre « Il est vrai que nous découvrons cette épidémie ») mais aussi de mensonges, gros et petits, volontaires ou involontaires ; témoignant alors d’une sorte de déraison, comme quand M.Castex énonce le 15 septembre : « Je voudrais rappeler la cohérence de la politique du Gouvernement. Elle est simple et elle peut se résumer ainsi : vivre avec le virus », pour mieux partir un mois plus tard dans un deuxième confinement, même partiel et ne pas hésiter à évoquer la possibilité d’épisodes multiples de confinements ultérieurs.
Ils sont bien loin les vœux légèrement grandiloquents de M.Macron adressés aux Français le 31 décembre 2019, même si, bien évidemment, tout n’est pas prévisible :
« Les inquiétudes ne sauraient pousser à l’inaction. Car il y a trop à faire…. Alors à l’aube de cette nouvelle décennie, je veux vous assurer que je ne cèderai rien au pessimisme, ou à l’immobilisme…. Nous n’avons pas à nous adapter au cours des choses – ce n’est pas la France !... Je veux que nous continuions à favoriser l’initiative, à simplifier, à permettre davantage d’innovations, à permettre de travailler mieux, de partager la richesse créée dans toutes les entreprises, à aider nos agriculteurs et nos pêcheurs à vivre dignement de leur travail comme à tous les entrepreneurs et salariés ».
Sculpture sur pierre de St Jacques
En ce temps d’Octave de Noël, voici une nouvelle réalisation de Jean-Joseph Chevalier qui ira réconforter les pèlerins de St Jacques sur la route du Nord passant par Wisques. Réalisation sous l’œil félin d’Eurydice d’une sculpture d’1,2m en pierre de St Jacques.
Restant à la disposition de tout à chacun, le courriel de l’artiste: [email protected] ou son site : https://www.jeanjosephchevalier.fr/
Donald Trump célèbre le 850e anniversaire du martyre de saint Thomas Becket
Le site de la Maison Blanche affiche depuis le 28 décembre une « Proclamation » de la main de Donald Trump à l’occasion du 850e anniversaire du martyre de saint Thomas Becket, tué par les hommes de main du roi Henri II pour n’avoir pas cédé devant les empiètements de ce dernier sur les droits et privilèges de l’Eglise catholique, le 29 décembre 1170. Extraits de la traduction donnée par Jeanne Smits :
La mort de Thomas Becket rappelle de manière puissante et impérissable à chaque Américain que le fait que nous soyons libres de la persécution religieuse n’est pas un simple luxe ou un accident de l’histoire, mais plutôt un élément essentiel de notre liberté. C’est notre trésor, notre héritage inestimable, acheté au prix du sang de martyrs.
En tant qu’Américains, nous avons d’abord été réunis par notre conviction que « la rébellion aux tyrans est obéissance à Dieu » et que la défense de la liberté est plus importante que la vie elle-même. Si nous voulons continuer à être le pays de la liberté, aucun fonctionnaire, aucun gouverneur, aucun bureaucrate, aucun juge et aucun législateur ne doit être autorisé à décréter ce qui est orthodoxe en matière de religion ou à exiger des croyants religieux qu’ils violent leur conscience. Aucun droit n’est plus fondamental pour une société pacifique, prospère et vertueuse que le droit de suivre ses convictions religieuses. Comme je l’ai déclaré sur la place Krasiński à Varsovie, en Pologne, le 6 juillet 2017, le peuple américain et les peuples du monde continuent de crier : « Nous voulons Dieu. »En ce jour, nous célébrons et vénérons la courageuse prise de position de Thomas Becket en faveur de la liberté religieuse et nous réaffirmons notre appel à mettre fin aux persécutions religieuses dans le monde. Dans mon discours historique aux Nations unies l’année dernière, j’ai clairement indiqué que l’Amérique est aux côtés des croyants de tous les pays qui ne demandent que la liberté de vivre selon la foi qui est dans leur propre cœur. J’ai également déclaré que les bureaucrates mondiaux n’ont absolument pas à s’attaquer à la souveraineté des nations qui souhaitent protéger la vie des innocents, ce qui reflète la croyance des États-Unis et de nombreux autres pays selon laquelle chaque enfant – né et à naître – est un don sacré de Dieu.
[…]
Nous prions pour les croyants partout dans le monde qui souffrent de persécution en raison de leur foi. Nous prions en particulier pour leurs pasteurs courageux et édifiants – comme le cardinal Joseph Zen de Hong Kong et le pasteur Wang Yi de Chengdu – qui sont des témoins infatigables de l’espérance.
[…]
Une société sans religion ne peut pas prospérer. Une nation sans foi ne peut pas durer – parce que la justice, la bonté et la paix ne peuvent pas prévaloir sans la grâce de Dieu.
Cette année, les saints innocents sont Argentins
Le projet de loi autorisant l’avortement (jusqu’à la 14esemaine) avait été adopté par les députés argentins le 11 décembre par 131 voix contre 117.
Le débat sur l’avortement au Sénat a été organisé le lendemain de la fête des saints Innocents. Il a duré plus de 12 heures et s’est terminé au petit matin par un vote en faveur de la condamnation à mort des tout-petits : 38 sénateurs pour l’avortement, 29 contre, une abstention. Il y a deux ans le texte avait été rejeté avec une majorité de 7 voix.
Communiqué de La Marche pour la vie :
Succombant à la pression du lobby des organisations internationales, le congrès Argentin vote la légalisation de l’avortement.
L’Argentine devient l’une des seule nations d’Amérique du sud, encore largement respectueuse de la vie à naitre, à détruire la première barrière légale qui se dresse pour protéger le fœtus humain. Les élus de ce pays avait pourtant courageusement repoussé le même projet il y a deux ans.
Les scènes de liesse organisées par les associations pro-avortement devant les médias sont répugnantes. L’avortement n’est pas et ne sera jamais un acte banal, encore moins un acte à célébrer.
- La Marche pour la vie regrette ces offensives contre la vie humaine partout dans le monde.
- Elle condamne les pressions pro-avortement des organisations internationales.
- Elle appelle à résister, ici en France, le dimanche 17 janvier à Paris et en visio.
Vers le temps de la radicale éradication écologique de l’Humain ?
Parmi toutes les pépites d’aberrations politico-médiatiques que l’on peut entendre dans les informations du matin sur France-Inter, je relève ce jour celle de l’annonce des mesures de diminution de la vente des combustibles « afin de limiter le nombre des incendies de voitures en cette fin d’année » (sic !).
Ainsi va notre France, de plus en plus livrée à la barbarie. L’incendie de voitures y est somme toute devenue une pratique courante, normale, regrettable peut-être, puisqu’on veut la limiter mais tout de même pas si grave puisqu’on ne lit ou n’entend jamais des comptes-rendus de jugement des auteurs de ce délit.
Or, l’incendie volontaire ressort de la catégorie des délits les plus graves et quelquefois du crime lorsqu’il y a « mise en danger de la vie d’autrui ». Mais, à l’évidence, les policiers n’ont plus les moyens de traquer les coupables. Quant aux magistrats, ils ne semblent pas se soucier prioritairement de choses aussi anodines que ces feux de joie. Et tant pis pour les pauvres gens qui devront racheter un nouveau véhicule.
Mais, peut-être ces incendies réjouissent-ils donc les constructeurs automobiles, et plus encore peut-être les idéologues écologistes aux yeux desquels il n’est de pire crime que de rouler avec du diesel comme c’est encore le cas avec la plupart des automobiles de ces maudits pollueurs… Et qu’importe d’ailleurs si les diesels actuels ne polluent pas plus que les autres carburants…
L’important au bout du compte n’est-il pas de faire régresser jusqu’à disparition quasi-totale l’utilisation de la plupart des véhicules ? Mais l’idéal, plus fondamentalement n’est-il pas de débarrasser le plus possible la planète de l’activité humaine ? Car le grand secret initiatique de l’écololâtrie contemporaine ne réside-t-il pas dans la certitude gnostique que l’homme est vraiment de trop en ce monde qui, sans lui, pourrait retrouver la paix et l’harmonie ?
Mais trêve d’ironie. On le sait, chaque époque a certes secrété ses folies idéologiques et le siècle précédent plus que tout autre avec les immenses tragédies que nous savons.
Mais voilà qu’aujourd’hui ce sont les excellentes idées de l’écologie, doctrine politique fondamentalement chrétienne, fondamentalement de droite, qui sont devenues folles, radicalement subverties par la résurgence mortifère d’un nihilisme néo-cathare.
Il n’est que temps d’opposer à cette idéologie pseudo-écologique porteuse des virus de la mortelle décomposition sociétale, les réactions de santé des forces de vie subsistantes.
Puisse l’année qui vient être celle de leur réanimation.
À vous tous donc, amis lecteurs, tous mes vœux de foi, d’espérance, de courage.
Et que notre peuple, combattant les virus de la décomposition sociale et de la submersion islamiste, retrouve des énergies pour la reconquête de sa souveraineté, de ses libertés, de son identité chrétienne et française.
Le woke, ou la déferlante de l’extrême gauche américaine
D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :
Dans la course folle aux droits des minorités, les États-Unis sont largement en tête en ce moment. Deux concepts étonnants se superposent pour réveiller lesdites minorités persécutées par les dominants, c’est-à-dire les hommes blancs : le woke, pour que ces persécutés se réveillent et soient vigilants, et la cancel culture, pour que le persécuteur identifié soit effacé, c’est-à-dire qu’il ne puisse plus s’exprimer.
De nombreux journalistes et professeurs d’université ont ainsi été licenciés ou ont dû donner leur démission, tant la pression des woke était insupportable. Leur crime nous laisse généralement pantois. Le cas le plus emblématique est celui de Bret Weinstein, professeur de biologie à l’université d’Evergreen. Il a dû démissionner, ne pouvant plus tenir ses cours et lâché par sa direction. Son crime ? S’être opposé à l’organisation d’un « Jour d’absence », c’est-à-dire un jour où les Blancs de l’université doivent rester chez eux pour qu’il n’y ait que des élèves de couleur.
Ce pauvre Weinstein n’avait pourtant pas le profil du mâle blanc dominant : juif de gauche et démocrate ayant soutenu Bernie Sanders lors des primaires. Mais peu importe, il s’était opposé, il fallait l’effacer. Dans un entretien au Figaro du 18 décembre, il confie son amertume et lance un cri d’alarme :
« Les gens ne prennent pas ces mouvements au sérieux. Mais quand ils y sont confrontés, ils n’ont qu’un choix : soit se soumettre, soit être détruits. »
La même mésaventure est arrivée Bari Weiss, journaliste importante du très libéral New York Times, qu’elle a dû quitter après s’être inquiétée de ce phénomène. Un autre journaliste, Ian Buruma, a dû aussi quitter son journal pour avoir publié la tribune d’un homme accusé à tort d’agression sexuelle.
Le processus est toujours identique : pression maximale des réseaux woke sur le coupable qui finit par partir pour pouvoir retrouver une vie normale, et sur sa direction qui l’abandonne pour ne pas devoir partir elle aussi.
Tout cela a des sources anciennes mais a connu une très forte accélération en 2013 avec le mouvement Black Lives Matter et sous la présidence d’Obama avec la création, dans toutes les universités américaines, de bureaux de lutte contre le harcèlement sexuel, prétexte à une chasse aux sorcières permanente. Joe Biden joua un rôle actif dans ce processus.
Le mouvement s’étend au Canada où l’excellent Mathieu Bock-Côté nous apprend que les Québécois francophones sont accusés de racisme par les woke anglophones car ils occupent un territoire « non cédé ». Et en Angleterre, où la romancière Rowling (Harry Potter) est accusée de « transphobie » pour avoir écrit que la différence des sexes était une réalité biologique. Où donc va-t-elle chercher ça, en effet ?
Eugénie Bastié et Laure Mandeville ont publié une remarquable enquête sur le sujet (Le Figaro du 21 décembre) et il est à craindre que nous ayons à en reparler.
La France est, pour l’instant, moins touchée que le monde anglo-saxon, mais les premières vagues arrivent : statues d’hommes célèbres vandalisées, dénonciations incessantes de CNews, conférenciers interdits (Sylviane Agacinski à l’université de Bordeaux Montaigne pour cause d’hostilité à la PMA), la liste va nécessairement s’allonger.
Sam Abrams, professeur à New York ciblé par les woke, a déclaré au Figaro :
« Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous [en France] les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont un petit garçon ou une petite fille. Chez nous, on dirait : comment osez-vous assigner un genre ? »
Le combat sera rude.
Qui peut recevoir des funérailles chrétiennes ?
Le Club des Hommes en Noir, composé de l’abbé Celier, du père Jean-François Thomas et de Jeanne Smits, sous la direction de Philippe Maxence, aborde la question des funérailles catholiques en partant du cas de Valéry Giscard d’Estaing.
Le retour de la monarchie en Russie ?
L’après Vladimir Poutine dessine-t-il un éventuel retour de la monarchie en Russie ? Konstantin Valeriévitch Malofeev a annoncé la constitution de son parti politique « Tsargrad ». Celui qui conseille le président russe ne cache pas sa proximité avec la maison impériale des Romanov ni sa volonté de rétablir la monarchie comme le mentionne un des articles du programme de son mouvement qui a reçu le soutien de divers membres du clergé, députés et sénateurs. Tsargrad compte déjà près d’un million de partisans dans toute la Russie
Proche du Kremlin et des milieux monarchistes, Konstantin Valeriévitch Malofeev a fondé la « Société de l’Aigle à deux-têtes ». Il est qualifié de « nouveau Raspoutine » par une presse qui dénonce ses liens avec différents mouvements d’extrême-droite européens. Malofeev est un conservateur, partisan d’un retour à la monarchie, un traditionaliste orthodoxe qui a placé sa foi dans la Résurrection de la Sainte Russie. Depuis des mois, la présidence russe bruisse de rumeurs en tout genre, notamment celle d’une possibilité de retour à la monarchie. Pour Konstantin Valeriévitch Malofeev, le salut de la Russie passera par le retour du Tsar. Le 22 novembre, il annoncé au cours du congrès de son mouvement que le parti Tsargrad avait été porté sur les fonts baptismaux. Le choix du nom est loin d’être anodin puisqu’il fait référence à la version russe de Constantinople et qui selon des thèses panslavistes en font la capitale d’une grande fédération russes.
Les sondages sur un éventuel retour de la monarchie se sont multipliés et si les Romanov ont été largement réhabilités, c’est un tiers des russes qui réclament le retour d’un Tsar. Soit en deux décennies, une progression de cette idée multipliée par trois et qui fait mouche chez les jeunes. La dernière enquête d’opinion sur le sujet montre que 46% des jeunes russes y sont favorables.
« Quand je parle de monarchie, je ne parle pas d’un système décoratif comme au Danemark, en Hollande ou en Norvège. Je parle d’une vraie monarchie, lorsque l’État a été oint par Dieu » affirme Malofeev.
« La monarchie est la seule forme de gouvernement dans laquelle la Russie et les Russes ont pu exister pendant si longtemps sans perdre leur identité, leur culture et leur langue ».
Chez les Romanov, on reste prudent et on s’abstient de commenter tout en multipliant les apparitions dans tous les champs économiques et sociaux du pays. Et on se tient prêt.
Islamisation : tabassé pour avoir fêté Noël
Lu dans Présent :
[…] parce qu’il venait de fêter Noël en famille et souhaitait partager cet instant magique en postant quelques photos de son réveillon sur le réseau social Snapchat, un jeune Belfortain musulman aurait été violemment passé à tabac par des voyous islamistes.
Les images de son repas de Noël à peine mises en ligne, ce Français musulman de 20 ans, dont – circonstance aggravante aux yeux des voyous ethniques – la mère et le beau-père sont policiers, se serait vu immédiatement interpellé par un « jeune » de 18 ans lui reprochant de fêter Noël. Au milieu du flot d’injures et de menaces dont il aurait alors fait l’objet, ces quelques phrases hautement révélatrices de la haine farouche que beaucoup de musulmans vivant sur notre sol nourrissent à l’égard de la France et des Français : « Sale fils de blanc, fils de serpent, fils de policiers… Je vais te montrer c’est quoi un vrai rebeu [Arabe, en verlan] ». Bien décidé à ne pas se laisser insulter, le jeune Belfortain aurait alors convié l’individu à un rendez-vous pour s’expliquer. Mais, à peine arrivé sur les lieux, il serait tombé dans un véritable guet-apens et se serait fait lyncher par quatre voyous ethniques, dont son interlocuteur et deux frères. Transféré aux urgences, il se serait vu délivrer une ITT de quatre jours. Quant aux quatre agresseurs contre lesquels il a porté plainte, trois d’entre eux se sont présentés depuis au commissariat de Belfort, dont deux (les deux frères) ont été mises en examen pour « violences en réunion ».
Ce genre d’incidents rappelle les méthodes des terroristes algériens pour soumettre la population nord-africaine contre la France. Le ministre en a-t-il conscience ?
