L’Eglise des 30 de(r)niers fidèles…
Emmanuel Macron a donc annoncé ce soir la reprise des messes dès le 28 novembre, dans la limite de… 30 personnes ! Un petit business à 30 personnes…
Un sommet d’absurdité pondu par un énarque.
L’évêque de Gap, qui a déclaré “ce que les évêques avaient demandé clairement ce n’était pas une jauge, c’était un pourcentage par rapport aux églises“, évoque un nouveau recours :
Comment allons nous réagir ? Nous allons en parler entre évêques. Faire un nouveau recours semble inéluctable. Une nouvelle concertation inutile puisqu’on ne nous prends pas au sérieux. Comment expliquer à nos chrétiens qu’il ne faut pas manifester par prudence,
— Mgr Xavier MALLE (@MgrXavierMALLE) November 24, 2020
Sur quels critères allons-nous sélectionner les 30 heureux élus qui seront autorisés par M Macron à participer à la messe?
— Mgr Marc Aillet (@MgrMAillet) November 24, 2020
30 personnes dans ma cathédrale, c’est ridicule et absurde. Elle fait 96 m de long et 25 m de large (transept 40m) sur 30 m de hauteur. Total = 2500 m² : avec 4 m² par personne, on peut mettre 600 personnes ! Il faut apprendre à compter ! pic.twitter.com/ZjTr86PvED
— MgrTouvet (@MgrTouvet) November 24, 2020
Les églises seraient le seul endroit où la jauge ne varie pas selon la taille ? 30 personnes ! Dans un oratoire comme dans une cathédrale ? Sur un sujet si sensible qui concerne l’une de nos libertés fondamentales, la cohérence est impérative si on veut obtenir le consentement pic.twitter.com/9HHWpa9SN7
— Abbé Grosjean ن (@abbegrosjean) November 24, 2020
30 personnes par messe ? Il fallait le faire…
Comment ne pas voir une nouvelle humiliation des catholiques dans cette décision sans aucun sens ?Pendant que nous serons limités à 30 personnes, les supermarchés, les wagons de métro et autres ne le seront pas.#macron20h
— Objectif Messe (@MesseObjectif) November 24, 2020
Ce soir, quant à la reprise du #culte, il n’était pas question de déconnection mais bien plutôt de foutage de gueule.
De qui se moque-t-on ⁉️ pic.twitter.com/pSNRZoyJzE
— Père Danziec (@PereDanziec) November 24, 2020
Quel mépris‼️
Lors de son intervention de 26′ .@EmmanuelMacron a autorisé la reprise des cultes, en une phrase lapidaire : « dans la stricte limite de 30 personnes »
➡️ La cathédrale de Rouen (5500 m2) et la chapelle Saint Frusquin : MÊME TARIF !
Vive l’égalité !
— Renaissance Catho (@RnaissanceCatho) November 24, 2020
Vous croyez que c’est vraiment une mesure sanitaire la règle stricte de 30 personnes max dans un lieu de culte ??? pic.twitter.com/wK7Qv3qif8
— EL ЯAFA 😷 ن (@IsrafilElRafa) November 24, 2020
Entre #UbuRoi et #Kafka, on a choisi #Macron20h pic.twitter.com/sAZcOcAg1r
— Daniel SHAQED (@Kirfelix) November 24, 2020
Cultes ré-autorisés pour… 30 participants. Quelque soit la taille de l’édifice ? #Macron confond #France et Absurdie. #macron20h pic.twitter.com/ChyUxzjBuK
— Jean-Frédéric Poisson (@jfpoisson78) November 24, 2020
Réaction de la CEF :
La Conférence des évêques de France (CEF) est à la fois déçue et surprise par l’annonce faite ce soir par le Président de la République concernant le nombre de 30 personnes autorisées dans le cadre de l’exercice public du culte à partir du 29 novembre.
Cette annonce n’est pas du tout conforme aux discussions qui ont eu lieu ces dernières semaines avec les ministres concernés. Dès ce soir, avec des représentants d’autres confessions chrétiennes, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, Président de la CEF, a interpellé le Président de la République pour demander que soit révisée cette mesure. En effet, cette mesure irréaliste et inapplicable est tout à fait irrespectueuse de la réalité de la pratique religieuse des catholiques.
L’Église catholique a proposé dans son protocole un espace de 4m2 autour de chaque fidèle et une occupation partielle de l’église au 1/3 de la capacité habituelle.
Les catholiques sont conscients des enjeux sanitaires et sont capables de faire preuve d’une totale responsabilité dans l’application des règles de protection. La mesure annoncée paraît ignorer ce sens des responsabilités dont ils ont déjà su faire preuve depuis le début de l’épidémie.
La période de l’Avent qui s’ouvre devant nous est un temps fondamental de préparation à Noël. Le rassemblement dominical constitue une étape essentielle pour les fidèles durant cette période.
Communiqué de Pour la messe :
Fixer une limite maximale de 30 personnes pour les lieux de cultes est une décision déraisonnable et non proportionnée à la réalité du terrain ni à l’objectif sanitaire. Il est évident qu’une chapelle, une église de village et une cathédrale n’ont pas la même taille : le nombre de fidèles possible ne peut donc qu’être proportionné à la superficie des édifices.
Qu’en sera-t-il dans les établissements commerciaux ? Entre une petite boutique et un supermarché, la jauge sera-t-elle identique ?
Mobilisée pour le rétablissement de la célébration publique de la messe, l’association « Pour la messe » appelle les plus de 100.000 signataires de sa pétition pour la liberté de culte à continuer à prier pour le rétablissement au plus vite d’une véritable liberté de culte et non d’une annonce en trompe l’œil. Comment un curé pourra-t-il choisir 30 personnes qui pourront assister à la messe, « source et sommet de la vie chrétienne » ? C’est impossible. L’association « Pour la messe » invite aussi à porter dans la prière les décideurs publics, les évêques, ainsi que les malades et les personnels soignants.
Déterminée à concilier une véritable liberté de culte avec l’objectif sanitaire, l’association « Pour la messe »envisage d’ores et déjà les recours possibles pour faire appliquer la liberté constitutionnelle de culte dans des conditions décentes, et se réserve la possibilité de retourner devant le Conseil d’Etat.
Pour le pouvoir temporel démocratique les évêques ne représentent plus rien. Et avec eux les catholiques. En un plus d’un siècle nous sommes passés du Ralliement à la servitude. Nous sommes les dhimmis de la laïcité. Tirons les leçons pour agir plutôt que de gémir.
— Philippe Maxence (@phmaxence) November 24, 2020
A que cela sert-il de dialoguer avec ce gouvernement méprisant ? Reprenons notre liberté et retournons à la messe (… faire notre petit business).
Quand la junte sanitaire « dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même »
La junte sanitaire a un porte-parole, le petit Attal. Dans ces temps troublés, celui-ci s’exprime le 22 novembre sur son compte Twitter avec :
Si vous vous sentez stressés, angoissés, déprimés par la situation actuelle : sachez qu’il existe des dispositifs pour vous soutenir. Vous n’êtes pas seuls. pic.twitter.com/uXpm9SdLBS
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) November 22, 2020
Sache, citoyen, que la junte sanitaire s’inquiète de ta santé.

Sache, citoyen, que si la junte sanitaire t’a privé de tes amis et parents, elle a pensé à te doter de dispositifs qui font que tu n’es plus seul.

Sache, citoyen, que la junte sanitaire qui te confine et t’interdit de vaquer à tes occupations, t’informe quand même que tu devrais « continuer à exercer tes activités quotidiennes » et suggère même que « tu continues à vivre ». Et elle a même eu la gentillesse de mettre une lumière au bout du tunnel qu’elle a creusé !


Franchement peut-on faire plus bienveillant ?
Toute cette atmosphère rappelle si étonnamment ces passages prophétiques d’Alexis de Tocqueville (La Démocratie en Amérique, IV partie, chapitre 6 : Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre :
« Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils remplissent leur âme… Au-dessus de ceux-là, s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leurs jouissances, et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle, si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses ; elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait. Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger ».
Pour Noël, prenez soin de votre santé : dégustez la bûche en famille et surtout éteignez la radio
Le professeur Orwell Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, a déclaré ce matin sur France Info :
On coupe la bûche de Noël en deux et papy et mamie mangent dans la cuisine et nous dans la salle à manger
Et pourquoi pas à la cave ?
“Il ne faut pas manger avec papy et mamie, même à Noël, même si on a pris des précautions avant.”
Restriction de l’avortement au Tennessee
La Cour d’appel du Tennessee, aux Etats-Unis, confirme la loi votée en juillet qui interdit les avortements
« si le médecin sait que la patiente cherche à se faire avorter en raison de la race ou du sexe de l’enfant ou d’un diagnostic ou d’un dépistage indiquant la trisomie 21 ».
Cette décision rend l’interdiction immédiatement applicable. Le gouverneur Bill Lee a écrit sur Twitter :
« Chaque vie est précieuse et chaque enfant a une dignité humaine inhérente. Notre loi interdit l’avortement basé sur la race, le sexe ou le diagnostic de trisomie 21 de l’enfant et la décision de la Cour sauvera des vies. Protéger les plus vulnérables du Tennessee vaut la peine de se battre ».
Les militants de la culture de mort ont immédiatement déposé une nouvelle requête, auprès d’un juge fédéral…
Neuvaine à Notre Dame de la Médaille miraculeuse – Jour 7

