Les députés rejettent un amendement qui empêche l’application de l’euthanasie aux personnes atteintes de déficiences intellectuelles
Le groupe UDR avait déposé un amendement pour protéger les personnes atteintes de déficiences intellectuelles :

3 députés RN ont voté contre, dont Jean-Philippe Tanguy.
Menacé par l’extrême-gauche, Pierre-Edouard Stérin porte plainte
Communiqué de son avocat :
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Les célébrations nationales du millénaire de la couronnement du premier roi de Pologne se poursuivent
Bogusław Kiernicki, Président de la Fondation Saint-Benoît, m’envoie ce texte à propos de l’actualité polonaise :
À l’occasion du millénaire de la couronnement du premier roi de Pologne, Boleslas Chrobry, des célébrations publiques ont lieu en Pologne pour commémorer ce grand jubilé, souvent comparé aux célébrations du millénaire du baptême de la Pologne en 1966, organisées par le Primate Stefan Wyszyński, qui ont précédé et préparé l’élection de Jean-Paul II au Saint-Siège et la révolution de Solidarité en 1980, et qui ont eu pour conséquence la chute du communisme et les grandes transformations démocratiques en Europe centrale et orientale.

Les célébrations ont débuté par une inauguration au Parlement polonais. Le 27 mars, sous le patronage du vice-maréchal du Sejm Krzysztof Bosak, la conférence Milenium Regni Poloniae 1025-2025 s’est tenue dans la salle Colonnaire du Sejm, comble. La cérémonie a été précédée d’une messe pour la patrie, célébrée dans la chapelle du Sejm. La conférence comprenait une partie officielle et historique, avec la participation d’éminents experts en la matière, et une partie actuelle avec un débat sur la situation contemporaine de la Pologne et de l’Europe et le message de l’héritage du Royaume de Pologne, à laquelle ont participé des députés, des sénateurs, des députés européens et d’autres représentants de la vie publique polonaise. La cérémonie s’est terminée par le chant en chœur de l’hymne médiéval polonais « Bogurodzica ».

Le prochain événement dans le cadre de la célébration du jubilé a été une conférence qui s’est tenue à Varsovie, dans le magnifique Palais de la République, les 22 et 23 avril. Elle était consacrée à la commémoration de l’acte de couronnement et de l’onction royale de Boleslas Chrobry et aux rituels de couronnement dans l’Europe médiévale. La conférence a non seulement apporté un éclairage nouveau sur ce moment important, mais l’a également replacé dans le contexte plus large des traditions européennes d’investiture royale. Elle a réuni d’éminents chercheurs spécialisés dans l’histoire politique, religieuse et liturgique d’Angleterre, d’Irlande, de France, de Hongrie, des Pays-Bas et de Pologne. Les communications ont porté sur la formalisation des rituels d’investiture royale, l’influence des traditions carolingiennes, anglaises, normandes et plantagenètes sur le développement du cérémonial et la signification de la liturgie dans le contexte du pouvoir monarchique. Une attention particulière a été accordée aux couronnements en Pologne, en Hongrie et en République tchèque.

Le point culminant musical de l’événement a été le concert de l’Ensemble Peregrina de Basel, dirigé par Agnieszka Budzińska-Bennett, qui se spécialise dans l’interprétation de la musique médiévale. Le programme spécialement préparé comprenait des œuvres qui auraient pu accompagner le couronnement de Boleslas II en 1025, dont une reconstitution des laudes regiae polonaises, présentées pour la première fois sous cette forme en Pologne. L’événement a été placé sous le patronage national du président de la République de Pologne, Andrzej Duda. Le président a notamment écrit aux organisateurs de la conférence : « Je me réjouis que les experts en cérémonies médiévales et les autorités scientifiques dans ce domaine que vous avez invités apportent ainsi leur contribution à la commémoration de ce jubilé exceptionnel. La conférence elle-même permettra à ce jubilé de cette année d’être dignement célébré dans le milieu scientifique international. »

Quelques jours plus tard, le 27 avril, jour des principales célébrations du millénaire de la couronnement dans les rues de la capitale polonaise, a eu lieu la Marche nationale pour la vie, précédée d’un grand défilé royal de la chevalerie polonaise. Des milliers de drapeaux blancs et rouges, des drapeaux avec l’aigle royal couronné et des drapeaux avec la fleur de lys angevine et la croix apostolique flottaient au-dessus de la marche. Le président polonais Andrzej Duda a également remis aux organisateurs de la Marche le drapeau officiel de la République de Pologne accompagné d’une lettre. La Marche a rassemblé 30 000 participants qui ont adopté à l’acclamation un acte jubilaire millénaire à l’occasion du 1000e anniversaire de la couronnement royal de Boleslas Chrobry. Cet acte a rappelé les valeurs, les principes et les objectifs, mais aussi les revendications concrètes découlant de l’héritage millénaire de la Pologne chrétienne et se rapportant aux défis les plus importants auxquels sont confrontés l’État et le peuple polonais. La Marche nationale pour la vie s’est déroulée sous le patronage honorifique de la Conférence épiscopale de Pologne.

Le dernier événement parmi ceux qui ont inauguré les célébrations du millénaire de la couronnement a été un concert donné dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Poznań le 3 mai, jour de la fête de la Sainte Vierge Marie, Reine de la Pologne. Au cours du concert intitulé « Vive le Roi », ont retenti les antiphons de couronnement et des extraits de la messe de Pâques, qui avait été célébrée juste après le couronnement de Chrobry. La musique médiévale de couronnement a été interprétée par Marcel Pérès et des chantres polonais regroupés sous l’égide de la Schola Cantorum. Le célèbre musicien français a collaboré avec des chanteurs polonais pour célébrer le jubilé de la Couronne de Pologne en préparant un programme spécial comprenant des chants qui pouvaient autrefois résonner lors des couronnements des Piast. Le résultat fut une reconstitution extraordinaire, attrayante et dynamique, qui a laissé plusieurs centaines d’auditeurs extrêmement émus et enchantés. L’événement a eu lieu en prologue du Poznań Katharsis Festival de cette année.

Le principal organisateur des événements présentés ci-dessus est la Fondation Saint-Benoît. Il s’agit d’une organisation non gouvernementale qui œuvre depuis 20 ans « pour la civilisation chrétienne ». Elle publie le magazine « Christianitas », produit une série de films consacrés à l’histoire de la monarchie polonaise (21 épisodes) et organise le festival international « Poznań Katharsis Festival ». Elle est également l’opérateur polonais du portail « Aleteia ». La Fondation et les éditions Dębogóra publieront prochainement un ouvrage intitulé La présence de la couronne. Rapport sur la grande tradition nationale, qui rassemble les déclarations de représentants de la vie intellectuelle polonaise dans le cadre d’une enquête sur la monarchie polonaise. Parmi les personnes qui s’expriment dans ce rapport figurent notamment Mgr Józef Michalik, ancien président de la Conférence épiscopale polonaise, Marek Jurek, ancien président du Parlement, et Janusz Kotański, ancien ambassadeur auprès du Vatican.
Depuis plusieurs années, la Fondation organise une messe de requiem pour les premiers souverains de Pologne près de la tombe de Boleslas Chrobry dans la cathédrale de Poznań.
Kenya : Une conférence sur les valeurs familiales appelle les gouvernements africains à défendre la famille
Une conférence sur les “valeurs familiales” s’est tenue au Kenya du 12 au 17 mai.
Ann Mbugua, présidente du Forum des professionnels chrétiens d’Afrique (ACPF), à l’initiative de l’événement, a ouvert la rencontre à laquelle participaient de nombreuses organisations pro-vie et pro-famille comme Family Watch International, Christian Council International, Center for Family and Human Rights, Family Policy Institute, le Syndicat de la famille (ex-Manif Pour Tous), le Polonais Jerzy Kwasniewski, à la tête de l’organisation Ordo Iuris, l’Espagnole Margarita de la Pisa Carrion, député européen du parti Vox.
Plusieurs hommes politiques kényans, dont Joseph Mogosi Motari et le député Peter Kaluma, ont accusé les organismes internationaux de “recruter” de jeunes diplômés kényans et de les payer pour qu’ils adoptent un mode de vie LGBT+.
Une déclaration a été publiée le 16 mai :
Nous, délégués à la Conférence Panafricaine sur les Valeurs Familiales (PACFV), représentant les gouvernements nationaux, les organisations de la société civile, les institutions académiques, les instances religieuses et les partenaires internationaux alliés, réunis à Nairobi, Kenya, sous le thème : « Promouvoir et protéger les valeurs familiales en des temps difficiles », adoptons et publions par la présente cette Déclaration comme une expression officielle de notre volonté commune de défendre la sainteté, l’intégrité et la protection constitutionnelle de la famille en Afrique, conscients des dynamiques mondiales pressantes menaçant la famille naturelle.
Nous réaffirmons que la famille est l’unité naturelle et fondamentale du groupe social, ayant droit à la protection de la société et de l’État, comme l’affirment l’article 16(3) de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’article 18 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, et l’article 45 de la Constitution du Kenya, ainsi que d’autres dispositions similaires dans de nombreuses constitutions nationales africaines.
De plus, nous affirmons que les parents ont le droit prioritaire de diriger l’éducation et l’instruction de leurs enfants, notamment en matière morale et religieuse, comme le garantit l’article 18(4) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Nous soulignons que l’héritage juridique, culturel et moral de l’Afrique reconnaît depuis longtemps la famille comme l’institution fondatrice du développement national, de l’ordre social, de la continuité intergénérationnelle et de la formation morale. C’est au sein de la famille que les enfants sont éduqués, socialisés et préparés à une citoyenneté responsable. La désintégration de cette unité menace non seulement le bien-être individuel, mais aussi la paix, la durabilité et la gouvernance collective des sociétés africaines.
DOMAINES DE PRÉOCCUPATION MAJEURE
À l’issue de nos délibérations consultatives et évaluations régionales, nous exprimons nos vives inquiétudes sur les points suivants :
1. Interventions étrangères à motivation idéologique : L’imposition de valeurs incompatibles avec les cultures et cadres constitutionnels africains, par le biais de conditionnalités liées à l’aide au développement, aux négociations commerciales et aux relations diplomatiques.
2. Intrusion numérique et médiatique : La prolifération de contenus nuisibles visant la jeunesse africaine via les plateformes numériques, les algorithmes des réseaux sociaux et les programmes de divertissement, sapant les valeurs traditionnelles et l’autorité parentale.
3. Promotion de l’Éducation complète à la sexualité (ECS) : La généralisation de l’ECS dans les écoles, souvent sans le consentement éclairé des parents ni conformité avec les standards éducatifs nationaux, menace les fondements moraux et l’apprentissage adapté à l’âge.
4. Promotion des idéologies d’identité de genre : La normalisation de la fluidité de genre et des identités sexuelles non biologiques dans la législation, l’éducation et les soins de santé, en contradiction avec les normes biologiques, culturelles et religieuses établies.
5. Normalisation de l’avortement comme un droit : Les tentatives de réinterprétation des instruments de droits humains existants pour promouvoir l’avortement à la demande, en méprisant le droit à la vie protégé dans les constitutions africaines et les normes coutumières.