À Belfort, un jeune homme agressé parce qu’il aurait fêté Noël et ne serait pas un «bon arabe». Circonstance «aggravante» : être fils de policiers. La justice a ouvert une enquête. Pas de place pour le séparatisme dans notre pays, pas de place pour le racisme d’où qu’il vienne. https://t.co/RVbc2ZTrVf
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) December 26, 2020
Connection entre antifas et djihadistes
Information révélée par L’Etudiant Libre :
La Jeune Garde est un des groupes antifascistes à Lyon, il a été fondé en 2018 par Safak Sagdic, ancien des Voraces et pendant un temps indic des Renseignements Généraux, ainsi que par Raphaël Archenault, ex militant du NPA. Ils entretiennent des liens occasionnels avec les autres structures marxistes militantes comme Unité 2 Classe ou encore Jeunes Communistes Lyon par l’intermédiaire de Pierre-Antoine Delobel, habitué du milieu antifasciste Lyonnais.
Ce groupe fonctionne plus comme une bande évoluant dans une guerre de groupes que comme un réel groupe militant, essayant tant bien que mal à ramener dans un même combat de la racaille de cité avec des militants beaucoup plus politiques.
Ce mélange risque tôt ou tard d’exploser sous le poids de ses contradictions que nous évoquerons.
Malgré des convictions politiques et sociales placées en permanence sous le signe de l’antiracisme et de la lutte contre l’extrême droite, la Jeune Garde Lyon semble rongée par des incohérences internes.
En effet, on observe un discours lisse (bien qu’incohérent) en surface :
Intervention à Nancy de Raphael Archenault le lendemain de l’attentat islamiste causant la mort de Samuel Paty :
« Cette attaque n’est qu’un reflet de l’extrême droite […] présente aussi bien en Occident qu’au Moyen Orient […] Lorsque l’extrême droite grandit ici, elle grandit au Moyen Orient, ils se nourrissent entre eux. »
De même, suite à différentes attaques du groupe islamiste terroriste Boko Haram, le groupe en appelle à faire barrage à l’extrême droite.
Cette approche, déjà simpliste et décalée du réel, vise à dédouaner la frange immigrée et musulmane des attentats islamistes dans un déni du réel et sûrement un but de recrutement. Cependant, la réalité revient au galop.
Et c’est alors que les pinceaux s’emmêlent et que tout devient incohérent. Sur ses réseaux sociaux, un membre que l’on pourrait qualifier de “cadre” de la Jeune Garde, Hamma Alousseini s’affiche ouvertement faisant la promotion de Boko Haram, installé dans ce qui semble être un pick up dans le désert.

Boko Haram, qui rappelons-le, vise à établir un califat islamique et s’est rendu coupables de nombreuses exactions, massacres, prises d’otages, etc en Afrique de l’Ouest.

« Boko Haram forever, africain et fier ! Vive le continent africain »
Manifestations « Marchons Enfants » partout en France les 30 et 31 janvier contre l’extension de la PMA, la GPA et le projet de loi bioéthique
Le mouvement social associatif unitaire mobilisé sous le label « Marchons Enfants » dénonce l’irresponsabilité du gouvernement qui impose l’examen du projet de loi « bioéthique » en 2nde lecture au Sénat à partir de la mi-janvier alors même que la crise sanitaire est responsable d’une vie démocratique fortement dégradée et qu’un 3econfinement se profile.
Alors qu’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, vient de laisser entendre qu’un 3e confinement est sérieusement envisagé à la rentrée, l’heure est-elle vraiment à la poursuite de l’examen du projet de loi « bioéthique » ? Ce calendrier a été connu le 15 décembre, alors que les Français avaient évidemment la tête à la mise en place du couvre-feu et à l’organisation de vacances de Noël particulières et atypiques. Comment justifier de l’urgence ou de la priorité à accorder à ce projet de loi qui n’est ni bio, ni éthique ? La gêne de l’Exécutif est évidente : pas un mot du Président de la République sur ce sujet, ni du Premier Ministre, ni d’aucun des membres du gouvernement.
Un mépris du Sénat et du débat parlementaire ?
Le processus législatif a pour but de construire dans le temps un texte prenant en compte les enrichissements des députés et sénateurs. Mais pour Emmanuel Macron et Jean Castex, la 2nde lecture du texte au Sénat ne mérite même pas un ministre disponible à 100%. Car qui peut imaginer qu’Olivier Véran, en première ligne sur ce projet de loi, pourra assurer un suivi sérieux des amendements et des débats alors même qu’il doit gérer une crise sanitaire qui n’en finit pas ? Pour l’Exécutif, peu importe le texte qui sera voté par les sénateurs parce qu’il compte sur leur majorité à l’Assemblée nationale. Vision inquiétante de la démocratie et du débat parlementaire, et surtout méprisante pour les sénateurs.
Vers une réécriture en profondeur du texte
Comme ils l’avaient fait en 1ère lecture, les sénateurs devraient réécrire le texte adopté en catimini par les députés au cœur de l’été. L’enjeu est même d’aller plus loin en supprimant la PMA sans motif médical et effaçant le père. Le respect de la finalité de la médecine comme celui de l’intérêt supérieur de l’enfant conduisent à confirmer le bien-fondé de l’encadrement actuel de l’accès à la PMA.
Mobilisation générale partout en France les 30 et 31 janvier
Malgré un contexte sanitaire qui met notre système de santé en tension, qui met en péril grave l’économie et qui génère une vie démocratique fortement dégradée, le gouvernement veut avancer sur un projet de loi complexe et clivant, inutile et dangereux. Mais l’impossibilité d’organiser de grandes manifestations nationales n’empêchera pas de le dénoncer dans la rue, comme le 10 octobre dernier où plus de 60 manifestations avaient eu lieu partout en France, rassemblant des dizaines de milliers de personnes.

Et quel que soit leur avis sur le projet de loi, les Français sont invités à dénoncer ce calendrier inacceptable et irresponsable, et ce d’autant plus que les restrictions des libertés fondamentales se multiplient : libertés de déplacement, d’éducation, d’enseignement, de la presse, de culte… Depuis quelques mois, la tendance est inquiétante.
Avancer en douce sur ce texte qui divise laisse inévitablement penser aux Français que l’Exécutif profite du contexte et réduit d’autant plus volontiers les libertés fondamentales. De fait, c’est contre le projet de loi « bioéthique » que les plus importantes manifestations ont eu lieu à Paris depuis le début du quinquennat, selon Occurrence, le célèbre cabinet « indépendant », déclaré « expert » en comptage de manifestants.
Confinement, vaccination, fichage, couvre-feu… dernières nouvelles des restrictions de liberté
Le ministre de la Santé espagnol, Salvador Illa, a annoncé lundi 28 décembre que les récalcitrants à la vaccination à la Covid-19 seront fichés et que leurs noms seront transmis aux autres pays européens :
« Ce qu’on va faire, c’est un registre qui sera partagé avec d’autres pays européens. »
D’après la dernière étude, publiée par le Centre d’investigation sociologique (CIS), un institut de sondages dépendant du gouvernement, la proportion des Espagnols ne souhaitant pas se faire vacciner a chuté de manière spectaculaire, passant de 47 % en novembre à 28 % en décembre. Durant la même période, le pourcentage d’Espagnols se disant prêts à recevoir le vaccin a progressé de 36,8 % à 40,5 %.
Ce fameux vaccin dont on ne sait pas s’il sera utile :
Non mais HALLUCINANT!! pic.twitter.com/jvrebNkqAl
— Stalec (@Stalec_) December 25, 2020
En Seine-et-Marne, Disneyland est à l’arrêt depuis le 29 octobre. Du 19 décembre au 3 janvier, était envisagée une réouverture temporaire. Mais le gouvernement en a décidé autrement. Le parc et les hôtels resteront fermés jusqu’au 12 février. Dans un communiqué datant du 29 octobre, l’entreprise annonçait dans le même temps l’interruption de ses activités du 4 janvier au 12 février. Une polémique était née sur les réseaux sociaux. En effet, certains internautes voyaient dans cette fermeture anticipée l’annonce d’un troisième confinement prévu à ces mêmes dates. Alors, quand Olivier Véran, dans les colonnes du JDD, n’exclut pas un troisième confinement, on se demande si Disneyland Paris n’avait pas prévu le coup. Hier il a évoqué un couvre-feu dès 18h…
Ce que déclare Florian Philippot sur ces “dingueries” est assez intéressant :
Une Conseillère régionale du Nord Pas-de-Calais annonce quitter le RN pour rejoindre Florian Philippot et explique :
[…] le discours du RN pendant la crise sanitaire a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je ne voulais plus être assimilée à ces élus masqués et islamo-répétitifs, alors qu’on nous dépossédait de l’essentiel : la liberté. Le RN n’est pas étranger à l’hystérie sanitaire ambiante puisque, dès janvier, il a fait dans la surenchère sur un sujet qui méritait prudence et calcul bénéfices/risques d’une mise en quarantaine nationale et même mondiale. Dès la deuxième semaine du confinement de mars, une fois l’effroi passé, il était en mesure de proposer une autre voie que la séquestration dont on ne pouvait ignorer les effets catastrophiques sur le long terme sur la santé mentale, physique et économique des Français. Je peux admettre qu’un politique se doit d’être prudent, mais ce n’est pas comme si le RN n’était pas au fait des stratégies immondes usées par l’oligarchie. Il y a une littérature là-dessus qu’il ne peut ignorer. […]
Sur Liberté Politique, François Billot de Lochner écrit :
Le professeur Didier Raoult vient donc de se faire attaquer en justice par l’Ordre des médecins pour charlatanisme. Le débat fait désormais rage entre les scientifiques et les charlatans : à la lumière de la problématique du covid 19, qui peut et doit être classé dans l’une ou l’autre des catégories, aujourd’hui, en France ?
Commençons par les scientifiques. Lorsque des membres du gouvernement, épaulés par un Comité scientifique, relayés par le monde médiatique, déclarent que tout port de masque est totalement inutile, pour déclarer quelques semaines plus tard que le port du masque est bel et bon, pour déclarer quelques semaines plus tard qu’il est interdit de ne pas porter de masque, pour déclarer en même temps que le stock de masques disponibles est suffisant pour la France et déclarer un peu plus tard qu’il n’y a pas suffisamment de masques en France pour que tout le monde puisse en porter, nous pouvons considérer que nous avons à faire à de vrais scientifiques. Lorsque les mêmes imposent arbitrairement le remdesivir pour soigner de façon miraculeuse les malades atteints par le covid 19, après en avoir acheté à l’étranger des volumes considérables pour un prix considérable, puis suivent l’Organisation mondiale de la santé qui déclare ultérieurement qu’il s’agit d’une médication dangereuse, puis arrêtent brutalement tout traitement par ce médicament dont les stocks accumulés sont désormais totalement inutiles, nul doute n’est possible : nous avons affaire à de grands scientifiques. Lorsque les mêmes interdisent l’hydrochloroquine pour soigner la maladie, en développant une argumentation scientifique d’exception qui tient en deux mots : non à l’hydrochloroquine, sans aucune autre explication, il n’est plus possible de considérer qu’ils ne sont pas des scientifiques de très haut vol.
Du côté des charlatans, les choses sont aussi simples. Lorsque Didier Raoult indique, dans son bilan 2020, que son organisation a testé 380 000 personnes, a soigné 20 000 personnes et a enregistré un taux de décès compris entre 0,5 % et 1%, soit le taux de décès le plus faible au monde avec l’Islande, il saute aux yeux que nous avons à faire à un charlatan. Phénomène aggravant : le professeur traficote ses chiffres, puisque la somme de 380 000 et 20 000 est égale à 400 000, chiffre évoqué par le président de la République il y a quelques semaines pour indiquer le nombre de morts possibles. Cette addition charlatanique de Didier Raoult consiste à s’être occupé de 400 000 personnes qui, à l’évidence, vont mourir pour qu’il y ait concordance entre son action mortelle et les chiffres du président. Son charlatanisme incontestable prend l’allure d’un gigantesque chemin de mort. D’ailleurs, si la seconde usine de production d’hydrochloroquine au monde, située à Taïwan, vient d’être intégralement détruite par une miraculeuse explosion, cette odeur de souffre doit avoir quelque rapport avec le charlatanisme diabolique raoultien.
L’affaire est grave. Il n’est pas possible d’en rester là. Les charlatans doivent subir la punition qu’ils méritent. Un immense bûcher doit être installé place de la Concorde, et le professeur-sorcier Raoult doit être brûlé publiquement. Bien sûr, cela produira du réchauffement climatique et détériorera gravement la planète, mais tant pis pour cette fois, tout cela trop grave. Le nuage produit par le marché détruira tous les covid se promenant dans l’air, cela est prouvé scientifiquement. Afin de préserver l’avenir, il n’y aura plus qu’à vacciner la population avec un vaccin miraculeux dont rien ne prouve l’efficacité et dont aucune conséquence n’a été analysée : cette vaccination totalement scientifique révèle le génie des scientifiques d’aujourd’hui, et la stupidité criminelle des charlatans raoultiques.
Dans le club des complotistes, Le Parisien vient de classer le maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, soulignant bien sa foi catholique :
Depuis plusieurs mois, à coups de retweets frénétiques, l’édile (DVD) de 60 ans égrène le chapelet du parfait complotiste – un terme qu’il récuse formellement. De quoi détonner dans le paysage politique du 93 : ce père de sept enfants est un fervent – et affiché – catholique. Infatigable défenseur de Didier Raoult, pourfendeur du masque obligatoire et d’un vaccin trop vite arrivé sur le marché, il a aussi apprécié « Hold-up », le documentaire controversé sur la gestion de la crise sanitaire. Sans compter son soutien à coups de tweets aux catholiques bravant l’interdiction des rassemblements pour prier devant les églises. Il ne cache pas non plus ses affinités avec le RN, déroulant le tapis rouge à Jordan Bardella lors d’un spectacle à Montfermeil.
En résumé : un complotiste à la tête d’un territoire de 350 000 habitants ? « Complotiste » : le mot l’irrite, il le réfute. Pour résumer l’homme, il faut appeler son amie de trente ans, Christine Boutin, l’ex-ministre du Logement et fondatrice du parti chrétien-démocrate (PCD) dont il a été membre jusqu’en 2017. « C’est un homme d’exception, singulier, dit-elle. Un homme de conviction, qui n’a pas peur d’afficher son catholicisme en étant maire et habitant d’une zone… compliquée. » L’ex-ministre reprend à son compte le qualificatif que le journal Libération avait choisi pour un article sur Lemoine : « Xavier Lemoine est un croisé en Seine-Saint-Denis. Il faut être courageux… »
La symbolique guerrière ne fait pas sourire ses opposants. Farid Kachour, élu d’opposition et responsable de la mosquée de Montfermeil, l’assure : « C’est un partisan de la guerre de religion. A nous les musulmans, il a fait la misère. » La « misère »? Des difficultés pour ouvrir la mosquéeet l’absence de carré musulman dans le cimetière de la ville, entre autres. « Il est partisan de la théorie du grand remplacement(NDLR : l’hypothèse de certains penseurs d’extrême droite voulant que les populations d’Europe soient peu à peu remplacées par celles d’Afrique), ajoute Farid Kachour. Donc comment les choses peuvent-elles aller dans le bon sens avec nous ? » En 2006, une déclaration au journal israélien Haaretz avait mis le feu aux poudres. A propos des musulmans, il avait dit : « C’est eux ou nous. S’ils gagnent, nous sommes morts.» Un ancien maire qui l’a bien connu renchérit : « C’est un ultra-catho! Un radicalisé. Est-ce républicain d’avoir soutenu les fidèles qui priaient devant les églises dans l’illégalité, pour protester contre la jauge de 30 personnes par lieu de culte? Si cela avait été des musulmans, lui-même aurait appelé la police! »
Sa foi catholique, Xavier Lemoine estime « ne pas la crier sur tous les toits ». Juste sur son compte Twitter, qui déborde de citations bibliques. « Oui, je suis catholique. Et alors ? Je vais à des messes en latin, je fais une retraite par an. Mais je ne fais pas de prosélytisme », rétorque-t-il. Et la théorie du « grand remplacement » ? « Je préfère parler de bascule démographique et culturelle », répond Lemoine. La différence est ténue. « Il ne faut pas faire d’amalgame, mais regarder les choses en face. Moi, je suis le garant des libertés des musulmans qui vivent leur foi individuellement, en opposition à la communauté et ce qu’elle veut imposer », dit-il. Il en est même persuadé vu ses scores aux municipales – 58 % au premier tour en 2020 : les musulmans votent pour lui.
Mais, ces derniers mois, Lemoine s’est trouvé une seconde religion : le professeur Raoult, sa cohorte d’idées et de soutiens controversés dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Il montre son bureau du doigt : un impressionnant dossier de plusieurs kilos d’articles sur le Covid-19 trône entre quelques parapheurs et icônes religieuses. Il en parle avec un vocabulaire de sachant médical. « J’ai lu. Je me suis documenté. J’ai aussi parlé à de nombreux médecins, étant président du conseil de surveillance de l’hôpital. Et je n’ai pas l’habitude de dire des choses sans avoir travaillé la question », assène l’édile.