7e jour : 24 novembre : Dans la lumière de la naissance de saint Vincent
Saint Vincent naît le 24 avril 1581. Le 25 avril 1830, c’est la translation de ses reliques à laquelle Catherine participa. Elle venait d’entrer chez les Filles de la Charité à la rue du Bac le 21 avril.
Voici la triple vision du cœur de saint Vincent par Catherine entre le 25 avril et le 2 mai 1830 : l’innocence, l’amour, l’épreuve…
« Il m’apparut, trois fois différentes, trois jours de suite :
Blanc couleur de chair qui annonçait la Paix, le calme, l’innocence et l’union.
Puis je l’ai vu rouge de feu : ce qui doit allumer la Charité dans les cœurs. Il me semblait que toute la communauté devait se renouveler et s’étendre jusqu’aux extrémités du monde.
Et puis je l’ai vu rouge noir, ce qui me mettait la tristesse dans le cœur.
Il me venait des tristesses que j’avais de la peine à surmonter. Je ne savais ni pourquoi, ni comment, cette tristesse se portait sur le changement de gouvernement.
Pour la vision sombre : le cœur de Saint Vincent est profondément affligé à la vue des maux qui vont fondre sur la France.
Pour la vision vermeille : saint Vincent est un peu consolé, car il a obtenu, par l’intercession de la Très Sainte Vierge, qu’au milieu de ces grands maux, ses deux familles ne périraient pas. »
Prions :
Que par la médiation du Cœur douloureux et Immaculé de Marie, intimement uni à ton divin Cœur, nous soyons conduis comme sainte Catherine, sainte Louise et le cœur de saint Vincent vers notre Père du Ciel ! « Je suis avec le plus profond respect votre fille toute dévouée au Sacré-Cœur de Jésus et de Marie. » (Catherine signait ainsi sa lettre du 30 juillet 1848 à son directeur sur l’évènement de la Croix)
Marie le 27 novembre : « Ceux qui porteront la Médaille (donc les 2 Cœurs unis de Jésus et de Marie) au cou (sur le cœur) avec confiance recevront des grâces abondantes. »
+ Je récite une dizaine de Chapelet : Pater, 10 Ave, Gloria,
« Ô Marie Conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »
Résolution :
Nous t’offrons nos cœurs chaque matin ô Jésus par le Cœur de Marie ; notre cœur et notre volonté humaine afin d’accueillir en nous ton Cœur et ta volonté divine…
2 chants :
« Union intime du Cœur de Jésus avec son Père céleste, je m’unis à vous » (à répéter dix fois)
L’importance de cette prière est commentée le jour anniversaire de la Médaille par Jésus le 27 novembre 1923 à Sœur Josefa Menendez à Poitiers :
« Cette oraison m’est si agréable et elle a une telle valeur, qu’elle surpasse les prières les plus éloquentes et les pensées les plus sublimes que les âmes puissent m’offrir. Qu’y a-t-il en effet, de plus grand prix que l’union de mon Cœur avec mon Père céleste ? Quand les âmes prononcent cette prière, elles pénètrent, pour ainsi dire, dans mon Cœur et adhèrent au Bon Plaisir divin, quel qu’il soit, sur elles. Elles s’unissent à Dieu et c’est l’acte le plus surnaturel qui se puisse faire ici-bas, car elles commencent à vivre quelque chose de la Vie du Ciel, qui consiste dans la parfaite et intime union de la créature avec son Créateur et son Dieu. Continue ta prière. Par elle, tu adores, tu répares, tu mérites et tu aimes. »
« L’amour est inventif jusqu’à l’infini. » Ô Sainte Eucharistie ! Ô mon Sauveur, ô mon Dieu !
1/ « Ne ressentez-vous pas mes frères, ne ressentez-vous pas ce feu divin brûler dans votre poitrine ?
Quand vous avez reçu le corps adorable de Jésus-Christ dans la Sainte Communion ! »
2/ Ton cœur, ô Saint Vincent, auprès de Marie est resté uni à celui de Jésus, à son Cœur eucharistique !
3/ Ton cœur, ô Saint Vincent, rayonnant la bonté et débordant de charité en Jésus nous apprend à aimer.
4/ Ton cœur, ô Saint Vincent, rempli d’amour pour les pauvres tel celui de notre Mère.
Ô Marie Vierge des pauvres ! (bis)
Restrictions du culte public : le Saint-Siège s’inquiète
Le 16 novembre, Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États, a pris la parole au « Ministerial to Advance Freedom of Religion or Belief » qui réunit chaque année les représentants de nombreux gouvernements à travers le monde, pour tirer la sonnette d’alarme et dénoncer le fait que de telles restrictions « mettent en péril la liberté religieuse ».
En effet – a expliqué Mgr Gallagher – pour l’Église catholique, l’accès aux sacrements ne constitue pas un simple corollaire de la liberté de réunion mais il dérive essentiellement du droit à la liberté religieuse.
En soutenant cela, Mgr Gallagher rejoint totalement aux deux dernières notes de la Commission Théologique Internationale, l’une sur la liberté religieuse et l’autre – publiée cette année avec l’approbation du Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Luis F. Ladaria Ferrer, et avec « le consentement du Saint-Père François » – consacrée à la « réciprocité entre foi et sacrements ». Une réciprocité qui était à ce point indissoluble pour les premiers chrétiens qu’elle était digne du martyre – « Sine Dominico vivere non possumus », disaient les martyrs d’Abithène à leurs bourreaux. Voilà qui tranche avec les propos froids du cardinal fraîchement nommé, Mgr Mario Grech, dans une récente interview à « La Civiltà Cattolica » taxant d’ « analphabétisme spirituel » ces chrétiens qui souffraient du manque de célébration eucharistique.
Il y a quelques jours à peine, le Pew Research Center de Washington a publié une mise à jour détaillée en matière de restrictions des libertés religieuses. L’enquête mesure surtout les restrictions à la liberté religieuse imposées par les gouvernements, où la Chine caracole en tête, suivie – parmi les pays les plus peuplés – par l’Iran, la Russie, l’Indonésie, l’Égypte, le Vietnam et la Turquie.
Mais cette enquête mesure également l’hostilité envers telle ou telle religion qui se manifeste dans les comportements de la population. Et dans ce classement, c’est l’Inde qui arrive en tête, suivie par le Nigéria, le Pakistan, l’Égypte, le Bangladesh et l’Indonésie.
L’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les régions dans lesquelles on enregistre les plus grandes restrictions à la liberté religieuse. Mais on retrouve également l’Europe dans ce classement, quoiqu’à des niveaux moindres. Chez nous, les restrictions des gouvernements y contribuent pour une part mais c’est l’hostilité sociale qui est plus importante. Le Danemark, l’Allemagne, la Hollande, la Suisse, le Royaume-Uni et la France sont particulièrement marqués par des actes d’agression antireligieuse. Le pays qui apparaît comme étant le plus « pacifique » dans tous les sens du terme s’avère être le Japon.
Un autre document de la Commission Théologie Internationale traitant de la liberté religieuse a été publié en 2019, l’approbation formelle du Pape. Ce document prend pour point de départ la déclaration « Dignitatis humanae » de 1965 sur la liberté religieuse. Dans le sillage de l’exégèse de Benoît XVI, ce document rappelle que « Dignitatis humanae » doit être lue dans l’optique de la « réforme dans la continuité », à la fois en accord avec les nouveautés de notre temps et dans une parfaite fidélité avec l’Église des premiers martyrs. Mais cela va bien au-delà puisqu’aujourd’hui – souligne le document – le contexte historique a bien changé par rapport aux années du Concile Vatican II. Le théologien jésuite Felix Körner, professeur à l’Université pontificale grégorienne, commente :
« Le premier changement important, c’est la croissance évidente de la pluralité religieuse (cf. n°9). Si dans les années soixante ce phénomène était à peine visible, aujourd’hui la plus grande partie de l’humanité vit dans des environnements multiethniques et multireligieux ».
« Le second changement, que la religion est toujours plus considérée comme étant une question privée devant être exclue de la sphère publique ou abordée en marge de celle-ci ».
« En troisième lieu, et dans une mesure bien plus importante qu’il y a 55 ans, la religion est aujourd’hui considérée comme étant un problème (cf. n°2) ».
« Les auteurs de ce document reconnaissent que dans les sociétés actuelles, la religion est davantage crainte qu’acceptée. Les gens sont profondément conscients des crimes commis au nom de la religion (cf. n°4 ; 35 ; 82). Et naturellement, cela alimente l’idée que la liberté religieuse elle-même représente une menace pour l’humanité. SI l’État n’intervient pas pour domestiquer et civiliser ce facteur extrêmement dangereux qu’est la religion, personne d’autre ne pourra le faire ».
Le fanatisme peut-être aussi bien religieux qu’anti-religieux. Il peut revêtir la forme de la théocratie comme celle de l’athéisme d’État. Le document taxe de monophysisme politique les modèles dans lesquels le pouvoir de Dieu et le pouvoir de l’État se substituent l’un à l’autre.
Quelques considérations autour de la sortie de l’ouvrage Lettre d’un moine bénédictin à un orthodoxe
Entretien avec l’éditeur, Guillaume d’Alençon :
Quel est le sens d’un tel ouvrage ?
Les fidèles du Christ qu’un même baptême, un même Dieu et un même attachement aux sacrements unissent, sont appelés à s’aimer en vérité. C’est même un ordre du Seigneur, par-delà les inimitiés historiques, par-delà les paradoxes que le démon se plaît à construire, parce que les liens tissés pendant le premier millénaire de l’Eglise ne peuvent se défaire en une date, 1054, celle du grand schisme.
Pourquoi un moine et pas un « théologien de l’œcuménisme » ?
Depuis les origines de la vie monastique, il est dit que celle-ci est l’archétype de la vocation baptismale. C’est une conviction partagée en Orient comme en Occident. Ainsi donc, parce que le moine a pour vocation d’être tout entier établi en Dieu, dans une prière et une louange permanente, quoi qu’il fasse, sa parole est davantage épurée des scories mondaines. Elle rejoint la raison droite et le cœur.
Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que cette conviction est partagée en Orient comme en Occident ?
Comme vous avez pu le remarquer, l’auteur est bénédictin et Saint Benoît vécut entre 480 et 547. Son influence fut considérable car, outre le fait qu’il s’appropria les règles des moines d’Orient en organisant la vie monastique comme on le sait, les siècles qui suivirent sa mort connurent l’explosion de son charisme. La fécondité monastique bénédictine fut telle qu’elle réforma en profondeur peuples et rois. Saint Benoît fait d’ailleurs l’objet d’une profonde vénération en Orient. Il peut être intéressant de signaler que dès le Xème siècle, les bénédictins furent implantés en trois endroits sur le Mont Athos. Les ruines du monastère des Amalfitains, de rite latin, en font mémoire ; elles sont situées entre celui de la Grande Laure et celui de Karakallou. Ce lieu fut occupé par les fils de saint Benoît jusqu’au XIIIème siècle, soit bien après la grande rupture entre l’Orient et l’Occident. En d’autres termes, le Mont Athos fut un haut lieu de l’ordre bénédictin !

Lorsqu’on a terminé la lecture de ce livre, on remarque que Dom Jean emmène son lecteur dans le premier millénaire uniquement. Est-ce voulu ?
En tous cas c’est un fait. Je ne sais pas ce qui l’a conduit à cela mais c’est très pertinent. Que l’on soit catholique ou orthodoxe, cela ne peut pas faire de mal de se replonger dans la doctrine et la spiritualité du premier millénaire. On peut se demander combien de catholiques et d’orthodoxes ont vraiment présent à l’esprit et au cœur les dogmes des premiers siècles ?
Les orthodoxes ont parfois l’impression que les catholiques veulent les convertir au catholicisme…
Cette impression est parfois réciproque… Et je dirai même que depuis une cinquantaine d’années, les catholiques ont rarement cette audace ! En lisant la Lettre d’un moine bénédictin à un orthodoxe, nous lisons en fait une méditation sur la foi des Pères. Il s’agit d’une « contemplation de l’œuvre de Dieu que les divisions venant des hommes ne peuvent atteindre en elle-même ni ne doivent faire oublier… » pour reprendre les propos de l’auteur. Je fais volontiers mienne la formule lapidaire de Saint Paul « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile » (1 Co 9,16). Celle-ci est à comprendre comme un appel et nous invite à considérer que le trésor de l’Ecriture Sainte et de la Tradition est à partager le plus largement possible. Certains orthodoxes pourront répondre que les catholiques n’ont pas la même compréhension de la Tradition. C’est sûr, mais pour un catholique la doctrine spirituelle des starets russes n’est pas forcément sienne et pourtant il y a beaucoup à recevoir de ces moines avertis et emplis de sagesse. N’ayons donc pas peur de lire la lettre de Dom Jean… Oui, la Parole de Dieu est vivante et vient féconder les morts que nous serions si le Christ n’était venu nous sauver. Tous, catholiques et orthodoxes, avons besoin de revenir à la source. Et cette source coule depuis 2000 ans sans faiblir, et Dom Jean nous en offre quelques gouttes très désaltérantes.

Quand on voit l’état du monde aujourd’hui, on se plaît à rêver au témoignage qu’apporterait l’unité de tous les chrétiens…
Certes… Comme chaque jour depuis la Pentecôte, il est l’heure pour nous d’être UN, et non pas HUNS les uns envers les autres ! C’est un ordre du Sauveur (cf. Jn 17,22). Si nous ne marchons pas sur cette voie, nous courons de grands risques pour notre salut. Les blessures que se sont infligés les chrétiens sont le fait du péché des hommes et non de l’Evangile du Christ, de la doctrine des Apôtres et de Pierre. Je pense à certains écarts commis par des catholiques sur l’Athos ou dans le vaste empire byzantin, mais aussi à des abus commis par des orthodoxes envers des grecs catholiques en Roumanie pendant les années 90 ou jadis par des orthodoxes russes sur des polonais catholiques. Mais je ne peux que me réjouir des figures prophétiques que furent le P. Matta El Maskine en Egypte, le tsar russe Alexandre Ier qui semble-t-il portait un secret appel intérieur vers l’union avec les catholiques, sans oublier le bienheureux Mgr Vladimir Ghika ou encore les lumineuses catéchèses de Benoît XVI, si appréciées dans le monde orthodoxe. Le Père Dimitri Smirnov, ancien président de la commission pour la famille et pour l’enfance du Patriarcat de Moscou, récemment décédé, m’avait en effet confié avoir lu avec ferveur les écrits de Benoît XVI. A l’inverse, ils sont nombreux les catholiques à avoir goûté les méditations de Séraphim de Sarov ou de Silouane de l’Athos.

Quel regard portez-vous sur le monde orthodoxe tel qu’il est en ce moment ?
Un regard plein d’espérance, assombri parfois… Ce qui motive mon espérance sera précisément cette soif d’authenticité évangélique qui me touche dans le témoignage du Père Séraphim à Valaam. Pour écouter un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=h3zR0posvnQ
On la retrouve aussi dans la foi des humbles, des petits, rencontrés ici ou là dans les vastes terres de l’Est. Je n’oublie pas non plus le monastère copte orthodoxe de Saint Macaire en Egypte qui aspire à l’unité à la suite de son re-fondateur le Père Matta el Maskine. Merci à Marc Jeanson pour ses beaux documentaires comme celui-ci : https://www.youtube.com/watch?v=4zUqh1ur3iY
Comment ne pas mentionner tous ces chrétiens qui, mêlant leur sang dans les sables du Proche-Orient, ont prouvé leur amour pour le Christ jusqu’au martyre ? Car assurément, on peut penser que ceux qui sont séparés de la pleine communion peuvent dans le secret de Dieu la retrouver mystérieusement dans cet acte de charité parfaite qu’est l’acceptation du martyre.
Et qu’est-ce qui vous attriste ?
En revanche, ce qui m’attriste, ce sont les divisions qui fracturent le monde orthodoxe. Sans doute le monde catholique connaît-il des tensions et n’est pas exempt d’ambiguïtés, y compris au sommet de l’Eglise, ce qui invite d’ailleurs à faire une vraie distinction entre ce qui relève du magistère et de ce qui relève d’une opinion privée, fut-elle relayée abondamment par les médias, mais ce qui me frappe le plus regarde les fossés qui se creusent entre les divers patriarcats. Sur le terrain, c’est physique parfois. J’ai vu de mes yeux un évêque orthodoxe, issu d’un pays slave, se faire exclure avec virulence d’un monastère grec. Les événements d’Ukraine, avec la maladroite prise de pouvoir du Patriarche Bartholomée face au Patriarche Kirill, se sont exportés dans de nombreux pays. A Paris, des tensions existent entre les communautés. Il est certain que le concept de nation a un sens au plan théologique, mais il ne doit pas être un frein à la canonicité d’une communauté.
J’en reviens à ce qui me semble le cœur des dissensions, c’est-à-dire la notion de primauté et donc la question de la doctrine de la foi. Car ces luttes internes dans l’orthodoxie sont le révélateur qu’il y a un besoin, une soif profonde de primauté. Pour être un seul corps faut-il encore avoir une seule tête …
Précisez votre propos…
Oui allons plus loin. Peut-être faut-il se demander quels sont les raisonnements théologiques, plus encore les paroles d’autorité des Pères qui, durant les premiers siècles de l’ère chrétienne, laisseraient entendre que Pierre et ses successeurs n’ont pas de primauté ? Où est-il écrit parmi les Pères, et par qui, que Pierre et ses successeurs n’ont pas de primauté sur l’Eglise universelle ?
Enfin, s’agissant par exemple de la morale conjugale, il est difficile de trouver dans l’orthodoxie un magistère homogène et cohérent. Sur des sujets comme la contraception, la sacramentalité, les interprétations peuvent être contradictoires et il est à mon avis indispensable de réinvestir à frais nouveaux le concept de primauté. Oui, comment résoudre ce problème de la division sans écouter tout ce qu’ont écrit les Pères des premiers siècles concernant la primauté de Pierre ? Dom Jean s’en fait l’écho avec un regard profondément surnaturel.
A l’inverse, la foi étant sauve, je n’ai pas de gêne à envisager qu’un russe byzantin ou un grec puissent être un jour successeurs de Pierre, je trouverais même cela très beau.