6. Affaiblissement des droits parentaux : Les propositions légales et politiques réduisant ou annulant les responsabilités parentales en matière d’éducation morale, religieuse et sexuelle.
7. Manipulation extérieure des processus législatifs nationaux : Efforts secrets ou manifestes visant à influencer ou contourner les parlements nationaux pour adopter des instruments juridiques redéfinissant la famille, la vie et le genre.
DÉCLARATION ET ENGAGEMENTS
En réponse à ces préoccupations, nous, délégués de la PACFV, adoptons solennellement la Déclaration de Nairobi sur les Valeurs Familiales et nous engageons à :
1. Protéger et promouvoir le droit à la vie dès la conception, et rejeter toute législation ou politique diminuant la dignité humaine ou normalisant l’avortement ;
2. Affirmer la famille comme institution fondatrice de la société africaine, essentielle au développement de l’enfant, à la cohésion nationale et à la préservation culturelle ;
3. Établir, renforcer et coordonner des plateformes de plaidoyer pro-famille et des coalitions multisectorielles aux niveaux national, régional et continental pour influencer les politiques, les législations et la sensibilisation du public ;
4. Promouvoir des protections juridiques des droits et responsabilités parentaux, en garantissant aux parents l’autorité principale sur l’éducation de leurs enfants, notamment dans les domaines moral, religieux et éducatif ;
5. Protéger les enfants contre l’exploitation numérique et l’endoctrinement idéologique, y compris dans les programmes scolaires, les systèmes de santé et les contenus médiatiques ;
6. Résister à l’imposition de valeurs extérieures sous prétexte d’aide au développement, d’accords internationaux ou de partenariats de donateurs contraires aux lois nationales et à l’intégrité culturelle.
APPEL À L’ACTION
Nous appelons les gouvernements africains, l’Union africaine, les parlements nationaux et les communautés économiques régionales à prendre des mesures urgentes, coordonnées et fermes pour :
1. Participer activement aux forums internationaux — y compris les agences des Nations Unies, les organes de droits humains et les négociations de traités — pour affirmer la voix souveraine de l’Afrique dans la définition des politiques mondiales sur la famille, la vie et l’identité culturelle ;
2. Entreprendre des réformes et révisions législatives pour garantir l’alignement des lois nationales avec les protections constitutionnelles de la famille, de la vie et des droits parentaux ;
3. Rejeter les politiques et conditionnalités des donateurs qui sapent les valeurs morales, culturelles et juridiques des sociétés africaines ;
4. Investir dans les programmes d’éducation civique et les réformes des curricula promouvant l’intégrité familiale, la formation du caractère des jeunes et les valeurs nationales ;
5. Soutenir les institutions nationales, les communautés de foi et les acteurs de la société civile œuvrant pour renforcer les systèmes familiaux et contrer les idéologies sociales néfastes.
Nous affirmons que la famille n’est ni un concept flexible ni négociable, mais une institution enracinée biologiquement et socialement, essentielle à la survie, la paix et le développement de l’Afrique. Nous rejetons le relativisme culturel et la coercition idéologique qui menacent d’éroder les fondements moraux et juridiques des nations africaines. Par conséquent, nous adoptons cette Déclaration comme une expression d’intention contraignante et nous nous engageons à la traduire en lois applicables, politiques publiques, programmes institutionnels et partenariats régionaux.
Vers l’euthanasie des personnes handicapées
Lucile Strauch-Hausser, présidente du « Collectif Un gros risque en plus », dénonce dans le JDD la volonté d’euthanasier des personnes handicapées :
Dans un texte fondateur de la culture judéo-chrétienne, l’interdiction du meurtre allait de pair avec l’interdiction du mensonge. Il est donc peu surprenant que la transgression du premier principe aille de pair avec la transgression du second. Pour légitimer le permis de tuer, il est nécessaire d’en dissimuler l’effrayante vérité. Madame la Ministre chargée de l’Autonomie et du Handicap n’est pas la seule à participer à ce jeu-là, mais elle vient de montrer qu’elle y était certainement la plus talentueuse.
On savait déjà que la proposition de loi actuellement débattue à l’Assemblée nationale ne concernerait ni l’euthanasie, ni le suicide assisté, mais la bienveillante « aide à mourir » – on aurait bien choisi le terme de « mort miséricordieuse », s’il n’avait déjà servi… On savait aussi que la mort, si bien « aidée » par une dose de substance létale, resterait légalement une mort naturelle.
Nous apprenons désormais que l’ONU promeut l’euthanasie des personnes handicapées, grâce à notre ministre, Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, qui a demandé que ce droit soit « accessible à toute personne en situation de handicap, comme le prévoit la Convention des droits des personnes en situation de handicap des Nations unies ».
Cette convention ne comporte aucun « droit à l’euthanasie » mais affirme au contraire, à son article 10, l’obligation pour les États de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger le droit à la vie des personnes handicapées. Son article 16 exige leur protection contre toute forme d’abus, y compris dans les pratiques médicales et son article 17 rappelle le droit au respect de leur intégrité physique et mentale.
Même l’ONU s’inquiète
Madame la Ministre ne pouvait ignorer qu’en mars dernier, les experts onusiens chargés de surveiller l’application de cette convention ont condamné les politiques étendant l’euthanasie ou le suicide assisté aux personnes handicapées. Ils ont fait part de leur « extrême préoccupation » à l’égard du Canada, où le handicap suffit désormais à approuver l’aide médicale à mourir, dénonçant les « perceptions négatives et capacitistes de la qualité et de la valeur de la vie des personnes handicapées » sous-tendant cette législation.
Leur rapport dénonce un système, qui présente la mort comme une réponse légitime à la souffrance, tout en négligeant les défaillances systémiques qui rendent cette souffrance insupportable : pauvreté, isolement, manque de soins, absence de soutien social… Il insiste également sur les risques de pression sociale ou institutionnelle sur les personnes handicapées, dont certaines — notamment les femmes et les personnes en situation précaire — accèdent de manière disproportionnée à ces dispositifs d’euthanasie.
Le problème du choix « libre et éclairé »
En supprimant l’interdit de tuer, la légalisation de l’euthanasie menace directement les droits des personnes porteuses de handicap, en particulier celles porteuses de déficience intellectuelle. Quand on constate ce qui se pratique à l’étranger, comment peut-on encore croire que les personnes porteuses de handicap resteront à l’abri du dispositif euthanasique ? La condition d’un choix « libre et éclairé » de mourir est une utopie. Elle est subjective et sujette à interprétation. Aussi, le risque d’abus et d’emprise est accru chez les personnes avec une déficience intellectuelle.
On comprend que cela soit gênant pour la ministre en charge des personnes handicapées d’un gouvernement qui s’apprête à légaliser l’euthanasie dans les conditions les plus permissives du monde. « Couvrez ce sein, que je ne saurais voir ! »
Cette hypocrisie, loin de nous rassurer, corrobore nos craintes. Une proposition de loi qui redéfinit le réel pour légitimer ses transgressions ouvre une réalité bien sombre : en France comme au Canada, nos proches handicapés porteurs d’une déficience intellectuelle finiront tôt ou tard par en être les victimes. Nous ne tolérerons pas que ces faits soient dissimulés par un mensonge, tout officiel qu’il soit.
Donald Trump nomme l’archevêque Cordileone au conseil consultatif de la Commission sur la liberté religieuse
Le président Donald Trump a demandé à l’archevêque de San Francisco, Mgr Salvatore J. Cordileone, de siéger au conseil consultatif de la Commission pour la liberté religieuse, un organisme créé par un décret de la Maison Blanche au début du mois. L’archevêque Cordileone a accepté :
« La liberté religieuse est une question cruciale à notre époque, qui doit être défendue et traitée ». “Je suis heureux de me joindre à mes frères évêques pour faire entendre la voix des catholiques sur ce sujet important au niveau national.
Mgr Cordileone est membre du comité de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) pour les laïcs, le mariage, la vie familiale et la jeunesse, ainsi que du comité pour les affaires canoniques et la gouvernance de l’Église.
Parmi les autres membres du clergé catholique nommés au conseil consultatif figurent
- Mgr Thomas Paprocki, évêque de Springfield (Illinois), qui a mené la campagne nationale « Quinzaine pour la liberté » en 2012 pour défendre la liberté religieuse ;
- Mgr Kevin Rhoades, évêque de Fort Wayne-South Bend (Indiana), qui préside actuellement le comité de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis sur la liberté religieuse ;
- le père Thomas Ferguson, pasteur de la paroisse du Bon Pasteur à Alexandria (Virginie), et auteur de Catholic and American : The Political Theology of John Courtney Murray.
Le 1er mai, le président a signé un décret établissant la Commission de la liberté religieuse, désignant le lieutenant-gouverneur du Texas, Dan Patrick, comme président et le Dr Ben Carson comme vice-président, ainsi que 11 autres membres de la Commission.
Selon le décret, l’objectif de la Commission est de « conseiller le Bureau de la foi de la Maison Blanche et le Conseil de politique intérieure sur les politiques de liberté religieuse des États-Unis », par exemple en « recommandant des mesures pour garantir la liberté religieuse intérieure ».
Parmi les membres catholiques de la commission figurent l’archevêque de New York, le cardinal Timothy Dolan, l’évêque Robert Barron, fondateur de l’organisation médiatique populaire Word on Fire, et Ryan T. Anderson, président de l’Institut d’éthique et de politique publique.
Mgr Cordileone est connu en raison de son engagement inébranlable envers l’enseignement de l’Église et à son plaidoyer en faveur d’une plus grande révérence dans la liturgie. Le mois dernier, Mgr Cordileone a révélé que sa propre paroisse, la cathédrale Sainte-Marie-de-l’Assomption, avait commencé à célébrer la messe ad orientem.
Plus récemment, l’archevêque de San Francisco a exhorté les prêtres à soutenir les laïcs qui souhaitent recevoir la Sainte Communion sur la langue en s’agenouillant.
En décembre, Mgr Cordileone a lancé un nouveau projet visant à encourager la dévotion à Notre-Dame de Guadalupe – « Projet Guadalupe 2031 » – à l’approche du 500e anniversaire de ses apparitions. Il a appelé tous les catholiques à consacrer leur famille à Notre-Dame de Guadalupe et à placer son image dans leur maison avant le 500e anniversaire de ses apparitions au Mexique.
Toujours en décembre, M. Cordileone a publié une déclaration en réponse au rejet par l’ancienne présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, de l’interdiction qui lui avait été faite de communier, exhortant les catholiques à prier pour sa « conversion sur la question de la vie humaine dans le ventre de sa mère ».
Au début de l’année 2024, Cordileone a lancé un projet intitulé « Requiem pour les oubliés » afin d’honorer les martyrs catholiques du communisme.
Le Ralliement à l’origine du magistère pastoral de Vatican II
De l’abbé Claude Barthe sur Res Novae :
Dans Immortale Dei (1er novembre 1885), Léon XIII condamnait le « droit nouveau » découlant des institutions nées de la Révolution. Dans Au milieu des sollicitudes (16 février 1892), le même Léon XIII faisait aux catholiques français obligation de se rallier à la IIIème République. Nous ne reviendrons pas ici sur les raisons qu’il invoquait. Mais on peut voir dans ces consignes de Ralliement à un État qui ne considérait pas la loi de Dieu comme normative, une anticipation de Vatican II adoptant ces principes du droit nouveau sous la forme de liberté religieuse : le n. 2 de Dignitatis humanæ fait devoir à l’État de permettre (ne pas empêcher) à égalité la diffusion paisible du vrai et du faux. Ce qui revient à consacrer la neutralité religieuse intrinsèque de l’État, nouveauté considérable[1].
