Le Sel de la Terre n°134 est paru !
Face au Christ-Roi s’élèvent plusieurs oppositions : négation de sa royauté temporelle, portée par les libéraux, négation même de sa divinité, portée par ceux qui n’ont pas voulu le reconnaître : les juifs et les païens.
Si aujourd’hui les libéraux sont multiples, les athées légions, et les juifs – qui ne reconnaissent pas le Messie en Notre-Seigneur – également nombreux, que reste-t-il des païens ? D’ailleurs, qui parle encore de païens ?
Détrompez-vous : non seulement des druides barbus continuent, de plus en plus, à hanter les forêts de France, mais un néopaganisme larvé progresse et se répand encore dans certains milieux dits conservateurs : GRECE, Institut Iliade, Club de l’Horloge, revue Eléments…
Attirés par une certaine critique du monde moderne – woke et certainement dégénéré -, il est facile, en étant de bonne foi mais mal averti, de ne pas voir le piège :
“Beaucoup de ceux qui subissent l’attrait de la Nouvelle Droite ne voient donc pas que, derrière la critique parfois pertinente des méfaits de la modernité et du mondialisme, elle propage des doctrines fausses, à commencer par un antichristianisme radical d’autant plus dangereux qu’il n’est pas toujours formulé explicitement. De même, faute de formation, ils ne réalisent pas toujours que la Nouvelle Droite répand de grossières contrevérités historiques et que la « tradition nordique » dont elle fait la promotion n’est qu’une résurgence actualisée du paganisme, ou plutôt d’un paganisme rêvé et imaginaire qui n’a jamais existé comme tel et d’où serait sorti la soi-disant « civilisation européenne ». (Editorial)
Le présent numéro du Sel de la Terre se propose donc d’arracher le masque de cette pseudo contrerévolution, en dénonçant ses faux principes, les erreurs parfois grossières qu’elle véhicule, en retraçant son histoire et en dressant un état actuel de ses figures représentatives et de ses réseaux.
Paganisme, panthéisme, faux concept de « tradition », gnose, sophisme, New Age : nous abordons dans ce numéro le fonds de commerce de ce courant de pensée, même si nous ne prétendons pas à l’exhaustivité la plus complète. Les principaux articles sont issus de conférences qui ont été données dans le cadre d’une session de formation tenue en juillet 2025.
Y sont analysées les doctrines des principaux représentants de la Nouvelle Droite, notamment Alain de Benoist et ses disciples. Proche des milieux gauchistes, finalement pas tant de droite que cela, Alain de Benoist nage allègrement dans les contradictions :
“Un auditeur déclare avoir relevé dans mon propos un certain nombre de « contradictions ». J’ai du mal à ne pas éclater de rire. Que lui répondre ? Que le principe d’identité a vécu, et que, dans toute démarche, il n’y a que les contradictions qui soient fécondes.
L’avenir appartient à ceux qui seront capables de penser simultanément ce qui, jusqu’ici, n’a été pensé que contradictoirement.
Être considéré comme un intellectuel de droite ou comme un intellectuel de gauche m’indiffère totalement. Et d’ailleurs, pourquoi ne pas être les deux à la fois”. (Cf. p. 26-27).
Le numéro 134 entreprend donc de parcourir les thèmes les plus importants de ce courant :
– Il en expose d’abord l’identité : son origine antichrétienne (Christian Lagrave) et l’influence actuelle via certains relais (Michel de Valandrey).
– Il en éclaire ensuite les sources : Nietzsche comme maître à penser (Charles de Durras) et la Révolution conservatrice allemande (Éric de Franconie).
– Il en analyse la pensée : la conception de Carl Schmitt (Guillaume Bernard), le néopaganisme (François-Marie Portes), et la conception de l’histoire (Cyprien Gandillon).
– Puis il déploie la réponse chrétienne : les saints qui ont véritablement civilisé l’Europe après la chute de Rome (Louis de Rouvray), et une Église qui évangélise en assumant les cultures plutôt qu’en les niant (Yannick Essertel).
– Enfin, une conclusion théologique relit tout l’enjeu à la lumière du combat des deux Cités chez Mgr Gaume et saint Augustin (Dominicus).
Un numéro particulier qui apporte une étude de fond sur la nébuleuse néo-droitière. Le Sel de la Terre analyse de façon globale les lignes de fonds du courant, tout en montrant que la seule réponse à la crise de la modernité doit être chrétienne.
Le lecteur y trouvera, nous l’espérons, des antidotes sérieux et argumentés, se souvenant notamment avec le Pape Saint Pie X :
“On ne bâtira pas la cité autrement que Dieu l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : omnia instaurare in Christo” (Lettre sur le Sillon).
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Sommaire du numéro 134 :
ÉDITORIAL
Faut-il encore parler de la Nouvelle Droite ?
ÉTUDES
Face à la Révolution, quelles traditions ?