Oui ce serait très beau en effet…
Il est une autre chose très attristante c’est le carriérisme, le souci de plaire et l’amour excessif des biens de ce monde. En regardant vers la terre, nous ne pouvons que perdre de vue le sens qu’il y a à rechercher l’unité. Oui, l’organisation des structures établies peut fasciner et amplifier la dictature du relativisme. La fragmentation de l’autorité épiscopale est réelle. Les commissions et autres assemblées, sous l’apparence d’une volonté de synodalité font en fait le lit de l’hétérodoxie. Les catholiques allemands et d’ailleurs en sont les premières victimes. A cela s’ajoutent les projets où l’esprit de compromis règne en maître, esprit qui est en réalité le singe d’une saine prudence où tout devrait s’articuler dans la perspective du bien.
C’est en prenant le risque du martyre à soi et au monde à la suite du Christ qui fut rejeté des hommes y compris de ses disciples, que nous serons véritablement un avec Lui ; car c’est seulement en considération de notre unité avec Lui que nous pouvons vraiment nous dire fidèles du Christ, attachés à la Tradition des Pères. Mais avons-nous cette force d’entendre que nous devons passer par la Croix ? Sommes-nous prêts à tout sacrifier à l’annonce de la vérité de l’Evangile ? La méditation de ce verset du livre d’Isaïe (52,14) peut nous affermir : « De même que les multitudes avaient été saisies d’épouvante à sa vue, car il n’avait plus figure humaine, et son apparence n’était plus celle d’un homme… » ? Oui, sommes-nous prêts à être défigurés aux yeux du monde ???
Si le Christ n’avait pas une pierre où reposer sa tête (Lc 9,58) comment pouvons-nous mettre autant d’absolu dans le souci de maîtrise, de calcul, en vue d’atteindre des objectifs finalement très égocentriques qui parfois se cachent derrière l’auto-persuasion que c’est la voie de la sagesse… et donc celle de l’Evangile, alors qu’au fond c’est exactement le contraire ? Si nous n’avons plus d’argent, si nous perdons la santé, si nous perdons la vie, ne sommes-nous pas « les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés » ? (Rm 8, 37) Et là, seul, à genoux dans le silence, comme le grand Charles de Foucauld dans son ermitage de l’Assekrem dans le désert, avec Saint Jean la tête penchée sur le cœur du Christ, nous accueillons sa miséricorde et lui offrons nos frères les hommes.

Notre voie n’est-elle pas celle de la porte étroite ? Oui, « il est resserré le chemin qui conduit à la vie : et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent » (Mt 7, 14) comme Jésus nous le dit-il dans l’Evangile. Avec Pierre acceptons-nous d’être crucifiés la tête en bas ?
Une des difficultés réside sans doute dans la hiérarchie des priorités. Le premier commandement consiste à aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute nos forces, et à aimer notre prochain comme nous-mêmes. Si j’inverse les choses en me disant que si j’affirme avec trop de force la vérité du salut, mettant en avant les points de doctrine qui vont faire que certaines de mes relations vont me tourner le dos ou que mes projets de carrière vont en prendre un coup, alors c’est sûr, je ne risque pas d’aimer Dieu en vérité. La porte d’entrée vers le Ciel implique cette solitude du disciple aux pied de la Croix et « il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des cieux. » (Mt 19,24)
Ce qui étonne c’est que tant de consacrés, de prêtres et d’évêques, qui, ayant offert à Dieu leur célibat, ce qui n’est pas le moindre des sacrifices, ne transforment pas ce même esprit de sacrifice dans le domaine de l’annonce de la vérité évangélique telle qu’elle est, dans toute sa force, tranchante et consolante en même temps … A la suite des missionnaires qui sont morts dans les pires supplices, prolongeant l’Evangile par leur vie, ne sommes-nous pas tous appelés au témoignage jusque-là ? La peur est mauvaise conseillère car elle voile finalement le but de notre vie qui est de vivre pour toujours ressuscités avec le Christ, pour la vie éternelle.
C’est la raison pour laquelle il a semblé important de donner la parole à un moine, car le moine a mis une croix sur la carrière et le souci de plaire au monde, et sa parole résonne avec d’autant plus de profondeur dans les cœurs.
Quels sont les freins selon vous à une remise en cause féconde ?
J’en vois un, c’est l’orgueil. Dans la vie rien n’est fécond sans l’humilité ; et comment accueillir humblement, les paroles du Maître, Notre-Seigneur Jésus-Christ, trahi d’ailleurs par Pierre, le premier d’entre eux ?
Sans doute l’histoire des papes recèle-t-elle des événements peu glorieux, la même chose se retrouvant dans le monde orthodoxe, le problème n’est pas là, cela c’est le péché des hommes, source d’un grave scandale et de divisions par la suite ; mais ce qui est intéressant c’est de demander, à genoux, dans le silence, le jeûne et la prière, quel est le sens profond des Ecritures et de la grande Tradition des Pères ?
Les catholiques ne sont pas meilleurs que les orthodoxes dans le domaine de l’humilité. Tous, nous sommes appelés à accueillir comme des pauvres, des mendiants d’amour, l’Esprit-Saint qui unit et donne la vie faisant de nous des fils d’un même Père.
Un jour, nous devrons rendre des comptes à Dieu sur la manière dont nous avons répondu en conscience à son appel à l’unité.

Un dernier mot ?
J’ai su ces jours derniers que des orthodoxes lisent et étudient la lettre de Dom Jean, que des séminaristes de différents patriarcats cherchent à le rencontrer, que des liens d’amitié se sont approfondis entre catholiques et orthodoxes suite à sa publication avec en perspective la recherche de la vérité.
Oui, les larmes de Notre-Dame, la Sainte Mère de Dieu, sont là pour attendrir nos cœurs.
Quelle grâce et quelle joie !
Pour acheter le livre de Dom Jean « Lettre d’un moine bénédictin à un orthodoxe » c’est ici.

Laurent Wauquiez soutient toujours la Manif pour Tous
A l’heure où beaucoup de personnalités politiques ont retourné leurs veste et ont trahi à ce sujet, sans même parler de celles qui ne sont pas descendues dans la rue à l’époque, cette prise de position a le mérite d’exister. Quel candidat aura le courage de proposer l’abrogation pure et simple de la funeste loi Taubira dénaturant le mariage en 2022 ?
Laurent Wauquiez (président de la région Auvergne-Rhône-Alpes) affirme qu’il ne regrette “pas du tout” son soutien à La Manif Pour Tous pic.twitter.com/T8PYT56sb7
— BFM Lyon (@BFMLyon) November 19, 2020
Comment doit-on répondre aux caricatures quand on est musulman ?
Suite à la série de meurtres perpétrés récemment en Autriche et en France pour venger l’honneur de Mahomet, le HuffingtonPost publie le 13 novembre 2020 un article de Marwan Sinaceur, professeur de psychologie sociale à l’ESSEC, spécialiste de la résolution des conflits, de religion musulmane et de la culture arabe, qui entend répondre à la question : « Comment doit-on répondre aux caricatures quand on est musulman ? » en s’appuyant sur le fait que le Coran « apporte des réponses claires ». Examinons donc ces réponses.
Notre auteur commence par nous cacher, en fait de « réponses claires », qu’Allah lui-même avoue que son Coran n’est pas clair, mais « contient des versets équivoques, pouvant se prêter à diverses interprétations (…) en sorte qu’Allah-seul connaît l’interprétation du Coran (Coran 3.7) ». Ce seul verset suffit à détruire la prétention de tout musulman à nous expliquer ce que veut dire le Coran. Sans compter qu’un livre prétendument universel ayant besoin d’explication pour être compris ne peut pas être universel. Et si cela ne suffisait toujours pas, rappelons qu’Allah a abrogé et remplacé certains versets de sa parole éternelle … sans dire lesquels (Coran 2.106 ; 16.101) ! Mais continuons à écouter les « réponses claires » de notre apologète musulman.
Marwan Sinaceur avance l’argument selon lequel la loi du talion, bien que promue par le Coran (Coran 2.194), condamne toute disproportion. Ce faisant, il oublie encore de prendre en compte le caractère singulier de Mahomet, qui est si bien associé à Allah, qu’Allah jure par la vie de son prophète, lui reconnaissant ainsi une valeur au moins égale à la sienne (Coran 15.72), en sorte que Mahomet partage les prérogatives d’Allah (Coran 8.20 ; 48.8-10), son mystère, et son secret mêmes (Coran 72.26-27), et que le salut se joue sur l’obéissance à Mahomet (Coran 25.77) … C’est dire que la vengeance de l’honneur de Mahomet n’est pas comparable à celle prescrite par la loi du talion pour un simple humain, mais qu’elle est fonction de l’honneur même dû à Allah, qui ne saurait connaître de limite …

