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Liberté d'expression

Gérard Araud a encore frappé : un colloque censuré à l’Ecole Militaire

Gérard Araud a encore frappé : un colloque censuré à l’Ecole Militaire

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Un colloque intitulé « Les nouveaux acteurs de la lutte anti-terroriste » devait avoir lieu à l’Ecole militaire le 22 novembre prochain. Cette journée prometteuse s’organisait autour de trois tables rondes. La première, « Sur le front de la justice » réunissait les deux grands anciens juges du parquet antiterroriste Jean-Louis Bruguière et Michel Debacq ; la deuxième : « Sur le front du renseignement », Bernard Squarcini, ancien patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et Alain Chouet, ancien chef du Service de renseignement de sécurité de la DGSE ; Enfin, la troisième, « Sur le front militaire », le député égyptien Abdelrahim Ali (chargé d’un retour d’expérience de l’armée égyptienne contre les organisations salafistes et celles des Frères musulmans) et le général Jean-Bernard Pinatel, experts des ripostes armées en matière de lutte contre le terrorisme.

La conclusion finale de la journée devait revenir à Alain Juillet, ancien conseiller pour l’Intelligence économique auprès du Premier ministre. Bref, on l’aura compris, ce plateau exceptionnel constituait – aux yeux de ceux qui exercent en toute impunité la censure en France – une concentration de délinquants multi-récidivistes représentant un danger extrêmement périlleux pour la sécurité et l’ordre public de notre vieux pays…

Que s’est-il passé ? L’ordre d’annulation de ce colloque est tombé directement d’un conseiller du cabinet du Premier ministre. La décision a été communiquée aux plus hauts responsables de l’Ecole militaire sans autre explication que celle visant l’annulation pure et simple de la réunion. Notre rédaction de prochetmoyen-orient.ch avait été sollicitée pour assurer la modération de l’une des tables rondes, aussi nous avons bien logiquement mené une petite enquête pour mieux comprendre la mécanique de cette « censure » caractérisée, des plus inquiétantes, concernant l’état du débat public en France.

En fait, depuis quelques semaines, plusieurs journalistes amis nous avaient alerté sur un ciblage récurrent et concentré contre ce colloque mené par une poignée d’individus sur les « réseaux numériques » dits « sociaux ». Sans surprise, nous retrouvions la même petite bande de chiens de garde qui, il y a un an, avait réussi à faire annuler un colloque consacré à la situation en Syrie. Celui-ci, devant initialement se tenir au Mémorial de Caen, avait été déplacé à la Sorbonne avant d’essuyer une nouvelle interdiction, pour finalement se tenir à l’Assemblée nationale. Mais les « tweeter-boys » n’avaient pas lâché le morceau, parvenant une fois encore à faire interdire cette manifestation qui, finalement devait trouver refuge dans une salle de… l’Eglise russe. Voilà comment la liberté d’expression fonctionne désormais dans notre pays. Il suffit qu’une bande de gugus passe sa vie sur les réseaux numériques pour enclencher la censure en France, et au plus haut niveau de l’Etat.

Mais qui sont ces gens ? Un pseudo-chercheur, gardien des intérêts israéliens en France, un pseudo-journaliste « ex-otage » en Syrie, donc spontanément doué d’un savoir universel sur les crises proche et moyen-orientales ; un kouchnérien (oui, il en reste) qui dirige une revue fantomatique ; un ancien jihadiste et quelques autres agités du Tweet de moindre notoriété…. De là à considérer qu’une dictature numérique « soft » s’installe tranquillement en France, jusqu’à intimider administrations et appareils d’Etat… voilà qui n’est guère rassurant. Pas plus que le « Decodex », inventé par Le Monde pour mener la prétendue chasse aux fake news.

