Suite à la déclaration de foi de l’abbé Paglariani, l’abbé Laurent Spriet propose deux articles sur le site de La Nef. Il y relève trois affirmations problématiques et difficilement conciliables avec la Tradition, et il propose une réflexion sur ce que cette déclaration de foi dit “en creux” de la FSSPX et de la crise actuelle dans l’Eglise. Extrait :
[…] “En creux”, cette déclaration dénonce la crise doctrinale qui sévit dans l’Église catholique (en Occident en particulier) depuis plus d’un siècle et spécialement depuis les années 50-60. N’est-il pas exact que des membres de l’Église, parfois clercs, nient certaines vérités de foi de l’Église ? N’existe-t-il pas un relativisme théologique qui nie que le Christ est l’unique Sauveur et Rédempteur ? Qui dénie à la Vierge Marie toute coopération à notre salut ? Qui enseigne qu’il n’existe pas une unique vraie religion ? Des personnes qui ne rappellent jamais les conditions demandées par saint Paul et par l’Église pour recevoir la sainte Communion ? Des personnes qui outrepassent leurs droits en matière de liturgie ? N’y a-t-il pas “un deux poids, deux mesures”, jusqu’à Rome, en matière d’accueil des personnes qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique ? Ne trouve-t-on pas aujourd’hui de nombreux baptisés qui nient : la nature sacrificielle de la Messe, la nécessité du baptême comme voie ordinaire du salut, la nécessité d’appartenir à l’Église pour être sauvé, l’existence et l’éternité de l’enfer ? Etc.
Il serait injuste et malhonnête de ne pas reconnaître que cette déclaration de foi de l’abbé Pagliarani dénonce des réalités du terrain (nonobstant les imperfections et les erreurs qu’elle comporte).
Si les sanctions canoniques vont s’appliquer, a priori, le 1er juillet prochain à l’encontre des évêques de la FSSPX (et des fidèles laïcs ?), ne faudrait-il pas s’interroger sur le laxisme judiciaire et disciplinaire de l’Église catholique à l’encontre de clercs et de laïcs qui profèrent des hérésies ou qui bafouent les règles de l’Église dans bien des domaines ?
Cependant la crise dans l’Église (et non de l’Église) ne justifie pas des ordinations épiscopales contre la volonté explicite du pape régnant. Elle ne justifie pas non plus que la FSSPX choisisse par elle-même des candidats à l’épiscopat (avec ou sans juridiction, cela ne change rien au problème).
3. Une nouvelle profession de foi venue de Rome ?
En vertu du canon 212 §2 et 3, j’ose formuler un souhait : devant la crise actuelle, notre pape Léon XIV pourrait publier une profession de foi (comme le fit en son temps saint Paul VI le 30 juin 1968). Il insisterait sur un certain nombre de vérités de foi mises à mal depuis 1968, non dans le Magistère mais dans la vie quotidienne de l’Église. Cette profession de foi confirmerait le Peuple de Dieu d’aujourd’hui dans la vraie foi.
De plus, pourquoi le Saint-Siège ne publierait-il pas, unilatéralement, un document dans lequel il préciserait “les différents degrés d’adhésion que requièrent les différents textes du Concile Vatican II” et leur interprétation, mais aussi “la différence entre l’acte de foi et l’hommage religieux de l’esprit et de la volonté” (cf. les propositions du Dicastère pour la Doctrine de la Foi du 12 février 2026) ? Ce document serait un critère sûr tant pour les membres de la FSSPX que pour tous les membres de l’Église catholique. Il viendrait enrichir l’instruction Donum veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien en son numéro 23 (24 mai 1990). Ce serait très riche et très utile pour toute personne honnête et de bonne volonté. Même si ces précisions venaient après le 1er juillet.”