L’auteur prétend qu’en cas de différends religieux, le Coran prescrit de « s’en remettre à la justice de Dieu », de « ne pas chercher à se faire justice soi-même ni à imposer sa vision à autrui », que « chacun a la liberté de croire en ce qu’il ou elle veut », que l’« on ne peut forcer quelqu’un à croire. Même le Prophète de l’islam ». Or, entre une foule d’autres versets semblables, nous lisons précisément le contraire : « Ô Prophète ! Combats les incrédules et les hypocrites ; sois dur envers eux ! Leur refuge sera l’enfer : quelle détestable fin ! (Coran 66.9) » ; « Ô Prophète ! Fais la guerre aux infidèles et aux hypocrites, sois dur avec eux ! L’enfer sera leur demeure. (Coran 66.9) » ; « Ô Prophète ! Excite les croyants au combat. Vingt braves d’entre eux terrasseront deux cents infidèles. Cent en mettront mille en fuite, parce que les infidèles n’ont point de sagesse. (Coran 8.66) ». Où l’on voit que le châtiment futur de l’Enfer n’exonère pas le bon musulman de l’anticiper. Puisqu’Allah veut châtier les mécréants « dès ici-bas (Coran 3.56 ; 5.41,49…) », comment ne pas lui prêter main forte ?
Notre apologète musulman cite des versets invitant à la miséricorde, mais oublie, là encore, qu’ils sont si clairs qu’ils finissent toujours par condamner celui qui n’applique pas la loi du talion. Ainsi de 5.45 : « Nous avons prescrit pour eux vie pour vie, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent. Les blessures appellent la loi du talion. Après, quiconque y renonce par charité, cela lui vaudra une expiation. Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont des injustes. ». Ce verset semblerait inviter à la miséricorde, mais des siècles après la venue du Christ (Mt 5.20-48), que faut-il faire à ceux qui refusent l’islam, et sont donc des « injustes », sinon rétablir la Loi du talion ? En effet, « Le talion s’applique à toutes choses sacrées. Donc, quiconque vous offense, offensez-le, à offense égale ! (Coran 2.194) » ; « C’est dans le talion que vous aurez le salut, ô vous doués d’intelligence, ainsi vous serez pieux ! (Coran 2.179) » Si le salut se trouve dans le talion, qui voudra être miséricordieux ?
En fait de miséricorde, « telle est la rétribution de ceux qui guerroient contre Allah et son envoyé[qui refusent d’être islamisés, se moquent d’Allah et de son envoyé, les caricaturent …] et qui s’empressent de corrompre le monde [qui s’opposent à l’ordre islamique], c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que leur soient coupés la main et le pied opposés, qu’ils soient expulsés de la terre.(Coran 5.33) » … Allah parle ici clairement. Nulle équivoque possible. Heureusement qu’il détaille la manière de torturer ses opposants, sans quoi les musulmans n’auraient certainement jamais su comment s’y prendre ! Puisqu’Allah commande de telles atrocités, comment penser que ses dévots puissent ne pas vouloir les pratiquer ? Car « Allah a acheté aux croyants leurs personnes et leurs biens en échange du paradis. Ils combattent dans le chemin d’Allah : ils tuent jusqu’à se faire tuer. (Coran 9.111) ». Le Coran est rempli de versets de ce genre. « Ce n’est pas vous qui les avez tués, mais c’est Allah qui les a tués. Lorsque tu frappais, ce n’est pas toi qui frappais, mais c’était Allah qui frappait. (Coran 8.17) » ; « Combattez-les ! Allah, par vos mains, les châtiera et les couvrira d’ignominie ! (Coran 9.14) » ; « Combattez-les jusqu’à ce qu’ils se convertissent à l’Islam. (Coran 48.16) » ; « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais, jusqu’à ce que vous soyez musulmans ! (Coran 60.4) » ; « Allah aime ceux qui vont jusqu’à tuer pour sa cause.(Coran 61.4) » ; « Ceux qui offensent Allah et son messager [ceux qui refusent l’islam], Allah les maudit ici-bas et dans l’au-delà, et leur prépare un châtiment avilissant (Coran 33.57) », et parce que « ce sont des maudits, ils seront pris et tués impitoyablement. (Coran 33.61) » Les assassins du père Hamel et de tant d’autres non-musulmans savent que « les mécréants, il faut les égorger(Coran 47.4) » ! Parce que l’islam est la vraie religion (Coran 61.9), ceux qui n’en font pas partie ne peuvent être que des pervers et des maudits (Coran 3.10,82,110 ; 4.48,56,76,91 ; 7.144 ; 9.17,34 ; 11.14 ; 13.15,33 ; 14.30 ; 16.28-9 ; 18.103-6 ; 21.98 ; 22.19-22,55 ; 25.21 ; 33.64 ; 40.63 ; 48.13), que les musulmans doivent combattre sans cesse (Coran 2.193 ; 8.39 ; 9.33 ; 48.28 ; 61.4,10-12) à l’exemple d’Allah, par la ruse (Coran 3.54 ; 4.142 ; 8.30 ; 27.50 ; 86.16), la terreur (2.190 ; 3.151 ; 8.12,60 ; 33.26 ; 59.2,13), et toutes sortes de tortures (Coran 5.33 ; 8.12,65 ; 9.29,123 ; 25.77), en vue de les éliminer (Coran 2.193 ; 8.39,65 ; 9.5,33,111,123 ; 47.4) et anéantir définitivement (Coran 2.191 ; 4.89,91 ; 6.45 ; 9.5,30,36,73 ; 33.60-62 ; 66.9).
Les versets que Marwan Sinaceur présente comme invitant à la non-violence, tirés de l’océan de haine et d’appels au meurtre dont je viens de donner un aperçu, expriment pour leur part le tissu de contradictions typique du Coran, dont a si bien parlé l’universitaire et agrégée d’arabe, Anne-Marie Delcambre, dans son livre « La schizophrénie de l’islam ». Ces versets ne relèvent pas de la tolérance, mais de la ruse en situation de faiblesse : « Que les croyants ne prennent pas les mécréants pour alliés hors des croyants. Quiconque fait cela n’a rien d’Allah, à moins que vous ne les craigniez. (Coran 3.28) » A moins que vous ne les craigniez… Voilà énoncé le principe de la taqiya, autorisant les musulmans en situation de faiblesse à « embrasser la main qu’ils ne peuvent couper », c’est-à-dire à mentir jusqu’à dissimuler leur croyance, voire la renier et même en pratiquer publiquement une autre afin de sauver leur vie ou leurs intérêts (Coran 3.28 ; 16.106), lesquels s’identifient nécessairement à ceux de l’islam, et cela dans l’attente que le rapport de forces ne s’inverse et qu’il leur devienne possible d’envisager l’agression : « Ne montrez point de lâcheté et n’appelez point les infidèles à la paix quand vous êtes plus forts qu’eux !(Coran 47.38) » Marwan Sinaceur, pourrait-il ne pas pratiquer la takiya ?
Mais comment la confusion propre au texte coranique ne se retrouverait-elle pas dans l’esprit de qui tente de le justifier ? C’est ainsi que notre auteur n’hésite pas à amalgamer le texte du Coran et celui de l’Évangile, alors que l’Evangile n’invite pas seulement à être miséricordieux, mais commande de l’être, jusqu’à en faire dépendre le salut (Mt 6.12 ; 18.32-33) ! Si le Coran n’était rien d’autre que l’idéal évangélique, quel besoin y avait-il de sa venue ? Qui peut venir APRES le Christ, sinon l’Antichrist ? [1] Comme tout imposteur, l’islam cherche à se confondre avec sa victime, et son serviteur de nous chanter « la proximité culturelle entre l’islam et les deux autres monothéismes (…) un message qui n’est pas sans rappeler les philosophies humanistes du Judaïsme, du Christianisme, ou des stoïciens. »
Pour finir, rappelons le comportement du modèle des musulmans (Coran 33.221), Mahomet, face aux critiques.
a) « Il y avait une femme du nom d’Asmâ bint Marwan qui faisait des vers très critique au sujet du prophète de l’islam. Quand ces vers furent rapportés à Mahomet, il dit tout haut : ‘’Est-ce que personne ne me débarrassera de la fille de Marwan ?’’ Il y avait un homme du clan de la poétesse, ‘Omayr Ibn ‘Adi., qui n’avait pas été à la bataille de Badr, et qui saisit l’occasion de faire preuve de zèle. Le soir même il s’introduisit chez elle. Elle dormait au milieu de ses enfants. Le dernier, encore au sein, sommeillait sur sa poitrine. Il la transperça de son épée. Le lendemain, il alla trouver l’Envoyé de Dieu et lui dit : ‘’Envoyé de Dieu, je l’ai tuée !’’ Mahomet lui, répondit : ‘Tu as secouru Allah et son Envoyé ô ‘Omayr.’’ ‘Omayr demanda : ‘’Serai-je puni par Dieu pour ce meurtre, ô Envoyé d’Allah ?’’ Mahomet répondit : ‘’Deux chèvres ne se seraient pas donné un coup de corne pour elle.’’ ‘Omayr retourna dans son clan et ce jour-là il y eut une grande émotion au sujet de la fille de Marwan, car elle avait cinq fils et la vengeance pouvait être demandée. » L’assassinat eut lieu en janvier 624. (Ibn Ishaq, Muhammad, tome II, Paris, Albouraq, 2001, p 562,597)
b) Abu ‘Afak était un poète juif du Hedjaz qui refusait de se convertir à l’islam. Il écrivit un poème à charge contre Mahomet, qui commanda de l’assassiner en plein sommeil, ce que fit Salim Ibn Umayr en février 624. Même si certains musulmans nient l’authenticité de cet événement, ils ne peuvent nier qu’il est raconté aussi bien par le premier biographe de Mahomet, Ibn Ishâq (704-767), dans sa « Sirat Rasul Allah », que par l’historien arabe Ibn Sa’d al-Baghdadi (784-845) dans son Kitâb Tabaqât al-Kubra (Ibn Hisham, Ibn Ishaq, Alfred Guillaume (traducteur), The life of Muhammad : a translation of Isḥāq’s Sīrat rasūl Allāh, pp. 675-676). Personne ne doute que Mahomet supprimait ses opposants, y compris en 627 la tribu entière d’Abu Afak (François Déroche, « Vie de Muhammad », in Religions et Histoire, no 36, janvier 2011, p. 27).
c) Selon Mubarakpuri, Al Nadr ibn al-Harith a été capturé pendant la bataille de Badr, et ne fut pas autorisé à être racheté par son clan parce qu’il s’était moqué de Mahomet et avait écrit des poèmes pour le dénoncer. Un verset du Coran (8.31-37) fut révélé pour ordonner l’exécution de Nadr bin Harith. L’assassinat eut lieu en mars 624. (Ibn Hisham, Ibn Ishaq, Alfred Guillaume (traducteur), The life of Muhammad: a translation of Isḥāq’s Sīrat rasūl Allāh, p.308)
d) Ka’b ibn al-Ashraf était poète et l’un des chefs de la tribu juive des Banu Nadir, à Médine. Selon Ibn Ishaq, Mahomet ordonna à ses disciples de le tuer parce qu’il l’avait invectivé et qu’il avait composé des vers pleurant les victimes de Quraysh tués à Badr. Peu après, de retour à Médine, il avait aussi composé des versets insultants pour les femmes de Mahomet. Muhammad ibn Maslamah et quatre complices accomplirent la besogne en septembre 624. Cet assassinat a largement été relaté par Ibn Ishâq, par Tabari (Chroniques, Histoire des prophètes et des rois, Actes Sud, 2001, t.2, 181-185), par Boukari (Vol. 3.45.687 ; 5.59.369), et par Mouslim (32-3359 ; 19/4436).
e) Abu Rafi ‘ibn Abi Al-Huqaiq a été tué en décembre 624 pour s’être moqué de Mahomet et avoir aidé l’opposition contre lui (Boukhari 2.577).
f) L’esclave Abdullah bin Khatal a été assassiné en janvier 630 pour avoir récité des poèmes insultant Mahomet. (Bukhari 5.59.582 ; 3.29.72 ; Sa’d, Ibn. Kitab al-tabaqat al-kabir, Volume 2. Pakistan Historical Society. p. 174. ASIN B0007JAWMK, 1967)
g) Fartana, une fille d’Abdullah ibn Khatal, fut aussi assassinée pour avoir récité les poèmes de son père. (Abou Daoud, 14.2678 ; The Life of Muhammad, Al-Waqidi’s Kitab al-Maghazi (Routledge Studies in Classical Islam). Faizer, Rizwi [Editor]. Routledge p.406)
Je pourrais malheureusement continuer encore longtemps cette liste macabre. Il semble cependant suffisamment clair que Mahomet n’avait pas le même comportement que celui que Marwan Sinaceur nous chante : « la maîtrise de soi. Ni surenchère. Ni polémique. Ni violence ». Quel Coran les musulmans doivent-ils donc suivre, celui de Mahomet ou celui de Marwan Sinaceur ? N’est-ce pas Mahomet qu’Allah a donné comme modèle aux musulmans (Coran 33.21) ? Bref, quand l’islam ne s’impose pas par la terreur, il le fait par le bluff [2]. Quant à nous, « Nous avons exposé les preuves pour ceux qui comprennent. (Coran 6.98) »
Abbé Guy PAgès
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[1] L’islam déteste spécialement les chrétiens (Coran 8.22 ; 9.28 ; 98.6), coupables du seul péché impardonnable, qui est justement d’être chrétien (Coran 4.48) : « Qu’Allah les extermine !(Coran 9.30) » ; « Combattez-les à mort jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association [i.e. d’Église] et que la religion soit seulement l’islam ! (Coran 2.193) » ; « Allah a envoyé son messager avec la bonne direction et la religion de la vérité, afin qu’elle triomphe sur toute autre religion, quelque répulsion qu’en aient les associateurs [les chrétiens] ! (Coran 9.33) » ; « Tuez les associateurs [les chrétiens] où que vous les trouviez ! Prenez-les, assiégez-les et restez aux aguets contre eux ! (Coran 9.5 ; Cf. 2.244 ; 4.76,84,91 ; 33.26 ; 47.4-11,22,37) »
Le « syndrome du Père Noël »
Extrait d’un article de Gabrielle Vialla aux éducateurs :
[…] Les personnes, dont je fais partie, qui adhèrent à la loi naturelle, peuvent commettre cette erreur de fonder leur éducation sur la nature, capable d’exprimer le masculin et le féminin par le corps, plutôt que de la fonder d’abord sur la formation de la conscience. Car la loi naturelle est un appel à la présence du Créateur dans chaque conscience humaine. Le mot loi, en français, précède heureusement le mot nature. La conscience bien formée peut, par la raison, trouver ce qui est bon pour elle, surtout face à une nature qu’elle découvre aussi limitée, blessée. Il ne s’agit plus de défendre coûte que coûte la beauté de la réalité corporelle. Il s’agit de la contempler comme un cadeau, oui, mais relatif à plus grand que la matière. Il s’agit de reconnaître très vite que cette nature s’avère en partie abîmée chez nos enfants, nos fidèles, en nous-même. Il convient d’admettre rapidement la part d’épreuve, corrélative à ce corps, même si, heureusement, il demeure d’abord en premier lieu source d’émerveillement et de contemplation. Le risque est grand, aujourd’hui, d’engendrer chez de nombreux jeunes, ce qu’on pourrait appeler le « syndrome du Père Noël ». Je m’explique. En voulant trop bien faire, en réaction aussi vis-à-vis des horreurs qui les entourent, de nombreux parents et éducateurs veulent présenter de façon belle, positive, magnifique, le corps humain féminin et masculin, ainsi que la sexualité elle-même.
L’intention est bonne, certes, mais cette présentation n’est aujourd’hui plus suffisante. En effet, de nombreux jeunes découvrent de plus en plus rapidement des dissonances en eux-mêmes et autour d’eux entre cette version idéalisée, facile, harmonieuse et la version réelle plus difficile à recevoir. En d’autres termes, ils découvrent que le Père Noël n’existe pas et qu’on les a trompés.
J’en appelle à découvrir et à accueillir le vécu du féminin et du masculin à partir de la conscience. Ce fut l’objet de mon ouvrage Bien vivre le cycle féminin. Si je développe une description poétique du cycle, c’est pour mieux faire passer une approche pragmatique, réaliste. Pour la femme d’aujourd’hui, vivre son cycle relève d’un véritable défi, en particulier si sa mère et les jeunes filles qui l’entourent ont leur cycle gommé par des hormones. Par ailleurs, certaines femmes sont privées de leur cycle par diverses pathologies féminines quelquefois invalidantes, causées par les perturbateurs endocriniens, la pollution… Ce sujet de santé publique est aussi un lieu de vécu féminin douloureux, longtemps passé sous silence. Je ne cherche donc pas à cacher les difficultés du vécu du cycle, ayant trop fait l’expérience dans l’accompagnement des jeunes femmes, de ce fameux syndrome du Père Noël. Encore une fois, pour bien faire, dans de nombreuses familles, on présente le cycle comme quelque chose de merveilleusement automatique qui permet d’avoir des bébés, et puis les jeunes filles se réveillent un jour en se disant qu’on leur a menti parce qu’en réalité elles ont du mal à se connaître, à s’apprécier avec ce cycle qui leur a été pourtant présenté comme un trésor… et qui s’avère être aussi une épreuve.
Je me refuse de verser dans l’adulation du féminin et de son cycle. On peut perdre son cycle par la maladie, et on le perd naturellement à la ménopause. La femme est plus grande que son cycle. Si la finalité procréative du cycle doit être présentée dans l’éducation sexuelle et affective, le cycle, lui, se vit quelquefois dès l’âge de 12 ou 13 ans, il est quotidien. Aussi est-ce utile et même important de l’aborder en lien avec les capacités, les talents de chaque jeune fille prise individuellement. Quant aux jeunes hommes, eux aussi vivent de plus en plus souvent un syndrome du Père Noël, en découvrant leur rôle dans la régulation des naissances et le vrai défi conjugal à vivre. Certains peuvent ainsi ressentir durablement de la colère face à un combat déroutant auquel on ne les a pas préparés. Le jeune homme, quand sa maturité est suffisante, doit percevoir que le temps féminin cyclique n’est pas le même que le sien. Il doit, à mon sens, percevoir de façon encore lointaine, une nécessaire responsabilité du masculin face au cycle, et la non moins nécessaire compréhension de l’homme vis-à-vis du vécu féminin. Ce sujet est encore plus tabou aujourd’hui. Pourtant, nous entrons tous dans la vie au moyen du cycle, et le respect de la vie naissante dans le corps de la femme exige que le jeune homme, sans entrer dans les détails, comprenne cette complémentarité fondamentale. Il en va tout simplement de sa persévérance dans l’amour. En outre, décrire le cycle par le biais des quatre éléments fournit aux gars des outils pour lutter contre la pornographie et pour gagner en aplomb, de ce point de vue, vis-à-vis de leurs congénères. Il s’agit d’une approche hildegardienne : nommer un mal, comprendre son étendue, ses conséquences, et prévenir non par la seule autorité mais par un traitement préventif !
De la transmission dans la famille, à une catéchèse sur la chasteté
Le premier lieu de la transmission sur le corps sexué est la famille. Ainsi mon ouvrage Bien vivre le cycle féminin – même s’il commence sous la forme d’une lettre à une jeune fille et au jeune garçon – s’adresse aussi aux mères de famille, afin de les soutenir dans un dialogue fructueux avec leurs grands jeunes. Les mamans sont le plus souvent les premières formatrices de la conscience morale[4], car elles sont les premiers témoins des dilemmes moraux de leurs bambins. Elles savent lire sur le visage du petit : Dois-je me dépêcher d’engloutir ce quatrième biscuit ou le partager avec le frère qui arrive de l’école ? Vais-je me rapprocher ou m’éloigner de ce petit ami qui pleure parce que je l’ai bousculé en attrapant son jouet ? Les mères de famille doivent comprendre leur responsabilité et la nécessaire continuité de leur accompagnement à l’adolescence, face aux affiches publicitaires, à l’utilisation du portable ; et au jeune âge adulte face aux situations rencontrées inhérentes aux amitiés, etc. Il ne s’agit pas de sermonner ou d’imposer. Il s’agit de révéler à l’enfant puis au jeune la paix et la vraie liberté intérieure qui résultent du choix du bien et du courage. Il convient d’indiquer aussi la tristesse qui suit l’endurcissement ou tout compromis avec le mal. Montrer de la fierté non pas en fermant les yeux hypocritement devant un jeune qu’on veut croire parfait, mais en ouvrant son cœur devant un jeune qui se bat, qui désire se convertir. Féliciter, encourager, compatir, secourir dans les difficultés. Voilà bien une œuvre délicate et respectueuse qui est plus encore « transmission » d’une découverte, d’une joie et d’une expérience personnelles. Cette formation de la conscience morale en ce qui concerne la vérité du corps sexué, n’est jamais terminée. Chaque jeune comme d’ailleurs chaque éducateur lui-même a cette liberté de continuer son auto-éducation, ou malheureusement, il peut se contenter de se dire qu’il n’est pas une si mauvaise personne et que cela suffit.
Devant l’ampleur de la tâche et surtout devant le déferlement extérieur, nous comprenons à quel point les parents ont besoin de trouver des relais, des aides et compléments anthropologiques, pour eux-mêmes comme pour leurs enfants. Aussi les éducateurs et pasteurs ne peuvent plus négliger ce sujet du sens du corps sexué, sans se méprendre sur leur propre responsabilité.
De tout ceci découle un vrai défi intergénérationnel : que ceux qui ont été encore relativement épargnés dans leur jeunesse choisissent de se pencher sur ces problématiques du vécu féminin et masculin, de la complémentarité homme-femme. C’est à ces générations de donner aux plus jeunes des repères positifs comme de mettre en garde contre la logique inhérente à la culture de mort, qui va de la pornographie à la fornication, à l’infidélité, à la contraception, à l’avortement, à la fivete, aux revendications LGBT : tout se tient pour une déconstruction humaine, sociale et spirituelle… La confusion et le mensonge sur le corps sexué représentent de véritables défis anthropologiques pour la société et pour l’Église. Les abus sexuels dans le clergé ne sont qu’une petite part de cette grande épreuve spirituelle qui n’épargne presque plus personne en réalité. À ceux qui ont beaucoup reçu de la civilisation de la vérité et de l’amour, de témoins illustres ou inconnus… d’œuvrer aujourd’hui avec persévérance sur le sens de la sexualité humaine. À nous, parents et éducateurs, de comprendre que si le manque de maîtrise de la langue empêche de bien penser, la perte du sens du corps sexué empêche de recevoir le don de l’Incarnation et de la Rédemption. Car si tout ce dont je viens de parler relève d’abord de la loi naturelle, les conséquences sur la foi sont indéniables. Elles ébranlent aujourd’hui jusqu’à la barque de Pierre.
