Partager cet article

L'Eglise : L'Eglise en France

Je suis votre Dieu, et vous ne me priez pas. Si vous êtes malheureux, s’il vous plaît,… ne me le reprochez pas

Je suis votre Dieu, et vous ne me priez pas. Si vous êtes malheureux, s’il vous plaît,… ne me le reprochez pas

Homélie prononcée lors du pèlerinage de Chartres, le jour de la Pentecôte par le Père Marc, Prieur du monastère de Ste Marie de La Garde :

Chers pèlerins,

C’était au temps de la Chrétienté, il y a quelques siècles déjà ; c’était dans l’un de nos petits villages de France : un homme – peut-être bien un moine – tenant en main un burin, se mit à graver dans la pierre, lentement et avec application, ces quelques lignes :

«  Je suis la Lumière, et vous ne me voyez pas ; Je suis la Route, et vous ne me suivez pas ; Je suis la Vérité, et vous ne me croyez pas ; Je suis votre Maître, et vous ne m’écoutez pas ; Je suis la Vie, et vous ne me recherchez pas ; Je suis votre Dieu, et vous ne me priez pas ; Je suis votre Chef et le Roi de votre existence, et vous ne m’obéissez pas ; Je suis le grand Ami, et vous ne m’aimez pas. Si vous êtes malheureux, s’il vous plaît,… ne me le reprochez pas ».

Chers pèlerins de Chartres, en écoutant ce cri qui n’est autre que le cri de Jésus-Christ ! nous jetons immédiatement un regard sur le grand panorama de notre société contemporaine ; nous regardons aussi notre pays tellement blessé, notre patrie tellement vilipendée par les idéologies et les faux-semblants, et nous avons raison… mais n’oublions pas que ce grand cri du Seigneur nous ramène surtout à nous-mêmes, en ce lieu invisible en lequel le Saint Esprit veut descendre avec toute la plénitude de son amour et de ses dons : je veux dire, le cœur de chacun d’entre-nous. Car au-delà des déboires de notre société, nous savons qu’il nous revient, par notre conversion et notre accueil de l’Esprit Saint, par notre correspondance à ses attentes et à ses aspirations pour notre sanctification, – il nous revient – que cesse ce fléau à l’encontre de notre société ; il nous revient en définitive de repérer l’ennemi vrai et redoutable qui se loge, se cache en chacun de nos cœurs.

Et voilà pourquoi l’Esprit Saint, en ce dimanche de la Pentecôte, comme au cénacle, descend en chaque âme présente ici ; voilà pourquoi l’Esprit Saint, invisiblement, puissamment, vous pousse à ouvrir les portes de votre âme afin qu’il y mette son don le plus précieux. Ce don ? C’est un désir qui surpasse tous les désirs.  Non pas seulement le désir de Dieu, mais le désir de… voir Dieu ! Car c’est bien là notre finalité, l’invitation que le Seigneur nous lance ; c’est là qu’est la vraie promesse qui accompagne toute notre vie ici-bas, et qui trouvera sa réalisation dans l’au-delà de notre vie, lorsque nous aurons à passer devant notre Créateur, notre Rédempteur, notre Sauveur. L’Esprit Saint donne ce désir de voir Dieu à qui ouvre les portes de son âme, parce que Dieu est beau. Dieu est la Beauté suprême, éternelle et trinitaire ! La beauté que vous voyez par exemple à travers cette nature, à travers toutes les personnes rencontrées ces jours-ci ; ces beautés qui nous enchantent ne sont que de petits reflets et finalement qu’une pale expression de la grande Beauté essentielle de Dieu pour laquelle nous sommes faits.

Voilà pourquoi je pense à votre « après Chartres », car Chartres en tant que pèlerinage, ne dure pas seulement trois jours : Chartres, c’est toute l’année ! Chartres est l’émerveillement devant la Beauté essentielle de Dieu, la redécouverte de la Beauté divine. Concrètement, pendant toute cette année, ouvrez vos mains, placez-y chaque jour la Parole de Dieu, les Saintes Ecritures, l’Evangile, les Psaumes, et laissez – ne serait-ce que dix minutes, un quart d’heure chaque jour – laissez Dieu vous séduire par sa beauté et sa vérité.

 Le désir de voir Dieu, c’est ce que l’Esprit veut inscrire aujourd’hui au plus profond de nos âmes, parce que non seulement Dieu est beau, mais il est beau parce qu’il est infiniment bon. Toutes ces bontés que nous voyons chez les êtres, chez les personnes qui rayonnent la charité, tout cela est grand ; mais ce n’est en réalité qu’une expression, qu’une anticipation, de ce que nous verrons un jour et pour et pour toujours : la grande Bonté infinie de Dieu !

L’après-Chartres nous appelle à nous émerveiller de la vérité de la Parole de Dieu, mais encore de prendre du temps en joignant les mains, en prenant chaque jour sérieusement, suite à notre découverte de la vérité de Dieu, un temps de cœur à cœur avec Lui dans le silence de l’amitié la plus vraie, la plus profonde. Car, de cette manière, nous nous ouvrons aux bontés de Dieu, à la gratitude de sa miséricorde et de son amour, et nous faisons grandir en nous le désir de Le voir éternellement.

Enfin, le don de voir Dieu, le désir de voir Dieu, parce que Dieu est aussi Sagesse providentielle, et ce, à tout instant de notre existence, même dans les moments les plus douloureux (et à ce propos, je compatis pour toutes les épreuves que vous portez personnellement et en famille). Oui, en tout instant, ne l’oublions jamais, l’éternité de Dieu est présente ; en tout instant, nous avons une phrase de l’Esprit Saint capable d’ouvrir notre âme à Dieu et à sa présence. En l’instant présent se joue notre relation à Dieu, se joue cette conformité à ses attentes sur mon existence, sur votre existence. C’est en l’instant présent que vous découvrirez la volonté du Père, car… « le Père Lui-même vous aime » !

Que cette messe du dimanche de la Pentecôte soit en quelque sorte une nouvelle descente de l’Esprit Saint sur vos âmes ; puissiez-vous Le recevoir dans une liberté d’âme et de cœur, dans un désir toujours plus croissant ; et Lui, fera son œuvre. Vous deviendrez pas à pas, jour après jour, les témoins de l’Amour de Dieu. Vous deviendrez toujours plus, dans ce pays déchristianisé, les témoins crédibles que l’Evangile et la Chrétienté demeurent à jamais la vraie réponse de vos vies, comme aussi de toute existence humaine ici-bas.

Partager cet article

1 commentaire

  1. Ce texte provient d’un Anonyme, le texte a été déchiffré sur un calvaire flamand de 1632.

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services