Comme on sait, une partie des catholiques se refusa à suivre les directives de Léon XIII. Mais il ne suffit pas de dire, pour justifier ce refus, qu’en édictant ces consignes, Au milieu des sollicitudes sortait du champ de la foi et des mœurs dans lequel le pape exerce son magistère. Léon XIII entendait bien donner une règle d’ordre moral, dans le domaine le plus important qui soit dans la vie des hommes sur terre, celui du politique. Il disait clairement : « Une telle attitude [l’acceptation] est la plus sûre et la plus salutaire ligne de conduite pour tous les Français, dans leurs relations civiles avec la république, qui est le gouvernement actuel de leur nation. » Consigne, certes, prudentielle (et formidablement imprudente !), qu’on ne saurait comparer à l’obligation faite par Dignitatis humanæ de ne pas empêcher la diffusion de l’erreur religieuse.
Mais n’était-on pas cependant en présence d’un enseignement similaire, « pastoral » avant la lettre ? Il est dans la nature de la loi en général, et éminemment de la loi de la foi, que le fond de cette loi – l’enseignement donné – et sa forme – l’autorité avec laquelle l’enseignement est énoncé – soient intrinsèquement liés. C’est pourquoi l’enseignement ecclésiologique novateur de Vatican II sur la liberté religieuse, relevant clairement du catholicisme libéral, ne pouvait que s’accompagner d’une autorité d’un type nouveau – en fait une absence d’autorité définitive – qu’on a qualifié d’enseignement « pastoral », qui lui aussi fait droit à la répugnance que le libéralisme a pour toute autorité dogmatique.
On peut donc avancer que les consignes de Ralliement, anticipation de Dignitatis humanæ, étaient un enseignement « archéo-pastoral ». À l’appui de cette hypothèse vient le chapitre conclusif du livre dirigé par Miguel Ayuso, Cristo Rey. Teología, filosofía y política ante el centenario de la encíclica Quas primas[2], dont une traduction française est en cours de publication aux éditions de L’Homme nouveau. Ce chapitre final de Félix María Martín Antoniano porte sur « La pastorale político-diplomatique des papes préconciliaires en rapport avec les pouvoirs révolutionnaires en ce qui concerne les catholiques espagnols. »
F.M. Martin Antoniano, qui se revendique expressément comme carliste, décrit trois « étapes pastorales » qui ont contribué à empêcher la possible restauration d’un État de type traditionnel : l’étape pastorale de Pie IX, qui a vu la « reconnaissance [par le Saint-Siège] des nouveaux pouvoirs libéraux » (Isabelle II, Amédée Ier, Ière République, Alphonse XII) ; l’étape pastorale de Léon XIII, au cours de laquelle a été prônée l’« union des catholiques pour l’acceptation des nouveaux pouvoirs libéraux » ; et l’étape pastorale de saint Pie X, qui a favorisé « la participation aux processus électoraux conformément à la théorie du moindre mal ». L’auteur s’étend largement sur l’action pastorale de Léon XIII, avec notamment l’invitation faite aux catholiques espagnols, par l’encyclique Cum multa du 8 décembre 1882, de se détourner du parti carliste (partisan de Don Carlos, le prétendant anti-libéral) et en conséquence de se rallier à la monarchie libérale d’Isabelle II. Le carlisme n’était pas nommé explicitement par l’encyclique, mais était reconnaissable comme l’opinion « qui identifie la religion à un parti politique et qui les confond au point de considérer l’ensemble d’un autre parti comme ne méritant plus le nom de catholique[3]. » Le thème de Cum multa était celui qu’on allait retrouver dix ans plus tard dans Au milieu des sollicitudes : la nécessaire union des catholiques pour le bien supposé de la religion. Suivit une interprétation authentique de Cum multa par le nonce apostolique, Mgr Rampolla, « véritable architecte de la pastorale politique romaine », dit F.M. Martin Antoniano dont Léon XIII fera ensuite son Secrétaire d’État, qui enfonçait le clou sur le thème de l’obéissance aux pouvoirs constitués.
Au milieu des sollicitudes, enseignement « pastoral » avant la lettre. À quoi on peut ajouter que sa non-réception par une partie des catholiques était annonciatrice de l’opposition à Vatican II. En France en tout cas, existait ainsi la posture d’être « plus catholique que le pape ». De fait, l’élément fondateur – par contrecoup – de ce qu’on a appelé le « catholicisme intégral », cœur, en tout cas au début, de la non-réception du dernier concile et surtout de la liturgie nouvelle, se trouve dans les consignes de Ralliement. On insiste généralement trop peu sur l’ébranlement provoqué par cette prise de position du pape Pecci. Soixante-dix ans plus tard, ce sera un véritable tremblement de terre.
Célestin V, quand le Pape démissionne
« À la mort de Nicolas IV (1292), le Saint-Siège resta vacant pendant vingt-sept mois, car les onze électeurs étaient divisés entre les partis des Colonna et des Orsini. Le roi Charles II de Naples (+1309), fils et successeur de Charles d’Anjou, frère de saint Louis IX, roi de France, s’activait pour faire élire un cardinal de son choix. L’élection de Pierre de Morrone, dont l’histoire semble légendaire, est l’une des plus étranges qu’on puisse se rappeler. Au printemps 1294, le roi de Naples se rendit à Pérouse pour discuter avec les cardinaux réunis en conclave. De là, il se rendit à Sulmona, où il accorda des privilèges aux disciples de Morrone. Ce dernier écrivit peu après une lettre au cardinal Latino, menaçant de terribles châtiments divins si, dans les quatre mois, le Sacré Collège n’élisait pas un pape. Tous avaient entendu parler de l’ermite comme d’un thaumaturge, mais personne ne le connaissait de vue. Convaincus qu’il était la personne la plus adaptée pour gouverner l’Église, ils lui donnèrent leur voix sur proposition du cardinal Latino. Une délégation de prélats et de notaires fut envoyée dans les montagnes de la Maiella pour demander à Morrone s’il acceptait l’élection. Les légats trouvèrent dans une grotte un vieillard de plus de quatre-vingts ans, pâle, émacié par les jeûnes, vêtu d’un tissu grossier et chaussé de peaux d’âne. Ils lui annoncèrent son élection au pontificat, mais il n’accepta qu’après avoir été pressé par ses confrères. La nouvelle de l’extraordinaire événement parvint à la cour de Charles II, qui se précipita à Sulmona avec l’intention de faire de l’élu un instrument docile de ses intérêts. Contre l’avis des cardinaux, qui l’invitaient à Pérouse pour le soustraire à l’influence de l’Angevin, il décida de s’arrêter quelque temps à L’Aquila, où, à l’exemple du Christ, il voulut entrer assis sur un âne, escorté par Charles II et son fils, qui tenaient les rênes. » (Guido Pettinati, santiebeati.it)
« Conscient du désordre qui s’infiltrait dans l’Église en raison de son incapacité administrative, Célestin V comprit qu’il n’était pas à la hauteur de sa tâche, au point de gémir, tourmenté de remords : “Mon Dieu, pendant que je règne sur les âmes, voilà que je perds la mienne.” Il consulta alors des experts en droit canonique, dont Benoît Gaetani, et tous lui répondirent qu’un pape pouvait abdiquer pour des raisons suffisantes. Dès que les Napolitains eurent vent qu’un pape si bon, et si facile à tromper, allait les quitter, ils envahirent Castel Nuovo. Célestin V parvint à peine à les calmer avec de vagues promesses et l’autorisation d’organiser des prières et processions pour demander plus de lumière à Dieu. Après avoir préparé avec Gaetani l’acte de renonciation au pouvoir pontifical et une constitution reconnaissant au pape la faculté de démissionner, il convoqua le consistoire le jour de sainte Lucie, ordonna à l’assistance de ne pas l’interrompre, puis, d’une voix forte et assurée, lut sa renonciation libre et spontanée au pouvoir des clefs suprêmes, “par humilité, pour une vie parfaite et la préservation de ma conscience, en raison de la faiblesse de ma santé et d’un manque de science, afin de retrouver la paix et la consolation de ma vie ancienne.” En pleurs, les assistants le virent déposer les insignes pontificaux pour reprendre son ancien habit de moine. E. Casti a bien écrit, à l’occasion du sixième centenaire du couronnement de Célestin V : “Son abdication ne fut ni une lâcheté, ni un acte d’héroïsme ; ce fut simplement l’accomplissement du devoir strict qui incombe à quiconque a assumé une fonction disproportionnée à ses forces. Le devoir moral de rester à son poste ne pouvait obliger, car il allait à l’encontre du bien commun.” Le 24 décembre, le cardinal Gaetani fut élu pape sous le nom de Boniface VIII. Un de ses premiers actes fut d’annuler tous les privilèges accordés par son prédécesseur, qui désirait retourner à son ermitage, tandis que le pape voulait l’emmener en Campanie pour éviter d’éventuels schismes ou rébellions. » (Guido Pettinati, santiebeati.it)
L’unité ne peut être qu’une unité dans la foi
Recevant ce matin les représentants d’autres Églises et communautés ecclésiales, le pape leur a dit :
[…]
Mon élection a eu lieu en l’année du 1700ème anniversaire du premier Concile œcuménique de Nicée. Ce Concile représente une étape fondamentale dans l’élaboration du Credo commun à toutes les Églises et Communautés ecclésiales. Alors que nous sommes en chemin vers le rétablissement de la pleine communion entre tous les chrétiens, nous reconnaissons que cette unité ne peut être qu’une unité dans la foi. En tant qu’Évêque de Rome, je considère comme l’un de mes devoirs prioritaires la recherche du rétablissement de la pleine et visible communion entre tous ceux qui professent la même foi en Dieu Père, Fils et Saint-Esprit.
En réalité, l’unité a toujours été une préoccupation constante pour moi, comme en témoigne la devise que j’ai choisie pour mon ministère épiscopal : In Illo uno unum, une expression de saint Augustin d’Hippone qui rappelle que nous aussi, bien que nous soyons nombreux, « dans l’Unique – c’est-à-dire le Christ – nous sommes un » (Enarr. in Ps., 127, 3). Notre communion se réalise en effet dans la mesure où nous convergeons vers le Seigneur Jésus. Plus nous lui sommes fidèles et obéissants, plus nous sommes unis entre nous. C’est pourquoi, en tant que chrétiens, nous sommes tous appelés à prier et à travailler ensemble pour atteindre pas à pas ce but qui est et reste l’œuvre de l’Esprit Saint. […]
Vers une union des droites en Pologne pour éliminer le candidat de Bruxelles ?
L’élection présidentielle polonaise s’annonce serrée. Rafal Trzaskowski, le candidat libéral et pro-européen allié du Premier ministre Donald Tusk, n’a recueilli que 31,16 % des voix au premier tour.
Karol Nawrocki, candidat du PiS, arrive juste derrière avec 29,71 % des suffrages.