Alors, il le dit : selon lui, la gestion de la crise sanitaire est « un assassinat économique » du pays par l’Etat, qui n’a « pas pris les bonnes décisions en confinant » et qui a, surtout, produit un « mensonge éhonté » en « faisant croire à l’inefficacité » des deux molécules miracles anti-Covid selon le camp du professeur Didier Raoult – l’hydroxychloroquine et l’azythromycine. En juin, une vaste étude avait pourtant conclu à l’inutilité de ces médicaments. Mais, selon lui, dans quel but l’Etat mentirait sur ce sujet ? « Je ne sais pas… Je constate », balaie l’homme. Un complot ? « Je n’aime pas ce mot. Mais on peut dire qu’il y a une rupture de confiance dans le gouvernement. »
Lemoine tacle aussi, pêle-mêle, le port obligatoire du masque – « un effet de manche pour rassurer », juge-t-il – et le vaccin, dont il demandera « ce qu’il y a dedans avant d’y croire ». Mais un habitué du territoire le dit : résumer Xavier Lemoine à un complotiste ceint de l’écharpe tricolore serait « réducteur ». […]
Encore un incendie dans une église
Un feu s’est déclaré mardi après-midi dans la crèche de l’église Notre-Dame du Rosaire, dans le XIVème arrondissement à Paris.
La crèche de l’église Notre-Dame du Rosaire en feu cet après-midi. pic.twitter.com/0J20Uv66Oj
— France Bleu Paris (@francebleuparis) December 29, 2020
Par ailleurs, 67 tombes du cimetière de Fontainebleau ont été profanées, la grande majorité recouvertes de croix gammées. Bien que ces tombes profanées soient chrétiennes, l’adjointe au maire de Paris, Audrey Pulvar a condamné un « antisémitisme qui n’a sa place nulle part ».
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. Il faut reconnaître que, au milieu du désastre, M.Macron l’a fait tenir bon sur quelques aspects (5/6)
Petit rappel : Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion. L’objectif de cette série d’articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ».
Tout d’abord, rappelons que le premier confinement a reçu l’adhésion de tous les parlementaires. Ainsi, le 17 mars, Mme Rabault (PS) exprime clairement son soutien
« Monsieur le Premier ministre, je vous remercie, ainsi que le Gouvernement, d’avoir pris la décision courageuse du confinement »
et Mme Mathilde Panot (LFI) quant à elle, exprime :
« Nous vous assurons, monsieur le Premier ministre, de notre disponibilité totale et du strict respect des consignes dictées par les autorités sanitaires ».
Le 7 avril, M.Paul Molac (Libertés et Territoires) rappelait :
« Monsieur le Premier ministre, voilà aujourd’hui trois semaines que le confinement s’est imposé à nous comme la seule solution pour ralentir l’épidémie de Covid-19. Il était nécessaire ; nous l’avons soutenu ».
La date du premier déconfinement a ensuite été clairement imposée par M.Macron. le 13 avril pour le 11 mai. Philippe le Humble disait le 14 avril :
« La vérité, c’est que le Président de la République a demandé au Gouvernement de préparer un plan complet de sortie – il l’a dit clairement hier ».
Et immédiatement s’est élevé un chœur de sceptiques. Le 14 avril, Mme Brigitte Kuster (LR) commence à s’inquiéter à propos des établissements scolaires :
« J’évoquerai un sujet d’inquiétude sur lequel nous attendons des réponses précises : la réouverture annoncée des crèches, des écoles, des collèges et des lycées – bien qu’elle soit nécessaire – inquiète légitimement de nombreux parents, alors que les enfants sont souvent des vecteurs asymptomatiques du virus. Quel argument scientifique justifie ces réouvertures sur l’ensemble du territoire ? Pourquoi rouvrir en premier les écoles, établissements que vous aviez pourtant fermés en premier ? Êtes-vous prêt à organiser un vrai débat à ce sujet devant la représentation nationale ? ».
Là encore, réponse évasive de Philippe-le Chaloupé :
« La vérité, c’est que le Président de la République a demandé au Gouvernement de préparer un plan complet de sortie – il l’a dit clairement hier. J’aurai l’occasion de présenter ce plan d’ensemble quand il sera prêt, largement avant le 11 mai ».
Le même jour, M.Dominique Potier (PS) pose franchement la question :
« Une des questions majeures qui se pose aujourd’hui est celle de notre responsabilité : la date du 11 mai est-elle trop précoce ? … Pouvez-vous être transparent et clair à ce sujet : notre pays dispose-t-il des moyens de tester l’ensemble de la population française, afin que le 11 mai soit un rendez-vous avec la santé pour tous et qu’il s’agisse d’une santé durable ? »
et M.Jean-Christophe Lagarde s’interroge aussi :
« Monsieur le Premier ministre, je suis un peu moins inquiet qu’hier soir : le discours du Président de la République donnait le sentiment que le 11 mai était un impératif, mais, depuis ce matin, j’entends les membres du Gouvernement parler d’un objectif et rappeler que les conditions sanitaires devront évidemment être respectées, en premier lieu pour la réouverture des écoles. Est-il indispensable de rouvrir les crèches et les maternelles, où il est impossible de respecter et de faire respecter les gestes barrières ? Qui prendra la décision d’ouverture ? Les maires, les présidents de conseil départemental, les présidents de conseil régional ou l’État ? Car cela posera naturellement un problème de responsabilité pénale. Le fonctionnement des cantines scolaires devra-t-il être assuré ? ».
M.Alexis Corbière (LFI) est plus direct :
« La date du 11 mai apparaît donc comme le début de la fin du confinement actuel. Il s’agit d’une stratégie à risque et hasardeuse, qui soulève de nombreuses questions… Pourquoi faire courir des risques aux enseignants, au personnel des écoles et aux enfants ? Vous êtes incapable de dire dans quelles conditions sanitaires l’accueil scolaire pourra avoir lieu. Sans tests ni masques, qui enverra ses enfants à l’école, si ce n’est ceux qui y sont contraints par des raisons professionnelles ? »,
tout comme Mme Marie-George Buffet (PC) :
« Hier soir, le Président de la République a ouvert la voie à une levée du confinement le 11 mai, sans vraiment lever les inquiétudes ni donner les garanties suffisantes concernant les conditions sanitaires et sociales de la sortie de crise ».
Les réponses ne sont de fait guère rassurantes. Le 21 avril, un peu comme Mme Bourguignon et son fameux « Personne n’a la solution, mais nous agissons », M.Véran affirme : « Vous avez raison, il faut apporter des réponses. Il faut les apporter tôt, parce que les attentes des Français, des acteurs économiques, des commerçants et des enseignants sont grandes. Notre méthode consiste à procéder à de très larges concertations et à travailler d’arrache-pied, du soir au matin et du matin au soir, sur chaque thématique. Nous réfléchissons, depuis le début de la crise, aux questions que vous venez de poser, d’abord dans la logique du confinement, désormais dans celle de sa levée ». On n’en saura pas plus.
Blanquer est plus didactique ce même jour :
« Un protocole sanitaire [on vous le disait…] sera établi en cohérence avec la doctrine sanitaire que le Premier ministre précisera lors de la présentation de l’ensemble du plan de déconfinement. Chacun des points que vous avez cités – internat, cantine, transport scolaire – aura été traité et fera l’objet d’un écrit. Le respect du protocole sanitaire est la condition sine qua non pour que les élèves retournent à l’école. Si les conditions posées ne sont pas remplies, l’école ou l’établissement n’ouvre pas – c’est très clair».
Alors même que, le 29 avril, toujours sur la question de la stratégie de sortie du confinement dans l’Education nationale, M.Damien Abad (LR) lance une interruption : « Personne n’ira à l’école !» et que M.Bastien Lachaud (LFI) énonce : « Le déconfinement se fera, le 11 mai, dans des conditions particulièrement hasardeuses. Parce qu’Emmanuel Macron vous a imposé une date de déconfinement arbitraire, derrière laquelle vous courez ». Relayé le même jour par M.Sébastien Jumel (Gauche démocrate et républicaine) : « Monsieur le Premier ministre, êtes-vous étonné que les deux tiers des Français soient opposés à la réouverture des écoles le 11 mai alors que nous vivons une crise sanitaire sans précédent ? Nous, pas ».
Finalement, reconnaissons qu’il a fallu un certain cran à cette majorité pour sortir du premier piège qu’elle avait elle-même creusé. La virulence de la France insoumise a été particulièrement aiguë, avec encore cette intervention de M.Loïc Prud’homme (LFI) le 22 septembre :
« Vous allégez le protocole dans les écoles… Le virus circule toujours plus vite, aidé par votre gestion inconséquente de la situation sanitaire ! Mes questions seront donc très claires, monsieur le ministre. Faites-vous le pari de l’immunité collective, oui ou non ? Que ferez-vous quand les services de réanimation seront de nouveau saturés, dans les prochains jours ? Combien de personnes avez-vous décidé de laisser mourir dans votre scénario de gestion de la crise sanitaire ? »
Prochain et dernier épisode : éléments de conclusion
Opération écran noir pour les voeux présidentiels
Lu sur le blogue de l’abbé Michel Viot:
Après la courte trêve de Noël, et la réapparition du couvre-feu, au moment où sont diffusés les propos les plus embrouillés qui soient, tant sur les statistiques de l’épidémie que sur le vaccin, le bruit court d’une possibilité de nouveau confinement en janvier, avec bien sûr pour nous catholiques une interdiction, ou une restriction des messes publiques par l’Etat.
Sur ce dernier point, le Cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s’était exprimé très clairement lors d’un entretien avec le journaliste Riccardo Cascioli, il y a plusieurs mois (7 mai 2020) : « C’est une chose de prendre des mesures de précaution pour minimiser les risques de contagion, c’en est une autre d’interdire la liturgie… l’Etat a sa tâche, l’Eglise a la sienne. »
En ce qui concerne les mesures de « remplacement » (utilisation d’internet, messes télévisées, communion spirituelle etc.), je ne nie pas les bonnes intentions de ceux qui ont pratiqué cela dans l’affolement du début de l’épidémie. Mais je dis très clairement maintenant, que cela ne doit en aucun cas se poursuivre, car une telle pratique éloigne des principes fondamentaux du catholicisme et conduit tout droit à l’hérésie. Aussi je rappelle cette deuxième affirmation du Cardinal Müller: « Jésus, Fils de Dieu, s’est fait chair, nous croyons en la résurrection de la chair. C’est pourquoi la présence corporelle est absolument nécessaire pour nous. Pour nous, pas pour Dieu. Dieu n’a pas besoin des sacrements, c’est nous qui en avons besoin. Dieu a institué les sacrements pour nous. Le mariage ne fonctionne pas seulement spirituellement, il faut aussi une union du corps et de l’âme. Nous ne sommes pas des idéalistes platoniciens, nous ne pouvons pas assister à la messe depuis chez nous, sauf dans des situations particulières. »
Et il y a, dans ces éminents propos, d’autres considérations sur le zèle conformiste de certains clercs, par rapport à l’esprit du monde que je vous conseille à tous de méditer.
Aussi devons-nous dénier à l’Etat le droit d’avoir recours à l’interdiction du culte public, de l’enseignement du catéchisme ou de toute autres réunions nécessaires à la pratique du culte catholique. Le pouvoir politique qui se risquerait à commettre une telle faute, se placerait hors de l’état de « Magistrat respectable » décrit par Saint Paul au chapitre 13 de l’épître aux Romains. Il se transformerait en abject tyran auquel la foi commanderait de désobéir et peut-être de se poser des questions sur sa légitimité. Je ne donne qu’un avis théologique personnel et n’ai pas à parler au nom des autres religions, leurs responsables ont tenu des discours différents des nôtres, cela les regarde, ils diront ou ne diront pas ce qu’ils souhaitent. Cette situation aura eu au moins le mérite de montrer que nous sommes différents et pas obligatoirement solidaires. C’est pourquoi, au cours de l’histoire, le Saint Siège a toujours voulu que la partie de l’Eglise qui dépend de lui puisse traiter directement avec l’Etat où elle se trouve, indépendamment des autres religions qui peuvent exister dans ce pays. Et ceci, non pour demander de quelconques privilèges, mais par simple souci de vérité par rapport à son caractère propre : la reconnaissance de la liberté de l’Eglise dont le Chef est Jésus Christ lui-même. En renouant les relations diplomatiques avec le Saint Siège en 1921, donc avec le Pape, successeur de Pierre et Vicaire du Christ, Pie XI qui n’avait pas encore retrouvé sa situation de Chef d’Etat, demeurant donc seulement le Chef suprême du Catholicisme, la République française reconnaissait de fait ce caractère particulier de l’Eglise catholique, sans pour autant en faire une croyance religieuse de l’Etat qui demeurait laïc. Il est plus que fâcheux que l’actuel gouvernement français ait fait mine d’ignorer cette tradition fort ancienne.
Cela dit les mesures autoritaires prises par l’Etat à l’encontre de l’Eglise catholique lui ont fait un tort considérable, qu’on ne peut passer sous silence et qui ne sera pas oublié de sitôt. Il pourra être pardonné bien sûr, mais à la condition expresse que les fautifs demandent pardon et reconnaissent leurs fautes, comme d’ailleurs un des attendus du dernier jugement du Conseil D’Etat devrait les y inviter. Et je le résume en quelques mots. On ne peut, en France, interdire une réunion religieuse comme celles qui peuvent avoir lieu dans un théâtre ! Tout politique avisé le sait parfaitement. On a donc gêné pour nuire.
Considérant ce qu’est devenue notre Constitution avec le quinquennat, une monarchie élective, avec un premier ministre, transformé en fondé de pouvoirs et une Assemblée nationale en chambre d’enregistrement, il ne reste qu’une seule assemblée pour représenter le peuple, le Sénat, mais il n’a pas le dernier mot.
C’est donc le Chef de l’Etat qui endosse la responsabilité de toute l’hostilité manifestée ces temps-ci à l’Eglise catholique. Cette vérité nous oblige, plus que jamais, à refuser d’écouter ses vœux ce 31 décembre 2020.
Sa détestation du catholicisme, et son peu d’amour pour les Français, l’ont en effet conduit pendant ce temps à orchestrer une campagne de peur qui aggrave ses précédentes mesures. Des atteintes importantes à nos libertés se préparent, il suffit de se pencher sur les principes républicains conduisant à la modification des lois de 1901 et 1905, débattus en conseil des ministres le 9 décembre dernier. Cela va forcément porter atteinte à la liberté de l’Eglise catholique, sans satisfaire la majorité des musulmans. Car, c’est en principe pour eux qu’on modifie ces lois. Le gouvernement a agi comme ses ancêtres de 1905, et surtout de 1790, en ne consultant pas les principaux intéressés compétents en la matière. Mû par les mêmes principes anti-catholiques, il fera passer en force sa loi bioéthique. Un peu avant Noël, Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron écrivait: « À l’approche de Noël, c’est un monde épuisé qui s’offre à nos yeux. Épuisé en particulier par la gestion inédite d’une épidémie dont nous voyons se multiplier les conséquences désastreuses, d’ordre psychologique et spirituel, économique et social, directement liées aux mesures de confinement et aux nombreuses restrictions des libertés qui en découlent. Le climat d’anxiété qui pèse sur beaucoup, entretenu par un discours officiel volontiers alarmiste et culpabilisateur, révèle l’état actuel de l’humanité. » Et le reste du texte, auquel j’adhère dans sa totalité, nous dit dans quel triste état se trouve notre France. Comment pourrait-elle comprendre, tolérer et supporter des vœux d’un homme dont elle se méfie de plus en plus ?
La crainte et la peur sont effectivement des instruments de gouvernement. Mais ils peuvent s’user plus vite qu’on ne le croit, et alors c’est l’explosion ! Je recommande l’écran noir parce que je souhaite que tous réfléchissent et ne laissent point en eux monter la colère. Comment, en écoutant et en voyant la prononciation des vœux présidentiels, ne pas entendre, en même temps, et pour reprendre une image biblique, la voix du sang qui monte de la terre jusqu’à Dieu, la voix des euthanasiés de nos Ehpad, se joignant à celle des quelque deux cent vingt mille enfants avortés par an en France, les râlements des morts, faute de masques ou de traitements appropriés, refusés pour des raisons obscures, les cris de ces défunts solitaires, empêchés de voir leur famille ou de recevoir le secours d’un prêtre pour leurs derniers instants ? Et comment ne pas trembler d’effroi devant l’avenir, qu’on aura beau enfumer de propos démagogiques ? Leur brume n’empêchera pas de deviner l’importance du cortège de pauvres de plus en plus nombreux, ils colleront aux vœux officiels, comme les marques de la lèpre sur la peau d’un malade. Ce que nous voyons et entendons autour de nous nous fait suffisamment de mal sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter à la fin de cette sinistre année ! Écran noir de 20h à 20h20, ce 31 décembre 2020 !
