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Défense de l’église Saint-Bernard à Lyon

De Nicole Hugon, présidente de l’association pour la sauvegarde de l’église Saint-Bernard à Lyon, que nous avons déjà évoquée :

En 2003, notre association a collaboré à empêcher l’église saint Bernard à LYON d’être démolie, pour la remplacer par un parking.

Cette église construite par l’ architecte de la ville de LYON Tony DESJARDIN, a pris forme de paroisse le 22 août 1852 par les ouvriers lyonnais les plus pauvres : les CANUTS.

Elle fut bénie par Monseigneur de BONALD, vers 1852 qui défendra inconditionnellement la vie de ces ouvriers en dénonçant les travaux inhumains qui leur étaient imposés.

Elle renferme de nombreux trésors artistiques, entre autres : des vitraux de Lucien BEGULE, (artiste qui confectionna les vitraux de la basilique de Fourvière), des orgues de Merklin, de très nombreuses chapelles latérales dédiées à différents saints.

Depuis quelques années, la mairie de LYON a décidé de transformer cette église en café restaurant avec bureaux d’affaire et garages.

Nous avons saisi le TGI, par le biais de notre avocat, pour non respect des volontés testamentaires du donateur qui avait offert le terrain à la ville de LYON pour y construire une église pour ces ouvriers, en contre partie de messes à perpétuité à faire dire pour lui et sa famille.

Malgré cette saisine le promoteur a déposé un permis de construire pour réaliser cette transformation. Nous avons à nouveau saisi le Tribunal pour non conformité du Code de l’Urbanisme au regard de nombreux éléments de construction non respectés.

Aussi nous faisons appel à vous pour faire face aux frais de justice.

Nous avons donc ouvert une cagnotte en ligne sur HelloAsso : bit.ly/donstbernard

Notre combat sera long, mais nous avons confiance en la Providence et ….. nous ne lâcherons rien !

La liberté de culte débattue à l’Assemblée nationale : l’absence d’argument du gouvernement

C’est ce matin que le Conseil d’Etat examine en audience les nombreuses requêtes en référé-liberté. Hier, le sujet s’est invité à l’Assemblée nationale, via le dépôt de plusieurs amendements (qui ont tous été rejetés). Voici un extrait des débats concernant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire. Chacun pourra constater l’absence d’argumentation du gouvernement :

Mme Emmanuelle Ménard soutenant l’amendement no 109 :

Il vise à préserver la liberté d’exercer son culte – une liberté fondamentale à valeur constitutionnelle.

Alors que les mesures sanitaires sont déjà en place dans les églises, les temples, les synagogues et les mosquées, le Gouvernement a interdit l’exercice des cultes sans chercher le moindre aménagement. Nous aurions pu espérer qu’il tire les leçons du premier confinement puisque le Conseil d’État, le 18 mai dernier, a rappelé que l’interdiction générale portait manifestement atteinte à la liberté d’exercer un culte. Un nouveau recours a d’ailleurs été déposé et le Conseil d’État devrait rendre sa décision vendredi ou samedi.

Autoriser les transports en commun, où les passagers sont agglutinés les uns contre les autres, mais interdire de manière généralisée les cultes, malgré le respect des précautions sanitaires, est vécu comme une nouvelle injustice par les croyants, quels qu’ils soient. C’est pourquoi je demande que lorsque les conditions sanitaires et les gestes barrière sont respectés strictement, les lieux de culte ne soient pas concernés par les mesures de fermeture.

M. le président. Chers collègues, j’appelle votre attention sur la nécessité d’observer, dans l’hémicycle, la distance d’au moins un siège entre chacun d’entre vous. Sur l’amendement no 130, je suis saisi par le groupe Les Républicains d’une demande de scrutin public.

M. Philippe Gosselin. Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, nous soulignons que l’état d’urgence sanitaire est un état d’exception qui porte atteinte à un certain nombre de droits fondamentaux comme la liberté d’aller et de venir, mais aussi la liberté de culte – une liberté fondamentale à valeur constitutionnelle. Une interdiction générale et absolue d’exercer un culte, ou des conditions si restrictives qu’elles reviendraient au même, ne peuvent être envisagées.

Le Gouvernement prend aujourd’hui les mêmes mesures qu’au printemps dernier. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette interdiction a un caractère illégal que nous dénonçons.

Le Conseil d’État lui-même ne s’y est pas trompé puisque, le 18 mai dernier, il a demandé au Gouvernement d’assouplir sa position concernant les cultes. Aussi serait-il prudent – sage – d’anticiper sur la nouvelle décision du Conseil d’État qui sera prise à la fin de la semaine puisqu’il a été à nouveau saisi de cette question sur la base du décret du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Il est important, dans le contexte de l’état d’urgence sanitaire, de respecter un certain nombre de grands principes et de grandes libertés, faute de quoi ce sera le début de la fin, si je puis m’exprimer ainsi.

Je souhaite aborder un autre aspect de la question, que j’ai traité dans certains amendements frappés d’irrecevabilité, et qui touche aux cérémonies funéraires. Qu’elles soient civiles, laïques ou religieuses, ces cérémonies ne peuvent réunir autour du défunt plus d’une vingtaine de personnes. Or l’inhumation est un rite de passage important, notamment pour faire son deuil. À cause des clauses si restrictives du décret du 29 octobre, les familles ne peuvent pas se réunir. Nous avons déjà été confrontés à la même difficulté au printemps dernier. Il faut vraiment bouger sur ce point. Une jauge proportionnée, adaptée est envisageable : dans les églises, dans les crématoriums, on peut très bien occuper une place sur deux, un rang sur deux. Une telle mesure améliorerait vraiment la situation.

Je vous demande instamment, par humanité  Oh ! »sur quelques bancs du groupe LaREM), d’apporter la réponse attendue par nos concitoyens en la matière.

M. le président. Sur l’amendement no 90 , je suis saisi par le groupe Les Républicains d’une demande de scrutin public.

M. Olivier Marleix. Le Conseil d’État, le 18 mai dernier, a enjoint au Gouvernement de ne pas porter atteinte comme il le faisait à la liberté de culte qui est une liberté fondamentale, une liberté constitutionnelle. Elle est définie comme la liberté de conscience mais aussi comme celle de se réunir pour pratiquer son culte.

Je rappelle que vous étiez partis pour un état d’urgence d’une durée de trois mois – heureusement, nous vous avons donné un rendez-vous législatif plus tôt. À ces trois mois s’ajoutaient d’ailleurs six mois de pouvoirs exceptionnels, soit, au total, neuf mois pendant lesquels on ne saurait imaginer que vous portiez atteinte à une liberté aussi fondamentale.

Le Gouvernement a pris une étrange décision consistant à faire le tri dans les rayons des supermarchés – mais peut-être considère-t-il que c’est de son niveau et de sa responsabilité. En revanche, faire le tri entre les libertés publiques, madame la ministre déléguée, il est certain que cela ne relève pas de la compétence du Gouvernement, et établir ainsi une hiérarchie entre des libertés constitutionnelles ne relève pas davantage de la compétence du législateur. Il est ainsi extravagant de voir le Président de la République s’immiscer dans le calendrier liturgique : on nous a dit qu’il n’y aurait pas de rassemblements dans les églises puis, finalement, une dérogation a été accordée pour les messes de la Toussaint.

Nous vous demandons donc tout simplement de rétablir la liberté de culte avec toutes les précautions sanitaires qui s’imposent.

M. le président. La parole est à Mme Marine Le Pen, pour soutenir l’amendement no 89.

Mme Marine Le Pen. Je ne reprendrai pas les arguments développés à l’instant par nos collègues que je rejoins totalement. Il est vrai qu’on ne comprend pas, une nouvelle fois, les injonctions contradictoires qui sont lancées. Alors même que le Conseil d’État a rappelé, en référé, que la liberté de culte était une liberté fondamentale, laquelle « comporte également, parmi ses composantes essentielles, le droit de participer collectivement […] à des cérémonies », alors même que la laïcité et la liberté de culte sont des sujets qui animent le débat public, alors même que le confinement que vous avez décidé récemment est moins dur que celui du mois de mars dernier et alors que les églises ont respecté des protocoles sanitaires des plus stricts, fait respecter les gestes barrières au même titre que les autres établissements recevant du public, vous maintenez l’interdiction des cérémonies religieuses.

Nous proposons donc que la loi prévoie que le principe est l’autorisation de l’exercice du culte et que l’interdiction est l’exception. Et, si besoin, que les interdictions soient prises au niveau local en fonction de la situation sanitaire mais aussi des capacités d’accueil des établissement du culte – en effet, bien souvent, la distanciation physique est très facile à mettre en place.

M. le président. La parole est à M. Pascal Brindeau, pour soutenir l’amendement no 121.

M. Pascal Brindeau. Cet amendement de Mme Thill vise à permettre au représentant de l’État dans le département d’apprécier la situation sanitaire, les capacités d’accueil d’un établissement recevant du public comme les églises, les mosquées ou les synagogues. Il s’agit en effet de garantir le respect de la liberté fondamentale qu’est l’exercice du culte. Nous avons débattu déjà de l’ouverture des petits commerces et des incohérences de la stratégie gouvernementale – tantôt les ouvertures sont possibles, tantôt non. Nous souhaitons vraiment, madame la ministre déléguée, que vous nous répondiez et que vous fassiez montre de souplesse concernant la liberté du culte.

M. le président. La parole est à M. Jean-Pierre Pont, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour donner l’avis de la commission sur les amendements en discussion commune.

M. Jean-Pierre Pont, rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République. Le 18 mai dernier, le Conseil d’État a rappelé que la liberté de culte, qui comporte, parmi ses composantes essentielles, le droit de participer collectivement à des cérémonies, devait être concilié avec l’objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé. L’interdiction de l’exercice des cultes n’a souffert d’aucune inconstitutionnalité lors du dernier confinement. J’observe par ailleurs que l’accès aux lieux de culte reste autorisé.

En effet, l’article 47 du décret du 29 octobre dernier organise l’accès aux établissements du culte qui demeurent ouverts. Les réunions sont également possibles pour les cérémonies funéraires. Par ailleurs, des rassemblements ont pu se tenir pour la Toussaint. Les restrictions qu’exige la situation sanitaire sont éprouvantes mais elles doivent être appliquées avec rigueur si on veut qu’elles soient de courte durée. Avis défavorable.

Mme Marine Le Pen. Grosse argumentation !

M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement ?

