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Tribune libre

Dix ans d’Amoris laetitia : toujours la pagaille

Dix ans d’Amoris laetitia : toujours la pagaille

Source :https://fsspx.news/fr/news/dix-ans-damoris-laetitia-toujours-la-pagaille-58592

Une décennie a passé depuis la publication de l’exhortation apostolique Amoris laetitia. François voulait un souffle de « miséricorde », mais dans les faits c’est une source de grave préoccupation doctrinale. Dix ans après, le constat est là : sous couvert de « discernement », c’est trop souvent la confusion qui s’est installée dans les diocèses, fragilisant le dogme de l’indissolubilité du mariage.

Une pastorale de l’ambiguïté

En France, la réception du chapitre VIII d’Amoris laetitia a créé une fracture silencieuse. Dans de nombreux diocèses, comme à Paris ou Lyon, la mise en place de « parcours de discernement » a conduit, de fait, à un accès de plus en plus fréquent à la sainte communion pour les personnes engagées dans une nouvelle union civile.

Pour les défenseurs de la Tradition, cette évolution pose un problème de conscience majeur. Comment concilier les paroles du Christ sur l’adultère avec une pratique qui semble mettre entre parenthèses l’état de grâce requis pour recevoir l’Eucharistie ? Le « cas par cas » semble être devenu la norme, au risque de transformer le sacrement en un simple rite d’intégration sociale.

Des disparités diocésaines révélatrices

La situation variée se fait selon l’orientation des évêques ou des curés locaux, créant une Église à plusieurs vitesses :

– Certains diocèses maintiennent plus fermement la pratique traditionnelle, réitérée par le pape Jean-Paul II dans l’encyclique Familiaris Consortio (1981). L’accompagnement des divorcés-remariés existe, mais il appelle à la « continence parfaite » pour ceux qui souhaitent accéder aux sacrements, respectant ainsi la parole sacramentelle donnée lors du premier mariage.

– À l’opposé, des structures comme les équipes « Reliance » ou certains « pôles missionnaires » urbains – qui semblent surtout démissionnaires au regard de la foi – privilégient une « intégration pleine » sans exiger de changement de vie concret, s’appuyant sur une interprétation subjective de la conscience.

Le spectre du relativisme moral

Dix ans après, la crainte d’un « schisme feutré » ou d’un relativisme moral n’a pas disparu. Pour beaucoup de prêtres de terrain, la pression est forte. « On nous demande d’accompagner sans juger, mais accompagner, c’est aussi éclairer la vérité des actes », confie un jeune vicaire.

La publication de Fiducia Supplicans en 2023 n’a fait qu’accentuer ce sentiment d’un glissement doctrinal où la pastorale finit par effacer le dogme au nom d’une miséricorde mal comprise. Pour s’en convaincre, un témoignage direct a pu être reçu par FSSPX.Actualités : Isabelle et Pierre (les prénoms ont été modifiés) forment un couple « divorcé-remarié » dans un diocèse breton.

Isabelle assiste à la messe dans une paroisse confiée à une communauté nouvelle où le prêtre l’encourage à communier sacramentellement, alors qu’elle reconnait ne pas remplir les conditions d’admission à la sainte communion. Son compagnon pratique quant à lui dans une paroisse traditionnelle où il se limite scrupuleusement à la communion spirituelle. Cet exemple est loin d’être isolé.

Si l’exhortation Amoris laetitia a ouvert sans discernement le banc de communion aux couples qui s’en étaient éloignés à cause de leur état moralement répréhensible, elle a de ce fait semé le doute sur la pérennité de l’engagement chrétien.

Le bilan est celui d’une « charité sans vérité » qui, loin de guérir les âmes, tend à les confirmer dans un état objectif de faute. Elle fait croire que la « miséricorde » nouvellement promue – qui n’est qu’une caricature de la véritable – peut annuler la loi divine et donc sa justice. Permettant ensuite de passer à Fiducia supplicans, qui fait croire que Dieu bénit ces situations qu’il condamne.

Une telle falsification d’une volonté divine clairement énoncée dans l’Évangile par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, est l’un des signes les plus tangibles pour les fidèles – et pour les membres du clergé qui ont encore une théologie et une conscience – de l’état de nécessité dans lequel se trouve l’Église aujourd’hui : nécessité d’une réforme vigoureuse qui rectifie les erreurs qui perdent les âmes.

État de nécessité qui explique aussi la décision des sacres dans la Fraternité Saint-Pie X, pour préserver la pureté de la foi et de la morale dans l’attente de cette réforme qui – l’espérance dans la bonté de son Fondateur nous le commande – ne manquera pas de se réaliser à l’heure qu’il aura choisie.

(Source : La Croix – FSSPX.Actualités)

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