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. Il vaut mieux en rire qu’en pleurer (4/6)
Petit rappel : Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion. L’objectif de cette série d’articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ».
Le sujet est grave et la situation générale de la France est dramatique. Pourtant, il y a quand même quelques échanges savoureux entre parlementaires et membres du gouvernement. C’est vrai que le recul aide un peu.
Ca commence dès le 18 février par M.Véran qui affirme :
« Vous savez très bien que notre système de santé est extrêmement solide, notamment en matière de santé publique et lorsqu’il s’agit de lutter contre des risques épidémiques ».
Le 3 mars, répondant au député Pascal Bois (LaRem) à propos du foyer épidémique dans le département de l’Oise, et qui faisait observer que « des questions me sont adressées par des citoyens et des élus confrontés à l’anxiété ou à la pénurie de masques ou de solutions hydro-alcooliques pour se protéger », M.Véran répond :
« Quant au gel hydro-alcoolique, après m’être entretenu avec les élus et le directeur général de l’ARS, je peux vous annoncer qu’il arrive. Il n’y avait pas de pénurie, mais simplement une demande extrêmement forte concentrée sur une période très brève. La production bat son plein et les industriels – français, en l’occurrence – seront capables de répondre à cette demande dans les prochaines heures ».
On peut évoquer une surprenante et éphémère initiative du gouvernement, rappelée le 5 mai par Mme Frédérique Dumas (Libertés et Territoires) :
« Monsieur le Premier ministre, le site du Gouvernement propose depuis fin avril une nouvelle page intitulée « Désinfox coronavirus ». Cette rubrique propose de fait de labéliser ce qui est fiable et ce qui ne l’est pas, en sélectionnant une liste d’articles, et ce, sans même l’autorisation des rédactions concernées.. Compte tenu de la chute de confiance des Français dans la capacité du Gouvernement à gérer la crise et à fournir des informations fiables, non seulement les Français qui doutent n’iront jamais sur un site gouvernemental pour démêler le vrai du faux, mais le risque est grand d’inciter la population à s’informer en dehors des sources mises soi-disant en valeur par le Gouvernement »
enterrée par le ministre de la culture, l’inoubliable Franck Riester :
« Le service supplémentaire proposé par le porte-parolat visait simplement à regrouper sur une même page internet les ressources de lutte contre la désinformation concernant la crise sanitaire… En tant que ministre de la culture, garant de la liberté, de l’indépendance et du pluralisme de la presse, je souhaite vous annoncer que le Gouvernement a pris la décision de retirer cette page du site internet du Gouvernement ».
On ne saurait oublier la brillante Mme Sibeth Ndiaye qui répondait le 26 mai à une question de M.Joachim Son-Forget (« Soyez à la hauteur du sinistre. Au-delà des ambitions et des petits calculs, nous voudrions être sûrs que vous ferez passer avant votre sort personnel et les menaces judiciaires potentielles le sort des Français qui souffrent des lenteurs et des carences administratives ») avec son inégalable talent :
« Je vous remercie pour votre question, qui me permet d’apporter un éclairage sur ce qu’a été la politique du Gouvernement depuis le début de la crise sanitaire. À chaque instant, nous avons fait le choix de regarder les indicateurs sanitaires et de nous appuyer sur un rationnel scientifique et sanitaire pour prendre l’ensemble des décisions qui ont été les nôtres. Qu’il s’agisse de la doctrine d’emploi des masques ou de celle de la diffusion et de l’utilisation des tests, c’est uniquement sur ce rationnel scientifique et sanitaire que nous avons fait nos choix en matière de politique de santé publique,…et les résultats sont au rendez-vous. Cette épidémie dont nul dans le monde ou en Europe, ni malheureusement dans notre pays, n’avait pu prévoir l’ampleur, nous y avons fait face, parce que nous avons su anticiper l’adaptation de notre système de santé ».
Le 2 juin, M.Philippe Vigier (MoDem) interroge sur les conséquences économiques du confinement pour l’hôtellerie. Le Premier ministre, dans son style pince-sans-rire, de répondre :
« S’agissant de l’hôtellerie, l’activité n’a pas été formellement interdite, mais par définition, dès lors qu’il n’y avait pas de restauration et peu de déplacements, il était compliqué de faire fonctionner ces établissements ».
Mais s’il fallait attribuer une palme, ce serait peut-être pour saluer les premiers pas du nouveau Premier ministre Jean Castex. Le compte-rendu de cette séance du 8 juillet (laissé intégralement avec toutes les interruptions et mouvements) est un peu long mais, franchement, c’est un morceau quasi d’anthologie. M.Castex répond à une question précise de Mme Virginie Duby-Muller :
« Comment avez-vous pu vous féliciter, dès votre prise de fonction, que la France ait l’un des taux de croissance les plus élevés d’Europe en 2019 alors qu’elle était vingt-quatrième sur vingt-huit ? ».
le président. La parole est à M. le Premier ministre. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes LaREM et Agir ens, ainsi que sur quelques bancs du groupe MODEM. – « Debout ! » sur plusieurs bancs des groupes LR et GDR. – Plusieurs députés des groupes LaREM et Agir ens se lèvent.)
Pierre Cordier. Ils ont du mal à se lever !
Fabien Di Filippo. C’est laborieux !
Alexis Corbière. C’est beau, la foi !
Michel Herbillon. Ils l’applaudissent alors qu’il n’a pas encore parlé !
le président. S’il vous plaît, mes chers collègues ! Seul M. le Premier ministre a la parole. Écoutez-le !
Raphaël Schellenberger. Il n’est pas là pour parler, mais pour exécuter les décisions de l’Élysée !
Jean Castex, Premier ministre. Je voudrais d’abord vous dire toute l’émotion et tout l’honneur que je ressens, m’exprimant aujourd’hui pour la première fois en ma qualité de Premier ministre devant la représentation nationale. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Agir ens, ainsi que sur quelques bancs du groupe MODEM.)
Pierre Cordier. Pour le moment, nous sommes d’accord !
Maxime Minot. Il n’a encore rien dit, soyez patients !
Jean Castex, Premier ministre. Sachez que j’ai et que j’aurai toujours un grand respect pour le Parlement et pour l’Assemblée nationale.
Jean-Luc Mélenchon. C’est le minimum !
Alexis Corbière. C’est la base !
Pierre Cordier. Ce serait une rupture !
Jean Castex, Premier ministre. Je m’emploierai toujours, vis-à-vis de vous comme de l’ensemble de la nation, à incarner les valeurs de respect et de dialogue.
Éric Coquerel. Ça cache quelque chose !
Pierre Cordier et M. Patrick Hetzel. Jusqu’ici, tout va bien !
Jean Castex, Premier ministre. Oui, jusqu’ici tout va bien !(Sourires.) Il n’aura échappé à personne – en tout cas, pas à vous, madame Duby-Muller – que ce nouveau gouvernement…
Fabien Roussel. Est un gouvernement de droite !
Mme Clémentine Autain. Et de droite !
Plusieurs députés du groupe LR. Est un gouvernement de gauche !
Jean Castex, Premier ministre. …entre en fonction dans un contexte très particulier…
Fabien Di Filippo. Celui de l’échec du quinquennat !
Jean Castex, Premier ministre. …celui d’une crise sanitaire d’une ampleur exceptionnelle qui, vous le savez, n’est pas terminée…
Fabien Di Filippo. Elle a été mal gérée !
Éric Coquerel. On enfonce des portes ouvertes !
Jean Castex, Premier ministre. …et d’une crise économique et sociale qui a déjà commencé et qui s’annonce sans doute comme la plus difficile que la France, l’Europe et le monde…
Jean-Luc Mélenchon. La galaxie, même !
Jean Castex, Premier ministre. …auront à affronter depuis la crise de 1929. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe FI.)
Maxime Minot. Allez, accélérez !
Fabien Di Filippo. En fait, c’est Édouard Philippe, mais au ralenti…
Jean Castex, Premier ministre. Avec les valeurs qui sont les miennes, j’ai l’honneur de diriger ce gouvernement, qui sera un gouvernement de combat. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes LaREM et Agir ens.)
Ugo Bernalicis. Un gouvernement de droite !
Jean-Luc Mélenchon. C’est du blabla !
Jean Castex, Premier ministre. …tourné vers l’efficacité,…
Fabien Di Filippo. Et vers la réélection du Président de la République !
Jean Castex, Premier ministre. …un gouvernement de dialogue, un gouvernement des territoires.(Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes LaREM et Agir ens.)
Jean-Luc Mélenchon. Ça ne veut rien dire !
Jean Castex, Premier ministre. Cela ne répond pas simplement à une conviction, dans le cadre des orientations dégagées par le Président de la République : ce sera surtout un gage d’efficacité dans la lutte contre la crise.
Raphaël Schellenberger. Cela ne sera pas suffisant !
Maxime Minot. Paroles, paroles ! Il est temps de passer aux actes !
Jean Castex, Premier ministre. Nous devrons être unis. Nous allons engager un plan de relance ambitieux,…
Mme Valérie Beauvais. Vous prononcez déjà votre déclaration de politique générale ?
Jean Castex, Premier ministre. …marqué par la nécessité de faire face aux drames humains que subiront des personnes et des territoires…
Raphaël Schellenberger. Finalement, on préférait Édouard Philippe !
Stéphane Peu. Est-ce un discours de politique générale ?
Jean Castex, Premier ministre. …et qui sera d’autant plus efficient que, dans la continuité de la logique de transformation qui irrigue ce quinquennat, nous investirons dans l’avenir, la transition écologique, les territoires et la solidarité nationale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
Le Gouvernement aujourd’hui constitué est tout au service de ces ambitions.
Jean-Luc Mélenchon. Misère ! Ça va durer longtemps ?
Fabien Di Filippo. Cela fait cinq minutes que vous parlez pour ne rien dire !
Jean Castex, Premier ministre. Je veillerai personnellement aux résultats et à l’efficacité de notre action au service de la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Agir ens.)
Raphaël Schellenberger. Il n’a rien dit !
Fabien Di Filippo. C’est lénifiant !
le président. S’il vous plaît, mes chers collègues ! Calmez-vous !
C’était la fin de la première intervention à l’Assemblée nationale de M.Castex. Il est vrai que M.Macron lui avait demandé de reporter sa déclaration de politique générale après la déclaration télévisée qu’il comptait faire. Et bien entendu, M.Castex n’a en rien répondu à la question qui lui avait été posée.
M.Véran se révèle être un adepte de la méthode Coué. M.Bastien Lachaud lui demandait le 29 septembre :
« Mais comment faire quand on ne comprend plus rien ? Alors que les rassemblements de dix personnes sont interdits, nous continuons à nous entasser dans les transports en commun. Nous pouvons aller au travail, à l’école, à l’université mais pas faire du sport. Nous pouvons boire un verre ou aller au restaurant mais pas après 22 heures. Vous décidez de la fermeture des bars à Marseille à partir du vendredi 25 septembre puis finalement à partir du dimanche 27. L’application StopCovid est l’arme ultime contre la pandémie mais le Premier ministre ne l’a pas téléchargée. Comment voulez-vous que l’on s’y retrouve ? ».
Réponse de M.Véran :
« Le meilleur moyen d’inciter les Français à respecter les règles, c’est de dire que nous les comprenons nous-mêmes, qu’elles sont bonnes et qu’il faut les respecter. Par votre question, monsieur le député, vous semez le trouble ».
C’est peut-être rassurant de voir cette osmose entre le ministre de la santé et le chef du comité scientifique consulté par M.Macron, le professeur Delfraissy, qui disait le 16 décembre sur RTL :
« J’ai interpellé le CSA qui, je vous le rappelle, a un rôle de régulateur. J’ai interpellé également les deux commissions d’enquête du Sénat et de l’Assemblée nationale, en disant : il me semble qu’on pourrait aussi entendre les patrons de chaîne, et en particulier de certaines chaînes, qui font, non pas de l’information, mais qui créent du débat ».
Toujours est-il que plus on avance dans l’épidémie, moins le gouvernement a les idées claires. Mme Bourguignon affirme ainsi le 27/10 (à la veille du deuxième confinement) :
« Malheureusement, comme partout en Europe, la circulation du virus s’accélère dans l’ensemble du territoire national. Nous en prenons acte et nous continuerons d’agir pour prévenir et limiter autant que possible les différents foyers de contamination. Personne n’a la solution, mais nous agissons. Tel est le sens de notre action, qui évolue en parfaite transparence et conséquence ».
Et le 15 décembre, c’est Simplet (Petitattal) qui expliquait :
« Il est vrai que nous découvrons cette épidémie, qu’elle se révèle difficilement contrôlable dans tous les pays du monde, ce qui rend compliqué de prendre des mesures compréhensibles par tous ».
Cela fait quand même dix mois que le pays est en crise…
Prochain épisode : M.Macron fait tenir bon le gouvernement sur quelques aspects des confinements.
Evaluation morale du vaccin contre le covid-19

Le P. Olivier, directeur de l’institut Plantatio, et Roselyne Legall, docteur en philosophie et professeur en bioéthique pour ce même institut, viennent de publier une intéressante étude sur l’évaluation morale du vaccin contre le covid-19 pour le site de La Nef. L’article s’interroge d’abord sur la nature du “vaccin”:
Quelle est donc tout d’abord sa nature ? S’agit d’un vaccin au sens traditionnel ? Ce qui est de fait habituellement transmis lors d’un vaccin classique est un virus dénaturé ou une partie d’un virus épuré qui, ne portant pas l’élément actif pathogène, dispose toutefois le corps à la fabrication anticipée d’anticorps adaptés grâce à une congruence de structure tridimensionnelle entre le virus pathologique et son leurre. Le corps va donc recevoir ce virus dénaturé comme un autre virus et provoquer là où il se trouvera des réactions finalement habituelles d’immunité et de fabrication d’anticorps. Aussi, le principe de la vaccination classique ne pose-t-il pas de problème éthique au sens où il respecte le fonctionnement naturel du système immunitaire humain. La spécificité du vaccin à ARNm est qu’il va demander à toutes les cellules dans lesquels il se logera de fabriquer la protéine d’une partie du virus (appelée la spicule) qui elle-même provoquera la réaction d’anticorps correspondant. Il s’agit là d’une technique qui ressemble à de la thérapie génique impliquant directement la maîtrise de la fabrication d’un ARNm par voie biochimique dépassant une simple fabrication plus traditionnelle de vaccin. De prime abord, la solution paraît plus simple car l’ARNm est une simple chaîne linéaire de nucléotides alors que le virus dénaturé qui doit être « conditionné » est une protéine tridimensionnelle qu’il faut rendre stable. Mais plusieurs remarques d’importance sont à noter du point de vue éthique.
Puis, les auteurs étudient plusieurs questions éthiques:
Premier point éthique : une triple violence
Peut-on ainsi ordonner à des millions de cellules de fabriquer une partie du virus, un corps étranger comme si on les arraisonnait à fabriquer quelque chose à l’encontre de leur équilibre systémique propre dans une sorte de forçage génétique ? […] Cette violence s’exprime aussi par la manière dont l’ARNm va s’introduire dans la cellule : alors que naturellement il vient du noyau de la cellule sous forme de « filaments » qu’il constitue, ici, il est introduit de l’extérieur de la cellule par des nanoparticules lipidiques contenant repliée l’ARNm. Pour une cellule donnée, il y a l’intrusion de l’extérieur d’un corps étranger invasif alors qu’elle est naturellement habituée à accueillir ce type de corps comme venant de l’intérieur d’elle-même : comment réagira-t-elle à un élément biochimique qui lui ordonne de faire quelque chose à partir d’un mode d’entrée et de présentation de soi non naturel ? […] Enfin, c’est la quantité d’ARNm qui est injectée, en tant que quantité brute qui fait violence : alors que celui-ci se présente habituellement pour une protéine à fabriquer comme un ou des simples brins que vont lire plusieurs ribosomes et dont la quantité sera contrôlée par des mécanismes d’autorégulation, la, une quantité abstraite est imposée dans son mode de lecture. Une triple violence est donc faite par ce type de vaccin au cœur de ce qui nous constitue le plus fondamentalement au niveau corporel, à savoir la cellule humaine, merveille de Dieu dans son fonctionnement interne : dans le fait de devoir fabriquer quelque chose de non naturel, dans le fait d’être contraint d’accueillir de l’ARN mercenaire de l’extérieur d’elle-même, dans le fait de devoir subir un assaut quantitatif d’ARNm alors qu’il est diffusé naturellement au cœur de la cellule qualitativement et de manière auto-régulée.
Deuxième point éthique : la thérapie génique
Troisième point éthique : la question de l’utilisation de lignées de cellules de fœtus avortés
Quatrième point éthique : incertitude des conséquences du vaccin
Un article passionnant, qui mérite d’être lu attentivement, et dont il faut espérer qu’il aide à un discernement moral pour tous les hommes de bonne volonté et spécialement pour les catholiques – et peut-être aussi qu’il aide à susciter un véritable débat scientifique, philosophique et moral sur cette campagne de vaccination étrangement mal préparée. A lire ici.
