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France : Politique en France

Falstaff : « J’aimerais bien être courageux mais j’ose pas »

Falstaff : « J’aimerais bien être courageux mais j’ose pas »
Une autre droite est possible – épisode 3

Malgré les efforts du vaillant Me Triomphe, le colloque de Polemia sur la remigration a bien été annulé sur ordre du ministre de la Police Laurent Nuñez, prétextant qu’appeler au départ de certains étrangers du territoire national était « attentatoire à la dignité humaine », et que la malheureuse police d’Etat avait déjà fort à faire avec les autres manifestations prévues ce jour-là. Que voulez-vous, mon bon monsieur, on ne peut pas en même temps mutiler des manifestants à Bastille et protéger des colloques en banlieue parisienne : un politique responsable doit savoir faire des choix…

Cette décision soulève au moins deux questions, qui feront l’objet de ce billet et du suivant : la remigration d’une part, la liberté d’expression d’autre part.

La remigration

Commençons par la remigration, terme qui, semble-t-il, a été inventé par les mouvements nationalistes flamands avant d’être repris, en France, par les identitaires. On l’associe souvent aujourd’hui à Renaud Camus, peut-être par analogie avec le Grand Remplacement, mais celui-ci n’en est pas l’auteur. La remigration, c’est simplement ce que Jean-Marie Le Pen appelait, dès les années 1980, l’inversion des flux migratoires : autrement dit, une immigration nette négative avec les pays d’où provenait cette immigration.

Aujourd’hui, il ne reste plus grand-monde en France pour ne pas constater les dégâts colossaux causés à notre pays par l’immigration extra-européenne. C’est souvent sous l’angle sécuritaire ou financier que la question est abordée, mais elle va beaucoup plus loin. Oui, les populations d’origine extra-européenne sont sur-délinquantes et sur-criminelles dans des proportions considérables. Nul besoin de statistiques (interdites, on se demande bien pourquoi) pour le savoir : il suffit d’avoir deux yeux pour voir, ou bien de fréquenter les tribunaux. Et, oui, l’immigration nous coûte une fortune, de manière directe ou indirecte.

Mais les conséquences sont bien plus générales. Si plus aucun service public ne fonctionne en France, c’est notamment – pas uniquement, bien sûr – parce qu’ils doivent servir des millions, voire désormais des dizaines de millions, de personnes originaires du tiers-monde, pour lesquelles ils n’avaient jamais été conçus. Si quasiment plus rien en France n’est en accès libre, gratuit, non gardé par des barrières, des vigiles ou des QR-codes, c’est en grande partie, là encore (pas que, évidemment), parce que toute une population ne suit plus – n’accepte plus, voire ne comprend plus – les normes de la civilité française. Or, ces populations sont par définition, avant tout, celles qui ne sont pas d’origine française, ni ne proviennent de peuples aux normes équivalentes.

Et puis une France peuplée de gens qui ne seraient pas d’ascendance française ne serait tout simplement plus la France, quand bien même ces gens seraient d’une parfaite courtoisie et obéissance à nos lois et nos mœurs. L’immigration de masse de ces 50 dernières années a transformé la France plus profondément encore que la Première Guerre mondiale ou l’exode rural, sans doute les deux plus grands bouleversements sociaux du XXe siècle.

Personne à droite ne doute sans doute plus aujourd’hui de cela (même si beaucoup continuent à envisager la question sous l’angle des bénéfices économiques, et notamment de la nécessité dans un système libéral tardif de disposer d’une main-d’œuvre peu chère et corvéable à merci, ce que les clandestins terrifiés d’être dénoncés sont de manière parfaite…). Mais comment les politiques de droite abordent-ils la question ?

Réponse : avec une pusillanimité qui frôle la désertion.

L’exception Zemmour

Commençons par une exception car, si Falstaff ne se reconnaît dans aucun des mouvements de la droite française actuelle, il est important de faire les distinctions qui s’imposent. Or, sur ce sujet, il y a une gradation nette. La droite « hors les murs », zemmourienne et apparentée, est ici beaucoup plus claire que les autres. Elle parle, depuis son apparition, de remigration, et il faut lui en faire crédit, car la chose reste très difficile dans le débat public français (même si les médias de M. Bolloré aident ici beaucoup). Certes, elle n’a qu’à peine commencé à nous dire comment elle entendait s’y prendre – et on se doute que la chose sera d’une complexité colossale, quel que soit d’ailleurs le mélange de contrainte et d’incitation qu’on favoriserait – mais du moins ose-t-elle le mot.