En troisième place, le candidat d’extrême droite Slawomir Mentzen obtient 14,86% %, suivi d’un autre représentant de l’extrême droite avec 6,37 % des voix.
Le second tour, le 1er juin s’annonce incertain. Les grandes villes ont voté majoritairement pour le maire de Varsovie et les petits candidats de gauche, tandis que les zones rurales et les petits villes favorisaient le candidat du PiS et la droite.
Le président sortant Andrzej Duda, qui ne se représentait pas au terme de deux mandats, soutenu par le PiS, a empêché des réformes du Premier ministre libéral Donald Tusk, revenu à la tête du gouvernement en 2023.
Monaco : Lettre pastorale de Monseigneur David, “au sujet du respect de la Vie et de la proposition de loi sur l’avortement”
Cette lettre a été distribuée, en format papier, lors de toutes les messes du dimanche 18 mai 2025. Extrait :
[…]
1. – En 2019, à l’occasion du vote d’une proposition de loi levant la sanction pénale encourue par les femmes ayant avorté, les Conseillers Nationaux affirmaient, dans une déclaration solennelle, avoir atteint un point d’équilibre au regard des dispositions constitutionnelles de notre Principauté. Depuis, plusieurs d’entre eux ont changé d’avis, au risque d’entamer le crédit de la parole politique.
2. – Une nouvelle proposition de loi vise à dépénaliser l’avortement pour le corps médical et le personnel hospitalier, s’il est pratiqué à la demande de la femme enceinte avant la fin de la douzième semaine de grossesse, et avant la seizième semaine s’il existe une présomption suffisante que cette grossesse est la conséquence d’un acte criminel.
3. – J’ai déjà eu l’occasion de faire connaître ma préoccupation face à cette nouvelle proposition de loi. Le débat sur l’avortement a surgi soudainement dans l’agenda politique monégasque, porté par une campagne médiatique, alors qu’il ne figurait pas dans le programme électoral de la majorité élue. Ce revirement inattendu a entraîné d’ailleurs des dissensions au sein du Conseil National, puisque tous les élus n’ont pas signé ce nouveau texte. Je m’interroge sur ce qui a pu rendre ce sujet si urgent après deux modifications législatives votées sur cette question en 2009 et en 2019. On invoque le résultat d’une consultation lancée par le Conseil National en septembre dernier, où près de 80 % des personnes ayant répondu se sont déclarés favorables à une nouvelle évolution législative. Ce chiffre doit être relativisé. Un sujet aussi grave peut nuire au maintien de notre cohésion nationale, à la fois précieuse et fragile. Il ne devrait pas être traité sans permettre une juste compréhension des enjeux, qui vont bien au-delà de ce qui apparaît de prime abord. Comme l’a souvent illustré le saint Pape Jean-Paul II, les normes morales ne se définissent pas au suffrage universel.
4. – Les Conseillers Nationaux affirmaient en 2019 que l’avortement est un sujet particulièrement sensible et douloureux pour les femmes qui y ont recours. J’ajoute qu’il l’est aussi pour tout homme et pour la société tout entière. En effet, il concerne la dignité absolue de la personne humaine et de la juste autonomie personnelle, la défense de la vie et des plus faibles, la philosophie du droit et la compréhension qu’une société a d’elle-même, le fondement de ses institutions et, finalement, sa vision de l’Homme.
5. – À Monaco, en 2009, l’IMG a été dépénalisée, sous certaines conditions restrictives, pour répondre à des situations médicales complexes. Mon prédécesseur avait alors attiré l’attention de tous sur le danger qu’il y a toujours à légiférer à partir de cas particuliers et dramatiques alors que la loi est et doit rester, par principe et par définition juridique, un acte général et impersonnel. En 2019, le vote de la dépénalisation pour la femme avait été joint à des recommandations visant à améliorer l’accompagnement des mères et des familles confrontées à des grossesses non désirées, à renforcer la prévention des pratiques à risque et l’information des jeunes comme des adultes. Ces recommandations restent d’impérieuse actualité. Il y a là un beau défi à relever pour promouvoir la vie et non la mort. L’Église sera toujours présente pour une ambitieuse politique de la famille à Monaco.
6. – En Principauté, nous sommes fiers de défendre nos spécificités. Parmi elles, se trouve la confessionnalité de l’État. La religion d’État ne peut être réduite à une simple tradition : elle structure le droit monégasque lui-même ; elle est indissociable de notre identité nationale. L’article 9 de la Constitution fait des principes de la religion catholique le fondement des institutions publiques et des lois. Si, au regard du droit, chaque individu demeure libre, en conscience et à titre personnel, de pratiquer la religion de son choix ou aucune, l’État, en revanche, pour sa part et à titre collectif, a fait le choix, tout aussi libre et déterminé, de puiser sa philosophie politique et son inspiration juridique dans un système précis de références morales et de valeurs sociales. Si en France, par exemple, la laïcité irrigue l’ensemble du droit et l’action de l’État, ici à Monaco, c’est la foi catholique, dont le corpus de doctrine sociale et éthique est particulièrement développé. Fondant notre identité, elle est porteuse d’Espérance et constitue le ferment d’une convergence humaine civilisationnelle fondée sur la Vérité et la Vie.
7. – Concernant le droit à la vie et la compréhension de la nature du fœtus, la position de l’Église ne relève pas uniquement de la foi. Elle s’appuie entre autres sur des fondements philosophiques de conception de l’Homme partagés par d’autres que les croyants, et sur des données scientifiques dont les progrès ont confirmé aux yeux de tous les enseignements de la morale chrétienne en la matière. La biologie et la génétique expliquent désormais scientifiquement que la vie humaine commence dès la conception. L’embryon n’est pas un simple amas de cellules, ni une cellule du corps de la mère qui serait un prolongement de son propre corps ; il est une entité distincte. Ce nouvel être vivant appartient pleinement à l’espèce humaine : organisme unique, porteur d’un patrimoine génétique propre, qui n’est ni celui du père, ni celui de la mère, il n’est ni un animal, ni un végétal, ni une chose. La mère ne porte pas le néant ou la mort, mais déjà la vie humaine. Dès le IIe siècle, Tertullien en avait la prescience en affirmant : « Il est déjà un homme celui qui le sera ».
8. – À partir de sa conception, le développement de l’embryon ne connaît pas de sauts qualitatifs, mais une progression continue, ordonnée et sans rupture : le cœur commence à battre, les organes se forment, l’activité cérébrale émerge, la silhouette devient reconnaissable. Le fœtus est programmé pour se développer selon sa propre dynamique, et aucun seuil arbitraire (douze semaines, viabilité, naissance, etc.) ne peut fonder avec cohérence le début du respect dû à la vie humaine. La viabilité du fœtus, c’est-à-dire sa capacité à survivre en dehors de l’utérus, est un critère médical, relatif aux capacités des technologies disponibles, mais il ne peut devenir un critère moral qui en viendrait à déterminer son humanité. Un fœtus non viable est un être humain en développement, certes dépendant du corps de sa mère, mais sa dignité humaine ne peut dépendre ni de son niveau de conscience, ni de sa viabilité, ni d’un degré d’autonomie. Sans quoi, au cours de leur vie, des personnes dépendantes de traitements, de soins ou d’assistance pourraient se voir, au même titre, exclues du droit à vivre. La dignité humaine est un fait. Elle s’applique à tout être humain parce qu’il est, et non parce qu’il est capable ou viable. La vie humaine ne se définit pas par son autonomie mais par sa dignité – qui ne peut être accordée ou retirée par une loi civile.
9. – Le pape François a multiplié, ces dernières années, des formules choc, pour rappeler la gravité de l’avortement justifiant son opposition et celle de l’Église. Mais il nous est impossible de comprendre cette position, si nous oublions qu’elle s’articule à sa vision de « l’écologie intégrale », explicitée dans l’encyclique ‘Laudato Si’. Sa dénonciation de l’avortement doit se comprendre d’un point de vue moral certes, mais aussi comme un refus absolu de la « culture du déchet », qui supprime ce que nous ne désirons pas et qui nous encombre. Dans le domaine de l’écologie, nous savons à quel point notre Principauté, à la suite de son Souverain,se veut être exemplaire. Il y aurait une contradiction flagrante à vouloir respecter les forces de vie de la Nature en encourageant la culture de mort contre l’espèce humaine en ses membres les plus fragiles.
10. – Certains affirment que cette évolution législative serait nécessaire pour se mettre en adéquation avec le monde occidental. Or quatre pays membres du Conseil de l’Europe (Pologne, Malte, Andorre, Liechtenstein) – dont les deux premiers sont aussi membres de l’Union Européenne – ont une législation sur l’avortement plus restrictive qu’à Monaco. Aucun consensus ne se dégageant au sein du Conseil de l’Europe, la Cour Européenne des Droits de l’Homme reconnaît aux États une marge d’appréciation en matière de protection de l’enfant à naître. Il n’y a donc aucune contrainte législative pour les différents pays. Chacun est libre, en fonction de ses spécificités, d’apprécier le juste équilibre entre le droit à la vie prénatale et le choix des femmes.
11. – Aujourd’hui, si une femme choisit d’avorter en se rendant dans un pays où la législation l’y autorise, la loi monégasque ne la sanctionne pas. Ce n’est pas là un sujet d’hypocrisie, mais la reconnaissance par l’État de la liberté individuelle d’adhérer ou non aux références morales et aux valeurs sociales qui sont les siennes. L’hypocrisie serait caractérisée, au contraire, par l’affirmation d’un système de valeurs dont on se revendiquerait, mais dont on rejetterait, dans la pratique, les éléments les plus fondamentaux.
12. – Ce serait là un changement de société, un point de non-retour, le franchissement d’un cap anthropologique majeur, où le droit n’assurerait plus la protection des plus faibles. Cela entraînerait nécessairement une altération substantielle de nos Institutions, avalisant le fait que la Principauté ne se reconnaîtrait plus dans les références morales et les valeurs sociales du catholicisme. Est-ce ce que veulent vraiment les Monégasques ? Cela prend-il en compte les aspirations des nombreux Résidents qui ont choisi Monaco ?
13. – Depuis les origines, la religion catholique est constitutive de l’âme monégasque. C’est en prince chrétien, descendant d’une dynastie chrétienne d’une fidélité constante et éprouvée à l’Église de Rome, qu’en 1962 le Prince Rainier III a expressément inscrit la religion catholique au fronton de la nouvelle Constitution, selon – rappelons-le – le souhait unanime des élus nationaux de l’époque. À Monaco plus qu’ailleurs, qu’on soit croyant ou incroyant, pratiquant ou non, personne ne saurait contester que la religion réponde à son étymologie de « relier / religare », elle, dont la nature communautaire a fortement contribué à l’unité et à la singularité des Monégasques parmi les autres peuples. La sauvegarde de cette unité, autour de notre Prince souverain, nécessite le respect de ces principes fondamentaux et demeure un impératif pour chacune des autorités et institutions publiques de notre Pays. Soyons donc fiers de nos valeurs et cohérents dans nos actes, même juridiques !
