En Italie, le débat sur la remigration est devenu tabou, voire une source de culpabilité indélébile pour quiconque défend sa nécessité rationnelle. Il n’en va pas de même dans les pays scandinaves : dans ces « défenseurs des droits civiques », aussi vantés que surfaits, des lois sont adoptées en la matière, bien plus rigides et discrétionnaires que les propositions italiennes.
Le 15 juin, la Suède a notamment adopté une loi sur la « bonne conduite » visant à expulser les immigrés ayant un comportement inapproprié. Le texte a été adopté de justesse, à deux voix près (174 contre 172), révélant de profondes divisions au sein du Parlement. Des « défenseurs professionnels des droits humains » dénoncent un « climat de peur généralisé » et des « atteintes à la santé physique et mentale » des migrants les plus démunis, oubliant que ceux qui respectent les règles du pays scandinave et sont bien intégrés n’ont rien à craindre de cette nouvelle réglementation. La loi autorise les autorités à révoquer les permis de séjour des immigrés en cas de mauvaise conduite, comme des dettes impayées, un travail non déclaré ou des liens avec des organisations extrémistes.
Cette loi, qui concerne aussi bien les titulaires de permis de séjour en cours d’examen que ceux déjà accordés, s’inscrit dans un durcissement plus large des règles d’immigration entrepris par le gouvernement de centre-droit et son allié parlementaire, le parti nationaliste de droite des Démocrates de Suède, à l’approche des élections législatives de septembre. Le gouvernement suédois a déjà annoncé la nécessité de prendre des mesures supplémentaires pour garantir le rapatriement dans leur pays d’origine des personnes en situation irrégulière. Cette nouvelle loi a été critiquée par l’opposition socialiste, qui a gouverné le pays pendant 60 ans, et par les organisations de défense des droits humains car, selon elles, « la loi sur la bonne conduite laisse planer l’incertitude quant aux actions ou expressions qui peuvent leur être imputées », portant ainsi atteinte à « l’État de droit et au principe d’égalité devant la loi ». La loi ne précise pas quels comportements sont considérés comme inacceptables ; le gouvernement publiera un décret administratif à ce sujet, mais a déjà indiqué que les dettes impayées, le non-paiement des impôts, les casiers judiciaires et les liens avec des organisations extrémistes seront concernés. « Quiconque n’est pas déterminé à agir de manière responsable et à respecter les règles ne devrait pas être autorisé à rester », a déclaré le ministre de l’Immigration, Johan Forssell, lors de la présentation de la nouvelle réglementation en mars dernier. Il convient de rappeler qu’à compter du 1er janvier 2026, le gouvernement suédois a considérablement augmenté les aides financières destinées aux ressortissants de pays tiers (y compris les réfugiés) résidant légalement en Suède et qui décident de retourner définitivement dans leur pays d’origine.
Par ailleurs, conformément aux nouvelles règles , à compter du 12 juillet, les demandeurs d’asile et certaines autres catégories de migrants ne se verront accorder que des permis de séjour temporaires. L’aide s’élève à un maximum de 350 000 SEK (environ 32 000 €) par adulte et de 25 000 SEK par enfant, avec un maximum de 600 000 SEK par famille.
Mais la Suède n’est pas la seule concernée. Le gouvernement danois promeut une importante réforme législative visant à faciliter l’expulsion des ressortissants étrangers condamnés à au moins un an de prison pour des crimes graves, à condition que la peine soit « irrévocable ». Autrement dit, les personnes bénéficiant d’un sursis ou d’une assignation à résidence pour des délits mineurs seraient vraisemblablement exclues du champ d’application de cette nouvelle loi. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, socialiste, a annoncé que cette mesure entrera en vigueur dans les prochaines semaines et concernera tous les ressortissants étrangers présents au Danemark, quels que soient leur origine et leur pays d’origine. Elle a souligné que cette loi vise à lutter contre les actes de violence tels que les agressions graves et les agressions sexuelles. En Scandinavie, aucun parti politique (centre-droit, droite, libéral, gauche ou socialiste) ne peut empêcher un débat franc sur la réimmigration, tout comme il n’y a jamais eu de clivage radical sur les différentes lois et les aides à la parentalité et aux familles.
En Italie, c’est tout le contraire : quiconque évoque la remigration est stigmatisé à vie, étiqueté au minimum comme fasciste et islamophobe. Pourtant, à y regarder de plus près, une proposition de loi d’initiative populaire sur la « remigration et la promotion de la natalité » a été présentée au ministère de la Justice le 30 janvier et a déjà recueilli plus de 130 000 signatures. Ce texte est plus constructif que ceux de la Suède et du Danemark et « prévoit des mesures plus efficaces pour lutter contre l’immigration irrégulière, la traite des êtres humains et l’exploitation du travail, grâce à des sanctions pénales et financières plus sévères, une augmentation des expulsions et des rapatriements, ainsi que des dispositions spécifiques pour les étrangers condamnés pour des crimes graves, y compris la révocation de la nationalité acquise par naturalisation dans les cas prévus ». Il s’agit d’une proposition louable, nullement discriminatoire, d’autant plus qu’elle prévoit de nouvelles mesures pour encourager la natalité par le biais d’un « Fonds pour la natalité italienne » (article 17). Sur ces questions également, se libérer des catégories étroites de la rectitude politique imposées par la gauche serait extrêmement bénéfique pour le pays et pour la coalition au pouvoir elle-même.