Mme Brigitte Bourguignon, ministre déléguée. Les lieux de culte peuvent continuer à accueillir du public. Une dérogation permet même l’organisation des cérémonies funéraires, et les mesures prises sont adaptées aux risques encourus. Il existe toujours une possibilité de recours. Avis défavorable.

M. le président. Plusieurs d’entre vous demandent la parole. Vous ne pourrez pas tous vous exprimer. Nous allons limiter les prises de parole à deux intervenants par groupe. Je pense que cela suffira. La parole est à M. Julien Aubert.

M. Julien Aubert. Je suis quelque peu surpris par la réponse du Gouvernement. Si vous tâchez de départager  les activités essentielles et les activités non essentielles, vous mettrez le pied sur un terrain glissant. En effet, quand une attestation de déplacement prévoit, parmi les dérogations essentielles, la possibilité d’aller faire pisser son animal de compagnie dans la rue, alors qu’on considère qu’aller prier n’est pas essentiel pour le croyant, il s’agit d’une distinction dont je me garderais bien. Et je pense que vous ne pourrez pas prospérer en vous reposant sur ce type de discrimination. Ou alors rejoignez-nous sur un critère beaucoup plus concret qui est le risque sanitaire.

Mais comment voulez-vous, chers collègues, que les Français acceptent une telle règle ? Pourquoi les députés pourraient-ils se rassembler à plus de deux cents dans une salle pendant plusieurs heures en n’occupant qu’un siège sur deux ? Pourquoi ne pourrait-on pas être à cinquante sur des bancs d’église ou dans une synagogue pendant une heure et dans les même conditions d’espacement ? Remplacez le président de séance par un rabbin ou par un prêtre et vous aurez à peu près la même disposition. (Sourires sur plusieurs bancs du groupe LR.) Pourquoi pourrait-on réunir les enfants à l’école pendant toute une journée mais pas les rassembler, ensuite, dans une salle fermée pour une catéchèse ?

Si vous voulez que ce confinement provoque un esprit de civisme, il faut que les règles soient justes, équitables et justifiées par un risque sanitaire. Et si nous avons été capables d’organiser les fêtes de la Toussaint, eh bien, nous serons capables, en instaurant des protocoles dérogatoires, des protocoles de protection, d’assurer la liberté de culte. En outre, votre argument selon lequel cette interdiction vaudrait pour peu de temps est faux car sinon ne faites pas, pour l’état d’urgence sanitaire, des projections à plusieurs mois. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

M. le président. Je ne pensais pas, monsieur Aubert, que vous puissiez vous imaginer comme l’un de mes paroissiens, mais je vous accueille bien volontiers. (Sourires.)

M. Thibault Bazin. Le prêtre de la macronie…

M. Philippe Gosselin. Le grand prêtre !

M. Alexis Corbière. Et un drôle de paroissien !

M. le président. La parole est à M. Charles de Courson.

M. Charles de Courson. Est-ce que, pour chacun d’entre nous, la liberté de culte est moins importante que la liberté d’aller faire ses courses dans un supermarché ou un hypermarché ? (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.) La règle des quatre mètres carrés par personne qui s’applique aux hypermarchés et aux supermarchés, pourquoi ne s’appliquerait-elle pas aux églises ? C’est que la liberté de culte est une liberté constitutionnelle, ce qui n’est pas le cas du fait d’aller dans les hyper et les super…

M. Raphaël Schellenberger. Il a raison !

M. Charles de Courson. La sagesse consisterait donc non pas à interdire mais à définir des protocoles aux termes desquels maires et préfets considéreraient comme possible, vu la configuration des lieux, de pratiquer un culte dans telles ou telles conditions. Mais, franchement, laisser libre l’accès aux supermarchés et aux hypermarchés et interdire les églises – sauf pour les obsèques et pour trente personnes au maximum, ce qui, avec la règle des quatre mètres carrés, voudraient dire que nos églises font toutes 120 mètres carrés… Nos concitoyens ne comprennent plus ! Il y a une disproportion entre la mesure gouvernementale et ce qu’il est possible de faire. Et ce n’est pas le Conseil d’État qui tranchera cette affaire, monsieur le rapporteur, c’est le Conseil constitutionnel.

M. le président. La parole est au président Lagarde.

M. Jean-Christophe Lagarde. Dans une période d’angoisse, le fait pour certains de nos concitoyens de pouvoir pratiquer leur culte constitue une forme de réconfort, celui de se sentir ensemble, de combattre le virus ensemble. Et si, monsieur le rapporteur, nous sommes capables d’organiser, d’un point de vue sanitaire, des cultes – ce qui s’est fait au moment du déconfinement –, nous n’avons pas plus de risques de contamination que quand on travaille dans une usine ou quand on se retrouve sur un chantier dans le secteur du bâtiment et travaux publics – BTP.

Un principe d’interdiction fixé par la loi, des dérogations éventuelles qui viennent d’en-haut et qui, en réalité, sont des consignes ministérielles, tout cela ne nous paraît pas relever de la bonne logique. Comme pour les commerces, nous avons le sentiment que la situation n’est pas la même dans toutes les communes de France et que c’est donc à partir du terrain qu’on devrait examiner dans quelles conditions la liberté du culte peut s’exercer. Les préfets et les maires – c’est l’objet de l’amendement d’Agnès Thill – sont les mieux placés pour prendre une décision car il y a de très grandes églises mais aussi, dans certains villages, de toutes petites chapelles où peu de gens peuvent se réunir.

Il nous semblerait donc utile – nous voterons chacun des amendements même si nous avons une préférence pour le no 121 – qu’on laisse les acteurs de terrain définir dans quelles conditions le culte peut être pratiqué selon les religions. L’Assemblée s’honorerait d’ouvrir cette possibilité.

M. Pierre Cordier. Très bien ! Un grand paroissien !

M. Frédéric Reiss. Mais un pécheur devant l’Éternel ! (Sourires.)

M. le président. La parole est au président Mélenchon.

M. Jean-Luc Mélenchon. Le groupe La France insoumise va voter les amendements en discussion commune en faveur de l’accès libre aux lieux de culte. Nous pensons comme leurs auteurs qu’il y a une certaine forme d’incohérence à autoriser ceci et à interdire cela ; mais je fais l’économie de cette démonstration et j’en viens à ce qui nous paraît le plus important.

Le plus douloureux du confinement est tous les liens humains et sociaux qu’il brise. C’est ce qui en fait la difficulté extrême et la difficulté pour tout gouvernement de l’administrer. Le lien par lequel d’aucuns, parmi nous, sous une forme ou sous une autre, dans une religion ou une autre, ou, en l’absence de religion, dans des rites laïques, veulent manifester leur commune humanité – ce peut être par leur participation à des rites funéraires –, est aussi ancien que l’humanité elle-même. Les rites funéraires ont 120 000 ans, ils sont donc antérieurs à l’apparition des homo-sapiens et contemporains des néandertaliens. De la même manière, les rites de culte sont aussi vieux que l’humanité. Je ne dénoncerai donc pas l’incohérence de la décision gouvernementale mais son caractère inhumain.

La liberté du culte est consubstantielle à la liberté de conscience. La liberté de conscience a fondé la liberté du culte parce que seule la reconnaissance de la liberté de conscience a permis de finir par reconnaître la liberté du culte. Il ne s’agit par conséquent pas de sujets annexes. Le droit pour chaque personne de croire en Dieu ou de ne pas croire en Dieu et d’avoir d’autres pratiques est consubstantiel à sa nature humaine. Il est donc absolument exclu que l’on puisse empêcher qui que ce soit de procéder comme il l’entend pour le manifester, pour peu que les conditions en soient claires. (Applaudissements sur les bancs du groupe FI et sur plusieurs bancs du groupe LR.)

M. le président. La parole est à M. Philippe Gosselin.

M. Philippe Gosselin. Honnêtement, le rapporteur nous a fait une réponse un peu indigente, du reste à la hauteur de celle de la ministre déléguée. Madame la ministre déléguée, vous ne pouvez pas renvoyer d’un revers de main le fait que les rites funéraires sont tolérés, que ces cérémonies soient civiles ou religieuses. L’article 3 du décret du 29 octobre prévoit que les cérémonies funéraires ne peuvent rassembler plus de trente personnes.

Si vous enlevez les desservants, les agents, les collaborateurs, le personnel, les porte-cercueil, c’est vingt personnes pour une famille. Et vous considérez qu’ainsi les rites de passage sont respectés, qu’ils soient d’ailleurs laïques ou religieux ? De tous temps, ces rites de passage ont marqué notre humanité, je rejoins ce qu’a dit le président Mélenchon. Oui, depuis des millénaires, c’est justement ce qui fait la différence entre l’homme et parfois l’animal, avec un sens qui a été reconnu.

Au moins un peu de dignité dans cette période où il y a tant de crainte et d’angoisse et le besoin de dire au revoir à ses proches. Au moins, laissez chacun s’exprimer, bien sûr avec les règles sanitaires qui conviennent, mais tout est possible. On pourrait prendre le train, le métro, le bus, aller dans les supermarchés, et on ne pourrait pas être vingt-cinq ou trente à entourer les siens lors d’une cérémonie au crématorium ou dans l’église ? Où en est-on ? Je refuse un État qui, même s’il y a état d’urgence sanitaire, nous empêche d’exprimer nos croyances, nos pratiques, et de saluer nos morts. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Jean-Luc Mélenchon et M. Sébastien Jumel applaudissent également.)

M. le président. La parole est à M. Sébastien Jumel.

M. Sébastien Jumel. De manière pragmatique, je suis allé dimanche à la messe pour montrer ma compassion et ma fraternité à l’égard de la communauté catholique, frappée à Nice.(Murmures sur les bancs du groupe LaREM.) J’ai pu mesurer à quel point les choses, au plan sanitaire et quant à la sécurité, étaient organisées. La laïcité, c’est aussi ça : être capable d’aller à la messe même quand on est comme moi athée.

Sur le fond, le président Mélenchon l’a dit : on touche là des libertés fondamentales, à valeur constitutionnelle, qui sont consubstantielles à notre histoire et à notre humanité. Il ne faut pas qu’à la faveur de la crise sanitaire nous consentions la moindre entorse, la moindre égratignure, le moindre affaiblissement de ces libertés fondamentales. C’est la raison pour laquelle nous voterons ces amendements,…parce que l’un des vrais sujets de votre gestion de crise, au-delà des avis différents que l’on peut avoir sur sa mise en œuvre, c’est qu’elle manque profondément d’humanité. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI ainsi que sur de nombreux bancs du groupe LR.– Protestations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

M. le président. La parole est à M. Nicolas Turquois.

M. Nicolas Turquois. Par mon histoire familiale et personnelle, la liberté de culte a beaucoup d’importance pour moi et je ne vois pas en quoi elle est remise en cause par ce texte. Les édifices religieux sont ouverts, c’est seulement la participation à des cérémonies religieuses qui est interdite.