14. – Parce que nous, habitants de Monaco et fidèles de l’Église catholique, nous aimons ce pays, nous voulons préserver son intégrité culturelle et son identité constitutionnelle. Nous prions pour que la foi demeure vive, non seulement dans les us et coutumes locales, mais encore et surtout dans les cœurs comme dans les mœurs. Nous voulons nous engager pour que, face aux détresses des femmes, des mères et des familles, l’avortement ne devienne pas la seule option envisagée, mais qu’elles soient accompagnées pour surmonter leurs difficultés, pour leur offrir une véritable et juste autonomie et leur permettre d’accueillir sereinement la Vie.
[…]
Léon XIV : La famille, l’avenir de l’homme
Tout récemment, le pape Léon XIV a défendu avec force l’importance des valeurs familiales traditionnelles. Précieuse boussole pour un univers en crise. Analyse du père Danziec dans Valeurs Actuelles :
L’exercice était attendu. En prenant la parole pour prononcer un discours devant le corps diplomatique accrédité par le Saint-Siège, le pape Léon XIV n’ignorait pas que chacun de ses mots seraient pesés, scrutés, analysés. La salle Clémentine, en ce vendredi 16 mai 2025, prenait en effet des allures de salle d’opération. Que se cachait-il aux tréfonds de ce nouveau pape que peu avait vu venir ? L’auditoire s’impatientait de le découvrir.
Léon XIV ne s’est pas réfugié derrière son petit doigt. Lui, que nombre de journalistes ont présenté comme timide, oubliant un peu vite que la discrétion et la retenue n’en sont pas des synonymes, a rappelé ainsi les devoirs de l’Eglise sur les sociétés et l’univers international :
« L’Eglise ne peut jamais se soustraire à son devoir de dire la vérité sur l’homme et sur le monde, en recourant si nécessaire à un langage franc qui peut au début susciter une certaine incompréhension. Mais la vérité n’est jamais séparée de la charité qui, à la racine, a toujours le souci de la vie et du bien de tout homme et de toute femme. »
Revenir à la source : la famille est antérieure à toute société civile
Alors que depuis la mort de François, le Vatican se trouve placé sous les feux des projecteurs entre les funérailles du pape argentin et l’élection au trône de Pierre du cardinal Robert Francis Prevost, la basilique Saint-Pierre elle-même est devenue le lieu privilégié de rencontres et de dialogues entre grands de ce monde. Comment faire advenir la paix et mettre fin aux conflits qui sévissent tant à Gaza qu’en Ukraine ? La réponse de Léon XIV ne s’est pas faite attendre et la hauteur de vue de son analyse manifesta à la fois son refus d’une petitesse d’esprit comptable quant aux conflits armés actuels et cette clairvoyance sur le dessein de l’homme que l’Eglise catholique seule est en mesure d’offrir au monde et d’assumer sans trembler.
Le pape américain, on s’en souvient, a prononcé devant la foule, comme premières paroles, le jour de son élection : « Che la pace sia con tutti voi ! / Que la paix soit avec vous tous ! », reprenant à son compte les premières paroles du Christ ressuscité. Pour que cette paix advienne, Léon XIV a donc invité le corps diplomatique et tous ceux qui ont des responsabilités gouvernementales, c’est-à-dire au service du Bien Commun,
« de s’efforcer à construire des sociétés civiles harmonieuses et pacifiées. Cela peut être accompli avant tout en misant sur la famille fondée sur l’union stable entre un homme et une femme, “une société très petite sans doute, mais réelle et antérieure à toute société civile” ».
Bien entendu, les plus pressés s’arrêteront sur la formule « union stable entre un homme et une femme ». Ce rappel d’une loi naturelle, somme toute élémentaire, un certain Lionel Jospin la faisait déjà sienne sur le plateau du Grand Journal de Canal +. Nous étions un 9 novembre 2012, l’hémicycle à majorité socialiste présentait son projet de loi de mariage ouvert aux homosexuels. L’ancien Premier Ministre s’inquiétait de cette « nouvelle tentation bien-pensante », en rejetant l’expression “Mariage pour tous” et en exposant sa conviction intime :
« L’idée fondamentale est que l’humanité est structurée entre hommes et femmes ».
Des paroles du pontife romain, on l’aura compris, l’essentiel repose plutôt sur le « avant tout » qui précède et souligne le précieux rappel du socle familial qu’est « l’union stable entre un homme et une femme ». Vous voulez la paix ? demande le pape. Famille d’abord ! Miser sur cellule de base de la société, selon la vision traditionnelle de l’enseignement de l’Eglise. Voilà ce que Léon XIV a donc affirmé avec un divin toupet, devant des diplomates aguerris, le tout en s’appuyant notamment sur son prédécesseur et inspirateur Léon XIII.
Jean-Didier Lecaillon et le rôle irremplaçable de la cellule familiale
On connaît la terrible phrase d’André Gide « Familles, je vous hais ! », qui n’a vu dans l’écrin des foyers qu’une institution oppressive, conformiste et repliée sur elle-même. Et l’on comprend qu’avec de tels sentiments le prix Nobel de la littérature en 1947 l’ait eue en horreur. Cette vision de la famille de l’auteur des Nourritures terrestres se trouve cependant aux antipodes de la définition qu’en donne la doctrine sociale de l’Eglise. Selon l’enseignement catholique, la famille est caractérisée par « le don de soi réciproque de l’homme et de la femme », conçue comme « le milieu de vie dans lequel l’enfant peut naître et épanouir ses capacités », « fondée sur le mariage ».
Loin de la quête hédoniste d’individualisme promue par une société de consommation incapable d’élever l’humanité, le professeur émérite de l’université Paris-Panthéon-Assas, Jean-Didier Lecaillon, rappelait dans les colonnes de Valeurs Actuelles fin janvier, le rôle immense et irremplaçable des valeurs familiales, tant un plan social que sur un plan économique. La famille est en effet ce lieu privilégié de la reproduction nécessaire, de l’indispensable formation du capital humain et de la stabilité qui les assure. « Une cellule est l’unité première et dire qu’elle est la base de toute construction sociale, c’est reconnaître implicitement son existence naturelle, mais aussi nous prémunir d’une conception strictement individualiste. » écrit-il dans son récent ouvrage La famille au cœur de l’économie (Salvator)
Pour un pape dont les premières prises de parole cherchent à refaire l’unité interne de l’Eglise, on ne s’étonnera pas que l’unité première de la famille lui apparaisse comme une condition sine qua non à toute paix civile et le point de départ d’un apprentissage réussi d’une sociabilité féconde.
Législative partielle en Saône-et-Loire : vers un second tour RN vs LR
Une élection législative partielle avait lieu dimanche dans la 5ème circonscription de Saône-et-Loire suite à l’annulation par le Conseil constitutionnel, saisi par l’ex-député Renaissance, de l’élection du député RN Arnaud Sanvert après des irrégularités constatées lors du scrutin en juin 2024.
Avec 67,27 % d’abstention, la participation était au plus bas au premier tour.
Par conséquent les résultats n’ont pas grand chose à voir avec 2024.
- Arnaud Sanvert, le candidat du RN, dont l’élection avait été invalidée, sauve les meubles avec un résultat en recul de 3,2 points; Il garde la première place avec 32%.
- L’Insoumise Fatima Kouriche, arrivée deuxième en 2024, voit son score s’écrouler : elle perd un peu plus de 15 points.
- Le socialiste Clément Mugnier effectue une percée avec près de 17% des suffrages.
- Le DVD Sébastien Martin, pour sa 1ère candidature à une législative, totalise 25,60% (contre 19,05% pour le LR Gilles Platret le 30 juin 2024)
- Marie-Claude Jarrot, qui portait les couleurs présidentielles, apparait comme la grande perdante.
En juillet 2024, à la valeur d’une triangulaire, avec 40,57% des voix, Arnaud Sanvert avait gagné.
Echec de Georges Simion en Roumanie
Le système a eu raison de la droite eurosceptique en Roumanie, après l’annulation d’un scrutin puis l’interdiction du concourir du candidat en tête, c’est le maire proeuropéen de Bucarest, Nicusor Dan, qui a remporté le second tour de l’élection présidentielle avec près de 54 % des suffrages, contre 46 % pour le chef du parti nationaliste AUR, George Simion, qui a cependant revendiqué la victoire, invoquant des « fraudes », avant de reconnaître plus tard son échec.
Le taux de participation s’est élevé à près de 65 %, contre seulement 53 % au premier tour.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a « chaleureusement » félicité dimanche Nicusor Dan.
Dans l’après-midi, Pavel Durov, le fondateur de Telegram, a accusé la France d’avoir cherché à « censurer des voix conservatrices » en Roumanie – ce que le Quai d’Orsay a démenti.
George Simion était arrivé en tête du premier tour avec près de 41 %, le double de son rival.
Sénilité de Joe Biden : c’est Donald Trump qui avait raison
Ces journalistes ne doutent de rien : ils accusent les « complotistes » de « fake news » pendant des années, cachent une réalité évidente, et s’offrent encore le luxe de faire croire qu’ils ont mené une enquête courageuse :
Deux journalistes américains publieront mardi un ouvrage sur la détérioration de l’état de santé de Joe Biden vers la fin de son mandat. Surtout, dans le livre, les auteurs semblent démontrer une immense tromperie envers le public. […]
Camoufler la vérité sur l’état de santé du président constitue une atteinte grave à la démocratie. C’est un manque de transparence, voire un mensonge pour le peuple.
Mais à la veille d’une élection présidentielle, il s’agit aussi d’une forme de trahison envers le Parti démocrate. Le parti s’est retrouvé à devoir changer de candidat présidentiel à quelques mois des élections. Kamala Harris a été choisie à la va-vite et lancée dans l’arène sans préparation.
Mentir sur la santé d’un président en exercice n’est pas simplement une faute de communication. C’est une tromperie démocratique grave. Ce livre va faire du tapage.

Résultat historique de la droite nationale au Portugal
Le premier ministre portugais de droite modérée (l’Alliance démocratique, AD) , Luis Montenegro, a remporté les législatives anticipées de dimanche avec 32,7% des suffrages mais, comme il y a un an, il n’obtient pas une majorité. La droite nationale représentée par le parti Chega («Assez») atteint pour la première fois la barre de 20% des voix (22,6%) et talonne l’opposition socialiste à 23,4% pour le PS.
ans compter les quatre mandats des circonscriptions de l’étranger, qui ne seront attribués que dans les prochains jours, la coalition sortante remporte 89 sièges sur un total de 230, bien en dessous du seuil de 116 élus synonyme de majorité absolue.
Luis Montenegro a toujours refusé de gouverner avec le soutien de Chega. Il pourrait essayer de former une majorité plus large en négociant le ralliement de la formation Initiative libérale (IL), arrivée en quatrième position avec 5,5% des voix et neuf élus.
En sièges, socialistes et Chega se retrouvent à égalité, avec 58 députés chacun.
Depuis sa fondation en 2019, Chega a connu une croissance fulgurante, obtenant en mars dernier 18% des voix pour passer de 12 à 50 députés. Son président André Ventura a vu sa campagne perturbée par deux malaises dont il a été victime devant les caméras de télévision, mais il est apparu plus en forme lorsqu’il a voté dimanche.