Ce travail personnel et communautaire de grande importance relève de la vertu et du don de la chasteté. Celle-ci signifie « l’intégration réussie de la sexualité dans la personne et par là l’unité intérieure de l’homme dans son être corporel et spirituel. » (Catéchisme de l’Église Catholique, §2337) « La chasteté représente une tâche éminemment personnelle, mais elle implique aussi un effort culturel » (§2344).
En réaction face au relativisme moral, et parce que notre cœur aspire à la beauté et au bien, nous pouvons avoir la tentation de construire une utopie de la chasteté. Or la chasteté intègre la réalité de nos corps, avec ses fragilités et ses limites. La chasteté n’est pas une idéologie tyrannique, à terme démoralisante. La chasteté signifie la mise en valeur plénière de la croissance humaine et spirituelle. À côté de la négligence dans l’éducation à la chasteté, il existe une autre tentation, celle de la projection idéaliste qui consiste à nier pour ses enfants, pour ses fidèles, la réalité d’un combat intérieur pourtant inhérent à notre condition humaine blessée. Le syndrome de la marquise : tout va très bien… quoi qu’il arrive. Non, le combat est là, il est plus important à certaines étapes de la vie : l’adolescence, le jeune âge adulte, la crise du milieu de vie, mais il existe à tous les âges de la vie.
La chasteté ne doit donc plus être présentée comme un idéal désincarné destiné seulement à quelques héros, mais comme le moyen ordinaire pour l’homme de bonne volonté de vivre au mieux l’unité de sa personne en vue de l’intégralité du don de soi.
Dans mon livre La chasteté, je rappelle que c’est à travers deux chastetés, si humbles qu’on les oublie – celles de Jésus et de sa Mère – que nous sommes sauvés. Qui veut aimer, ne peut négliger de rechercher la chasteté. D’ailleurs cette aspiration à l’unité intérieure réside au fond de tout cœur humain. Tous, nous sommes appelés à choisir ce déploiement de la liberté intérieure et à y entraîner autrui.
Gabrielle Vialla, paru dans Liberté politique n°86
fecondite.org permet à tous les prêtres qui le désirent d’accéder aux contenus de la journée “Prêtres au service de la vie et de la chasteté conjugale” du 16 novembre dernier. Les prêtres peuvent s’inscrire ici.
Confinement, vaccin : quelles réponses à la crise sanitaire ? Débat Louis Fouché vs Martin Blachier
Le Dr Louis Fouché est anesthésiste réanimateur à l’Hôpital de la Conception, très critique sur la gestion de la crise sanitaire dans les médias. Le Dr Martin Blachier, médecin épidémiologiste, spécialiste en santé publique, est favorable au confinement.
Prier avec Marie avant d’agir
Voici une nouvelle vidéo de l’Abbé Viot.
Par obéissance à la hiérarchie catholique, les prêtres doivent prier en cette semaine la vierge Marie pour demander aide et conseil, ce qui n’empêche aucunement les laïcs de manifester.
En revanche, la célébration de l’Avent qui commence le 29 novembre est non négociable. Seule la suspension “a divinis” des êvèques ou du Pape, c’est-à-dire l’interdiction de célébrer les sacrements, pourront alors interdire aux prêtres de célébrer comme il se doit Noël et sa préparation.
Carte des veillées pour la vie
Voici le lien vers les veillées en ligne pour les veillées pur la vie à naître.
Sinon, il est toujours possible d’avoir des veillées pour la vie compatible avec le décret Covid… Le texte du Conseil d’Etat précise que nous pouvons aller dans nos églises sans limite de temps et au-delà d’un km : il faut être muni de l’attestation et cocher la case “Motif familial impérieux”.
Mgr Aillet : “L’interdiction des célébrations cultuelles (…) : c’est du jamais vu en France, sauf à Paris sous la Commune !”
L’éditorial de Mgr Aillet pour la revue diocésaine de décembre 2020 est à lire quel que soit votre diocèse. Extraits :
“(…) La peur, qui s’est emparée de beaucoup, est entretenue par le discours anxiogène et alarmiste des pouvoirs publics, relayé en boucle par la plupart des grands médias. Il en résulte une difficulté croissante à réfléchir, un manque de recul évident par rapport aux événements, un consentement quasi généralisé des citoyens à la perte de libertés pourtant fondamentales. Au sein de l’Eglise, on observe des réactions pour le moins inattendues : ceux qui dénonçaient naguère l’autoritarisme de la Hiérarchie et contestaient systématiquement son Magistère, en particulier en matière de morale, se soumettent aujourd’hui sans sourciller à l’Etat, semblant perdre tout sens critique, et s’érigent en moralisateurs, culpabilisant et dénonçant sans appel ceux qui osent poser des questions sur la doxa officielle ou défendre des libertés fondamentales. La peur n’est pas bonne conseillère : elle conduit à des attitudes inconsidérées, elle monte les gens les uns contre les autres, elle génère un climat de tension, voire de violence. Nous pourrions bien être au bord de l’explosion !
Voir, juger, agir : ces trois étapes, bien connues de l’Action catholique et présentées par le Pape saint Jean XXIII, dans son encyclique Mater et Magistra, comme caractéristiques de la réflexion sociale de l’Eglise, pourraient bien éclairer la situation de crise que nous traversons.
Voir, c’est-à-dire ouvrir les yeux sur la réalité dans son intégralité et cesser de rétrécir le point de vue à la seule épidémie. Il y a certes l’épidémie de la Covid-19 qui a causé, il est vrai, surtout lors de la « première vague », des situations dramatiques et un certain épuisement des personnels soignants. Mais, avec le recul, comment ne pas en relativiser la gravité par rapport à d’autres détresses qui sont trop souvent passées sous silence. Il y a d’abord les chiffres, que l’on présente comme révélateurs de la gravité inédite de la situation : après le décompte quotidien des décès lors de la « première vague », c’est l’annonce quotidienne des cas dits « positifs », sans que l’on puisse faire le tri entre ceux qui sont malades et ceux qui ne le sont pas.
Ne faudrait-il pas comparer avec d’autres pathologies aussi graves et plus mortelles, dont on ne parle pas et dont les protocoles ont pu être ajournés, pour cause de Covid-19, avec parfois des aggravations fatales ? En 2018, on dénombrait 157000 décès pour cause de cancer en France ! On a mis du temps à communiquer sur le traitement inhumain qui a été imposé dans les EHPAD aux personnes âgées, enfermées, parfois à clé, dans leur chambre, avec interdiction de visite des familles : les témoignages abondent sur les perturbations psychologiques, voire les décès prématurés de nos aînés. On parle peu de l’augmentation sensible des états dépressifs chez des sujets qui n’étaient pas prédisposés : les hôpitaux psychiatriques sont ici ou là surchargés, les salles d’attente des psys encombrées, signe que la santé mentale des Français se dégrade de manière inquiétante, ce que le Ministre de la santé vient de reconnaître publiquement. On a dénoncé un risque d’« euthanasie sociale », quand on estime que 4 millions de nos concitoyens sont dans une situation d’extrême solitude, sans compter le million de Français supplémentaires qui, depuis le premier confinement, sont passés en-dessous du seuil de pauvreté. Et que dire des PME, des petits commerçants étranglés qui seront condamnés à déposer le bilan ? Parmi eux, on compte déjà des cas de suicides. Et les bars et restaurants, qui avaient pourtant consenti à des protocoles sanitaires drastiques. Et l’interdiction des célébrations cultuelles, même avec des mesures sanitaires raisonnables, remisées au rang des activités « non essentielles » : c’est du jamais vu en France, sauf à Paris sous la Commune !
Juger, c’est-à-dire apprécier cette réalité à la lumière des grands principes qui fondent la vie sociale. Parce que l’homme est « un de corps et d’âme », il n’est pas juste de faire de la santé physique une valeur absolue, jusqu’à sacrifier la santé psychologique et spirituelle des citoyens, et en particulier de les priver de pratiquer librement leur religion, dont l’expérience prouve qu’elle est essentielle à leur équilibre. (…)
Si l’Eglise reconnaît la légitimité de l’autorité publique, c’est à condition que, selon une juste hiérarchie des valeurs, elle facilite l’exercice de la liberté et de la responsabilité de chacun et promeuve les droits fondamentaux de la personne humaine. Or on a fait prévaloir une conception individualiste de la vie et on a ajouté à l’opprobre, ainsi infligé à toute une population, somme toute infantilisée, une culpabilisation facile en brandissant l’argument spécieux de la vie des malades en réanimation et des soignants exténués. Ne devait-on pas reconnaître premièrement la déficience des politiques de santé, qui ont cassé les budgets et fragilisé les institutions hospitalières, en termes de personnels soignants insuffisants et mal rémunérés et de lits de réanimation régulièrement supprimés ? Enfin, parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu, fondement ultime de sa dignité – « Tu nous a faits pour toi, Seigneur, et mon cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en toi » (Saint Augustin) – on aurait tort de sous-estimer la liberté de culte qui reste, dans la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat pourtant promulguée dans un contexte des plus tendus, la première de toutes les libertés fondamentales, que les citoyens, entretenus dans la peur, ont consenti à abdiquer sans discuter. Non, l’argument sanitaire ne justifie pas tout.
Agir. L’Eglise n’est pas obligée de s’aligner sur un discours officiel réducteur et bégayant, encore moins à se faire la courroie de transmission de l’Etat, sans manquer pour autant au respect et au dialogue ni appeler à la désobéissance civile. Sa mission prophétique, au service du Bien commun, c’est d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur ces détresses graves liées directement à la gestion de la crise sanitaire. Certes, il faut soutenir les personnels soignants et secourir les malades – la prudence dans l’application des gestes-barrières fait partie de l’effort national qui incombe à tous –, mais sans imputer trop hâtivement aux citoyens la responsabilité de leur détresse. En ce sens, il faut saluer le professionnalisme des personnels de santé qui se dévouent auprès des malades, et encourager la générosité des bénévoles qui s’engagent au service des plus démunis, et où les chrétiens sont souvent aux avant-postes. Il faut encore faire entendre les justes revendications de ceux qui sont brimés dans leur travail, je pense aux artisans et aux commerçants, et savoir dénoncer une inégalité de traitement en n’ayant pas peur de relativiser l’argument sanitaire brandi de manière insistante pour fermer les petits commerces et interdire les célébrations cultuelles publiques, alors que les écoles, les grandes surfaces, les marchés, les transports en commun sont restés actifs avec des risques potentiellement plus grands de contamination. Quand l’Eglise plaide pour la liberté de culte, elle défend toutes les libertés fondamentales qui ont été confisquées de manière autoritaire, même si c’est temporaire, comme celles d’aller et de venir, de se réunir pour travailler au Bien commun, de vivre du fruit de son travail, de mener ensemble une vie digne et paisible.
S’il faut « rendre à César ce qui est à César », il faut aussi « rendre à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21), et nous n’appartenons pas à César mais à Dieu ! C’est le sens du culte rendu à Dieu qui rappelle à tous, même aux non croyants, que César n’est pas tout-puissant. Et il faut cesser d’opposer dialectiquement le culte rendu à Dieu, inscrit dans les trois premières paroles du Décalogue, à l’amour du prochain : ils sont inséparables, et celui-ci s’enracine dans celui-là ! Pour nous, catholiques, le culte parfait passe par le Sacrifice du Christ, rendu présent dans le Sacrifice eucharistique de la Messe que Jésus nous a commandé de renouveler. C’est en nous unissant physiquement et ensemble à ce Sacrifice que nous pouvons présenter à Dieu « notre personne tout entière en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour nous, la juste manière de lui rendre un culte » (Rm 12, 1). Et s’il est véritable, ce culte s’accomplira nécessairement dans la passion du bien d’autrui, la miséricorde et la recherche du Bien commun. Voilà pourquoi il est prophétique et impérieux de défendre la liberté de culte. Ne nous laissons pas voler la source de notre Espérance !
Joe Biden dispose de 232 Grands Électeurs certifiés contre 223 pour Trump
Il faut au moins 270 Grands Electeurs certifiés pour prétendre être élu le 14 décembre 46ème président des Etats-Unis.
Cette analyse précise publiée sur Polémia fait un point de situation sur cette élection qui restera dans les annales comme la plus incertaine avec elle de 2000 :
Joe Biden dispose de 232 Grands Électeurs contre 223 pour Trump et il reste 73 Grands Électeurs de cinq États à départager entre les deux candidats. Même si les républicains continuent à contester les résultats au Nevada (6 GE), je considère que cet État ne peut plus jouer de rôle dans cette élection et je ne l’ai donc pas pris en compte. Je rajouterais volontiers le Michigan, car avec 155 629 votes d’avance sur un total de 5 458 169 électeurs, le résultat ne peut plus être remis en cause par de simple erreurs de dépouillement. Ceci nous donne 248 Grands Électeurs pour Joe Biden contre 223 à Donald Trump.
Restent donc quatre États :
- Le Wisconsin (10 Grands Électeurs) avec 20 608 voix d’avance en faveur de Joe Biden sur un total de 3 240 738 électeurs [0,6%].
- L’Arizona (11 Grands Électeurs) avec 10 457 voix d’avance en faveur de Joe Biden sur un total de 3 333 829 électeurs [0,3%], et quelques milliers de voix encore à venir
- La Géorgie (11 Grands Électeurs) avec 12 670 voix d’avance en faveur de Joe Biden sur un total de 4 936 344 électeurs [0,2%].
- La Pensylvannie (20 Grands Électeurs) avec 81 813 voix d’avance en faveur de Joe Biden sur un total de 6 834 811 électeurs [1,2%]
Dans ces quatre États, les avocats de Trump ont lancé des actions judiciaires pour faire invalider les résultats sur la base de toute une série de déclarations et d’observations de fraude électorale (…)
Si les résultats des États ne sont pas certifiés à cette date [14 décembre], ou si aucun des deux candidats n’atteint 270 Grands Électeurs, alors ce ne sont plus les Grands Électeurs qui élisent le Président américain, mais la chambre des représentants (…)
En Pennsylvanie, une première plainte déposée le mardi 10 novembre, a été rejetée en première instance, puis en appel ce vendredi 20 par un juge nommé à son poste de Cour d’appel par Obama. La plainte va donc pouvoir être soumise à la Cour Suprême. Mais la Cour Suprême doit accepter de statuer sur le dossier, ce que son Président, le « Suprême Justice » John Roberts, a tout fait pour éviter à ce stade. Avec 5 ou 6 conservateurs à la Cour Suprême, il y a peu de chances, que les appels soient rejetés comme celui de Pennsylvanie le fut fin octobre. Ou un « Associate Justice » peut décider de s’auto saisir du dossier comme le fit le « Justice » Alito le 6 novembre, quand il ordonna que les votes par correspondance de l’État de Pennsylvanie soient comptés séparément des votes « en personne ».
Trois des quatre États suscités dépendent de « Justice » Conservateurs : La Pennsylvanie, le « Justice » Alito, Le Wisconsin, la « Justice » Coney Barrett récemment élue, et la Géorgie, le « Justice Thomas. Mais il y a peu de chances (ou de risques, au choix) que la Cour Suprême s’auto-saisisse.
De même, la probabilité est faible que la Cour Suprême tranche sur le fond la question de la fraude électorale. En revanche, elle ne manquera pas d’intervenir, si les lois électorales d’un État ont été changées pendant la période électorale, ce qui est le cas en Pennsylvanie (…) C’est d’ailleurs bien l’opinion de l’un des plus éminents juristes des États Unis, l’avocat Alan Dershowitz, qui se fonde en l’espèce sur le précédent des élections de 2000 Bush v. Gore en Floride. Si une telle décision devait avoir lieu, alors la Pennsylvanie deviendrait « Rouge » et Donald Trump arriverait à 243 Grands Électeurs, à quasi égalité avec Joe Biden (248). La dynamique post-électorale en serait bouleversée. En fait, tout dépend du résultat de cette action en justice, ce qui explique que les actions judiciaires soient plus calmes dans les autres États.
En Géorgie, après un recomptage qui a réduit l’avantage de Joe Biden à 12 670 voix, le camp républicain a demandé un second recomptage, en insistant sur le fait que les signatures des enveloppes de vote par correspondance devaient être vérifiées. Or il semble que pour garantir le secret du vote, elles aient étés séparées des bulletins, ce qui rend impossible toute vérification sérieuse. En effet, pour le vote par correspondance, l’électeur signe au dos d’une première enveloppe qui contient son vote, cette signature est vérifiée (ou pas) de manière informatique, sur la base des signatures déposées préalablement auprès des services officiels, puis après confirmation, l’enveloppe est mise de côté, et le bulletin de vote, contenu dans une seconde enveloppe, est alors enregistré dans la machine à compter les votes…. Le vote ne peut plus être tracé à son expéditeur, et devient donc invérifiable. Pourtant, en Géorgie, ce sont 118 000 votes par correspondance qui seraient frauduleux et une nouvelle plainte doit être déposée lundi ou mardi par Maître Sekulow, avocat du fils de Donald Trump sur une ligne d’accusation encore non dévoilée.
Wisconsin : un recomptage commence ce lundi et devra être terminé pour le 1er décembre. Il est amusant de noter que les partis doivent payer ces opérations et que si, en 2016, un recompte partiel avait été facturé 2 M$ à la campagne Clinton, le même recompte, cette année, a été facturé 6 M$ à l’équipe Trump.
Arizona : les cours ont rejeté les premiers recours légaux, et il semble que les républicains locaux sont en retrait. En fait l’Arizona n’aura d’importance que si la Pennsylvanie bascule du « bleu » au « rouge ».”
Délit d’ « écocide » ? Soit ! En commençant par l’I.V.G
De Bernard Antony :
Le garde des Sceaux, Eric Dupont-Moretti et la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili ont annoncé hier l’inscription à venir, dans le code pénal, d’un nouveau délit: « l’écocide ».
L’échelle des peines, selon la gravité des atteintes à l’environnement et à la nature, devrait être bientôt publiée. Elle irait de 375 000 euros d’amendes à 4,5 millions et de trois à dix ans d’emprisonnement.
Les « écologistes » voudraient que soit introduite dans le texte la qualification de « crime » pour certains délits. Mais ceci, a objecté Mr Dupont-Moretti, se heurte à un obstacle de constitutionnalité. Quoi qu’il en soit, en toute logique, les délits les plus graves à être reconnus ne devraient-ils pas être ceux qui tombent sinon sous la qualification de « crime » du moins sous celle de « meurtre » ?
On voit mal comment l’avortement délicatement appelé « I.V.G », et qui est toujours constitué par la mise à mort d’un enfant à naître, ne tomberait pas, pour le moins, dans la nouvelle catégorie des « écocides ».
Le premier des délits contre la nature n’est-il pas de toute évidence celui qui vise la nature humaine ?
On attend avec intérêt de connaître les députés qui exigeront l’inscription de l’I.V.G dans le registre des « écocides » ?
Manifestations à Châlons-en-Champagne, Sens, Caen, Melun, Lille
Une trentaine de fidèles de tous âges se sont rassemblés ce dimanche 22 novembre, devant la cathédrale Saint-Etienne de Châlons-en-Champagne, pour demander au gouvernement de respecter la liberté de culte, expression privilégiée – pour ne pas dire fondement – de la liberté de conscience.
Ce dimanche 22 novembre, près de 60 personnes étaient réunies sur le parvis de la cathédrale St Etienne de Sens dans le strict respect des consignes sanitaires entre 10h et 11h pour une manifestation déclarée en préfecture. Les organisateurs ont rappelé les objectifs du rassemblement :
• soutenir nos évêques dans leur concertation avec l’Etat afin que la liberté de culte soit respectée et que la messe puisse être célébrée publiquement,
• prier pour notre pays, la France, pour la crise que nous traversons, pour tous les malades et pour le personnel médical.
Plusieurs discours ont permis de notamment de faire le point sur la situation :
• ce que les décrets permettent,
• ce que le conseil d’état a précisé,
• les pressions qu’ont subies certains organisateurs de rassemblement,
• les menaces illégales de M. Darmanin.
Au final, une incroyable intrusion de l’état dans la liberté de culte au mépris de la loi de 1905, puisque l’état vient nous dire quels sacrements peuvent être célébrés ou non sans aucune justification scientifique.
Il a donc été demandé le retour de la liberté de culte dans le respect de règles sanitaires justes et proportionnées.
Ensuite un temps de prière a été proposé aux participants. Ceux qui le souhaitaient ont prié le chapelet pour nos évêques, pour la liberté de culte, pour tous les malades et le personnel médical ainsi que toutes les victimes de la crise et pour la France.

