En 2025, la France a enregistré environ 645.000 naissances, le niveau le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale, et la fécondité est tombée à 1,56 enfant par femme. La Fondapol vient de publier une étude intitulée «Conjugalité, sexualité, natalité. La triple récession du couple parental ». Hélène Calas y écrit :
Cette crise de la natalité est d’abord une crise de la conjugalité. Le célibat durable progresse, on se met en couple plus tard, on a son premier enfant plus tard. Les cadres où l’on se rencontrait autrefois (la famille, le voisinage, les associations, la paroisse, les fêtes) se sont érodés et rien n’est venu prendre leur place, sinon les applications. Or celles-ci ont installé une logique qui leur est propre : l’impression d’un choix illimité, le swipe1, la gamification2, tout pousse à chercher mieux plutôt qu’à s’arrêter, à garder la porte ouverte plutôt qu’à s’engager. Le couple reste pourtant très désiré (80% des 18-30 ans en font un idéal), mais il doit désormais composer avec l’autonomie, la carrière, les loisirs, le développement personnel. On veut toujours le couple ; on supporte moins bien les compromis, les renoncements et les imperfections que suppose sa durée.
Aussi, elle explique :
Le principal enseignement de l’étude tient en une phrase : une politique de natalité ne peut pas se contenter d’aider les gens une fois que l’enfant est envisagé ou déjà là. Le logement, les allocations, les modes de garde restent indispensables, mais ils arrivent en aval. Il faut aussi s’occuper de ce qui rend possibles, en amont, la rencontre, le couple et le désir d’enfant. […]
La dénatalité, au fond, n’est pas une crise de la fécondité qu’on pourrait traiter isolément. C’est l’une des plus profondes conséquences de la crise du lien et du temps long. Une culture de l’immédiat, de l’optimisation et du réversible rend plus difficiles les trois expériences dont dépend toute parentalité : rencontrer, s’engager, durer. La question n’est donc plus seulement de savoir comment faire remonter les naissances, mais comment permettre à ceux qui veulent un couple et des enfants de transformer ce désir en projet de vie.
50 années de politique anti-familiale, de promotion de l’individualisme, du sexe facile, de dénigrement de l’engagement, de destruction de l’indissolubilité ont pour conséquence une crise de la démographie, participante au suicide français.