“Ce ne sont pas les soins qui humanisent la fin de vie, mais la relation”
Tribune de Mgr Rey dans le JDD :
Il est des lois qui, derrière les mots apaisants de la liberté, trahissent une défaite du regard. Une société dit ce qu’elle est dans la manière dont elle considère ses membres les plus fragiles. La légalisation de l’euthanasie, que le Parlement débat en ce moment, signe une capitulation morale et spirituelle : elle acte que certains hommes peuvent être de trop.
Ce n’est pas tant la souffrance que l’on prétend vaincre. Les progrès de la médecine permettent désormais de soulager presque toute douleur physique. Ce que cette loi cherche à résoudre, c’est une solitude plus intime : celle d’une vie qui dérange parce qu’elle est devenue vulnérable. La vieillesse, la maladie, la dépendance… autant de visages d’une humanité qui ne performe plus, qui échappe aux standards de l’autonomie. Et que l’on pousse doucement vers la sortie.
Je ne suis pas de ceux qui idéalisent la souffrance. Mais je suis de ceux qui croient que la dignité ne dépend jamais de notre état de santé. Que le regard que nous posons les uns sur les autres a le pouvoir de relever, ou d’enfoncer. Et je redoute une société où l’on enseigne à ceux qui souffrent que leur vie n’a plus d’autre issue que l’effacement. Là où l’on voudrait nous faire croire à un choix, c’est en réalité une pression sociale qui s’exerce : ne pas peser, ne pas coûter, ne pas déranger. L’euthanasie devient une échappatoire offerte à ceux que nous n’avons pas su entourer.
Légaliser l’euthanasie n’est pas un progrès. C’est un renoncement. Renoncement à accompagner. Renoncement à cette fraternité patiente et exigeante qui porte l’autre dans sa nuit. Renoncement, enfin, à croire que l’homme, jusque dans ses derniers jours, peut encore grandir, transmettre, espérer. Elle entérine l’idée que certaines solitudes sont irrémédiables. Elle inscrit dans notre droit non pas une victoire sur la souffrance, mais une défaite face à la solitude.
Ce regard que nous avons sur la vieillesse et la fin de vie dit quelque chose de notre civilisation. Ce que nous légiférons ici façonnera les seuils ultimes de l’existence. La loi devient un miroir cruel, où la fragilité cesse d’être une école d’humanité pour devenir un poids qu’il faudrait écourter ou éliminer.
Accompagner un être humain jusqu’au bout, c’est ne jamais se dérober à ce que son existence vient réveiller en nous : notre peur de la dépendance, notre difficulté à rester présent. Mais c’est aussi là que l’homme se révèle pleinement humain : quand il ne fuit pas, quand il demeure, quand il soutient. Cette présence simple et fidèle est parfois plus efficace qu’aucun soin technique. Elle est la réponse invisible à la souffrance morale, à la détresse intérieure, à cette angoisse sourde d’être abandonné.
Je vois chaque jour dans les maisons de retraite, dans les chambres d’hôpital, dans les cœurs fatigués, combien un regard, une présence, une main tendue peuvent rouvrir l’horizon. La question n’est pas : « que faire de ceux qui souffrent ? », mais : « que suis-je prêt à être pour celui qui souffre ? » Ce ne sont pas les soins qui humanisent la fin de vie, mais la relation. Le simple fait d’être là. Et d’y croire encore.
Il existe, au plus profond de l’homme, une source que la fragilité ne tarit pas. Elle peut même la révéler. Ne laissons pas la loi l’ignorer. Ne trahissons pas ceux qui, dans leur lit, dans leur silence, dans leur combat, nous confient une ultime mission : celle d’aimer jusqu’au bout.
Léon XIV : les premiers pas, entre spirituel et temporel
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent
- 𝗣𝗲̀𝗿𝗲 𝗝𝗲𝗮𝗻-𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰̧𝗼𝗶𝘀 𝗧𝗛𝗢𝗠𝗔𝗦, jésuite
- 𝗙𝗿𝗲́𝗱𝗲́𝗿𝗶𝗰 𝗟𝗲 𝗠𝗢𝗔𝗟, historien spécialiste de l’histoire militaire et des relations internationales
- 𝗝𝗲𝗮𝗻-𝗕𝗮𝗽𝘁𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗡𝗢𝗘́, docteur en histoire économique, professeur de géopolitique et d’économie politique à l’Institut Albert le Grand et rédacteur en chef de la revue Conflits
Bruno Retailleau élu président du parti les Républicains sans conteste
Les quelque 120 000 adhérents des Républicains ont choisi Bruno Retailleau comme nouveau président du parti avec 74,31% des voix.
Il s’était exprimé contre la proposition de loi sur l’euthanasie :
« Le texte aujourd’hui est tellement permissif. Demain, ce que je crains, c’est qu’il soit beaucoup plus facile de demander la mort que d’avoir des soins ». « C’est un texte qui va cumuler aussi bien le suicide assisté que l’euthanasie. Or, dans tous les pays qui ont autorisé ce double choix, et bien, c’est toujours l’euthanasie qui a écrasé le suicide assisté ».
« Bien sûr, c’est une proposition de loi, mais ce texte, pour moi, il est terrible parce que c’est un texte d’abandon ». Si « par malheur, il était demain voté, eh bien, au moment de leur mort, les uns ou les autres devront se poser cette question non pas de tendre une main ou de demander une main secourable, mais de dire : “Suis-je un fardeau pour la société ?” »
« Quand on voit que dans la dernière année d’une vie, le coût pour la santé, c’est plus de 35 000 euros, ce que je crains, demain, c’est que ces considérations matérielles, ces considérations économiques prennent le pas sur la dignité de la vie humaine ». « Ce n’est pas un texte de fraternité, c’est un texte d’abandon » qui va « dans le très mauvais sens ».
“Je me battrai, parce que notre société a besoin de soins palliatifs, pas d’une légalisation de l’euthanasie.”
Les députés ont voté pour l’article sur l’euthanasie
Les députés ont approuvé samedi 17 mai la création d’un «droit à l’aide à mourir», et rétabli le principe selon lequel les patients devront s’auto-administrer la substance létale, sauf lorsqu’ils ne sont pas en capacité de le faire. L’article créant ce droit a été adopté par 75 voix, contre 41.
On trouve, parmi ceux qui ont voté pour
- 4 députés RN (30 contre)
- 20 députés Ensemble (2 contre)
- 16 députés LFI (zéro contre)
- 17 députés socialistes (1 contre)
- 6 escrologistes (zéro contre)
- 3 démocrates (zéro contre)
- 6 Horizons (zéro contre)
- 2 Gauche Démocrate (zéro contre)
Un vote sur l’ensemble du texte est prévu le 27 mai. Quelque 1839 amendements doivent encore être étudiés.
Pour Catherine Vautrin, l’auto-administration traduit en acte jusqu’au dernier moment la volonté de mourir du patient.
«Mais peut-être qu’effectivement le cas du patient qui a dit oui, je m’auto-administre, mais qui, au moment de boire le produit, par exemple, ou de se l’injecter n’est pas en capacité, nécessite peut-être à ce moment-là un accompagnement».
Catherine Vautrin était à Rome ce matin, dans un exercice d’équilibriste.
Notre-Dame de Chrétienté se réjouit avec l’Église universelle de l’élection du Saint-Père Léon XIV
Communiqué de Notre-Dame de Chrétienté :
Alors que le pèlerinage de Pentecôte s’apprête à célébrer le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ, le choix du nom Léon XIV, en référence explicite à Léon XIII, grand pape de la doctrine sociale de l’Église (Encyclique Rerum novarum), mais aussi d’un enseignement fort sur l’unité de l’Église (Encyclique Immortale Dei), résonne en écho à l’appel que Notre-Dame de Chrétienté lance à ses pèlerins de s’investir chaque jour dans la Cité pour que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel.
Sa devise « In illo uno unum » (« En celui qui est un, soyons un ») porte l’espérance d’une pleine unité de l’Eglise en Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie, nécessaire à la sanctification de ses enfants.
Les pèlerins de Chartres confieront tout particulièrement le Saint-Père à la protection de la Très Sainte Vierge Marie pour qu’il reçoive toutes les grâces nécessaires à la pleine réalisation de sa charge pour la Gloire de Dieu et le Salut des âmes.
Deo gratias
Philippe Darantière
Président de Notre-Dame de Chrétienté
“Appelés par notre baptême à construire l’édifice de Dieu dans la communion fraternelle, dans l’harmonie de l’Esprit, dans la coexistence des diversités”
Voici l’homélie du pape Léon XIV, prononcée ce matin lors de sa messe d’intronisation :
Chers frères Cardinaux,
Frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,
distinguées autorités et membres du Corps diplomatique,
Salutations aux pèlerins venus pour le Jubilé des Confréries !
frères et sœurs,
C’est avec un cœur plein de gratitude que je vous salue tous au début du ministère qui m’a été confié. Saint Augustin écrivait : « Tu nous avez faits pour Toi, Seigneur, et notre coeur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi » (Les Confessions, 1.1.1).
Ces derniers jours, nous avons vécu un moment particulièrement intense. La mort du pape François a rempli nos cœurs de tristesse et, dans ces heures difficiles, nous nous sommes sentis comme ces foules dont l’Évangile dit qu’elles étaient « comme des brebis sans berger » (cf. Mt 9, 36). Le jour de Pâques, cependant, nous avons reçu sa dernière bénédiction et, à la lumière de la résurrection, nous avons affronté ce moment dans la certitude que le Seigneur n’abandonne jamais son peuple, qu’il le rassemble lorsqu’il est dispersé et qu’il le « garde comme un berger son troupeau » (Jr 31, 10).
Dans cet esprit de foi, le Collège des cardinaux s’est réuni pour le Conclave ; issus d’histoires et de parcours différents, nous avons remis entre les mains de Dieu le désir d’élire le nouveau successeur de Pierre, l’Évêque de Rome, un pasteur capable de garder le riche héritage de la foi chrétienne et, en même temps, de jeter son regard au loin pour répondre aux questions, aux inquiétudes et aux défis d’aujourd’hui. Accompagnés par votre prière, nous avons senti l’action de l’Esprit Saint qui a su accorder les différents instruments de musique en faisant vibrer les cordes de nos cœurs en une mélodie unique.
J’ai été choisi sans aucun mérite et, avec crainte et tremblements, je viens à vous comme un frère qui veut se faire le serviteur de votre foi et de votre joie, en marchant avec vous sur le chemin de l’amour de Dieu, qui veut que nous soyons tous unis en une seule famille.
Amour et Unité : ce sont les deux dimensions de la mission confiée à Pierre par Jésus.
C’est ce que nous raconte le passage de l’Évangile qui nous conduit au lac de Tibériade, là même où Jésus avait commencé la mission reçue du Père : “pêcher” l’humanité pour la sauver des eaux du mal et de la mort. En passant sur la rive de ce lac, il avait appelé Pierre et les autres premiers disciples à être comme Lui « pêcheurs d’hommes » et désormais, après la résurrection, c’est à eux de poursuivre cette mission, de jeter le filet encore et encore pour plonger dans les eaux du monde l’espérance de l’Évangile, de naviguer sur la mer de la vie pour que tous puissent se retrouver dans l’étreinte de Dieu.