M. Jean-Luc Mélenchon. Un détail ! (Sourires.)

M. Philippe Gosselin. C’est scandaleux et c’est bien là l’essentiel !

M. Nicolas Turquois. Je rappellerai à M. Aubert…

M. le président. Ne vous interpellez pas, sinon il y aura des réponses et le débat va s’éterniser.

M. Nicolas Turquois. …une différence fondamentale entre ce qui se passe ici et une cérémonie religieuse. Je pense qu’il y a longtemps qu’il n’a pas participé à une cérémonie. Il y a en effet un temps qui s’appelle l’eucharistie. Comme M. Jumel, je me suis rendu à une cérémonie, c’était il y a huit jours. Au moment où l’on remet l’hostie, un certain nombre de pratiquants, parce qu’ils sont âgés ou ont toujours eu cette habitude, demandent qu’on leur remette l’eucharistie directement dans la bouche. (Exclamations sur de nombreux bancs du groupe LR.)

M. Philippe Gosselin et M. Frédéric Reiss. Mais non !

M. Nicolas Turquois. Donc, même si le prêtre était très attentif, on voit bien que le risque n’est pas le même. (Même mouvement.)

M. le président. Laissez M. Turquois s’exprimer !

M. Nicolas Turquois. Chez les croyants, le temps de réflexion personnelle est par ailleurs quelque chose de très important et ce n’est pas incompatible avec l’absence de cérémonie.

Mais la chose la plus importante, je crois, c’est que, malgré les messages contradictoires des extrémistes de tous poils, la principale mission donnée aux croyants de France, quelles que soient leurs convictions, est l’attention à l’autre, l’attention aux plus faibles. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes Dem et LaREM.)

M. Christian Jacob. Vous n’allez pas nous apprendre le catéchisme !

M. le président. La parole est à Mme George Pau-Langevin.

Mme George Pau-Langevin. Notre groupe votera ces amendements parce que, même si nous sommes tous très concernés par la lutte contre le virus, nous savons aussi qu’un certain nombre de situations et de gestes correspondent, cela a été dit, à l’humanité la plus élémentaire.

M. Philippe Gosselin. Eh oui ! Merci de le dire !

Mme George Pau-Langevin. Dans cette période où les gens sont souvent isolés, parce qu’ils télétravaillent ou parce que ce sont des personnes âgées qui ne peuvent plus voir leurs petits-enfants, ne pas leur permettre de partager un moment de recueillement dans un établissement religieux, c’est, me semble-t-il, ne pas respecter l’humanité.(Applaudissements sur les bancs du groupe SOC et plusieurs bancs du groupe LR. – M. Sébastien Jumel applaudit également.) Par conséquent, même si on ne croit pas, il faut voter ces amendements. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Jérôme Lambert applaudit également.)

M. le président. La parole est à Mme Annie Genevard.

Mme Annie Genevard. Mes chers collègues, vous avez peut-être lu ce récent plaidoyer dans la presse émanant d’évêques et d’intellectuels. J’en ai retenu quatre arguments qui me paraissent devoir être rappelés dans notre enceinte.

Tout d’abord, la liberté de culte ne peut se négocier, surtout en des temps où elle est menacée, comme nous l’avons vu avec l’attentat de Nice. Ensuite, la liberté de culte n’est pas moins importante que la liberté de consommer. Par ailleurs, l’interdiction générale des messes, parce que c’est bien aussi de cela que nous parlons, et pas seulement des rites funéraires, n’a pas un caractère proportionné. Enfin, l’exercice de la foi est essentiel pour ceux qui en ont besoin et y trouvent réconfort : en ces temps difficiles, il faut prendre en considération cet argument.

Lors du premier confinement, toutes les activités, quasiment, étaient interdites. L’interdiction générale des messes était donc vécue douloureusement, certes, mais c’était partagé avec une interdiction totale, tandis qu’aujourd’hui nous avons maintenu la liberté de consommer, de travailler, de se déplacer, et nous interdisons la liberté de culte. C’est dans cette hiérarchie des interdictions et des autorisations que se trouve le problème. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – M. Jérôme Lambert applaudit également.)

(L’amendement no 109 n’est pas adopté.)

Voici le résultat du scrutin :

Nombre de votants                        384

Nombre de suffrages exprimés                380

Majorité absolue                        191

Pour l’adoption                130

Contre                250

(L’amendement no 130 n’est pas adopté.)

M. le président. Je mets aux voix l’amendement no 90.

Nombre de votants                        378

Nombre de suffrages exprimés                376

Majorité absolue                        189

Pour l’adoption                132

Contre                244

(L’amendement no 90 n’est pas adopté.)

(Les amendements nos 89 et 121, successivement mis aux voix, ne sont pas adoptés.)

Avortement : Le pape soutient les Polonais

Nous avons vu comment la violence des militants de l’avortement venait perturber la vie politique en Pologne.

Au terme de l’audience générale du 4 novembre, le pape François s’est adressé ainsi aux Polonais :

“Au cours de cette semaine, dans toute la Pologne, la prière commune “Rosaire jusqu’aux extrémités du ciel” unit vos familles et paroisses. Puisse ce plaidoyer élevé au ciel par l’intercession de la Sainte Vierge du Rosaire obtenir la guérison des blessures causées par la perte des enfants non-nés, le pardon des péchés, le don de la réconciliation et répandre dans vos cœurs l’espérance et la paix “

7 paroles de saints et citations bibliques pour mieux comprendre la prière, et pour mieux prier

  1. “La prière est comme la respiration de la vie chrétienne”, c’est “le secret d’un christianisme vraiment vital” (Jean-Paul II). Qui souhaite mettre Dieu à la première place dans sa vie ne peut se passer de la prière. Un chrétien qui ne prie pas se dessèche.
  2. “Prier ne consiste pas à beaucoup penser mais à beaucoup aimer” (Thérèse d’Avila). Il ne s’agit donc pas de penser à Dieu mais de reposer notre coeur en lui. Pour y parvenir, nous pouvons apprendre à faire oraison.
  3. “Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira.” (Charles de Foucauld). Prier permet de se remettre avec confiance entre les mains du Seigneur, et d’invoquer l’Esprit saint afin qu’il puisse nous guider.
  4. “Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits !” (Ps 102,2). Prier, c’est aussi prendre le temps de reconnaître l’infinie bonté de Dieu et lui rendre grâce et gloire pour cela. C’est, par la louange, lui exprimer notre reconnaissance.
  5. “Tout ce que vous demanderez dans votre prière avec foi, vous l’obtiendrez.” (Mt 21,22). Le Seigneur l’a promis, il écoute et répond à toutes les prières qui lui sont adressées. Dire une neuvaine peut par exemple être une belle manière de prendre le temps de confier une intention particulière à Dieu.
  6. “Accrochez-vous au chapelet comme la plante grimpante s’accroche à l’arbre. Sans Notre-Dame, nous ne pouvons pas tenir !” (Mère Teresa). Par sa nature humaine et son amour maternel, Marie se fait particulièrement proche de nous. N’hésitons pas lui confier nos intentions, par un Je vous salue Marie, un chapelet, une prière spontanée…
  7. “Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie” (saint Dominique). Tous les saints peuvent intercéder pour nous auprès de Dieu. Saint Joseph, sainte Rita, saint Michel, saint Antoine… chaque saint, avec son charisme propre, peut nous être d’un grand soutien !

Les Indulgences plénières pour les fidèles défunts sont prorogées pendant tout le mois de novembre

Décret de la Pénitencerie apostolique :

Cette année, en raison des contingences actuelles dues à la pandémie de «covid-19», les Indulgences plénières pour les fidèles défunts seront prorogées pendant tout le mois de novembre, en adaptant les œuvres et les conditions pour garantir la sécurité des fidèles.

De nombreuses supplications de saints pasteurs sont parvenues à la Pénitencerie apostolique, qui demandaient que cette année, à cause de l’épidémie de «covid-19», les œuvres pieuses pour obtenir les Indulgences plénières applicables aux âmes du Purgatoire soient transformées, en conformité avec le Manuel des Indulgences (conc. 29, § 1). C’est pourquoi, la Pénitencerie apostolique, sur mandat spécial de Sa Sainteté le Pape François, établit et décide bien volontiers que cette année, pour éviter des rassemblements là où ils sont interdits:

  1. l’Indulgence plénière pour ceux qui visitent un cimetière et qui prient pour les défunts, ne serait-ce qu’en esprit, généralement établie uniquement dans les jours du 1er au 8 novembre, peut être transférée aux autres jours du même mois jusqu’à son terme. Ces jours, librement choisis par les fidèles individuels, pourront également ne pas se suivre entre eux;
  2. l’Indulgence plénière du 2 novembre, établie à l’occasion de la Commémoration de tous les fidèles défunts pour ceux qui visitent pieusement une église ou un oratoire et récitent en ce lieu le «Notre Père» et le «Credo», peut être transférée non seulement au dimanche précédent ou au jour de la solennité de la Toussaint, mais également à un autre jour du mois de novembre, au libre choix des fidèles individuels.

Les personnes âgées, les malades et toux ceux qui pour de graves motifs ne peuvent pas sortir de chez eux, par exemple à cause des restrictions imposées par les autorités compétentes pendant le temps de pandémie, pour éviter que les nombreux fidèles ne se rassemblent dans les lieux sacrés, pourront obtenir l’Indulgence plénière si, s’unissant spirituellement à tous les autres fidèles, entièrement détachés du péché et avec l’intention d’obtempérer dès que possible aux trois conditions habituelles (confession sacramentelle, communion eucharistique et prière selon les intentions du Saint-Père), devant une image de Jésus ou de la Bienheureuse Vierge Marie, ils récitent de pieuses oraisons pour les défunts, par exemple les Laudes et les Vêpres de l’Office des défunts, le Rosaire marial, le Chapelet à la Divine miséricorde, d’autres prières pour les défunts plus chères aux fidèles, ou s’ils se consacrent à la lecture méditée de l’un des passages évangéliques proposés par la liturgie des défunts, ou accomplissent une œuvre de miséricorde en offrant à Dieu les douleurs et les difficultés de leur propre vie.