Des études scientifiques contre l’idéologie du genre

L’excellente lettre Marri Research du Dr Pat Fagan (Catholic University of America) publie régulièrement des synthèses d’études scientifiques sur la famille – études qui démontrent abondamment que les attaques contre la famille sont aussi des attaques contre les personnes et contre les sociétés, puisque l’on constate que le divorce coûte très cher non seulement aux individus, mais encore aux sociétés (qui, pourtant, l’encouragent!) ou que la pornographie ravage non seulement les familles, mais aussi augmente la criminalité, etc.
Dans sa dernière lettre, Pat Fagan réunit quelques études (dont certaines ne sont accessibles qu’à ceux qui peuvent se connecter avec leurs codes universitaires) montrant que le cerveau des hommes et des femmes sont différents et complémentaires. Ainsi un article de 2017 montre que les femmes ont, en moyenne, de meilleures performances que les hommes en matière de mémoire, mais que les hommes ont de meilleures performances (toujours en moyenne) pour se repérer dans l’espace ou pour les tâches motrices (voir ici: lien accessible seulement avec des codes académiques). Une autre étude se penche sur les préférences des enfants en matière de jeux. Une autre encore étudie les comportements différents des hommes et des femmes en matière d’intelligence cognitive et d’intelligence émotionnelle. En un mot, de quoi ruiner scientifiquement les prétentions de l’idéologie du genre à faire des différences sexuelles de pures conventions sociales.
De façon générale, si vous cherchez des informations scientifiques sur la famille (au sens large), vous avez de grandes chances de les trouver sur le site Marripedia, sorte de wikipedia animé par l’équipe du Dr Fagan.
Des entrepreneurs québécois contre la dictature sanitaire

L’organisation « Entrepreneurs en Action du Québec » (EAQ), réunissant des chefs d’entreprises canadiens de différents secteurs, et des parents ont déposé une demande en justice visant à obtenir la nullité des décrets déclarant l’urgence sanitaire au Québec et à les faire reconnaître comme inconstitutionnels.
Benoit Girouard, porte-parole de l’EAQ, précise: « Depuis le mois de mars dernier, les Québécois subissent, à différents degrés, des atteintes à leur santé physique et mentale provenant non pas d’un virus mais de décisions politiques. Les atteintes touchent aussi à plusieurs droits fondamentaux garantis par nos Chartes. »
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. L’obsession technologique et l’oubli du soin (3/6)
Petit rappel : Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion. L’objectif de cette série d’articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ».
Nous avons déjà noté la satisfaction gouvernementale (et présidentielle aussi) profonde d’avoir su monter à Mulhouse un hôpital militaire de campagne de trente lits dans un délai ayant pourtant porté à quelques critiques et M.Véran s’étant même aventuré à dire le 19 mars :
« Nous avons pu récupérer cette quantité de respirateurs, ce qui va nous permettre de monter en charge et d’augmenter le nombre de lits de réanimation, notamment dans le cadre des hôpitaux de campagne que nous pourrions être amenés à construire, comme c’est déjà le cas à proximité de Mulhouse » ;
la satisfaction d’avoir armé un navire de guerre depuis la Corse vers le continent. Ci-dessous, une photo du bâtiment (rappel : pour le transport de 12 patients. Il n’a pas dû y avoir de problème de distanciation sociale).

Le 24 mars, répondant à une question légèrement téléphonée comme on le dit d’une passe au rugby, de M.Philippe Michel-Kleisbauer (MoDem) (« Madame la ministre, pouvez-vous dresser, pour la représentation nationale, une liste la plus exhaustive possible des moyens humains et capacitaires que le Président de la République, chef de l’État et chef des armées, a ordonné de mettre en œuvre pour faire face à la crise ? »), Mme Parly, ministre des armées détaillait :
« Le Président de la République a déclaré que nous étions en guerre. Or, lorsque l’on est en guerre, tous les moyens disponibles doivent être déployés. Ainsi, pour soulager les hôpitaux, en particulier ceux du Grand Est et de la Corse, en état de saturation, nous avons mobilisé des moyens inédits, et tout d’abord un avion ravitailleur A330 Phénix. Celui-ci s’est transformé en véritable hôpital volant grâce au kit Morphée, qui a permis d’assurer plusieurs rotations vers les hôpitaux Laveran et Sainte-Anne en région PACA – Provence-Alpes-Côte d’Azur –, vers Bordeaux et, aujourd’hui même, vers Brest. À la demande du Président de la République, nous avons également déployé un porte-hélicoptères Tonnerre afin de transporter douze patients depuis la Corse jusqu’aux hôpitaux de la région PACA. Enfin, c’est un véritable hôpital de campagne qui a été construit de toutes pièces à Mulhouse. Il est susceptible d’accueillir trente patients en réanimation et accueille en ce moment même un premier malade. Face à une pareille crise, il faut se serrer les coudes et monter en première ligne. Les armées répondent aujourd’hui présentes et continueront de le faire demain ».
On se rappelle aussi les commentaires extatiques sur un TGV médicalisé, cette « première européenne » que personne ailleurs dans le monde ne semble avoir copié, certainement par manque de capacités techniques
C’est pourquoi la demande, le 24 mars, de M.François-Michel Lambert (Libertés et Territoires) et concernant l’approvisionnement en masques de protection et en gel : « N’est-il pas urgent de nommer un expert dédié à la logistique auprès du Premier ministre, sur le modèle de l’expert Covid-19 rattaché directement au ministre des solidarités et de la santé, afin de redéfinir les priorités organisationnelles et d’assurer la gestion de crise et la reconstruction à venir ? » a sans doute été ressentie comme une grossiéreté par . M.Véran qui a vertement répondu :
« L’heure n’est pas à la nomination de tel ou tel expert, car il s’agit pour le moment de montrer aux forces soignantes que nous sommes avec elles et que nous faisons le maximum pour répondre à leurs besoins cruciaux pour sauver des vies au quotidien ».
L’heure n’est pas à la nomination d’expert, ce qui n’a pas empêché M.Véran, lors de la même séance, d’expliquer en réponse à une question sur la gestion de l’épidémie dans les Ehpad,
« Nous ne négligeons pas la question des solidarités. J’ai annoncé hier que j’avais confié à l’ancien député Jérôme Guedj une mission pour lutter contre l’isolement des personnes âgées en EHPAD »…
Mais l’obsession du tout technologique imprime surtout sa marque dans la stratégie médicale : entièrement hospitalo-centrée. Et, à l’hôpital, centrée sur le lit de réanimation, véritable démonstration d’un sommet technologique dans sa catégorie.
A rebours de cette visibilité donnée à un des aspects les plus technologisés de l’hôpital, les médecins généralistes sont rendus invisibles. En fait, pour le gouvernement, c’est à peu près comme s’ils n’existaient pas. Le mot « généraliste » n’est employé que deux fois par le gouvernement sur un an de ces questions/réponses. L’expression « médecine de ville » n’est employée que treize fois par le gouvernement à propos de l’épidémie.
Cet effacement de la médecine de ville comme maillon possible, voire essentiel, pour faire face à la crise, commence dès le 28 janvier lors de cette première question sur le coronavirus. Mme Christelle Dubos, secrétaire d’état auprès de Mme Buzyn précise :
« Notre stratégie vise bien à éviter la propagation du virus. Cela passe par l’information des professionnels de santé et de la population… Cela passe également par l’identification dans les meilleurs délais des personnes susceptibles d’être infectées et des personnes avec lesquelles elles ont été en contact, afin de prévenir tout risque de propagation. … Toute personne présentant ces symptômes – pour mémoire : fièvre, toux et problèmes respiratoires – après un voyage en Chine ou suite à un contact avec une personne en arrivant doit appeler le 15 et ne doit se rendre ni aux urgences ni chez son médecin traitant ».
Le 25 février, quand Philippe le Humble intervient pour répondre à Mme Marine Brenier (LR) qui a rappelé que « tous les praticiens de santé médicaux et paramédicaux constituent des éléments de relais et de vigilance pour faire face à toutes les inquiétudes », il cite les CHU, les équipes du SAMU mais ne parle pas des généralistes.
Le 3 mars, à M.Maxime Minot (LR) qui l’interroge à propos de la situation dans l’Oise « Alors qu’il fait peu de doute que la phase 3 de l’alerte sanitaire sera déclenchée dans les prochaines heures ou dans les prochains jours, comment comptez-vous associer l’ensemble des personnels soignants du département – y compris les médecins de ville et les infirmiers libéraux – à la gestion de l’épidémie ? », M.Olivier Véran ne cite même pas les médecins de ville.
C’est vrai que, le 3 mars, à M.Robin Reda (LR) qui lui pose demande « Les questions qui se posent sont simples et très concrètes. À ce stade de l’épidémie, nos hôpitaux sont-ils vraiment prêts ? Comment comptez-vous associer les médecins du premier recours dans nos territoires ? », le même Véran répond quand même :
« Je vous le dis : l’hôpital sera à la hauteur, la médecine de ville sera à la hauteur, nos infirmiers seront à la hauteur, nos ambulanciers et nos pompiers seront à la hauteur de cette crise virale… Nous devons travailler le lien pré-hospitalier avec le lien hospitalier, et préparer, dans l’hypothèse d’une épidémie, le lien entre l’hôpital et la médecine de ville ».
Et même Philippe le Humble indique le 19 mars : « J’en viens à la mobilisation de l’ensemble de notre système de soins, que vous aviez évidemment à l’esprit même si vous avez insisté sur l’hôpital. Si les personnels hospitaliers sont en première ligne, le système libéral – la médecine de ville et de campagne – est directement concerné. ». A peu près aussi sérieux que la volonté de M.Macron de traiter le problème du séparatisme musulman sinon avec transparence, au moins avec efficacité.
En effet, le 7 avril, à propos de la lutte contre le covid dans les EHPAD, M.Véran cite les départements, les ARS, « L’ensemble des services de l’État, les collectivités – y compris les communes – et les associations doivent participer à l’effort national…. Dans la période actuelle, l’union nationale est importante, et belle à voir : partout, l’objectif de protection des personnes les plus fragiles est partagé ». Il ne cite néanmoins pas les généralistes. De même quand il répond le même jour sur sa politique de dépistage dans les EHPAD, il indique : « cette stratégie nécessite un travail gigantesque impliquant les collectivités, les élus des territoires, les départements, les maires, les agences régionales de santé, la réserve sanitaire, la puissance étatique, les hôpitaux, les EHPAD eux-mêmes ». Toujours pas de généralistes.
Quand M.Véran parle d’application numérique pour les données de santé, il décrit l’instauration « d’un système d’information unique, regroupant les données des laboratoires, des hôpitaux et des drives, permettant de tracer et d’isoler efficacement les malades sur les territoires ». Les médecins ne sont pas dans le coup. Quand, le 19 mai, il est interrogé par M.Bernard Perrut (LR) sur l’organisation du système de santé, il parle de l’hôpital. Il ne parle pas de la médecine de ville.
Enfin, le 27 octobre, quand Mme Frédérique Dumas (Libertés et Territoires) pose la question : « Pourquoi ne pas vous appuyer davantage sur les médecins traitants, qui entretiennent un lien privilégié avec les patients et qui déplorent de ne pas être au cœur du dispositif ? » à propos des applications numériques pour la gestion des données de santé, Mme Bourguignon ne répond que sur les applications, rien sur les médecins traitants ni leur apport potentiel.
Si les médecins généralistes sont quasiment oubliés, il en va exactement de même de tout ce qui constitue un soin, une thérapeutique (hormis la sacro-sainte réanimation). Le mot « soigner » n’apparaît que 21 fois, celui de « traitement » 27 fois durant toute cette année.
Il y a eu le 24 mars, une question (la seule pendant toute cette période) portant sur l’expérimentation d’un traitement à base d’hydroxychloroquine, posée par M.Eric Straumann (député LR du Haut-Rhin, département qui était alors un des centres de l’épidémie) :
« Je vous remercie également d’avoir autorisé hier soir l’usage de la chloroquine dans les services de réanimation. Face à la gravité de la situation sanitaire du Haut-Rhin, je vous propose d’étendre l’expérimentation de la chloroquine dans les EHPAD du département. Nous avons des équipes médicales volontaires pour participer au protocole de recherche ».
La réponse de M.Véran est assez détaillée :
« Votre question porte surtout sur l’hydroxychloroquine. J’ai reçu hier les recommandations du Haut Conseil de santé publique qui, se fondant sur la saisine de sept sociétés savantes faisant autorité, nous dit que nous n’avons pas, à ce stade, les preuves de l’efficacité de l’hydroxychloroquine – ou, d’ailleurs, d’autres traitements. Il est donc dangereux, en l’absence de preuves, de donner ces médicaments comme s’ils bénéficiaient d’une autorisation de mise sur le marché. En revanche, le Haut Conseil de la santé publique a considéré que si des médecins décidaient collégialement, en leur âme et conscience, qu’ils pouvaient, en l’absence de traitement, administrer ce type de traitement à des malades dans un état grave, souffrant de complications pulmonaires sévères, il fallait les y autoriser. C’est ce que j’ai fait. Je ne m’arrête pas là puisque j’encourage des études cliniques sur des patients en phase symptomatique ou présymptomatique plus précoce, dans différents territoires. Je m’entretenais ce matin encore à ce sujet avec des équipes de chercheurs. Nous ne voulons pas passer à côté de l’occasion d’identifier un traitement qui marcherait. Monsieur Straumann, les cardiologues m’alertent également sur le fait que l’hydroxychloroquine peut entraîner des troubles cardiaques.Aux États-Unis, aujourd’hui, une personne qui en avait utilisé en automédication a été victime d’un arrêt cardiaque qui lui a été fatal ».
Trois commentaires :
- à propos de l’hydroxychloroquine, M.Véran semble préconiser son usage pour les malades « dans un état grave », ce qui est absolument contraire à l’usage qu’en préconise le Dr Raoult (son promoteur le plus renommé) qui le recommande pour le stade précoce de la maladie.
- M.Véran, d’autre part, semble découvrir des information sur des troubles cardiaques potentiels, largement connus de tous les praticiens utilisant cette molécule depuis des dizaines d’années pour des milliards d’individus.
- Enfin, M.Véran paraît alors fort bienveillant à l’idée de l’identification d’un traitement en stade précoce. Il avait d’ailleurs également affirmé le 19 mars : « Je l’affirme haut et fort, s’il s’avérait qu’un médicament permette de soigner correctement les Français, non seulement nous procéderions à sa production massive, mais nous nous assurerions aussi que cette production bénéficierait aux patients français ».
Qu’en est-il en réalité ?
Sans revenir sur tous les épisodes de la saga de l’hydroxychloroquine, à propos de laquelle un post-mortem finira bien par être documenté un jour, relatons une autre petite histoire qui se situe justement entre mars et avril (Pâques était en 2020 le 12 avril). C’est un extrait d’une vidéo enregistrée par le Docteur jean-Jacques Erbstein, médecin généraliste dans cet Est de la France précocement concerné :
« J’ai vu mourir mes premiers patients en respectant scrupuleusement la doxa gouvernementale, ce qui est devenu après de manière un peu cynique la règle des 4D : Doliprane, Dodo, Domicile, Décès…. Ca fait 25 ans que je suis installé, 25 ans que les patients le font confiance. Je ne peux pas leur dire : restez chez vous et attendez que ça se passe ».
Il poursuit : « Le déclic vient de l’appel d’une femme de 40 ans, qui a les symptômes du covid et beaucoup de mal à respirer. Le 15 appelé lui dit « Restez chez vous et attendez que ça passe » ». Il décide alors de lui prescrire quatre médicaments : « l’azithromycine, un anticoagulant parce qu’on commençait à savoir qu’il y avait des caillots qui pouvaient se former, un médicament pour l’aider à respirer et puis du zinc parce que le zinc a des propriétés antivirales. 48h après, plus aucun symptôme. J’ai traité 80 patients : 0 hospitalisations, 0 décès. On était trois généralistes. On est à peu près à 200 patients. Plus un décès, plus une hospitalisation ». D’où leur désir de faire connaître ce qu’ils estiment être un traitement possible. Ce qu’ils font dans une tribune publiée par l’Est républicain : « Et c’est là que les problèmes sont arrivés. Le papier sort le dimanche de Pâques. Lundi de Pâques, c’est repris par le Parisien. Le mardi matin, 8h, coup de téléphone du président du Conseil de l’Ordre : « Qu’est-ce que vous êtes en train de faire là ? Maintenant, vous faites ce que vous voulez mais vous arrêtez toute communication ! ». Et le 9 juin 2020, la DGS écrit un courrier à tous les médecins de France expliquant : « Dans l’infection par le SARS-CoV-2, la littérature n’apporte pas d’argument pour proposer la prescription d’azithromycine ». ». Rappelons que l’azithromycine est cet antibiotique préconisé aussi par le Dr Raoult en association avec l’hydroxychloroquine.

