Partager cet article

L'Eglise : L'Eglise en France / L'Eglise : Vie de l'Eglise

Le cardinal Aveline a remis le prestigieux Prix Henri de Lubac au Frère Léopold-Marie de la FMND

Le cardinal Aveline a remis le prestigieux Prix Henri de Lubac au Frère Léopold-Marie de la FMND

Alors que l’évêque de Viviers persécute la Famille Missionnaire de Notre-Dame (FMND) en lui demandant de refuser toute nouvelle vocation, en interdisant à plusieurs religieux de prononcer leurs vœux et en refusant de célébrer plusieurs ordinations en attentes depuis des mois, le cardinal Aveline remet le prix Henri de Lubac à un frère de cette même communauté, la FMND.

Et quelle ironie de découvrir que le sujet de la thèse du Frère Léopold-Marie, récompensée par ce prix prestigieux et remis à l’ambassade de France près le Saint-Siège, en présence de nombreuses personnalités du monde ecclésial et universitaire, est ” la vocation religieuse et le sens de la consécration“.

Comme le précise Tribune chrétienne dans son article, “cette récompense représente également une reconnaissance du sérieux de la formation intellectuelle et spirituelle dispensée à ses membres“.

Voici quelques extraits de l’interview du frère Léopold Marie de la FMND, lauréat de ce prix, publié dans Tribune chrétienne :

Philippe Marie – Tribune Chrétienne : Votre thèse sur la consécration religieuse vient d’être récompensée par le prix Henri de Lubac. Qu’est-ce que cette distinction représente pour vous personnellement et spirituellement ?

Frere Léopold Marie :En tant que religieux, je n’oublie pas l’avertissement de saint Paul : le seul prix qui vaille la peine d’être reçu est celui de la vie éternelle ! Ceci étant, c’est bien-sûr une grande joie et un grand honneur que de voir ce travail ainsi récompensé par ce prix. À cette occasion, je ne peux qu’être rempli de gratitude pour ceux qui ont permis cette réussite. Je pense d’abord à Père Bernard et Mère Hélène, qui étaient supérieurs à l’époque de mes études romaines ; les membres de ma Famille religieuse, qui m’ont soutenu par leur prière et leur affection fraternelle, mais aussi les professeurs de l’Université pontificale de la Sainte Croix (Rome), où j’ai étudié ; et enfin aux membres du jury, qui se sont laissés interpeller par mon travail.

En quelques mots accessibles à tous, quel était le cœur de votre recherche sur la consécration religieuse ?

Nous parlons souvent de la vie consacrée, mais il est bien difficile de dire en quoi consiste cette forme particulière de consécration. Ma recherche se caractérise avant tout par le souci d’aborder la question en maintenant l’unité de la Tradition, c’est-à-dire en proposant une réflexion ancrée dans l’Écriture, qui tienne compte de l’enseignement de l’Église et de ce qui constitue sa vie : la liturgie. La plus grande partie du travail retrace le développement historique de la célébration de la profession religieuse pour comprendre ce que croit l’Église lorsqu’elle célèbre un tel acte.

Nous avons ainsi montré que l’engagement religieux ne se réduit pas à une forme de volontarisme : par la profession des vœux de chasteté, pauvreté et obéissance, le religieux répond à l’appel de Dieu qui l’a appelé à tout quitter pour être uni à Lui et le servir. À ce don de soi, Dieu répond par la prière de l’Église en unissant cette offrande au sacrifice du Christ, établissant ainsi entre le Seigneur et le profès une alliance éternelle, scellée par un don spécial de l’Esprit-Saint. Pour comprendre la vie consacrée, il faudra donc toujours partir cette dimension spirituelle.

(…)

Comment percevez-vous le fait qu’après la condamnation, aujourd’hui frappée d’appel, de la FMND autour de questions liées à l’obéissance et à la consécration religieuse, votre thèse sur ce même sujet soit honorée par le prix Henri de Lubac ?