Caen :

A Melun, plus de 50 paroissiens ont répondu à cet appel et dans une ambiance recueillie, la manifestation a pu se dérouler dans l’ordre et le respect des règles sanitaires en vigueur dans le département de Seine et Marne.
Le président de l’association, Hubert Fabre, a tout d’abord pris la parole pour énoncer les revendications de ce rassemblement de fidèles, à savoir une reprise de la célébration publique des sacrements, et exprimer leur mécontentement face au mépris du gouvernement, qui ne s’appuie pas sur des données concrètes pour énoncer cette interdiction, qui infantilise les catholiques et leur clergé réputés incapables d’établir et respecter des protocoles sanitaires et s’immisce dans le fonctionnement des institutions de l’Eglise catholique en émettant des jugements de valeur sur certains sacrements par rapport aux autres.
Il a ensuite été rappelé que si le gouvernement comme une majorité de la population ne comprennent pas cette revendication cela tient moins d’une fatalité que de la conséquence d’un trop timide témoignage des catholiques à propos de la messe en particulier et du sens du sacré en général. C’est donc aussi pour rappeler au gouvernement et à nos concitoyens ce qu’est la messe pour un catholique que l’AFC de Melun a organisé ce rassemblement. La messe pour un catholique c’est le renouvellement du sacrifice du Christ, l’endroit où, s’associant à ce sacrifice, il vient puiser le salut de son âme. Dieu n’a pas choisi de nous sauver à distance, il s’est fait proche des hommes et c’est pourquoi un catholique ne peut pas se contenter de « suivre » la messe à distance. La messe c’est aussi le lieu où l’Eglise prend vie selon les paroles de Jésus : « si deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ».
Notre pays est paralysé par la peur de la mort, nous devons partager au monde notre espérance chrétienne qui nous dit que le Christ est vainqueur de la mort, a-t-il conclu.
Une adhérente de l’association a ensuite lu des extraits d’un discours de Dom Chautard dans lequel il relate son entretien avec G. Clemenceau qui avait permis à l’abbaye cistercienne de Sept-Fons et sa communauté d’être préservée de la dissolution d’ungrande majorité des congrégations religieuses suite à la loi de 1901, établissant le parallèle entre les spoliations du gouvernement anticlérical de l’époque envers les catholiques et la situation actuelle d’injuste interdiction de l’exercice public du culte par le gouvernement.
Ont enfin été lus un mot d’encouragement du père Philippe Legrand, curé de Melun et le message pastoral de Monseigneur Nahmias, évêque de Meaux.
Le rassemblement, également ponctué de chants d’espérance et célébrant le Christ-Roi de l’univers fêté par les catholiques en ce jour, s’est conclu après environ 45 minutes par la reprise d’un texte de Monseigneur Rey demandant la reprise de la célébration publique des messes.
Les catholiques de Melun restent déterminés et prêts à poursuivre leur mobilisation pour obtenir la reprise des messes publiques.
Lille :
Neuvaine à Notre Dame de la Médaille miraculeuse – Jour 6