Et, au fait, il y avait ce fameux programme Discovery. Le 31 mars, à une question de M.Ludovic Pajot : « Monsieur le ministre, peut-on espérer avoir, dans les prochains jours, les premiers résultats des essais cliniques actuellement en cours, comme celui intitulé Discovery ? », M.Véran répond sans faire aucune référence ni à Discovery ni à aucun essai thérapeutique.
Encore le 21 avril, dans une question portant sur le rôle de la recherche dans la lutte contre l’épidémie, Mme Laurence Vichnievsky parle de la recherche médicale : « La recherche en santé démontre en ce moment toute son importance : dans la guerre contre le Covid-19, votre ministère et la communauté scientifique sont fortement mobilisés. . Merci au comité d’analyse, de recherche et d’expertise – le CARE –, au consortium REACTing et à l’essai Discovery ! ». Mme Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation répond « Plus d’une centaine d’équipes et quelques milliers de chercheurs travaillent directement sur le Covid-19, dans le but de mieux comprendre la maladie, d’imaginer des pistes de vaccin et de freiner la diffusion du virus ». Elle parle déjà de vaccin ; mais toujours rien sur les traitements ni sur l’essai Discovery. Le mur du silence.
Et le 23 juin, Philippe le Humble d’enfoncer le clou :
« Nous savons et nous déplorons qu’il n’existe pas à ce jour de médicament spécifique contre le covid-19 – je le dis avec prudence car j’ai pu constater combien dès lors qu’on parlait de médicament et de covid-19, les passions donnaient le sentiment de prévaloir sur la raison. Ce qui est certain, c’est qu’il n’existe aujourd’hui aucun traitement destiné spécifiquement à la lutte contre le covid-19… L’espoir réside aujourd’hui dans la conception et la production d’un vaccin »
Donnons encore une adresse internet internet qui pourra être utile à quiconque voudrait avoir un élément de jugement complémentaire sur la prétendue absence de médicament spécifique contre le covid-19.
A cette absence quasi-totale d’intérêt pour des traitements il faut ajouter une absence peut-être encore plus saillante : celle de tout ce qui est étude épidémiologique. On avait pourtant bien compris que M.Macron s’était entouré d’un Conseil scientifique. On a bien entendu partout des épidémiologistes forcément distingués. Pour être honnête, on n’imaginait pas que la France puisse en posséder un stock aussi important. Et, au final, que dit M.Véran le 29/09 à propos des contraintes concernant spécifiquement les bars et restaurants : « Pourquoi les bars et restaurants ?;;; , mais des études internationales attestent que les gens ont entre deux et quatre fois plus de risque d’être contaminé au covid-19 quand ils ont fréquenté un bar ou un restaurant la semaine précédente que quand ils ne l’ont pas fait ! ». Des études internationales ? Cela fait longtemps qu’on réclame au ministre de savoir lesquelles, puisqu’il paraît que depuis plusieurs mois, il ne s’agit que d’une étude faite aux USA dans des circonstances peu définies et certainement fort différentes de ce qui se passe en France (avec les fameux protocoles) et dont les auteurs convenaient d’eux-mêmes qu’il était difficile d’en tirer des conclusions définitives.
Quand le 3 novembre, M.Jean-Christophe Lagarde (UDI) demande : « Aujourd’hui, on ne comprend pas sur quel fondement vous avez pris la décision de fermer les commerces de proximité. Y a-t-il une étude scientifique qui montrerait qu’ils sont plus contaminants que d’autres ? ». M.Castex, dans sa réponse, n’évoque même pas le point.
Et quand, le 15 décembre, Mme Laurence Dumont (PS) demande à Mme Bachelot « Je vous demande une chose, une seule : fournissez à la représentation nationale les études scientifiques qui vous permettent d’affirmer, sans ambiguïté, que les lieux culturels sont des vecteurs de propagation du virus », cette dernière répond : « Les lieux de culture sont fermés partout en Europe. Ils sont fermés en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Italie, en Hongrie, en Tchéquie, au Royaume-Uni, et aujourd’hui nous avons appris qu’ils étaient fermés également aux Pays-Bas. Tous ces pays l’ont fait sur la base d’un certain nombre d’études scientifiques ». Mme Dumont réintervient : « Dites-nous lesquelles ! ». On ne le saura pas.
Depuis, on a appris qu’enfin, après 10 mois d’épidémie, ô miracle, la première étude épidémiologique nationale, conduite par le Professeur Fontanet, Directeur de l’unité épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur (donc quelqu’un qui s’y connaît. En plus il fait partie du fameux conseil scientifique) venait d’être publiée. L’étude a débuté à mi-octobre sur deux périodes : celle du couvre-feu (à compter du 17 octobre), puis celle du confinement partiel. Il faisait quoi, avant, le Professeur Fontanet ? Curieusement, le document n’est même pas daté (le communiqué de presse date lui du 17 décembre) ! Si les bars, restaurants et salles de sport sont considérés comme des endroits de contamination possibles alors qu’ils étaient tous fermés pendant le nouveau confinement, on retiendra aussi que ni le train, ni l’avion, ni le métro n’apparaissent dans l’étude. Sans doute parce que ce sont des lieux parfaitement identifiés pour leur respect des gestes-barrière.
Prochain épisode : Il vaut mieux en rire qu’en pleurer
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. Postures gouvernementales (2/6)
Petit rappel : Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion. L’objectif de cette série d’articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ».
La transparence est une des marques de fabrique du pouvoir macronien (le mot apparaît quand même 43 fois dans ces échanges). C’est aussi la qualité première des vitres. Certains préfèreraient que le pouvoir soit caractérisé par le discernementvoire l’efficacité. Mais à ceux-là on ne demande jamais leur avis.
D’ailleurs, la transparence est demandée aussi par les députés. Ainsi M.Damien Abad (LR) dès le 19 mars :
« Notre devoir de gouvernants est d’être transparents…. Le Gouvernement pourrait-il envisager un point journalier du haut fonctionnaire de défense du ministère de l’intérieur ou du ministre lui-même, en lien avec nos 127 préfets, afin de présenter un état des lieux précis de la production, de l’approvisionnement et de la livraison du matériel médical, notamment des masques ? »
Ce à quoi M.Edouard Philippe répond :
« Vous invitez le Gouvernement et toutes les autorités administratives et politiques à s’astreindre à un exercice, un effort, une discipline de responsabilité, de vérité et de transparence. J’adhère à cette logique. C’est ce qui conduit le directeur général de la santé et le ministre des solidarités et de la santé à s’exprimer tous les jours depuis le début de la crise sanitaire pour faire le point sur l’évolution de la situation sanitaire, le nombre de malades et de décès ».
Ce serait donc pour partie la faute des LR si nous avons dû subir la séquence quotidienne et funèbre de Joyeux (le Professeur Salomon, pas encore barbu) pendant de nombreuses semaines ?
M.Véran en avait rajouté le 19 mars :
« Depuis le premier jour, un exercice de transparence devant les Français a lieu quotidiennement, avec l’intervention d’un ministre, du Premier ministre, du Président de la République ou du directeur général de la santé. L’histoire de notre pays a été profondément marquée, meurtrie, par des crises sanitaires d’ampleur, dans la gestion desquelles la transparence n’a pas toujours été une vertu cardinale. On connaît le résultat : une perte de confiance importante dans les élites scientifique et politique. La question de la transparence est donc vitale ; tous les comptes qui doivent être rendus et toutes les enquêtes qui doivent être menées le seront en temps voulu… Veuillez croire que la transparence est vraiment notre valeur cardinale, celle qui nous guide et nous mobilise depuis le début, celle qui nous a permis d’agir depuis le début avec efficacité ».
Il avait ajouté le 7 avril cet argument en réponse à une question de Mme Béatrice Descamps (UDI) concernant les EHPAD :
« Madame la députée, la transparence est totale. Les chiffres que nous annonçons tous les soirs sont ceux qui nous remontent quotidiennement de l’ensemble des EHPAD et établissements médico-sociaux du territoire. Nous sommes le seul pays à être totalement transparent sur le nombre d’EHPAD concernés, le nombre de malades par établissement et même le nombre de morts ».
Et la transparence va avec l’humilité. A bien y réfléchir, mais pourquoi l’humilité ? Depuis quand l’humilité est-elle une vertu de dirigeant ? En tout cas, c’est vraiment la marque de fabrique de M.Edouard Philippe. Pas plus embobineur, plus patelin que lui : s’adressant à Mme Rabault (PS) le 31 mars
« Madame la présidente, vous posez beaucoup de questions, vous demandez beaucoup de chiffres ; vous m’avez adressé il y a peu un courrier qui comportait, je crois, près de vingt-cinq questions précises. C’est tout à fait légitime, et j’essaierai naturellement d’y répondre aussi scrupuleusement que possible. Dans cette période, j’essaie de faire de mon mieux pour apporter à nos concitoyens les réponses précises qu’ils attendent ; quand je n’ai pas le chiffre en tête – s’agissant par exemple du stock de masques dans tel ou tel département – je préfère vous renvoyer à une réponse plus complète qui vous sera donnée par écrit ou à l’occasion d’une prochaine ».
Et aussi le 5 mai :
« Vous évoquez de nombreux sujets dans votre question, monsieur Jacob, qu’il me sera difficile d’aborder tous. Elle a toutefois l’immense mérite de nous imposer un exercice aujourd’hui délicat mais nécessaire, qui requiert humilité et prudence… Je le dis donc avec tranquillité et humilité , car je sais que l’on peut toujours trouver un exemple d’un fonctionnement plus réussi. ».
Et encore le 5 mai, en répondant à une nouvelle question de Mme Rabault : « Ce que nous demandons, avec humilité, c’est seulement un peu de bonne foi de l’autre côté ». Le 2 juin, évoquant la situation des professeurs, il explique à nouveau : « Nous essayons, avec beaucoup de modestie et d’humilité… »
M.Véran bien sûr lui a emboîté le pas. Le 7 avril, il affirme :
« Je le dis avec humilité, face à une menace épidémique inédite. À mesure que les recommandations scientifiques évoluent, nous sommes amenés à nous interroger, voire à nous réinterroger ».
Puis, le 21 avril :
« Nous faisons face – je sais que vous en serez d’accord – à une situation d’urgence inouïe et inédite, que notre pays subit à l’instar de l’immense majorité des pays du monde. Dans ce contexte, nous devons être humbles et modestes et ne prendre des décisions que lorsque nous sommes en mesure de les étayer solidement par des recommandations scientifiques ».
Et enfin M.Castex, le 1er décembre à propos du deuxième confinement :
« Ces mesures étaient nécessaires, et la meilleure preuve en est leur résultat et non l’opinion que peuvent en avoir les uns ou les autres. Vous avez raison de le rappeler mais il faut le dire avec prudence et humilité, notamment à l’endroit de celles et ceux qui donnent beaucoup de leçons avec une grande assurance et en permanence (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM) les résultats enregistrés par la France sont actuellement les plus favorables en Europe ».
Ce qui montre que de l’humilité à l’autosatisfaction, la distance est parfois ténue.
Et l’autosatisfaction ruisselle continuellement quand le gouvernement évalue la qualité de son travail. C’est vrai que, d’un certain côté, l’autosatisfaction est bien naturelle quand nous savons bénéficier du meilleur-système-de-santé-que-le-monde-nous-envie. Sans compter des capacités logistiques exceptionnelles.
Cela commence dès le 4 février à propos du rapatriement des français (180 personnes dans une premier vol le 31 janvier, 244 personnes dans un deuxième vol le 2 février depuis Wuhan). M.Taquet le souligne avec satisfaction : « Peu de pays dans le monde seraient capables, comme l’a été la France, d’organiser en si peu de temps la prise en charge et l’accompagnement de nos ressortissants ». Et M.Edouard Philippe, Philippe le Humble, de surenchérir : « De l’avis général, les opérations de rapatriement ont été remarquablement organisées ». C’est vrai que, d’un autre côté, Philippe le Humble a dit aussi le 18 février : « Je vous remercie de votre question, monsieur Herbillon. Elle me donne l’occasion de dire publiquement qu’Agnès Buzyn était une remarquable ministre des solidarités et de la santé ».
Après la logistique aérienne, l’enthousiasme est le même sur le plan médical. Le 25 février, Mme Valérie Thomas (LaRem) indique :
« L’ensemble des forces de notre pays – chercheurs, médecins, personnels de santé – sont mobilisées pour réagir au développement de la maladie en France. Je tiens d’ailleurs à saluer leur engagement et à rappeler que notre système est très probablement l’un des plus performants au monde pour répondre à l’urgence. Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, est totalement mobilisé sur cette question »
et Philippe le Humble d’encore surenchérir :
« Vous aurez remarqué que nous prenons ce sujet très au sérieux. C’est la raison pour laquelle, dès que ce virus est apparu en Chine, nous avons veillé, à ce que les instituts de recherche, qui font l’honneur et la fierté de nos concitoyens, soient les premiers à identifier les caractéristiques de ce virus. Ça a été le cas, et nous veillons à ce que la capacité de notre système à produire des tests et à les utiliser soit à la hauteur des enjeux… Nous avons réussi à faire passer la capacité de production et d’analyse de ces tests de 400 à 1000 tests par jour ».
1000 tests par jour ! Et encore, il a aussi précisé le 19 mars : « Nous avons très vite mis au point un test __ je le précise car cela n’a pas été le cas partout ». Et vlan pour les chers partenaires européens…
Il n’y a pas que les tests qui peuvent être objet de fierté. C’est la même chose pour les… masques. Philippe le Humble, encore le 19 mars :
« Nous avons en effet pris un décret de réquisition des masques, dont il existe en France quatre producteurs, ce qui, soit dit en passant, place notre pays dans une situation plus favorable que celle de plusieurs de ses voisins européens qui n’en comptent aucun ».
Et donc M.Véran de compléter :
« Nous avons déstocké, à ma demande, 25 millions de masques chirurgicaux, au début du mois de mars, et nous avons eu recours à une réquisition de l’ensemble des stocks et des capacités de production de notre pays, le 3 mars. Nous sommes le seul pays à avoir réalisé ce qu’on appelle un monitoring complet des stocks, des capacités de production et des besoins ».
Ce qu’il répète le 24 mars :
« Permettez-moi de vous rappeler que la France est le seul pays à avoir procédé à une réquisition totale de toutes les capacités de production et de tous les stocks nationaux de masques et de tenues de protection. C’est le seul pays à avoir réussi à faire un « monitoring » des capacités de production, des stocks et des besoins de l’ensemble des acteurs du territoire ».
Puis le 31 mars :
« Je n’ai jamais nié, et je ne nierai jamais, les difficultés lorsqu’elles existent – et elles peuvent survenir. C’est la raison pour laquelle nous prenons toutes les mesures nécessaires : par exemple, la réquisition des masques le 3 mars – la France a été le seul pays en Europe à la décider ».
Beau geste certainement mais qui, d’après Philippe le Humble lui-même, a fait que les opérations de distribution de masques « sont techniquement délicates, d’abord parce que la réquisition a compliqué la logistique ». Ah, ces effets pervers mal maîtrisés !
Toujours à propos des masques, retenons encore cette intervention décisive de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat le 26 mai : « Nous avons développé une filière de masques lavables, réutilisables, à filtration garantie – 80 % des masques produits en France ont une filtration garantie supérieure à 90 % ; ce sont donc des masques de très grande qualité. La France est, avec le Portugal – probablement inspiré par notre exemple (Exclamations sur les bancs du groupe LR) –, l’un des deux seuls pays européens à avoir fixé des normes aussi exigeantes ».
L’autosatisfaction de M.Véran couvre aussi la logistique dans sa partie médicale : « Nous avons pu monter un hôpital de campagne [NDLR : 30 lits], transférer des patients à l’étranger, dans des pays voisins que je remercie pour leur solidarité, et d’en transférer par hélicoptère, par avion militaire ou par bateau depuis la Corse. Demain, un TGV médicalisé – c’est une première en Europe – transportera trente malades de Strasbourg et Mulhouse vers des territoires dans lesquels il y a de la place – car il y a de la place dans certains territoires » (le 24 mars). Il y revenait le 19 mai : « Plus de reconnaissance, c’est aussi constater ce que, dans notre pays, l’hôpital a réussi : citez-moi un seul autre pays au monde ayant été capable d’assurer 600 évacuations sanitaires, que ce soit par avion, par hélicoptère, par bateau ou par train ! » étant alors interrompu par M.Fabien Di Filippo (LR): « Les autres pays, comme vous dites, n’en ont peut-être pas eu besoin ! ».
La stratégie de confinement est l’objet d’une autosatisfaction gouvernementale identique. En réponse à M.Ludovic Pajot (non-inscrit), M.Véran expliquer le 31 mars :
« Monsieur le député, vous comparez la France avec d’autres pays en matière de stratégie de tests. Vous auriez pu comparer la France avec d’autres pays s’agissant de la stratégie du confinement. Vous verriez, je vous l’assure, que la France a été très avance par rapport à tous les autres pays, que nous avons même impulsé une dynamique européenne, et que nous avons incité très fortement des pays qui se trouvaient en retrait vis-à-vis de ces politiques de confinement à nous rejoindre ».
