Dans L’Homme nouveau, Philippe Maxence liste les enjeux de la visite de Léon XIV en France, parmi lesquels la question traditionaliste :
Même s’il est peu probable que Léon XIV évoque publiquement la question traditionaliste, celle-ci constituera une sorte de toile de fond de ce voyage. En effet, traditionalistes ou non, une grande partie des catholiques français ont été choqués par les dispositions du motu proprio Traditionis Custodes de François (2021) qui mettait un coup d’arrêt violent à celles mises en place en 2007 par Benoît XVI en vue de favoriser la paix liturgique. Depuis son élection, beaucoup attendent du pape Léon XIV qu’il abolisse Traditionis Custodes ou, au moins, qu’il l’enterre, sans tambour ni trompette.
Malgré la lettre du cardinal Parolin aux évêques de France du 18 mars dernier, dans laquelle il demandait que l’Esprit Saint suggère aux évêques français « des solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo », les communautés traditionalistes, même les plus ouvertes au concile Vatican II à l’instar des Missionnaires de la Miséricorde divine (Toulon), restent bloquées dans leur développement alors même que le cardinal Parolin pointait explicitement « le contexte de la croissance des communautés liées au Vetus Ordo ».
Or, un des éléments paradoxaux de la situation, en dehors de toute question de fond, est que le monde traditionaliste représente encore une minorité des prêtres français (environ 7 %) mais que le nombre de vocations qu’il attire est particulièrement significatif (environ 25 %). Les communautés traditionalistes et celles classiques, comme la Communauté Saint-Martin, continuent de croître en nombre de séminaristes, dessinant ainsi le visage de l’avenir. Léon XIV ne pourra pas rester longtemps insensible à ce sujet et des signes ou des allusions sont attendus lors de ce voyage.