Ceux qui ont lu des articles sérieux sur le procès contre la FMND – dont les articles de Tribune chrétienne ! – savent que la question centrale est celle des exigences de la vie religieuse. Ma thèse ne fait que confirmer que nous vivons, comme tant d’autres religieux et religieuses en France et dans le monde, conformément à ce qu’enseigne l’Église. Les exigences propres à la vie consacrée ne constituent pas une atteinte à la dignité inaliénable de la personne humaine. Comme l’enseigne le concile Vatican II, c’est le contraire qui est vrai : « Que tous enfin soient persuadés que la profession des conseils évangéliques, tout en comportant renonciation à des biens qui méritent indiscutablement l’estime, ne fait cependant nullement obstacle au progrès de la personne humaine, mais au contraire, de par sa nature, lui est du plus grand profit » (Lumen gentium 46). Il n’y a donc pas de raison que la justice nous empêche de vivre notre vie religieuse !

À l’occasion du procès, on a pu aussi entendre que les membres de la communauté seraient mal formés. La remise de ce prix ne vient-elle pas démentir cette affirmation ?

En effet, la communauté a toujours eu le souci d’une formation intégrale de chaque membre. Une bonne formation ne se réduit pas à la poursuite d’études intellectuelles et à l’obtention de grades universitaires, mais la formation intellectuelle tient cependant une place importante, puisque la foi est aussi connaissance de ce que Dieu nous transmet par la Révélation. Par ailleurs, un aspect important de notre mission est de travailler à transmettre la foi, ce qui exige de bien connaître ce en quoi nous croyons. Après les trois premières années de formation initiale, qui donnent à tous une connaissance élémentaire de l’Écriture, de l’histoire de l’Église et du Catéchisme, nous poursuivons des études de philosophie et de théologie à un rythme adapté aux aptitudes de chacun. Certains d’entre nous étudient directement en université. Dans mon cas, la thèse conclut huit ans de présence à Rome, avec tout ce que cela représente en termes de contact avec la Tradition de l’Église, avec des étudiants de tous les continents et avec des professeurs de différents profils.

Plus largement, ceux qui ont une expérience académique savent que réaliser un tel travail de recherche demande de vivre dans une ambiance de vie sereine et épanouissante : je rends grâce d’avoir pu étudier dans de telles conditions, avec des responsables attentifs à l’équilibre de vie et qui ont le souci d’aider chaque membre à se forger des convictions et une véritable capacité de réflexion personnelle. Tout le contraire d’une ambiance sectaire décrite par les plaignants ou certains médias lors du procès !

Comment expliquez-vous ce paradoxe entre une certaine vision anticléricale et méfiante envers les communautés religieuses, et la reconnaissance intellectuelle et spirituelle de la valeur de la consécration religieuse à travers ce prix ?

La vie religieuse est une voie particulière de sainteté, qui a ses exigences. À l’heure où l’on a perdu le sens de l’autorité, où la soif de possession de bien matériels est exacerbée et où la jouissance apparaît pour beaucoup comme l’unique but de la vie, le témoignage de la vie consacrée comporte une dimension prophétique, qui oblige la société à s’interroger. Or, il n’est facile pour personne de se remettre en cause : il vaut mieux discréditer afin d’éviter de changer. La reconnaissance de mon travail peut encourager ceux qui veulent être fidèles et peut-être aider ceux qui ont perdu le sens de leur vocation à le retrouver. Mais ce prix est aussi un message d’espérance, comme si la société elle-même invitait les religieux à donner avec conviction leur témoignage afin de lui permettre de renouer avec l’espérance. »

La FMND et le Père Bernard, défendus par maître Triomphe et maître Gousseau, ont fait appel suite au verdict du procès du 24 mars dernier, considéré comme une quasi relaxe par ceux qui ont étudié et lu l’intégralité du verdict. La plupart des accusations sont tombées et la communauté aborde le procès en appel très sereinement pour effacer les derniers mensonges, calomnies et instrumentalisations malveillantes.

Partager cet article

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services