Même les défauts deviennent des qualités avec ce ministre, répondant (avec un humour sans doute involontaire) à une nouvelle question de Mme Descamps le 7 avril à propos de la situation dans les EHPAD :
« Arrêtons de comparer en permanence la situation de la France avec celle d’autres États. D’abord, nous sommes le seul pays à communiquer en toute transparence l’ensemble des données dont nous disposons. Nous communiquons même des données incomplètes en matière de tests : si vous consultez le site internet de Santé publique France, vous verrez que les chiffres sont basés sur une enquête concernant trois laboratoires de ville, alors que soixante-dix laboratoires font des tests ».
L’autosatisfaction du Premier ministre est, comment dire ? comme enrobée dans un style chaloupé qui lui sied à ravir. Le 5 mai, en réponse à M.Christian Jacob (LR) qui l’interroge sur le sujet de la lutte contre l’épidémie (« Où en est la France aujourd’hui ? Nous pleurons à ce jour trois fois plus de morts que l’Allemagne pour un nombre de malades similaire. Notre produit intérieur brut chute beaucoup plus vite et beaucoup plus fortement que chez la plupart de nos voisins. Et lorsque l’on demande aux peuples d’Europe s’ils sont satisfaits de leurs dirigeants, le constat est cruel : Angela Merkel, Giuseppe Conte, Sebastian Kurz, Boris Johnson, tous font mieux que les dirigeants français »),
Philippe le Humble disserte :
« Vous évoquez de nombreux sujets dans votre question, monsieur Jacob, qu’il me sera difficile d’aborder tous. Elle a toutefois l’immense mérite de nous imposer un exercice aujourd’hui délicat mais nécessaire, qui requiert humilité et prudence : celui de la comparaison internationale. On ne peut évidemment pas comparer ce qui n’est pas comparable, mais il est en effet utile de comparer les réactions des différents pays d’Europe à une menace identique – même si les taux de prévalence pouvaient être un peu différents. … Quand nous pourrons analyser la situation dans le détail, avec la sagesse du regard rétrospectif et en disposant de l’ensemble des données, nous verrons comment notre système de soins s’est adapté à la crise et comment les systèmes de pays comparables au nôtre, soumis aux mêmes pressions, l’ont fait. Sachez, monsieur le président Jacob, que j’attends ce jour avec sérénité. Sans bravoure, sans enthousiasme, mais avec sérénité. Je le dis donc avec tranquillité et humilité, car je sais que l’on peut toujours trouver un exemple d’un fonctionnement plus réussi. Nous verrons à la fin, lorsque l’ensemble des données seront disponibles, comment les Allemands auront franchi cette étape. S’ils l’ont fait mieux que nous, je commencerai par m’en réjouir, car ce sont nos amis ; puis, comme vous, comme nous tous ici, je tâcherai d’en tirer les leçons et de voir ce que nous pouvons apprendre de leur système, non seulement en matière de gestion de crise mais dans bien d’autres domaines. Dans cet exercice difficile, j’essaie, dans toute la mesure du possible, bien que ce ne soit pas simple non plus – vous le savez, vous l’avez même dit –, d’apporter aux acteurs les éléments dont ils doivent disposer au moment de prendre les décisions ».
Et au fait, donc, l’Allemagne ? On pointera là encore la satisfaction de M.Castex, successeur de Philippe le Humble, le 1/12 : « Il faut le dire avec prudence et humilité, notamment à l’endroit de celles et ceux qui donnent beaucoup de leçons avec une grande assurance et en permanence (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM) les résultats enregistrés par la France sont actuellement les plus favorables en Europe. Et pour la première fois nous avons de meilleurs résultats que l’Allemagne ». Ca paraît tellement gros que le scribe de l’Assemblée nationale ne note des applaudissements que sur quelques bancs du groupe LaREM.
L’autosatisfaction n’ôte pas l’intérêt d’une bonne dose de dramatisation. C’est un autre outil de base d’une bonne gouvernance. Parfois aidée par sa majorité, comme M.Gilles Le Gendre (LaRem), le 19 mars : « Monsieur le Premier ministre, jamais aucun de vos prédécesseurs n’avait affronté une épreuve comparable à la crise sanitaire, cause de tant de morts, qui frappe la France et le monde ». La dramatisation est certainement un talent (le seul ?) de M.Jean Castex. Le 3 novembre, ce dernier répond à M.Jean-Christophe Lagarde (qui avait posé une question sur la gestion de la crise sanitaire) en commençant par : « Comme vous le savez toutes et tous, hier encore, plus de 400 personnes sont décédées de la maladie covid-19. Des dizaines de milliers de nos concitoyens, tous âges confondus, sont malades, avec des conséquences parfois très graves et des séquelles non moins lourdes. Oui, la France, comme tous les autres pays européens, est confrontée à une deuxième vague épidémique particulièrement grave, qui s’est accélérée dans les semaines passées ». Trouvant la technique appropriée, il recommence le 10 novembre pour répondre à une question sur le protocole sanitaire dans l’éducation nationale, en commençant par : « Hier, dans les établissements de santé français, 551 de nos compatriotes sont décédés ; 4 690 étaient hospitalisés en réanimation et environ 31 000 hospitalisés pour cause de covid-19 – dont 40 % de moins de 65 ans. C’est dire si la situation est préoccupante ! C’est elle qui a justifié le recours à un nouveau confinement, qu’il est – je le redis dans cet hémicycle – indispensable de respecter ».
Plus besoin de Joyeux/Salomon, nous avons Jean Castex. Ca va assez bien avec le portrait qu’en dessine M.Philippe de Villiers dans Valeurs Actuelles du 17 décembre : « Il a le profil du parfait répétiteur ventriloque…, des airs de chef de division des cartes grises à la sous-préfecture de Bayonne ».
Prochain épisode : l’obsession technologique et l’oubli du soin
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. Présentation générale (1/6)
Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion.
L’objectif de cette série de six articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ». Ce n’est donc pas une étude exhaustive sur les différents aspects de la crise (que nous considérons tout à la fois sanitaire et gouvernementale). C’est une mise en perspective de faits saillants ressortant de ce qui n’aura été qu’une partie (réduite) de toutes les discussions parlementaires sur le sujet : discussion des différents projets de loi instituant l’état d’urgence sanitaire, de prolongation de l’état d’urgence sanitaire, de sortie de l’état d’urgence sanitaire, d’adaptation des lois de finances et de sécurité sociale…
Les 265 questions/réponses qui ont été plus particulièrement étudiées relèvent donc de deux domaines principaux : les caractéristiques de la crise sanitaire ; ses modalités de gestion. N’ont pas été retenues dans l’étude les sujets connexes (par exemple, les « mesures en faveur de » tel ou tel secteur économique, les « violences intrafamiliales en période de confinement » etc.). Cela laisse quand même un document de travail de 376 pages (Arial, taille de police 12).
Le mot coronavirus apparaît la première fois le 28 janvier lors d’une question brossant un panorama assez complèt posée par M. Christophe Naegelen (UDI) :
« L’épidémie de coronavirus suscite l’inquiétude dans le monde entier. Elle prend son origine en Chine mais arrive sur notre territoire. Le foyer initial a été identifié dans la ville de Wuhan, dans le centre du pays. Face à la contagion, les autorités chinoises ont décidé de confiner plus de 11 millions d’habitants, dont environ 500 ressortissants français. Hélas, le virus se propage et Wuhan n’est plus la seule ville touchée. Bon nombre de nos concitoyens qui travaillent en Chine ou qui y sont en vacances rentrent donc en France. Ils se répartissent en deux catégories : ceux qui seront rapatriés par l’État français et ceux qui rentrent par leurs propres moyens. Le Gouvernement se veut rassurant, mais ces passagers arriveront néanmoins partout dans l’Hexagone et dans les outre-mer. Alors que trois cas ont été détectés en France, quelles mesures de contrôle aux frontières françaises sont prévues à l’égard de ces passagers en provenance de Chine, afin d’endiguer la propagation du virus ? De plus, alors que les hôpitaux et leur personnel sont à bout en raison d’une sollicitation quotidienne excessive, la menace d’une crise sanitaire de grande ampleur devrait vous inciter, par anticipation, à prévoir des moyens exceptionnels. Comment les hôpitaux seront-ils équipés pour lutter contre ce virus hautement contagieux ? Nous devons, monsieur le Premier ministre, faire preuve d’anticipation et de réactivité en faveur de nos concitoyens qui rentrent, de nos concitoyens qui sont en France et qui s’inquiètent, et du personnel hospitalier qui sera une fois de plus mis à contribution ».
La première notion d’une pénurie liée à l’épidémie (pénurie de masques, déjà) est évoquée dans une question de Mme Marine Brenier (LR) posée le 25 février.
Cependant, en ce début d’année 2020 (séances du7, 14, 21 janvier), il était déjà question très fréquemment de l’hôpital mais pour une autre raison : la crise du système hospitalier. L’hôpital n’a pas eu besoin de la crise du covid pour être en crise. Il l’était déjà. Petit rappel d’une question le 14 janvier par M.Alain Bruneel (Gauche démocrate et républicaine) :
« Madame la ministre des solidarités et de la santé, depuis plus d’un an, les initiatives de contestation du personnel hospitalier se multiplient sous des formes différentes : manifestation de milliers de blouses blanches, grève du codage. Aujourd’hui, plus d’un millier de médecins et de chefs de service hospitalier vous remettent officiellement leur démission. C’est encore un acte fort des soignants, qui témoigne que nous avons atteint un véritable point de rupture. Ils ne cessent de vous expliquer que leur sécurité et celle de leurs patients n’est plus assurée, que l’hôpital public est à l’agonie ».
Et le 21 janvier, M.Paul-André Colombani (Groupe Libertés et Territoires) :
« Madame la ministre des solidarités et de la santé, le système de santé est en train d’imploser. La semaine dernière, 1 200 chefs de service menaçaient de démissionner car, selon leur propre expression, ils en ont marre d’être infantilisés, soumis à des impératifs de rentabilité qui déshumanisent la médecine. Cette semaine, ce sont les internes qui se mobilisent, et aussi les infirmiers libéraux… Sans nouvelle mesure, notre système de santé va droit dans le mur ».
Et quand, le 11 février, Mme Christine Pires Beaune (PS) pose une question sur une pénurie de médicaments, il ne s’agit pas encore de ceux qui seront évoqués plus tard pour les opérations de réanimation :
« L’été dernier, l’approvisionnement des corticoïdes utilisés dans le traitement de pathologies chroniques comme l’hypertension ou la maladie de Parkinson a connu des difficultés pendant plusieurs semaines. Les médicaments pour la thyroïde, les antidépresseurs et maintenant les anticancéreux font aussi l’objet de pénuries ».
Entre le 28 janvier et le 3 mars, on l’a un peu oublié, c’est la réforme des retraites qui fournit le plus grand contingent de questions (31 au total), le coronavirus n’étant lui le principal sujet que de 19 questions. Puis, c’est l’emballement. Le mot confinement n’avait été prononcé le 4 février qu’à propos des Français revenus de Wuhan ; le 3 mars pour la région de Creil, dans l’Oise, atteinte par l’épidémie, et M.Véran précisait : « S’agissant des mesures de confinement et des fermetures d’écoles, nous raisonnons territoire par territoire ». Jamais la notion de confinement généralisé n’a été même évoquée avant le 17 mars (date d’entrée en vigueur de ce premier confinement). Le mot confinement (avec reconfinement et déconfinement) sera ensuite cité près de 450 fois au cours de toutes ces sessions, deuxième d’un tiercé des mots communs à la crise sanitaire après covid et coronavirus (650 fois au total) et avant hôpital (ou hospital comme dans hospitalier), 340 fois.
Les députés se retrouvent alors pour la séance du 19 mars, lors de laquelle les 18 questions posées ont la crise sanitaire comme objet. C’est à peu près le cas jusqu’au 5 mai inclus, puis le sujet perd de son importance. Au 23 juin, même, plus aucune question sur le sujet mais émergence de la question de la recherche vaccinale le 30 juin ; presque rien en juillet (nous n’avons pas décompté les questions sur le Ségur de la santé), pour aboutir à zéro question à nouveau le 28 juillet, avant la fin de la session extraordinaire du Parlement.
Lors de la nouvelle session extraordinaire ayant débuté le 15 septembre par une nouvelle séance de Q/R, suivie ensuite de la session ordinaire ouverte le 1er octobre, le nombre de questions concernant la crise sanitaire et sa gestion a stagné entre 0 et 6 par session, comme la trace d’une sorte de lassitude ou d’accoutumance. Zéro question le 8/12. Le 15 décembre, les seules questions associées traitaient de la fermeture prolongée des lieux culturels (4 questions) et des fêtes clandestines (1 question), donc en-dehors du périmètre sanitaire retenu.
Au-delà des épisodes du premier confinement (17 mars – 11 mai) et du deuxième confinement (30 octobre – 15 décembre), l’année 2020 dans sa version crise sanitaire a été ponctuée de deux autres événements structurants : la démission de Mme Buzyn, ministre des solidarités et de la santé et son remplacement par M.Véran le 17 février ; le remplacement de M.Edouard Philippe par M.Jean Castex comme Premier ministre, le 3 juillet.
Un sujet a fréquemment été évoqué dans la question de la gestion de la crise, en particulier à son début : celui des frontières. On retiendra simplement que le pouvoir exécutif semble bien s’être emmêlé les pinceaux. On est parti de ce que Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat chargée des affaires européennes rappelait encore le 19 mai : « Le Président de la République a dit dès le début de la crise que ce virus ne connaissait pas de frontière ». Et donc, à M.Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes qui craignait la contagion venant d’Italie et demandait le contrôle strict de la frontière franco-italienne le 25 février, M.Taquet, secrétaire d’Etat, répondait :
« Nous suivons évidemment avec une grande attention l’évolution de la situation en Italie. Les personnes revenant de Lombardie ou de Vénétie font l’objet des mêmes recommandations sanitaires que celles revenant de Chine… Vous le savez, la fermeture d’une frontière terrestre n’aurait pas de sens et ne serait pas suffisante.».
Pourtant dès le mois de mars, l’espace Schengen fermait ses frontières, comme l’indique M.Jean-Yves Le Drian le 24 mars :
« Mardi dernier, à la demande du Président de la République, le Conseil européen a décidé de fermer l’espace Schengen ainsi que le territoire de l’Union européenne pour former, en intégrant le Royaume-Uni, un espace unique protégé et soumis à des mesures de restriction de circulation et de contacts ».
Mais pas de fermeture des frontières françaises.
Pourtant, pourtant : on apprend le 31 mars par le Premier ministre à propos de l’outre-mer :
« Leur fragilité sanitaire rend en effet encore plus nécessaire le ralentissement de la circulation du virus dans ces territoires. Nous avons donc pris des mesures : quarantaine, ou plutôt quatorzaine, à l’arrivée sur le territoire ; stricte limitation des motifs d’entrée sur les territoires » ; position confirmée le 19 mai par le même Premier ministre à propos de la Guyane : « Comme vous le savez, la Guyane est parvenue à limiter la pandémie au stade 2, grâce au confinement strict et aux très fortes restrictions de transports vers le territoire que nous avons instaurés… Nous devons bien entendu porter une attention particulière aux fleuves-frontières qui, bien souvent, sont des lieux d’échange… Le 19 avril dernier, le préfet avait réquisitionné les forces armées de Guyane pour appuyer la police aux frontières, dans le cadre de l’opération dite Résilience. En coordination avec les douanes et la gendarmerie, la mission a permis de contrôler la frontière en continu ».
Position rappelée le 16 juin par Mme Annick Girardin, ministre des outre-mer
« Si la Guyane connaît aujourd’hui une situation épidémique difficile, avec plus de 1 326 cas, c’est en raison de sa proximité avec le Brésil, qui subit une crise sans précédent, avec près de 900 000 cas et 44 000 décès. Pour y faire face, nous avons instauré un contrôle strict des frontières tout en aidant nos voisins de l’Amapá ».
Mme Girardin confirmant une position identique pour la Nouvelle Calédonie en réponse à une question de Mme Patricia Lemoine (Agir ensemble) :
« Vous avez raison de dire que la Nouvelle-Calédonie n’a pas été affectée par la circulation locale du virus ; La première mesure qui a été prise et que nous devons maintenir pour assurer le confinement externe est la réduction des échanges au strict nécessaire afin de maintenir quasi fermées les frontières de l’île ».
La fermeture des frontières, ça marche donc. Mais pas pour la France métropolitaine !
