Il y avait, paraît-il, un trou dans l’agenda du pape Léon XIV ! Heureux néant qui nous a valu d’être comblés au-delà de nos espoirs. Car, la visite-pèlerinage de notre saint Père s’inscrivait bien dans l’espace : La France et le temps : les incertitudes et les menaces multiformes qui envahissent notre quotidien.
Dés ses premiers mots, le pape Léon rappelle d’où nous venons, d’où vient la France. En effet, il ne peut y avoir d’avenir sans passé. Nos racines conditionnent nos fruits. Sans sève originelle pas de feuilles, pas de fleurs, pas de fruits.
Il cita saint Irénée (135-202), deuxième évêque de Lyon, le Primat des Gaules. Saint Irénée, évêque plein d’ardeur missionnaire, fut aussi le pourfendeur d’une hérésie redoutable, l’arianisme, qui contestait que le Christ, cloué sur la Croix, était le Fils de Dieu. « La vocation de l’homme est inscrite dans sa chair, porteuse de l’image de Dieu » disait saint Irénée. L’affirmation de la beauté de l’homme, cette Magnifica humanitas, (lettre encyclique de Léon XIV) ne peut être comprise qu’en rapport avec la divinité pleine et entière du Christ : Vrai Dieu et vrai homme. Aussi, hier comme aujourd’hui, il faut tenir l’affirmation de la foi catholique contenue dans le Crédo. Cet acte de foi, obtenu non sans d’âpres combats et de plusieurs siècles de martyrs constitue la colonne vertébrale de l’Eglise. La vérité de la foi est indissociable de la vérité de l’homme, elle-même ancrée dans la Vérité de Dieu.
Alors que les premiers signes de l’effondrement de l’empire romain apparaissaient, un petit peuple surgit : les Francs, parmi d’autres plus nombreux et plus puissants. A leur tête, Clovis, un guerrier intrépide, s’affirma comme chef. Il dut s’apprivoiser au contact de deux femmes sainte Clothilde, son épouse, et sainte Géneviève. A leur contact et suivant leur conseil, il s’approcha de la foi catholique, tandis que les autres tribus se tournaient vers l’arianisme. Clovis rencontra saint Martin de Tour et Saint Rémi de Reims, à leur contact il fut sensibilisé à la beauté du christianisme. Mais, il lui fallu un signe, la victoire à Tolbiac, pour reconnaître le seul Vrai Roi de l’Univers : le Dieu, Trois fois Saint. Il fut baptisé en la cathédrale de Reims avec l’eau et l’onction du Saint Chrême, en 496, avec ses hommes. La France fut fondée en même temps. Même si notre pays n’était à cette époque qu’un embryon d’état, néanmoins, cet embryon était l’embryon de la France. Nous-mêmes ne devons ce que nous sommes aujourd’hui que ce que nous étions hier : un zygote, un fœtus et un embryon dans le sein de notre mère.
Le baptême que Clovis reçoit des mains de saint Rémi, inaugure aussi l’histoire de notre pays. La naissance en ce monde n’est pas que la conséquence d’une rencontre charnelle entre deux cellules, l’une masculine et l’autre féminine. La Sainte Famille, pour répondre aux exigences de la loi juive, fit circoncire Jésus au Temple. Mais le Christ, se fit baptiser par Jean en signe, non pas de solidarité avec les disciples du Baptiste, mais bien pour signifier qu’ « il faut renaître d’en Haut » tel qu’Il le dira plus tard à Nicodème. Aussi le baptême de Clovis par l’intermédiaire de la Saint Eglise catholique confère à notre pays une vocation particulière : « La Fille ainée de l’Eglise et l’éducatrice des peuples ».
Il y a donc un lien étroit entre la conception d’un enfant et celle d’une nation. Depuis de nombreuses décennies des papes ont souligné la place particulière et irremplaçable de la France dans cette vocation. Il n’y a donc rien qui puisse nous étonner devant l’extraordinaire richesse des fruits qui ont abondés dans tous les domaines : arts, éducation, formation, soins etc. La cathédrale de Paris, comme toutes ses cathédrales sœurs partout en France témoignent d’une riche mise en œuvre des talents de nos artistes et artisans, des maîtres de chœurs et des chorales, des chanoines, des diacres et des prêtres ainsi que de l’évêque, qui avec le peuple de Dieu communient à un même Dieu. L’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame de Paris, largement partagée au plan international, n’était pas que celle d’un moment. Elle traduisait bien que quelque chose d’important et de vital venait d’être touchée au cœur. C‘était l’âme du bâtiment, l’âme de la chrétienté, l’âme du pays, l’âme de la France.
Léon XIV a très bien vu ce qui se jouait. Cette âme, si fragile et vacillante de la France qui était mise à mal. Les pressions conjuguées de l’athéisme d’état, sous couvert de laïcité, l’islamisme radical qui empêche la liberté religieuse, la contestation du choix des parents de l’école pour leurs enfants auxquelles s’additionnaient la menace sur la vie, risquaient de détruire l’unité de la nation et de compromettre son avenir.
Aussi, le successeur de Pierre a rappelé devant le Président de la République l’indispensable dialogue de l’Eglise et de l’Etat. Ce dernier ne devant pas être soumis aux Loges maçonniques qui lui dicte ses lois et ses lois criminelles.
La visite du Saint Père constitue une chance pour la renaissance de la France. Il est impératif que notre pays retrouve ses racines. Et devant l’évocation de ses saintes et saints, joliment mis en scène au stade de France, il n’y a pas (ou plus) à rougir de notre belle histoire de France. La foi catholique qui a su éveiller à la transcendance et aussi celle qui a permis de descendre dans la pate humaine pour servir les hommes, les femmes, les enfants et les personnes âgées, malades ou handicapées. Par ailleurs, la raison mise en œuvre pour le bien de l’homme se conjugue à la foi : c’est le sens de l’Encyclique du pape sur l’intelligence artificielle. Pensons à Pascal, ce grand scientifique inventeur de la machine à calculer qui s’exclama après une nuit de feu : « Joie, joie, joie, pleurs de joie ».
On essaye de nous museler, d’intenter à notre encontre des procès, de convoquer des faussaires qui falsifient l’histoire. Résistons en chrétien à l’image du Christ face à Pilate. Celui cherchait désespérément la vérité alors qu’elle était devant lui, en Chair, en Ame et en Esprit. Le procurateur romain croyait, aussi, être libre pour libérer Jésus – car il le savait innocent –mais il succomba à la foule manipulée par les groupuscules de l’époque qui criait « A mort, à mort, crucifie-Le ! » Jésus, eu pitié de lui et lui révéla que son pêché était moins grave que celui de ceux qui l’avaient livrés dans ses mains.
La douce fermeté de Léon XIV tranche avec le discours haineux de trop d’hommes ou de femmes politiques. Leur violence cache mal leur dépendance aux idéologies du moment et à leur manque de vraies et sures convictions.
Après cette visite soyons assurés au contraire que la Vérité seule nous libérera.
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