Charles DE DURRAS
Les origines d’une « Droite » anti-chrétienne
Christian LAGRAVE
L’influence actuelle de la Nouvelle Droite
Michel DE VALANDREY
Nietzsche, maître à penser de la Nouvelle Droite
Charles DE DURRAS
Esquisse de la pensée politico-juridique de Carl Schmitt : un antidote au li-béralisme ?
Guillaume BERNARD
La « Révolution conservatrice » allemande.
Éric DE FRANCONIE
Le néopaganisme.
François-Marie PORTES
La Nouvelle Droite et l’histoire.
Cyprien GANDILLON
Comment les saints ont civilisé l’Europe.
Louis DE ROUVRAY
Évangéliser les peuples du 1er au 20e siècle : quelle pédagogie ?
Yannick ESSERTEL
Le combat des deux Cités.
DOMINICUS
COURRIER DES LECTEURS : Sur la récupération maçonnique du druidisme
RECENSIONS : L’Etat servile, de Hilaire BELLOC (Jacques QUAREZ) – Les martyrs du communisme (Théophane DOUSSAU) – L’Évangile de Notre-Dame de M. l’abbé Labouche (Pasquale THEIA).
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Garde67
Pour y voir plus clair dans ce fatras idéologique, il parait souhaitable, sinon vital, de dépasser le clivage gauche-droite. L’Église aussi, empêtrée par l’importation mondaine de ces idéologies, y gagnerait en unité et communion.
Pour ce faire, il est indispensable de revenir à ce qu’écrivait saint Paul aux Galates (3, 27-28) : “En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus”. C’est la liberté octroyée par le baptême qui rend visible la dignité de toute personne. Dignité contestée par certains pour justifier l’euthanasie.
Afin d’en finir avec ces divisions idéologiques… il faut commencer par le commencement : à savoir la religion. Car la religion précède la politique. La religion est ce qui relie et non pas ce qui divise. Or la personne humaine est par essence et par nature un être de relation. Elle est constituée d’une relation humaine, charnelle, qui se réalise par la rencontre (mise en relation) d’un spermatozoïde masculin avec un ovule féminin. Et sur cette relation, Dieu fait descendre son âme afin de la féconder. Ce n’est qu’à partir de cette réalité-vérité que la politique s’appuie et y trouve sa légitimité.
Si des idéologies de gauche comme de droite contestent cette vérité-réalité, elles sont nulles et non advenues.
C’est bien là que se situe le drame “politique” actuel. Ce drame dans lequel, la gauche, la droite sont plongées. En effet, les législations légalisant l’avortement, jusqu’à aujourd’hui avec l’euthanasie, ont été portées autant par la droite que par la gauche. Il n’y a rien d’étonnant à cela, le dénominateur commun qui les unis ne sont pas autres choses que les Loges maçonniques.
Il serait grand temps de sortir de l’illusion d’un affrontement gauche-droite tel qu’il apparait à l’Assemblée Nationale. Le chrétien sait que l’Univers tout entier jusqu’à la plus petite cellule existante sont gouvernés par Dieu au moyen de la loi naturelle. L’Invisible commande au visible. C’est ce que les catholiques confesse dans le Crédo. Pareillement, le mal visible, qui ne cesse de croitre, se développe sous les ordres invisibles de Satan. L’affaire Epstein en est l’illustration mondialisée.
Dans ce combat eschatologique, je ne vois pas beaucoup d'”intellectuels” de droite en comprendre les vrais ressorts, ni les vrais enjeux. Quant à notre pauvre Église de France, malgré quelques courageux et lucides prélats, prêtres ou laïcs, la question des Fins dernières n’est pas la priorité. La synodalité du Synode mobilise l’Église universelle pendant que la pédophilie la pénètre et que l’on se méfit des tradis.
Fort heureusement, des catéchumènes nombreux se présentent à ses portes qui, il n’y a pas si longtemps encore, étaient ouvertes à tous les vents de la modernité.
Si la droite veut en vérité servir au redressement du pays, elle ne peut qu’être catholique. À l’Église aussi de s’engager au service de la nation. Dans chaque pays, l’Église qui s’y trouve milite pour le bien commun de la nation concernée. L’Église de France ne peut pas renoncer à la mission sacrée qu’elle a inaugurée à Lyon avec Saint-Irénée, et poursuivie à Reims avec Saint-Rémi, à Domrémy avec Sainte Jeanne d’Arc et ainsi de suite. L’histoire de France, que la droite doit assumer, est constituée autant par les gloires politiques et militaires que par les saints, les saintes et les martyrs de l’Église. La vraie laïcité n’est qu’une distinction qui unit et non une séparation qui divise et qui aboutit fatalement à des affrontements.
L’enjeu pour la France, qui dépasse la simple question civilisationnelle, est spirituel. Que la droite le comprenne et s’en saisisse.