6e jour : 23 novembre : Dans la lumière des Anges de saint Michel
« Que cette offrande soit portée par ton Ange en présence de ta Gloire sur ton autel céleste (Prière eucharistique n° 1). »
Son Ange dit à Catherine : « Ma Sœur !… Venez à la Chapelle, la Sainte Vierge vous attend ! Soyez tranquille, il est 11h et demie, tout le monde dort bien. Venez, je vous attends. »
Le nombre 23
Le 23 du mois correspond à la fin de la neuvaine mensuelle au Mont Saint-Michel.
23 septembre 1600 : Ordination de saint Vincent de Paul à Château-L’Évêque (Dordogne) qui recommandera que soit prise en honneur dans la congrégation de la Mission la sainte Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. Le 23 septembre est aussi, en 1826, l’ordination de saint Jean-Gabriel Perboyre, premier saint de Chine, grand diffuseur de la Médaille Miraculeuse en Chine et martyr sur une croix à Wuhan (anciennement Tchang Fou) sous le signe de la Croix Glorieuse le 11 septembre 1840. La Croix glorieuse brilla en Occident cette même année le 17 décembre 1826 (1er jour de la neuvaine de Noël pour l’Enfant-Dieu et pour la France) sur la France dans le ciel de Migné-Auxances au nord de Poitiers, là où sainte Radegonde (deuxième reine de France) reçut la relique de la vraie Croix du Christ le 19 novembre 569.
Lors du martyre de saint Jean-Gabriel en 1840, une Croix lumineuse brilla aussi dans le ciel de l’Orient jusqu’à Pékin à 1000 km ! Les Chinois dirent : « C’est le Signe qu’adorent les chrétiens ! » Il s’agit du Signe du Fils de l’homme annoncé par Jésus dans l’Évangile « comme l’éclair brillant de l’Orient à l’Occident » (Mt 24, 27).
La Vierge dit à Catherine : « Le moment viendra où le danger sera grand : on croira tout perdu… La Croix sera méprisée, le sang coulera dans les rues. Le monde entier sera dans la tristesse. » Catherine verra un crucifix noir sur Paris en 1848.
Notons aussi que, le 23 novembre 1944, le Maréchal Leclerc, membre de l’association Mariale avec son épouse (fidèle de la rue du Bac), termine de libérer la France en entrant dans Strasbourg. Le 8 mai, jour de saint Michel au Gargano (8 mai 490) et au château Saint-Ange (8 mai 590), est signée la capitulation de l’Allemagne nazie en 1945. La mort de Leclerc, le 29 novembre 1947, jour anniversaire des Filles de la Charité, contribuera aussi, en rassemblant les Français, à réconcilier la France et à la libérer ainsi d’une insurrection communiste qui couvait (cf. les apparitions de l’Île-Bouchard).
Prions :
Pour les prêtres et les martyrs chrétiens, si nombreux encore au XXIe siècle. Que tous les chrétiens puissent traverser les épreuves actuelles et futures dans l’espérance et la lumière de la Croix glorieuse avec le secours du saint Rosaire de Marie et l’aide de saint Michel Archange !
+ Je récite une dizaine de Chapelet : Pater, 10 Ave, Gloria,
« Ô Marie Conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »
2 chants :
Ô Sainte Croix, ô Croix de Lumière ! Ô Sainte Croix, ô Croix d’Amour !
Rayonnez maintenant sur notre Terre la lumière de l’Amour trinitaire.
(Cf prière n° 67, 4 couplets dont l’un est la prière de la médaille de la Croix de saint Benoît. Croix qui fut originellement celle du chapelet des Filles de la Charité au temps de sainte Louise…)
Prière du Scapulaire Rouge de la Sainte Passion du Christ et de la compassion de Marie*
« Sainte Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, sauvez-nous (sauvez-nous)
Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, protégez-nous (protégez-nous) ! »
(*Révélée à Sœur Apolline Andriveau, Fille de la Charité, le 26 juillet 1846 à Troyes)
Comment le pétrole de l’Azerbaïdjan a vaincu l’Arménie
D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :
Qui l’eût cru ? Après avoir remporté une victoire éclatante, conclue en 1994, par la prise du Haut-Karabakh et des territoires azéris environnants, l’Arménie a, cette fois, été battue en six semaines par une armée peu réputée pour ses hauts faits d’armes.
Mais en vingt-cinq ans, la tendance a été totalement inversée à cause de la manne pétrolière. Les gisements de pétrole de la mer Caspienne ont fait de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, un port pétrolier important, source de revenus considérables pour le pays. La population n’a pas beaucoup profité de ces pétrodollars, mais le président Aliyev en a investi une part considérable dans du matériel militaire haut de gamme.
Au pouvoir depuis 2003, succédant à son père (l’Azerbaïdjan est une démocratie relative…), Aliyev s’est résolument tourné vers le pétrole.
Il y a longtemps que l’on connaît l’importance des gisements pétrolifères et gaziers de la mer Caspienne, mais l’Union soviétique vieillissante avait d’autres priorités. L’Azerbaïdjan, dès son indépendance arrachée en 1991, s’est attelée à la tâche, soutenue par la Turquie et les Occidentaux. Après des années d’études et de négociations, un cap a été fixé : construire un oléoduc partant de Bakou et évitant soigneusement l’Iran au sud, la Russie au nord et, bien sûr, l’Arménie à l’ouest. C’est donc par la Géorgie que l’ouvrage passe, puis la Turquie, pour finir dans le port de Ceyhan, dans l’ancienne Cilicie, non loin de la Syrie.
Ce trajet improbable et fort coûteux a été financé par la Banque mondiale, la BERD et des banques américaines sous l’égide de British Petroleum, qui possède 30 % des parts, suivie par une compagnie azérie, avec 25 %, les autres pays occidentaux se partageant le reste, États-Unis en tête (L’Usine nouvelle du 25 mai 2005). Personne n’est oublié puisque la Turquie et la Géorgie perçoivent de substantielles redevances, l’oléoduc traversant leur pays. On comprend mieux, soit dit en passant, le grand intérêt que les États-Unis portent à la Géorgie depuis quelques années, aidant à l’installation d’un régime pro-occidental et antirusse.
En 2005, lors de l’inauguration de cet oléoduc – un des plus longs du monde, avec près de 1.800 kilomètres -, le secrétaire d’État américain à l’énergie Samuel Bodman était présent, en bonne compagnie avec les présidents turc, azéri et géorgien (Le Monde du 25 mai 2005).
L’afflux d’argent qui suivit la mise en service de cet oléoduc permit à l’Azerbaïdjan de moderniser son armement et, surtout, d’acheter de très nombreux drones israéliens et turcs. Ce sont eux qui ont fait la différence. La valeur du combattant arménien, sans être mise en cause, ne pouvait rien face à ce déluge de technologie meurtrière. L’Arménie est un pays pauvre, sans ressource énergétique.
Ce ne fut pourtant pas sans mal, et le président Aliyev lui-même (celui qui traite les Arméniens de « chiens ») a reconnu que le franchissement des fortifications arméniennes fut très difficile. Les pertes des Azéris et des islamistes syriens envoyés par Erdoğan restent secrètes mais sont considérées comme très élevées par les observateurs.
Tout cela était parfaitement connu de la Russie, qui a laissé faire. Poutine et Lavrov ont rappelé leur ligne : il fallait rendre à l’Azerbaïdjan les territoires azéris conquis en 1994 pour conserver l’intégralité du Haut-Karabakh. Certes, et l’ONU s’était prononcée dans ce sens. L’entêtement du médiocre Premier ministre Pachinian (qui ne le restera pas longtemps) a coûté cher.
Mais tout de même, quelle tristesse de voir une partie du Haut-Karabakh et son patrimoine chrétien plus que millénaire laissés aux mains des Azerbaïdjanais et de leurs alliés islamistes syriens.
Non possumus – Le cri de détresse d’un prêtre adressé aux Evêques de l’Eglise qui est en France
Un ami prêtre nous envoie ce texte sur sa souffrance de ne pouvoir célébrer le Saint-Sacrifice en présence des fidèles.
«Non possumus.» Telle était la parole ferme des premiers chrétiens qui refusaient de renier le Christ et de marcher sur la Croix et qui préféraient le martyre à tous les honneurs humains. «Non possumus sine dominico vivere.» Telle était la parole pleine de fierté de ces premiers chrétiens qui rappelaient à leurs persécuteurs que l’Essentiel pour eux résidait dans le Sacrement de Vie.
Je ne pensais pas un jour devoir pousser ce même cri, mais en l’adressant non à nos politiques (qui sont bien incapables d’en mesurer le sens et la portée), mais à nos Evêques, ceux qui sont nos Pasteurs chargés de veiller sur le Troupeau du Christ Roi et de le guider vers le Royaume.
«Non possumus.» Ce cri est celui d’un simple prêtre de France, un parmi beaucoup d’autres qui, en ces heures, pleure (au sens strict), seul dans son presbytère, après avoir célébré seul la solennité du Christ Roi de l’univers devant un écran pour essayer de rejoindre les brebis qui lui sont confiées, et après avoir dû dire à certaines qu’elle ne pouvaient venir assister à la Messe, la porte de son église étant fermée. A-t-on souvent vu dans notre histoire un Curé dire à ses ouailles de ne pas venir à la Messe? Le comble. Et après cette Messe célébrée seul, mais heureusement pour moi avec l’Unique, je me suis retrouvé seul devant mon assiette comme sans doute beaucoup de mes confrères. Et en mangeant ce repas de fête (rions un peu) je me disais: Mais comment nos Evêques en sont-ils arrivés là?
Oui, «non possumus». Nous ne pouvons pas et nous n’en pouvons plus. Nous ne pouvons pas vous suivre et nous n’en pouvons plus de vos atermoiements, à quelques glorieuses exceptions près mais que je ne vois que de loin car il ne s’agit pas de mon Evêque, et nous n’en pouvons plus d’être quasiment abandonnés par ceux qui pourtant exigent de nous notre obéissance, laquelle d’ailleurs je n’ai pas l’intention de récuser. Je suis triste d’avoir comme beaucoup de mes confrères reçu un coup de poignard dans le dos par l’Archevêque de Paris (que pourtant j’estime) lorsqu’il a invoqué l’obéissance prononcée le jour de l’ordination pour dire qu’il savait que certains prêtres en prenaient à leurs aises avec les règles sanitaires (que c’est beau la délation, car sinon il se serait adressé directement au prêtre). Je ne me souviens pas, le jour de mon ordination, avoir entendu l’Evêque qui m’a imposé les mains me demander si j’obéirais aux règles sanitaires. Par contre, je l’ai entendu me demander: «Voulez-vous devenir prêtre, collaborateur des évêques dans le sacerdoce, pour servir et guider le peuple de Dieu sous la conduite de l’Esprit Saint? Voulez-vous accomplir fidèlement le ministère de la Parole, c’est-à-dire annoncer l’Évangile et exposer la foi catholique? Voulez-vous célébrer avec foi les mystères du Christ, selon la Tradition de l’Église, pour la louange de Dieu et la sanctification du peuple chrétien? Voulez-vous, de jour en jour, vous unir davantage au souverain prêtre Jésus Christ qui s’est offert pour nous à son Père, et avec lui vous consacrer à Dieu pour le salut des hommes?»
Et c’est justement cela que l’on m’empêche aujourd’hui d’accomplir non seulement parce qu’un Etat laïc nous l’impose, et de quel droit, mais en plus parce que nos Evêques se font le ‘bras armé’ de ce pouvoir contre les prêtres et les fidèles. Il paraît, à entendre l’Archevêque, qu’un des grands vecteurs de la propagation du virus est la communion dans la bouche. Outre le fait qu’aucune étude scientifique n’est venue à ce jour apporter la preuve de cette affirmation, il me semble très détestable qu’un Pasteur jette le discrédit non seulement sur une pratique multiséculaire et respectée par de saintes âmes aujourd’hui comme hier (je ne noterai que Ste Mère Térésa et St Jean Paul II), mais qui, en plus, est une loi universelle de l’Eglise, la communion dans la main n’étant à ce jour qu’un indult. Or une décision épiscopale locale ne peut remettre en cause une loi universelle de l’Eglise, à moins que l’autorité supérieure ne l’approuve, en l’occurrence le Pape par l’intermédiaire du Préfet du Culte divin, le Cardinal Robert Sarah, ce qui ne me semble pas avoir été le cas.
Mais ce «non possumus» je le clame également lorsque je constate votre quasi réprobation des nombreux rassemblements qui ont lieu ces jours-ci, notamment devant certaines de vos cathédrales, pour demander le retour de la Messe. Et pour vous donner bonne conscience, vous dites: «Ce sont les traditionalistes». Mais quand aurez-vous fini de diviser le Troupeau qui vous est confié? Non, ce ne sont pas des traditionalistes, voire même des intégristes pour certains, mais des catholiques. Car je suis prêtre et Curé d’une paroisse tout à fait ordinaire de France et je sais que nombre de mes paroissiens sont à prier devant la cathédrale de mon Diocèse. Mais à vous entendre, traiter aujourd’hui quelqu’un de traditionaliste, c’est en fait simplement dire qu’il est catholique! Oui, vous êtes en train de diviser profondément l’Eglise encore plus qu’elle ne l’est, en montant les catholiques les uns contre les autres, comme s’il y avait d’un côté les bons : ceux qui ne disent rien et restent sagement chez eux; et les mauvais, qui braillent en récitant le chapelet devant les églises pour réclamer un droit qui, non seulement est constitutionnel dans notre pays, mais qui surtout est essentiel pour un croyant. Dans cette affaire, il n’y a ni bon ni mauvais dans la mesure où chacun agit selon sa conscience. Et pour une fois que les laïcs prennent les choses en main dans le domaine qui est le leur, on leur dit de se taire. Cléricalisme quand tu nous tiens !
«Non possumus.» Je le dis aux gouvernants de notre pauvre pays. Je ne sais ce que nous réserve le gouvernement qui en prend tellement à son aise avec nos libertés (et je pense en ces heures à tous ces Français qui souffrent, non d’un virus, mais d’une situation de laquelle ils ne se relèveront pas et que je risque avec mes confrères de retrouver dans les cercueils après leur suicide, ce qui est déjà le cas). Mais je le dis surtout à nos Evêques: pourquoi n’avoir pas rappelé fermement à ces gouvernants que l’Essentiel ne se trouve ni dans l’argent ni dans la nourriture, mais dans le Ciel ? Et de l’avoir rappelé sans crainte des rugissements des médias, voire d’une inévitable incompréhension. Mais depuis l’Incarnation, le Christ est la pierre sur laquelle on achoppe. Il sera toujours un signe de contradiction et encore plus lorsque l’on s’éloigne de la Vérité. La solennité du Christ Roi est là pour nous le rappeler.
Oui c’est un prêtre qui n’en peut plus, sans être désespéré, qui vous envoie ce cri. Et l’époque est telle qu’il ne peut signer ce cri sans risque, non pour sa carrière, mais pour ne pas devoir un jour finir dans le cercueil de la même façon que ceux évoqués plus haut, même s’il sait qu’il doit se préparer chaque jour à la grande rencontre avec l’Autre, avec l’Essentiel, en espérant que le divin Roi lui dira: «Ce que tu as fait à l’un de ces petits, c’est à moi que tu l’as fait.»
La junte sanitaire à l’action pour les « petits commerces ». Assemblée nationale, le 17 novembre
Il faut savoir que le gouvernement Castex comporte un ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises, ayant lui-même une expérience d’entrepreneur. C’est formidable.
Il faut savoir que le 17 novembre était un mardi et donc jour de questions/réponses au gouvernement à l’Assemblée nationale.
Pour juger de l’audace et de la force avec lesquels la junte sanitaire traite le cas des commerces dits « petits », voilà la question posée par le député Mme Isabelle Valentin (LR) et la réponse de Monsieur le ministre :
Mme Isabelle Valentin. Monsieur le Premier ministre, lors de son discours du 28 octobre dernier, le Président Macron a dit : « Je ne crois pas à l’opposition entre santé et économie. »… Si vous ne réagissez pas rapidement, vous pourrez investir des millions d’euros dans des programmes de revitalisation et faire tous les grands discours que vous voulez sur la cohésion des territoires, quand vous aurez tué la plupart de nos commerces, vous aurez tué l’âme et la dynamique de tous nos territoires. Monsieur le Premier ministre, avez-vous décidé de rouvrir les commerces le 26 novembre ?
Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises. J’entends naturellement la demande des commerçants et des artisans.
Pierre Cordier. Il ne suffit pas de l’entendre !
Alain Griset, ministre délégué. Je connais leurs inquiétudes, quelquefois même leur détresse : nous rencontrons tous les jours leurs représentants pour étudier la réouverture rapide des commerces.
Plusieurs députés du groupe LR. Les réunions, ça va bien cinq minutes, cela fait trois semaines que vous en faites !
Michel Herbillon. Il faut décider quoi et quand !
Alain Griset, ministre délégué. Nous avons parfaitement conscience que ces entreprises sont particulièrement touchées par les décisions que nous impose la situation sanitaire en France. Notre objectif est de concilier la reprise de l’activité économique et l’impératif sanitaire. Comme vous, nous souhaitons la réouverture la plus rapide possible des commerces(Exclamations sur les bancs du groupe LR), mais elle dépend uniquement, comme vous le savez, de la situation sanitaire.
Plusieurs députés du groupe LR. Non !
Fabien Di Filippo. C’est un naufrage !
Alain Griset, ministre délégué. C’est pourquoi j’ai lancé hier, avec Laurent Pietraszewski, une concertation avec l’ensemble des organisations professionnelles et des fédérations de commerce. L’objectif est d’aboutir à l’établissement d’un protocole renforcé et commun à tous les commerces et à la mise à jour des protocoles spécifiques pour chaque métier. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Vendredi, avec Bruno Le Maire, Olivier Véran et Laurent Pietraszewski, nous réunirons à nouveau les fédérations de commerce pour valider ces protocoles et les soumettre au Conseil scientifique.
On peut tirer les conclusions suivantes :
- La situation sanitaire (c’est-à-dire en réalité la gestion des quelques lits de réanimation que les réformes du système-de-santé-que-le-monde-nous-envie ont sauvés) continue de préempter tout le pays, y compris son avenir. La junte sanitaire attend les données sanitaires comme sœur Anne attendait en haut de sa tour. C’est le quoi qu’il en coûte (atteintes à la liberté, atteintes à la liberté de conscience, pauvreté, isolement, déficits, tristesse, détresse).
- La grande action du gouvernement, à part attendre les données sanitaires, est de penser, le 16 novembre soit quand même plus de quinze jours après le début du reconfinement, à organiser une concertation avec les organisations professionnelles. C’est fort. Et l’objectif est quasi-révolutionnaire : la rédaction d’un protocole sanitaire. Ca doit être au moins la sixième édition. Quand même, le « petit» commerce a-t-il évité cette fois-ci un numéro vert supplémentaire. C’est vrai que Suicide Ecoute est déjà en place. Quoi qu’il en coûte, on nous a prévenu.
Proposition de loi visant à réformer l’adoption : l’intérêt de l’enfant affirmé, puis sacrifié ?
Les Juristes pour l’enfance ont analysé en détail cette proposition de loi visant à réformer l’adoption, présentée par madame le député Monique Limon (LREM, photo), examinée par la Commission des lois lundi 23 novembre, puis en séance mercredi 2 décembre. En voici la synthèse :
Ce texte poursuit l’objectif très positif de favoriser l’adoption d’enfants aujourd’hui maintenus en foyers ou familles d’accueil alors que leur intérêt serait d’être adoptés.
Malheureusement, ainsi que la porte-parole de Juristes pour l’enfance, Aude Mirkovic, l’a fait valoir lors de son audition par la Commission des lois le 18 novembre, il comporte aussi des mesures de nature à contrarier cet objectif et, notamment, la suppression de la possibilité pour des parents de confier leur enfant, en vue de son adoption, à un organisme autorisé par l’adoption (OAA). En effet :
- Il est essentiel pour la Démocratie de conserver le libre choix des femmes enceintes de s’adresser à l’État (ASE) ou à une structure privée autorisée (OAA).
- Pour l’enfant, être confié à un OAA n’emporte aucun préjudice, mais constitue une chance : 100 %des enfants sont effectivement aussitôt adoptés.
- Les OAA sont en mesure de recueillir des enfants porteurs de handicaps pour lesquels ils trouvent des familles adoptives.
- Certains parents, le plus souvent des femmes enceintes, ne souhaitent pas confier leur enfant à l’ASE car elles ont été elles-mêmes pupilles de l’État et ne veulent pas que leur enfant suive le même parcours qu’elles.
Par ailleurs, la suppression de l’exigence actuelle que le couple d’adoptants soit marié nous apparait contraire à l’intérêt de l’enfant. Selon l’exposé des motifs, le but est de déconnecter l’adoption du statut matrimonial de l’adoptant, mettant ainsi fin à une différence de traitement face à l’adoption entre couples mariés et couples non mariés.
Mais en quoi l’intérêt de l’enfant, affirmé comme le seul intérêt en cause par le même exposé des motifs, est-il concerné par l’égalité entre les couples mariés ou non mariés ?
L’adoption doit se préoccuper du seul intérêt de l’enfant. Or, le mariage des adoptants apporte à l’enfant plus de garanties que le concubinage ou le PACS, en raison de son contenu légal.
L’association Juristes pour l’enfance se réjouit de voir rappelés par l’exposé des motifs « les deux principes fondamentaux en la matière, à savoir l’intérêt supérieur de l’enfant et la volonté de donner une famille à un enfant et non l’inverse » (exposé des motifs p. 3).
Nous demandons par conséquent aux députés d’intervenir pour que ces principes ne soient pas seulement proclamés mais respectés et mis en œuvre.
De son côté, La Famille adoptive française alerte sur ce catastrophique projet :