Pour une obtention plus aisée de la grâce divine à travers la charité pastorale, la Pénitencerie prie vivement que tous les prêtres pourvus des facultés opportunes, s’offrent avec une générosité particulière à la célébration du sacrement de la pénitence et administrent la Sainte Communion aux malades.

Toutefois, en ce qui concerne les conditions spirituelles pour obtenir pleinement l’Indulgence, il est rappelé d’avoir recours aux indications déjà promulguées dans la note «A propos du Sacrement de la Pénitence dans la situation actuelle de pandémie», publiée par la Pénitencerie apostolique le 19 mars 2020.

Enfin, étant donné que les âmes du Purgatoire sont aidées par les prières d’intention des fidèles et en particulier par le sacrifice de l’Autel agréable à Dieu (cf. Conc. Tr. Sess. XXV, décr. De Purgatorio), tous les prêtres sont vivement invités à célébrer trois fois la Messe le jour de la Commémoration de tous les fidèles défunts, en conformité avec la Constitution apostolique «Incruentum Altaris», promulguée par le Pape Benoît XV, de vénérée mémoire, le 10 août 1915.

Le présent Décret est valable pendant tout le mois de novembre. Nonobstant toute disposition contraire.

Donné à Rome, au siège de la Pénitencerie apostolique, le 22 octobre 2020, mémoire de saint Jean-Paul II.

Mauro Card. Piacenza
Pénitencier majeur

7 abbayes bénédictines posent une requête pour la liberté de culte

Outre l’abbaye du Barroux, qui s’était jointe à la requête des instituts Ecclesia Dei et de l’Agrif, 6 nouvelles abbayes bénédictines viennent de déposer un requête en référé-liberté : le père abbé de Solesmes, les abbayes de Fontgombault, Randol, Triors, Wisques et Donezan (ces 4 dernières étant des fondations de Fontgombault).

Me Jérôme Triomphe, qui a été sollicité par ces abbayes, se félicite :

« Ça n’arrête plus ! Le Conseil d’Etat croule sous les recours et c’est une bonne nouvelle ».

« Je pense qu’il ne manque plus grand monde, la multiplicité des requérants est impressionnante ».

L’extrême gauche dans la rue après l’interdiction de l’avortement eugénique en Pologne

Une analyse de l’ECLJ à propos de la Pologne, très violemment attaquée depuis l’arrêt du Tribunal constitutionnel qui a simplement déclaré qu’il n’était pas conforme à la Constitution de tuer un fœtus sous prétexte qu’il est trisomique. Les manifestations blasphématoires et agressives se succèdent dans les villes, jusque dans les églises. On voit des jeunes filles qui hurlent des obscénités et clament qu’elles veulent coucher avec l’importe qui afin de devenir enceintes et de se faire avorter :

[…] Première cible des manifestants qui semble en effet s’inscrire dans le contexte de la guerre culturelle conduite par l’extrême gauche depuis déjà un certain temps : l’Église catholique est victime d’actes de vandalisme à répétition alors qu’elle n’est pas à l’origine du jugement du Tribunal constitutionnel même si ses positions sur l’avortement sont connues de tous. Le dimanche 25 octobre, des messes ont été interrompues à l’appel d’organisations féministes radicales comme Strajk Kobiet (Grève des femmes). Les catholiques se plaignent de ne pas être protégés par la police, alors qu’interrompre volontairement un culte religieux aux fins d’y faire obstacle est un délit passible de deux ans de prison en Pologne et alors que des églises avec statut de monument historique n’ont pas été épargnées par les tags pro-avortement ou insultants à l’égard des chrétiens. Des prêtres ont été couverts d’insultes et de gros mots, souvent à caractère sexuel, et les milieux nationalistes ont créé une garde nationale pour défendre les églises et ont appelé les citoyens outrés par ces attaques à les rejoindre. Des groupes de supporters de foot se sont également joints à la protection des églises par la force, mettant en fuite les agresseurs dans plusieurs villes, comme devant les cathédrales de Białystok et de Poznań ou, dans un incident séparé, des militants d’extrême gauche ont attaqué à la matraque et au couteau des personnes défendant une église, blessant une de ces personne à l’arme blanche. Des affrontements ont aussi eu lieu à Varsovie où les défenseurs de l’église Saint-Alexandre conduits par les organisateurs de la Marche de l’Indépendance, qui se déroule tous les 11 novembre à Varsovie, ont interdit l’accès à quelques milliers de manifestants pro-avortement. Dans l’ensemble, les affrontements physiques restent toutefois marginaux, la police polonaise s’efforçant de maintenir à distance manifestants et contre-manifestants.

Les commentateurs observent que de tels actes contre les églises et contre les croyants n’arrivaient pas même sous le régime communiste. Des députés de gauche se sont malgré tout solidarisés avec les manifestants, y compris au sein du groupe Lewica (La Gauche) dont la principale composante est le parti post-communiste SLD à l’origine de la Constitution en vigueur datant de 1997 et sur la base de laquelle le Tribunal constitutionnel a interdit l’avortement eugénique. Mardi, le mouvement Strajk Kobiet a publié sur son profil Twitter les adresses personnelles de juges du Tribunal constitutionnel et de militants pro-vie comme pour inciter les militants pro-avortement à s’en prendre physiquement à eux. Des manifestations ont également été organisées devant le siège du PiS et devant le siège de l’organisation pro-vie Institut Ordo Iuris à Varsovie.

La question de l’avortement n’est qu’un prétexte ?

Les revendications du mouvement Strajk Kobiet dépassent toutefois largement le jugement du 22 octobre dernier. Le mardi 27 octobre, la leader de cette organisation, Marta Lampert, juriste de profession, a indiqué vouloir, entre autres choses et outre la démission du gouvernement de Mateusz Morawiecki, « un vrai Tribunal constitutionnel », « une vraie Cour suprême », « un vrai Défenseur des droits », l’éducation sexuelle à l’école, la contraception, l’avortement légal (sur simple demande, ce que le Tribunal constitutionnel a déjà déclaré comme contraire à la Constitution dans un jugement de 1997) et, curieusement, « le respect des droits des personnes avec des handicaps ».

Pour cette juriste, il n’y a pas eu de jugement jeudi mais une simple déclaration puisque le Tribunal constitutionnel serait illégitime à ses yeux, ce qui est un argument avancé par une bonne partie de l’opposition libérale (Plateforme civique, PO) et de gauche (Lewica). Cet argument se réfère au conflit autour des premières nominations au Tribunal constitutionnel par le PiS en 2015. Il s’agit toutefois d’un argument fallacieux dans le cas présent, car même en supposant que le PiS serait dans son tort pour ces nominations, le conflit n’a porté que sur trois des quinze que compte le Tribunal constitutionnel. Or onze juges sur les treize ayant pris part à ce verdict ont jugé que la Constitution polonaise de 1997 n’était pas compatible avec la clause de la loi autorisant l’avortement eugénique. Par conséquent, même sans les trois juges dont la légitimité est contestée par une partie de l’opposition, il se trouverait toujours une majorité au Tribunal constitutionnel polonais pour invalider cette clause.

Continuité au Tribunal constitutionnel polonais

Dans une interview accordée en 2016 au journal Gazeta Wyborcza qui incite aujourd’hui aux manifestations et aux manifestations devant les églises, le précédent président du Tribunal constitutionnel, Andrzej Rzepliński, qui avait été au centre du conflit contre le PiS en 2015-16, avait lui-même déclaré : « Quelle que soit l’élégance avec laquelle on essaie de le nommer, l’avortement reste un meurtre ». Quant au professeur Andrzej Zoll qui présidait le Tribunal constitutionnel en 1997, lorsqu’une clause introduite par le SLD pour autoriser l’avortement au motif de problèmes socio-économiques de la femme enceinte avait été jugée inconstitutionnelle, il a lui-même reconnu à l’antenne de la radio Tok FM (qui appartient au même groupe médiatique que Gazeta Wyborcza) que le jugement du 22 octobre du Tribunal constitutionnel correspondait à ses convictions sur le plan moral même s’il estime qu’il aurait été préférable que la clause invalidée soit modifiée plus tôt par le parlement lui-même afin de limiter son application aux cas où l’enfant à naître est victime d’une anomalie létale. Pour Zoll, c’est le seul cas de figure où autoriser l’avortement pour cause de handicap ou maladie grave de l’enfant à naître pourrait être conforme à la Constitution polonaise, ce en quoi il joint sa voix à certains leaders de la coalition parlementaire Droite unie conduite par le PiS et aussi au sein de l’opposition. Ces voix, auxquelles s’est joint le président Andrzej Duda le 29 octobre, demandent que soit désormais autorisé l’avortement en cas d’anomalie létale confirmée mais pas en cas de handicap non létal (telle la trisomie 21 à l’origine de 445 des 1110 avortements réalisés en 2019 dans les hôpitaux polonais). Les avis divergent quant à savoir si le jugement du Tribunal constitutionnel laisse au parlement cette marge de manœuvre. Rappelons à toutes fins utiles qu’Andrzej Zoll avait été nommé au Tribunal constitutionnel par la majorité de gauche au pouvoir de 1993 à 1997 et qu’Andrzej Rzepliński l’avait été par la majorité PO-PSL au pouvoir de 2007 à 2015.

L’opposition ne veut plus respecter la Constitution

Dans ces conditions, le refus de reconnaître la légitimité du jugement du 22 octobre exprimé par les organisations féministes et une partie de l’opposition ressemble plus à un rejet du fonctionnement des institutions démocratiques et à une revendication du droit d’appliquer la constitution de manière sélective. Ceci a de quoi surprendre de la part de ceux qui accusaient depuis 2015 le PiS de violer la constitution avec ses réformes. Il en va de même pour les appels à ne pas publier le jugement du 22 octobre au Journal officiel provenant, par exemple, du leader du parti agraire PSL Władysław Kosiniak-Kamysz et de l’ancien leader de la PO Grzegorz Schetyna. En 2016, les deux hommes reprochaient au gouvernement de Beata Szydło son refus de publier certaines décisions du Tribunal constitutionnel présidé par le professeur Andrzej Rzepliński au motif que ces décisions avaient été adoptées en présence d’un nombre insuffisant de juges au regard de la loi réformant le Tribunal constitutionnel adoptée par la majorité PiS au parlement. Aujourd’hui, même ce motif (dont la validité était contestée à l’époque par l’opposition) est absent puisque 13 juges ont pris part au jugement du 22 octobre, ce qui n’empêche pas Kosiniak-Kamysz et Schetyna d’appeler le gouvernement de Mateusz Morawiecki à agir de même simplement pour empêcher l’entrée en vigueur du jugement sur l’avortement. C’est donc aujourd’hui une certaine partie de l’opposition qui exige du gouvernement qu’il viole ouvertement la constitution afin que l’avortement eugénique reste pratiqué en Pologne.