Comment Pierre peut-il s’acquitter de cette tâche ? L’Évangile nous dit que cela n’est possible que parce qu’il a expérimenté dans sa propre vie l’amour infini et inconditionnel de Dieu, y compris à l’heure de l’échec et du reniement. C’est pourquoi, lorsque Jésus s’adresse à Pierre, l’Évangile utilise le verbe grec agapao, qui se réfère à l’amour que Dieu a pour nous, à son offrande sans réserve et sans calcul, différent de celui utilisé pour la réponse de Pierre, qui décrit plutôt l’amour de l’amitié, que nous avons entre nous.
Lorsque Jésus demande à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » (Jn 21, 16), il fait donc référence à l’amour du Père. C’est comme si Jésus lui disait : ce n’est que si tu as connu et expérimenté cet amour de Dieu, qui ne manque jamais, que tu pourras paître mes agneaux ; ce n’est que dans l’amour de Dieu le Père que tu pourras aimer tes frères un « encore plus », c’est-à-dire en offrant ta vie pour tes frères.
À Pierre est donc confiée la tâche « d’aimer davantage » et de donner sa vie pour le troupeau. Le ministère de Pierre est précisément marqué par cet amour oblatif, car l’Église de Rome préside à la charité et sa véritable autorité est la charité du Christ. Il ne s’agit jamais d’emprisonner les autres par la domination, la propagande religieuse ou les moyens du pouvoir, mais il s’agit toujours et uniquement l’aimer comme Jésus l’a fait.
Lui – affirme l’apôtre Pierre lui-même – « est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle » (Ac 4, 11). Et si la pierre est le Christ, Pierre doit paître le troupeau sans jamais céder à la tentation d’être un meneur solitaire ou un chef placé au-dessus des autres, se faisant maître des personnes qui lui sont confiées (cf. 1 P 5, 3). Au contraire, il lui est demandé de servir la foi de ses frères, en marchant avec eux : en effet, nous sommes tous constitués « pierres vivantes » (1 P 2, 5), appelés par notre baptême à construire l’édifice de Dieu dans la communion fraternelle, dans l’harmonie de l’Esprit, dans la coexistence des diversités. Comme l’affirme saint Augustin : « L’Église est constituée de tous ceux qui sont en accord avec leurs frères et qui aiment leur prochain » (Discours 359, 9).
Cela frères et sœurs, je voudrais que ce soit notre premier grand désir : une Église unie, signe d’unité et de communion, qui devienne ferment pour un monde réconcilié.
À notre époque, nous voyons encore trop de discorde, trop de blessures causées par la haine, la violence, les préjugés, la peur de l’autre, par un paradigme économique qui exploite les ressources de la Terre et marginalise les plus pauvres. Et nous voulons être, au cœur de cette pâte, un petit levain d’unité, de communion, de fraternité. Nous voulons dire au monde, avec humilité et joie : regardez le Christ ! Approchez-vous de Lui ! Accueillez sa Parole qui illumine et console ! Écoutez sa proposition d’amour pour devenir son unique famille : dans l’unique Christ, nous sommes un. Et c’est la route à parcourir ensemble, entre nous, mais aussi avec les Églises chrétiennes sœurs, avec ceux qui suivent d’autres chemins religieux, avec ceux qui cultivent l’inquiétude de la recherche de Dieu, avec toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté, pour construire un monde nouveau où règne la paix !
Tel est l’esprit missionnaire qui doit nous animer, sans nous enfermer dans notre petit groupe ni nous sentir supérieurs au monde ; nous sommes appelés à offrir à tous l’amour de Dieu, afin que se réalise cette unité qui n’efface pas les différences, mais valorise l’histoire personnelle de chacun et la culture sociale et religieuse de chaque peuple.
Frères et sœurs, c’est l’heure de l’amour ! La charité de Dieu qui fait de nous des frères est au cœur de l’Évangile et, avec mon prédécesseur Léon XIII, aujourd’hui, nous pouvons nous demander si on ne verrait pas « l’apaisement se faire à bref délai, si ces enseignements pouvaient prévaloir dans les sociétés ? » (Lett enc. Rerum Novarum, n. 21)
Avec la lumière et la force du Saint Esprit, construisons une Église fondée sur l’amour de Dieu et signe d’unité, une Église missionnaire, qui ouvre les bras au monde, annonce la Parole, se laisse interpeller par l’histoire et devient un levain d’unité pour l’humanité.
Ensemble, comme un seul peuple, comme des frères tous, marchons vers Dieu et aimons-nous les uns les autres.
Terres de Mission : La fin des temps et l’espérance chrétienne
Terres de Mission reçoit le père Charles Bonin, prêtre du diocèse de Grenoble, qui vient de publier un très intéressant ouvrage sur l’eschatologie : “Faut-il se préparer à la fin des temps ?” (Artège).
Puis l’abbé Michel Viot, prêtre du diocèse de Blois, revient sur la discussion parlementaire en cours sur l’euthanasie, suggérant que l’Eglise interdise les funérailles chrétiennes pour les promoteurs de cette loi et ceux qui pratiqueront l’euthanasie et invitant les évêques à parler avec le courage de Mgr von Galen qui s’était opposé à l’Aktion T4 dans l’Allemagne nazie.
Recueil de prières
L’abbé Laurent Goy, né en 1969, ordonné prêtre en 1995 dans le diocèse de Belley-Ars, curé de Coligny, vient de publier un livre de prières tout à fait traditionnel, composé de 160 prières usuelles dont les plus populaires en français et en latin, au Saint Sacrement, au Sacré-Cœur, à la Sainte Vierge, à saint Joseph, pour la France, avec les litanies et commandements de Dieu. Le tout illustré d’images pieuses anciennes.
Dom Hervé Courau, père abbé émérite de l’abbaye Notre-Dame de Triors, écrit dans la préface :
« Ce petit livret n’a pas d’autre ambition que de propager l’esprit de prière, à l’école des saints qui ont enrichi leur vie intérieure par des formules qui nous rejoignent. Il y a un demi-siècle, on dédaignait un peu le ton présumé vieillot de nos anciens. Je crois que le temps est venu de retrouver ces formules qui firent leurs preuves auprès de tant de générations. »
Un beau cadeau à offrir aux prochains premiers communiants.
Des Lys pour Sainte Anne : du 30 mai au 1er juin, venez célébrer le 400e anniversaire des apparitions de Sainte Anne en Bretagne
Venez célébrer à Vannes et à Sainte-Anne-d’Auray le 400e anniversaire des apparitions de Sainte Anne en Bretagne !
Sainte Anne, grand-mère de Jésus, a toujours occupé une place spéciale dans le cœur des rois de France. La tradition veut que, dès le Moyen Âge, les monarques aient entretenu une dévotion particulière envers cette sainte, invoquée pour la protection de la France et pour la bénédiction des naissances royales. Seulement trois ans après les apparitions de sainte Anne, la reine Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, demande en 1628 au clergé de Sainte-Anne d’Auray des prières publiques et quotidiennes pour obtenir un héritier qui tardait à venir. Des supplications venant de toute la France s’unissaient à la prière bretonne pour que le miracle se réalise. Après onze ans de supplication à sainte Anne et à la Vierge Marie, et après vingt-trois ans de mariage, la reine met enfin au monde un fils inespéré, « Dieudonné », futur Louis XIV. Louis XIII offre en action de grâces au sanctuaire une relique de sainte Anne, tandis que la reine fait don d’une magnifique chasuble brodée. Les apparitions de sainte Anne s’associent donc dans la mémoire nationale au miracle de la naissance d’un dauphin, consacrant alors le lien entre la famille royale et le sanctuaire de Sainte Anne d’Auray. En écho au miracle, la Saint Louis y est depuis lors fêtée solennellement par les pères Carmes à l’intention de la famille royale, ce qui attire de nombreux pèlerins de Bretagne et d’ailleurs.
La participation du Duc d’Anjou au grand jubilé de 2025 renouvelle la dévotion et l’attachement de la famille des Bourbon à sainte Anne, en particulier en lien avec le sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray. Elle est donc bien plus qu’une démarche personnelle ; elle perpétue le souvenir du lien spécial de la France avec sainte Anne, tant patronne de la Bretagne que protectrice des familles et de notre nation. L’histoire royale de Sainte-Anne d’Auray est ainsi une source d’inspiration pour le bien commun.
Pour plus d’informations : https://www.lys-info.fr/
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Quatrième dimanche après Pâques : “Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
La liturgie de ce jour exalte la justice de Dieu (Intr., Ev.) qui se manifeste par le triomphe de Jésus et par l’envoi du Saint-Esprit. « La droite du Seigneur a fait éclater sa puissance en ressuscitant le Christ d’entre les morts » (All.) et en le faisant monter au ciel le jour de son Ascension.
Du ciel il enverra à son Église l’Esprit de vérité (Év.), ce don excellent qui vient du Père des lumières (Ép.). L’Esprit-Saint nous enseignera toute vérité (Év., Off., Secr.), « il nous annoncera » ce que Jésus lui dira et c’est en écoutant cette parole de vie que nous serons sauvés (Ép.). L’Esprit-Saint nous dira les merveilles que Dieu a opérées pour son Fils (Intr., Off.) et ce témoignage de la justice éclatante faite à Notre-Seigneur consolera nos âmes et nous soutiendra au milieu des persécutions.
Comme ceux de tous les dimanches du temps pascal, les chants de ce quatrième dimanche expriment la joie et l’action de grâce des rachetés, morts au péché avec le Christ et ressuscités avec lui pour une vie nouvelle. Nous trouverons à l’Offertoire le triomphant Jubilate Deo, dont le texte était déjà celui de l’Introït de dimanche dernier.
Introït : Cantate Domino
La messe commence aujourd’hui avec l’Introït Cantate Domino exprimant une joie simple et légère. Le texte est néanmoins assez enthousiaste.
Cantate Domino canticum novum, quia mirabilia fecit Dominus : ante conspectum gentium revelavit justitiam suam.
Chantez au Seigneur un chant nouveau car il a fait des merveilles : à la face des nations il a manifesté sa justice.
C’est le début du psaume 97, cantique de louange au Seigneur, roi et juge universel. On trouve ailleurs sur ce même texte des mélodies plus éclatantes, mais celle-ci ressemble tout à fait à celle de l’Introït Quasimodo, celui du premier dimanche après Pâques : » Comme des enfants nouveau-nés « , c’est l’esprit d’enfance spirituelle, la joie légère et l’abandon filial des nouveaux baptisés de la nuit pascale. Avec eux nous chantons notre joie d’être redevenus enfants de Dieu. Le verset suivant du psaume est psalmodié à la suite avant le Gloria Patri et la reprise de l’Introït :
Salvavit sibi dextera ejus et brachium sanctum ejus
C’est sa main droite et son bras très saint qui l’ont fait triompher.
Alléluia : Dextera Dei
Comme c’est généralement le cas pour les dimanches du temps pascal, les deux Alléluias de ce quatrième dimanche sont très différents l’un de l’autre, il y en a un court et un long. Le premier a pour texte un verset du psaume 117, le grand psaume d’action de grâce pascal, celui de l’Hæc dies. C’est un texte que nous connaissons déjà d’ailleurs puisque nous avons entendu un chant d’Offertoire sur ces mêmes paroles.
Dextera Dei fecit virtutem, dextera Domini exaltavit me.