Manifestation pour la défense de la messe à Avignon
Prises de parole de David Marcellin, Clément Gauthier, Monique Tezenas (Conseiller Régional d’Occitanie) et conclusion par Yann Baly. Le recteur de la basilique a fait sonner les cloches à la volée comme on l’entend sur la vidéo.
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Terres de mission : Un règne terrestre du Christ ?
Dimanche 22 novembre, Terre de missions reçoit Florian Boucansaud, ancien footballeur professionnel, converti au catholicisme voici quelques années. Il vient de signer son premier livre: “Es-tu prêt? Il revient” dans lequel il raconte sa conversion, mais aussi défend sa conviction d’un futur règne terrestre du Christ (les fameux 1000 ans de l’Apocalypse) – tout en rejetant le millénarisme condamné par l’Eglise.
Puis l’abbé Claude Barthe évoque les divergences dans l’épiscopat et, plus généralement, dans l’Eglise de France, autour de la liberté de culte (les “forces vives” du catholicisme soutenant activement les manifestations que rejettent les tenants de “l’enfouissement”).
Enfin, le philosophe Henri Hude vient présenter son dernier livre “Pour surmonter la crise de l’éducation”. Ce livre s’inscrit dans la somme qu’il a commencée en 2018 pour poser les concepts de ce nouvel humanisme chrétien que Jean-Paul II et Benoît XVI appelaient de leurs voeux.
Manifestations pour la messe à Quimperlé, Brest, Saumur, Niort, Bourges, Bordeaux
Quimperlé– Rassemblement pour la liberté de culte
Le vert, couleur symbolique et liturgique de l’espérance dont le peuple a tant besoin. Rendez-lui la messe, rendez-lui l’espérance !

Devant l’église St Louis à Brest 200 personnes. « Nous voulons la messe »

Bourges :

“Rendez nous la messe” à Niort :

À Saumur, rassemblement de plus de 200 personnes, sans compter les enfants, pour défendre la liberté de culte.

Bordeaux :

Manifestations pour la messe à Compiègne et Senlis
Communiqué :
Les catholiques de l’Oise ont eu la possibilité de se réunir deux fois ce WE pour manifester. Le samedi à Senlis et le dimanche à Compiègne.
Ces manifestations, déclarées en préfecture, avaient comme mot d’ordre le retour de la Messe.
A l’initiative notamment des AFC et soutenu par leur évêque, 250 à 300 catholiques de Compiègne et de ses environs ont pu chanter des cantiques, se recueillir et manifester leur mécontentement face à l’interdiction du gouvernement de se réunir pour la Sainte Eucharistie.
Ce Sacrement n’est pas une simple réunion cultuelle. Il est la clef de voute de la vie spirituelle de tout catholique. Le Christ Ressuscité est présent à chacune des messes célébrées par un prêtre catholique.
Les catholiques ne comprennent donc pas que les écoles, collèges, lycées, transports en commun, supermarchés et magasins de bricolages restent ouverts alors que les messes ne peuvent pas être célébrées. Les églises sont grandes, spacieuses et aérées. Les gestes barrières peuvent être autant respectés que dans ces autres lieux. Cette interdiction incohérente est donc ressentie comme une injustice par tous les croyants.
En cette période de début d’année liturgique (1er dimanche de l’avent), les catholiques craignent de devoir passer Noël dans les mêmes conditions que la fête de Pâques qui a eu lieu pendant le premier confinement : sans Eucharistie.