L’appel de Jarosław Kaczyński

Réagissant aux événements, le président du PiS Jarosław Kaczyński, qui est aussi vice-président du Conseil des ministres dans le gouvernement de Mateusz Morawiecki, a fait une déclaration le mardi 27 octobre. « À la lumière de la Constitution, ce jugement ne pouvait pas être différent », a reconnu Kaczyński en rappelant encore une fois qu’il s’agit là de la constitution approuvée en 1997 par un parlement dominé par la gauche. Kaczyński a reproché aux organisateurs des manifestations de favoriser la propagation de la pandémie de Covid-19 en violant les règles sanitaires, mais surtout de s’en prendre à l’Église et aux catholiques dans un rejet global des valeurs en vigueur en Pologne. Kaczyński a mis cette attitude sur le compte du « nihilisme » visible dans « l’expression de ceux qui manifeste », de « leur vulgarité hors du commun ». Kaczyński a ensuite appelé les Polonais à s’opposer à ce mouvement de protestation et à se joindre à la défense des églises polonaises. « Défendons la Pologne, défendons le patriotisme, et montrons de la décision et du courage », a déclaré le leader du PiS.

« C’est seulement alors que nous pourrons gagner cette guerre que nous ont expressément déclarée nos adversaires. Et souvenons-nous que nous avons entièrement raison sur le plan légal. Ce jugement ne peut pas être modifié tant que la Constitution actuelle est en vigueur. A fortiori, on ne peut pas voter une loi qui introduirait l’avortement sur simple demande. Or telle est la revendication de l’extrême gauche formulée aujourd’hui à la Diète aux cris de ‘Guerre ! Guerre !’. »

La majorité LREM veut les pleins pouvoirs avec la loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire

Rappel au règlement de Mme Emmanuelle Ménard, député de l’Hérault, dans le cadre de l’examen du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire lors de la seconde séance du 3 novembre :

Meurtris dans leur chair, les catholiques de Nice déposent un recours contre l’interdiction des messes

De Benoit de Belleroche, Président de l’AFC de Nice, qui a déposé une requête en référé liberté (en plus de celle déposée par la Confédération des Associations Familiales Catholiques) :

Aux côtés de diverses personnalités et associations catholiques, l’AFC de Nice, soutenue par les AFC de Vence, d’Antibes et la fédération des AFC du 06, s’est constitué en tant que partie dans la procédure d’un référé-liberté devant le Conseil d’Etat.

Maître Henri de Beauregard portera la voix de l’AFC de Nice devant le Conseil d’Etat demain 05 novembre, afin que soit rendue aux croyants leur liberté fondamentale de pouvoir assister à la messe.

Plus que jamais, et en écho aux derniers événements qui ont brutalement frappé les catholiques de la ville, ils réaffirment la nécessité de pouvoir assister librement à la messe, de pouvoir se rassembler dans leurs églises et de pouvoir vivre leur foi sans crainte d’être dans l’illégalité !

« Nous, membres de l’Association Familiale Catholique de Nice, nous associons aux catholiques du reste de la France pour rappeler que la messe n’est pas pour nous une activité ou un loisir mais un bien nécessaire. L’Eucharistie est la sève de notre existence de chrétien, et au même titre que nous devons nourrir nos corps, nous réclamons le droit de nourrir notre âme !

Qu’il ne soit pas dit que les catholiques préfèrent voir leurs églises fermées et leurs messes interdites par mesure de sécurité suite aux évènements dramatiques de la semaine passée à Nice ! Cet attentat a surtout renforcé notre besoin de prier pour nos victimes (et leur assaillant) et montré que notre foi et notre espérance sont plus fortes que tout. L’Eucharistie n’est pas une modalité de l’exercice de notre foi. Elle en constitue la source et le sommet.”  

Le maire de Camaret au tribunal pour défendre les commerces non-alimentaires

Philippe de Beauregard, maire de Camaret, est convoqué devant le tribunal administratif de Nîmes pour avoir maintenu l’arrêté municipal portant autorisation d’ouverture des commerces non-alimentaires. Voici son communiqué :

« Je maintiens mon arrêté portant autorisation d’ouverture des commerces non-alimentaires malgré la mise en demeure du Préfet de Vaucluse me demandant de retirer ce dernier.

Par l’intermédiaire de son avocat, la Ville de Camaret défendra ses intérêts, la liberté et la survie du commerce local, devant le Tribunal administratif de Nîmes le mardi 10 novembre prochain. Nous soulignerons à cette occasion, l’incohérence de certaines injonctions de l’État.

Primo, qu’il est évident que le risque de contamination est bien moindre dans les petits commerces accueillant un nombre de personnes limité que dans les grandes enseignes et hypermarchés où le brassage est bien plus important.

Secundo, que l’accès à des commerces de proximité contribue à limiter les déplacements tel que l’impose le confinement actuel.

Enfin, nous rappelons que ce n’est pas en fermant certains rayons de supermarchés que l’on va assurer la survie de nos petits commerces. Si un homme meurt de faim, ce n’est pas en demandant à son voisin de manger moins que l’on va résoudre la situation de l’affamé.

Au-delà du débat juridique, tout le monde comprend aujourd’hui que si l’État nous impose des mesures d’une telle gravité, c’est parce que l’hôpital public et notre système de santé ont été progressivement démantelés ces dernières années. »

Entretien des Eveilleurs avec Thérèse Hargot

Entretien vidéo avec Thérèse Hargot, sexologue et thérapeute de couple, qui vient de publier  » Qu’est-ce qui pourrait sauver l’amour  ? «  chez Albin Michel, sur un sujet très éloigné de l’actualité tragique de notre pays ces derniers jours mais tout aussi préoccupant.

Après une mise en garde des ravages de la pornographie sur les enfants et les couples, elle dénonce les graves dérives du féminisme radical et prône un respect du corps de la femme fondé sur une véritable écologie humaine. Contraception, avortement, procréation médicalement assistée, féminisme…

Liberté de culte : le Conseil d’État pourrait rendre sa décision vendredi ou samedi 

Interrogé dans Famille chrétienne, Me Jérôme Triomphe, avocat de plusieurs requérants, notamment de la fraternité sacerdotale Saint-Pierre et de l’AGRIF, estime concernant le résultat de la requête :

« Le délai peut être un peu plus long, je pense que le Conseil d’État rendra sa décision vendredi ou samedi ».

« C’est très encourageant que les évêques prennent en main leur rôle de pasteurs et réclament le respect de la liberté fondamentale du culte pour l’ensemble de leurs brebis ».

« Nous aurions pu espérer que les leçons du premier confinement avaient été tirées ». « D’autant que cette fois, la majeure partie des activités restent déconfinées, y compris les écoles dont on nous avait expliqué qu’elles étaient des foyers privilégiés de contamination, mais aussi les transports et beaucoup d’entreprises. Pour les écoles et les transports, le décret demande le respect des mesures sanitaires « dans la mesure du possible », sachant très bien qu’elles sont quasi impossibles à appliquer. Alors qu’elles sont déjà mises en place dans les églises, le gouvernement interdit radicalement le culte sans chercher le moindre aménagement. Il s’agit d’une illégalité manifeste et d’un mépris inouï envers les libertés fondamentales et les croyants en particulier ».

Si le Conseil d’État rend un avis favorable, il laissera sans doute un certain délai au gouvernement pour mettre en place le protocole approprié avec les cultes. Au printemps, le juge des référés avait accordé huit jours au gouvernement pour modifier son décret. Me Triomphe estime au contraire :

« Les mesures sanitaires sont parfaitement maîtrisées et déjà mises en oeuvre aujourd’hui, et elles ont été rappelées dans toutes les requêtes déposées. Le gouvernement n’a pas besoin de 8 jours mais de 24h pour prendre un décret rectificatif »,

Au coeur de l’épreuve, aimons et prions

Nos coeurs sont endeuillés après ces différents attentats qui frappent notre pays. Dans un contexte déjà si compliqué de pandémie et de confinement, dans lequel il est parfois difficile de garder espérance et foi, voilà que la haine vient encore frapper. Alphonse de Lamartine, dans son poème Aux Chrétiens dans les temps d’épreuves, nous rappelle que même – et surtout ! – au coeur de la tempête, le Christ ne nous a donné qu’un mot d’ordre :

“Chrétiens, souvenons-nous que le chrétien suprême
N’a légué qu’un seul mot pour prix d’un long blasphème
A cette arche vivante où dorment ses leçons ;
Et que l’homme, outrageant ce que notre âme adore,
Dans notre coeur brisé ne doit trouver encore
Que ce seul mot : Aimons !”

L’Amour est notre seul salut, notre cap. Et pour garder ce cap, même face aux vents contraires, nous avons un outil précieux : la prière ! En ces temps difficiles, nous pouvons :

A noter : Avec le confinement, pour continuer à prier ensemble et collectivement, rejoignez une communauté de prière en ligne sur Hozana.org, ou déposez-y vos intentions de prière pour les partager avec les autres priants.

Photo : Dimitri Conejo Sanz

Beau succès militaire pour l’armée française au Mali

D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :

Plusieurs dizaines de djihadistes ont été mis « hors d’état de nuire », le 30 octobre dernier, a annoncé Florence Parly, ministre des Armées, au cours d’une conférence de presse. L’opération, qualifiée « d’opportunité » (autrement dit, non planifiée mais en réaction immédiate à un renseignement), a mobilisé d’importants moyens : avions de chasse, drones (enfin utilisés !), hélicoptères et commandos au sol.