Mais notre enquête était loin d’avoir dite toutes ses ruses. En effet, fallait-il encore identifier le donneur d’ordres ou ce qui avait mis ainsi la puce à l’oreille des tweeter-vengeurs pour qu’ils se mobilisent ainsi comme un seul homme afin de cibler le colloque du 22 novembre sur l’anti-terrorisme. A force de coups de fils et d’opiniâtres recherches, prochetmoyen-orient.ch a réussi à avoir le fin mot de cette histoire plutôt médiocre. La chasse au colloque du 22 novembre serait partie – en droite ligne – de… l’ambassade de France à Washington et de son principal locataire : Gérard Araud !

Sans vouloir personnaliser à l’extrême la source de cette « nouvelle censure française », l’engagement de ce personnage illustre, néanmoins de manière emblématique, l’évolution de la nature des pouvoirs en France.

Né à Marseille en 1953, il sort de l’ENA en 1982 – promotion Henri-François d’Aguesseau, magistrat et juriste éminent ayant laissé quelques méditations métaphysiques inspiré du rationalisme cartésien. Si l’habit ne fait pas le moine, on va voir que le nom de la promotion ne fait pas le promu. Gérard Araud fait cependant une magnifique carrière en passant dès le début par les postes types de l’« école néo–conservatrice française » : Tel-Aviv, OTAN, affaires stratégiques, Washington… Les années 2000 marquent le début de la main mise sur le Quai d’Orsay de cette école dénoncée comme la « Secte » ou la « Meute ». Ses obsessions : la grandeur d’Israël, l’alignement inconditionnel sur la politique étrangère des Etats-Unis et la détestation de l’Iran.

Le mentor de la Meute, très lié à notre Araud : un autre Gérard – Gérard Errera (chef de file de cette école), ancien secrétaire général du Quai, qui défraya la chronique en passant – du jour au lendemain – du ministère des Affaires étrangères au fonds d’investissement américain Blackstone, sans même observer la décence minimale de quelques mois de carence… Dans le texte, la langue anglaise est plus adaptée à la suite de sa grande carrière « au service » de la France : « Errera is chairman of the Blackstone Group France, and member of Blackstone International Advisory Board. He is also the Senior Adviser for International Affairs to the French law firm August & Debouzy, and a member of International Advisory Council of Huawei, the leading global information and communications technology provider. In addition, Errera also serves on the advisory committee of the International Capital Conference (ICC) ».

Avec un tel appui, le petit Marseillais est bombardé directeur général des affaires politiques et de sécurité, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères. Dans ces fonctions, il est notamment le négociateur pour la France du dossier nucléaire iranien. C’est notamment lui, l’un des inspirateurs de Laurent Fabius, qui s’est opposé jusqu’au dernier moment à la finalisation de l’accord sur le nucléaire iranien à Vienne le 14 juillet 2015 ! Après une telle performance, Gérard Araud investit la Mission permanente de la France aux Nations unies à New York (où il va contribuer à la politique française à l’encontre de la Syrie avec le succès que l’on connait), puis l’ambassade de France à Washington.

En novembre 2016, il commente l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis par deux Tweet : « Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige » et « C’est la fin d’une époque, celle du néolibéralisme. Reste à savoir ce qui lui succédera ». Quelques semaines auparavant, ses télégrammes annonçaient une victoire écrasante… d’Hillary Clinton. Un visionnaire ce Gérard Araud, doublé d’un grand sens de la diplomatie : insulter le nouveau président des Etats-Unis. Etait-ce bien conforme aux intérêts de la France ? Toujours est-il que ses Tweet auraient dû être dûment sanctionnés avec un retour immédiat à Paris. Eh bien non, Monsieur Araud décide de rester à Washington et personne – personne – à Paris n’y trouve rien à redire !

En fait, il faut se rappeler que notre homme a été le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle de 2017 et, à ce titre, l’un des trente proches les plus influents du candidat selon différentes sources autorisées. Dernière particularité du personnage : il décide d’officialiser, dans la presse américaine, ses orientations sexuelles, effectuant ainsi ce qu’on appelle outre-Atlantique son « Out-Coming », ce qui paraît-il est – là-bas – du dernier chic… Voilà donc qui est le censeur-en-chef du colloque du 22 novembre. […]”

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