A l’occasion de la prochaine journée des Maires pour le Bien Commun (voir ici pour les détails), nous avons interrogé Nathanaël Rosenfeld, maire d’Orry la Ville (60):
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Quels sont les principaux moyens du maire aujourd’hui pour œuvrer au bien de sa commune et de ses administrés?
En premier lieu l’exemplarité : le maire peut rendre confiance dans l’autorité politique par son engagement au service de sa commune, au-delà des intérêts partisans, par sa probité, par l’esprit de justice qui l’anime.
Ensuite, il est proche des gens : il peut réellement connaître leurs besoins, dans les circonstances sociales et économiques très difficiles où nous nous trouvons. Il peut contribuer à découvrir les gens en grande détresse, à susciter un esprit d’entraide au sein de la commune.
Il peut également travailler à restaurer l’autorité : là où le maire est présent sur le terrain, il retrouve la confiance des administrés et l’autorité morale que les querelles politiciennes ont abîmée à l’échelon national. Il peut contribuer à restaurer la sécurité là où elle est mise à mal, par son autorité de police judiciaire qui lui donne le droit, et parfois le devoir, d’intervenir pour éviter des débordements.
- Quelles sont les principales difficultés s’opposant à l’action du maire aujourd’hui en faveur de sa commune et de ses administrés ?
Le maire fait face à de nombreuses difficultés :
– Une situation sociale et économique très tendue, avec de plus en plus de gens qui peinent à boucler leurs fins de mois, de plus en plus d’individualisme et d’incivilités,
– Une perte progressive de ses pouvoirs, centralisés à des échelons supérieurs comme les intercommunalités,
– Une perte progressive de son autonomie budgétaire, avec le remplacement des taxes autrefois décidées par la commune par des dotations de l’Etat,
– Une inflation réglementaire qui complique sa tâche administrative.
- Quelles seraient les principales mesures d’une réforme de l’organisation territoriale selon vous ?
Nous pensons qu’il est indispensable d’apporter au minimum les changements suivants :
– Rendre libre l’adhésion aux intercommunalités et réduire le nombre de strates du « millefeuille administratif »,
– Rendre au maire des marges de manœuvre budgétaires,
– Cesser d’ajouter des contraintes réglementaires nouvelles (ZAN par exemple, Zéro Artificialisation Nette),
– Permettre à nouveau le cumul des mandats : le député-maire connaît à la fois les enjeux locaux et nationaux, ce qui donne à son action une pertinence et une efficacité bien supérieures.