Tous les détails ne sont pas connus, comme d’habitude, mais on sait tout de même que les combats ont duré plusieurs heures et se sont déroulés au Mali, non loin de la frontière avec le Burkina Faso. C’est le groupe djihadiste Ansar-ul-Islam qui a fait les frais de l’opération et perdu, ainsi, une cinquantaine d’hommes, dont quelques prisonniers. Ce groupe fait partie du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), nébuleuse affiliée à Al-Qaïda. Il est en concurrence violente avec d’autres mouvements regroupés au sein de l’État islamique sous le nom d’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Des combats sanglants ont opposé les deux entités, dont l’État islamique est sorti vaincu et très affaibli. En outre, plusieurs opérations menées par la France, au début de l’année, notamment par le 2e REP, ont également porté des coups très durs à l’EIGS. Des commandos français sont toujours présents sur place (dans la zone dite des « trois frontières »), a récemment déclaré le général Lecointre, et continuent la traque des quelques centaines d’hommes que compte encore l’EIGS.

C’est donc, aujourd’hui, Al-Qaïda qui opère sur le terrain de façon très active, et la destruction de ce groupe par l’armée française intervient alors qu’il se préparait à une attaque, a précisé le ministre, sans indiquer quelle était la cible des islamistes.

Florence Parly a annoncé tout cela depuis Bamako, où elle est actuellement en déplacement. Il est, en effet, nécessaire de s’assurer des intentions de la nouvelle équipe militaire au pouvoir depuis le putsch du mois d’août. C’est d’autant plus urgent que Bamako a récemment libéré plus de 200 islamistes emprisonnés en échange d’otages, dont la Française Sophie Pétronin. C’est à cette occasion que l’on a appris la conversion à l’islam de notre compatriote, ce qui a quelque peu cassé l’impact médiatique du retour triomphal à Paris de la néo-musulmane.

En tout état de cause, la remise en liberté de 200 combattants islamistes fut un dénouement pour le moins inattendu et cette prime donnée aux preneurs d’otages islamistes laisse rêveur.

Ce succès militaire, incontestable, vient à point nommé pour souligner la nécessité de cette opération Barkhane tant décriée qui coûterait beaucoup trop cher pour un résultat incertain. Cet argument financier est assez distrayant alors que l’État dilapide, quotidiennement, des milliards pour compenser d’absurdes et liberticides fermetures de commerces dans le cadre d’un confinement non moins absurde.

Certes, les résultats militaires sont, par nature, incertains sur un territoire aussi vaste. La France aimerait bien prendre un peu de champ et partager le fardeau avec d’autres forces européennes, mais elles ont dit non (à part l’Estonie, qui a envoyé quelques commandos). Voilà un bel exemple de solidarité européenne.

Quant à laisser la main aux forces africaines, chacun sait que ce serait la porte ouverte à une invasion rapide du Mali.

Il n’y a donc pas le choix, l’armée française doit rester si nous ne voulons pas, demain, nous réveiller avec Al-Qaïda au pouvoir au Mali ou au Burkina Faso.

En attendant les résultats de la présidentielle américaine, déjà une victoire pro-vie

Comme le soulignait Guillaume, outre l’élection des représentants (et à l’heure de rédaction de ce post, les résultats, s’ils ne sont pas encore connus, ne prévoient pas une large victoire de Joe Biden, qui a perdu plusieurs Etats que les sondages lui avaient pourtant donné gagnant…), les électeurs américains devaient se prononcer sur des référendums locaux.

Ainsi, en Louisiane, un référendum a adopté à près de 67% le fait que l’avortement n’est pas un droit constitutionnel. Voici le texte que les électeur ont ratifié, il s’agit d’un amendement à la Constitution de cet Etat :

« Pour protéger la vie humaine, rien dans cette Constitution ne peut être interprété comme assurant ou protégeant un droit à l’avortement ou imposant de financer l’avortement ».

Depuis plusieurs années, la Louisiane vote des lois qui restreignent la capacité de tuer les enfants à naître. Au point qu’il ne reste que 3 avortoirs dans tout l’Etat. Récemment, en juin dernier, la Cour suprême des Etats-Unis a invalidé une loi de Louisiane qui exigeait des avorteurs un « privilège d’admission » à l’hôpital le plus proche. Loi qui aboutissait de facto à la fermeture de deux des trois avortoirs de l’Etat.

Les victimes de l’attentat de Nice comptent-elles pour du beurre ?

Jean Messiha quitte le Rassemblement National et Marine le Pen

Après Aymeric Chauprade, Julien Rochedy, Paul-Marie Couteaux, Bruno Monot, Marion Maréchal…c’est au tour de Jean Messiha de quitter le Rassemblement National. Les derniers courtisans de Marine Le Pen diront qu’il ne représentait rien et qu’il était aigri de ne pas avoir été investi pour les européennes ou les régionales.

La vérité est probablement autre comme l’explique le Figaro :

Mais la cause réelle du divorce se veut, avant tout, idéologique. Contrairement à Marine Le Pen, Jean Messiha ne voit pas une différence de nature entre l’islam et l’islamisme. Mais une simple différence de degré. « Il est temps de dire que l’Islam est incompatible avec la République », a-t-il coutume de soutenir sur les réseaux sociaux comme sur les plateaux de télévision dont il est devenu un habitué malgré son absence de mandat électif.

Des sorties qui ont contraint Marine le Pen, aux lendemains des attentats de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice ces dernières semaines, à se justifier. « Je ne crois pas qu’il y ait une religion qui soit incompatible avec la République, a ainsi soutenu Marine Le Pen le 25 octobre dernier sur le plateau du Grand Jury. C’est son avis, ce n’est ni le mien ni celui du Rassemblement national. Jean est un Égyptien copte, peut-être a-t-il sur ce sujet une sensibilité exacerbée. »

Une sortie qui a eu le don de faire sortir Jean Messiha de ses gonds : «En tant “qu’Égyptien Copte”, je n’ai pas un avis “exacerbé” sur le sujet de l’Islam. Juste un avis réaliste basé sur un vécu», lâchera-t-il sur Twitter quelques jours plus tard. Un désaccord qui pousse certains cadres du RN à ajouter Jean Messiha dans la longue liste des sacrifiés sur l’autel de la « dédiabolisation » du parti.

Jean Messiha explique son départ dans une interview accordée à Valeurs actuelles :

“(…) Après les élections de 2017, je me suis lancé dans une grande tournée des fédérations départementales pour remonter le moral des troupes et remobiliser des militants complètement sonnés par les résultats de la présidentielle, mais aussi des législatives (…) j’ai perçu partout un mélange d’espoir et de scepticisme. Nous faisions tous le même constat : nous avons largement gagné la bataille des idées, mais nous n’arrivons pas à susciter un grand élan populaire qui se traduit par des victoires très franches dans les urnes, à l’exception peut-être des européennes. Pire, nous avons un mal de chien à susciter des vocations pour porter nos couleurs au niveau local (…)

C’est un peu comme une équipe de foot qui a beaucoup de supporters et un sélectionneur plein de bonne volonté mais qui ne gagne pas ou très rarement. On ne peut pas constamment dire que c’est la faute du terrain, de l’arbitre, du ballon ou des journalistes sportifs. Il y a sans doute d’autres explications et je me sens plus à l’aise et plus libre pour y réfléchir en dehors du RN (…)

[Marine Le Pen] m’a reproché d’avoir dit que Samuel Paty avait été décapité par un musulman en colère. Apparemment il eut fallu que je disse que c’était un islamiste. De fait, je ne veux plus utiliser ce terme car c’est une façon trop commode de dissocier l’islam de sa frange radicale. On ne le fait d’ailleurs pour aucune autre religion. A-t-on inventé un mot spécial pour décrire les catholiques intégristes, les Juifs ultras-orthodoxes ou les hindouistes extrémistes ? Non. Elle a également cru bon d’expliquer mes positions sur l’islam en France par mes origines à la fois égyptienne et copte alors que c’est en tant que Français républicain, inquiet de la place croissante que prend l’islam dans notre société, que je me suis exprimé ainsi (…)

Elle considère que l’islam en tant que religion n’est pas un problème pour la France. A l’inverse, moi je pense que l’islam en tant que religion pose un problème à la France. Elle dissocie la religion musulmane de l’idéologie islamique radicale. Moi je pense que cette dernière puise au cœur même du Coran (…). Je dis simplement que plus cette religion se développera en France par l’immigration moins la France sera la France.

Je pense que nous avons aussi une différence de sensibilité sur l’identité française. Malgré mes origines étrangères, je suis très intransigeant sur cette question : je défends mordicus l’européanité de la France métropolitaine. Marine Le Pen a des réserves sur ce concept et je respecte cela (…)

L’essentiel reste est de faire basculer la majorité du peuple français vers notre cause. Mais elle ne le fera que si le mouvement national et populaire est incarné par une personnalité qui inspire, par ses idéaux, sa détermination mais aussi par sa compétence, une réelle confiance.

Je pense intimement qu’une majorité de Français a envie de tenter l’expérience d’une présidence et d’un gouvernement qui portent nos idées. Mais sa préoccupation est également économique car, soyons honnêtes, l’économie dans un pays développé comme le nôtre conditionne presque tout le reste : l’emploi, le pouvoir d’achat, le financement de nos services publics et de notre modèle social.

Certes, un (ou une) président(e) de la République n’a pas besoin d’être économiste. Mais les Français attendent qu’il ou elle maîtrise bien les questions économiques et connaisse les rouages de l’Etat (…)

Marion a un talent remarquable et elle est très appréciée par la base. Elle a aussi cette intelligence de se construire patiemment en se confrontant au réel. Elle aurait pu bénéficier d’une promotion météorique en raison de ses liens familiaux. Elle a choisi d’être fidèle à ses convictions et de devenir une entrepreneure de l’enseignement supérieure avec l’ISSEP à Lyon. Respect.

Son avenir politique ne dépend que d’elle et il est, d’ores et déjà, aussi brillant qu’elle le souhaite. Marion incarne une droite des valeurs, fière de ce qu’elle est et débarrassée de ce syndrome de Stockholm qui a frappé une droite qui, pour se dire gaulliste, n’a eu de cesse de trahir l’esprit du gaullisme depuis les racines jusqu’à l’extrémité des branches.

Ces valeurs incluent la famille, telle que nous l’avons conçue depuis des siècles, avec une mère et un père sauf quand la destinée en décide autrement. Elles incluent également la défense de l’identité historique de notre peuple, la liberté d’entreprendre et de jouir du fruit de son talent et de ses efforts, la souveraineté de la France, etc.

Cette droite défend ses convictions avec beaucoup de justesse et de modération, dans un contexte d’évolutions sociétales récentes sur lesquelles une forte majorité de Français ne veut pas revenir.