Enfin, un des grands thèmes de toute cette année aura été Sa Majesté le Protocole sanitaire. Il est évoqué dès le 3 mars. Son nom est cité près de quatre-vingts fois au total. Strict lui est associé, utilisé 70 fois, strictement neuf fois. On ne rigole pas avec le protocole sanitaire. Qui trouve toujours à être renforcé. Enfin, après comme une période de flottement : le 4 février, dans une question posée par Mme Anne-Laurence Petel (LaRem) concernant le rapatriement de Français depuis Wuhan, on apprend que l’avion qui en était revenu le 2 février avait rapatrié 64 français et 190 étrangers. Et qu’au total, 76 passagers allaient entamer une période de confinement de quatorze jours. Et les 178 autres ? Pas d’information. C’était avant qu’on ne parlât de protocole… Mais après les choses deviennent vraiment sérieuses. Le 24 mars, le ministre du travail Mme Muriel Pénicaud expose : « Il n’est pas un secteur pour lequel il n’existe pas une solution. C’est pourquoi nous avons créé une task force réunissant les meilleurs spécialistes de la santé au travail, issus de mon ministère et des autres ministères, qui travaillent avec toutes les branches afin de définir, dans les prochains jours, le protocole permettant d’assurer la protection absolue d’un livreur, d’un coursier, d’un cuisinier ou d’une auxiliaire de vie. C’est ainsi que notre nation sera unie et solidaire sans que nous fassions aucun compromis concernant la santé des salariés ».
L’Assemblée nationale, dans l’organisation de ses travaux, a voulu donner l’exemple. Son président, M.Ferrand, informe successivement :
- Le 19 mars, après un exorde solennel (« Nous nous réunissons aujourd’hui dans un contexte singulier puisque notre pays vit une crise sanitaire d’une ampleur exceptionnelle dont les répercussions humaines, civiques, économiques et sociales sont encore difficiles à mesurer… Plus que jamais, l’Assemblée nationale est le cœur battant de notre République et de notre démocratie, dont nous garantissons ici les valeurs et les principes), il explique que « La conférence des présidents a décidé d’une organisation spécifique de notre séance de questions : les membres du Gouvernement sont présents en nombre restreint ; il a été demandé de limiter le nombre de représentants par groupe – outre le président ou son délégué, participent les seuls auteurs des questions… J’invite les orateurs à ne pas poser les mains sur le flexible du micro, celui-ci sera nettoyé après chaque usage par un huissier. Chaque micro n’aura qu’un utilisateur au cours de cette séance. Je vous invite aussi à rester à la même place durant toute la séance. Il conviendra naturellement de respecter les mesures barrières, en particulier l’échelonnement des entrées et sorties. Je vous indique enfin que l’hémicycle a été désinfecté et qu’il sera nettoyé avant et après chaque séance ». Et à la fin de la séance, il précise : « Je vous remercie de quitter l’hémicycle de manière échelonnée ».
- Le 31 mars, après une nouvelle allocution solennelle (« Monsieur le Premier ministre, messieurs les membres du Gouvernement, mes chers collègues, avant d’appeler l’examen des questions au Gouvernement, je voudrais saluer, au nom de la représentation nationale, le courage et la mobilisation des habitants de notre pays dans les heures difficiles que nous traversons…Chaque jour, le noir bilan du coronavirus s’alourdit un peu plus.… La France lutte, et elle surmontera cette épreuve…C’est pour cela que nous siégeons, certes en format très restreint : pour assurer notre mission constitutionnelle et faire vivre notre démocratie… La France est forte. Elle le prouve dans la confrontation en cours avec un péril sournois qu’elle est décidée à vaincre. Cette guerre – car c’est une guerre – a endeuillé de nombreuses familles. Nous partageons leur peine ») , il rappelle que « dans le contexte de la crise actuelle, la conférence des présidents a établi des règles dérogatoires d’organisation de nos séances de questions. Ne sont présents dans l’hémicycle qu’un nombre limité de ministres et un seul député par groupe… Enfin, les règles sanitaires désormais habituelles continuent de prévaloir ».
Ces règles sanitaires sont maintenues jusqu’au 21 avril compris. Avec des conséquences constitutionnelles potentielles inattendues, lorsque le 14 avril, M.Sébastien Nadot (non-inscrit) déclare :
« Monsieur le Premier ministre, je ne peux me résoudre à voir Twitter, BFMTV et l’émission « Quotidien » remplacer Condorcet, Jaurès et Simone Veil. Le petit député que je suis vous demande d’aller dire au Président de la République qu’il faut vite réunir un congrès extraordinaire à Versailles, rassemblant toutes les forces représentatives de la nation, en s’inspirant de la convention pour le climat »,
il s’entend répondre par M.Ferrand :
« L’Assemblée nationale, en tout cas, continue de travailler, de contrôler le Gouvernement, d’évaluer les politiques publiques et d’adopter des textes. J’ajoute que la réunion d’un congrès enfreindrait le seuil au-delà duquel il est interdit de se réunir, à savoir cinquante personnes ».
On ne rigole pas avec le protocole. L’application de la Constitution entravée par celle du protocole sanitaire : c’est vous dire !
Le 29 avril, ce protocole s’allège : « Je me réjouis du nombre de députés présents ce matin en séance : soixante-quinze députés peuvent désormais se réunir dans l’hémicycle, selon une répartition proportionnelle aux effectifs des groupes ». Et à partir du 12 mai, le nombre de députés autorisés à siéger simultanément monte à 150.
Suite au risque de seconde vague, M.Ferrand revient le 13 octobre avec de nouvelles consignes :
« La Conférence des présidents a adopté ce matin à l’unanimité de nouvelles consignes sanitaires. En conséquence, je vous invite, chers collègues, à respecter les règles de distanciation en laissant au moins une place libre entre chacun d’entre vous. Le port du masque est désormais obligatoire en permanence, y compris lors des interventions des orateurs ».
Un protocole sanitaire peut toujours en cacher un autre.
Mais finalement à quoi servent ces protocoles sanitaires supposés apporter cette protection absolue ? Le 29 septembre, Mme Sophie Mette (MoDem) faisait observer : « Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, la semaine dernière, vous avez pris la décision de fermer les salles de sport dans les zones d’alerte renforcée et d’alerte maximale… [Pourtant], un protocole sanitaire, validé par votre ministère, a été rédigé afin d’assurer une pratique sportive protégée dans les salles de sport ». M.Véran le confirme, le protocole sanitaire même renforcé ne sert finalement apparemment à rien puisque : « Ces salles ont été fermées pendant la période de confinement – en France comme partout ailleurs – et leur réouverture s’est faite dans des conditions difficiles, puisqu’elles ont dû appliquer, souvent à tâtons, un protocole sanitaire très strict. Alors même que leur activité reprenait, le Gouvernement a été contraint, hélas – mais il a fait ce choix –, de leur demander de fermer à nouveau ». C’était bien la peine !
Prochain épisode : les postures gouvernementales
Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire
Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, ce 25 décembre 2020 :
Et Verbum caro factum est.
Et le Verbe s’est fait chair (Jn 1,14 )
Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,
Dieu est simple, si simple qu’il semble insaisissable. De là à nier l’existence d’un être que les progrès de la science semblent priver aujourd’hui de toute nécessité, il n’y a qu’un pas, franchi depuis bien longtemps.
Pourtant, comme pour meubler ce semblant de silence divin, pour oublier une inquiétude lancinante au fond du cœur, le monde s’étourdit en un incessant bavardage. C’est le drame de tous les temps. Saint Paul déjà rappelait aux Corinthiens :
Je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus- Christ, ce Messie crucifié. (1 Co 2,1-2)
De nos jours, le développement des moyens de communication met de façon pratiquement gratuite à la disposition des plus riches comme des plus pauvres de la planète, les informations les plus diverses. L’appétit du savoir, déposé par le Créateur dans l’esprit humain comme une ouverture à tout ce qui est, et en premier lieu à Celui qui est en plénitude, c’est-à-dire Dieu, cet appétit se trouve captivé par une multitude de sollicitations et tenu éloigné de son objet premier.
Nous-mêmes, chrétiens, baptisés, devons rester vigilants. Il n’est pas humain de vouloir connaître ni de vouloir porter toute la misère du monde. Il n’est pas humain de vouloir connaître ni de vouloir livrer tous les combats. Nous n’avons qu’un seul Sauveur : Jésus-Christ. Aujourd’hui la Paix du Ciel vient sur la terre. La terre pourra-t-elle l’accueillir ? Cette paix est un élément de discernement. Que m’apportent tant d’informations ? La paix du cœur ? Le trouble ? La colère ?
Le bavardage incessant auquel nous nous livrons, les prises de position à tort et à travers, la boulimie médiatique souvent devenue une addiction, éloignent de la communion au mystère divin, et nous plongent dans les ténèbres du monde, répandant dans les cœurs ces mêmes ténèbres. Aurons-nous le courage d’assumer jusqu’au bout le choix de Dieu ?
Il peut y avoir une vraie misère dans le monde. Nous ne la rencontrerons jamais. Les beautés de la création, en revanche, s’offrent à notre vue tout autour de nous. Le cœur qui ne sait plus admirer ne comprend plus leur langage. Le message du Créateur qu’elles nous désignent est devenu inaudible.
James Benson Irwin, le huitième homme à avoir marché sur la Lune, affirmait humblement :
« le plus important n’est pas qu’un homme ait marché sur la Lune, mais que Dieu ait marché sur la terre dans le corps de Jésus-Christ. »
Les lectures de ce matin de Noël rappellent cette visite. Le Christ n’est pas venu dans le brouhaha d’une hôtellerie, mais dans le silence d’une étable, entouré de Marie et de Joseph, deux êtres aux cœurs purs et libres. Il s’est incarné dans le sein paisible et silencieux d’une Vierge. Le Verbe de Dieu, la Parole divine, a pris chair dans un lieu où elle pouvait être entendue. Quel contraste entre un monde toujours plus fou, où les informations, au lieu d’apporter la lumière, conduisent à la confusion, et le silence de l’étable et du sein virginal où Celui qui est la vraie lumière était désiré, et où il s’est incarné.
Aller à la crèche demande une ascèse : fuir les souvenirs, les curiosités, même les soucis ; fuir le mal, fuir le péché. Renoncer à soi pour s’ouvrir à Celui qui vient aujourd’hui, le Sauveur. Saint Paul écrivait aux Philippiens :
Tous ces avantages que j’avais, je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte […] à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ. […] Je poursuis ma course […] saisi par le Christ Jésus […]. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but, en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut, dans le Christ Jésus. (Ph 3, 7-8 ; 12-14)
Courrons avec les bergers, avec les mages, courrons sans cesse. Dieu nous parle par son Fils. À l’écouter, pas de risque de fake news, d’informations mensongères : il est le « rayonne-
ment de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être. » (Hb 1,3)
Le prologue de l’évangile de saint Jean offre l’occasion d’un examen de conscience : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » (v. 11)
Même si les deux versets qui précèdent évoquent la venue du Verbe, « vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde », et le fait que le monde ne l’ait pas reconnu, même si chez lui, c’est la terre, toute la terre qu’il a créée, malgré tout cela, il n’est pas interdit de penser que chez lui, ce sont d’abord nos cœurs de baptisés, ces cœurs sauvés au prix de son sang ; chez lui, ce sont nos familles, nos communautés.
L’enfant Jésus s’invite chez nous comme témoin, comme juge aussi de nos vies. Aelred, abbé du monastère de Rievaulx dans le Yorkshire au XIIe siècle, résumait cela dans une formule concise : « Nous voici, toi et moi, et en tiers entre nous, je l’espère, le Christ. » (L’amitié spirituelle, I, 661a).
Vivre le mystère de Noël, accueillir en vérité l’Enfant de la crèche, c’est accueillir cette paix de Dieu qu’il vient partager à la terre. « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » Trop de lieux, dans nos cœurs, dans nos relations avec le prochain, demeurent encore à apaiser, à évangéliser, des lieux où nous n’osons pas, où nous ne voulons pas parfois accueillir le Christ. Dieu nous envoie ce matin pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient.
Ouvrons les portes au Christ : alors notre vie renaîtra, nos ténèbres s’illumineront plus profondément, et d’une lumière toujours plus vive, de cette gloire qu’il vient nous partager :
Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Amen, Alleluia.
La famille monastique de Bethléem : l’adoration de la Sainte Trinité
Ces jours derniers, le Salon Beige a récemment publié « A la lueur de la bougie, pistes pour discerner sa voie ». Aussi, nous allons vous proposer durant ce mois un voyage dans différents monastères. Ce voyage durera quelques instants, à chacun de le vivre en ouvrant son cœur, comme une invitation à approfondir notre lien avec le Christ, et pour certains, à tenter l’aventure monastique…
Dans ses entretiens avec Marc Jeanson, le Père Wadid, religieux copte au monastère de Saint-Macaire, en Egypte, affirme que l’héritage spirituel des martyrs de la primitive Eglise est la vie monastique. Il était donc logique que la vie monastique, née dans le sillage immédiat du suprême témoignage rendu face aux lions, devienne par le chemin de sanctification qu’elle propose – la mort au monde et à soi-même-, la continuation du sacrifice offert par nos pères dans la Foi.
Le moine aspire à vivre in Christo, de Bethléem à Pâques. Il a soif d’humilité et contemple Notre-Dame qui s’élève au Ciel pour rejoindre celui qui fit d’elle la mère et l’héritière de la promesse.

Fondée en 1950, le jour de la promulgation du dogme de l’Assomption par le vénérable Pie XII, la famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de saint Bruno, a vu son charisme reconnu par l’Eglise dans une double filiation, latine et byzantine. L’ouvrage récemment paru, Lettre d’un moine bénédictin à un orthodoxe, est sans doute une belle illustration de cette attention marquée à l’endroit de l’Orient chrétien. Pour l’acquérir. Le mode d’expression de cet enracinement est à la fois cénobitique et anachorétique ; les religieux ont une vie à la fois communautaire et solitaire.
Lorsque le visiteur entre dans une chapelle d’un couvent de Bethléem, ses sens sont aussitôt saisis. Un parfum d’encens, on reconnaît les arômes appréciés au Mont Athos ; une pénombre toute en couleur prolonge en douceur la lumière des icônes. Enfin le silence, non pas celui des nuits noires et sans vent, mais un silence doux, aimant et paisible.
A Bethléem, l’amour n’est pas un vain mot usé par les bavardages du monde. La fresque absidiale de l’église représente la Sainte Trinité, mystère d’unité, de communion entre des visages disant parfaitement l’Un.
L’hôte de passage qui séjourne au monastère touche du doigt la tendresse de Dieu par mille signes. La délicatesse de l’accueil est saisissante : l’ermitage est paré comme la chambre d’une nuit de noces. Fleurs, petit plateau proposant biscuits et tisanes parfumées, tout parle d’intimité, de repos. La plupart des monastères de Bethléem sont féminins, ceci explique sans doute cela…
Il est un moment tout spécial durant les offices conventuels, c’est la doxologie. On est très loin des rosaires espagnols où le « Gloire au Père » est prononcé à la vitesse du TGV, sans doute pour rejoindre plus vite le cœur de Dieu… C’est exactement le contraire. S’il fallait être trivial, on dirait que la sensation est celle du chauffeur d’une voiture lancée à vivre allure sur l’autoroute qui freine brusquement à cause d’un ralentissement. Aux minutes de psalmodie, tonique et régulière, succède soudain la doxologie, lente et grave. L’âme est toute entière ramassée dans ce chant qui nous fait sortir du temps. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. La famille monastique de Bethléem est résumée là, et le moine, la moniale trouve son unité, en Celui qui Est, éternellement et infiniment, l’Amour.

Seuls le vivent ceux qui en ont fait l’expérience. Alors, pourquoi pas nous ? Pour s’y préparer une neuvaine fait des merveilles.
Deux propositions permettent cette découverte :
Pour les jeunes femmes : https://www.bethleem.org/mois_evangelique.php
Pour les jeunes hommes : https://www.bethleem.org/annonces/retraite_de_priere_avec_les_moines_de_bethleem.php
Adeste Fideles
Adeste, fideles, læti triumphantes.
Venite, venite in Bethlehem.
Natum videte Regem angelorum.
Venite, adoremus (ter)
Dominum.
En grege relicto humiles ad cunas,
Vocati pastores approperant,
Et nos ovanti gradu festinemus.
Venite, adoremus (ter)
Dominum.
Velatum sub carne videbimus,
Deum infantem pannis involutum.
Venite, adoremus (ter)
Dominum.
Piis foveamus amplexibus ;
Sic nos amantem quis non redamaret ?
Venite, adoremus (ter)
Dominum.
Traduction de Don Gaspar Lefebvre (Missel Vespéral Romain) :
Accourez, fidèles, joyeux, triomphants :
Venez, venez à Bethléem.
Voyez le roi des Anges qui vient de naître.
Venez, adorons,
Venez adorons le Seigneur.
Dociles à la voix céleste,
les bergers quittent leur troupeau
et s’empressent de visiter son humble berceau
Et nous aussi, hâtons-nous d’y porter nos pas.
Venez, etc.
Nous verrons celui qui est la splendeur éternelle du Père,
caché sous le voile d’une chair mortelle;
Nous verrons un Dieu enfant enveloppé de langes
Venez, etc.
Embrassons pieusement ce Dieu devenu pauvre pour nous
et couché sur la paille;
Quand il nous aime ainsi,
Comment ne pas l’aimer à notre tour ?
Venez, etc.