Si cette droite est née, c’est très largement parce que, pour sa part, le Rassemblement national a abandonné cette partie du programme historique (comme d’ailleurs à peu près toutes les autres). Il parle aujourd’hui d’organiser un référendum sur l’immigration – inconstitutionnel selon la plupart des juristes… – mais sans nous dire sur quoi il porterait, ni quelles pourraient en être les conséquences. Il est évident que le RN a totalement renoncé à toute idée d’inversion des flux. Comme les autres, il s’en tient aujourd’hui à des mesurettes : un peu moins de visas, un peu moins de logements sociaux, pas de sécurité sociale pour les clandestins. Des gouttes d’eau dans un océan.

Mais, bien sûr, la droite propre sur elle des LR et assimilés – qui pense exactement la même chose, en tout cas pour la branche retailliste aux manettes, mais n’ose pas le dire – est la pire. La palme de la lâcheté institutionnalisée revient sans doute à M. Retailleau (avec qui on est bien plus sévère qu’avec un Wauquiez ou un Bertrand car, lui, on sait très exactement ce qu’il pense). M. Retailleau a osé lancer sa campagne présidentielle sur le thème de « regardez comme je suis courageux ; je vais renverser la table ; j’ose, moi, dire les choses ». Or qu’ose dire M. Retailleau ? Que « l’immigration n’est pas une chance pour la France ». Mazette !

Autrement dit, non seulement il a 50 ans de retard sur Le Pen père, mais sa déclaration le positionne aujourd’hui au centre de l’échiquier politique et même sur le côté gauche de l’électorat réel, qui est dans sa très grande majorité persuadé de la chose depuis bien longtemps, et attend désormais des propositions politiques.

Mesurées

Mais pour l’essentiel de la droite, il s’agira toujours de mesurettes. Même la préférence (pardon, « priorité ») nationale du RN ne réglerait pas grand-chose. Ne parlons pas de ces slogans creux comme « mieux maîtriser l’immigration » ou « lutter contre l’immigration illégale ». Encore heureux qu’on lutte contre la délinquance migratoire ! Mais l’essentiel de l’immigration est légale… Quant à la maîtriser, donc en réduire le nombre, cela reviendrait, même pas à aller dans le mur moins vite, ce qui serait déjà mortel, mais à limiter l’accélération de la vitesse à laquelle on va dans le mur ! Avec M. Mélenchon, nous mourrons à 240km/h. Avec M. Retailleau, à 190km/h. Avec Mme Le Pen, 160km/h.

Cela, soit la droite le sait, soit elle devrait le savoir. Mais elle n’ose pas le dire. Car elle n’ose pas grand-chose, c’est même à cela qu’on la reconnaît (à quelques exceptions près on l’a dit). Mais si elle n’a aucune volonté réelle de s’attaquer à la submersion migratoire, qu’elle aille chez LFI ! Eux au moins ont une forme de cohérence idéologique : puisque la « créolisation » de la France est inévitable, faisons en sorte qu’elle se passe le mieux possible en donnant en toute chose la priorité aux personnes issues de l’immigration extra-européenne. C’est effectivement mieux que la position de la quasi-totalité de la droite, qui est devenue indifférenciable de celle de la macronie : dire beaucoup de mal des Africains et des musulmans, pour bien montrer à l’électorat qu’on est avec lui, tout en ouvrant grand, dans les faits, les vannes de l’immigration. On rappellera à cet égard que jamais autant de titres de séjour n’ont été délivrés que sous le règne de M. Retailleau à Beauvau. (Il nous a dit ensuite qu’il n’y pouvait rien. Mais, dans ce cas, pourquoi tenait-il tant à être ministre ?)

Morale de l’histoire : Me Triomphe a à lui seul plus de c******* que 90% de la « droite » française. Cette autre droiteque nous appelons de nos vœux n’aura de sens que si elle recouvre cette vertu française historique, devenue pour notre malheur une curiosité exotique : le courage.

John Falstaff

NB: le pseudonyme collectif de John Falstaff réunit des universitaires et conseillers politiques, observateurs de longue date de la vie politique française, et souhaitant participer au débat sur l’élection présidentielle. Leur boîte courriel est ouverte pour les réactions et commentaires.

falstaff2027@gmail.com

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Les précédentes tribunes :

(2) Orphelin trois fois

https://lesalonbeige.fr/une-autre-droite-est-possible-2/

(1) Jean-Luc Mélenchon a-t-il déjà gagné la présidentielle ?

https://lesalonbeige.fr/une-autre-droite-est-possible/

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