Je pense qu’il faut aujourd’hui se concentrer sur la sauvegarde de notre identité profonde et accepter que cette identité intègre des éléments récents qui peuvent, certes heurter des sensibilités religieuses, philosophiques ou identitaires mais qui sont des acquis. Par contre, et je l’affirme solennellement, il y a des lignes infranchissables à tracer : pas de GPA, pas de PMA remboursée par la Sécu pour les femmes ou les couples qui ne souffrent pas de stérilité et pas d’extension de la durée légale de l’avortement de 12 à 14 semaines comme l’assemblée nationale vient de le voter et sur lequel nous devrons revenir (…)”

Le président du Guatemala met fin à un accord autorisant le Planning familial américain à s’installer

Lu sur le blog d’Yves Daoudal :

Le président du Guatemala, Alejandro Giammattei, a annoncé hier qu’il mettait fin à un accord autorisant le Planning familial américain à installer une succursale dans le pays.

Anne Coffinier : “Macron, ne touchez pas aux écoles hors contrat !”

Dans son discours sur le “séparatisme”, Emmanuel Macron a choqué des dizaines de milliers de Français en remettant en cause l’instruction à domicile et en évoquant un contrôle encore plus féroce des écoles hors contrat. Pour mener la riposte à ces décisions radicales, la Fondation Kairos animée par l’ancien ministre Xavier Darcos monte en première ligne. Anne Coffinier qui est par ailleurs présidente de l’association Créer son école – Educ France est l’invitée de TVLibertés. Elle fait aussi part de sa réflexion sur l’école face au séparatisme islamiste. Et sur la nécessité de recréer une école qui ne renonce pas au formidable héritage de civilisation européenne.

RN : “Il y a une volonté folle de purger tous ceux qui ont fait la bise à Marion Maréchal”

Comme nous l’annoncions début octobre, la purge estivale a joué les prolongations en automne au sein du RN. Après avoir été déchargé de sa fonction de délégué départemental du Rhône, Antoine Mellies, en plus d’un blâme, est désormais suspendu du RN pour une année, ce qui l’empêchera d’être candidat aux régionales. De son côté, la courageuse conseillère régionale Agnès Marion a reçu un avertissement.

Inutile de préciser qu’ils sont tous les deux proches de la sensibilité politique de Marion Maréchal et que la raison est futile :

L’ex-délégué départemental du Rassemblement national dans le Rhône, Antoine Mellies, a été suspendu du parti pour un an à l’issue d’une convocation disciplinaire la semaine dernière. « Je suis atterré », a déclaré l’élu régional mardi (…) Antoine Mellies a été entendu le 27 octobre par la commission des conflits du parti avec une autre élue régionale du RN, Agnès Marion. Cette dernière a reçu un avertissement dans cette affaire qui a servi de « prétexte » pour régler des comptes, selon des sources internes au parti à Lyon (…)

Le parti reprochait officiellement aux mis en cause d’avoir maintenu, comme tête de liste d’arrondissement aux municipales à Lyon, un avocat qui fut candidat aux législatives en 2017, dans le Rhône, sous l’étiquette des « comités Jeanne » lancés par Jean-Marie Le Pen. De quoi « déstabiliser le mouvement », selon leurs détracteurs.

Une source proche du RN estime qu’il y a “une volonté folle de purger tous ceux qui ont fait la bise à Marion Maréchal-Le Pen” :

Cela fait des mois qu’on essaie de lui mettre des bâtons dans les roues. Ce n’est plus le Rassemblement national, c’est un rétrécissement national

Au sein du RN, il semblerait que les critiques portées par la “droite hors les murs” (Robert Ménard, Jean-Frédéric Poisson, Eric Zemmour, Philippe de Villiers…) trouvent un écho malgré le dénigrement méprisant des fidèles de Marine Le Pen (Wallerand de Saint-Just, Bruno Bilde, Philippe Olivier…) :

Robert Ménard, le maire de Béziers, réélu en mars avec le soutien du RN, prêche désormais pour son retrait de la course pour 2022 (…) “Il faut la convaincre qu’il peut y avoir un candidat plus rassembleur qu’elle [Marine Le Pen], dit-il. C’est tout l’enjeu des prochains mois.” Outre son programme économique, qu’il juge “inaudible”, l’édile estime que la présidente du RN est dans “l’incapacité de réunir l’ensemble de la droite pour battre Macron“. “Sa candidature empêche toute alternative d’émerger mais, en même temps, on ne peut pas gagner sans elle“, poursuit-il.

Alors, pour sortir de l’impasse, Ménard propose une solution : que Marine Le Pen se range derrière un autre candidat, capable de dépasser le cadre “rabougri” des partis politiques et de rassembler plus largement. Pour le moment, personne ne semble en mesure d’incarner ce projet, mais le Biterrois consulte, comme récemment Eric Zemmour ou Patrick Buisson, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.

Au RN, on regarde ces manœuvres avec exaspération. “Soit M. Ménard n’a pas de cerveau, soit il ment, tance Wallerand de Saint-Just, le trésorier du parti. On a vu aux européennes que nous rassemblions en faisant venir des gens comme MM. Mariani, Garraud et Juvin.”(…) “Tous ces gens mis ensemble feront 2%, rétorque Philippe Olivier, l’un des conseillers de Marine Le Pen, au sujet de la droite hors les murs. Et au second tour, leurs électeurs voteront pour nous.”

Mais les critiques du turbulent édile s’ajoutent à celles d’autres figures de la droite “hors les murs”, ce courant informel réunissant médias et personnalités d’extrême droite en dehors du cadre des partis (…)

En interne, si personne n’ose se positionner publiquement, ce diagnostic trouve bien un écho. “On ne peut rien faire sans ou contre le RN, mais le RN seul, sous sa forme actuelle, n’a pas la capacité de faire gagner nos idées, estime ainsi un cadre régional. Il faut opérer une révolution culturelle, comme ce que Macron a fait, mais de l’autre côté de l’échiquier.” (…)

Surtout, certains élus s’inquiètent de son manque de dynamisme, à dix-huit mois de l’échéance présidentielle. “Il n’y a pas une appétence extraordinaire pour le duel Macron-Le Pen, constate l’un d’eux. Il n’y a pas eu de dynamique électorale aux municipales, on ne sent pas de ferveur militante…” (…)

Les soutiens de Marion Maréchal au sein du parti s’inquiètent, eux, que la purge se poursuive dans le cadre des investitures. “Des consignes ont été données, affirme un cadre régional. Les responsables départementaux testent les pré-candidats sur leur proximité idéologique avec Marion

Liberté de culte : le référé-liberté sera défendu le 5 novembre

Suite à la requête en référé-liberté devant le Conseil d’État contre le décret du 29 octobre confinant drastiquement et totalement le culte à compter du 3 novembre, déposée par plusieurs associations, instituts de vie religieuse et quelques évêques, le Conseil d’Etat a fixé l’audience au jeudi 5 novembre à 11h30. 13 requêtes ont été déposées !

Dans cette attente, nous vous invitons à poursuivre le triduum de prières, car les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire !

Addendum : annoncée d’abord à 9h30 l’audience a été décalée à 11h30. A 9h30 aura lieu l’audience des autres contestataires du décret (bistrots, restau, metro, boulot, dodo… et autres commerces prétendument non essentiels).

Nouvelle formation sur la doctrine du Règne Social du Christ

Nous avons interrogé Isabelle Piot, responsable de la formation d’une nouvelle association appelée Adveniat :

Vous venez de créer une association nommée Adveniat. De quoi s’agit-il ? A quel public vous adressez-vous ?

Bonjour, et avant tout, merci au Salon Beige de bien vouloir être un relai de la cause que nous servons.

Nous sommes une équipe de jeunes professionnels qui avons à cœur de faire régner le Christ dans les âmes, les familles, mais aussi les sociétés. Adveniat Regnum tuum, comme le Christ nous a appris à le demander tous les jours ! Remarquons que c’est du subjonctif présent, ce n’est pas à la fin du monde…

Les bonnes volontés sont nombreuses, parmi la jeunesse catholique, pour participer au Bien Commun, à la chose publique, mais, bien souvent, on oublie que l’on travaille au Règne du Christ, ou bien on n’emploie pas les moyens adéquats et efficaces.

C’est pourquoi nous lançons un cycle de formation à l’action catholique, ouvert à tous, étudiants et jeunes professionnels, tous ceux qui désirent rejoindre ce combat, dont l’urgence et la nécessité ne font qu’augmenter avec le temps… 

Cette formation sera centrée sur la doctrine du Règne Social du Christ, conformément à ce que l’Eglise nous enseigne depuis toujours (doctrine particulièrement explicitée dans l’encyclique Quas Primas de Pie XI en 1925, qui n’a rien perdu de son actualité).

Qu’est-ce que la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Une théocratie catholique ? 

L’objection est courante, et elle date même du jour où Notre Seigneur Jésus Christ a répondu à Pilate : « Tu le dis, je suis Roi. », et juste après Il précise « Ma royauté n’est pas de ce monde, mais sur ce monde. »

Roi, le Christ l’est de fait : par nature parce qu’Il est Dieu, par conquête parce qu’Il nous a rachetés. Et si toutes les créatures lui appartiennent, il est logique qu’il en soit de même pour les sociétés, puisqu’elles sont la réunion d’hommes qui sont à Dieu.

Ainsi, pour répondre à votre question, l’établissement du Règne Social du Christ consiste à travailler à rendre concret, effectif, ce qui est une vérité de fait. Que toutes les sociétés, de la plus petite à la plus grande, soient, le plus possible, gouvernées chrétiennement !

Et, loin d’être un gouvernement du monde par les clercs, par l’Eglise (ce qui serait une théocratie), c’est un travail qui doit être assumé par les laïcs, comme étant acteurs de leurs sociétés (distinction du spirituel et du temporel : ni séparation, ni union).

C’est la plus grande charité, vis à vis de Dieu, car cela est juste et bon, et vis à vis de tous nos prochains, car cela engendre la Paix, et donc les conditions optimales pour le salut des âmes : « Pax Christi in Regnum Christi ».

Que proposez-vous comme formations ? Sous quelles fréquences ? Où ?

La formation se fera par petits groupes d’une dizaine de personnes, les cellules, dans toute la France, qui se réuniront tous les quinze jours pour étudier, avec un support fourni par nos soins.

Nous nous fonderons principalement sur le travail de synthèse de la Doctrine Sociale de l’Eglise et de l’action catholique qu’a produit Jean Ousset en son temps, avec le livre Pour qu’Il Règne.

