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Sectes et satanisme

“Hazbin Hotel”, la série télévisée qui réhabilite les démons

“Hazbin Hotel”, la série télévisée qui réhabilite les démons

Un dessin animé (“pour adultes”) dans lequel les habitants de l’enfer sont victimes d’un ciel “maléfique” : une inversion diabolique. L’Association Internationale des Exorcistes dénonce les risques de cette normalisation du mal.

Réhabiliter les habitants de l’enfer pour les sauver de l’extermination ordonnée par le ciel : la nouvelle série télévisée américaine Hazbin Hotel joue sur ce renversement entre le bien et le mal. Disponible en italien, cette série animée montre une image presque apaisante de l’enfer sur fond de ciel maléfique et vengeur.

Hazbin Hotel s’inspire d’un problème de surpopulation en enfer (au grand dam de ceux qui pensent qu’il est vide) : il est résolu chaque année par des anges exterminateurs dirigés par Adam, également connu sous le nom d'”exorcistes” dans la série, avec des massacres périodiques. La protagoniste “Charlie” Stella del Mattino, fille de Lucifer et Lilith, les sauve du carnage céleste grâce à sa brillante idée de créer un lieu – l’hôtel Hazbin – où les démons et les damnés, qui ne seraient jamais acceptés au paradis, pourraient être réhabilités. Ils pourraient ainsi aller au paradis au lieu d’être anéantis. L’entreprise est menée avec sa “partenaire” Vaggie (un ancien ange exterminateur, répudié par le ciel parce que, émue de compassion pour un démon, elle avait refusé de le tuer) et Anthony “Angel” Dust, un démon androgyne et gay, star du porno et premier client de l’hôtel. À la fin, ce sont les anges qui sont renvoyés du paradis : l’inversion exacte de l’invocation par laquelle se termine la prière à saint Michel Archange : “Renvoyez en enfer Satan et les autres mauvais esprits qui errent dans le monde pour perdre les âmes”.

Une note de l’Association internationale des exorcistes (IEA) définit Hazbin Hotel comme

“une distorsion planifiée du récit biblique qui mystifie le message chrétien du salut et heurte la conscience du public, en particulier des enfants et des jeunes”.

Certes, il est “formellement interdit aux mineurs, mais accessible à tous (d’autant plus qu’il est animé et donc susceptible de plaire aux plus jeunes)”, présentant “un univers narratif faux et déviant sur le plan théologique, culturel et éducatif”.

Au passage, et au risque de se répéter, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi la seule religion constamment – et impunément – visée est toujours le christianisme.

Le principal problème mis en évidence par l’IEA est la “normalisation du mal” et la “sous-estimation de son danger réel” en dépeignant “les démons et les damnés de manière humoristique”. Ce faisant, ils sont rendus familiers, domestiqués, induisant chez le spectateur une attitude de sympathie à l’égard des habitants de l’enfer, voire des victimes de ce paradis “maléfique” qui les extermine sans pitié, alors qu’ils voudraient au fond se racheter, en “contradiction scandaleuse et flagrante avec l’enseignement catholique sur la confession, le repentir et la véritable conversion du cœur vers Dieu”. Voilà le malentendu “diabolique” (il faut bien le dire) inculqué par la série : la rédemption sans la conversion. Mieux, pire encore : sans vouloir la rédemption. Oubliant que même si, absurdement, le paradis s’ouvrait aux démons et aux damnés, ce sont ces derniers qui ne voudraient pas y entrer, en vertu d’un choix irrévocable pour le mal fait définitivement par eux-mêmes.

L’enfer, explique Saint Jean-Paul II, “est la situation dans laquelle se trouve définitivement celui qui rejette la miséricorde du Père jusqu’au dernier moment de sa vie”, en précisant que la “damnation” consiste précisément dans l’éloignement définitif de Dieu choisi librement par l’homme et confirmé par la mort qui scelle cette option pour toujours”(L’enfer comme rejet définitif de Dieu, 28 juillet 1999). Une réalité tragique que cette série télévisée vient au contraire “normaliser”, avec un risque supplémentaire, souligné par la note de l’IEA :

“Sa vision impitoyable des démons et de leur sort (qualifié d’injuste) peut favoriser une conception déformée du péché et encourager une normalisation de l’occultisme, augmentant le risque que des personnes, notamment des jeunes, s’approchent de pratiques magiques, cherchent à interagir avec des entités malignes au point d’adhérer à une vision sataniste de la réalité”.

Nicolás Gómez Davila a écrit que “la plus grande ruse du mal est de se déguiser en un dieu domestique et discret, familier et rassurant”. Rassurant au point de faire basculer la rédemption d’une lutte contre le mal à une lutte contre le bien, non pas avec la grâce de Dieu mais contre Lui. Facile à notre époque qui se moque des peurs “archaïques” du diable, mais qui manifeste une véritable phobie à l’égard du Christ.

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2 commentaires

  1. “Pourquoi la seule religion constamment – et impunément – visée est toujours le christianisme ?”
    D’après vous, n’est-ce pas là la preuve indiscutable qu’elle est la seule vraie religion ?

  2. Pour ceux qui n’ont pas encore fait tous les liens :
    https://odysee.com/@OptymusCynix:a/Dans-le-terrier-du-Lapin-Blanc:26

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