La droite de Dieu a agi avec puissance, la droite du Seigneur m’a élevé.
On le chante en particulier pendant la semaine sainte, où il est placé dans la bouche du Christ rendant déjà grâce à son père pour la résurrection. Chacun de nous peut le redire à son tour pour remercier le Seigneur d’avoir été racheté par la toute puissance divine. La mélodie est claire et joyeuse, toute en vocalises très souples, mais avec une conclusion qui semble rester en suspens d’une manière un peu contemplative.
Alléluia : Christus resurgens
Le texte du deuxième Alléluia du quatrième dimanche après Pâques est tiré du Nouveau Testament, mais non de l’Évangile. Il s’agit d’un passage célèbre de l’épître de saint Paul aux Romains.
Christus resurgens ex mortuis jam non moritur, mors illi ultra non dominabitur.
Le Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort ne l’emportera plus jamais sur lui.
La mélodie chante cette grande victoire du Christ sur la mort d’une façon large, solennelle et enthousiaste en une vocalise qui se déploie comme une ample draperie.
La première phrase du verset reprend les thèmes de cette vocalise tandis que celle du mot mors au début de la deuxième phrase paraît plus tourmentée, comme si la mort se débattait en un dernier sursaut avant d’être définitivement vaincue. On retrouve la vocalise de l’Alléluia sur non dominabitur, et la reprise de l’Alléluia en accentue encore le caractère enthousiaste.
Offertoire : Jubilate Deo
L’Offertoire du quatrième dimanche après Pâques est le même que celui du deuxième dimanche après l’Épiphanie.
Nous avons dit alors que c’était une exception parmi les chants d’Offertoire qui sont généralement des méditations intérieures et contemplatives. Celui-ci au contraire est éclatant et triomphal, dépassant même par ses proportions et son amplitude les limites habituelles du répertoire. Il célébrait alors la divinité et la royauté du Messie venu sur terre pour nous sauver. Il célèbre aujourd’hui la gloire du Ressuscité, et il marque dans les chants de ce dimanche le sommet d’une progression dans l’expression de la joie, toute simple et légère dans l’Introït, plus marquée dans le premier Alléluia, ample et solennelle dans le deuxième. La première partie de cet Offertoire reprend le début du psaume 65 qui figurait déjà à l’Introït de dimanche dernier :
Jubilate Deo, universa terra, psalmum dicite nomini ejus.
Poussez des cris de joie pour Dieu, terre entière ; chantez un psaume à son nom.
La première phrase est répétée deux fois, et la reprise contient une vocalise extraordinaire qui s’élève en un immense crescendo du Do grave au Fa aigu. La deuxième partie est composée d’un verset situé à la fin du même psaume qui possède un caractère plus intime et personnel.
Venite et audite, et narrabo vobis, omnes qui timetis Deum, quanta fecit Dominus animæ meæ.
Venez et écoutez, vous tous qui craignez Dieu et je vous raconterai tout ce que le Seigneur a fait pour mon âme.
La mélodie commence encore dans l’enthousiasme puis à partir du mot narrabo elle s’apaise et s’adoucit progressivement pour se terminer dans une ambiance plus contemplative.
Communion : Dum venerit
Après la jubilation des quatre premiers chants de cette messe du quatrième dimanche après Pâques, qui a culminé dans l’immense acclamation de l’Offertoire, nous allons entendre quelque chose de tout à fait différent, qui ressemble beaucoup aux Communions des deux dimanches précédents. C’est à nouveau le Christ, le bon pasteur qui nous parle avec douceur sur le ton de la confidence. Le texte de cette antienne est tiré de l’évangile du jour, pris dans le discours après la Cène en saint Jean, et dans le même passage que celui de dimanche dernier. Notre Seigneur vient d’expliquer à ses apôtres qu’il leur est bon qu’il s’en aille afin de leur envoyer le Saint Esprit, et il ajoute :
Dum venerit Paraclitus, Spiritus veritatis, ille arguet mundum de peccato, et de justitia et de judicio.
Quand viendra le Paraclet, l’Esprit de vérité, il convaincra le monde au sujet du péché, de la justice et du jugement.
Le Paraclet c’est à la fois le défenseur, l’avocat, le consolateur. Ce qu’il nous fait comprendre c’est le péché du monde, c’est-à-dire de tous ceux qui refusent de reconnaître le fils de Dieu et de se soumettre à lui. C’est que le Christ est vraiment le Juste par excellence et qu’entre lui et Satan, le prince de ce monde, le jugement est définitivement prononcé. La mélodie est très douce et un peu mystérieuse et elle se termine dans une ambiance de joie légère qui nous incite à la confiance en ce divin Esprit que nous allons bientôt recevoir.
Léon XIV : “Cultiver notre devoir de former les autres à la pensée critique”
Le pape a rencontré ce matin les membres de la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice, venus participer à une Conférence internationale sur le thème “Surmonter les polarisations et reconstruire la gouvernance mondiale : Les fondements éthiques”. Extrait de son discours :
[…] Vous avez l’occasion de montrer que la doctrine sociale de l’Église, avec son approche anthropologique spécifique, cherche à encourager un engagement authentique dans les questions sociales. Elle ne prétend pas détenir le monopole de la vérité, ni dans l’analyse des problèmes, ni dans la proposition de solutions concrètes. Lorsqu’il s’agit de questions sociales, il est plus important de savoir comment les aborder au mieux que d’apporter des réponses immédiates sur le pourquoi des choses ou la manière de les traiter. Il s’agit d’apprendre à affronter les problèmes, car ceux-ci sont toujours différents, puisque chaque génération est nouvelle et se trouve confrontée à de nouveaux défis, rêves et questions.
C’est un aspect fondamental de nos tentatives de construire une « culture de la rencontre » par le dialogue et l’amitié sociale. Pour beaucoup de nos contemporains, les mots « dialogue » et « doctrine » peuvent sembler incompatibles. Peut-être que lorsque nous entendons le mot « doctrine », nous avons tendance à penser à un ensemble d’idées appartenant à une religion. Le mot lui-même nous rend moins enclins à la réflexion, à la remise en question et à la recherche de nouvelles alternatives.
Dans le cas de la doctrine sociale de l’Église, il faut préciser que le mot « doctrine » a un autre sens, plus positif, sans lequel le dialogue lui-même n’aurait pas de sens. Le mot « doctrine » peut être synonyme de « science », “discipline” et « connaissance ». Ainsi comprise, la doctrine apparaît comme le produit d’une recherche, et donc d’hypothèses, de discussions, de progrès et d’échecs, visant à transmettre un ensemble de connaissances fiables, organisées et systématiques sur une question donnée. Par conséquent, une doctrine n’est pas une opinion, mais plutôt une recherche commune, collective et même pluridisciplinaire de la vérité.
L’« endoctrinement » est immoral. Il étouffe le jugement critique et porte atteinte à la liberté sacrée du respect de la conscience, même erronée. Il résiste aux notions nouvelles et rejette le mouvement, le changement ou l’évolution des idées face à des problèmes nouveaux. La « doctrine », en revanche, en tant que discours sérieux, serein et rigoureux, vise à nous apprendre avant tout comment aborder les problèmes et, plus encore, comment aborder les personnes. Elle nous aide également à porter des jugements prudents lorsque nous sommes confrontés à des défis. Le sérieux, la rigueur et la sérénité sont ce que nous devons apprendre de toute doctrine, y compris de la doctrine sociale de l’Église.
Dans le contexte de la révolution numérique en cours, nous devons redécouvrir, souligner et cultiver notre devoir de former les autres à la pensée critique, en contrant les tentations contraires, que l’on trouve également dans les cercles ecclésiaux. Il y a si peu de dialogue autour de nous ; les cris le remplacent souvent, notamment sous la forme de fake news et d’arguments irrationnels proposés par quelques voix fortes. Une réflexion et une étude plus approfondies sont indispensables, ainsi qu’un engagement à rencontrer et à écouter les pauvres, qui sont un trésor pour l’Église et pour l’humanité. Leurs points de vue, bien que souvent ignorés, sont essentiels si nous voulons voir le monde avec les yeux de Dieu. Ceux qui sont nés et ont grandi loin des centres de pouvoir ne doivent pas seulement recevoir l’enseignement de la doctrine sociale de l’Église ; ils doivent aussi être reconnus comme porteurs de cette doctrine et la mettre en pratique. Les individus engagés dans l’amélioration de la société, les mouvements populaires et les divers groupes de travailleurs catholiques sont l’expression de ces périphéries existentielles où l’espoir perdure et jaillit à nouveau. Je vous invite à faire entendre la voix des pauvres. […]
Election décisive en Pologne
Il n’y a pas que la Roumanie qui vote ce dimanche. En Pologne aussi. Décryptage par Conflits :
Le premier tour de la présidentielle polonaise, prévu le 18 mai, s’annonce décisif pour l’orientation européenne du pays. La campagne oppose Rafal Trzaskowski, maire pro-européen de Varsovie, au nationaliste Karol Nawrocki, proche de Donald Trump. Elle a porté sur des thèmes identitaires : Ukraine, migrations, relations UE/États-Unis.
Selon les sondages, Trzaskowski arrive en tête avec 32,6 %, devant Nawrocki à 26,4 %. La gauche, fragmentée, ne pèse que 11 %. Une victoire de Trzaskowski consoliderait la coalition pro-européenne et faciliterait les réformes bloquées par le veto du président sortant Andrzej Duda. En revanche, un succès de Nawrocki réinstaurerait une cohabitation conflictuelle, menaçant la stabilité politique.
Nawrocki a dû faire face à des accusations liées à un achat immobilier controversé. Il bénéficie toutefois d’un soutien affiché de Donald Trump et du Roumain George Simion, qui devrait remporter l’élection présidentielle qui aura lieu le même jour.
Pour Varsovie, l’enjeu est stratégique : au cœur du flanc est de l’OTAN, la Pologne est un acteur central de la pression sur la Russie.
La conception de la dignité des fondateurs de l’ADMD et promoteurs idéologues de l’euthanasie
Voici en quelques mots la conception de la dignité des fondateurs de l’ADMD et promoteurs idéologues de l’euthanasie: le suicide pour les “surhommes” et l’euthanasie pour les “sous-hommes” (ça ne vous rappelle rien ?) :
Ne boudons pas notre plaisir : Livres en Famille, Albin Michel, la Fnac et Jean Raspail
Jolie surprise ce matin, en consultant les référencements de Livres en Famille.
Pour la première biographie sur Jean Raspail : « Jean Raspail, aventurier de l’ailleurs », Livres en Famille arrive juste en dessous de l’éditeur Albin Michel et avant la FNAC !
C’est un score qu’il faut souligner devant ces gros géants de la distribution que sont ces enseignes. Ne boudons pas notre plaisir !
Merci à tous les sites, Le Salon Beige, Medias Presse infos, Anne Brassié qui ont relayé articles, recensions, autour de notre librairie.
Beau travail d’équipe et de communication.
Et si vous, vous n’avez pas encore cet ouvrage incontournable, c’est ici :
https://www.livresenfamille.fr/biographies-temoignages/28602-jean-raspail-aventurier-de-l-ailleurs.html?ref=043193205
Merci à tous,
Jean-Luc et Anne Charlotte Lundi et l’équipe de Livres en Famille.
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