Dans un premier temps (janvier à juin 2021), nous formerons les chefs de cellule, afin de lancer la formation en septembre 2021.

Cette formation intellectuelle durera deux ans, puis elle débouchera sur une troisième année de formation durant laquelle les jeunes devront lancer un projet ou bien prendre un engagement dans un mouvement déjà existant.

Quelles autres activités proposez-vous ?

Pour le moment nous nous concentrons sur la formation.

Mais j’en profite pour demander ici à tous ceux qui me lisent, mais ne se sentent pas directement concernés par la formation, de nous soutenir par la prière ! Nous en avons grand besoin, car rien de bon ne pourra se faire si le Christ ne règne pas déjà entièrement sur nos cœurs.

Comment vous contacter ?

Via cette adresse mail : [email protected]

A croire qu’ils espèrent un attentat d’extrême-droite…

Alors que les attentats islamiques se multiplient en France et en Europe, certains attendent (espèrent?), visiblement avec impatience, une attentat d’extrême droite. Mais l’impatience étant mauvaise conseillère, ces gens racontent donc n’importa quoi. Voici les deux derniers exemples en Avignon et à Lyon.

L’homme abattu à Avignon a été présenté comme un militant d’extrême droite sous prétexte qu’il portait un blouson “Defend Europe”. Du coup, Eric Coquerel (LFI) a demandé officiellement la dissolution de génération identitaire. Patatra, l’intéressé est reconnu comme patient psychiatrique lourd et, surtout, il a milité plus de 10 ans au parti communiste [source].

Son lien avec l’extrême droite demeure incertain. Une responsable de Génération identitaire, Thaïs d’Escufon, a assuré sur Twitter et Telegram que l’assaillant « n’a jamais milité chez et personne ne le connaît », ce que doit vérifier l’enquête. Ces blousons bleus sont en vente libre sur leur boutique Internet (…)

L’individu était suivi depuis très longtemps pour ses troubles psychotiques, ainsi que le confirme le parquet à Marianne. Et le chargeur de son pistolet, ce jour-là, était vide (…)

Plus surprenant : par le passé, Fabien Badaroux était un militant communiste, comme a pu le vérifier Marianne. En décembre 2006, alors âgé de 19 ans, il rejoint les Jeunesses communistes (MJCF), après avoir été séduit lors d’un meeting par le discours de Marie-Georges Buffet, ancienne candidate à l’élection présidentielle, comme il le raconte au Dauphiné à l’époque. À cette période, il participe aux campagnes d’affichages du parti et distribue des tracts sur les marchés. Fabien Badaroux émarge ensuite au PCF du Vaucluse qu’il quitte en 2015 sans donner de raison. Dix ans dans le communisme.

Voici le tweet absolument ridicule d’Eric Coquerel :

Deuxième exemple à Lyon où Jean-Luc Mélenchon (LFI) a directement accusé Nicolas Dupont-Aignan et l’extrême droite d’être responsable de la tentative d’assassinat du prêtre orthodoxe. Un communiste défendant un prêtre orthodoxe, on aura tout vu…

Son tweet a été effacé…depuis que le suspect a été innocenté et relâché. Pire, le suspect, que Jean-Luc Mélenchon présentait comme un moine orthodoxe et ancien candidat DLF, ne s’est avéré n’être qu’un SdF [source] :

L’homme en garde à vue serait Jean-Michel Dhimoïla, ancien moine orthodoxe, et ex-candidat Debout La France aux élections législatives de 2017 (…)

Sitôt ces informations sorties, Jean-Luc Mélenchon et une partie de l’extrême gauche les diffusent. Dans un tweet supprimé depuis, le leader de la France Insoumise a ainsi dénoncé le « terrorisme d’extrême droite », en mentionnant explicitement Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France. Il a rapidement été imité par Anasse Kazib, militant Sud-Rail très porté sur la lutte contre l’islamophobie. Ce dernier a même accusé Dupont-Aignan d’être « un des extrémistes identitaires qui arme [sic] idéologiquement des milliers de gens par sa propagande xénophobe ». Là encore, le tweet a depuis été supprimé (…)

Innocenté, l’homme placé en garde de vue a donc été relâché en fin d’après-midi, blanchissant du même coup l’extrême droite et Debout La France. Et pour cause : un peu plus tard dans la soirée, on apprend qu’il ne s’agissait même pas de Monsieur Dhimoïla, mais d’un sans-domicile fixe.

En désespoir de cause, les médias essayent de faire le lien entre le terroriste de Conflans-Sainte-Honorine et…le Rassemblement national. Pas facile en première approche mais, avec nos “journalistes”, tout est possible :

Le Rassemblement national considère-t-il vraiment l’islamisme radical comme un ennemi? Deux proches de Marine Le Pen, Axel Loustau et Frédéric Chatillon, se sont affichés au côté d’Abdelhakim Sefrioui, l’islamiste mis en examen et écroué pour avoir lancé la campagne sur les réseaux sociaux qui a provoqué l’assassinat de Samuel Paty. Les trois hommes apparaissent sur une vidéo du 10 janvier 2009, mise en ligne sur le compte Dailymotion du collectif Cheikh Yassine, le groupuscule de Sefrioui, après une manifestation à Paris contre une opération menée par Israël dans la bande de Gaza (…)

Sollicités par le JDD, les deux proches de Marine LePen admettent avoir participé à la marche. Mais Loustau assure n’avoir “pas eu connaissance” de l’existence de Sefrioui et de son groupuscule – qui en étaient pourtant les animateurs – “jusqu’au monstrueux assassinat” du professeur de Conflans-Sainte-Honorine. “Toute ma vie politique a été consacrée à la France et à la lutte contre l’immigration de masse et l’islamisme radical, plaide l’élu RN. Il serait donc grotesque et malhonnête de tenter le moindre amalgame.” Chatillon, lui, explique avoir “remonté tout le cortège en compagnie de Dieudonné”, lequel se serait arrêté plusieurs fois, notamment à la hauteur du collectif de Sefrioui, dont il dit avoir “tout ignoré jusqu’à la semaine dernière”. “Tenter de me raccrocher à ces gens est malhonnête et totalement délirant.”

Vite, il faut demander la dissolution du RN !!!

Et on se souvient du même délire lors de l’attaque de la mosquée de Bayonne en 2019 par un octogénaire au discernement altéré

C’est la lettre de Jules Ferry aux instituteurs qu’il aurait fallu lire

Eric Zemmour a ressorti des archives avec beaucoup de pertinence la lettre de Jules Ferry adressée aux instituteurs le 27 novembre 1883. La France a-t-elle perdu à ce point la tête pour que l’on en arrive à aller chercher un des plus fervents partisans de la lutte contre l’Eglise catholique de la fin du XIXéme siècle pour tempérer les laïcards de 2020 ?

Voici quelques extraits :

“La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d’une part, elle met en dehors du programme obligatoire l’enseignement de tout dogme particulier, d’autre part elle y place au premier rang l’enseignement moral et civique. L’instruction religieuse appartient aux familles et à l’église, l’instruction morale à l’école (…)

J’ai dit que votre rôle en matière d’éducation morale est très limité. Vous n’avez à enseigner à proprement parler rien de nouveau, rien qui ne vous soit familier comme à tous les honnêtes gens (…) le législateur n’a voulu faire de vous ni un philosophe, ni un théologien improvisé. Il ne vous demande rien qu’on ne puisse demander à tout homme de cœur et de sens (…)

Vous êtes l’auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille ; parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l’on parlât au vôtre ; avec force et autorité, toutes les fois qu’il s’agit d’une vérité incontestée, d’un précepte de la morale commune ; avec la plus grande réserve, dès que vous risquez d’effleurer un sentiment religieux dont vous n’êtes pas juge.

Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu’où il vous est permis d’aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir : avant de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire (…)

que vous demande-t-on ? Des discours ? Des dissertations savantes ? De brillants exposés, un docte enseignement ? Non, la famille et la société vous demandent de les aider à bien élever leurs enfants, à en faire des honnêtes gens. C’est dire qu’elles attendent de vous non des paroles, mais des actes, non pas un enseignement de plus à inscrire au programme, mais un service tout pratique que vous pourrez rendre au pays plutôt encore comme homme que comme professeur (…)”

Comme le chantait naïvement Michel Sardou à propos de Lénine, nous pourrions fredonner : “Jules Ferry, relève-toi, ils ils sont devenus fous…”

Déjà plus de 100 Maires soutiennent la réouverture des commerces locaux

Jean-Pierre Gorges, Maire de Chartres, Président de Chartres métropole, à l’initiative des Maires Indépendants :

Lancée samedi 31 octobre 2020 par Jean-Pierre GORGES, Maire de Chartres, Président de Chartres métropole, une pétition rassemble déjà plus de 100 Maires en faveur de la réouverture des commerces locaux.

Sans remettre en cause le reconfinement en cours, personne ne comprend la distinction entre les commerces prétendument essentiels et les autres.

Cette différenciation est vécue comme une discrimination.

Elle n’a pas de sens. Elle est donc arbitraire, définie et décidée sans concertation véritable avec les maires chargés de la mettre en œuvre.

Elle est injuste pour les commerçants et les communes qui ont investi et mis en place toutes les mesures sanitaires exigées par l’Etat, d’autant plus que nous disposons aujourd’hui des masques qui faisaient défaut au printemps.

Elle est inopportune, désastreuse, en cette fin d’année où nombre de commerces réalisent une part vitale de leur chiffre d’affaires.

Elle est inégalitaire. Elle favorise outrageusement la grande distribution. Et même quand ce gouvernement veut y parer, c’est pour fermer encore davantage, et des entreprises françaises par-dessus le marché, grande distribution et FNAC comprises. Nos technocrates ouvrent seulement un boulevard encore plus large à Amazon, dont on connaît la « légèreté » fiscale.

Ces Maires ont une question : à quoi sert de dépenser des milliards pour soi-disant nous aider à revitaliser nos centres-villes et nos centres-bourgs, quand on les tue aujourd’hui à coup sûr ?

Certains de leurs collègues montrent la voie, en prenant des arrêtés autorisant l’ouverture des commerces de leur commune. Mais le gouvernement et les préfets veulent les remettre au pas.

C’est pourquoi, soucieux d’avancer de façon coordonnée, et de parler d’une seule voix au Président de la République, ces 100 Maires signent et font signer cette pétition de bon sens et de justice : le gouvernement doit revenir à la raison.

Pour que les commerces et leurs communes reviennent à la vie.

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